Le blogueur et journaliste Théophile Kouamouo écroué avec son équipe depuis le 13 juillet
Posted: 17 Jul 2010 05:52 AM PDT par Elia Varela Serra · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais [en] Le mardi 13 juillet, le blog du journal ivoirien Le Nouveau Courrier annonçait que le journal avait été perquisitionné par la police après avoir publié le même matin la première partie d'une enquête de fond, dont la publication devait s'étaler sur toute la semaine, sur des faits decorruption au sein la filière du café et du cacao en Côte d'Ivoire ( article). […] le journal a publié aujourd’hui, à sa une, un dossier exclusif au sujet de l’enquête sur les détournements dans la filière café-cacao titré : « Le livre noir de la filière café-cacao, comment les barons ont pillé l’argent des planteurs ». Le boom que ce dossier a créé au sein du lectorat ce matin a mis en branle les services du procureur de la République Tchimou Raymond. Sur instruction de celui-ci et sans aucun mandat de perquisition, des commissaires et lieutenants de la police criminelle ont débarqué à la rédaction de Le Nouveau Courrier avec pour mission, disent-ils, de récupérer le document de base ayant servi à la rédaction de l’article. Après avoir fouillé tous les ordinateurs de la rédaction, ils ont finalement emportés avec eux un ordinateur portable au lieu du fameux document. Après la perquisition dans les bureaux du Nouveau Courrier, qui n'a rien donné, le directeur de la publication Stéphane Guédé, le directeur de la rédaction Théophile Kouamouo et le rédacteur Saint Claver Oula ont été arrêtés pour avoir refusé de révéler leurs sources. Des blogueurs et des journalistes ont témoigné leur soutien à Théophile et à l'équipe sur une pétition en ligne demandant leur libération immédiate, ainsi que sur Twitter, et sur un groupe Facebook où sont publiées les dernières informations. C'est par ce groupe que nous avons appris que les trois journalistes étaient en garde à vue depuis mardi matin, et toujours interrogés afin de révéler leurs sources. Que le vendredi 16 juillet, ils ont été présentés à un juge. Il semble qu'ils aient été ensuite transférés à la MACA (Maison d'Arrêt Centrale D'Abidjan. Le créateur de la page Facebook, le blogueur ivoirien Manasse Dehe, a écrit aujourd'hui samedi : il n'est plus question de les libérer , c'est là le problème. mais de trouver laquelle des fautes ils ont commis; c'est déjà décidé qu'ils doivent payer pr kkchose qu'ils n'ont pas fait. maintenant les …avocats luttent pour que ce qu'on va leur coller, soir la Voici la dernière mise à jour sur le compte Facebook du Le Nouveau Courrier : Théophile Kouamouo, Saint-Clavier Oula, Stéphane Bahi sont actuellement enfermés dans une cellule pleine à craquer. Attendant leur tour devant le juge. Oula est très affaibli. Il a commencé une grève de faim et refuse aussi de prendre ses médicaments… Depuis que la nouvelle de leur arrestation a été diffusée, mardi 13, les journalistes ont reçu de nombreux témoignages de soutien de confrères et deblogueurs en Côte d'Ivoire et à l'étranger. Reporters sans frontière a diffusé un communiqué le 14 juillet : Ce sont des méthodes que Reporters sans frontières n’avaient pas observées en Côte d’Ivoire depuis de nombreuses années. L’accusation de vol ne tient pas la route. Il est important de garder à l’esprit que la protection des sources est un principe fondamental de la pratique du journalisme, principe qui a tout son sens dans une affaire aussi sensible que celle de la filière café-cacao. Sur la page Facebook, des confrères ont souligné que le premier article du code officiel d'éthique des journalistes ivoiriens publié par le Ministère de la communication ( lire ici) fait référence au droit des journalistes à garder le secret sur leurs sources : Tout journaliste doit revendiquer les droits suivants : Ce matin (le 17 juillet) le Groupement des entreprises de presse ivoiriennes (Gepci) a publié un communiqué qualifiant l'arrestation d'atteinte à la liberté d'expression en Cote d'Ivoire : Emprisonner des journalistes pour les contraindre à violer leur propre déontologie en livrant leur source d'information n'est pas acceptable. Surtout que la loi 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse n'autorise plus qu'un journaliste soit privé de sa liberté pour des faits, en rapport direct avec l'exercice de son métier, tels que ceux reprochés aux responsables et aux journalistes du quotidien Le Nouveau Courrier. Le portail de journalisme citoyen Avenue225, qui couvre l'affaire depuis mardi, a annoncé que les syndicats de la presse se sont engagés à publier le reste de l'enquête sur les filières du café et du cacao s'ils n'étaient pas libérés aujourd'hui 17 juillet. Source Global voices
Le Nouveau Courrier est un quotidien d'information qui a commencé à paraitre en Côte d'Ivoire il y a moins de deux mois, le 25 mai, avec l'objectif d'offrir aux lecteurs une nouvelle approche de l'actualité et des enquêtes fouillées. Le directeur de la rédactionThéophile Kouamouo est l'un des blogueurs les plus connus d'Afrique francophone. Il a également reçu, avec son épouse Nadine Tchaptchet-Kouamouo - également journaliste - une bourse Rising Voices pour son projet Abidjan BlogCamps destiné à former des blogueurs en Côte d'Ivoire. Citoyen français, d'origine camerounaise, ancien correspondant du quotidien français Le Monde, il vit à Abidjan depuis plus de dix ans et est respecté comme journalisme et professeur en école de journalisme, en Côte d'ivoire et à l'étranger. Il se décrit lui-même comme un “serial entrepreneur”. L'une de ses entreprises qui a connu le plus de succès est la plateforme de blogs ivoirienne Ivoire-Blog.
plus petite des infractions : genre flagrant délit
Appelle le Président de la Republique à réagir sur ton mur ! Car lui qui est homme de Justice; il peut sortir les 03 journalistes du nouveau
courrier de cette souffrance qu'ils ne méritent pas !!!!
Article 1 : La protection de ses sources d’information.
Sarkozy au Congo : des ONG demandent une enquête sur la mort du journaliste Bruno Ossebi
Je vous donne à lire une correspondance et deux liens à propos de la mort du journaliste en ligne Bruno Ossebi mort dans un incendie non encore elucidé. Pour la majorité des Congolais et des activistes de la société, il s'agirait d'un crime maquillé en incendie, surtout après le verdict honteux du tribunal de Brazzaville concernant le crime odieux de Jean Bambelo. en fin de la correspondance les liens :
Nicolas Sarkozy s’est rendu hier au Congo pour une « visite d’amitié » à son homologue Denis Sassou n’Guesso.
Plusieurs ONG avaient sollicité le Président français le 25 mars dernier afin de lui demander de « s’assurer auprès des autorités congolaises que toute la lumière sera faite sur les circonstances du décès de Bruno Ossebi ».
Le 21 janvier 2009 à Brazzaville, un incendie se déclenche dans la maison qu’occupait ce journaliste franco-congolais, entraînant la mort de sa compagne et de ses filles.
Bruno Ossebi a été transféré à l’hôpital militaire de Brazzaville où son état se stabilise. Tandis que le ministère des Affaires Etrangères préparait son rapatriement vers la France le 2 février dernier, il est décédé subitement dans la nuit du 1er au 2 févier. Les circonstances de sa mort ne sont pas connues, et aucune autopsie n’a été pratiquée.
Bruno Jacquet Ossebi était un opposant au régime de Sassou n’Guesso. Il avait notamment affiché son désir de voir aboutir une plainte pour « recel de détournement de fonds publics » déposée en France par une ONG et un citoyen gabonais, contre trois chefs d’Etats, dont le Président congolais.
Cette plainte fait suite à une enquête préliminaire de la police française qui avait permis de mettre à jour un patrimoine mobilier et immobilier détenu en France par Denis Sassou n’Guesso, que ses revenus officiels ne peuvent justifier.
La justice française rendra sa décision dans les semaines qui viennent sur la recevabilité de cette plainte et l’ouverture ou non d’une instruction.
En attendant, espérons qu’après avoir évoqué l’avenir des contrats des entreprises françaises au Congo, Nicolas Sarkozy a mentionné Bruno Ossebi, qui avait la nationalité française.
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http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22361 http://www.errortribune.com/monde/sarkozy-congo-mort-du-journaliste-bruno-jacquet-ossebi.html |
Mali / Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira

Mali / Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira
BAMAKO, Mali, 6 mars 2009/African Press Organization (APO)/ — Nous apprenons avec surprise et consternation l’incarcération à la prison centrale de Bamako de notre camarade Nouhoum Keita. Il a été interpellé après avoir dénoncé sur l’antenne d’une radio l’existence d’un passeport falsifié à son nom et sa décision de porter plainte contre X. De victime il se retrouve ainsi coupable (lire ci-dessous un petit résumé).
Journaliste à la radio associative Radio Kayira, membre de la Coalition des alternatives africaines, dette et développement (CAD Mali), militant infatigable pour les droits et la justice sociale, Nouhoum Keita est bien connu de nombre de nos associations (notamment de la plate-forme Dette & Développement qui regroupe 27 associations et syndicats français) avec lesquelles il a participé aux forums sociaux, aux manifestations contre les privatisations des services publics, pour l’annulation de la dette, contre les nouveaux accords économiques et commerciaux…
Cette arrestation se situe dans un contexte général de pressions et d’intimidations contre les
mouvement sociaux au Mali. Et ce au moment même où la population malienne subit de plein fouet les conséquences des orientations libérales de son gouvernement (privatisation du chemin de fer, de la filière coton, expropriation des paysans de l’Office du Niger…).
La mobilisation sociale s’organise au Mali pour exiger sa libération avec le soutien de l’Union des journalistes du Mali. Un sitting a eu lieu hier devant le siège de la radio, une marche de protestation est prévue la semaine prochaine. Nous nous associons à ce mouvement et, avec lui, exigeons la libération immédiate et sans condition de Nouhoum Keita et l’éclaircissement rapide de cette affaire.
SOURCE : Attac France-CADTM France-Survie
Gabon : Liberation des militants de la société civile
Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise BP 1421 - 51065 Reims Cedex COMMUNIQUE
12 janvier 2009 GABON : LIBERATION CE SOIR DES MILITANTS, DU JOURNALISTE ET DU GENDARME DETENUS AU GABON
Ce soir, 12 janvier 2009, Grégory Gnbwa Minsta (plaignant dans l'affaire des Biens Mal Acquis), Marc Ona Essangui et Georges Mpaga de PWYP Gabon, Gaston Asseko, directeur technique de Radio Sainte Marie et l'adjudant de gendarmerie Jean Poaty, injustement arrêtés les 30 et 31 décembre 2008, ont été relâchés sur décision du Tribunal de Libreville. Il faut maintenant obtenir la levée des chefs d'inculpation. Toute la lumière sera faite un jour sur ce «Complot du Réveillon» conçu par l'entourage présidentiel lui-même en vue de sa prise programmée du pouvoir. L'objectif inavoué de ce complot était de décrédibiliser la plainte à Paris contre les Biens Mal Acquis, d'étouffer la liberté d'expression de la Société Civile, notamment PWYP au Gabon, et d'affaiblir d'avantage l'actuel Chef de l'Etat Gabonais. La mobilisation unanime et sans précédent du peuple gabonais, des ONG internationales, de la Société Civile, de la diplomatie internationale, des institutions religieuses et de la Diaspora Gabonaise vient de démontrer qu'il est possible de faire plier les vrais ennemis de l'Etat et des institutions de la République. Un espoir immense est né de cette épreuve. Bruno Ben-Moubamba Porte-parole des Acteurs Libres la Société Civile Gabonaise en Europe Journaliste et doctorant à l'EHESS gabonlibre@gmail.com
Burkina Faso / La FIJ Condamne l’Interpellation des Dirigeants de la Manifestation Marquant les 10 ans de l’Assassinat de Norber

Burkina Faso / La FIJ Condamne l’Interpellation des Dirigeants de la Manifestation Marquant les 10 ans de l’Assassinat de Norbert Zongo
OUAGADOUGOU, Burkina-Faso, 16 décembre 2008/African Press Organization (APO)/ — La Fédération Internationale des Journalistes (IFJ) a aujourd’hui condamné l’interpellation par les forces de sécurité de quatre organisateurs de la grande manifestation marquant le 10ème anniversaire de l’assassinat du journaliste d’investigation, Norbert Zongo, au Burkina Faso.
Les quatre interpellés sont des dirigeants de la coalition contre l’impunité qui a organisé samedi dernier une grande manifestation dans la capitale, Ouagadougou, réclamant le jugement en bonne et due forme dans l’assassinat de Norbert Zongo dix ans après. Les manifestants ont par la suite rebaptisé l’avenue de la Nation, l’une des voies principales, avenue Norbert Zongo. Ce matin (15 décembre), les quatre dirigeants - Chrysogone Zougmoré, président de la coalition, Tolé Sagnon, vice-président, Bénéwendé Sankara et Jean Claude MEDA- ont été interpellés et interrogés par la gendarmerie au sujet de la manifestation et du fait de rebaptiser l’avenue de la nation, en avenue Norbert Zongo.
« Nous considérons cette arrestation par les forces de sécurités du Burkina Faso comme un acte d’intimidation visant à empêcher l’enquête devant faire la lumière sur l’assassinat de Norbert que Zongo » a indiqué Gabriel Baglo, directeur du bureau d’IFJ Afrique. Le « Président Blaise Compaoré doit montrer sa bonne volonté pour que l’assassinat de Norbert Zongo soit puni et pour mettre un terme à l’impunité au Burkna Faso».
Nobert Zongo, journaliste d’investigation et directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant a été trouvé mort le 13 décembre 1998 et son corps avec trois autres amis carbonisés dans sa voiture à Sapouy, une ville à 100 kilomètres au sud de la capital. Zongo enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur du frère du président de la République, Blaise Compaoré. David serait mort des mauvais traitements de la garde présidentielle après qu’il a été arrêté pour avoir volé l’argent de son employeur, François Compaoré.
Jean Claude MEDA, un des dirigeants de la coalition et président de l’association de journalistes de Burkina Faso, AJB a dit que « La manifestation a rassemblé des milliers de citoyens réclamant la fin de l’impunité au Burkina Faso ; et les autorités se sont senties embarrassés ; cela explique notre interpellation et libération ce matin mais nous devons être vigilent parce que le commandant de la gendarmerie, le colonel Martin Zambo Zongo qui nous a interrogés en présence de ses deux collaborateurs va faire son rapport à ses supérieurs et nous ne savons pas que ce qui va se passer après. »
La F’IJ invite le gouvernement du Burkina Faso à mettre fin à tout harcèlement contre les protestataires, à garantir un processus juridique impartial dans l’assassinat de Norbert Zongo et à mettre un terme à l’impunité au Burkina Faso.
SOURCE : International Federation of Journalists (IFJ)
L'affaire Zongo, un scandale africain enlisé depuis dix ans
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 13/12/2008 | 19H53

Il enquêtait sur la mort mystérieuse du chauffeur de François Compaoré, frère du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. Le 13 décembre 1998, le journaliste burkinabé Norbert Zongo était assassiné avec trois autres personnes. L'enquête sur la mort du fondateur de l'hebdomadaire L'Indépendant s'est terminée par un non-lieu délivré en 2006, malgré le tollé qu'elle avait provoqué en Afrique et dans le reste du monde la mobilisation incessante depuis.
Partenaire de Rue89, L'Observateur Paalga revient sur les "dix si longues années" qui ont suivi la mort de Zongo et des "trois autres occupants d'infortune de la 4X4 qui les conduisait", "carbonisés [...] dans des conditions cannibalesques":
"On cherche vainement un précédent dans les annales du crime dans notre pays [...] Rarement, de mémoire de journaliste, notre pays aura été plongé dans une crise que tous les superlatifs ne suffisent pas à qualifier.[...]
Quelques jours après ce quadruple assassinat de Sapouy, on se souvient encore qu’une Commission d’enquête indépendante (CEI) avait été instituée, et qui avait conclu que cette mise à mort brutale et atroce était motivée par les activités professionnelles de Norbert Zongo, et particulièrement par l’affaire David Ouédraogo, dont notre confrère avait fait sa manette rédactionnelle."
Une commission d'enquête, "première sur le continent", non suivie d'effets
Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, était mort torturé. Le frère du Président a été brièvement inculpé pour ce crime, avant que le tribunal n'abandonne les poursuites.
Après la mort de Zongo, des manifestations s'organisent au Burkina et dans des pays voisins. Blaise Compaoré est contraint de créer la CEI, "une première sur le continent", à laquelle participe notamment Robert Ménard, alors secrétaire général de Reporters sans frontières. Le 7 mai 1999, la commission rend ses conclusions au Premier ministre. Le blog "Norbert Zongo 10 ans" en en rappelle les suites, plutôt décevantes:
"Mise en place suite au mécontentement populaire, elle a conclu, après avoir auditionné plus de deux cents personnes, que “concernant les mobiles de ce quadruple meurtre (...), il faut les chercher du côté des enquêtes menées depuis des années par le journaliste, et notamment sur ses récentes investigations concernant la mort de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, conseiller à la présidence” et frère du chef de l’Etat.
Le rapport donnait également les noms de six “sérieux suspects” dans cette affaire, tous membres du Régiment de la sécurité présidentielle. Seul l’un d’entre eux, Marcel Kafando, a été inculpé en 2001 “d’incendie volontaire” et “assassinat”. Egalement condamné en 2000 pour avoir “séquestré et torturé à mort” David Ouédraogo, le sergent Kafando a pourtant passé pendant toutes ces années, des jours tranquilles à son domicile de la capitale, percevant toujours sa solde de militaire."
"Au bord de la chute" en 1998, le régime s'est "refait une santé"
Dans l'article qu'il consacre à "l'enterrement du dossier Norbert Zongo", l'hebdomadaire San Finna remarque que "si le régime ébranlé, au début, a été au bord de sa chute, il a pu depuis se refaire une santé, en raison certes de ses capacités de résistance propres mais aussi à cause des égoïsmes et du manque d’anticipation des acteurs politiques et de la société civile":
"[C'est] la raison du plus fort. Il n’est que de citer les lenteurs excessives de procédure, la cascade des disparitions des suspects sérieux, les décisions de justice autoritaires de non-lieu."
La rédaction de l'hebdomadaire salue les initiatives visant à faire pression sur le pouvoir burkinabé pour qu'il rouvre l'enquête, comme la pétition internationale, mais semble plutôt pessimiste:
"C’est bien qu’il y ait des actions multiformes mais ce n’est pas assez; tant qu’il n’y aura pas de consensus, de dépassement de soi, on n’aura pas ce qu’on veut: la vérité et la justice."
"La résolution du dossier implique la chute du régime"
Sur le blog Norbert Zongo 10 ans, un internaute, Zedy, regrette qu'on n'en connaisse pas plus sur la vie du journaliste:
"Il faut des dates pour montrer combien [son] parcours était labourieux, patient, persévérant et assez instructif pour les jeunes d'aujourd'hui! Nous savons beaucoup plus de l'américain Obama que du burkinabé Norbert Zongo! Ce n'est pas normal!"
Pour un autre internaute, Tenkougri, qui commente l'article de L'Observateur Paalga, "ce dossier clair a été embrouillé a dessein car sa résolution implique la chute du régime et le départ de beaucoup de “puissants”."
La France complice de l'enlisement du dossier?
Le blog Basta, publié en France par "l'alliance zapatiste de libération sociale", relaie un appel signé par plusieurs organisations africaines et françaises. Pour elles, la France est complice de l'enlisement de l'affaire Zongo:
"Forts du soutien que vient de leur renouveler la France à l’occasion de leurs récents séjours en France, Blaise Compaoré et son Premier ministre sont repartis rassérénés et encore plus déterminés à poursuivre leur gestion liberticide du pouvoir au Burkina Faso. C’est pourquoi, nos organisations, déterminées à amplifier leurs actions de solidarité avec le peuple burkinabé, appellent leurs militants et l’opinion démocratique à manifester dans l’unité leur dénonciation du soutien multiforme qu’apportent Nicolas Sarkozy et le réseau françafricain au régime criminel de Blaise Compaoré [...]"
Ces organisations appelaient ce samedi à un rassemblement devant l'ambassade du Burkina Faso à Paris. Une vingtaine de personnes se sont déplacées.
Parmi les nombreux hommages rendus depuis dix ans à Norbert Zongo, on peut citer celui de la star ivoirienne du reggae Tiken Jah Fakoly, qui place Zongo parmi les "martyrs" du continent:
"Ils ont oublié Norbert Zongo", chante Fakoly en désignant les gouvernants africains. Au Burkina, ses confrères pensent encore à lui. Depuis janvier 1999, à Ouagadougou, une lampe à pétrole brûle sans cesse devant le centre national de presse Norbert-Zongo. "Jusqu'au jour où la lumière judiciaire sera faite" sur cette affaire, rappelle l'Observateur.
sur l'affaire Zongo et le Burkina Faso dimanche 14 décembre à 14 heures au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris XIe.
Photo : Procession vers la tombe de Norbert Zongo en avril 2007 (Filep), Norbert Zongo (DR)









