09 décembre 2011

Congo : sauver les élections

A propos des élecions au Congo, Lu pour vous sur le site International Crisis Group

http://www.crisisgroup.org/fr/publication-type/communiques/2011/africa/dr-congo-saving-the-elections.aspx

Congo : sauver les élections

Kinshasa/Nairobi/Bruxelles   |   8 déc. 2011

Une semaine après les élections présidentielles et législatives, la République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une crise politique qui pourrait replonger le pays dans la violence. Les résultats provisoires, attendus aujourd’hui, risquent de déclencher des manifestations de l’opposition, qui peuvent susciter à leur tour une répression sévère des forces de sécurité congolaises et enclencher une spirale de violence. Afin d’éviter ce scénario, les autorités congolaises doivent adopter des mesures urgentes pour qu’un résultat relativement représentatif émerge d’un processus électoral défectueux. Les Nations unies, l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) doivent travailler ensemble pour proposer une médiation entre les dirigeants congolais afin de trouver une issue à la crise.

La semaine dernière, des dizaines de millions de Congolais ont voté lors des secondes élections depuis la fin de la sanglante guerre civile. Le scrutin constitue l’aboutissement d’une année de préparation tendue, caractérisée par un déséquilibre politique favorable au président en exercice Joseph Kabila. Des modifications constitutionnelles ont mis fin à l’élection présidentielle à deux tours, ce qui a éparpillé le vote de l’opposition incapable de s’unir derrière un candidat unique. Des fidèles du pouvoir ont été nommés à la commission électorale et à la Cour suprême, en charge du contentieux électoral. Malgré des disparités dans l’enrôlement des électeurs, les partis de l’opposition et les observateurs n’ont pas pu examiner la liste électorale. Les médias contrôlés par l’Etat ont battu le rappel pour le président. Néanmoins, Joseph Kabila, largement moins populaire que lors de sa victoire en 2006, a fait face à une rude compétition, notamment de la part du vétéran de l’opposition Etienne Tshisekedi. Avec la présence d’un autre candidat, Vital Kamerhe, menaçant de rafler les voix de Kabila aux Kivus – voix qui ont été cruciales pour sa victoire il y a cinq ans – la réélection du président sortant est loin d’être assurée.

Le scrutin a été marqué par une gestion chaotique, des violences localisées et des fraudes ont été signalées – intimidation des électeurs, bourrages d’urnes, etc. Prévu pour le 28 novembre, le vote a été prolongé de deux jours parce que le matériel nécessaire est arrivé en retard et la confusion régnait dans les listes électorales. Les observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne et du Centre Carter, ont signalé des irrégularités très répandues – mais puisque peu d’entre eux se sont aventurés en dehors des villes principales, ils ont probablement manqué les abus les plus grossiers.

Le décompte a été aussi chaotique que le vote, et dangereusement opaque. Les critères pour invalider les bulletins de vote ne sont pas clairs, et Kinshasa – un fief de l’opposition – semble être particulièrement concerné. Le refus de la commission électorale de publier les résultats par bureaux de vote, ce qui permettrait aux partis d’opposition et aux observateurs de les vérifier dans le détail, est particulièrement révélateur. Les irrégularités du jour du scrutin sont un sérieux problème ;l’impression que les résultats sont falsifiés à huis clos serait un désastre.

L’infortune électorale du Congo reflète une absence de progrès au niveau démocratique et institutionnel depuis 2006. Mais elle résulte également du faible engagement africain et international. Malgré des violations des droits de l’homme lors de la campagne, rapportées par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, la mission de l’ONU, la Monusco, s’est montrée peu disposée à critiquer ouvertement le gouvernement et les autorités électorales. Elle s’est aussi apparemment abstenue de proposer les bons offices prévus dans son mandat du Conseil de sécurité ; un rôle pourtant crucial compte tenu de la méfiance de l’opposition à l’égard des institutions congolaises. Les bailleurs de fonds également – particulièrement l’UE et le Royaume-Uni, qui ont en partie financé le scrutin, et les Etats-Unis – ont largement échoué à empêcher le renforcement du pouvoir de Kabila.

Une lourde atmosphère pèse désormais sur Kinshasa. A la veille des élections, la répression des forces de sécurité contre des manifestants de l’opposition a entrainé, selon Human Rights Watch, dix-huit morts et plus d’une centaine de blessés. Pendant le scrutin, les autorités se sont heurtées aux militants de l’opposition dans les provinces du Kasaï et du Katanga, alors que des violences sporadiques ont été signalées dans d’autres régions, caractérisées notamment par la destruction du matériel électoral et des électeurs empêchés de se rendre aux urnes. L’arrivée des renforts de la garde présidentielle dans les camps militaires aux abords de la capitale et le renvoi de certains officiers n’augurent rien de bon. Les deux camps peuvent facilement mobiliser des milices et des groupes de jeunes armés.

Durant le weekend, des milliers de Congolais auraient traversé le fleuve pour se rendre au Congo-Brazzaville voisin, redoutant la violence. Des rumeurs de distribution de machettes, une mobilisation des gangs et une lourde présence des forces de sécurité entretiennent une atmosphère de paranoïa dans la capitale. Les dirigeants de l’Eglise catholique au Congo, qui a déployé quelque 30 000 observateurs – plus que tout autre groupe – durant le scrutin, ne publient pas leurs conclusions, craignant qu’elles n’attisent les tensions. Durant le weekend, l’évêque Nicolas Djombo a décrit la situation comme étant « un train allant droit dans le mur ». Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), pendant ce temps, a déclaré qu’il suivait de près la situation en RDC.

Les résultats provisoires de la commission électorale, censés être publiés rapidement, vont sans doute placer Kabila en tête du scrutin. Mais compte tenu de la crédibilité entamée de cette institution et de l’ampleur des irrégularités, ces résultats ne risquent pas d’inspirer la confiance. L’opposition risque de les rejeter d’emblée. La Cour suprême doit résoudre les différends, mais puisqu’elle est également composée de proches du pouvoir, les perdants vont probablement chercher à exprimer leurs griefs dans la rue. Il est difficile d’anticiper l’ampleur de la violence : des affrontements risquent d’éclater à Kinshasa mais aussi dans d’autres régions, particulièrement dans les fiefs de l’opposition comme le Kasaï oriental, où le gouverneur a déjà déclaré l’état d’urgence, le Kasaï occidental, le Sud-Kivu, Lubumbashi, et l’Equateur. Des divisions au sein de l’armée ne doivent pas être exclues.

Une action internationale et régionale d’urgence est nécessaire pour sauver les élections et persuader les dirigeants congolais de s’abstenir de recourir à la violence. Ces deux tâches ne s’annoncent pas faciles. Les défaillances techniques considérables et les manipulations délibérées du scrutin réduisent la possibilité de connaitre les véritables résultats tandis que le contrôle des institutions par le régime réduit la possibilité pour les élites de résoudre pacifiquement les différends. Alors qu’une fébrilité croissante gagne Kinshasa, les deux candidats en tête semblent peu enclins à s’adresser la parole et encore moins à accepter la défaite. Cependant l’adoption des mesures suivantes présente un espoir de sortie de crise :

  • La commission électorale doit compter les bulletins de vote de manière transparente, dans le respect de la loi congolaise et en présence d’observateurs locaux et internationaux – et elle doit annoncer publiquement qu’elle va le faire. Elle doit publier les résultats de chaque bureau de vote, pour permettre une vérification indépendante, pour l’élection présidentielle comme pour les législatives qui sont désormais quasiment oubliées.
  • Les autorités doivent expliquer clairement comment les partis politiques et les observateurs ont la possibilité de contester les résultats de chaque bureau de vote. Les bureaux qui ont fourni des résultats douteux ou ceux où les observateurs ont signalé des irrégularités doivent faire l’objet d’enquêtes rigoureuses – encore une fois, en présence d’observateurs internationaux – avec des critères clairs à appliquer pour l’invalidation des bulletins. La possibilité de voter doit être offerte aux électeurs des régions où le scrutin n’a pas pu avoir lieu.
  • Tous les dirigeants congolais doivent éviter les discours haineux. Etant donné que les manifestations vont sans doute devenir violentes, les dirigeants de l’opposition ne doivent pas appeler à manifester après l’annonce des résultats.
  • Si des manifestations ont lieu, les forces de sécurité doivent s’abstenir de faire usage d’une force excessive – et des instructions claires doivent être émises par les chefs militaires et de la police et le président. Toute violence doit faire l’objet d’une enquête par des organisations de droits de l’homme congolaises et internationales, ainsi que, si cela est approprié, par la CPI.
  • L’ONU, l’UA et l’UE doivent envoyer immédiatement une médiation de haut niveau entre les parties. Un accord de partage du pouvoir n’est pas souhaitable ; en revanche, compte-tenu de la défiance à l’égard des institutions électorales. Les médiateurs doivent explorer des options pour un mécanisme alternatif de règlement du contentieux électoral ou pour une supervision indépendante des mécanismes existants – éventuellement sous les auspices de l’UA et avec un soutien international. Ils doivent également trouver un moyen d’éviter une crise constitutionnelle puisque le mandat de Kabila expire cette semaine.
  • Pendant ce temps, l’ONU, les bailleurs de fonds et les dirigeants régionaux doivent éviter les déclarations qui légitiment des résultats contestables et détruisent le peu de crédibilité qui leur reste au Congo. Ils ne peuvent pas accepter les défaillances électorales. Aucun dirigeant ne doit être félicité tant que tous les différends électoraux ne sont pas résolus.
  • L’ONU doit déployer des casques bleus supplémentaires dans les provinces de l’Ouest et à Kinshasa, sinon elle risque d’échouer à remplir son mandat de protection des civils. Un bain  de sang dans la capitale d’un pays hôte de la plus large opération de maintien de la paix des Nations unies est impensable.

Au-delà du danger immédiat que représentent le rejet des résultats et l’escalade de la violence, l’existence d’un président ayant un mandat illégitime pose une menace sérieuse pour la paix et la sécurité dans le pays. Seul un dirigeant dont les Congolais sont convaincus qu’il a été élu librement est à même de résoudre les multiples problèmes du pays. Les perdants exclus de la vie politique peuvent facilement prendre les armes, comme en République centrafricaine ou au Burundi voisins. La crise d’aujourd’hui n’aura pas surpris les observateurs du Congo, puisqu’elle résulte du désengagement discret mais réel des acteurs régionaux et internationaux ces dernières années. Ils doivent désormais s’engager à nouveau – et rapidement. 

 

Posté par Kibaya à 08:53 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
20 décembre 2010

Crise ivoirienne : opinions libres

Je vous mets en ligne ce que  je viens de lire chez mon ami Katata sur son blog Forum Réalisance, à propos de la crise ivoirienne cela pour essayer d'avoir beaucoup d'élements de jugement. Cette  crise ivoirienne, pour l'Afrique amène à beaucoup de réflexions,  surtout qu'en ce lundi 27 décembre 2010, sous la pression maladive de la France, l'ONU vient pour la première fois de son histoire demander à ses forces de riposter, donc de prendre partie dans un conflit.

Ainsi ces forces viennent de perdre leur neutralité légendaire. Cela rappelle l'épisode Lumumba en 1961, au Congo Kinshasa. 

A mon avis ce qui se passe actuellement en Cote-d'Ivoire est crucial et si on ne prête pas attention débouche sur deux nouvelles strates socio- historiques .

1/Si l'Occident réussit son coup, alors la démocratie en Afrique aura avancé, dans le sens où dans l'avenir les peuples africains surtout de l'espace francophone attendront de cette même communauté internationale qu'elle fasse la même chose pour les élections à venir au Congo Démocratique, au Cameroun pour 2011 en cas de fraude.

L'occident sans le savoir, se tire une balle dans les pieds, car elle est en totale contradiction à propos des élections passées au Burkina Faso, en Egypte, cette année avec des scores à l'ancienne URSS. Dans le cas du Gabon et du Congo on sait que les élections ont été truquées tout comme au Togo.

En 2008 le cas electoral ivoirien s'était produit au Kenya et a abouti au partage du pouvoir après l'envoi par l'ONU de son ancien secretaire général Koffi Anan comme médiateur. L'ONU n'avait pas pris parti pour aucun cas. Pourquoi elle n'agit pas de la même manière pour la Cote d'Ivoire?

Kibaki et Odinga après avoir fait tuer plus de 1500 civils innocents se partagent le pouvoir.

Dans ce cas-ci l'ONU (disons les Occidentaux) n'ont pas voté des résolutions pour dissuader toutes veilleités de guerre civile sur base d'appartenance ethno-régionale.

ET si on continue le raisonnement, pourquoi les casques bleus de l'ONU, au début de la guerre du Rwanda en 1994 avaient quitté le pays au lieu de voter une résolution de riposte. On a eu le génocide.

L'ONU à propos de la crise ivoirienne se fourvoie et s'engage dans une jurisprudence qui risque de la discréditer à jamais vis-à-vis des peuples africains. La France joue une très mauvaise diplomatie en se servant à mauvais escient de ce machin.

Pour ma part je crois que, même si on n'aime pas Gbagbo, on est forcé de constater que l'ingérence flagrante des Occidentaux (France, Union Européenne et USA) oblige Gbagbo à prendre la posture du martyr face au postulat racial de ses adversaires. 

C'est la deuxième strate socio-historique qui se joue,

En effet Gbagbo  a déjà gagné, et il peut se retirer avec les honneurs d'un combattant. Et laisser Ouattara dans l'embarras,  prendre un pouvoir que l'Occident lui aura donné. Lui qui attend que la communauté internationale l'installe  au pouvoir au lieu de la majorité des Ivoiriens.

Et d'autres opposants africains qui voudront le pouvoir à tout prix pourront s'inspirer de la stratégie Ouattara.

S'il arrivait que Gbagbo sorte vainqueur de cette confrontation, cela va faire tomber le mythe de la supériorité du blanc et faire tomber les masques. Les thèses Afro centristes et raciales se retrouveront renforcées à la sortie de ce conflit. L'Occident aurait mieux fait de traiter l'Afrique avec un autre regard, pas celui du quinzième siècle ou du dix neuvième siècle.

C'est à cause de ces idéologies, que Sarkosy se bat avec l’énergie du diable et la haine raciale du blanc qui se croit toujours supérieur aux autres peuples du monde, pour faire assouvir sa rage vis-à-vis de Gbagbo.

Dans cette épreuve la France coloniale et  vichyste est en train de livrer son dernier baroud d'honneur car elle a déjà perdu l'Afrique.  

L'avenir de ce continent leur échappe de plus en plus. C'est la panique à bord.

Donc pour conclure je vous laisse lire le texte.

Mouélé Kibaya décembre 2010


17 décembre 2010

Me Jacques Vergès fait une interview éclatante sur la crise ivoirienne au quotidien Burkinabé "Le Pays"

 

Dans une interview accordée au quotidien Burkinabé “Le Pays”, le célèbre avocat français Jacques Vergès prend position dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire et sur la justice internationale. En voici quelques extraits.

Le Pays : Quelle lecture faites-vous de la situation en Côte d’Ivoire ?

Jacques Vergès : mon avis, les Occidentaux ont poussé à faire des élections en Côte d’Ivoire. On fait des élections pour confirmer un consensus. Il n’y a pas de consensus en Côte d’Ivoire. Il vaut mieux attendre 12 ans que d’arriver à la situation actuelle. D’autre part, l’Occident appuie un candidat. Je pense que c’est une erreur. Ce candidat apparaît comme un candidat de l’étranger.

Le Pays : Pour vous, le candidat auquel vous faites allusion n’a pas gagné les élections?

J. V. : Je n’en sais rien. Même s’il a gagné… Je n’habite pas la Côte d’Ivoire, je ne connais pas exactement la Côte d’Ivoire. Je ne peux pas, comme les Occidentaux, rester à l’étranger et dire que c’est comme ci ou comme cela.

Le Pays : Quelle appréciation faites-vous de la justice internationale ?

J.V. : Je préfère parler plutôt d’injustice internationale. Vous savez, les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos ressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l’égard des Indiens d’Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques. Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d’opium. Au nom de l’esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique. Aujourd’hui, c’est au nom de la justice qu’ils interviennent. Quelle est cette justice ? J’ai travaillé pour le tribunal de la Yougoslavie et pour celui du Cambodge. Les magistrats appliquent des règles, mais eux n’ont pas de règles. Ils font leurs règles eux-mêmes. Au Burkina ou en France, un juge dit que telle personne est gardée à vue 30 jours. La loi dit que c’est le délai maximum. Mais le juge dit que je veux le garder plus longtemps. La loi est faite par le Parlement et non pas par le juge. Dans le cas de Milosevic (ndlr, il était un de ses clients) au tribunal pour la Yougoslavie, on a changé la loi 22 fois. Ils violent le principe de Montesquieu. C’est la première chose. Au Cambodge, le tribunal vient de décider de faire appel à des donateurs privés. Quand un homme riche vous donne de l’argent, ce n’est pas pour rien. Vous vous vendez. Quand vous acceptez l’argent de n’importe qui, vous faites n’importe quoi. Je prends l’exemple du tribunal pour le Liban. Il y a 4 ans, les commanditaires de ce tribunal ont dit qu’il faut mettre en cause les Syriens. On a arrêté 4 Généraux réputés pro-Syriens. Il n’y avait rien contre eux. Les commanditaires ont dit ensuite que les Syriens ne les intéressaient plus, mais cette fois c’est le Hezbollah. On a libéré les captifs et on a essayé de mettre en cause le Hezbollah. Un tribunal est responsable devant l’opinion. On a fait le procès de Milosevic sans un Serbe dans le tribunal. On fait un procès au Cambodge où le chef du gouvernement dit qu’il ne veut pas qu’on accuse d’autres personnes, autrement il y aura la guerre civile. Le procureur qui est Canadien dit qu’il a le droit d’avoir une opinion. Les magistrats de la Cour internationale sont atteints de ce qu’on appelle un daltonisme au noir. Le dalton ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu’il ne s’est rien passé à Gaza, pas parce qu’il ne s’est rien passé à la prison d’Abu Ghraïb. La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c’est aux Africains de les juger. Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent. Il y a le cas de Béchir au Soudan. Je pense que les pays africains ont raison de ne pas appliquer le mandat international. L’Afrique n’est plus sous tutelle. Les Américains accepteront-ils qu’un pays africain juge Georges Bush pour sa guerre d’agression contre l’Irak ?....à suivre

Remerciement à Jean Sopo pour la propagation

 

Forum Réalisance Sélection

 

Posté par Kibaya à 22:02 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
15 novembre 2010

La victoire annoncée du Pr. Alpha Condé: Le candidat de l'Alliance Arc-En-Ciel remporte le second tour de la présidentielle du 0

La victoire annoncée du Pr. Alpha Condé: Le candidat de l'Alliance Arc-En-Ciel remporte le second tour de la présidentielle du 07 novembre avec 52%



Il vient de loin. Très loin. Après cinquante ans d'opposition, de combat politique sans relâche, le Pr. Alpha Condé accède enfin à la magistrature suprême de son pays la Guinée en remportant le second tour de la présidentielle du 07 novembre avec 52% contre 48% pour son rival Cellou Dalein Diallo. 


Le leader du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) qui devient ainsi le premier Président de la troisième République de Guinée, n'a jamais, non pas pour avoir été sollicité, courtisé mais par principe étant homme de rigueur, attaché à la transparence, à la justice sociale, à la bonne gouvernance..., pris part à la gestion calamiteuse de la deuxième République dont l'un des principaux comptables s'appelle Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux de la présidentielle du 07 novembre.

Homme de rassemblement comme l'indique l'appellation de son parti le Rassemblement du Peuple Guinée (RPG), le Pr. Alpha Condé a montré son sens élevé pour l'unité nationale en mobilisant la plus importante et la plus large alliance politique de ces dernières décennies dans le pays. 

La troisième République qu'il s'apprête à présider et à conduire sera fondée sur la réconciliation, la consolidation de l'unité nationale, la préservation de la paix, le renforcement de la solidarité pour qu'ensemble les filles et fils de Guinée relèvent les défis réels (pauvreté, chômage, insécurité, impunité...) qui minent le pays. 

Le Président Alpha Condé n'est pas un revanchard. C'est un homme d'état. Il n'est pas un ethnocentriste, mais un nationaliste. Il n'est pas non plus un régionaliste, mais un rassembleur. L'alliance Arc-En-Ciel qui l'a soutenu au second tour renfermant les filles et fils des quatre régions naturelles de la Guinée en est une preuve éloquente. 

Martyr vivant de la politique guinéenne, comme Nelson Mandela, le Président Alpha Condé a subi pendant un demi siècle les affres, les torts, qu'aucun homme politique de son époque n'a vécu. Mais comme le père de l'Afrique du sud moderne, le nouveau Président de la troisième République de Guinée prône urbi orbi la paix, le pardon, la cohésion sociale, l'unité nationale... 

Connu pour son franc-parler, le Président Alpha Condé est un homme de rigueur qui attache du prix au travail bien accompli, au devoir citoyen, au developpement de la Guinée pour le bonheur, la prospérité, le rayonnement de laquelle il a tout sacrifié depuis des décennies. 

Cette nouvelle ère démocratique qui s'annonce pour la Guinée est porteuse d'espérances et de renouveau. 

GUINEE24 

Standard du site: 00224-65-39-78-56   

Posté par Kibaya à 19:30 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
07 novembre 2010

La Guinée élit son président sur fond de tensions ethniques

ÉLECTIONS

La Guinée élit son président sur fond de tensions ethniques

Source Reuters

Click here to find out more!

Après plusieurs décennies de régime autoritaire, les Guinéens se rendent aux urnes dimanche pour désigner leur président dans un second tour aux allures de duel potentiellement explosif entre Peuls et Malinkés, les deux principales communautés ethniques du pays. Il s'agit des premières élections libres depuis l'indépendance acquise face à la France, ancienne puissance coloniale, en 1958.

Si ce second tour, plusieurs fois différé, se déroule sans violence, il pourrait marquer un tournant dans la vie politique de ce pays d'Afrique de l'Ouest riche en ressources minières. Mais les observateurs se montrent prudents face à un tel scénario, estimant que des affrontements ethniques demeurent possibles si les résultats du scrutin sont contestés.

Les Nations unies ont appelé cette semaine les deux candidats en lice, l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, figure historique de l'opposition, à se garder d'"exploiter à des fins politiques l'ethnicité, la religion ou tout autre facteur de division". Dans un communiqué commun diffusé vendredi, la France et les États-Unis leur ont demandé de "placer les intérêts nationaux de la Guinée au-dessus de leurs considérations personnelles, ethniques ou politiques".

La campagne de ce second tour a été agitée, avec des heurts entre les deux camps politiques et des contestations sur les préparatifs électoraux qui ont entraîné un report des opérations de vote, alors que le premier tour a eu lieu le 27 juin et que le second tour aurait initialement dû se dérouler le 18 juillet.

Les observateurs internationaux espèrent que les responsables électoraux ont réussi à établir les bases pour un vote libre et juste limitant ainsi les risques de contestation pour fraudes de la part du perdant. "J'ai la conviction que tout ce qui pouvait être fait l'a été. La commission électorale a fait de son mieux, même si, bien sûr, rien n'est parfait", a déclaré Saïd Djinnit, chef du bureau des Nations unies en Afrique de l'Ouest, joint au téléphone.

Diallo favori face à Condé

Le vote de dimanche doit mettre fin à près de deux ans de régime militaire, après le coup d'État de décembre 2008 qui avait fait suite au décès du président Lassana Conté.

Les deux candidats en lice sont issus de deux ethnies différentes. Diallo, membre de l'ethnie peule qui représente 40 % de la population, est arrivé en tête du premier tour le 27 juin avec 43,69 % des suffrages. Il part favori face à Condé, un Malinké comme 35 % des Guinéens, qui n'a rassemblé sous son nom que 18,25 % des voix et a contesté ce résultat comme frauduleux.

Les tensions entre les Peuls et les Malinkés sont anciennes et il semble qu'aucune des deux ethnies ne soit prête à accepter calmement la défaite de son candidat.

"Si Condé perd, c'est que l'élection aura été truquée", affirme Amadou Camara, un chauffeur de taxi partisan de Condé.

De leur côté, les Peuls jugent que les autres groupes ethniques se sont coalisés depuis l'indépendance pour les empêcher d'accéder au pouvoir. Il existe seize ethnies différentes en Guinée, dont la population totale est d'environ 10 millions d'habitants.

Les observateurs font remarquer qu'un retour de l'instabilité dans l'ancienne colonie française pourrait être contagieux et gagner les États voisins, Libéria, Sierra Leone et Côte d'Ivoire, qui sortent tous de guerres civiles.

Posté par Kibaya à 13:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
03 novembre 2010

Gbagbo et Ouattara au coude-à-coude en Côte d'Ivoire

Gbagbo et Ouattara au coude-à-coude en Côte d'Ivoire 

Les premiers résultats de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, qu'aucun camp ne conteste, donnent le président sortant Laurent Gbagbo et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara au coude à coude.Lire la suite l'article

Après dépouillement de plus de la moitié des suffrages exprimés (2,2 millions sur 4,2 millions), les deux hommes étaient crédités chacun de 35% des suffrages, selon un décompte effectué par Reuters et reposant sur les chiffres annoncés.

Si cette tendance se confirme, aucun candidat en lice dimanche n'obtiendra la majorité absolue et un second tour, a priori le 28 novembre, sera nécessaire pour départager les deux candidats arrivés en tête.

Henri Konan Bédié, troisième candidat important, serait troisième avec 27% des voix dans ce scrutin qui doit permettre de faire sortir le pays d'une impasse politique et militaire vieille de huit ans.

"Il n'y en a pas eu (de contestations), il n'y en aura pas", a déclaré Yacouba Bamba, porte-parole de la commission électorale, à l'antenne de Radio France Internationale (RFI).

Les autorités continuent de collecter les résultats des bureaux de vote d'Abidjan, la capitale économique du pays rassemblant un tiers des électeurs inscrits, a-t-il ajouté.

APPEL AU CALME

La commission devrait être en mesure d'annoncer des résultats nationaux avant la fin de la journée de mercredi, comme prévu, a-t-il assuré.

Tout en félicitant les Ivoiriens pour le déroulement du scrutin, maintes fois reporté depuis 2005, les observateurs de l'Union européenne ont prévenu que le retard mis à annoncer les résultats risquait de faire naître des soupçons.

Le chef d'état-major de l'armée ivoirienne, le général Philippe Mangou, a lancé mardi soir un appel au calme et exhorté la population à ne pas céder à la panique dans l'attente des résultats.

"Nous devons tous garder notre calme et notre sérénité pour attendre les résultats", a-t-il déclaré dans une allocution diffusée en boucle à la télévision.

Lors de précédents scrutins, l'annonce de résultats serrés a dégénéré en violences en Côte d'Ivoire mais les rues d'Abidjan étaient calmes mercredi.

Ce climat d'incertitude a tout de même conduit les exportateurs de cacao à suspendre leurs activités dans les ports du pays mardi. Plusieurs d'entre eux pensent cependant reprendre le travail jeudi si la situation reste calme.

Avec Tim Cocks et Loucoumane Coulibaly, Pierre Sérisier et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Gilles Trequesser

 

Posté par Kibaya à 17:11 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
24 novembre 2009

Sincérité du peuple et manipulation du politique à propos des élections en Afrique

Qu'est-ce que l'apprentissage en démocratie?

L'aspiration à la liberté, à l'expression libre du choix de ses dirigeants est une démarche vitale qui procede à la recherche du bonheur pour toute société humaine.

Je pense que les peuples africains dans leurs demarches électorales sont habités d'une sincérité démocratique.

Pendant cette courte période, les électeurs espèrent voir dans ces futures élections la fin des systèmes pseudo-démocratiques.

Car ils ont conscience depuis fort longtemps, entre autres par le biais de la mondialisation de l'information, que leur bonheur passerait par l'installation d'un authentique processus démocratique prophétique.

Un acte électoral pour obtenir par la non-violence, des gouvernants compétents et capables de répondre, de façon éfficiente, aux défis actuels et futurs dont l'Afrique aurait à faire face dans le contexte mondial.

Tandis que la classe "politique" procede différemment. Consciente de la nécessité de démocratie et de la volonté populaire des populations en la matière, elle recourt à toutes les supercheries pour contrecarrer ce besoin vital.

Nombre de politiciens, à part de rares exceptions, utilisent les elections pour légitimer leur hold up et avoir droit de cité sur la scène politique internationale. Quand bien même personne n'est dupe tant au niveau national qu'international.

En fait ils ne font que retarder un processus déjà enclenché dont l'issue est inéxorable.

Posté par Kibaya à 17:30 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
08 novembre 2009

Soirée débat avec KOFI YAMGNANE,

le lundi 9 novembre 2009,

à partir de 19h

à la Maison de la Bretagne

8 rue de l'arrivée, Paris XIV

Le 2 septembre, Kofi Yamgane a déclaré sa candidature à l'élection présidentielle au Togo qui aura lieu le 28 février 2010

(www.kofi2010.com).

Il mène depuis un campagne active au Togo où il réside désormais après un parcours politique hors norme dans l'Hexagone : secrétaire d'Etat, député, conseiller régional et général, maire de Saint-Coulitz.

Début novembre, il fera une halte à Paris pour présenter sa démarche SURSAUT TOGO et rencontrer représentants des diasporas togolaises et bretonnes et décideurs.

À l'issue de cette soirée placée sous le signe des relations Britto-Togolaises, sera servi le verre de l'amitié.

Entrée libre - RSVP avant le 9 novembre 2009 en retour de courriel

ou par téléphone au 06 10 52 00 56

Posté par Kibaya à 21:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,
21 octobre 2009

Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat

Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat

Source : LE MONDE | 21.10.09 | 10h38  •  Mis à jour le 21.10.09 | 12h38

La cause vacillante de la démocratie en Afrique n'avait pas besoin de cela. A peine plus de six mois après avoir promis publiquement, à Niamey devant Nicolas Sarkozy, de quitter le pouvoir "la tête haute" en vertu de la Constitution, le président du Niger, Mamadou Tandja, a achevé, mardi 20 octobre, la mise à sac des institutions de son pays qui fait de lui un président omnipotent, à vie s'il le désire.

Les élections législatives organisées mardi étaient en effet destinées à renouveler les 113 députés du Parlement nigérien que le président avait dissous en mai parce qu'il s'opposait à son projet de réforme constitutionnelle. Dans la foulée, le chef de l'Etat avait convoqué les électeurs par décret pour leur faire entériner, le 4 août, la nouvelle Loi fondamentale qui supprime la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.

Grâce à ce tour de passe-passe, M. Tandja, au pouvoir depuis dix ans, s'est dispensé de l'élection présidentielle qui devait avoir lieu – sans lui – à la fin de 2009 et s'offre la possibilité d'un bail illimité à la tête de l'Etat. Parallèlement, il a multiplié les arrestations d'opposants politiques et au sein de la société civile.

Même si la participation semble avoir été minime pour ces législatives boycottées par l'opposition, le vote crée l'illusion d'une validation populaire. Mamadou Tandja ne justifie-t-il pas son acharnement par le souhait du peuple de le voir "achever les chantiers de développement" lancés dans le pays ?

Après Madagascar, la Mauritanie et la Guinée, le Niger s'ajoute à l'inquiétante liste des coups d'Etat militaires ou "constitutionnels" qui ont marqué l'année 2009 en Afrique francophone. Sans parler des élections contestées au Congo et au Gabon, ni de celles, retardées depuis cinq ans, en Côte d'Ivoire

Le scénario en cours au Niger place Paris en première ligne, en raison de l'intérêt stratégique de ce pays pour l'industrie nucléaire française. "A chaque étape de son coup de force constitutionnel, Mamadou Tandja a cherché à mouiller la France", explique au "Monde" Marou Amadou, responsable du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques, poursuivi pour "provocation à la désobéissance".

VOLTE-FACE

Après avoir joué les bons élèves de la démocratie devant M. Sarkozy en mars, M. Tandja a saisi l'occasion, en mai, de la pose de la première pierre de la mine d'uranium géante d'Imouraren (Nord) dont la société française Areva a obtenu l'exploitation, pour faire volte-face. Il a alors annoncé son référendum constitutionnel devant Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, et Anne Lauvergeon, présidente d'Areva.

Paris assure que ses intérêts miniers ne pèsent en rien sur son attitude "puisque le contrat est déjà signé". Mais un haut diplomate reconnaît qu'"il est impossible de couper les ponts avec Tandja". Les opposants, eux, ont du mal à croire en la neutralité française. "Nous n'acceptons pas que la France ferme les yeux sur le vol de notre démocratie, contre le droit d'exploiter l'uranium, déclare M. Amadou. Comment Paris peut-il croire qu'un dictateur est capable d'assurer une stabilité à long terme ?"

Mais, dans la balance, entre la défense des droits de l'homme et celle des intérêts économiques, la Chine, qui a signé un gros contrat pétrolier avec le Niger et exploite déjà l'uranium, pèse en faveur des seconds.

De fait, les pressions internationales destinées à faire renoncer Mamadou Tandja restent modérées et, en tout cas, inefficaces. En juillet, Nicolas Sarkozy avait dénoncé le "dévoiement" de la Constitution. Mardi, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a "suspendu" le Niger "jusqu'à ce que la légalité constitutionnelle soit rétablie".

Mais, aux yeux de la communauté internationale, les massacres sanglants du 28 septembre à Conakry semblent avoir relativisé la gravité de la dérive politique, jusqu'à présent pacifique, que subissent les Nigériens.

Philippe Bernard

Article paru dans le journal  le Monde l'édition du 22.10.09

Posté par Kibaya à 14:17 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
20 septembre 2009

Guinée : Des acteurs de la société civile guinéenne à Paris

pour rencontrer des parlementaires français

Mercredi 23 septembre 2009

de 9h30 à 11h30

Assemblée nationale

126 rue de l'Université, 75007 Paris

Le pouvoir militaire se renforce à l’approche des élections et les tensions sociales sont croissantes.

Dans ce contexte, des acteurs de la société civile guinéenne, membres du programme concerté pluri acteurs Guinée (PCPA),

impliqués dans le processus de transition politique, rencontrent des parlementaires français pour leur faire part de leurs analyses dans une démarche de coopération innovante.

Cette rencontre est ouverte à la presse.

A 11h30, point-rencontre avec les intervenants.

Représentants guinéens :

- Aziz Diop, directeur du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC).

- Boubacar Biro Barry, conseiller à l’Intercentrale syndicale guinéenne.

- Moctar Diallo, coordinateur national du PROJEG*.

- Docteur Diallo, réseau Afrique jeunesse.

- Sonna Barry, responsable de l’association Femmes pour le développement.

Partenaires français, membres de ce Programme, participant à la rencontre:

Agence française de développement, Aide et Action, CGT, Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre Solidaire), Etudiants et développement, Ligue des Droits de l’homme, Ministère des Affaires étrangères et européennes…

Pour s’inscrire à la rencontre, au point presse, ou pour toute autre demande de contact :

Véronique de La Martinière  : 01 44 82 80 64   06 07 77 05 80

* PROJEG : Programme de renforcement des organisations de la société civile et de la jeunesse guinéennes. Ce programme est cofinancé par le ministère des Affaires étrangères et européennes. Il a pour objectif de faciliter la concertation entre les différentes composantes de la société civile guinéenne et des organisations françaises de la société civile françaises mobilisées à leurs côtés.

Posté par Kibaya à 01:07 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , ,
09 juillet 2009

CONGO : LE CANDIDAT UNIQUE VERS UNE VICTOIRE UNIQUE AU TOUR UNIQUE

Le journal du Râleur unique

Veille d'élection présidentielle au Congo-Brazzaville en ce début de juillet 2009.

Il y a, paraît-il, plusieurs candidats dans la course.

En fait, les murs des maisons et des commerces, les panneaux publicitaires(de préférence les plus imposants et les plus voyants), les véhicules(surtout les innombrables pick-up flambant neufs), les poitrines et les dos des femmes et des hommes-sandwiches portant des T-shirts à l'effigie immuable, tout cela désigne à la contemplation de tous le seul, le vrai, le beau, l'unique candidat qui occupe tout l'espace utile dans le pays: le Candidat Unique. Chef unique de l'ex-parti unique du Congo-Brazzaville, le Candidat Unique en a gardé une vision des choses unique, de même qu'un parler unique dans ses meetings électoraux.

Parler unique, sans imagination aucune, et très passéiste puisque nous renvoyant à une époque qui rappelle de très mauvais souvenirs dans le Congo voisin:l'ère de feu Mobutu Sese Seko. Ainsi autopromu héritier politique unique de celui-ci, le Candidat Unique débite mécaniquement des << nien-nien >>qui, comme le disait récemment un chauffeur de taxi,font se tordre de rire jusqu'aux enfants de douze ans recrutés avec les adolescents et les adultes pour faire la claque aux rassemblements électoraux du Candidat Unique.

Mais le Candidat Unique n'a cure de toutes ces subtilités.

En effet, de l'ex parti unique, le Candidat Unique a aussi conservé la perspective unique: il lui est impossible de regarder dérrière et autour de lui(si c'était le cas , il s'apercevrait très vite de la misère materielle et morale unique des Congolais).; les yeux rivés devant lui, seul compte pour le Candidat Unique l'objectif unique de la confiscation du pouvoir à son profit et à celui de ses affidés.

Il faut dire qu'en bientôt cinquante ans d'indépendance du Congo-Brazzaville, Le Candidat Unique en a déjà occupé à lui tout seul la moitié! Vingt-cinq ans de pouvoir absolu sur cinquante vous coupent fatalement de la réalité, vous grisent et vous donnent la sensation fallacieuse d'être un personnage unique, et, au bout du compte d'être l'unique Congolais digne d'exercer jusqu'à son dernier souffle cette chose unique qu'est le pouvoir.

Le Candidat Unique a bien signé de ses blanches mains une loi électorale qui prévoit une élection présidentielle à deux tours. Mais, dans l'esprit du Candidat Unique, perspective unique oblige, l'élection présidentielle est au tour unique, lequel doit impérativement entraîner automatiquement sa victoire que lui même et ses comparses claironnent bien avant la tenue de l'élection, ce qui à tout le moins dénote une conception très unique de la démocratie. Il est vrai qu'un deuxième tour exposerait gravement le Candidat Unique à un débat télévisé avec un rival éventuel, et il n'est pas sûr que ses<< nien-nien >> et son habituelle élocution hésitante lui soient à ce moment-là d'un quelconque secours.

Et le peuple du Congo-Brazzaville, dans tout cela, diront des objecteurs uniques?Pour le Candidat Unique, il s'agit d'un peuple unique, c'est-à-dire qu'il est sa chose unique à lui, et que l'unique idéal de ce peuple unique est, toujours selon le Candidat Unique, de le voir indéfiniment occuper le fauteuil présidentiel.

A en croire le Candidat Unique et ses vassaux divers et variés, ce peuple unique que sont devenus malgré eux les Congolais a un rêve unique: subir le règne unique, sans fin et sans partage du personnage unique. En vérité, ce peuple unique que forment les Congolais aux yeux uniques du Candidat Unique et de ses zélateurs uniques est plus préoccupé par sa survie quotidienne que par quoi que ce soit d'autre.

L'élection présidentielle de juillet 2009 représente pour lui des jeux sans enjeux.Elle est surtout un sujet de vives inquiétudes.D'autant plus que tout montre que le Candidat Unique recueille aujourd'hui les fruits politiques de la manière dont il a délibérément conduit la guerre civile dans le pays de 1997 à 2000:en terrorisant les populations par des bombardements, des dévastations, des massacres de sang froid(au rang desquels l'affaire des disparus du beach de Brazzaville), il leur a enlevé pour longtemps le goût de se mêler de politique.

C'était là l'objectif unique visé par le Candidat Unique avec cette façon unique de faire la guerre sur l'ensemble du territoire national. Ayant de la sorte terriblement traumatisé son peuple, réduit celui-ci au mutisme, à la résignation, au rang de simple spectateur de son propre destin, le Candidat Unique s'apprête donc à se reconduire à la tête du Congo-Brazzaville.

Et n'allez pas lui dire qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire: il vous fusillerait de son regard unique, avant sans doute de s'y prendre autrement avec vous. Le Râleur Unique

Posté par Kibaya à 22:17 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
  1  2  3