Décidément les dictateurs ne voient pas la même chose que le peuple, ils seraient donc myopes et autistes quoi! Comment Lansana Conté ne comprend-il pas que les rapports des forces politiques et sociales lui sont désormais défavorables depuis la fin janvier 2007. Il ne sert à rien de vouloir gagner du temps.

Voilà déjà plus d'une semaine que les accords suspendant la grève générale déclenchée par l'intersyndicale guinéenne ont été signés entre les deux parties. Lansana Conté n’a toujours pas nommé de Premier ministre dans le but inavoué de faire durer les choses en longueur en espérant créer une lassitude au sein des forces démocratiques en guinée et obtenir ainsi la fin du mouvement qui a sonné le tocsin de son pouvoir en cette fin janvier 2007.

Lansana Conté semble oublié qu'il a perdu le pouvoir et ce dernier se trouve désormais entre les mains du peuple. C'est à juste titre que les syndicats guinéens ont bien fait de le lui rappeler en adressant ce début de semaine un ultimatum, comme quoi ils étaient prêts à descendre dans la rue si Lansana Conté venait à ne pas nommer un Premier ministre conforme aux accords de la fin janvier, d'ici une semaine.

En donnant un délai ferme d'une semaine, les syndicats ont bien compris que le dictateur président Lansana Conté n'a rien compris à ce qui se passe dans ce pays. En effet on vient d'assister en cette fin janvier 2007 à une profonde rupture tant du point de vue social que politique, le peuple de Guinée a soif de liberté et de démocratie ainsi il a jugé que cela valait des sacrifices pour que ce régime dictatorial qui bafoue la démocratie puis bientôt 50 ans cesse.

Et il vient d'obtenir gain de cause. Pour prendre leçon de l'histoire, Lansana Conté aurait dores et déjà l'intelligence de négocier son départ avec dignité, de façon à se retire sans faire trop de dégâts pour lui et son clan. Maintenant qu'il a encore une parcelle de pouvoir certes mince, il peut encore faire prévaloir certaines revendications. Après il lui sera trop tard, car la dynamique créée par la victoire de janvier 2007 sur lui a réconforté le peuple guinéen que ce dernier n'était pas invincible et que qu'il n'avait pas de pouvoir. Et surtout que les répressions sanglantes marquent le peuple et le fortifient. C'est ce qui explique aisément que les syndicats guinéens donnent des ultimatums à Lansana Conté, c'est que les choses ont changé en profondeur en Guinée.

Lansana Conté aurait donc intérêt à ne pas relancer d'autres hostilités car il les perdra, ce qui ajoutera encore d'autres strates psychologiques en faveur du peuple et surtout que les soutenants occidentaux du régime n'accepteraient pas encore un autre soulèvement au risque de donner des idées à d'autres peuples francophones soumis à ce genre de dictatures sales et idiotes. Le Sénégal a failli aussi suivre l'exemple de la Guinée, les choses se sont vite tempérées à cause de l'imminence des élections et surtout du sentiment général que l'ère Wade est à la fin. Il faut donc craindre au cas les résultats des élections venaient à être le contraire.

Le pouvoir est entre les mains du peuple et le clan Lansana Conté doit compter ses jours car avec la nomination d'un Premier ministre apolitique et l'indépendance de la Banque centrale de Guinée, la transition qui aboutira aux prochaines élections, le peuple guinéen aura eu le temps de revenir à la vraie démocratie et surtout à la dignité.

Il aura aussi eu le loisir de se choisir ses gouvernants au contraire des mascarades électorales de 1993 et 1998. Et par ce biais la Guinée aura à retrouver sa place de leader sous-régionale qu'elle mérite vus le potentiel économique et la qualité de sa diaspora. Gageons que l'avenir est rempli de bonnes intentions pour la Guinée.