30 septembre 2007

Niger/Moussa Kaka : Lettre de Pius Njawé à Mamadou Tandja.

Envoyé par : "Association de la Presse Panafricaine (AP" presseafricaine@yahoo.fr   presseafricaine Mardi 30. Octobre 2007  2:31

drapeau_du_nigerLETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MAMADOU TANDJA, PRESIDENT DE LA  REPUBLIQUE DU NIGER

Par Pius N. NJAWE


Monsieur le Président de la République,
Il y a 35 jours, mon confrère Moussa Kaka, directeur de Radio Saraouniya à Niamey et correspondant de Radio France Internationale (RFI) dans votre pays, était arrêté et jeté en prison. Alors que nous en étions encore à nous interroger sur les raisons profondes de cette arrestation pour le moins curieuse, voici qu’un autre confrère est arrêté à son tour : Ibrahim Manzo Diallo, le directeur de publication du bimensuel Aïr Info à Agadez.

Si Moussa Kaka a été inculpé pour « complicité de complot contre l’autorité de l’Etat », Manzo Diallo continue d’être détenu sans inculpation, et donc illégalement. Tout ce que nous savons jusqu’ici, c’est qu’il avait été arrêté le 9 octobre à l’aéroport de Niamey, sous prétexte que son billet d’avion était payé par la rébellion
touareg, alors qu’il se rendait en France pour des raisons professionnelles.

Monsieur le Président de la République,

J’ai espéré que face à la légèreté des accusations portées contre Kaka, et à l’absence de charge contre son codétenu Manzo Diallo, vous useriez de votre pouvoir discrétionnaire pour ordonner leur libération. J’ai espéré que les arguments juridiques qui plaident largement en leur faveur interpelleraient la conscience de vos magistrats et qu’ils restitueraient leur liberté à nos confrères. J’ai espéré que la mobilisation internationale autour de leur libération ferait fléchir votre gouvernement. J’ai tant espéré que la raison démocratique prendrait assez vite le pas sur la raison du plus fort. Espoir déçu, mais peut-être – je l’espère - pas encore perdu.

35 jours après le début de cette escalade contre la presse, nos confrères sont toujours derrière les barreaux. Sans jugement et, comble d’imposture judiciaire, sans charge contre Diallo. Pire, il me revient que Moussa Kaka encourt un emprisonnement à vie si le tribunal venait à le reconnaître coupable des faits dont il est accusé.

Si donc je me permets de vous écrire aujourd’hui, Monsieur le Président de la République, c’est pour joindre ma modeste voix à celles, déjà si nombreuses, de célébrités et d’anonymes aux quatre coins de la planète,
pour demander la libération immédiate et sans condition de Moussa Kaka et d’Ibrahim Manzo Diallo. Il s’agit, non pas d’une voix de trop -encore qu’aucune voix de saurait être de trop dans cette bataille -, mais d’un témoignage nourri d’expériences qui montrent que les libertés démocratiques ne se laissent pas embastillées aussi facilement.

Monsieur le Président de la République,

Si de telles demandes vous inondent au fil de jours et de semaines,  c’est parce que nos confrères n’ont commis aucun crime pour être ainsi embastillés ; ils n’ont fait, croyons-nous savoir, que leur travail de journaliste, en allant chercher l’information là où elle se trouve pour la livrer à leurs lecteurs et auditeurs. C’est pourquoi ils ont le soutien indéfectible et inconditionnel non seulement de la communauté des professionnels, mais aussi des démocrates et autres défenseurs des droits humains de par le monde. Et, croyez-moi, cette pression ne baissera pas d’un iota tant qu’ils seront maintenus en détention. J’en veux pour preuve ma propre expérience : il y a une dizaine d’année, j’avais été jeté en prison pour une histoire de malaise cardiaque survenu au chef de l’Etat lors d’un match de football qu’il présidait. Les commanditaires de l’affaire se disaient alors, comme vous vous le dites certainement aujourd’hui, que l’opinion nationale et
internationale se fatiguera très vite, que les « gesticulations stériles» des activistes s’estomperont et qu’au bout de quelques semaines je serais oublié dans ma cellule N°15 de la prison centrale de Douala pendant que eux continueraient à se la couler douce.
Que non ! Puisque dix mois après, les pressions avaient plutôt redoublé d’intensité. Les investisseurs commençaient à tourner le dos au Cameroun, et l’image du pays prenait chaque jour un sacré coup. Tant et
si bien que mes bourreaux, n’en pouvant plus d’avoir à répondre de mon cas à chacun de leurs voyages à l’étranger, durent m’accorder une grâceprésidentielle que je n’avais pas demandée, ramenant ainsi mes deux ans de peine initiale à… dix mois !
C’est pour vous éviter d’avoir à vous retrouver plus tard face à un tel dilemme avec les cas de Kaka et Diallo, que j’en appelle à votre sens de l’honneur aujourd’hui. N’attendez pas d’être aussi ridiculisé que le
fut Biya à l’époque, pour vous résoudre à libérer ces journalistes que personne n’a surpris, les armes à la main, sur un champ de bataille aux côtés de la rébellion touareg. Sous réserve d’éléments d’appréciation
qui nous échapperaient encore, rien de sérieux ne saurait donc justifier leurs arrestations, et encore moins leur maintien en détention sans jugement. N’allez surtout pas croire, Monsieur le président de la République, que c’est en les maintenant en prison que vous les ferez taire, ou que vous vous attirerez leur sympathie.

Au contraire ! Pour avoir été arrêté 126 fois dans l’exercice de mon métier de journaliste, je sais par expérience que c’est quand il est sur la bonne piste que le bon journaliste est persécuté ; alors il doit persévérer.

Monsieur le Président de la République,

Votre pays le Niger compte encore parmi les exemples de démocraties émergentes en Afrique. La démocratie nigérienne s’est construite patiemment, au prix de lourds sacrifices consentis par le peuple nigérien, sous l’éclairage de sa presse. N’oubliez jamais en effet, Monsieur le Président, le rôle prépondérant que cette presse, aujourd’hui vouée aux gémonies, a joué dans cette construction de la démocratie, et donc forcément dans votre accession au pouvoir.
Nous avons encore souvenance de la reconnaissance par votre Excellence, de la justesse du combat des syndicats qui, il y a quelques années, protestaient contre la vie chère dans votre pays. D’où vient-il qu’aujourd’hui votre gouvernement se mette à ramer à contre-courant de ce qui était jusque-là considéré comme un acquis démocratique, à savoir la liberté d’expression sous toutes ses formes ?
Ne portez pas, pour une histoire de rébellion dont les coupables sont loin d’être des journalistes, la responsabilité historique d’être celui par qui la démocratie fait demi-tour au Niger.

Haute considération.
Douala (Cameroun), 24/10/2007

Pius N. Njawé

- Directeur Général Free Media Group, D.P. du quotidien Le
Messager ;
- Plume d’Or de la Liberté (1993) ;
- Héros Mondial de la Liberté de la Presse (2000) ;
- Missouri Honor Medal for Distinguish Service in journalism
(2000) ;
- Ancien Membre du Groupe consultatif de l’Unesco pour la Liberté
de la presse ;
- Ancien Membre du Jury du Prix Mondial Unesco/Guillermo
Cano pour la Liberté de la Presse ;
- Président de l’Union des Editeurs de Presse d’Afrique Centrale ;
- Etc.

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Pour le fédéralisme en Afrique

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A l’heure où depuis quelques années on parle de plus en plus de fédéralisme et de panafricanisme, je me suis permis de partager avec les internautes quelques notions que je trouve essentielles pour avancer le débat.

L’idée du fédéralisme a surgi en Europe pour éviter à la longue des guerres entre nations. Le premier grand théoricien fut Emmanuel Kant dans son petit manifeste intitulé « Pour la paix perpétuelle » écrit en 1795.

L’idée du fédéralisme surgit en Afrique à l’aube des indépendances.

Le principal promoteur de cette idée fut le ghanéen Kwamé Nkrumah avec la panafricanisme. Pour lui l’Afrique devait s’unir pour résister à l’impérialisme étranger et surtout retrouver son unité spatiale, et socio-culturelle gage de réussite pour son combat vers la liberté.

Pour lui l’alliance ou la fédération des Etats libres, souverains et égaux devait permettre aux Africains de recouvrer rapidement leur libertés individuelles bafoués par les nouveaux systèmes d’exploitations qui se sont immédiatement mis en place dès les proclamations d’indépendance.

Kwamé Nkrumah avec les Modibo Keita pensaient que l’Afrique devait se libérer totalement de sa dépendance si les Etats se mettaient en place. Ces tenants africains de la liberté, considèraient  cette dernière  comme une fin pour le citoyen africain.

Le pari était (ou est) Etre libre, même quand il s’agit de réhabiliter l’Etat national qui a fut détruit par la colonisation européenne.

Cette expérience des années soixante fut rapidement interrompue par la duplicité de l’Occident et la complicité des élites africaines, et l’installation des dictatures et des Etats unitaires opposés au fédéralisme.

Le retour en force des idées de Nkrumah

L’expérience de 1960 à 1990 des partis politiques uniques et des dictatures centralisées dans la plupart des pays africains n’a pas permis la promotion des idées de fédéralisme.

Ces Etats n’ont pas permis aux citoyens et aux entités régionales de s’émanciper vers l’autonomie sociale et culturelle.

Face aux échecs, politique, économique, sociale, sanitaire, culturelle,  psychique, et etc. constatés par une bonne partie de la jeunesse, des élites ,  de la plupart des acteurs et analystes socio-politiques africains, tout le monde s’accorde de plus en plus à préconiser l’expérimentation sinon l’application sincère du fédéralisme au sein des Etats, des entités sous-régionales pour aboutir à l’Union africaine selon les vœux de Nkrumah.

C’est pourquoi on a vu au début du retour du multipartisme, beaucoup des pays de type centralisé, se diriger vers la décentralisation ce qui était un pas vers l’autonomie administrative et culturelle des régions, donc des groupes ou des communautés linguistiques car malencontreusement associés à des portions de territoires dits nationaux.

En effet les indépendances africaines du fait de la balkanisation opérée en 1885 à Berlin, ne furent pas celles des territoires ou terroirs composés uniquement d’un seul groupe ou communauté linguistique. En tant que tel aucun de ces groupes appelés à tord tribu ou ethnie ne peut revendiquer à elle seule une indépendance. Les indépendances furent accordées à des pays composés de plusieurs terroirs ou entités humaines toutes diverses. Cet handicap de départ fut mis en avant dans les premières années des indépendances pour expliquer l’échec de l’Afrique « mal partie ». A cela la réponse fut d’instaurer le parti unique pour étouffer les revendications identitaires. Cela fut une façon de s’opposer aux libertés individuelles donc à l’épanouissement des Africains. 

Du coup le parti unique et l’obsession de l’Etat centralisé cristallisèrent de plus belle les passions identitaires. C’est ce qui explique la création dans la plupart de ces pays des partis à dominance identitaire comme socle idéologique.

Les plus courageux de ces partis politiques réclamèrent l’instauration du fédéralisme comme solution aux conflits.

Car en effet les tenants du fédéralisme pense que l’individu pourra acquérir sa nature véritable, car le territoire sur lequel il devrait évoluer serait homogène du point de vue peuplement dit ethnique. Les pseudo antagonismes nés de ces difficultés identitaires ne pouvant plus s’exprimer.

Pour les tenants du fédéralisme, l’Etat est source de conflit par essence comme le définissait Hegel. L’Etat par essence par l’exclusive de la puissance et des moyens de la force et de la contrainte qu’il dispose s’opposerait aux libertés. Il a souvent tendance à restreindre les libertés individuelles au nom de l’intérêt collectif.

Si par malheur cet Etat tombe dans les mains d’un dictateur comme c’est souvent le cas en Afrique d’une façon générale, et au Congo d’une façon particulière, on constate que les libertés individuelles sont presque détruites.

Pour ma part je pense qu’un Etat démocratique, c’est celui qui doit avoir pour vocation de promouvoir la liberté, c’est ce qui explique les multiples avancées vers plus de libertés individuelles dans les pays d’Europe et d’Amérique. L’Etat aurait pour rôle de résoudre les conflits nés d’antagonismes d’intérêts individuels.

Pour la plupart des philosophes , « la relation originelle des hommes entre eux est une relation conflictuelle, mettant en jeu deux passions fondamentales : la vanité ou désir de reconnaissance (et la peur de la mort violente). Et la soumission à un maître est le phénomène d’où est sortie la vie sociale des hommes en tant que commencement des Etat. »

La démocratie directe serait issue de l’idéologie de l’idéal de  la liberté pour tout citoyen

La liberté c’est l’idéal humain. C’est ça qui le fonde. Cet idéal serait le fondement de la démocratie.

En démocratie on doit pouvoir avoir la libre participation de tous les citoyens du pays au fonctionnement des institutions politiques et sociales c’est ce que l’on appelle Liberté politique.

La démocratie dans son essence doit permettre l’expression et l’épanouissement de la vie privée sous toutes ses formes. Le citoyen doit pouvoir vivre sa vie comme il l’entend.

Mais l’Etat seul a la liberté de restreindre cette liberté individuelle pour le bien supposé du plus grand nombre de la collectivité et en son nom. D’où il faut que cet Etat ait obtenu une légitimité et une légalité lui accordant la liberté de restreindre certaines formes de libertés individuelles. La légitimité lui est accordé par les citoyens composant la société qui acceptent d’aliéner leur liberté. De cette légitimité découle la légalité qui fonde la loi.

Cette triple liberté doit produire deux effets fondamentaux pour que la démocratie fonctionne et garantisse en fin de boucle la liberté :

   Ø      Gouverner et gouverné.

Ces deux catégories de mots produisent au sein des citoyens d’une même et unique société, deux types d’acteurs :

Ø      le verbe Gouverner : produit la catégorie des gouvernants

Ø      le verbe Gouverné : produit la catégorie des gouvernés

Le citoyen aurait des droits politiques et civils et  a aussi  des obligations politiques et civiles et ce serait le cas des gouvernants.

C’est pourquoi les lois doivent être les mêmes pour tous et connues de tout citoyen. La première de ces lois est la constitution qui agence l’ensemble des libertés individuelles, qui définit les droits et obligations politiques et civils.

Toutes ces lois doivent concourir à la garantie des libertés individuelles en essayant de résoudre le maximum des conflits.

Ces lois pour obtenir l’assentiment de tout citoyen car elles restreignent la plupart du temps les libertés individuelles doivent revêtir un caractère universel démocratique.

C’est pourquoi on réclame de ces lois une égalité, pour que tout le monde puisse mérite le même traitement de ses libertés individuelles.

Il est donc clair que dans un Etat centralisé, dans le cas africain où les passions identitaires sont au cœur des idéologies des partis politiques et de la grande masse conditionnée à cela par une élite incapable de promouvoir les libertés individuelles, le fédéralisme apparaît comme une source potentielle de conflit surtout à caractère identitaire. Et en deuxième point le fédéralisme s’opposerait directement à l’essence même de ces partis car en homogénéisant le territoire « entre nous », les acteurs politiques africains seraient mis à nu.

Leur incompétence notoire à produire du sens social, de l’économie et de la politique serait dévoilé face à leurs électeurs.

En effet il est plus simple à ces derniers de justifier leur incompétence en évoquant l’autre de l’autre «  ethnie ».

C’est ce qui se passe actuellement au Congo, les ressortissants du Nord majoritaire dans les sphères des institutions politiques et administratives sont accusés par les partis d’opposition en majorité issus des régions du Sud comme responsables des malheurs du Congo.

Si bien que la frange de la population ne faisant pas partie des institutions  politiques et administratives pour la plupart originaires de la partie Sud du Pays pense qu’il faut instituer un Etat fédéral pour sortir le Congo d’un pseudo conflit ethnique et permettre ainsi à chaque individu congolais de s’épanouir.

Le Congo Etat unitaire et autonome depuis 1956 connaît des conflits politiques à caractère identitaire depuis là. D’où l’idée du fédéralisme, est-ce que les Congolais sont-il capables de faire ce que les Belges (Flamands et Wallons) ont fait en 1830 pour éviter son éclatement.

Certes le Congo ne court pas le risque d’éclatement mais simplement le risque de dissolution totale au profit des puissances étrangères comme la France ou la Chine qui débarquerait en force pour remplacer les Français) ?

Si on regarde l’histoire des autres pays d’Afrique, très peu on un statut fédéral, c’est ce qui expliquerait en partie la réticence que les gouvernants politiques africains ont à l’idée panafricaine. C’est pourquoi ils freinent l’unité africaine, car ils ont peur de l’appliquer un jour chez eux.

En effet l’Etat fédéral doit consentir à transférer aux institutions politiques locales ou régionales des compétences faisant partie de l’épanouissement ou non des libertés individuelles. Il s’agit de gérer au plus près des populations les besoins fondamentaux ( santé, éducation, logement, culture et besoin social) et voire économiques.

Toutes ces compétences transférées au niveau local risquent d’affaiblir le pouvoir central, car en ce moment les pouvoirs locaux rentreraient en compétition avec lui. Or les politiciens africains ont besoin de pouvoir central pour continuer à distribuer des prébendes  et négocier avec les anciennes puissances tutélaires des allégeances.

Pour ma part je pense que pour que le fédéralisme réussisse il faut qu’il sorte d’un compromis démocratique. Il faut que les acteurs politiques et la population appréhendent le fédéralisme comme une forme avancée de la démocratie.   

En cas de contrainte autocratique, il échoue sans conteste, c’est le cas de la Yougoslavie qui a fini d’éclater ou encore de la République Fédéral du Cameroun à cause des passions identitaires.

Dans le cas des pays unitaires, souvent les revendications identitaires conduisent à la rupture et à la violence si cette volonté n’est pas acceptée de façon libre et démocratique.

C’est ce qui explique par exemple que l’opposant anglophone John Fru Ndi n’ait pas réussi à gagner les élections au Cameroun face à Biya contesté,  au début du multipartisme dans les années 1990.

Ou quelque fois le spectre de la sécession empêche les partis politiques à adhérer aux idées du fédéralisme, c’est le cas des pays ayant connu de longues périodes de guerre, c’est le cas du Tchad, de l’Angola, de l’Afrique du Sud et du Congo rive gauche(RDC).

Face à ses oppositions que l’on peut comprendre, les tenants de la liberté pensent que seule l’organisation fédérale de nos pays nous conduirait vers la paix et le progrès pouvant assurer l’envol de l’Africain.

A l’avantage du fédéralisme, les panafricanismes soutiennent que si l’Afrique malgré les guerres et les difficultés, avait été un seul pays aux mains d’un seul gouvernant, et si par malheur les 53 Etats étaient dirigés par un dictateur, on aurait pas eu les avancées constatées dans certains  territoires. C’est pourquoi les vrais panafricanistes défendent l’idée fédérale ou confédérale pour l’Afrique.

Pour eux il n’est pas question d’unifier les territoires, au contraire ils souhaitent que chaque pays se dotent d’une organisation fédérale afin de libérer au plus près des territoires la démocratie directe. Cela pour ainsi couper court aux pseudo problèmes dit ethniques ou tribaux.

Pour cela ils se réfèrent sur l’organisation des anciens grands empires et royaumes de l’Afrique pré-esclavage. Les Etats du Songhai ou du Kongo ont fait la preuve de leur développement en ces époques.

Plus près de nous, on peut citer les exemples des pays performants qui sont en train de nous dominer. En tête de ces pays il y a les Etats Unis d’Amérique (USA)  qui par sa constitution tient en trois principes fondamentaux garantissant la liberté des individus. Les trois premiers articles de la constitution consacre la séparation des pouvoirs

Ø      1- le législatif (Congrès et la chambre des représentants)

Ø      2- l’Exécutif le président des USA

Ø      3- le judiciaire la cour suprême.

A partir de ces trois axes, les USA organisent le fédéralisme par l’article 6 « les constitutions et les lois des Etats fédérés doivent respecter la constitution et les lois fédérales »

Ainsi les organes de l’Etat fédéral américain se composent de :

   Ø      1- la chambre des représentants élus à la proportionnelle de la population.

   Ø      2- le sénat comprend 2 élus de chaque Etat quelle que soit sa taille.

On peut aussi évoquer le cas de la confédération helvétique, qui est née en 1921 du pacte liant 3 petites communautés des montagnes suisses.

C’est la concordance suisse qui organise cette variante du fédéralisme. La Suisse se distingue par son degré élevé  de démocratie semi-directe par la possibilité des referendums (il suffit de 50000 citoyens).

La constitution suisse est très détaillées porte sur des points très divers.

Comme pour les Etats –Unis, la représentation est proportionnelle pour le parlement.

Par contre les Suisses ont institué une représentation proportionnelle pour le gouvernement.

Les bases institutionnelles suisses sont :

La suprématie fédérale et le canton.

la fédération repose sur l’assemblée fédérale, son bureau est formé  de la réunion des bureaux des 2 chambres 

Le congrès désigne les conseillers fédéraux.

Un autre pays performant fédéraliste c’est l’Allemagne, où le pouvoir est partagé entre les deux grands partis.

La fédération s’organise autour du Bundestag (parlement fédéral) et des Bundesrat (parlements des Etats ou des régions (Landers).

Un autre pays fédéral est le Canada.

Pour tous ces pays  la fédération s’appuie sur les 3 points essentiels suivants :

Ø      1-La souveraineté garanti par la constitution fédérale

Ø      2-La liberté  des citoyens et des territoires garantie par deux constitutions (fédéral et locales)

Ø      3-L’égalité pour tous les citoyens garantie la libre circulation des citoyens d’un Etat ou région à un autre ou une autre sans restriction, et la suprématie de la constitution fédérale sur toutes les autres lois.

En Allemagne en matière économique et sociale, les régions ont le droit de substituer à l’Etat fédéral en cas de défaillance de ce dernier.

Dans tous ces pays les Etats ou Landers ou Cantons ou régions ont la possibilité de conduire des politiques économiques, sociales, culturelles voire cultuelles. Ce qui fait qu’en étant au plus près des populations, la démocratie qui requiert l’implication  des citoyens devient efficace et source de paix. La compétition pour le pouvoir central paraît donc secondaire pour les tenants des fameuses « éthnies ».

L’excuse des analystes et de certains acteurs africains qui pensent que les « ethnies ou tribus » sont un frein au développement et source des conflits ne peut être évoquée.

On peut donc le voir que le fédéralisme apparaît comme un rempart à l’obscurantisme et au mal sous-developpement. Il a le mérite de mettre au défi les élites africaines.

C’est pourquoi que je pense que le fédéralisme reste le seul chemin que l’Afrique tout entière doit emprunter si elle veut assurer les libertés et l’envol de ses habitants.

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09 septembre 2007

Gestion de la forêt congolaise

Lu et approuvé pour vous sur le site de mon ami Pépin Boulou à Pointe-Noire 

www.maux-en-mots.com 

GESTION DE LA FORET CONGOLAISE

INTERMINABLE POLEMIQUE SUR L’EXPLOITATION DE LA FORET CONGOLAISE

(A mon Ami BIOKA BONGO Bernard)

«Mentez, mentez. Il restera toujours quelque chose». Voltaire.
                  

Une ressource longtemps masquée.

De même qu’un train peut en cacher un autre, de même une ressource peut en cacher une autre…

Au Congo Brazza, l’immense succès de l’or noir a presque fait oublier, pendant longtemps, l’existence de l’or vert, la deuxième ressource du pays.

Ressource renouvelable et inépuisable s’il est bien géré, le bois a été la première richesse du Congo Brazzaville jusqu’en 1972. A partir de cette date qui marque simultanément la fin de la suprématie du bois et le début du premier boom pétrolier Congolais, le secteur de l‘économie forestière fut non seulement relégué au second plan; mais manifestement négligé. Dès lors, les regards des Congolais, toutes catégories confondues, furent tous braqués sur l’exploitation pétrolière, et surtout les colossales recettes qu’elle a souvent générées.

Une prise de conscience soudaine

A partir de l’an 2000, la vigilance des Congolais, longtemps chloroformée par les miasmes des hydrocarbures, se réveilla brusquement.
Tout d’un coup, leurs regards s'orientèrent vers les cimes des arbres majestueux de leur forêt tropicale. Celle-ci couvre 65% de la superficie de leur territoire. Spontanément, leurs langues se délièrent pour dénoncer l’exploitation sauvage de la forêt Congolaise. Ipso facto, une palpitante polémique sur la gestion des forêts Congolaises prit naissance et ne cesse de s’amplifier.

Le gouvernement congolais mis en cause

Sans nul doute, ce débat public national au sujet de la forêt, avait été déclenché par l’hebdomadaire frondeur l’Observateur en fin décembre 2002. Ce journal Congolais titrait à la une:‘’Forêts Congolaises; la maffia bazarde et massacre en silence’’.

En effet, dans un article à caractère documentaire, l’observateur mettait ouvertement en cause le régime en place. Principal accusé: Henri DJOMBO, le ministre de l’économie forestière et de l’environnement(3). Cet article provocateur avait été inspiré par des propos peu convaincants de Mr Henri DJOMBO sur les antennes de RFI.
En effet, interpellé le 12 Décembre 2002 par RFI, au sujet du «du scandale du bois au Congo», Henri DJOMBO avait déclaré grosso modo ceci:‘’ les opérateurs, qui arrivent dans le cadre légal, sont tenus de déclarer correctement les volumes annuels…et sur le terrain, nous procédons au contrôle des diamètres de base, des volumes sortis … et tout ce qui déroge à la loi, bien sûr, est sanctionné‘’.
Le même jour, Jean Pierre EDIN, Président de l’O.N.G. ROBIN de bois, avait battu en brèche l’argumentation apparemment fallacieuse du ministre Henri DJOMBO.

Cette réplique fut évidemment rapportée par l’observateur. Selon cet organe de presse Congolais, Jean Pierre EDIN avait rétorqué en ces termes: « La forêt congolaise est surexploitée…les opérateurs asiatiques qui s’intéressent de plus en plus aux forêts guinéo-congolaises, pratiquent vraiment des coupes terribles. Ils prennent sur la surface tout le bois, y compris des bois très jeunes pour être coupés… l’Etat  Congolais récolte rarement les taxes forestières… il y a énormément des détournements quand elles sont payées; y’en a beaucoup qui ne sont jamais payées. Donc, les revenus pour les pays sont assez faibles par rapport au bois extraits… tout se passe dans l’opacité».
Cerise sur le gâteau, l’observateur  avait révélé en prime, les "pots-de-vin, les petits cadeaux et autres gâteries" que le ministre Henri DJOMBO aurait reçu de la part des exploitants forestiers lors de ses visites de travail, en particulier à Pokola dans la SANGHA(département du Nord-ouest frontalier du Gabon et du Cameroun). Pour suggérer une idée claire du bradage de la sylve naturelle et artificielle du Congo, l'Observateur avait recouru à une saisissante métaphore, empruntée  à l'histoire pré-coloniale du pays: ''c'est la déforestation des forêts congolaises contre l'entretien des pistes agricoles, comme hier on vendait un homme contre un peu de sel ou un fusil de chasse»(4).

Enfin, l’Observateur terminait ce dossier par un précieux avertissement aux Congolais:‘’Le ministère de l’économie forestière et de l’environnement est une mine d’or. Il faut y ouvrir un œil’’(5). Force est de constater que ce conseil demeure bien suivi. Par conséquent la polémique pouvait se poursuivre.

  Démenti d’un ministre morveux

Blessé dans son amour-propre, le ministre Henri DJOMBO ne tarda pas à réagir. Une semaine après l’apparition de cette livraison de l’Observateur, il contre-attaqua «démocratiquement» par l’entremise d’un déjeuner de presse qui eut lieu le 28 Décembre 2002 à Brazzaville. D’un ton énergique, il avait déclaré: "… Les organismes internationaux ont décerné au Congo le prix le plus élevé dans la gestion durable du secteur forestier du bassin du Congo. Notre pays a été le premier à réaliser le clonage de l’eucalyptus. Les contrôles de chantier et la disparition des permis se font selon les normes légales. Il n’y a pas d’opacité dans la gestion de la forêt congolaise…Au Congo, il y a des garde-fous pour contrôler la coupe du bois…, la forêt primaire est quasi-intacte, malgré de nombreux passages de coupes opérées dans la zone sud …"(6). 

Au cours de ce déjeuner de presse, Henri DJOMBO  avait fustigé l'altitude des propagateurs de mensonges qui agissaient de la sorte pour déstabiliser l'opinion publique nationale et internationale afin que le Congo soit discrédité sur le marché du bois. Selon lui, ces propagateurs de mensonges étaient à la solde des convoiteurs des exploitants actuels dans le secteur forestier au Congo.

Réfutant les accusations de Jean Pierre EDIN(sans le citer), Henri DJOMBO soutenait mordicus que les malaisiens n’opéraient pas des coupes sauvages du bois congolais, mais plutôt en conformité à la législation en vigueur. Dans la foulée, il avait ajouté: "Les malaisiens ont installé des usines de transformation de bois sur place. Ce que certains ne font pas". Enfin, Henri DJOMBO a indiqué les perspectives de développement du secteur forestier au Congo; notamment la promotion du reboisement en forêt dense, l’agroforesterie et de la foresterie villageoise, l’implication des populations et de la société civile dans la gestion des terrains et le contrôle de la circulation des produits de la chasse.
Ce vibrant démenti avait semé le doute dans les esprits des congolais. Ces citoyens se demandaient alors:qui de Henri DJOMBO et de Jean Pierre EDIN disait la vérité sur la gestion de l’or vert au Congo?. Nul ne pouvait trancher pour mettre un terme à cette polémique.

Malgré le déficit démocratique notoire au Congo, la salive et l’encre ne pouvaient que continuer de couler à flots à propos de ce sujet à la fois économique et écologique.

Fin momentanée du suspense

La rigueur audacieuse et appréciable du nouveau ministre de l’économie et des finances Rigobert Andely, doublée d'un excès de zèle, mit vite un terme au suspense sur le sujet.

En critiquant publiquement le code forestier ,pourtant adopté par le C.N.T(7), qui accordait, selon lui, trop de pouvoirs au ministère de l’économie forestière et de l’environnement, notamment en ce qui concerne les recouvrements, Rigobert Andély avait fragilisé l’argumentation de son collègue, le cacique Henri DJOMBO. De plus, à l'hémicycle, Rigobert Andély avait promis de corriger les lacunes constatées dans ce code forestier, de telle sorte que la majeure partie des revenus de l’exploitation forestière puisse désormais atterrir dans les escarcelles du Trésor Public.
Quelques jours auparavant, en visite de travail dans la SANGHA à l’occasion de l’inauguration d’une succursale de la banque COFIPA de Ouesso en mi-décembre 2002, l'intrépide ministre des finances avait exigé à la SOCALIB (une société libyenne d'exploitation forestière au Congo, réputée championne de l'esquive en matière d'impôts de payer ses impôts dans un bref délai.
Ces mesures courageuses d’assainissement des finances publiques entreprises par Rigobert Andély, vinrent confirmer la gestion opaque des revenus dans le secteur forestier. Elles furent considérées comme des coups de poignard dans le dos des membres du gouvernement; en particulier de Henri DJOMBO qui était sur la défensive.

Une mégestion vite confirmée

Un nouvel épisode de cette polémique nationale, par médias interposés, commença lorsque l’Observatoire Congolais des droits de l’Homme vint apporter de l’eau au moulin aux troublantes accusations de l’Observateur. Par le biais de son bulletin trimestriel d’information ‘’Lumière’’, paru au cours du premier semestre 2003, L’O.C.D.H fit le compte-rendu de leurs missions d’enquête sur l’exploitation forestière dans les départements administratifs du Niari, de la Lékoumou et de la Sangha.

A travers l’article intitulé: «Man Fai Tai , un exemple de mauvaise gouvernance», L’O.C.D.H incrimina les autorités nationales. En effet, dans cet article, L’O.C.D.H dénonça sans détour l'exploitation intense du bois, la coupe des bois hors normes, la destruction des routes existantes, l'opacité dans la gestion des redevances forestières, la non-publication et le non-respect des cahiers de charges, enfin la violation des droits de travailleurs.

Selon L'O.C.D.H; tous ces méfaits et abus, inacceptables dans un Etat qui se respecte, auraient été commis avec l’aval des autorités congolaises. Celles-ci préféreraient garder le silence lorsqu’on les interroge au sujet des questions relatives à l’économie forestière. Le même article de l’O.C.D.H n’épargna pas le Chef de l’Etat Congolais. Véritable crime de lèse-majesté, le Président de la République du Congo fut éclaboussé par les enquêteurs de l’O.C.D.H. selon ces limiers ,à la question de savoir à combien s'élevaient les redevances imputables à Man Fai Tai et comment étaient-elles payées, M. Chen ,responsable chinois de MAN FAI TAI  du chantier  de NGOUA II répondit :<< Je n'ai rien à vous dire; moi je ne traite qu' avec Sassou >>.

Pour ces enquêteurs de l'O.C.D.H, l'assurance dont M. Chen avait fait montre et le ton familier avec lequel il désignait le président de la République du Congo constituaient des preuves suffisantes de l'implication de ce dernier dans ces crimes économiques et écologiques. contre son propre pays!

Ultime démenti du gouvernement

A partir du moment où le Chef de l’Etat avait été directement mis en cause, dans ce scandale, l’affaire ne pouvait que prendre une autre tournure. Dès lors, la palabre quitta la cité et les médias pour aboutir à l’Assemblée Nationale où le ministre incriminé fut interpellé.
Quelques mois plus tard le gouvernement diligenta une mission d’enquête dans le département du Niari où les ressortissants redoutaient sérieusement une savanisation précoce et irréversible de leur terroir. La commission d’enquête fut composite. Elle comprenait douze journalistes(toutes presses confondues), trois parlementaires du Niari, et bien sûr, un représentant de la présidence de la république. Parmi les douze journalistes, se trouvait Thiam KISSITA FATOU, envoyé spécial de l'hebdomadaire les ECHOS du Congo. Voici un fragment du compte-rendu de sa mission d'enquête: <<... D' une manière générale, le constat fait sur le terrain fait ressortir que les deux principales Sociétés opérant dans les massif du Chaillu respectent le volume maximum annuel (VMA) prévu dans le code forestier. En clair, cela veut dire que toutes les sociétés ou presque sortent de la forêt le nombre de mètres cubes de grumes prévus par les textes.

Les informations sur la surexploitation de la forêt et sur les coupes de bois sous dimensionnés et jeté dans les ravins pour ne pas être récupérés, n’étaient que pure spéculation. En réalité, le problème est né de la sous information des autochtones, habitués à voir, jusqu’il y a quelques années, des exploitants forestiers nationaux, nantis de très peu de moyens, et donc n’exploitant pas au maximum les permis qui leur étaient attribués, devant des Mastodontes comme la société Man Fai Tai, qui, à elle seule possède entre 200 à 250 véhicules grumiers et a besoin de 15.000m3 pour faire fonctionner ses deux usines de Pointe-Noire. Voila qui donne l'illusion d'un abattage sauvage du bois.
Les seuls points restent le respect du cahier de charges, la fiscalité jugée trop élevée par les entreprises forestières, mais surtout le non-respect de la disposition qui stipule que 85% du bois exploité doit être transformé dans le pays, les 15% étant destinés à l’exploitation.

Et, sur ce point, les députés du Niari élèvent une protestation pour dénoncer le fait qu’aucune usine de transformation n’ait été implantée dans le département du Niari, qui ne bénéficie nullement des bienfaits de sa forêt… au niveau des entreprises forestières, il leur est fait le reproche de la part des populations de détruire outrancièrement la forêt sans la replanter … avec un personnel faible de 362 agents, il est difficile à l’administration forestière de contrôler les 20 millions d’hectares que compte le Congo…>>

Les conclusions de ce rapport d’enquête, tant attendu, ne firent pas l’unanimité. Une partie de l’opinion estima que la commission d’enquête était partisane, corrompue et lâche… en un mot inféodée au pouvoir en place.
Ainsi, lors de la tenue du deuxième sommet des pays du bassin du Congo qui eut lieu 
Du 04 au 05 février 2005 à Brazzaville, il était fort prévisible que la polémique allait être relancée. Affaire toujours à suivre !!!

Pépin BOULOU

                                                           NOTES

(1)- L’exploitation pétrolière au Congo s’effectue au mépris total des normes de protection de l’environnement. Pour s’en convaincre, lire ’’Pointe-Noire: bidonville de pétrole’’. In ’’les dossiers du canard Enchaînés’’. ‘’l’empire d’essence’’(fric, politique, Barbouzes); publiés en mars 1998.
A présent, la commission environnement du collectif des originaires du Kouilou en abrége COK, déplore l'altération de l'environnement dans les localités du Kouilou (région de Pointe-Noire et ses environs en pays Loango).
Imputable à l’exploitation pétrolière qui ne profite presque pas aux autochtones. La société Zetah, filiale de Maurel et Prom est ouvertement mise en cause.
Les localités les plus endommagées sont celles de DJENO, Nanga, Bondi, Tchibanda, Mboukou et Tchicanou. Voir le site du COK http://www.le-COK.com

(2)- Lire l’hebdomadaire congolais l’Observateur N°182 du 19 au 25 Décembre 2002, page3.
                                     
(3)- Né en1952,Henri Djombo est ingénieur-économiste forestier formé à Leningrad, aujourd'hui Saint- Pétersbourg. Ases heures perdues, ce richissime ministre est écrivain. Il a déjà publié trois romans: " Sur la braise"(1997)," "Le mort- vivant" (2000) et enfin " La lumière des temps perdus "(2002).Selon les auteurs anonymes du blog ( http://congo-biensmalacquis.boosterblog) qui s'est spécialisé dans le dévoilement des luxueux biens et immeubles, appartenant aux autorités congolaises  déchues ou aux affaires( ainsi qu'à leurs proches), H. Djombo possèderait une " belle gentilhommière à Impfondo"(capitale provinciale de la Likouala au nord du Congo) et surtout "une magnifique demeure à Bussy saint Georges en Seine et Marne" qu'il n'aurait pas pu acquérir avec ses  "chèques en bois des droits d'hauteur des troncs d'arbres".
Aux dernières élections copieusement truquées de juin 2007, H. Djombo a été réélu dès le premier tour dans  son fief d'Enyellé, au score parfaitement stalinien de 100% . Qui dit mieux?

(4)- Ce douloureux troc n'a pas vraiment disparu. Une démagogique du ministre des transports, Emile Ouosso( lors d'une récente allocution, prononcée à Oyo en 2007) nous le confirme :<<…Financés entièrement  par le consortium malaisien Korail Corée, ces deux chemins de fer ne coûteront  aucun franc à l'Etat congolais . En retour, le consortium va exploiter les ressources naturelles trouvées sur le parcours des deux projets >>.
Attentif et lucide , le général Mackoumba Nzambi a rapidement fait l'inventaire des ressources naturelles se trouvant justement sur "le parcours " des deux chemins de fer à construire par les Asiatiques. Résultat partiel de l'inventaire: Palmeraies des départements de la Sangha et des deux cuvettes, minerais de fer de Mayoko, forêts du sud-ouest, gaz  de Pointe- Noire, etc. Ainsi, ils peuvent s dire veinards ces  Coréens et ses malaisiens !

(5)- Dans un ouvrage qu'il a co-écrit avec d'autres intellectuels de la diaspora et qu'il a coordonné , Michel NKAYA présente ainsi la richesse de la biodiversité congolaise:<<…une diversité abondante la caractérise, avec des écosystèmes variés: 500 espèces végétales, 150 espèces de bois d'œuvre, 200 espèces de mammifères et 700 espèces d'oiseaux. Le Congo est le seul pays du bassin qui possède une forêt primaire quasi – intacte. Par ailleurs, le Congo occupe la deuxième place mondiale, après le Brésil, pour ce qui concerne les eucalyptus; mais c'est au Congo que la technique du clonage de l'eucalyptus a été mis au point pour la première fois... >> Lire Michel Nkaya, le Congo – Brazzaville à l'aube  du 21ème siècle; plaidoyer  pour l'avenir, collection études africaines, éditeur l'Harmattan).
Dans une allocution prononcée à New York , en septembre 2006, son Excellence Mr  le ministre H. Djombo, avait présenté ainsi les atouts de la forêt congolaise: << … En ce qui concerne la République du Congo, la couverture  végétale représente plus d'un tiers du territoire national. Ses 22,5 millions d'ha de la forêt  tropicale humide sont quasi-intacts, avec une biodiversité abondante et variée. Plus de 650 espèces végétales et plus de 300 essences forestières identifiées(une trentaine seulement est, actuellement, exploitable et commerciale ), près de 600 espèces de mammifères y ont été recensées.
Sur la base des inventaires forestiers réalisés à travers le pays, le potentiel ligneux des forêts congolaises est estimé à plus de 560 millions de m3 en volume de bois exploitable, dont 340 millions de m3 environ en volume commercialisable. Les produits forestiers autres que le bois d'œuvre, appelés produits secondaires de la forêt ou produits forestiers non ligneux sont nombreux et jouent un rôle de plus en plus important dans l'économie congolaise
.>>
( La Semaine Africaine N° 2630 du vendredi 22 septembre 2006)
         
(6)- Lire Jean Chrysostome NDZIONA, ''Développement du secteur forestier: le Congo, meilleur gestionnaire", in l’Observateur N°184 du 02 au 08 Janvier 2003, page5.

(7)- C.N.T ou Conseil National de transition a été le parlement de transition de 1998 à 2002. Ces 75 membres ne furent pas élus; mais tout simplement désignés sur liste unique par le pouvoir.

(8)- Lire "De l’ordre dans les revenus de l’exploitation forestière", la semaine Africaine N°2396 du jeudi 9 Janvier 2003, page3.

(9)- Lire "La SOCALIB: paie tes impôts", l'Observateur N°184 du 02 au 08 Janvier 2003 Page5.

(10)- Pour les autorités actuelles du pouvoir de Brazzaville, l’observatoire Congolais des droits de l’homme (O.C.D.H) n’est pas une institution neutre. Elle serait à la solde des dirigeants de l’ancien régime contraints à l’exil et aussi de l’opposition interne.

(11)- Lire Roch Euloge NGOBO et Jean Jules KOUBOU «Exploitation forestière: Man Fai Tai, un exemple de mauvaise Gouvernance», in ‘’Lumière’’ N°13-14 du premier semestre 2003, pages 9 et 10. Man Fai Tai est une société de droit congolais dont les promoteurs sont des entrepreneurs chinois qui importent la main d’œuvre de la Malaisie et des Philippines. Elles exploite le bois du Congo, dans le département du Niari depuis 1995 à Ngoua II, Mayoko et Poumbou.
Elle s’est installée au Congo à la suite de la signature d’un protocole d’accord sur les cendres de l’ancienne SIDETRA.

(12)- Lire "Exploitation forestière du massif du Chaillu: polémique entre l’administration forestière", in les Echos du Congo N°181 du 15 au 22 Octobre 2003, page2.

(13)- Victime de critiques incessantes de la part des citoyens sceptiques, le gouvernement Congolais ne manque aucune occasion pour prouver sa gestion transparente des ressources forestières de leur pays. C’est ainsi qu’en Septembre 2006 à New York, en marge de la 61è session ordinaire de l’assemblée générale des nations Unies, le gouvernement Congolais sur le Thème: «Forêt congolaise, patrimoine de l’humanité».
Cette exposition, inaugurée par le chef lui-même, avait été précédée par une importante allocution du ministre H. DJOMBO, cette remarquable opération de communications, n'avait pas suffi pour éteindre le feu des récriminations.

Conformément à la loi 16-2000 du 16 Novembre 2000, relative au code forestier, le gouvernement Congolais a crée le service ce contrôle des produits Forestiers à l'exploitation (S.C.P.F.E) par l'arrêté 461 du 19 février 2003, une nouvelle entreprise, la société générale de surveillance (S.G.S) est destinée comme prestataire suivant la convention du 06 Juin 2002 signé entre le gouvernement Congolais et la S.G.S dont le siège se trouve à Genève en Suisse.

Voici les missions que le gouvernement Congolais a confié à la S.G.S; contrôler la quantité et la qualité du bois et dérivés à l’exportation, par l’agréage; contrôler la qualité des produits de la flore et la faune à l’exploitation, à la réexportation et à l’importation; suivre les prix du bois et des produits forestiers non ligneux à l’exploitation; suivre la conjoncture des produits forestiers sur le marché international; assurer le recyclage des classeurs de bois et autres produits forestiers; créer et gérer une banque de données, sur les exploitations des produits forestiers et dérivées tout en publiant les statistiques annuelles y relatives; participer au processus de la certification forestière; produit et publier périodiquement une note de conjoncture; et enfin veiller aux respect des quotas d’exportation des bois en grumes .

  Loin de contribuer à la sécurisation des recettes de l'Etat et de la gestion durable de la forêt congolaise par la lutte contre la fraude et la corruption, la S.G.S, après trois ans de service ,a absolument déçu.

Au  terme d'une enquête qu'il a menée sur le sujet, l'hebdomadaire congolais Le Choc ( pourtant très proche du pouvoir de Brazzaville) N°514 du 27 novembre 2006 page 6, affirme que <<  le contrat signé entre l'Etat congolais et la SGS est un vrai marché de dupes… L'irresponsabilité de l'Etat s'étale avec stupeur. Un vrai  Etat voyou qui a toujours pris le plaisir de jeter son argent par les fenêtres…>>
Grosso modo, il est reproché à la S.GS CONGO S.A les faits suivants: l'opacité du compte bancaire mis à sa disposition  par l'Etat Congolais et aussi l'opacité de la gestion administrative et du personnel.
Ceci étant, Asie Dominique De Marseille( directeur  général du journal Le Choc) est obligé de faire cette étonnante dénonciation: " …L' Etat congolais est passé maître dans le manque de suivi des protocoles d'accord qu'il signe avec différents partenaires. Il est difficile que l'Etat remplisse loyalement sa part de contrat qu'il signe dans différents secteurs."

En mars 2007, dans un communiqué de presse, le ministère de l'économie forestière, a accusé quatre  personnalités d'avoir effectué des coupes frauduleuses de bois dans le département septentrional de la Likouala. A ces quatre personnalités( à savoir Raymond Ebonga, Alain Moka, Nzobe Moïkala, Jean-Marie Tassoua) , le ministère  de l'économie forestière a infligé des amendes, allant de 22 à 131millions de francs Cfa.
Réaction immédiate du député Alain Moka incriminé: << …Pourquoi avoir attendu que l'association Enyellé Développement pousse ce cri de détresse pour parler de ces amendes, sans préciser ni la nature, ni le volume de la fraude ? >> Et Alain Moka ajouta aussitôt: <<…Ceux qui se sont livrés à la commercialisation du bois dans la Likouala sont connus de tous et appartiennent, pour la plupart, à la famille du ministre H. Djombo et à celles de ses amis politiques. Cette race de braconniers de la forêt se livre à des coupes sauvages des bois et se montre réfractaire à toute dénonciation…>>
Décidément, l'exploitation de la forêt congolaise est une interminable affaire à suivre attentivement de très près… s'il vous plaît !

                              ©Pépin Boulou Août 2007         

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Pour un débat sur les choix économiques des gouvernants

L’objet de cet article est d’exprimer un souhait, celui de voir que le débat sur l'Afrique en général, et le Congo en particulier s’oriente aussi  vers des questions pratiques dans les autres domaines autre que la politique. A partir de quelques exemples, je vais essayer de défendre cette idée et surtout de montrer en quoi une telle orientation serait une chose saine.

Plus que jamais le Congo a besoin de dépolitiser les questions sociales, économiques et culturelles, même si à l’origine de ces problèmes se pose la question de l’homme.

Il est toujours important de souligner que le Congo est victime de l’incompétence de ses Hommes. En économie la première richesse que possède un pays ce sont les HOMMES.

Ce sont les Hommes qui décident de l’orientation économique d’un pays cela à partir d’un postulat qui est comment vivre bien pour tout le monde et surtout maintenir le lien social ? Les Sociétés qui se sont posées cette question ont décidé d’y répondre par le biais économique.

La fonction assignée à l’économie dans ces pays c’est de redistribuer les richesses nationales, et pour cela deux idéologies se sont affrontées. Une qui pense que c’est la main invisible du marché qui peut opérer la redistribution optimale donc le libéralisme et une autre opposée qui est convaincue que c’est à l’Etat de redistribuer les richesses de façon équitable. Actuellement, il semble que c’est la première idéologie qui semble régir le fonctionnement économique du Monde par le biais de la mondialisation économique.

Et donc chaque pays du monde a intérêt à spécialiser comme l’explique bien Michael Porter dans son livre "l’avantage concurrentiel des Nations" Editions  Dunod Paris 1993.

Il explique bien quelles sont les stratégies que doivent adopter les économies nationales qui se veulent performantes. Selon lui toutes les nations du Monde peuvent se développer si elles ont une stratégie basée sur l’avantage concurrentiel.

En premier il parle de formation en second il parle de choix stratégique basé sur la spécificité d’un pays à partir de l’allocation naturelle optimale c’est-à-dire sur quel(s) segment (s) de l’économie mondiale le Congo a - il un avantage concurrentiel naturel ? S’il n’y en a pas il faut le créer.

A partir de ces questions, on peut comprendre qu’au Congo, les dirigeants qui se sont succédés depuis 40 ans ne sont jamais posés ces questions d’où un mimétisme suicidaire dans la gestion économique faute d’éléments idéologiques longuement débattus par les Congolais.

On peut aisément ajouter à cela que l’économie congolaise et d’autres pays d’Afrique ne s’inscrivent dans aucune stratégie politique et économique.

Demander aux Congolais ou au Africains quelle est la stratégie de la politique économique de leur pays, revient à affirmer sans trop difficulté qu’elle n’existe. C’est-à-dire Rien sinon la gestion des effets d’aubaine comme le prix du pétrole, de l’uranium, de l’or, du diamant, du bois, et d’autres matières premières, aucune vision lointaine.

C’est pour cette raison que l’initiative privée, surtout celle en faveur des jeunes est jetée aux oubliettes tout comme l’abandon d’une politique de développement d’un tissu industriel de base.

Sinon comment expliquer qu’un pays comme le Congo avec une façade maritime ne possède pas d’industrie de pêche ? Parlez au ministre de la pêche de la création d’une école de marin pêcheurs, il vous dira que c’est impossible pour le Congo.

Ce qui fait que le Congo sera toujours obligé d’importer du poisson de mer. Cette importation aura pour conséquence pour le Congo d’aller chercher des devises sur le marché mondial, donc de dépendre des secteurs exportateurs pour assurer son économie domestique donc le pouvoir d’achat de ses concitoyens.

En parlant du pouvoir d’achat des Congolais très faible, cela est la conséquence de l’étroitesse de la masse monétaire du Congo.

En effet le Congo ayant une population en dessous du seuil minimum critique pour déclencher des économies d’échelles interne pour toute industrie lourde de transformation et de production locale est obligé de n’investir que dans les industries de cueillette d’exportation notamment les minerais et le bois.

C’est ce qui explique de façon structurelle le poids néfaste des industries du pétrole et du bois dans l’économie congolaise, seules ressources de devises.

C’est aussi ce qui explique pourquoi les hyper incompétents gouvernants congolais n’ont pas besoin de développer le secteur privé local encore moins des industries moyennes de transformations locales toutes estimées non rentables si elles sont exclusivement destinées au marché local.

Une industrie de transformation locale au Congo qui viserait que  le marché local est vouée presque à l’échec sauf subventions d’un côté. Et de l’autre celle qui viserait le marché extérieur notamment la sous-région, est elle aussi encline à des difficultés de croissance à cause du manque de communication de transport déjà au Congo et dans la sous-région (il est plus facile pour un librevillois d’importer de Chine une marchandise que du Congo.

L’usine de ciment de Matadi située en RDC n’est pas concurrentielle par rapport à une usine située en Roumanie. Et pourtant Matadi a une ouverture sur l’Atlantique et est à quelques centaines de kilomètres du Congo. On touche là le vrai  problème des économies africaines celui de la circulation des marchandises.

Dans la stratégie politique des gouvernants, les transports ne bénéficie d’aucune recherche théorique voir dogmatique.

Un autre exemple pour illustrer le manque de diagnostic et choix économique des gouvernants congolais peut s’illustrer dans le domaine de la construction. Le sol congolais regorge des ensembles géologiques naturels pouvant produire des agrégats bitumeux pour la construction des infrastructures de communications, que constate-t-on ? Aucune industrie.

La Coraf (congolaise de raffinage de pétrole) ne produit pas à partir du pétrole des produits bitumeux (goudron) nécessaires à la construction des routes, tout cela parce que d’un point de vue calcul économique, le Congo aurait été incapable d’absorber toute la production et aussi à cause d’une incompétence notoire pour les Congolais à vendre ce produit sur le marché international.

En effet l’université du Congo est incapable de former des jeunes au commerce international. A ce moment c’est la décision politique qui aurait primé, mais les gouvernants africains ont depuis longtemps accepté le diktat de l’Occident. Plusieurs exemples existent dans ce domaine.

L’absence des politiques de création de filières sectorielles dans tous les compartiments de l’économie est signe que les gouvernants n’ont aucune vision politique et économique de leur pays. C’est cette incompétence qui fait la pauvreté du Congo.

Il n’est de richesse que des Hommes. C’est la première richesse d’un pays.

Mouélé Kibaya 10 octobre 2007

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