11 décembre 2011

Afrique: Les Africains ont contribué à la création de la CPI

Afrique: Les Africains ont contribué à la création de la CPI

Cour pénale internationale - Actuellement adjointe au Procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), en attendant d'être nommée prochainement à ce poste, Fatou Bensouda rappelle que c’est grâce à la contribution de plusieurs pays africains que cette institution de justice internationale a été créée en 2002. 'Un nombre important de pays africains ont contribué à notre création, à Rome, en 2002. Le continent compte le plus grand nombre de pays ayant ratifié notre statut. L’Ouganda, la Centrafrique et la République démocratique du Congo ont été les premiers à nous demander d’intervenir , indique-t-elle dans une interview à paraitre lundi dans le magazine Jeune Afrique.

Pour la magistrate gambienne, les Africains sont les leaders en matière de justice criminelle internationale.

'Concernant le Soudan et la Libye, pour lesquels nous avons été sollicités par les Nations unies, les ambassadeurs africains ont tous demandé notre intervention lors du vote au Conseil de sécurité', indique-t-elle.

Par ailleurs, ajoute-t-elle, les victimes sont très souvent africaines et il faut les protéger.

'Les Etats ont le devoir de le faire. Nous pouvons les y aider, ou le faire pour eux quand ils n’en ont pas la possibilité', souligne Mme Bensouda.

Elle qualifie de 'débat lamentable' d’insinuer que la CPI est à la solde des Occidentaux pour poursuivre uniquement les Africains.

'Non, la CPI n’est pas une cour de  Blancs, c’est l’avenir de la justice criminelle internationale. Elle permet d’éviter les crimes les plus graves, partout dans le monde', insiste-telle, en prenant soin d’expliquer que dans son exercice, la CPI n’intervient qu’en dernier ressort laissant la primauté aux Etats pour juger leurs citoyens.

'La CPI est une cour de dernier ressort. En matière de jugement, la responsabilité première revient aux États. S’ils décident d’enquêter et de poursuivre, la CPI n’a d’autre choix que d’attendre', indique-telle, en se référant au refus des autorités libyennes de leur livrer Seif el-Islam Kadhafi et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services de renseignements.

'La justice libyenne fonctionne. Elle a déjà commencé à enquêter, et nous a d’ailleurs demandé de l’aider', fait-elle observer.

Fatou Bensouda a fermement réagi contre une faiblesse de sa part pour rendre une justice impartiale  à l’égard des dirigeants africains ou d’être moins regardante sur les crimes commis par des Africains.

'Ces propos me choquent profondément. Surtout quand ils sont le fait de militants des droits de l’homme respectés. Pourquoi disent-ils cela ? Parce que je suis une femme ? Une Africaine ? Ils ne le diraient sûrement pas si j’étais un homme et un Occidental. C’est de la pure discrimination', estime-t-elle.

'Si j’étais influençable ou peu encline à poursuivre les auteurs de crimes, je n’aurais jamais brigué ce poste. Rassurez-vous, je serai un procureur général impartial et indépendant. Ceux qui n’y croient pas se trompent lourdement', assure-t-elle.

La cinquantaine , Fatou Bensouda a été ministre de la Justice de la Gambie et a travaillé au Tribunal pénal International pour le Rwanda avant d’intégrer la CPI en 2004.

Procureure générale adjointe, elle dirige au quotidien la division des poursuites internationales, qui présente les affaires criminelles aux différents juges de la Cour mais s’occupe également de nombreuses tâches que lui délègue son chef, l’actuel procureur général, l’Argentin Luis Moreno-Ocampo.

Pana 11/12/2011


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09 décembre 2011

Congo : sauver les élections

A propos des élecions au Congo, Lu pour vous sur le site International Crisis Group

http://www.crisisgroup.org/fr/publication-type/communiques/2011/africa/dr-congo-saving-the-elections.aspx

Congo : sauver les élections

Kinshasa/Nairobi/Bruxelles   |   8 déc. 2011

Une semaine après les élections présidentielles et législatives, la République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une crise politique qui pourrait replonger le pays dans la violence. Les résultats provisoires, attendus aujourd’hui, risquent de déclencher des manifestations de l’opposition, qui peuvent susciter à leur tour une répression sévère des forces de sécurité congolaises et enclencher une spirale de violence. Afin d’éviter ce scénario, les autorités congolaises doivent adopter des mesures urgentes pour qu’un résultat relativement représentatif émerge d’un processus électoral défectueux. Les Nations unies, l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) doivent travailler ensemble pour proposer une médiation entre les dirigeants congolais afin de trouver une issue à la crise.

La semaine dernière, des dizaines de millions de Congolais ont voté lors des secondes élections depuis la fin de la sanglante guerre civile. Le scrutin constitue l’aboutissement d’une année de préparation tendue, caractérisée par un déséquilibre politique favorable au président en exercice Joseph Kabila. Des modifications constitutionnelles ont mis fin à l’élection présidentielle à deux tours, ce qui a éparpillé le vote de l’opposition incapable de s’unir derrière un candidat unique. Des fidèles du pouvoir ont été nommés à la commission électorale et à la Cour suprême, en charge du contentieux électoral. Malgré des disparités dans l’enrôlement des électeurs, les partis de l’opposition et les observateurs n’ont pas pu examiner la liste électorale. Les médias contrôlés par l’Etat ont battu le rappel pour le président. Néanmoins, Joseph Kabila, largement moins populaire que lors de sa victoire en 2006, a fait face à une rude compétition, notamment de la part du vétéran de l’opposition Etienne Tshisekedi. Avec la présence d’un autre candidat, Vital Kamerhe, menaçant de rafler les voix de Kabila aux Kivus – voix qui ont été cruciales pour sa victoire il y a cinq ans – la réélection du président sortant est loin d’être assurée.

Le scrutin a été marqué par une gestion chaotique, des violences localisées et des fraudes ont été signalées – intimidation des électeurs, bourrages d’urnes, etc. Prévu pour le 28 novembre, le vote a été prolongé de deux jours parce que le matériel nécessaire est arrivé en retard et la confusion régnait dans les listes électorales. Les observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne et du Centre Carter, ont signalé des irrégularités très répandues – mais puisque peu d’entre eux se sont aventurés en dehors des villes principales, ils ont probablement manqué les abus les plus grossiers.

Le décompte a été aussi chaotique que le vote, et dangereusement opaque. Les critères pour invalider les bulletins de vote ne sont pas clairs, et Kinshasa – un fief de l’opposition – semble être particulièrement concerné. Le refus de la commission électorale de publier les résultats par bureaux de vote, ce qui permettrait aux partis d’opposition et aux observateurs de les vérifier dans le détail, est particulièrement révélateur. Les irrégularités du jour du scrutin sont un sérieux problème ;l’impression que les résultats sont falsifiés à huis clos serait un désastre.

L’infortune électorale du Congo reflète une absence de progrès au niveau démocratique et institutionnel depuis 2006. Mais elle résulte également du faible engagement africain et international. Malgré des violations des droits de l’homme lors de la campagne, rapportées par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, la mission de l’ONU, la Monusco, s’est montrée peu disposée à critiquer ouvertement le gouvernement et les autorités électorales. Elle s’est aussi apparemment abstenue de proposer les bons offices prévus dans son mandat du Conseil de sécurité ; un rôle pourtant crucial compte tenu de la méfiance de l’opposition à l’égard des institutions congolaises. Les bailleurs de fonds également – particulièrement l’UE et le Royaume-Uni, qui ont en partie financé le scrutin, et les Etats-Unis – ont largement échoué à empêcher le renforcement du pouvoir de Kabila.

Une lourde atmosphère pèse désormais sur Kinshasa. A la veille des élections, la répression des forces de sécurité contre des manifestants de l’opposition a entrainé, selon Human Rights Watch, dix-huit morts et plus d’une centaine de blessés. Pendant le scrutin, les autorités se sont heurtées aux militants de l’opposition dans les provinces du Kasaï et du Katanga, alors que des violences sporadiques ont été signalées dans d’autres régions, caractérisées notamment par la destruction du matériel électoral et des électeurs empêchés de se rendre aux urnes. L’arrivée des renforts de la garde présidentielle dans les camps militaires aux abords de la capitale et le renvoi de certains officiers n’augurent rien de bon. Les deux camps peuvent facilement mobiliser des milices et des groupes de jeunes armés.

Durant le weekend, des milliers de Congolais auraient traversé le fleuve pour se rendre au Congo-Brazzaville voisin, redoutant la violence. Des rumeurs de distribution de machettes, une mobilisation des gangs et une lourde présence des forces de sécurité entretiennent une atmosphère de paranoïa dans la capitale. Les dirigeants de l’Eglise catholique au Congo, qui a déployé quelque 30 000 observateurs – plus que tout autre groupe – durant le scrutin, ne publient pas leurs conclusions, craignant qu’elles n’attisent les tensions. Durant le weekend, l’évêque Nicolas Djombo a décrit la situation comme étant « un train allant droit dans le mur ». Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), pendant ce temps, a déclaré qu’il suivait de près la situation en RDC.

Les résultats provisoires de la commission électorale, censés être publiés rapidement, vont sans doute placer Kabila en tête du scrutin. Mais compte tenu de la crédibilité entamée de cette institution et de l’ampleur des irrégularités, ces résultats ne risquent pas d’inspirer la confiance. L’opposition risque de les rejeter d’emblée. La Cour suprême doit résoudre les différends, mais puisqu’elle est également composée de proches du pouvoir, les perdants vont probablement chercher à exprimer leurs griefs dans la rue. Il est difficile d’anticiper l’ampleur de la violence : des affrontements risquent d’éclater à Kinshasa mais aussi dans d’autres régions, particulièrement dans les fiefs de l’opposition comme le Kasaï oriental, où le gouverneur a déjà déclaré l’état d’urgence, le Kasaï occidental, le Sud-Kivu, Lubumbashi, et l’Equateur. Des divisions au sein de l’armée ne doivent pas être exclues.

Une action internationale et régionale d’urgence est nécessaire pour sauver les élections et persuader les dirigeants congolais de s’abstenir de recourir à la violence. Ces deux tâches ne s’annoncent pas faciles. Les défaillances techniques considérables et les manipulations délibérées du scrutin réduisent la possibilité de connaitre les véritables résultats tandis que le contrôle des institutions par le régime réduit la possibilité pour les élites de résoudre pacifiquement les différends. Alors qu’une fébrilité croissante gagne Kinshasa, les deux candidats en tête semblent peu enclins à s’adresser la parole et encore moins à accepter la défaite. Cependant l’adoption des mesures suivantes présente un espoir de sortie de crise :

  • La commission électorale doit compter les bulletins de vote de manière transparente, dans le respect de la loi congolaise et en présence d’observateurs locaux et internationaux – et elle doit annoncer publiquement qu’elle va le faire. Elle doit publier les résultats de chaque bureau de vote, pour permettre une vérification indépendante, pour l’élection présidentielle comme pour les législatives qui sont désormais quasiment oubliées.
  • Les autorités doivent expliquer clairement comment les partis politiques et les observateurs ont la possibilité de contester les résultats de chaque bureau de vote. Les bureaux qui ont fourni des résultats douteux ou ceux où les observateurs ont signalé des irrégularités doivent faire l’objet d’enquêtes rigoureuses – encore une fois, en présence d’observateurs internationaux – avec des critères clairs à appliquer pour l’invalidation des bulletins. La possibilité de voter doit être offerte aux électeurs des régions où le scrutin n’a pas pu avoir lieu.
  • Tous les dirigeants congolais doivent éviter les discours haineux. Etant donné que les manifestations vont sans doute devenir violentes, les dirigeants de l’opposition ne doivent pas appeler à manifester après l’annonce des résultats.
  • Si des manifestations ont lieu, les forces de sécurité doivent s’abstenir de faire usage d’une force excessive – et des instructions claires doivent être émises par les chefs militaires et de la police et le président. Toute violence doit faire l’objet d’une enquête par des organisations de droits de l’homme congolaises et internationales, ainsi que, si cela est approprié, par la CPI.
  • L’ONU, l’UA et l’UE doivent envoyer immédiatement une médiation de haut niveau entre les parties. Un accord de partage du pouvoir n’est pas souhaitable ; en revanche, compte-tenu de la défiance à l’égard des institutions électorales. Les médiateurs doivent explorer des options pour un mécanisme alternatif de règlement du contentieux électoral ou pour une supervision indépendante des mécanismes existants – éventuellement sous les auspices de l’UA et avec un soutien international. Ils doivent également trouver un moyen d’éviter une crise constitutionnelle puisque le mandat de Kabila expire cette semaine.
  • Pendant ce temps, l’ONU, les bailleurs de fonds et les dirigeants régionaux doivent éviter les déclarations qui légitiment des résultats contestables et détruisent le peu de crédibilité qui leur reste au Congo. Ils ne peuvent pas accepter les défaillances électorales. Aucun dirigeant ne doit être félicité tant que tous les différends électoraux ne sont pas résolus.
  • L’ONU doit déployer des casques bleus supplémentaires dans les provinces de l’Ouest et à Kinshasa, sinon elle risque d’échouer à remplir son mandat de protection des civils. Un bain  de sang dans la capitale d’un pays hôte de la plus large opération de maintien de la paix des Nations unies est impensable.

Au-delà du danger immédiat que représentent le rejet des résultats et l’escalade de la violence, l’existence d’un président ayant un mandat illégitime pose une menace sérieuse pour la paix et la sécurité dans le pays. Seul un dirigeant dont les Congolais sont convaincus qu’il a été élu librement est à même de résoudre les multiples problèmes du pays. Les perdants exclus de la vie politique peuvent facilement prendre les armes, comme en République centrafricaine ou au Burundi voisins. La crise d’aujourd’hui n’aura pas surpris les observateurs du Congo, puisqu’elle résulte du désengagement discret mais réel des acteurs régionaux et internationaux ces dernières années. Ils doivent désormais s’engager à nouveau – et rapidement. 

 

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08 décembre 2011

Transport aérien: l'Afrique, nouvel objectif du fondateur d'EasyJet

Transport aérien: l'Afrique, nouvel objectif du fondateur d'EasyJet

LONDRES — Fort de son succès en Europe, le fondateur d'EasyJet envisage de lancer une nouvelle compagnie à bas coûts en Afrique, "dernière frontière" du transport aérien et marché prometteur malgré l'importance des défis à relever.

"L'Afrique doit désormais être considérée comme la dernière frontière de la révolution du transport aérien qui a débuté aux Etats-Unis dans les années 70 et que je suis fier d'avoir menée en Europe dans les années 90", a affirmé Stelios Haji-Ioannou en dévoilant le projet cette semaine.

Cet homme d'affaires britannique d'origine chypriote a fondé en 1995 la compagnie britannique à bas coûts EasyJet, dont il contrôle encore avec les membres de sa famille près de 38% du capital à travers son holding EasyGroup.

Il envisage désormais d'utiliser son expérience pour lancer une compagnie à bas coûts à l'échelle de l'Afrique avec des partenaires. EasyGroup va ainsi prendre une participation dans Rubicon Diversified Investments, une petite société cotée en Grande-Bretagne, dont le groupe africain Lonrho est également actionnaire.

Lonrho n'évolue pas non plus en territoire inconnu, puisqu'il possède déjà la petite compagnie africaine Fly540, qui exploite des lignes régionales au Kenya, en Angola et au Ghana, avec une flotte d'avions à hélices européens ATR.

Le projet de nouvelle compagnie n'est pour l'instant qu'à l'état d'ébauche mais les partenaires ont déjà trouvé un nom, déposé par Sir Stelios: "Fastjet.com".

Le continent représente un marché prometteur, avec l'essor d'une classe moyenne qui alimente un trafic en hausse. Celui-ci a progressé de 4,2% en octobre, selon les derniers chiffres de l'Association internationale du transport aérien (IATA).

"Dans tous les pays du monde, les compagnies à bas coûts ont été bien reçues par le marché et je ne doute pas que ce serait le cas aussi en Afrique", où elles sont encore peu présentes, estime John Strickland, un spécialiste du secteur aérien, qui dirige le cabinet JLS Consulting.

Pour l'instant, sur le continent, ce type de transporteur reste cantonné au Maghreb et à l'Afrique du Sud.

Le développement d'un réseau aérien fiable et relativement abordable serait d'autant plus bienvenu que les routes sont parfois impraticables, voire inexistantes dans certaines régions et que les compagnies locales sont souvent encore peu sûres.

"Cela pourrait être vraiment un moteur pour les économies africaines", ajoute ainsi M. Strickland, tout en soulignant qu'il "ne faut pas sous-estimer les défis" qui se posent.

Le projet de grande compagnie africaine à bas coûts se heurte en effet à des problèmes structurels, comme le manque d'infrastructures et de pilotes qualifiés, les réglementations locales complexes...

Autre problème, dont la clef se trouve cette fois en Grande-Bretagne: Sir Stelios, en lançant une nouvelle compagnie, risque de s'attirer les foudres d'EasyJet.

Les relations entre la compagnie britannique et son fondateur, qui n'y joue plus aucun rôle de direction, ont été marquées dans le passé par des guerres juridiques, et s'enveniment régulièrement.

EasyJet, alertée dès septembre de ses projets de nouvelle compagnie, a déjà fait savoir qu'elle ne les voyait pas d'un bon oeil et ferait "tout ce qui est nécessaire" pour protéger ses intérêts.

Bien qu'essentiellement implantée en Europe, EasyJet dessert également le Maroc et l'Egypte, où elle pourrait se trouver en concurrence avec la nouvelle création de Sir Stelios.

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07 décembre 2011

Achat de terres en Afrique: une nouvelle colonisation

Achat de terres en Afrique: une nouvelle colonisation


DURBAN (Afrique du Sud) - Les pays étrangers qui achètent des terres agricoles en Afrique pour assurer leur approvisionnement en nourriture sont coupables d'une nouvelle forme de colonisation, a affirmé mercredi la ministre sud-africaine de l'Agriculture Tina Joemat-Pettersson. 

Vous découvrez qu'un autre pays, ou un gouvernement d'un autre continent, achète la terre. Si le terrain abrite une forêt, ils vont la détruire et ils vont produire des aliments pour eux, a indiqué la ministre en charge de l'agriculture, des forêts et de la pêche dans une intervention en marge des négociations climatiques à Durban, en Afrique du Sud.

Une nouvelle forme de colonisation est en train survenir en Afrique. Beaucoup de gens n'aiment pas que nous disions ça, a-t-elle ajouté lors d'une intervention publique sur les forêts. 

Sollicitée par l'AFP, Mme Joemat-Pettersson a cité en exemple le nouvel Etat du Soudan du Sud où, a-t-elle affirmé, près de 40% des terres ont déjà été vendues à des intérêts étrangers.

Ils apportent leur propre main-d'oeuvre, ils apportent leur propre matériel, leurs semences. Ils utilisent le sol du pays hôte et ensuite ils s'en vont, a-t-il ajouté, sans souhaiter nommer les pays auxquelles elle faisait référence.

L'Afrique du Sud a lancé une initiative avec l'Union africaine (UA) pour amener tous les pays à établir un registre de gestion des terres. 

Le registre nous permettra de voir quelle proportion de terres agricoles ou de forêts a été vendue à des gens d'un autre pays, et quel est l'impact sur le pays hôte, a indiqué la ministre sud-africaine.

En 2009, un rapport de deux ONG et de l'Agence pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) avait évalué à 2,5 millions d'hectares la surface de terres agricoles achetées ou louées durant les cinq années précédentes dans cinq pays africains examinés.

La Chine, l'Inde, la Corée du Sud, des pays du Golfe et des sociétés occidentales sont les pays pratiquant ces achats de terre, motivés par le désir de sécuriser leur approvisionnement en nourriture ou produire des biocarburants. 


(©AFP / 07 décembre 2011 20h34) 

 

 

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Au moins 20.000 enfants travaillent dans les mines d'or artisanales au Mali

Selon l'agence française de presse (AFP)Au moins 20.000 enfants travaillent dans les mines d'or artisanales au Mali

Ces enfants orpailleurs "travaillent dans des conditions extrêmement dures et dangereuses", notamment à creuser des puits de mines, travailler sous terre, remonter des charges de minerai pesantes, qu'ils transportent ou concassent, avec des moyens rudimentaires et de façon informelle, explique l'ONG.

Beaucoup d'entre eux utilisent "du mercure, une substance toxique, pour séparer l'or du minerai. Le mercure attaque le système nerveux central et s'avère particulièrement nocif pour les enfants", ajoute-t-elle.

"Lors de l'enquête, nous avons interrogé beaucoup d'enfants, mais aussi des adultes. (...) Dans notre recherche, nous n'avons pas répertorié des cas de décès, mais des cas de maladie", a déclaré lors d'une conférence de presse l'auteur du rapport, Juliane Kippenberg, chercheuse à HRW.

Selon HRW, la plupart des enfants mènent leurs activités aux côtés de leurs parents ou de proches pour améliorer les revenus de la famille en vendant l'or aux commerçants locaux, d'autres tentent de travailler seuls, s'exposant à l'exploitation et à des abus.

Selon Mme Kippenberg, des "autorités locales tirent souvent profit de l'orpaillage et se soucient peu de la lutte contre le travail des enfants."

D'après HRW, l'or produit dans les mines artisanales au Mali est en grande partie "acheté par des petits négociants qui fournissent des intermédiaires et des maisons de négoce à Bamako, la capitale".

Environ 4 tonnes d'or artisanal sont exportées chaque année notamment vers la Suisse et les Emirats arabes unis, pour une valeur estimée à 218 millions de dollars (plus de 162 millions d'euros), selon les chiffres officiels rapportés par l'ONG, qui appelle les autorités et les différents acteurs du secteurs à prendre des mesures pour mettre fin au travail des enfants dans les mines d'or.

Le Mali est le troisième producteur d'or en Afrique, après l'Afrique du Sud et le Ghana.

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