27 décembre 2010

Indépendances africaines 50 ans après : Un bilan aussi maigre...qu´ambigü

Un bilan aussi maigre...qu´ambigü

Pourquoi maigre et pourquoi ambigü ? Maigre parce que si l´Afrique, et cela s´adresse surtout à ses élites du pouvoir et ses intellectuels sociaux, critiques et techniques ou scientifiques, si notre continent avait évité les guerres d´indépendance et contré au mieux les assassinats d´élites averties qui ont suivi nos indépendances, nous aurions aujourd´hui une meilleure moisson. Sûrement. Onr aujourd´hui l´Afrique importe encore plus qu´hier avant l´indépendance...le nombre de ses chômeurs a explosé ainsi que celui des analphabètes et mal instruits. Les problèmes économiques de l´Afrique, surtout l´Afrique subsaharienne, croissent exponentiellement de décennie en décennie. Peut-on s´en réjouir et prétendre comme certains que tout allait bien malgré tout ?

Pourquoi la situation africaine actuelle est-elle ambigüe ? Parce qu´elle n´avait su se débarrasser de l´étreinte mortelle francafricaine et parce que ses élites aujourd´hui se laissent corrompre, aliéner par les intérêts dominants occidentaux dont les économies avaient, elles, progressé et donc étaient capables de répondre matériellement et techniquement à bien de défis des temps. Chaque fois qu´un pays africin doit tenir des élections pour élire son pouvoir et ses représentants, elle a recourt à l´aide étrangère...et si ces élections ne sortent que des aliénés ou des incapables notoires de leurs suffrages; qui cela peut-il donc étonner ? on le voit aujourd´hui en Côte d´Ivoire: malgré le suffrage clair et distinct du peuple, l´habitude du truquage et de la manipulation semble être devenue en Afrique une raison d´Etat. Mais sans respecter le suffrage du peuple, que vaut ses institutions et ses élites ? Pas un penny...mais ne le voulait-on pas ainsi si on ne faisait rien pour acquérir le plus rapidement que possible une autonomie économique ? De quelle liberté peut bien se réclamer le pauvre et le mendiant ?

Apparemment en Afrique on néglige encore l´impact réel de la prospérité économique sur la souveraineté, le bien-être social et l´avenir culturel de la société africaine. Grossière erreur. si les occidentaux ont la main large en Afrique et y imposent encore l´hégémonie aveugle de leurs intérêts, c´est bien parce que leurs économies doivent être entretenues afin, bien sûr de leur permettrre de soutenir ce siège économique et culturel corrompant face aux africains. S´ils étaient pauvres ils restraient chez eux. Cette crise va le prouver: au plus l´occident se débattra chez elle á conserver ses acquis face á l´érosion économique et financière qui la menacait, au plus les pays industrialisés occidentaux cesseraient de jouer les "Rambo" faiseurs de vents et de politique en Afrique. Parce qu´ils n´en auraient plus les moyens financiers. Enfin l´Afrique aura-t-elle le loisir de s´orienter vers elle-même ? Nous l´espérons vivement d´autant que l´arrivée de la Chine, de l´Inde, du Brésil sur l´échiquier économique et industriel du monde montre bien que la liberté, lorsqu´on y croit et qu´on sait en remplir les conditions exigentes de nos jours, cette liberté peut bien sourire au peuple qui l´aime et la respecte à sa juste valeur. mais on doit bien savoir s´orienter vers sa lumière et pas se laisser chosifier ou se bourrer de mensonges et d´illusions !

Musengeshi Katata
Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat, 27 décembre 2010 à 22:05

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08 mars 2010

L'afrique-sortir-de-la-domination-neocoloniale

Lundi 8 mars 2010

Cinquante ans se sont écoulés depuis la soi-disant indépendance des pays francophones. Mais l’Afrique n’a jamais été indépendante et n’est pas prête de l’être. Le plus grand génocide humain s’y prépare dans les 20 années à venir. Tous les continents se réorganisent pour nourrir leurs populations. Seule l’Afrique est à la traîne. Les africains sont dépendants jusqu’au trognon, ils importent plus de 80% de ce qui les fait vivre, quand ils le peuvent. Les dirigeants africains ne se sont jamais préoccupés de l’avenir de leurs peuples tout simplement parce qu’ils ne se sentent pas et ne sont pas des leurs.

 

Depuis les années 60, les africains patriotes, dignes, qui ont voulu mettre debout leur continent ont tous été liquidés ou chassés de leur pays par l’impérialisme français. De Patrice Lumumba, Djamal Abdel Nasser, en passant par Kwame NkrumahAmilcar Cabral, Nelson Mandela, Houari Boumediène, Ahmed Sékou Touré, et jusqu’à Thomas Sankara. Tous ceux-là furent remplacés par ceux qui ont dilapidé et remis les intérêts de l’Afrique à la France , je cite : Félix Houphouët-BoignyLéopold Sédar Senghor, Joseph-Désiré Mobutu, Jean-Bedel Bokassa, Omar Bongo (né Albert-Bernard Bongo)… Toute cette bande de salopards a trahi le peuple africain. Après la mort d’Houphouët-Boigny, on s’est aperçu que toute l’économie ivoirienne avait été dilapidée par ce vieux nègre complexé. Ces soi-disant responsables qui ont géré l’Afrique sont nés français et morts français, la plupart en France même. Rappelez-vous de la mort de Senghor dans le Calvados, humilié et traité comme un moins que rien, après tous les services qu’il a rendu à ses maîtres.

 

Aujourd’hui on entend partout dans les radios des manifestations organisées pour l’indépendance des pays africains, relayées bien entendu par des nègres, peut-être nés en Afrique mais souvent avec la nationalité française en poche comme leurs pères. Mais oui, il suffit d’être noir pour pouvoir facilement parler d’Afrique. On en est encore à ce niveau et c’est ce qui a perdu l’Afrique. Les africains n’ont pas encore compris qu’on ne juge pas l’humain tout simplement sur sa couleur ou son appartenance ethnique. L’humain est bien plus complexe que cela et les africains, depuis leur existence, ont pourtant été bien servis, s’ils n’ont pas encore intégré la leçon, c’est aux camarades progressistes de notre continent de la leur faire comprendre. Patrice Lumumba a été trahi par Mobutu, Thomas Sankara trahi par Blaise Compaoré à la demande d’Houphouët-Boigny sous les ordres de François Mitterrand. Mais oui, chez nous, très souvent, le couteau qui te tue c’est ton frère qui l’aiguise. De Chaka Zulu à Sylvanus Olympio, abattu devant l’ambassade de France à Lomé, attentat commandité par la bande des Jacques Foccart et Robert Pandreau.

 

Comme le disait René Char, « l’homme est capable de faire ce qu’il est incapable d’imaginer ». La solution est simple, dirigeants africains : puisque vous êtes incapables d’imaginer, recopiez tout simplement les autres et vous sortirez votre peuple du gouffre. Gérez votre pays et votre continent, comme les autres gèrent leur pays et leur continent.

 

La situation africaine est plus que préoccupante. L’Afrique est un continent où il n’y a personne, la solidarité africaine n’est pas collective, l’africain lutte individuellement pour son intérêt individuel. S’il réussit, il jette des miettes aux autres, quand et comme il le désire, mais jamais il ne permet à l’autre de se construire, d’être indépendant et libre. Cette situation conjuguée a mené le continent africain là où il se trouve. Et l’humanité peut en témoigner, les trois-quarts des chefs d’Etats et dirigeants africains finissent leurs jours en France. Ils ont leurs maisons en France, leurs comptes bancaires en France, se soignent en France, leurs enfants vont dans les universités de France, alors comment voulez vous qu’avec cet esprit ces gens-là sortent le pays qu’ils gèrent de la misère ? Regardez le cas de M. Diouf, ancien président du Sénégal. Où est-il aujourd’hui ? En tête de l’organisation des pays francophones. C’est indigne et méprisable, ces gens sont sans vergogne.

 

J’attire aussi votre attention sur un fait qui montre à quel point la république française méprise l’Afrique et les citoyens africains. A la veille des élections présidentielles du Togo, rappelez-vous M. Kofi Yamgnagne avait prétendu rendre sa nationalité française pour pouvoir se présenter, la suite, vous la connaissez. Tenez-vous bien, au moment où j’écris ce texte là M. Kofi est revenu en France et je me demande sur quelle base : avec un visa de touriste ? Si tel est le cas il devrait regagner Lomé dans très peu de temps. Dans le cas contraire, il a bien vite obtenu une carte de séjour, et M. Besson, dois alors régulariser tous les sans-papiers  se trouvant aujourd’hui en France. J’ai relu les lois Pasqua, Debré, Chevènement et Sarkozy sur l’immigration, je n’ai en aucun cas rencontré un passage qui permettrait à M. Kofi Yamgnagne, togolais il y a une semaine, arrivé en France il y a moins de 48 heures, d’obtenir une carte de séjour. A moins qu’il n’ait jamais renoncé à sa nationalité française, affaire à suivre…

 

La situation du continent africain va de mal en pis. La gauche française et l’extrême gauche n’ont jamais été au fond du problème pour contribuer à l’émancipation du peuple africain. Ils n’ont fait qu’assistanat et humanitaire à leur profit.

Naïfs ceux qui  croient la belle théorie humanistes que la terre n’a pas de frontière et que les hommes sont tous des frères. Cette théorie n’a jamais concrètement vu le jour. Les droits de l’homme n’ont jamais existé. Finie l’époque du soutien des pays frères dans les luttes de libération nationale, fini le temps du Che, chacun prêche pour sa paroisse, le nationalisme a gagné. Les belles idées du marxisme ne sont qu’une farce. Les 30 dernières années nous ont montré cela dans la pratique. La gauche française a géré les ex-colonies comme l’a fait la droite. Strauss-khan au FMI, Besson, ministre de l’immigration, … la liste est longue. Imbéciles ceux qui croient à la gauche.

Aux anticapitalistes : pensez-vous que régulariser chaque année 80 000 enfants d’Afrique règlera le problème de là où ils viennent ou celui de là ils arrivent. C’est une position grave, opportuniste et politicienne. Depuis 20 ans vous ne faites que reculez l’échéance de la déchéance des immigrés en premier lieu et du peuple africain en particulier. Le problème de l’immigration se règle à la source. Aidez les africains qui sont prêts à déboulonner ces valets de l’impérialisme français qui déstabilisent tout le continent africain. Quand demain, plus de la moitié du peuple africain crèvera de faim, tout le monde sera responsable. Dans moins de trente ans, l’Europe, l’Amérique, l’Asie arriveront tout juste à subvenir aux besoins vitaux de leur peuple. Pendant ce temps,  l’Afrique compte sur l’aide internationale. 

 

J’ai appris avec grand plaisir que la France s’apprête à enlever son armée du Sénégal pour la ramener un peu plus haut au Gabon. Et oui, pétrole oblige, Total et Elf ont besoin de matière première. Comme vous le savez le coup d’Etat au Niger profite à Aréva, encore un intérêt français au détriment du peuple africain.

Pour ceux qui l’ignorent tous les militaires gradés en Afrique, ont été formés à St Cyr. Une double nationalité en poche, ils reçoivent les ordres de Paris. Décidément, l’Afrique a du pain sur la planche. Espérons que le départ des soldats français du Sénégal ne nous prépare pas un coup d’Etat militaire. Qu’après la gestion civile désastreuse du pays la France ne joue pas les prolongations en voulant nous imposer en 2012 un gouvernement militaire. Sachant qu’aujourd’hui, le peuple sénégalais a fait le bilan des cinquante premières années de soi-disant indépendance et désire un changement radical pour les intérêts matériels et moraux de son peuple, la France de Sarkozy, nous prépare, elle, une prolongation. Soyons vigilants, c’est notre dernière chance. Le Sénégal, l’Afrique, a un besoin vital de se redresser dans les 5 prochaines années, sinon, nous disparaîtrons. Cette réalité est claire et sentie par tout un chacun. Ne restez pas assis à compter les étoiles et les nuages. N’attendez l’aide de personne. Levez-vous et construisez votre continent dans le calme et la dignité. Sans déraper sur l’extrémisme. C’est encore possible.

 

Je terminerai ce texte en envoyant un message au-delà, à mes chers papas dont je suis fier, à toi Patrice, Boumediène, Nasser, Nkrumah, Cabral, et à toi mon frère Thomas, depuis votre départ, nous sommes toujours dans la misère humaine et très loin de la sortie du tunnel. Mon vieux Patrice, ce salop de Mobutu qui t’as trahi a fini comme un chien au Maroc, ses serviteurs n’ont même pas voulu le récupérer à la fin pour le soigner. Et à toi Houari, l’Algérie que tu avais construite, dont toute l’Afrique était si fière et sur laquelle elle comptait, à été cassée, détruite par le capitalisme français. Mais je vous rassure, vos enfants et frères se souviennent de vous et continueront votre combat jusqu’à l’heure où ils vous rejoindront. Les peuples du monde vaincront.

Salut aussi à toi Frantz, mon vieux Fanon, l’homme des îles, de la Martinique , tu avais bien vu, toi qui disais que celui qui adore le nègre est aussi malade que celui qui le déteste. Mais oui, on adore son chien. Cher papa, toi, tu avais montré l’exemple. Tu es né sous la domination coloniale et mort algérien, cela résume ta grandeur. Les peuples opprimés se souviendront de toi et que la fraternité dans ce monde ne viendra pas des peuples européens campés sur leur supériorité de pacotille mais bien du réveil des peuples opprimés, de ceux qu’on appelle les damnés de la terre.

 

 

Bamba Gueye Lindor

Paris, le 7 mars

 

 

Par APPA - Publié dans : Ailleurs sur le Web - Communauté : Actualité panafricaine. 

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21 janvier 2010

2010 : pour les cinquante ans des indépendances africaines France à quand la rupture ?

 


2010 année qui voit la plupart des pays africains atteindre 50 ans « d’indépendances » plusieurs voix et écrits s’élèvent pour faire le bilan de ces 50 ans. 

Pour la plupart ils s’accordent à faire le constat d’un échec global même si on peut noter quelques progrès de macro. Il ressort un pessimisme ambiant sur l’avenir de l’Afrique certains auteurs préconisent à la place des fêtes prévues des cérémonies collectives de deuil. Ce pessimisme est renforcé par l’idée méprisante de la France de célébrer à Paris les 50 ans des indépendances, vraiment indécent pour la dignité africaine à ce sujet tous les Africains et les populations des pays d’Afrique devraient se lever pour crier à l’injure scandaleuse et demander à la France de rester dans son coin. 

Mais comble du ridicule, les Africains surtout les dirigeants en mal de reconnaissance vont tous se précipiter à Paris et les populations africaines n’ayant pas voix au chapitre vont se soumettre sans problème. 

Et la France qui n’a jamais décolonisé ses anciennes possessions pourra continuer à faire étalage de sa suprématie sur les Africains.

Cette célébration par la France ressemble sans être excessif à  un homme qui maltraitait sa femme déciderait de célébrer le divorce chez lui ou encore que l'Angleterre déciderait de célébrer l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique. 

  

Et pourquoi donc la France fêterait-elle les 50 ans d'indépendance des pays africains ? De quel droit ? 

Est-ce pour pleurer le beau temps des colonies ? Mis à part le fait de rappeler sa gloire passée, je ne vois pas ce que la France peut tirer d'une telle célébration.

Cette attitude de la France conforterait l’idée que pour ses pays la décolonisation n’a jamais eu lieu.

 

C’est pourquoi il on doit dire NON la France, qu’elle  n’a pas le droit de célébrer ces 50 ans

Non la France n’a pas le droit de bafouer la dignité des Africains.


Si la France veut vraiment célébrer ces 50 ans avec les populations africaines, qu’elle arrête de soutenir les dictatures qui confisquent les libertés


A quand la rupture ?


Avec l’arrivée de Nicolas Sarkosy qui en pleine campagne électorale avait promis la rupture à Cotonou au Bénin, on avait cru à un nouveau type de relations basées sur le respect et la dignité.

 

Hélas pour l’Afrique ce dernier s’est plutôt inscrit dans la continuité, avec le limogeage du ministre Bokel de son poste de la coopération et avec le gros mensonge prononcé en Afrique du Sud. Jusqu’à lors aucune troupe militaire française n’est rentrée à la maison.

 

La rupture promise pendant la campagne électorale de mai 2007 tarde à venir, mais on s’empresse plutôt à mépriser les Africains comme à l’accoutumé (Discours de  Dakar où Sarkosy soutenait que l’Africain n’était pas rentré dans l’histoire et c’est peut-être pour ça qu’il prévoit de fêter le cinquantenaire des indépendances africaines à Paris à la place des Africains ?

 

Au lieu de persister dans l’insulte et le mépris, Sarkosy et la France devraient opérer une rupture.

En mettant fin à la françafrique et à tous les réseaux mafieux qui sévissent dans le business.

Nous ne voulons pas des  repentances façon Jacques Chirac, on  voudrait plutôt que la France et son président  instaurent véritablement une relation d’égalité avec ses anciennes colonies et ce sera de son intérêt.

La France en agissant comme elle le fait actuellement, salit sa réputation de pays de droits de l’homme.

Elle s’aliène de façon irrémédiable un formidable marché pour sa production car les dictatures qu’elle soutient n’enrichissent qu’une poignée de gens, mais pas la France.

 

Dans le contexte de la globalisation et de la mondialisation, elle continue sa fragilisation économique et culturelle,Elle aurait plus intérêt à augmenter le niveau de vie des Africains pour que ceux-ci puissent avoir un pouvoir d’achat leur permettant d’acheter éventuellement  les produits français, au lieu de se plaindre de la percée chinoise et d’autres pays asiatiques en Afrique et des délocalisations chez elle.

 

De la rupture, il y va de l’avenir de la France, car mieux vaut une séparation à l’amiable que par la violence. La France et les dictateurs maisons si ils ne prennent pas garde, seront dans les années à venir, surpris voire debordés par l’ampleur de la révolution qu’ils alimentent quotidiennement, comme toute révolution lorsqu’elle éclate on ne sait pas quand elle se termine ni comment elle se déroule.

 

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09 janvier 2010

Colloque international ALIOUNE DIOP

COLLOQUE INTERNATIONAL ALIOUNE DIOP, L’HOMME ET L’ŒUVRE FACE AUX DEFIS CONTEMPORAINS.

Argument La célébration du centième anniversaire de la naissance d’Alioune Diop, heureuse coïncidence, est aussi celle du cinquantième anniversaire de l’accession à l’indépendance de très nombreux pays africains. La Communauté Africaine de Culture a pris l’initiative d’inviter les intellectuels, femmes et hommes de culture à un colloque international sur le thème : Alioune Diop, l’homme et l’œuvre face aux défis contemporains.

A travers une interrogation très ouverte, le colloque examinera les multiples dimensions de l’oeuvre d’un humaniste original et universaliste ; d’un homme de dialogue, d’un homme engagé et pragmatique ; d’un Africain épris de liberté et refusant toute forme de racisme. Car Alioune Diop c’est tout cela à fois ; un homme de son temps qui résumait ainsi le sens de son engagement dans l’aventure éditoriale de Présence Africaine : « Tous les articles seront publiés sous réserve que leur tenue s’y prête, qu’ils concernent l’Afrique, qu’ils ne trahissent ni notre volonté antiraciste, anticolonialiste, ni notre solidarité des peuples colonisés ». Premier africain à exercer avec rigueur le métier d’éditeur, il a suscité l’éclosion de talents qui, sans son engagement auraient été sans doute étouffés par l’implacable machine idéologique et répressive mise en place par le système colonial. Ainsi, en Afrique et dans ses diasporas, une production littéraire et scientifique de qualité, a pu s’affirmer dans des contextes divers et changeants, marqués des défis multiples.

C’est pourquoi, après cinquante ans d’indépendance, il importe de réinterroger l’œuvre de Présence Africaine afin d’en tirer des enseignements pour l’avenir. Le centenaire de la naissance du fondateur de la revue Présence Africaine, cet incomparable instrument au service de la production des intellectuels d’Afrique et de ses diaspora, forgé par un homme qui a été, sa vie durant, un modèle d’efficacité et de générosité dans la promotion de son idéal, nous donne l’opportunité, en nous inscrivant dans la durée, de nous interroger sur l’actualité de son combat.

Il s’agit, en s’inspirant d’une trajectoire d’exception de relire le passé, de penser le présent et d’imaginer un avenir.

Date : 3-5 mai 2010

Lieu : Palais des Congrès de l’Hôtel Méridien Président

Déroulement : Le colloque se déroulera sur trois jours avec cinq panels thématiques et un panel générationnel, consacré aux jeunes.

Panel I : Présence Africaine : décolonisation et devenir culturel de l’Afrique et de ses diasporas.

Panel II : Peux-t-on parler aujourd’hui de Panafricanisme et de Monde Noir ?

Panel III : Le rôle des intellectuels africains et des diasporas dans l’actualisation du projet d’Alioune Diop. L’engagement en question.

Panel IV : Actualité du projet Présence Africaine dans la production et la diffusion des savoirs au XXIe siècle ?

Panel V : Dialogue avec les jeunes : L’actualité du projet Présence Africaine et la question de la transmission des mémoires.

Clôture

Fiche de participation

Nom………………………………………………………………………………………

Prénom……………………………………………..…………………………………….

Titre:……………………………………………..……………………………………… Grade/Fonction…………………………………………………………………………… Adresse……………………………………………………………………………………

Tél : Bureau ………………………………Domicile……………………………………

Fax : Bureau………………………………Domicile……………………………………

E.mail :……………………………………………………………………………………

J’ai l’intention de participer au colloque international « Alioune Diop, l’homme et l’œuvre face aux défis contemporains ». OUI……………….…./………………..……NON………………/

J’ai l’intention de présenter une communication au Panel n°1 - 2 – 3-4-5 Préciser le titre de la communication : ………………………………………………………………………………………

Faire parvenir un résumé de la communication, de 10 à 20 lignes maximum, si possible en français, en anglais et en portugais.

NB. Ceux qui souhaitent faire plusieurs communications rempliront autant de fiches.

Les inscriptions sont libres et gratuites. A remplir et à retourner à : mariaida02@hotmail.com/gassamamakhily@yahoo.fr Date limite d’envoi des fiches : 1er février 2010

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29 décembre 2009

Afrique : 50 ans de catastrophe : quelles en sont les raisons?

Pour les 50 ans d'indépendances de l'Afrique en 2010, je vais avec vous s"interroger sur le bilan de ces années. Cette interrogation partira de plusieurs points.

Ici je vous donne à lire ma réaction suite à l'article du "professeur" Téophile Obenga " ce dernier dans une posture d'intellectuel lancerait un appel à l'Afrique. Pour ma part je suis convaincu que cette posture intellectuelle est à la source de la grande et majeure partie du problème de l'Afrique.

Théophile Obenga dans une sorte de rhétorique propre aux Africains appel à un sursaut quand dans le même temps il apporte sa caution à un des meilleurs fossoyeurs de l'Afrique, ce genre de personnages propres au continent qui sont prêts à tuer des milliers d'Africains pour rester au pouvoir, ce genre de personnage qui malgré l'évidente médicocrité de leur action se croient incontournables et surtout detenir la science infuse.

Première question : Si les intellectuels africains étaient finalement médiocres?

Le problème en Afrique depuis longtemps est celui des idées pour la construction d’un imaginaire collectif. Nous Africains, en particulier ceux qui prétendent (en vérité mentent) diriger ont su utiliser des idées totalement fausses pour bâtir une nouvelle réalité sociale et/politique pas tout à fait débarrassée de tout esclavagisme (en fait faire semblant). Ces derniers avec le concours des alphabétisés au français auraient la prétention de nous libérer.

Ce qui est faux, la réalité sociale est toute autre et semblerait infirmer à suffisance leur vérité. Tout comme le dit bien Edgar Morin[1] « le drame est que les idées fausses sont en même temps des idées réelles, qui disposent de la réalité idéologique, laquelle est en même temps une réalité sociologique. Nous devons donc savoir qu’une idéologie même aberrante constitue une dimension de la réalité dès lors qu’elle est tenue pour vraie par une collectivité humaine, et surtout lorsqu’elle devient l’idéologie d’un Etat. Disposant dès lors de la loi, de la police et de l’armée, l’idéologie devient une force réelle capable de contraindre le réel, voire de le mettre en esclavage.

Nous sommes aujourd’hui en un temps hagard où l’on sait que quelque chose est malade dans la relation entre l’idéologie et le réel. Est-ce l’idéologie? Est-ce le réel? Mais quelle entreprise énorme de repenser l’idéologie...! Ne suffit-il pas de la troquer contre une autre, une ancienne, apparemment plus résistante, contenant éventuellement le Bon Dieu comme consolation? Ou bien sombrer dans cette idéologie sommaire, cette version dégradée du nihilisme, qu’est le je-m’enfichisme? »

Pour éviter à devoir prendre leurs responsabilités historiques, et sociales, ils s’en foutent, et dans une sorte d’hyper médiocrité béate,  ces « instruits » et/ou « alphabétisés au français » vont installer des comportements de nature suivante : tels que l’idéologie du désespoir ou culte de la fatalité,  l’absence de toute production et véritable critique intellectuelles; L’absence de toute éthique de la vérité et de la morale; tout comme l’installation des stratégies de justification de l’incompétence ; la mise en place des stratégies d’accaparement de toutes les sources de richesses et de pouvoir; l'établissement des stratégies de structuration des schémas d’allégeance pour le contrôle total et totalitaire des populations;

Ce qu’il faut aussi souligner que cette liste des comportements prouvant l’hyper médiocrité de ces derniers est longue, pour l’instant limitons-nous à ces sept.

Je vais, dans le chapitre qui suit, de manière brève par le biais de deux ou trois illustrations, expliquer comment les éléments de comportement évoqués ci-dessus concourent à l’hyper médiocrité, et  comment ils se manifestent dans la vie sociale.


  • Les pratiques et discours des instruits et/ou alphabétisés au français

Je vais dans ce chapitre montrer à partir des pratiques et discours comment les instruits et les alphabétisés au français détruisent la vie au sein des sociétés congolaises. Résultat fort logique de leur hyper médiocrité intellectuelle et morale 

L’action de ces derniers concourt aussi à la destruction de tout imaginaire créatif appelant à un futur humanisé et non violent. Ils empêchent par tous les moyens l’envol de l’humain au Congo.

· 1/ Idéologie du désespoir

L’idéologie  dominante en Afrique est celle du désespoir qui est subtilement maquillée par les fausses idées du développement. Au fond d’eux en leur plus profondes âme et conviction, les membres du personnel politique africain sont convaincus que l’Afrique quoi qu’elle fasse est appelée à disparaître cela au regard des faits de l’actualité de la vie sociale qui est dominée par la violence, les destructions, la volonté de séparation et la xénophobie d’une part et au regard des statistiques, édictées par des normes idéologiques des anciennes puissances coloniales et du libéralisme actuel autre part.

C’est pour cette raison que l’on doit savoir que tout acte des personnels politiques africains se fait dans l’objectif de ne pas se marginaliser par rapport au système mondial notamment occidental. Ils agissent avec toute leur énergie du désespoir pour rester dans le système dit universel et celui du soi-disant  droit international, qui est en fait celui du plus fort entendez l’occident avec son économie dite libérale.

Les chiffres des indicateurs sensés déterminer le degré d’intégration ne vont pas dans le sens de leur souhait.

Ainsi dans une sorte de schizophrénie collective leurs actes se situent dans l’objectif de quitter le « bateau Afrique » afin de regagner au plus vite le « bateau Occident », quitte à occuper la dernière place et à dormir dans la cale avec les objets et animaux récupérés avant le déluge. Pour eux vivre en Afrique, est véritablement une psychose traumatique.

Cet état de fait est entériné par les instruits aux langues occidentales ( anglais, français, espagnol, italien, russe, voire allemand…) qui à cause de la maîtrise de ces langues se prennent pour les fameuses élites africaines théorisant avec brio sur l’idéologie du désespoir.

Qu’est-ce qu’une « idéologie de désespoir ?

C’est cette idéologie qui s’apparente au « culte de la fatalité qui entraîne (à son tour) la docilité » et la servitude volontaire[2].

Ce sont ces idées et théories qui « infantilisent ceux qui pourraient les entendre, leur retient ce qui leur revient : La part de leur destin qu’ils peuvent maîtriser[3] ».  En un mot cela veut dire que la plupart des thèses développées par les instruits et les alphabétisés aux langues occidentales recourent toues à la fatalité de la situation de l’Afrique.

C’est la thèse du bouc émissaire ce n'est jamais leur faute, toujours c’est celle de l’autre, de l’autre ethnie, de l’étranger, du blanc, de l’Occident[4] et du « retard de développement de l’Afrique », à pas la chance…

On se dégage de toute responsabilité morale et surtout de tout effort de réflexion et de tolérance, en créant l’idée du désespoir.

Ceux qui sont restés au pays parlent des « réalités du pays » une façon de dire à ceux de l’extérieur qu’ils n’ont rien compris que les choses sont normales. C’est l’Afrique et elle ne peut ressembler à l’Occident.

La loi qui est : « marche où crève » devient la norme, il faut survivre, les stratégies sont celles de la soumission ou de la fuite en avant. Certains conseillent même qu’il faut aboyer avec les loups surtout pas ne pas se mêler avec les populations qui souffrent. Il faut être à tout prix du côté des usurpateurs de pouvoir et avec les prédateurs.

Cette attitude est justifiée par une autocensure intellectuelle, l’absence de toute indignation, la soumission au diktat de l’argent et l’apologie de la violence. Tout cela se traduisant par une  médiocrité de la part de ceux qui ont appris et qui prétendent être des intellectuels et/ou faire partie de l’élite, jamais égalée nulle part ailleurs dans le monde.

Pour exemple on constate partout en Afrique des hommes de droit (supposés être des éminances grises) se mettrent à défendre des constitutions totalement liberticides et contraire au progrès du continent.

C’est comme le cas de cet avocat congolais défendant la constitution du 20 janvier 2002 dans les colonnes du magazine Africa[5]   qui soutient que la constitution « est une question d’exigence » tandis que la lecture honnête montre à priori que tous les pouvoirs sont concentrés aux mains d’une seule personne.  Nous nous trouvons en face d’une « patronarchie[6] » A l’heure où les autres pays du monde aspirent à la démocratie et à la République, il se trouve des instruits et alphabétisés pour soutenir que cette constitution est conforme aux traditions congolaises, et que plus jamais il y aurait la guerre des chefs. Depuis quarante ans le Congo avec un premier et un président n’a jamais été confronté à un conflit au sommet de son « Etat » et sans réfléchir à ce que c’est une république, ils acceptent d’accorder à un seul homme des pouvoirs exorbitants sans réelles contreparties : celle de rendre compte au peuple souverain et l’éventualité d’être révoqué. C’est bien d’une patronarchie qu’il s’agit au Congo, que l’on ne s’y trompe pas.  Or les fondements de la démocratie et de la République c’est  la limitation du pouvoir et la liberté les deux ensembles doivent produire les deux effets suivants :

Ø      Gouverner 

Ø      Et  être Gouverné

En effet « la limitation du pouvoir est l’essence  de la démocratie. (Et) Les différentes démocraties se distinguent par les moyens qu’elles mettent en œuvre pour y parvenir[7] » La lecture complète de la constitution actuelle du Congo ne garantit aucune limite au pouvoir patronarchique du président de la société Congo-Total.

L’architecture de l’état qui en sortirait de son application se résume à cette difficile phrase à admettre : l’état c’est le président. Une sorte de royauté[8] dans une république en plein troisième millénaire.  Dans une sorte de fatalité, les instruits et alphabétisés au français congolais ont accepté cette constitution, car étant les seuls à la lire.

Même ceux qui ont la connaissance du droit ne prennent pas le courage de critiquer cette constitution et de proposer une alternative à cette régression.

Aucune production intellectuelle dans ce sens en dehors de quelques rares interventions[9] qui la contestent.

La vérité serait que ces derniers proposent au Congolais de transformer cette république en royaume ou entreprise privée, et les choses seraient plus claires, ainsi on épargnerait aux Congolais les mascarades et simulacres d’élections et autres impostures de démocratie voire de république. Avec le statut de sujet du roi du Congo, les fameux intellectuels pourront invoquer l’excuse selon que c’est le roi qui empêche le développement de la science et des connaissances.

Cette autocensure de la part de ceux qui ont la connaissance résulterait en partie à l‘efficacité de l’implacable fonctionnement de l’état policier qui existe au Congo. Et que cela pouvait se comprendre pour ceux qui sont à l’intérieur des limites du pays, par contre pour ceux qui sont à l’extérieur habitant de surcroît des pays dits démocratiques, on admet mal leur autocensure, qui d’ailleurs ne s’explique pas ainsi que leur attitude passive. La majorité ayant depuis longtemps cloué au pilori de la disparition, leur terre natale « il n’y a rien à faire là-bas, laissons le pays aux blancs » ou encore « le Congo ? il ne faut plus y penser c’est foutu ! » se disent-ils pour justifier leur désespoir ; C’est pour cette raison que je peux affirmer ceci : les conséquences que la présence d’un état policier  peut exercer sur le travail des fameux « intellectuels » peuvent être minorées et ne sont que le résultat de la démission de ces derniers face à l’histoire :

rendre compte un jour de ce qu’ils savaient. 

Le véritable rôle du vrai intellectuel c’est de faire don de sa personne, c’est en cela que l’on reconnaît un vrai intellectuel. Emile Zola avec l’affaire Dreyfus avait osé affronté le pouvoir politique et une partie de la société française raciste. C’est aussi le cas Sakharov et Soljenitsyne dans l’ancienne URSS Ken Saro Wiwa au Nigeria en luttant contre les compagnies pétrolières qui a perdu la vie au nom de ses idées.

Tous ces intellectuels n’ont fait pas l’économie de ce qu’ils savaient. Ils n’ont fait qu’obéir à la vérité de leur condition  c’est-à-dire transmettre ce qu’ils savent (ku zaba mambu na butsiélika). Effectivement c’est en des temps de crise que les intellectuels doivent se manifester, se distinguer, sortir du lot des communs des mortels, doivent s’obliger à produire des idées de génie (dans le vrai sens du terme) pour dénouer la crise.

Un autre exemple de l’idéologie du désespoir que je peux citer c’est cette adhésion massive des instruits et des alphabétisés au français au culte de la fatalité par leur discours infériorisant l’Afrique. ON peut lire plusieurs exemples dans la littérature congolaise. Je ne vais pas les étaler tous. Néanmoins on peut citer les livres[10] des certains protagonistes de l’incivile guerre de 1997.

C’est aussi le cas du livre de Jean.-Pierre Makouta Mboukou « destruction du Congo Brazzaville[11] » où dans sa lettre à Lionel Jospin premier ministre français de 1997-2002, je vois la lettre d’un colonisé à son colon, les réminiscences de l’époque coloniale y sont étalées de façon maladroite et inspire de la pitié. C’est toujours le culte de la fatalité et du complexe d’infériorité vis-à-vis du Blanc.

Ainsi ce dernier sans le moindre  orgueil, fait appel en la France pour résoudre des problèmes du Congo et avec une naïveté incroyable, pensant que le Premier ministre français va agir dans l’intérêt des Congolais en se mettant contre ceux d’Elf et de la France pour des « ya bon banania » je ne pense pas.

Ainsi pour dégager sa responsabilité historique, il procède par une accusation systématique de l’Occident (France et Elf) dans les causes des maux qui accablent le Congo. Et pour aboutir d’une façon honteuse à la conclusion malheureuse que rien ne peut se faire sans l’intervention de l’Occident (ici la France), soi-disant au nom de la mémoire en évoquant de façon naïve « Brazzaville capitale de la France libre ». Vraiment entre-nous : Qu’est-ce que les Français ont à « foutre » de Brazzaville capitale de l France-libre ? , sinon entretenir le buste du général de Gaulle, pour renforcer de plus en plus l’image mythique et supérieure du « Blanc » par rapport au « Noir » et détruire le Congo profond. Il n’est pas le seul à croire en cela.

Quand les fameux « intellectuels » congolais pour prouver qu’ils sont français  et attachés à la France s’empressent de réhabiliter les noms de différents assassins de leurs ancêtres, il s’agit notamment de de Brazza, Victor Augagneur, Dolisie, Marchand, Baratier, Chaminade, etc…) et de construire des mausolées à la gloire du colonisateur venu les spolier, on ne peut que penser que dans ce pays les fameuses élites ont énormément failli à leur mission de transmission de savoir, car ailleurs en d’autres continents, on a vu des dictateurs intelligents et dignes.

Dans le cas du Congo, malheureusement les cas de faillite intellectuelle se constatent en quantité énorme et inquiétante, c’est ainsi que l’on avait eu au mois de novembre 2003, Maître Ambroise Hervé Malonga ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Brazzaville, devant l’impasse politique où se trouve le Congo, simplement demandér[12] l’aide de la France pour obliger monsieur Sassou à s’asseoir à la table de discussion, si au moins ce dernier connaissait les intérêts majeurs de la France à ce que la situation congolaise  ne change pas. Et cette attitude s’est reproduite en juin 2009, où l’opposition congolaise avait sollicité le président français Sarkosy pour obtenir de Sassou une table ronde de négocaition. Dans tous les cas à entendre ces fameux opposants, Sarkosy leur conseilla d’aller aux élections, ce qu’ils firent sans broncher.

Pour Maître Malonga, comme pour la plupart de ces instruits congolais, toutes recherches de solutions se résume à obtenir l’aval et le soutien de l’Occident.

Ce sont les aides de la coopération, du Fonds Monétaire International (FMI), Banque Mondiale et autres instruments de la politique de domination occidentale. Une recherche interne et courageuse tant des causes que des solutions est toujours abandonnée, car se révèle être une tâche ardue, qui serait à mon avis hors de leurs fameuses compétences et engagements personnels.  Ce qui pourrait se traduire par cette profession de foi « ngé vé muntu ké tunga Congo, bika mambu ya ngé, kudia kaka. Bika makélélé mwana[13] ».

Et donc on peut aisément noter que la première caractéristique de l’idéologie du désespoir est bien l’absence de toute production intellectuelle et action totalement endogène qui soient efficientes.

2/ Absence de toute production et véritable critique intellectuelles;

Selon Paul Nda, l’intellectuel c’est celui qui se définit aussi par rapport sa production, à la différence de l’ouvrier manuel ou du paysan. Et je peux ajouter à cette définition, que l’intellectuel se définira réellement par la qualité de sa production, en effet il est temps de faire la distinction entre « tête pleine » c’est-à-dire les instruits et « tête bien faite » les véritables intellectuels. C’est à ce niveau supérieur que doit s’établir la ligne de partage.

En ce qui concerne la communauté congolaise, j’avais déjà commencé à souligner cet élément important à propos du manque de critique concernant par exemple l’actuelle constitution « royale » congolaise.

Une des remarques qui pourra faire, que l’instruit ou l’alphabétisé au français congolais ne pourra se prévaloir du noble  titre d’intellectuel que s’il existe à la manière sartrienne[14] il ne peut rester sourd et muet à propos de tout ce qui se passe dans son pays. Il y a beaucoup de domaines où il peut apporter sa lumière. Mais qu’est-ce que l’on constate et qui passe inaperçu, c’est que depuis 1997, comme par enchantement, l’engouement à la démocratie, à la liberté et à l’essai qui a animé les instruits congolais de 1990 à 1997 s’est brusquement éteint.

La production d’essais et d’idées pour la société est en net recul, ainsi que le désir de démocratie. Aucun des livres sortant n’a la même capacité d’engagement observé contre le pouvoir de monsieur Pascal  Lissouba.

Cet état de chose faisant croire qu’ils sont d’accord avec la médiocrité actuelle. Où sont ces fameux intellectuels qui avaient écrit le Congo de Lissouba[15] pour certains, la démoncrature[16]  pour d’autres par exemple ? Ou sont-ils ?

Actuellement au Congo, ce qu’ils reprochaient à Pascal Lissouba c’est-à-dire le manque de démocratie, le manque de liberté, l’absence de tolérance, la volonté de non-transparence, l’absence de radios et télévisions libres ( actuellement seuls les proches du pouvoir, ont droit à la télévision et radio), absence d’économie (les efforts du gouvernement sont mis pour obtenir les prêts suicidaires du Fonds monétaire international), le clanisme, le népotisme (le président nomme tout le monde), la gabégie financière, l’oligarchie (toutes les privatisations d’entreprises nationales sont faites au profit du clan du pouvoir[17]), et enfin la patronarchie ; tout cela se trouve amplifié de façon exponentielle et inquiétante pour la survie des Congolais par les tenants actuels du pouvoir. On constate à la lecture des journaux et l’étalage arrogant de l’opulence à coté de 70% des congolais vivant dans la pauvreté,  que les agissements de Pascal Lissouba face à ceux du pouvoir actuel n’étaient que pures enfantillages. Et là point de pamphlet, rien un désert total. Où sont-ils alors  les fameux intellectuels congolais? Sûrement qu’ils ont peur de la mort me dira-t-on.

Et pourtant l’heure commande à l’indignation et à l’implication de ceux qui ont la connaissance. Ces instruits qui se sont prétendus intellectuels sont–ils gagnés par la fatalité ? Une réponse négative me ferait beaucoup peur. Sont-ils partisans de l’hyper médiocrité actuelle ? Ce qui semble plus plausible et inquiétant. A moins que ce silence permette par décantation de démasquer le faux du vrai.

Or le vrai intellectuel de par sa production est  « dépositaire d’une responsabilité supérieure. L’intellectuel se sent responsable en fonction d’un savoir, d’une croyance, d’une doctrine, non à cause d’une compétence, mais en fonction d’une volonté[18]. »

Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas eu un seul livre ou réflexion depuis lors. Evidemment qu’il y en a eu, mais je leur reproche leur manque de qualité objective et honnête. Leur seul mérite c’est d’exister, pour le reste c’est discutable. Qu’ils transforment cette capacité en forces positives pour le progrès, là ils auront répondu à la vraie définition de l’intellectuel, qu’ils cessent d’écrire comme ils le font actuellement. Ou bien ils ménagent leurs intérêts pour faire allégeance plus tard. Dans tous les cas ils devront parler. D’ailleurs un maxime religieux congolais dit : « tout se paye ici bas » et le Congo est en train de payer quarante années de démission, de concussion et d’hyper médiocrité des ses « intellectuels » qui avaient, depuis longtemps choisi l’Avoir à la place de l’Être et du savoir.

Pour exemple à propos du manque véritable critique, on peut encore évoquer le livre de Jean-Pierre Makouta-Mboukou « destruction de Brazzaville » Dans sa critique du pouvoir de l’époque de monsieur Lissouba, par exemple Jean-Pierre Makouta-Mboukou a du mal à cacher sa xénophobie (une autre tare des instruits congolais) pour cela il n’hésite pas à travestir la vérité « ….. ». Il lui est incapable de relever sa propre part de vérité et de responsabilité. Je soulignerais à cet effet qu’il était le premier vice-président du sénat, et que son parti le MCDDI a fait parti du gouvernement à partir de 1994 jusqu’en 1997 après avoir prôné l’utilisation de la violence comme acte politique de 1992-1993, allié de Sassou Nguesso. 

La critique de ce dernier se résume à des invectives contre les sieurs Sassou-Nguesso et/ou Lissouba. Au lieu d’analyser et de poser de vrais questionnements sur les racines profondes du mal congolais en relevant au mieux sa part de responsabilité, il préfère s’acharner sur des points inutiles.

A mon avis il manquerait à la vraie définition : car « l’intellectuel prend parti mais refuse d’être d’aucun parti, ils se sentent politiques hors du politique. Ils se veulent de parti, mais non d’un parti[19] »

Dans ce même ordre d’idée on peut citer le livre de Théophile Obenga « histoire sanglante du Congo-Brazzaville[20] » ou l’apologie de la fatalité, de l’ethnie et de la non responsabilité magnifiée.

Théophile Obenga a été ministre du gouvernement de Pascal Lissouba, par une gymnastique intellectuelle et conurbation des mots, il s’est concentré à dégager sa responsabilité[21] . La critique intellectuelle prenant moins de place, si bien que le rappel des faits historiques se trouve biaisé et réduit à l’évocation des faits divers de quelques célébrités people (du sport de la musique) tous originaires d’une partie spécifique du Congo, n’ayant pas eu la ferme volonté des les analyser et de les situer dans leur contexte historique. Une démarche très grave pour un historien de sa qualité c’est l’évocation teintée d’un complexe d’infériorité du souvenir du père blanc de son enfance.

Ainsi en parlant de lui-même, il lui arrive de regretter l’époque coloniale, ce qui est un blasphème pour une « autorité intellectuelle » de sa part du fait de sa filiation avec Cheick Anta Diop, et les autres égyptologues africains qui respectent ses travaux. Alors pourquoi ce manque d’honnêteté morale quand il s’agit du Congo ?  Tout simplement parce qu’il s’inscrit dans les stratégies d’allégeances impliquant ipso facto le mensonge comme vérité et postulat de base.

Christophe Moukouéké[22] ancien secrétaire général de l’UPADS, dans un de ses livres n’a pas dérogé à cette attitude.   Il s’est archarné à dégager sa responsabilité de premier responsable du parti au pouvoir. Selon lui seul le président Lissouba a l’entière responsabilité de la catastrophe, lui et les autres évidemment ils n’y sont pour rien.

   Or « l’action de l’intellectuel tend à la démystification, il s’agit d’évaluer et de mettre en évidence les décalages qui peuvent exister entre les valeurs décisives reconnues par la société et l’ordre dominant et leurs réalisations juridiques, administratives, sociales. Il s’agit de développer par la parole et l’écrit une critique de la réalité existante et cela au nom de la liberté[23] ». 

[1]Op. Cit

[2] De la Boetie « Discours sur les causes de la servitude vonlontaire » Falammarion 199 édition de poche Paris

[3] L’événement n° 762 du 10 au 16 juin 1999 pages

[4] Stephen Smith  « negrologie » Pourquoi l’Afrique se meurt? » Calmann Levy  Paris 2003

[5] Africa international n°348 novembre 2001.

[6] Marc Chevrier penser la res publica cet impensé  in revue agora www.agora.qc.ca juin 2003.

[7] Arlette Heymann-Doat in « les régimes politiques » éditions la découverte Paris 1998.

[8] C’est le roi (président) qui nomme tout le monde, le maire de la capitale est le gendre du roi, les sociétés appartiennent au clan royal.

[9] voir à la fnac livre  et références biblio………

[10] Pascal Lissouba « Des fruits de la passion à partager » edition Odilon paris 1997 et Denis Sassou-Nguesso « le manguier, la souris et………….Paris 1997

[11] Jean-Pierre Makouta-Mboukou «  Harmattan Paris 1998

[12] appel lancé  sur la Pana, rapporté par le journal en ligne www.mwinda.org

[13] ce qui traduit en français dit ceci : ce n’est pas toi qui va construire le Congo, laissons tomber cette affaire mange seulement, arrêtes d’en faire du bruit fils

[14] Sartre « les mains sales ».. 

op. cit

[15] Babou Zalé Harmattan Paris 1995

[16] De la démocratie à la démoncrature Gaspard Nsafou  Harmattan Paris 1995,

[17] mwinda et l’observateur du 15 aout 2003

[18] in les intellectuels émission du 27 mars 2000, site radio Canada et www.agora.qc.ca juin 2003.

[19] Idem note 55

[20] Théophile Obenga  Présence Africaine….1998, a depuis 2009 fait l’apologie de Sassou en deenant un de ses conseillers

[21] Or le propre d’un ministre c’est d’être solidaire, avec l’équipe gouvernementale, sinon on démissionne 

[22] Christophe Moukouéké « ……………….. » depuis lors a rejoint le Congo et travaillerait avec Sassou

[23] idem note 55 et 56


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13 décembre 2009

Pour les 50 ans des indépendances africaines en 2010 ? Que dire?

Pour les 50 ans des indépendances (accordées par la France) en 2010, la France a mis en place un comité de célébration de celles-ci.A ce propos je vous propose un dialogue des commentaires avec mon cher ami Saint Ralph (je vous conseille son blog il est très bien). Pour alimenter le debat je vous demande de réagir à cette attitude de la France.

Merci Ralph, tu sais que je suis toujours ravi de te lire et toutes ces reflexions sur ton blog quel régal je t'assure, continue.
Au fait Saint Ralph qu'est-ce que tu penses de cette méprisante initiative de la France de célébrer les 50 ans d'indépendance des pays africains en France.

C'est comme si un homme qui maltraitait sa femme décidait de celebrer le divorce chez lui ou encore l'Angleterre décidait de celebrer l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique.

Posté par Mouélé Kibaya, 03 décembre 2009 à 20:22

Tu m'apprends une bien bonne !

J'avoue que je n'étais pas très attentif à l'actualité ces derniers jours et cette nouvelle m'a échappé. En tout cas, ta petite réflexion m'a bien fait rire. Pas mal du tout !

Posté par St-Ralph, 12 décembre 2009 à 22:55

Quelle idée ! Pourquoi la France fêterait-elle les 50 ans d'indépendance des pays africains ?

Est-ce pour pleurer le beau temps des colonies ? Mis à part le fait de rappeler sa gloire passée, je ne vois pas ce que la France peut tirer d'une telle célébration.

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26 novembre 2009

Françafrique : Eva Joly, "la force qui nous manque"

Extrait de "La force qui nous manque" de Eva JOLY aux Editions des Arènes

Eva JOLY est conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment en Norvège. Ses deux livres précédents, "Notre affaire à tous" et "Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?", chez le même éditeur, ont été vendus à plus de 450 000 exemplaires en France et à l’étranger.


Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d‘une compétence absolue. J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.

Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’Elysée.

Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’Omar BONGO : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le gouvernement d’autre part. 

J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol.

Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.

Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement.

Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.

Roland DUMAS "l’ami intime" de BONGO

Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris. 

Il était alors le plus jeune chef d’Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar BONGO fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l’hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent.. Chacun se presse à ces audiences. Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de "consultant" signé par Omar BONGO et largement rémunéré. De Roland DUMAS, le président Gabonais dit qu’il est "ami intime".

Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas SARKOZY, venu "prendre conseil" en tant que candidat à l’élection présidentielle. Lorsque au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et  des médias.

A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du Pnud (Programme des nations unies pour le développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières. En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…

Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela.

Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l’Etat, conçu par Pierre GUILLAUMAT un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d’Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir.

Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola, en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient…

Les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai appris en marchant. A l’arrivée, le tableau est effrayant.

L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé.

Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant. Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde.

-        Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ?

-        Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ?

-        Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts à s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ?

L’indépendance en Afrique : une mascarade

Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. 

L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest. L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le "gendarme" qui défendait la moitié du continent contre le communisme.

Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine. Elf était l’une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que "là-bas, c’est différent".

ü  Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires.

ü  Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles.

ü  Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles. D’ailleurs "tout le monde fait pareil".

Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.

J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien.

Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés suisses.

La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes…

A l’image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques FOCCART, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire.

Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François MITTERAND, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection…Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés. Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts. 

A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance. Mais les peuples sont comme les familles.

On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations.. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.

La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.

Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : "indigène musulman", "sujet africain non naturalisé", "Jfom" (Jeune français originaire du Magrheb), "jeune issu de l’immigration", "fils de harkis", "jeune des quartiers", "Arabo-musulman", "Français d’origine arabe", "Français musulman"…

La France de 1789, incompatible avec la françafrique

Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage.

Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo Brazzaville ce que la France leur doit ? 

Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l’uranium du Niger ou ceux des mines d’or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ?

La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. Je rêve, pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif.

Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible…

Nous Sommes le Congo !
C
essons d'
Avoir Peur !
P
our un
Etat de Droit au Congo !


Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !



Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"

La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français. 

Posté par Kibaya à 12:06 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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