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GESTION DE LA FORET CONGOLAISE

INTERMINABLE POLEMIQUE SUR L’EXPLOITATION DE LA FORET CONGOLAISE

(A mon Ami BIOKA BONGO Bernard)

«Mentez, mentez. Il restera toujours quelque chose». Voltaire.
                  

Une ressource longtemps masquée.

De même qu’un train peut en cacher un autre, de même une ressource peut en cacher une autre…

Au Congo Brazza, l’immense succès de l’or noir a presque fait oublier, pendant longtemps, l’existence de l’or vert, la deuxième ressource du pays.

Ressource renouvelable et inépuisable s’il est bien géré, le bois a été la première richesse du Congo Brazzaville jusqu’en 1972. A partir de cette date qui marque simultanément la fin de la suprématie du bois et le début du premier boom pétrolier Congolais, le secteur de l‘économie forestière fut non seulement relégué au second plan; mais manifestement négligé. Dès lors, les regards des Congolais, toutes catégories confondues, furent tous braqués sur l’exploitation pétrolière, et surtout les colossales recettes qu’elle a souvent générées.

Une prise de conscience soudaine

A partir de l’an 2000, la vigilance des Congolais, longtemps chloroformée par les miasmes des hydrocarbures, se réveilla brusquement.
Tout d’un coup, leurs regards s'orientèrent vers les cimes des arbres majestueux de leur forêt tropicale. Celle-ci couvre 65% de la superficie de leur territoire. Spontanément, leurs langues se délièrent pour dénoncer l’exploitation sauvage de la forêt Congolaise. Ipso facto, une palpitante polémique sur la gestion des forêts Congolaises prit naissance et ne cesse de s’amplifier.

Le gouvernement congolais mis en cause

Sans nul doute, ce débat public national au sujet de la forêt, avait été déclenché par l’hebdomadaire frondeur l’Observateur en fin décembre 2002. Ce journal Congolais titrait à la une:‘’Forêts Congolaises; la maffia bazarde et massacre en silence’’.

En effet, dans un article à caractère documentaire, l’observateur mettait ouvertement en cause le régime en place. Principal accusé: Henri DJOMBO, le ministre de l’économie forestière et de l’environnement(3). Cet article provocateur avait été inspiré par des propos peu convaincants de Mr Henri DJOMBO sur les antennes de RFI.
En effet, interpellé le 12 Décembre 2002 par RFI, au sujet du «du scandale du bois au Congo», Henri DJOMBO avait déclaré grosso modo ceci:‘’ les opérateurs, qui arrivent dans le cadre légal, sont tenus de déclarer correctement les volumes annuels…et sur le terrain, nous procédons au contrôle des diamètres de base, des volumes sortis … et tout ce qui déroge à la loi, bien sûr, est sanctionné‘’.
Le même jour, Jean Pierre EDIN, Président de l’O.N.G. ROBIN de bois, avait battu en brèche l’argumentation apparemment fallacieuse du ministre Henri DJOMBO.

Cette réplique fut évidemment rapportée par l’observateur. Selon cet organe de presse Congolais, Jean Pierre EDIN avait rétorqué en ces termes: « La forêt congolaise est surexploitée…les opérateurs asiatiques qui s’intéressent de plus en plus aux forêts guinéo-congolaises, pratiquent vraiment des coupes terribles. Ils prennent sur la surface tout le bois, y compris des bois très jeunes pour être coupés… l’Etat  Congolais récolte rarement les taxes forestières… il y a énormément des détournements quand elles sont payées; y’en a beaucoup qui ne sont jamais payées. Donc, les revenus pour les pays sont assez faibles par rapport au bois extraits… tout se passe dans l’opacité».
Cerise sur le gâteau, l’observateur  avait révélé en prime, les "pots-de-vin, les petits cadeaux et autres gâteries" que le ministre Henri DJOMBO aurait reçu de la part des exploitants forestiers lors de ses visites de travail, en particulier à Pokola dans la SANGHA(département du Nord-ouest frontalier du Gabon et du Cameroun). Pour suggérer une idée claire du bradage de la sylve naturelle et artificielle du Congo, l'Observateur avait recouru à une saisissante métaphore, empruntée  à l'histoire pré-coloniale du pays: ''c'est la déforestation des forêts congolaises contre l'entretien des pistes agricoles, comme hier on vendait un homme contre un peu de sel ou un fusil de chasse»(4).

Enfin, l’Observateur terminait ce dossier par un précieux avertissement aux Congolais:‘’Le ministère de l’économie forestière et de l’environnement est une mine d’or. Il faut y ouvrir un œil’’(5). Force est de constater que ce conseil demeure bien suivi. Par conséquent la polémique pouvait se poursuivre.

  Démenti d’un ministre morveux

Blessé dans son amour-propre, le ministre Henri DJOMBO ne tarda pas à réagir. Une semaine après l’apparition de cette livraison de l’Observateur, il contre-attaqua «démocratiquement» par l’entremise d’un déjeuner de presse qui eut lieu le 28 Décembre 2002 à Brazzaville. D’un ton énergique, il avait déclaré: "… Les organismes internationaux ont décerné au Congo le prix le plus élevé dans la gestion durable du secteur forestier du bassin du Congo. Notre pays a été le premier à réaliser le clonage de l’eucalyptus. Les contrôles de chantier et la disparition des permis se font selon les normes légales. Il n’y a pas d’opacité dans la gestion de la forêt congolaise…Au Congo, il y a des garde-fous pour contrôler la coupe du bois…, la forêt primaire est quasi-intacte, malgré de nombreux passages de coupes opérées dans la zone sud …"(6). 

Au cours de ce déjeuner de presse, Henri DJOMBO  avait fustigé l'altitude des propagateurs de mensonges qui agissaient de la sorte pour déstabiliser l'opinion publique nationale et internationale afin que le Congo soit discrédité sur le marché du bois. Selon lui, ces propagateurs de mensonges étaient à la solde des convoiteurs des exploitants actuels dans le secteur forestier au Congo.

Réfutant les accusations de Jean Pierre EDIN(sans le citer), Henri DJOMBO soutenait mordicus que les malaisiens n’opéraient pas des coupes sauvages du bois congolais, mais plutôt en conformité à la législation en vigueur. Dans la foulée, il avait ajouté: "Les malaisiens ont installé des usines de transformation de bois sur place. Ce que certains ne font pas". Enfin, Henri DJOMBO a indiqué les perspectives de développement du secteur forestier au Congo; notamment la promotion du reboisement en forêt dense, l’agroforesterie et de la foresterie villageoise, l’implication des populations et de la société civile dans la gestion des terrains et le contrôle de la circulation des produits de la chasse.
Ce vibrant démenti avait semé le doute dans les esprits des congolais. Ces citoyens se demandaient alors:qui de Henri DJOMBO et de Jean Pierre EDIN disait la vérité sur la gestion de l’or vert au Congo?. Nul ne pouvait trancher pour mettre un terme à cette polémique.

Malgré le déficit démocratique notoire au Congo, la salive et l’encre ne pouvaient que continuer de couler à flots à propos de ce sujet à la fois économique et écologique.

Fin momentanée du suspense

La rigueur audacieuse et appréciable du nouveau ministre de l’économie et des finances Rigobert Andely, doublée d'un excès de zèle, mit vite un terme au suspense sur le sujet.

En critiquant publiquement le code forestier ,pourtant adopté par le C.N.T(7), qui accordait, selon lui, trop de pouvoirs au ministère de l’économie forestière et de l’environnement, notamment en ce qui concerne les recouvrements, Rigobert Andély avait fragilisé l’argumentation de son collègue, le cacique Henri DJOMBO. De plus, à l'hémicycle, Rigobert Andély avait promis de corriger les lacunes constatées dans ce code forestier, de telle sorte que la majeure partie des revenus de l’exploitation forestière puisse désormais atterrir dans les escarcelles du Trésor Public.
Quelques jours auparavant, en visite de travail dans la SANGHA à l’occasion de l’inauguration d’une succursale de la banque COFIPA de Ouesso en mi-décembre 2002, l'intrépide ministre des finances avait exigé à la SOCALIB (une société libyenne d'exploitation forestière au Congo, réputée championne de l'esquive en matière d'impôts de payer ses impôts dans un bref délai.
Ces mesures courageuses d’assainissement des finances publiques entreprises par Rigobert Andély, vinrent confirmer la gestion opaque des revenus dans le secteur forestier. Elles furent considérées comme des coups de poignard dans le dos des membres du gouvernement; en particulier de Henri DJOMBO qui était sur la défensive.

Une mégestion vite confirmée

Un nouvel épisode de cette polémique nationale, par médias interposés, commença lorsque l’Observatoire Congolais des droits de l’Homme vint apporter de l’eau au moulin aux troublantes accusations de l’Observateur. Par le biais de son bulletin trimestriel d’information ‘’Lumière’’, paru au cours du premier semestre 2003, L’O.C.D.H fit le compte-rendu de leurs missions d’enquête sur l’exploitation forestière dans les départements administratifs du Niari, de la Lékoumou et de la Sangha.

A travers l’article intitulé: «Man Fai Tai , un exemple de mauvaise gouvernance», L’O.C.D.H incrimina les autorités nationales. En effet, dans cet article, L’O.C.D.H dénonça sans détour l'exploitation intense du bois, la coupe des bois hors normes, la destruction des routes existantes, l'opacité dans la gestion des redevances forestières, la non-publication et le non-respect des cahiers de charges, enfin la violation des droits de travailleurs.

Selon L'O.C.D.H; tous ces méfaits et abus, inacceptables dans un Etat qui se respecte, auraient été commis avec l’aval des autorités congolaises. Celles-ci préféreraient garder le silence lorsqu’on les interroge au sujet des questions relatives à l’économie forestière. Le même article de l’O.C.D.H n’épargna pas le Chef de l’Etat Congolais. Véritable crime de lèse-majesté, le Président de la République du Congo fut éclaboussé par les enquêteurs de l’O.C.D.H. selon ces limiers ,à la question de savoir à combien s'élevaient les redevances imputables à Man Fai Tai et comment étaient-elles payées, M. Chen ,responsable chinois de MAN FAI TAI  du chantier  de NGOUA II répondit :<< Je n'ai rien à vous dire; moi je ne traite qu' avec Sassou >>.

Pour ces enquêteurs de l'O.C.D.H, l'assurance dont M. Chen avait fait montre et le ton familier avec lequel il désignait le président de la République du Congo constituaient des preuves suffisantes de l'implication de ce dernier dans ces crimes économiques et écologiques. contre son propre pays!

Ultime démenti du gouvernement

A partir du moment où le Chef de l’Etat avait été directement mis en cause, dans ce scandale, l’affaire ne pouvait que prendre une autre tournure. Dès lors, la palabre quitta la cité et les médias pour aboutir à l’Assemblée Nationale où le ministre incriminé fut interpellé.
Quelques mois plus tard le gouvernement diligenta une mission d’enquête dans le département du Niari où les ressortissants redoutaient sérieusement une savanisation précoce et irréversible de leur terroir. La commission d’enquête fut composite. Elle comprenait douze journalistes(toutes presses confondues), trois parlementaires du Niari, et bien sûr, un représentant de la présidence de la république. Parmi les douze journalistes, se trouvait Thiam KISSITA FATOU, envoyé spécial de l'hebdomadaire les ECHOS du Congo. Voici un fragment du compte-rendu de sa mission d'enquête: <<... D' une manière générale, le constat fait sur le terrain fait ressortir que les deux principales Sociétés opérant dans les massif du Chaillu respectent le volume maximum annuel (VMA) prévu dans le code forestier. En clair, cela veut dire que toutes les sociétés ou presque sortent de la forêt le nombre de mètres cubes de grumes prévus par les textes.

Les informations sur la surexploitation de la forêt et sur les coupes de bois sous dimensionnés et jeté dans les ravins pour ne pas être récupérés, n’étaient que pure spéculation. En réalité, le problème est né de la sous information des autochtones, habitués à voir, jusqu’il y a quelques années, des exploitants forestiers nationaux, nantis de très peu de moyens, et donc n’exploitant pas au maximum les permis qui leur étaient attribués, devant des Mastodontes comme la société Man Fai Tai, qui, à elle seule possède entre 200 à 250 véhicules grumiers et a besoin de 15.000m3 pour faire fonctionner ses deux usines de Pointe-Noire. Voila qui donne l'illusion d'un abattage sauvage du bois.
Les seuls points restent le respect du cahier de charges, la fiscalité jugée trop élevée par les entreprises forestières, mais surtout le non-respect de la disposition qui stipule que 85% du bois exploité doit être transformé dans le pays, les 15% étant destinés à l’exploitation.

Et, sur ce point, les députés du Niari élèvent une protestation pour dénoncer le fait qu’aucune usine de transformation n’ait été implantée dans le département du Niari, qui ne bénéficie nullement des bienfaits de sa forêt… au niveau des entreprises forestières, il leur est fait le reproche de la part des populations de détruire outrancièrement la forêt sans la replanter … avec un personnel faible de 362 agents, il est difficile à l’administration forestière de contrôler les 20 millions d’hectares que compte le Congo…>>

Les conclusions de ce rapport d’enquête, tant attendu, ne firent pas l’unanimité. Une partie de l’opinion estima que la commission d’enquête était partisane, corrompue et lâche… en un mot inféodée au pouvoir en place.
Ainsi, lors de la tenue du deuxième sommet des pays du bassin du Congo qui eut lieu 
Du 04 au 05 février 2005 à Brazzaville, il était fort prévisible que la polémique allait être relancée. Affaire toujours à suivre !!!

Pépin BOULOU

                                                           NOTES

(1)- L’exploitation pétrolière au Congo s’effectue au mépris total des normes de protection de l’environnement. Pour s’en convaincre, lire ’’Pointe-Noire: bidonville de pétrole’’. In ’’les dossiers du canard Enchaînés’’. ‘’l’empire d’essence’’(fric, politique, Barbouzes); publiés en mars 1998.
A présent, la commission environnement du collectif des originaires du Kouilou en abrége COK, déplore l'altération de l'environnement dans les localités du Kouilou (région de Pointe-Noire et ses environs en pays Loango).
Imputable à l’exploitation pétrolière qui ne profite presque pas aux autochtones. La société Zetah, filiale de Maurel et Prom est ouvertement mise en cause.
Les localités les plus endommagées sont celles de DJENO, Nanga, Bondi, Tchibanda, Mboukou et Tchicanou. Voir le site du COK http://www.le-COK.com

(2)- Lire l’hebdomadaire congolais l’Observateur N°182 du 19 au 25 Décembre 2002, page3.
                                     
(3)- Né en1952,Henri Djombo est ingénieur-économiste forestier formé à Leningrad, aujourd'hui Saint- Pétersbourg. Ases heures perdues, ce richissime ministre est écrivain. Il a déjà publié trois romans: " Sur la braise"(1997)," "Le mort- vivant" (2000) et enfin " La lumière des temps perdus "(2002).Selon les auteurs anonymes du blog ( http://congo-biensmalacquis.boosterblog) qui s'est spécialisé dans le dévoilement des luxueux biens et immeubles, appartenant aux autorités congolaises  déchues ou aux affaires( ainsi qu'à leurs proches), H. Djombo possèderait une " belle gentilhommière à Impfondo"(capitale provinciale de la Likouala au nord du Congo) et surtout "une magnifique demeure à Bussy saint Georges en Seine et Marne" qu'il n'aurait pas pu acquérir avec ses  "chèques en bois des droits d'hauteur des troncs d'arbres".
Aux dernières élections copieusement truquées de juin 2007, H. Djombo a été réélu dès le premier tour dans  son fief d'Enyellé, au score parfaitement stalinien de 100% . Qui dit mieux?

(4)- Ce douloureux troc n'a pas vraiment disparu. Une démagogique du ministre des transports, Emile Ouosso( lors d'une récente allocution, prononcée à Oyo en 2007) nous le confirme :<<…Financés entièrement  par le consortium malaisien Korail Corée, ces deux chemins de fer ne coûteront  aucun franc à l'Etat congolais . En retour, le consortium va exploiter les ressources naturelles trouvées sur le parcours des deux projets >>.
Attentif et lucide , le général Mackoumba Nzambi a rapidement fait l'inventaire des ressources naturelles se trouvant justement sur "le parcours " des deux chemins de fer à construire par les Asiatiques. Résultat partiel de l'inventaire: Palmeraies des départements de la Sangha et des deux cuvettes, minerais de fer de Mayoko, forêts du sud-ouest, gaz  de Pointe- Noire, etc. Ainsi, ils peuvent s dire veinards ces  Coréens et ses malaisiens !

(5)- Dans un ouvrage qu'il a co-écrit avec d'autres intellectuels de la diaspora et qu'il a coordonné , Michel NKAYA présente ainsi la richesse de la biodiversité congolaise:<<…une diversité abondante la caractérise, avec des écosystèmes variés: 500 espèces végétales, 150 espèces de bois d'œuvre, 200 espèces de mammifères et 700 espèces d'oiseaux. Le Congo est le seul pays du bassin qui possède une forêt primaire quasi – intacte. Par ailleurs, le Congo occupe la deuxième place mondiale, après le Brésil, pour ce qui concerne les eucalyptus; mais c'est au Congo que la technique du clonage de l'eucalyptus a été mis au point pour la première fois... >> Lire Michel Nkaya, le Congo – Brazzaville à l'aube  du 21ème siècle; plaidoyer  pour l'avenir, collection études africaines, éditeur l'Harmattan).
Dans une allocution prononcée à New York , en septembre 2006, son Excellence Mr  le ministre H. Djombo, avait présenté ainsi les atouts de la forêt congolaise: << … En ce qui concerne la République du Congo, la couverture  végétale représente plus d'un tiers du territoire national. Ses 22,5 millions d'ha de la forêt  tropicale humide sont quasi-intacts, avec une biodiversité abondante et variée. Plus de 650 espèces végétales et plus de 300 essences forestières identifiées(une trentaine seulement est, actuellement, exploitable et commerciale ), près de 600 espèces de mammifères y ont été recensées.
Sur la base des inventaires forestiers réalisés à travers le pays, le potentiel ligneux des forêts congolaises est estimé à plus de 560 millions de m3 en volume de bois exploitable, dont 340 millions de m3 environ en volume commercialisable. Les produits forestiers autres que le bois d'œuvre, appelés produits secondaires de la forêt ou produits forestiers non ligneux sont nombreux et jouent un rôle de plus en plus important dans l'économie congolaise
.>>
( La Semaine Africaine N° 2630 du vendredi 22 septembre 2006)
         
(6)- Lire Jean Chrysostome NDZIONA, ''Développement du secteur forestier: le Congo, meilleur gestionnaire", in l’Observateur N°184 du 02 au 08 Janvier 2003, page5.

(7)- C.N.T ou Conseil National de transition a été le parlement de transition de 1998 à 2002. Ces 75 membres ne furent pas élus; mais tout simplement désignés sur liste unique par le pouvoir.

(8)- Lire "De l’ordre dans les revenus de l’exploitation forestière", la semaine Africaine N°2396 du jeudi 9 Janvier 2003, page3.

(9)- Lire "La SOCALIB: paie tes impôts", l'Observateur N°184 du 02 au 08 Janvier 2003 Page5.

(10)- Pour les autorités actuelles du pouvoir de Brazzaville, l’observatoire Congolais des droits de l’homme (O.C.D.H) n’est pas une institution neutre. Elle serait à la solde des dirigeants de l’ancien régime contraints à l’exil et aussi de l’opposition interne.

(11)- Lire Roch Euloge NGOBO et Jean Jules KOUBOU «Exploitation forestière: Man Fai Tai, un exemple de mauvaise Gouvernance», in ‘’Lumière’’ N°13-14 du premier semestre 2003, pages 9 et 10. Man Fai Tai est une société de droit congolais dont les promoteurs sont des entrepreneurs chinois qui importent la main d’œuvre de la Malaisie et des Philippines. Elles exploite le bois du Congo, dans le département du Niari depuis 1995 à Ngoua II, Mayoko et Poumbou.
Elle s’est installée au Congo à la suite de la signature d’un protocole d’accord sur les cendres de l’ancienne SIDETRA.

(12)- Lire "Exploitation forestière du massif du Chaillu: polémique entre l’administration forestière", in les Echos du Congo N°181 du 15 au 22 Octobre 2003, page2.

(13)- Victime de critiques incessantes de la part des citoyens sceptiques, le gouvernement Congolais ne manque aucune occasion pour prouver sa gestion transparente des ressources forestières de leur pays. C’est ainsi qu’en Septembre 2006 à New York, en marge de la 61è session ordinaire de l’assemblée générale des nations Unies, le gouvernement Congolais sur le Thème: «Forêt congolaise, patrimoine de l’humanité».
Cette exposition, inaugurée par le chef lui-même, avait été précédée par une importante allocution du ministre H. DJOMBO, cette remarquable opération de communications, n'avait pas suffi pour éteindre le feu des récriminations.

Conformément à la loi 16-2000 du 16 Novembre 2000, relative au code forestier, le gouvernement Congolais a crée le service ce contrôle des produits Forestiers à l'exploitation (S.C.P.F.E) par l'arrêté 461 du 19 février 2003, une nouvelle entreprise, la société générale de surveillance (S.G.S) est destinée comme prestataire suivant la convention du 06 Juin 2002 signé entre le gouvernement Congolais et la S.G.S dont le siège se trouve à Genève en Suisse.

Voici les missions que le gouvernement Congolais a confié à la S.G.S; contrôler la quantité et la qualité du bois et dérivés à l’exportation, par l’agréage; contrôler la qualité des produits de la flore et la faune à l’exploitation, à la réexportation et à l’importation; suivre les prix du bois et des produits forestiers non ligneux à l’exploitation; suivre la conjoncture des produits forestiers sur le marché international; assurer le recyclage des classeurs de bois et autres produits forestiers; créer et gérer une banque de données, sur les exploitations des produits forestiers et dérivées tout en publiant les statistiques annuelles y relatives; participer au processus de la certification forestière; produit et publier périodiquement une note de conjoncture; et enfin veiller aux respect des quotas d’exportation des bois en grumes .

  Loin de contribuer à la sécurisation des recettes de l'Etat et de la gestion durable de la forêt congolaise par la lutte contre la fraude et la corruption, la S.G.S, après trois ans de service ,a absolument déçu.

Au  terme d'une enquête qu'il a menée sur le sujet, l'hebdomadaire congolais Le Choc ( pourtant très proche du pouvoir de Brazzaville) N°514 du 27 novembre 2006 page 6, affirme que <<  le contrat signé entre l'Etat congolais et la SGS est un vrai marché de dupes… L'irresponsabilité de l'Etat s'étale avec stupeur. Un vrai  Etat voyou qui a toujours pris le plaisir de jeter son argent par les fenêtres…>>
Grosso modo, il est reproché à la S.GS CONGO S.A les faits suivants: l'opacité du compte bancaire mis à sa disposition  par l'Etat Congolais et aussi l'opacité de la gestion administrative et du personnel.
Ceci étant, Asie Dominique De Marseille( directeur  général du journal Le Choc) est obligé de faire cette étonnante dénonciation: " …L' Etat congolais est passé maître dans le manque de suivi des protocoles d'accord qu'il signe avec différents partenaires. Il est difficile que l'Etat remplisse loyalement sa part de contrat qu'il signe dans différents secteurs."

En mars 2007, dans un communiqué de presse, le ministère de l'économie forestière, a accusé quatre  personnalités d'avoir effectué des coupes frauduleuses de bois dans le département septentrional de la Likouala. A ces quatre personnalités( à savoir Raymond Ebonga, Alain Moka, Nzobe Moïkala, Jean-Marie Tassoua) , le ministère  de l'économie forestière a infligé des amendes, allant de 22 à 131millions de francs Cfa.
Réaction immédiate du député Alain Moka incriminé: << …Pourquoi avoir attendu que l'association Enyellé Développement pousse ce cri de détresse pour parler de ces amendes, sans préciser ni la nature, ni le volume de la fraude ? >> Et Alain Moka ajouta aussitôt: <<…Ceux qui se sont livrés à la commercialisation du bois dans la Likouala sont connus de tous et appartiennent, pour la plupart, à la famille du ministre H. Djombo et à celles de ses amis politiques. Cette race de braconniers de la forêt se livre à des coupes sauvages des bois et se montre réfractaire à toute dénonciation…>>
Décidément, l'exploitation de la forêt congolaise est une interminable affaire à suivre attentivement de très près… s'il vous plaît !

                              ©Pépin Boulou Août 2007