Afrique-Chine : Après Sharm El Sheikh, Dakar se fait l’écho de la nouvelle offensive de Pékin sur le continent
Ouestafnews – Le Sénégal s’est fait le porte-voix de la dernière offensive de la diplomatie chinoise sur le continent africain en annonçant à Dakar les dernières initiatives prises par Pékin pour apporter son soutien au continent africain lors du dernier Forum sur la Coopération Chine Afrique (Focac) tenu en Egypte.
Parmi les décisions chinoise figurent notamment celle d’accorder aux pays africains une enveloppe financière de 10 milliards de dollars (plus de 4200 milliards FCFA) en crédits préférentiels et celle de mettre en place un fonds spécial d’un milliard de dollars (plus de 420 milliards FCFA) destiné au financement des petites et moyennes entreprises africaines, selon un communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères transmis à Ouestafnews.
Ces décisions ont été annoncées par le premier ministre chinois Wen Jiabao, à Sharm El Sheikh (Egypte) lors du dernier Focac tenu les 8 et 9 novembre, précise le même communiqué.
Dakar et Pékin n’ont rétabli leurs relations diplomatiques qu’en 2006, après près d’une décennie pendant laquelle le Sénégal a entretenu des relations avec Taiwan, une île qui se dit « souveraine », mais considérée comme « séparatiste » par Pékin qui refuse de lui reconnaître son indépendance.
Selon le communiqué de Dakar, de « l’avis unanime » des participants à la conférence ministérielle de Sharm El Sheikh, « la Chine a largement respecté ses engagements vis-à-vis de l’Afrique comme le démontrent les nombreuses réalisations présentées au cours des discussions ».
La coopération entre l’Afrique et la Chine se déroule sur fonds de fortes rivalité, voire de tensions, avec les anciens « partenaires » du continent africain, notamment ceux de l’Europe souvent accusés par les Africains de ne pas tenir tous leurs engagements.
De leur côté les Européens reprochent à l’Afrique de se « ré-endetter » auprès de la Chine et à la nouvelle puissance économique mondiale qu’est la Chine de ne point « conditionner » son aide.
La décision de Pékin de renforcer son appui financier prise à Sharm El Sheikh s’ajoute à celle relative à « l’annulation des dettes gouvernementales dues au titre de l’année 2009 pour tous les pays pauvres très endettés et ceux inscrits dans la catégorie des nations les moins avancées », précise le ministère sénégalais des Affaires étrangères dans son communiqué.
Pékin annonce l’extension avant la fin de l’année 2010 du tarif douanier préférentiel à 60% des produits en provenance des PMA africains, avec l’ambition de porter ce taux à 95%.
La Chine, de plus en plus présente sur le continent a également décidé d’élargir le champ de ses interventions. Ainsi, Pékin envisage l’augmentation à 20 unités du nombre de « Centres pilotes agricoles aménagés » et l’envoi de 50 missions techniques agricoles chinoises en Afrique, en plus de la formation des 2.000 techniciens agricoles africains.
Dans le domaine de la santé la Chine s’engage en outre à fournir des équipements et des matériels médicaux et de produits antipaludéens d’une valeur de 500 millions de yuans aux 30 hôpitaux et aux 30 centres de lutte contre le paludisme construits en Afrique, selon le communiqué.
La construction de 50 écoles sino-africaines et l’accélération de la formation d’enseignants africains (environ 20.000 dans les trois prochaines annoncées) sont annoncées.
Mais affirme-ton du côté de Dakar, « la plus remarquable réalisation est sans nul doute l’augmentation du volume des échanges commerciaux qui a été porté, en 2008, à 107 milliards de dollars, contre 46 milliards en 2006, dépassant ainsi l’objectif de 100 milliards initialement fixé ».
La Chine a largement renforcé ses relations avec l'Afrique ces dernières années afin de satisfaire ses besoins croissants en ressources naturelles et a massivement investi dans de nombreux pays du continent.
Lors du dernier forum Chine-Afrique (Focac) qui avait réuni plus de 40 chefs d'Etat et de gouvernement en 2006 à Pékin, la Chine avait promis de doubler son aide à l'Afrique et s'était engagée à développer les relations commerciales avec le continent.
La Chine est de plus en plus présente en Afrique dans des projets dans les secteurs de l'agriculture, l'énergie, le transport ou l'eau et a signé des gros contrats lui donnant accès aux ressources énergétiques et naturelles de nombreux pays du continent.
Jeudi 12 Novembre 2009
Ouestaf News
Première étape au Mali d'une tournée africaine du président chinois
Avant le Sénégal, la Tanzanie et l'île Maurice, la visite de 24 heures du président chinois au Mali doit "renforcer les relations de coopération entre les deux pays et poser les jalons de futurs projets", selon l'ambassadeur de Chine à Bamako Zhang Guoquing.
Vaste pays de près de 14 millions d'habitants, le Mali est le troisième producteur d'or africain, derrière l'Afrique du Sud et le Ghana, et un des principaux exportateurs de coton. Des réserves en uranium ont récemment été découvertes dans le nord, en proie à une rébellion touareg.
Sur un continent de plus en plus courtisé pour les richesses de son sous-sol, encore largement inexploitées, Bamako est un fidèle allié de Pékin depuis l'indépendance en 1960 de cette ancienne colonie française.
Depuis 50 ans, tous les chefs d'Etat maliens ont fait le voyage de Pékin, le président Amadou Toumani Touré s'y étant rendu pour sa part au moins trois fois.
Lors de cette visite, les deux présidents procéderont à la pose de la première pierre du troisième pont de Bamako. La construction de cet ouvrage est entièrement financée par la Chine pour un montant global de plus de 20 milliards de francs CFA (30 millions d'euros).
Les deux dirigeants inaugureront un centre de prévention et de traitement du paludisme à l'hôpital de Kati (15 km de Bamako) dont la création a également été financée par la Chine. Le paludisme est, avec le sida, la maladie la plus mortelle en Afrique.
Selon M. Zhang Guoquing, "la coopération" entre Pékin et Bamako "concerne presque tous les domaines, notamment la santé, l'éducation, l'agriculture et la culture".
Avant le début de la tournée, Pékin avait affirmé que le président Hu allait "offrir une nouvelle aide aux pays africains" lors de son déplacement et proposer un renforcement de la coopération des pays en développement, face à la crise mondiale.
La Chine avait annoncé en 2006 son intention de doubler son aide à l'Afrique en trois ans, sans préciser les montants en jeu. "Je suis sûr que nous atteindrons ce but à la fin de l'année", a déclaré le 6 février le ministre adjoint des Affaires étrangères Zhai Jun.
Après le Mali, le président chinois poursuivra sa tournée avec le Sénégal. Pékin et Dakar ont rétabli leurs relations diplomatiques fin 2005, après un divorce de près de 10 ans dû à la reconnaissance de Taïwan par le Sénégal.
Mardi, le président sénégalais Abdoulaye Wade a qualifié d'"exemplaire" le partenariat avec la Chine.
Le Sénégal a récemment intensifié ses recherches pétrolières. Mais le pétrole lourd de Casamance (sud), où les réserves sont officiellement estimées à près d'un milliard de barils, n'a encore jamais été exploité en raison de contraintes techniques.
Le numéro un mondial de l'acier, le Franco-Indien ArcelorMittal, espère par ailleurs produire 25 millions de tonnes de minerai de fer par an dans sa mine du Sénégal, dont l'exploitation doit théoriquement démarrer en 2011. Mais la crise mondiale pourrait retarder le projet.
Sur le plan diplomatique, le Sénégal est très actif sur la scène africaine et a proposé sa médiation dans le conflit du Darfour (Soudan) et au Zimbabwe, deux pays alliés de Pékin.
Après l'Afrique de l'Ouest, le président chinois poursuivra sa tournée en Tanzanie et à Maurice.








