Felix Moumié successeur de Um Nyobé

Victime du colonialisme français Marthe Moumié

Marthe Moumié est la veuve du nationaliste camerounais Félix Moumié, assassiné à Genève par les Services Secrets français en 1960. Marthe a écrit un livre préfacé de Ahmed Ben Bella et grâce à sa petite fille un documentaire sur son défunt mari a été réalisé: L'Afrique sous contrôle.

Dans son livre, Victime du colonialisme français, Marthe raconte comment, après la mort de son mari, elle a été torturé dans les géôles de la Guinée Equatoriale voisine puis du Cameroun, son pays, pendant plus de 5 années. C'est une vie de privation qui part du Cameroun et qui finit au Cameroun. Une vie de résistante, de Yaoundé à Conakry en passant par Pékin.

Ce livre est la biographie de Marthe avec une description de la vie et de la mort du Docteur Félix Moumié à ses côtés, mais aussi une toute petite partie de la vie et de la mort d'un nationaliste très peu connu, de la Guinée Equatoriale, Athanasio Ndong. Lui aussi assassiné mais par le premier président, très sanguinaire, de la Guinée Equatoraile, Macias Nguéma.

Comment une femme africaine a-t-elle pu vivre en échappant à plusieurs tentatives d'assassinat? Où a-t-elle trouvé la force et le courage de tenir tête aux colons français et à Pierre Mesmer, à l'époque, administrateur des colonies?

Voici  une partie essentielle de l'histoire occultée du colonialisme qu'évoque, dans sa préface, le président algérien Ben Bella.

J'ai eu la chance de rencontrer Marthe Moumié, une grand mère encore alerte. J'ai eu la chance d'assister à la première du documentaire. Je n'ai pas eu l'opportunité de lui dire combien la vie de son mari et de tous ses africains  morts pour une Afrique Libre a été importante dans la construction de ma personnalité.

Elle ne saura jamais d'ailleurs combien, j'ai de respect pour elle et ses camarades. Merci Marthe, cette note est mon témoignage.

Vous êtes une exemple de l'Afrique et de sa grandeur. Camerounais, Algériens, Guinéens, nous sommes tous, un même peuple, les locataires d'un continent spolié, violé et bafoué.

45 ans après, votre combat reste d'actualité. 45 ans après, il ne faut pas que Moumié, Um Nyobé,OssendéOuandié, et les autres soient morts pour rien. Tout reste encore à faire et ce combat ne s'arrêtera qu'une fois libéré et comme disait Sékou Touré:

Il n'y a pas de Liberté sans dignité: nous préferons la Lberté dans la Pauvreté à la Richesse dans l'Esclavage

Votre témoignage est la réhabilitation de votre histoire. Une réhabilitation de votre dignité. Une dignité qui est à rapprocher avec la destruction de la dépouille de Félix Moumié (par ceux la même qui ont commandité son crime, des années plutard) dans un cimetière d'une Conakry guinéenne revenue dans la Françafrique.

Africa Must Unite!!

Pour aller plus loin:

Cameroun : Il faut tuer l’UPC et Félix Moumié

Le 30/03/2005 à 16 h 21 par P.G

Paris n’hésita pas à faire assassiner des leaders indépendantistes jugés trop à gauche. Ce fut le cas de Félix Moumié.

Après la mise en application de la loi-cadre Defferre en 1956, les anciennes colonies d’Afrique noire reçurent une large autonomie et furent dirigées conjointement par un haut-Commissaire désigné par Paris et un Premier ministre élu par une Assemblée locale.

En 1958, l’UPC transféra son Quartier général du pays bassa, dont était originaire Um Nyobé, au pays bamiléké et forma l’Armée de libération nationale kamerunaise (ALNK), placée sous le commandement de Martin Singap. Ahmadou Ahidjo fit alors appel au général de Gaulle et des accords secrets de défense confièrent à des personnels français le soin de «  procéder à l’organisation, à l’encadrement et à l’instruction des forces armées camerounaises ». lire la suite http://marianne-en-ligne.fr