Les banques européennes nourrissent la volatilité des prix alimentaires et la faim (rapport)
Une info lue sur le site www.lafranceagricole.fr
Spéculation/Monde
Les banques européennes nourrissent la volatilité des prix alimentaires et la faim (rapport)
Publié le vendredi 20 janvier 2012 - 10h25
Le rapport (« Récolter l'argent : comment les banques européennes et la finance privée profitent de la spéculation alimentaire et de l'accaparement des terres ») analyse les activités de 29 banques, compagnies d'assurance et fonds de pension européens, incluant les établissements français Crédit Agricole, BNP Paribas, AXA et Société Générale.
« En spéculant sur les prix alimentaires et avec les terres, ils jouent avec la vie des populations et en retirent d'énormes profits, dénonce Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre France. La spéculation alimentaire et le financement de l'accaparement des terres mènent tout droit à une instabilité catastrophique des prix des denrées alimentaires, plongeant des millions de personnes dans la pauvreté et la faim ».
Le rapport recommande une série de mesures pour réguler les marchés financiers européens et resserrer les politiques concernant les services financiers et les investissements dans les produits dérivés de matières premières alimentaires et les transactions de terres agricoles.
Pour Yann Louvel, référent de la campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre France, « Les politiques doivent intervenir et mettre fin à la spéculation excessive et nuisible ». L'association demande aussi aux institutions financières de se responsabiliser en recherchant, rendant public et réduisant leur implication.
A.De.
Achat de terres en Afrique: une nouvelle colonisation
Achat de terres en Afrique: une nouvelle colonisation
DURBAN (Afrique du Sud) - Les pays étrangers qui achètent des terres agricoles en Afrique pour assurer leur approvisionnement en nourriture sont coupables d'une nouvelle forme de colonisation, a affirmé mercredi la ministre sud-africaine de l'Agriculture Tina Joemat-Pettersson.
Vous découvrez qu'un autre pays, ou un gouvernement d'un autre continent, achète la terre. Si le terrain abrite une forêt, ils vont la détruire et ils vont produire des aliments pour eux, a indiqué la ministre en charge de l'agriculture, des forêts et de la pêche dans une intervention en marge des négociations climatiques à Durban, en Afrique du Sud.
Une nouvelle forme de colonisation est en train survenir en Afrique. Beaucoup de gens n'aiment pas que nous disions ça, a-t-elle ajouté lors d'une intervention publique sur les forêts.
Sollicitée par l'AFP, Mme Joemat-Pettersson a cité en exemple le nouvel Etat du Soudan du Sud où, a-t-elle affirmé, près de 40% des terres ont déjà été vendues à des intérêts étrangers.
Ils apportent leur propre main-d'oeuvre, ils apportent leur propre matériel, leurs semences. Ils utilisent le sol du pays hôte et ensuite ils s'en vont, a-t-il ajouté, sans souhaiter nommer les pays auxquelles elle faisait référence.
L'Afrique du Sud a lancé une initiative avec l'Union africaine (UA) pour amener tous les pays à établir un registre de gestion des terres.
Le registre nous permettra de voir quelle proportion de terres agricoles ou de forêts a été vendue à des gens d'un autre pays, et quel est l'impact sur le pays hôte, a indiqué la ministre sud-africaine.
En 2009, un rapport de deux ONG et de l'Agence pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) avait évalué à 2,5 millions d'hectares la surface de terres agricoles achetées ou louées durant les cinq années précédentes dans cinq pays africains examinés.
La Chine, l'Inde, la Corée du Sud, des pays du Golfe et des sociétés occidentales sont les pays pratiquant ces achats de terre, motivés par le désir de sécuriser leur approvisionnement en nourriture ou produire des biocarburants.
(©AFP / 07 décembre 2011 20h34)
Borloo : « L'Afrique, c'est ou notre drame ou notre espoir »
Climat
La rédaction - Bourdin & Co - RMC, le 05/11/2009
A quelques semaines du sommet mondial de Copenhague sur le climat, le ministre français de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, défend le plan français d'aide aux pays pauvres.

A Copenhague du 7 au 18 décembre prochains, 192 pays tenteront de trouver un accord pour relayer les engagements du Protocole de Kyoto, dont la première phase expire fin 2012. L'objectif est de tenter d'éviter à la planète un dérèglement ingérable du climat. Pour ce faire, l'Union Européenne a d'ores et déjà approuvé une enveloppe d'aide globale de 100 milliards d'euros, apportée aux pays en développement. Un financement défendu notamment par le ministre français de l'Ecologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, Jean-Louis Borloo : « Nous, les pays industrialisés qui avons beaucoup pollué, devons nous mobiliser pour financer le développement des énergies renouvelables dans les pays les plus vulnérables. Il ne s'agit pas d'instaurer un impôt. Nous réfléchissons à des financements innovants, sur les transactions financières par exemple. »
« C'est notre intérêt d'aider les pays les plus vulnérables »
Revenant sur le plan "justice-climat" qu'il présentera à Copenhague, Jean-Louis Borloo explique : « on aide les pays les plus vulnérables, parce que c'est indiscutable moralement, et parce que c'est notre intérêt. Un exemple simple : aujourd'hui, l'Afrique s'enfonce, elle n'a pas de lumière - 77% des Africains n'ont pas accès à l'énergie. Or, c'est l'endroit au monde où c'est le moins cher et le plus facile d'avoir de l'énergie, c'est la plus grande puissance énergétique solaire du monde, la plus grande biomasse du monde, avec le potentiel de fleuves le plus important, le vent sur les plateaux éthiopiens... Equiper l'Afrique en énergie renouvelable aujourd'hui, c'est lui donner un avenir, un espoir ; et ce sont des investissements rentables pour nous Européens, pour nous Français. Ça coûte 10 fois moins cher que de modifier notre mix énergétique. L'Afrique, c'est ou notre drame ou notre espoir. »
« L'investissement le plus rentable de toute l'histoire »
Pour désamorcer la question épineuse du financement de cette aide aux pays pauvres, le ministre de l'Ecologie en précise les modalités : « Rendre la lumière partout en Afrique, ça coûterait 250 milliards de dollars. Ce qui représente entre 10 et 20 milliards par an, sur 20 ans ; soit une taxe de 0,01 % - de tous petits prélèvements - sur les transactions financières. C'est l'investissement le plus rentable de l'histoire de l'humanité. L'Europe est un peu essoufflée. C'est nos emplois de demain, qu'aider à l'équipement énergétique de l'Afrique. [...] Ce n'est pas qu'un problème de solidarité. » Reste encore à convaincre les Chinois et les Américains... Mais pour cela aussi, Jean-Louis Borloo se montre confiant et prêt à « leur parler, parler, parler... ».
Pour écouter l'intégralité de l'interview de Jean-Louis Borloo, cliquez ici.









