Chers internautes du Pangolin, je vous donne à lire et à analyser cette interview d'un dirigeant de Bolloré à propos de l'Afrique au magazine économique français challenges. www.challenges.fr
Pendant que nous Africains passions notre temps à débattre politique, les autres continuent à occuper la maison (ecos) et à la gérer. Dans dix ans nous serons toujours au même point si on ne fait pas attention et surtout ne changeons pas d'attitude
"Bolloré Africa Logistics a des projets en Asie du Sud-Est"
Dominique Lafont est, depuis 2006, le directeur général de la filiale africaine du groupe Bolloré, Bolloré Africa Logistics. Il passe le tiers de son temps à sillonner le continent africain, dont il est désormais convaincu du potentiel et de la croissance durable.
Depuis quelques mois, Orange, la Société générale et Lufthansa annoncent qu'ils misent sur l'Afrique. Peut-on dire que ce continent est l'Asie d'il y a vingt ans?
- La comparaison est pertinente. Il y a quarante ou cinquante ans, certaines régions d'Asie étaient très pauvres et pouvaient générer autant de scepticisme sur leurs perspectives de développement. Nous connaissons bien l'Afrique. Cela fait plus de trente ans que nous nous y développons, nous y avons 20 000 collaborateurs, dans 42 pays et 250 filiales. Nous savons que la période de croissance forte et durable pour l'Afrique est arrivée.
Le problème de leadership dans les entreprises s'est longtemps posé. La situation s'est-elle améliorée?
- L'Afrique évolue fortement sous l'emprise de la mondialisation. Grâce aux nouveaux moyens d'information, elle est connectée au reste du monde. C'est très visible avec la nouvelle génération, qui peu à peu prend les manettes. Cela va accélérer la mutation. Je suis tout à fait optimiste.
Depuis début 2010, Bolloré Africa Logistics présente chaque trimestre des résultats en forte hausse. Les ventes sur les neuf premiers mois de l'année ont progressé de 17 %. La crise est terminée?
- L'ensemble de l'Afrique croît. Les dernières analyses du FMI montraient que quelques pays restent à la traîne, comme la Guinée-Conakry, sinistrée pour des raisons politiques, mais que ça devient rarissime. Quant à moi, je pense que, même pour la Guinée-Conakry, un avenir meilleur est en train de s'ouvrir.
Vous venez de perdre un appel d'offres pour la concession du port de Monrovia, au Liberia. Que s'est-il passé?
- Nous avons été battus par le groupe danois Maersk, premier armateur mondial. Depuis dix ans, nous avons tout remporté, à l'exception du port de Dakar. On ne peut pas gagner tous les appels d'offres...
Quels sont vos projets de développement?
- Aujourd'hui, nous sommes répartis sur l'ensemble du continent. Dans l'immédiat, nous finalisons l'appel d'offres de Freetown, en Sierra Leone, voisine du Liberia. Nous avons été déclarés adjudicataires définitifs et nous avons commencé à négocier la concession.
Freetown est-il un lot de consolation?
- Non, c'est mieux que ça. La Sierra Leone est un pays qui a un potentiel très intéressant. J'étais là-bas la semaine dernière et, quand j'ai débarqué à l'aéroport, il y avait trois ou quatre entreprises minières qui attendaient des passagers à la sortie de l'avion. C'est un spectacle tout à fait inédit pour la Sierra Leone. Et en traversant Freetown, qui est une ville très sympathique, je me disais : dans cinq ans, tout ça aura tellement changé.
Avez-vous d'autres cibles en Afrique, ou même hors d'Afrique?
- Notre stratégie, c'est d'avoir toujours un train d'avance, et de nous installer là où il y a une vraie problématique de désenclavement pour un ou plusieurs pays de taille significative. En ce moment, nous nous battons sur trois ou quatre projets répartis à l'Est, à l'Ouest et au Maghreb. En dehors de l'Afrique, nous avons été sollicités pour participer à un certain nombre d'appels d'offres : nous avons des projets au Bangladesh et en Asie du Sud-Est. Nous nous ouvrons à cette perspective de développement vers des pays émergents, dans des environnements difficiles, qui ressemblent à l'Afrique et correspondent à notre savoir-faire.
Les enlèvements d'expatriés se sont multipliés cet automne. Avez-vous pris des mesures?
- La question de la sécurité est permanente. Cela fait longtemps que nous avons pris les mesures qui s'imposaient et tout est sous contrôle.
Propos recueillis par Anna Rousseau et Jean-Baptiste Diebold
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Peut-on réduire les taux directeurs en Afrique ?
Pour réagir à chaud (sans mes chiffres ) à la question posée par Paul-Harry AITHNARD « Peut-on réduire le coût du crédit en Afrique » dans un post que j’ai reçu dans ma boite mail. Vous pouvez le lire à la fin de ce texte.
Suite selon lui « La baisse des taux d’intérêt, orchestrée par différentes Banques centrales africaines, a jusque-là peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi. »
Ensuite il fait une bonne analyse de la situation pour déboucher sur plusieurs pistes de solutions.
En partie je suis d’accord avec la plupart des conclusions et propositions, mais je ne puis m’empêcher de réagir, dans le but d’essayer d’amplifier le débat.
La première démarche consisterait à regarder ce qu'est l'ingénierie financière en Afrique et surtout poser la question de l'indépendance des monnaies africaines.
L'objet de ma réaction se focalisera sur les taux, je reviendrais plus tard sur les deux préalables cités ci-haut dans d'autres posts.
Donc je vais commencer pour reposer autrement le problème par comparer les taux directeurs des autres continents, avec ceux de l'Afrique car mondialisation ou globalisation oblige.
Ceux des USA est proche de zéro, en Europe ils tournent aux alentours de 1%. Dans ces pays ils sont le fait de l'interventionnisme d'Etat.
Quand les taux directeurs baissent aux USA, les Chinois qui détiennent les six plus grandes banques mondiales, font pareille. Si bien que l'on parle à l'occasion du sommet du G20 qui s'est tenu à Séoul en Corée du Sud de guerres de monnaie.
Pour revenir donc sur les taux directeurs, vous avez raison de souligner que ces derniers sont prohibitifs.
Quelle est la cause de ces taux prohibitifs?
Nous retiendrons deux causes essentielles en dehors de l'instabilité de l'environnement politique chronique de la plupart des pays d'Afrique, on va noter le manque de concurrence que vous l'avez bien souligné ainsi que la sous-bancarisation du continent
A ces causes qui sont à la fois structurelles mais qui peuvent devenir conjoncturelles il faut ajouter la cause originelle.
Celle qui est faite à dessein pour obliger les africains à emprunter sur le marché mondial de l'argent.
C'est ce qui explique que les ménages africains sont exclus du circuit bancaire du fait de la faible bancarisation de l'Afrique. Effectivement vous avez raison il y a peu de concurrence, mais cela ne suffit pas pour expliquer cette situation.
Le problème du taux révèle en substance la structure même de l'économie africaine, une économie extravertie.
Les banques qui sont en Afrique ne servent que de relais pour récupérer le peu d'argent que le circuit de la dette, des recettes des importations des biens occidentaux et des IDE (en juillet 2010, selon le site d’information sur internet marchés tropicaux, « la Cnuced a annoncé des prévisions optimistes : des IDE qui devraient dépasser les $ 1.200 milliards en 2010, après $ 1.114 milliards en 2009.) font circuler dans les pays d'Afrique avant leur retour au point d'origine que sont les banques occidentales et asiatiques.
La possibilité de la réduction du coût de crédit dépend de la masse d'argent que les pays africains voudront bien injecter dans les économies. Recemment on a vu la Reserve fédérale américaine injecter près de 600 000 milliards de dollars dans l'économie en rachetant des bons des trésors, cela pour soutenir l'investissement des entreprises et l'économie.
Or il se trouve que l'essentiel des IDE va dans l'industrie minière (pétrole, or, diamant, cobalt, coltran, cuivre, fer manganèse, etc....), dans l'achat des terres pour l'agriculture industrielle et donc très peu de ces centaines de milliards de dollars vont vers les ménages.
L'Afrique malgré le potentiel démographique se trouve avec des ménages qui sont sous-capitalisés.
Pour qu'il y ait réduction de taux il faut qu'il y ait de l'argent en abondance sur le marché c'est la loi de l'offre et de la demande.
Les réductions des taux d'intérêt qui viennent de s’opérer en Afrique résultent plus d'un ajustement technique en effet les zones monétaires africaines sont en surliquidités. Elles ne savent plus quoi en faire, d'où ces baisses.
Or si les pays africains étaient bancarisés, l’état civil fiable, les postes fonctionnaient, le cadastre et les services municipaux et ruraux fonctionnaient.
Ils pouvaient avec ses surliquidités, financer d'un côté la consommation des ménages en bien d'équipement (, maison, produits de soins de santé, alimentation, habillement , télévisions, Hi-fi, camera, assiettes, marmites, couverts, meubles, électroménagers, ordinateurs, téléphones, voitures) et de l'autre le développement des artisans ( outillages, petits chalutiers de pêches), les agriculteurs (motoculteurs, motopompes, achat des semences, des plants, des engrais, construction des fermes, ) les éleveurs (achat des bêtes) des petites et moyennes entreprises,(Pme) et petites et moyennes (Pmi) pour les machines de productions (comme par exemple des conserveries de petites tailles, des ateliers de couture, de fabrication des meubles tout cela du fait de la capacité de solvabilité des ménages. Ce qui n'est pas le cas actuellement.
Le fait qu'il y ait un chômage , un non-emploi chronique et beaucoup d'instabilité dans ces pays, les banques se couvrent sur les quelques crédits qu'elles octroient. Elles privilégient aussi des gros contrats pour ne pas avoir à gérer des situations de non solvabilité, de fuite des clients (l'état civil et la justice sont défaillantes). Elles prêtent donc aux mêmes et à l'Etat (qui ne peut être en faillite et que l'on peut poursuivre en justice auprès des cours internationales.
Et puis elles sont obligés car toutes les places financières mondiales ont réajuster leurs monnaies depuis la crise et aussi pour faire face aux dévaluations compétitives de la monnaie chinoise par rapport au dollar et à l'euro. On sait que la plupart des monnaies africaines sont arrimées aux monnaies occidentales (le franc cfa à l'euro, tout comme le franc congolais, les monnaies de la zone anglophone le sont aussi) du fait de l'héritage colonial et de la faiblesse des économie industrielle et financière.
Les produits africains s’échangent dur le marché mondial à partir du dollar ce n'est pas le cas chinois ou indien.
Ce qui fait que les quelques miettes récoltées des produits d'exportations ne sont pas du tout injectées dans le circuit interne des économies africaines.
Cet argent se déprécient souvent, c'est la cause principale de l'inflation dans ces pays. Trop d'argent dort dans les banques occidentales et africaines en dépôt, mais pas en investissement.
C'est la structure qu'il faut changer avant de penser aux taux de crédit car ceux-ci seront toujours soumis aux lois du marché (offre-demande) et à des orientations des politiques monétaires.
Mouélé Kibaya.
IDE : Investissements Directs étrangers
Ces investissements bénéficient souvent aux pays miniers (Nigéria, Algérie, Angola, Soudan)
Déjà en selon un rapport de La cnuced publié En 2007, les IDE en Afrique sont restés concentrés sur le plan géographique : les dix principaux pays de destination (Nigeria, Egypte, Afrique du Sud, Maroc, Libye, Soudan, Guinée équatoriale, Algérie, Tunisie, Madagascar) ont absorbé à eux seuls 82% du total, et neuf pays ont enregistré des IDE d’un montant supérieur ou égal à un milliard de dollars, montre le rapport, selon lequel l’Afrique du Nord a attiré 42% des IDE dans la région, et l’Afrique subsaharienne 58%.
Et en Afrique subsaharienne elle vont essentiellement dans le Golf de guinée (à cause du pétrole du gaz et du bois) et beaucoup de ces pays reçoivent moins d’un milliard de dollars soit l’équivalent de 1 371 200 000 d’euros équivalent à 89 813 600 000 de francs cfa en moyenne.
Peut-on réduire le coût du crédit en Afrique
Par Paul-Harry AITHNARD
La baisse des taux d’intérêt, orchestrée par différentes Banques centrales africaines, a jusque-là peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi.
Analyse
Le 16 juin 2009, la BCEAO a réduit son taux directeur de 4,75% à 4,25%. Le 26 juillet 2010, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) annonçait à son tour une baisse de son taux directeur de 25 points de base à 4%.
Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de baisse des taux observée sur toute l’Afrique subsaharienne, depuis 2009. La Banque centrale du Kenya a baissé ses taux d’intérêt à six reprises depuis 2009, pour atteindre aujourd’hui 6%. La Banque centrale du Ghana a réduit de manière continue depuis deux ans ses taux de 18,5% à 13,5%. Pour la première fois en trois ans, la Banque centrale du Malawi a abaissé son taux directeur de 15% à 13%. Même scénario pour la Banque centrale du Congo, qui a réduit pour la cinquième fois son taux principal, le faisant passer de 29,5% à 22%.
Malgré ces initiatives, force est de constater qu’elles ont eu peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi.
Coût dissuasif
Les établissements financiers en Afrique subsaharienne ont du mal à répercuter dans leurs pratiques de crédit les cycles de baisse de taux engagés par les Banques centrales. Tous les rapports, tels celui de la Banque mondiale de 2008 sur le financement des PME en Afrique, confirment le coût prohibitif du crédit.
La marge entre le taux d’intérêt sur les dépôts et celui sur les prêts n’a paradoxalement cessé de croître depuis les années 80, alors que les conditions économiques se sont significativement améliorées.
Entre 1980 et 1984, cette marge était en moyenne de 5,2%. Entre 2000 et 2003, cette marge a bondi à 11,8% en moyenne dans les pays d’Afrique. Ces marges reflètent le coût dissuasif du crédit et se traduisent dans le montant des crédits accordés par les établissements financiers.
Les crédits bancaires accordés au secteur privé, en pourcentage du PIB, sont estimés en Afrique subsaharienne à uniquement 15,1% dans la période 2000-2004. Fait troublant mais évocateur, ce chiffre n’a pas évolué depuis 1983-1987 (15,6%).
Raisons du décalage
Les raisons du décalage entre les taux du marché monétaire et ceux appliqués à la clientèle sont avant tout structurelles. Le premier frein structurel est le manque de compétition dans le secteur bancaire.
Même si cette dynamique a significativement évolué sur les dix dernières années, le ratio de concentration dans le secteur bancaire demeure élevé, avec une grande partie des actifs détenue par les trois principales banques dans la majorité des pays africains. La Banque mondiale estime la part de marché moyenne des trois principales banques en Afrique à 73% par pays. Les sociétés spécialisées de crédit à la consommation ou de crédit hypothécaire sont quasi inexistantes dans la plupart des pays.
Ce manque de compétition crée une habitude d’aversion au risque et finit par créer des établissements assis sur des liquidités oisives et préférant investir dans des actifs étatiques.
Dans certains pays tels la Guinée, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale ou le Tchad, les réserves excédentaires rapportées au total des dépôts peuvent dépasser 25%.
La deuxième contrainte structurelle est la composition des dépôts bancaires. Ce sont principalement des ressources à court terme, difficiles à convertir en prêts sur plusieurs années, en l’absence de produits financiers spécialisés.
Les banques ont du mal à octroyer des prêts sur des durées au-delà de cinq ans à un coût acceptable, puisqu’elles ne disposent pas de dépôts correspondants. Ce problème est surtout criant pour les prêts hypothécaires.
Le troisième obstacle est la faiblesse des fonds propres des établissements bancaires, qui limite leur capacité de crédit. En 2008, le ratio de couverture des risques par les fonds propres effectifs a été estimé à 8% dans la zone UEMOA, alors qu’il atteint 20% dans des pays tels le Nigeria.
Il est difficile de demander à une banque faisant face à peu de compétition, disposant en majorité de ressources à court terme, avec un ratio de couverture des risques par les fonds propres en dessous de 8%, d’adopter une politique d’octroi de crédit agressive.
Le dernier blocage structurel est le manque d’accès à l’information sur le crédit. Il est impossible à une banque d’accorder des prêts sans visibilité sur les garanties et sur la capacité financière des emprunteurs.
La question de la fiabilité des informations sur les historiques de crédit et les garanties, couplée à celle de la transparence sur les taux d’intérêt est essentielle et demeure un point de blocage qui accroît le coût du crédit en Afrique.
Le microcrédit n’est pas la panacée
Peut-on alors réduire le coût du crédit en Afrique ? La réponse est OUI, mais en proposant des solutions innovantes. Il convient tout de suite d’écarter la solution du microcrédit comme panacée pour résoudre le problème du coût du crédit en Afrique. C’est une partie de la solution, mais une part congrue.
Le microcrédit permet d’augmenter la bancarisation et le niveau de compétition dans le secteur bancaire, mais ne permet pas de régler un problème essentiel, qui est la capacité à donner des prêts à moyen et long terme à un coût abordable. Par essence, le microcrédit s’adresse en priorité à des particuliers à la recherche de crédit à court terme.
Marchés des capitaux
Une des premières pistes à explorer fait appel aux marchés des capitaux. En effet, pour régler le problème du manque de dépôts à long terme, les banques doivent chercher individuellement, ou en s’associant avec des structures spécialisées, à lever des fonds sur les marchés financiers en émettant des obligations avec des maturités longues.
Pour régler le problème du coût du crédit hypothécaire, il faudrait associer les banques avec des structures dédiées de refinancement hypothécaire pour lever des fonds sur les marchés. L’objectif est de collecter les fonds sur les marchés obligataires par les établissements de crédit hypothécaire, qui les "prêteront" par la suite à des banques dans les mêmes conditions de durée et de taux.
Les fonds levés peuvent être garantis par l’Etat, ou, plus logiquement, par un portefeuille de créances hypothécaires. Ainsi, les banques disposeront de ressources longues qui leur permettent d’octroyer des crédits hypothécaires. Dans un contexte général de baisse des taux d’intérêt, les fonds peuvent être levés à un coût relativement abordable et re-prêtés dans les mêmes conditions aux banques, abaissant ainsi significativement le coût du crédit hypothécaire.
Shelter Afrique s’est lancée avec succès dans cette voie, depuis plusieurs années, en émettant des obligations sur les Bourses de Nairobi et d’Abidjan, avec des maturités qui lui permettent par la suite de proposer des programmes de financement sur l’immobilier.
Renforcer les fonds propres
L’appel aux marchés des capitaux peut permettre aussi de régler efficacement la question de la faiblesse des fonds propres. Dans un environnement global de taux d’intérêt en baisse, il est judicieux pour une banque de lever des liquidités directement sur le marché ou par placement privé, pour renforcer ses fonds propres.
Les banques internationales l’ont compris et complètent plusieurs opérations de levée de fonds depuis un an. Les banques du Nigeria, de la zone UEMOA ou du Kenya suivent aujourd’hui la même tendance. Cette dynamique doit être amplifiée.
Avec des fonds propres plus importants, les banques disposeront de plus de capacités de crédit permettant à terme d’abaisser le coût du crédit en Afrique.
Un système centralisé de crédit
L’autre innovation à amplifier est l’amélioration de l’environnement réglementaire par le développement de bureaux centralisés de vérification du crédit et de systèmes d’enregistrement d’actifs.
En effet, l’une des principales causes du coût élevé du crédit est l’absence de garanties, laquelle est due non à l’insuffisance des actifs, mais à l’inefficience dans l’enregistrement.
Un système centralisé qui agrégerait les informations du cadastre, de l’historique du crédit, du transfert des titres de propriété, financé par les partenaires publics et privés, est essentiel.
Favoriser l’accès à ces informations permettrait aux banques de réduire le coût de surveillance de leurs activités et, ainsi, abaisser le coût du crédit.
Le Ghana et la Zone UEMOA ont entamé dernièrement des améliorations réglementaires qui vont dans cette direction. Elles doivent être soutenues.
Multiplier les mécanismes de garantie
Cette analyse serait incomplète sans parler du coût du crédit dans le commerce et le secteur agricole, deux domaines particulièrement affectés. La bonification du crédit par le développement des systèmes de garantie, est une des clés pour baisser le coût du crédit dans ces secteurs d’activités.
Etant donné la dominance des PME en Afrique, il est nécessaire de multiplier les mécanismes de garantie pour abaisser les charges d’exploitation des banques et le coût du crédit. Dans le domaine du commerce international, développer les facilités de garantie permettrait aux entreprises africaines de se faire confirmer des lettres de crédit sans les dépôts exorbitants en collatéral, qui augmentent le coût du crédit.
Les activités des assureurs de crédits à l’exportation tels ATI (African Trade and Insurance Agency) peuvent dans ce sens permettre de réduire le coût du commerce en particulier et du crédit en général en Afrique.
Source : http://mampouya.over-blog.com/
Selon l'agence officielle de presse angolaise, rapporte la nouvelle que les urines peuvent valoir de l'argent.
Afrique du Sud
Une ville sud-africaine veut acheter les urines pour vaincre des tabous
Durban (Afrique du Sud) - La ville de Durban, en Afrique du Sud, veut acheter les urines de ses administrés. L'enjeu: surmonter les réticences des gens à utiliser les toilettes sèches, installées par la mairie dans les quartiers pauvres.
"Si nous pouvons faire des toilettes sèches une source de revenus, les gens voudront les utiliser", affirme Neil Mac Leod, chef du service des eaux de la cité portuaire, située sur les rivages de l'Océan indien (est).
Par souci d'hygiène et d'économie, Durban a doté les cours des quartiers délaissés d'environ 90.000 de ces toilettes à litière, qui n'utilisent pas une goutte d'eau. Mais la population boude. Dans le township d'Inanda, le spectacle est désolant: portes et toits arrachés, les cabanons servent d'annexe, quand ils ne sont pas complètement désossés.
Le sujet des fluides corporels est tellement tabou que personne ne veut même l'évoquer. Interrogée, une jeune mère de famille accuse vaguement des "voleurs" d'avoir dérobé "la porte et la cuvette" de son lieu d'aisance, transformé en débarras.
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Je me permets de vous mettre en ligne l'intégralité du texte de mon ami MUSENGESHI Katata et des commentaires qui s'en suivent dont les miens sur le blog Réalisance .
Je voulais le partager avec vous. Et surtout je vous demande d'aller sur le blog de mon ami pour avoir accès à d'autres textes intéressants.
24 août 2010
Les africains sont-il vraiment les victimes économiques et culturelles volontaires des occidentaux ?
Commentaire sur Facebook
Les africains devraient aussi avoir le courage de se tirer eux-mêmes les oreilles…
"On nous avait appris à chanter les louanges des Dieu pour nous faire oublier que nous étions des hommes" Patrice Emery Lumumba
Ba N Gaary, transférer la technologie ? Allons, mon ami vous rêvez; les gouvernements occidentaux qui ont fait miroiter cela aux africains les trompaient au grand jour. D´abord la technologie est privée en occident, pas publique; ce n´est donc pas à un Etat ou un gouvernement d´en décider. Autre absurdité qu´on a fait avaler aux intellectuels africains endormis est qu´on peut leur donner la matière grise d´une culture entière...Mon Dieu il faut bien être idiot un seul instant pour le croire ! Après tout, il a fallu des investissements, des recherches, des efforts intellectuels et techniques individuels pour arriver á ces résultats, privés comme je le disais. Sommes-nous dans un système communiste en occident ? Depuis quand récompense-t-on l´idiot et l´endormi incapable en système capitalisme ? Vous voyez, mon ami, que rien qu´en réfléchissant logiquement on n´arrive pas à comprendre que nos intellectuels se soient laissés aussi facilement berner à attendre qu´on leur transforme le vent en or brillant. Qui est donc l´idiot du village ? Il ne faut pas reprocher aux occidentaux l´infantilisme et la naïveté insultante des intellectuels africains face `la défense résolue de leurs intérêts. Il faut plutôt veiller à cesser de roupiller...
Le CFA rend servile ? Mais qui donc nous empêche de nous en débarrasser ? Les grandes douleurs de la garantie par nous-mêmes ? Elles passeront, au moins nous saurons où nous en sommes et ce qu´il faut faire pour maintenir nos monnaie à tel ou tel niveau ; cela ne dépendra que de nous, mais pas seulement du jeux du blabla et du victimairisme faussement innocentant, hein ! Sur la question des matières premières, si les africains et parmi eux particulièrement les congolais de la RDC avaient investi dans l´industrie de transformation au lieu de jeter l´argent par la fenêtre et importer à outrance sans produire et exporter la qualité de leur travail, ils se seraient développés plus rapidement et seraient aujourd´hui moins pauvres. Au lieu de cela on fit confiance au faux transfert de technologie qui n´arriverait jamais á moins d´en payer les licences à leurs propriétaires respectifs et bien sûr on joua les arrivistes consommant à outrance les produits industrialisés occidentaux. Ceci fit disparaître les capitaux vers l´occident et manqua pour former des techniciens adéquats, investir dans l´emploi et les petites entreprises et faire une politique sociale de promotion à l´habitat, à l´urbanisme, à la lutte contre l´analphabétisme...etc.
Je vous dis mon ami, je suis du métier et bien formé en Allemagne; je vous en dirai d´autres, mais s´il y a quelque chose que je n´aime pas du tout c´est le populisme bon marché de bien d´africains limités sur le Net autant qu´au pouvoir en Afrique. Je reconnais que les occidentaux ont une part considérable aux malheurs africains actuels, mais la plus grande part de bêtise et d´irresponsable cécité revient aux africains eux-mêmes ! Nous avons connu près de 1200 ans de domination islamique+ esclavage, puis 400 ans d´esclavage occidental et 100 ans approximativement de colonisation...et les mêmes qu´hier venaient vous dire de livrer vos matières premières aveuglement et qu´ils vous transféreront la technologie et vous vous laissez prendre et abuser encore une fois ? Comment peut-on appeler cela sinon que c´est la cime de l´idiotie ? Et si vous vous libérez et aspirez à l´indépendance dans les année´60, la première chose que vous faites c´est participer à l´assassinat de vos élites averties et vous jeter dans l´imitation et la consommation des produits étranger ? Mon ami, Ba N Gaary...dites-moi comment cela s´appelle, s´il vous plait, si ce n´est pas l´illogisme le plus insultant qui soit envers soi-même ?
Aujourd´hui il ne faut pas pleurer des larmes de crocodile et condamner des gens dont l´histoire n´a que trop bien illustré et chroniqué de leur rapacité; les africains doivent seulement changer de mentalité, s´aimer mieux eux-mêmes, leurs enfant et leur avenir au lieu de jouer les innocents perpétuellement trompés par les autres, ces méchants occidentaux. Après tout, c´est aux africains de défendre leurs intérêts et l´avenir de leurs enfants; ce rôle ne revient pas à l´occident. Pas du tout. Celui qui veut vivre mieux, libre et indépendant, celui-là ne dort pas et agit en conséquences. Combien de larmes n´avons-nous pas versé dans l´histoire ? Où étaient donc Dieu, la civilisation et les droits humains ? Faut pas rêver, mon ami, nous devons changer les choses en Afrique absolument, mais sincèrement et en connaissance de cause, hein ! Et maintenant, si nous voyions les choses en détail et plus consciencieusement ?
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Commentaires
Irresponsable et sournois victimairisme que tout cela !
C´est tout simplement du pur déni de responsabilité ce que pratiquent certains africains en ce moment; même les oiseaux en Afrique doivent en rire, tellement cette attitude est ridicule, pour le moins. Quand les africains comprendraient-ils qu´ils ne trompent plus personne sinon eux-mêmes et leur avenir ?
Sarkozy a déjà commencé à cracher du feu...avec cette crise les partis de droite et le racisme va croître et devenir familier en occident...les africains seraient, en Belgique, en France, débarqués, encore une fois. Cette histoire de déchoir les gens de leur naturalisation...c´est bien la preuve que la France, quand cela va mal, ne tient jamais ses promesses et que le droit est bien passible d´interprétation...Les africains vont apprendre à se taire...comme à l´ère de l´esclavage. Tragique. Voilà où mène l´excès de confiance et la fausseté: à la traîtrise, tout simplement.
Quand je pense qu´au lieu d´être plus avertis et conséquents quelques illuminés africains conseillaient honteusement aux leurs le retour à l´histoire égyptienne et aux pyramides ! Oh mon Dieu...la pure détresse de l´inconscient, de l´incapable et de l´irresponsable ! Le progrès, la défense de nos intérêts et de la modernité; qui les fera donc, les pharaons déchus et islamisés aujourd´hui ? Ou continuera-t-on, comme par le passé, à consommer aveuglement les produits étrangers en exigeant de ces derniers l´heureux transfert de technologie ? La bêtise est décidément illustre en Afrique...et bien grasse. Pitié pour nos beaux enfants, cette maudite génération d´illuminés va les renvoyer dans la préhistoire. Irresponsable et scandaleux. On ne peut plus demeuré et...dangereux criminels.
Les chinois sont déjà là...peut-être allons-nous pleurer dans leurs bras ? Apparemment toutes les cultures humaines se seraient servies de nous, de nos richesses, de nos enfants pour se développer. Nous cependant pas. Nous serions encore là à nous larmoyer et accuser ceux-ci et ceux-là tout en rentrant joyeusement à l´ère des piramides pour cacher nos incompétences et nos illogismes suicidaires...Et si on arrêtait cela, que diable, c´est du pur ridicule, nos enfants ne méritent tout de même pas cette fausseté !
Shaka Bantou, j´ai dit !
Forum réalisance
Tu as raison
Je vais seulement ajouter à ce propos que le peuple noir est le seul peuple au monde à confier l'éducation de ses enfants à des étrangers.
Le peuple est le seul peuple au monde à confier son destin dans les mains des étrangers.
Tu as raison mon ami, nous devons nous regarder et accepter nos erreurs.
C'est pourquoi j'ai toujours dit que nous il s'agit de nous prendre en charge, pour cela, on doit investir dans l'éducation de la femme, dans la formation des jeunes filles et garçons aux métiers et aux technologies.
Inculquer aux Africains que la liberté s'acquiert que par le travail et l'invention.
Il nous faut abattre un travail sur le mental des Africains pour que cesse sa médiocrité.
En ce qui concerne les Occidentaux j'ai toujours dit que les Occidentaux font ce qu'il faut faire pour leurs peuples c'est à nous de défendre nos intérêts vitaux et établir de nouveaux rapports de force.
Tiens, mon ami Mouélé, me tromperai-je ?
Est-ce le même Mouélé qui me disait sur Facebook que les africains n´avaient pas besoin de l´homo économicus ? Un sytème de valeurs et de normes éducatives, il faut bien le produire, en énoncer et éprouver les normes et les objectifs, leur donner des contenus de valeurs permettant plus tard aux éduqués d´épanouir leur intelligence et leurs capacités et les exercer avec succès dans la société. L´éducation est un produit, mon ami; comme le lait qu´il faut traire de vaches engraissées auparavant, ou les meubles qu´ils faut mettre au point afin de les utiliser. Si l´un et l´autres ne sont pas de bonne qualité ou ne remplissent pas leurs rôles, on a des indigestions ou le désordre partout.
Nous lésinons, nous tergiversons à nous doter de systèmes éducations modernes et appropriés à servir à nos enfants de réel tremplin social, intellectuel et professionnel. Mais cela ne peut pas se faire sans réalisme, sans amour et détail de l´ordre, de la discipline, du travail bien fait, de considérations rationnelles et esthétique de la connaissance...ou même de l´amour du progrès et de l´ambition individuelle. Or, ce qui caractérise l´Afrique en ce moment est qu´elle court, par défaut d´orientation et de réalisme rationnel depuis la fin de la colonisation, derrière des valeurs économiques, politiques, techniques et industrielles changeantes...au lieu de les maîtriser avec un grand effort d´actualisation et de créativité intellectuelle.
On ne peut enseigner à ses enfants que ce qu´on maîtrise ou ce qu´on comprend; nous sommes donc assis sur deux marmites douteuses: la société traditionnelle dont nous ne connaissons que trop bien les manquements et les erreurs...et la société moderne dominée par la culture occidentales et des valeurs tantôt honnêtes, tantôt opportunistes et chosifiantes...tantôt repoussantes sous les coups de coudes de l´adversité commerciale et économique des intérêts étrangers. Nous nous devons de trancher sur ces hésitations et faire un travail de fond en mettant sur pied des systèmes éducatifs plus cohérents, homogène et rendant justice à notre besoin de contemporaneité sans pour autant déculturer nos enfants, les handicaper de leurs chances ou leur priver de leurs identités sociales et culturelles respectives. Ce travail est encore á faire en Afrique...helas.
Musengeshi Katata
FR
Nous nous sommes pas compris
En effet j'avais dit que l'Afrique n'avait besoin de l'homo économicus comme il est défini actuellement.
Car avant de consommer? les Africains doivent définir ce qu'ils ont besoin pour continuer à exister. Avec les crises de 1987 (Krach boursier),de 2008 et tous les problèmes écologiques, l'Afrique ne peut plus consommer selon le modèle occidentale, car c'est un modèle économique qui mène le monde à sa perte. Il n'y aura jamais assez de minerais pour satisfaire les besoins mondiaux, donc l'Africain doit inventer l'HOMO AFRICANUS pas economicus occidental, sinon la rationalité actuelle aura toujours cours c'est-à-dire celle de consommer. Dans ce système les Africains ont été programmés pour consommer au même titre que les autres parties du monde, depuis la chute du mur de Berlin et le démantèlement des anciennes républiques soviétiques et communistes, le capitalisme a réussi son oeuvre de faire croire à l'abondance et surtout à la consommation. Même la Chine s'y est mise, elles s'est raccroché depuis bientôt 20 ans à ce modèle d'autodestruction.
Imaginez un seul instant que 50 à 75% de chinois possèdent un véhicule à moteur à essence, je ne sais pas si l'on pourra encore parler de progrès, mais la Chine pour continuer à rester en paix doit satisfaire ce besoin "inoculé" à ces citoyens qui ressemblent au virus de la consommation pour que la chine continue à occuper le devant de la scène économique.
Si la finalité de la vie humaine se résume à consommer pour maintenir la croissance des nations alors, nous nous trompons.
L'économie ( du grec écos )doit servir à faire vivre la maison et perpetuer la vie, mais pas le capital.
Mon père me disait toujours "que c'est l'homme qui fabrique l'argent, et ce n'est pas l'argent qui fabrique l'homme"
En tant qu'Africain nous avons à méditer sur notre capacité à concevoir la liberté et la vie.
L'Afrique a intérêt à s'inspirer de la Chine d'avant 1985 qui avant s'était fermée au monde occidental pour progresser. L'Afrique n'a rien à gagner avec le système mondial actuel qui est fondé sur son exploitation depuis des siècles.
Je sais que mes propos peuvent créer de l'anxiété chez les Africains à l'idée comme j'avais en 1995 répondu à un propos de Raymond Barre sur Radio France. on m'avait demandé ce que je pensais quand cet économiste français ancien premier ministre de France avait conseillé à l'Afrique de s'intégrer au système mondial, par crainte de marginalisation, cela au vu de la part africaine qui avait baissé dans les échanges des produits finis.
Moi j'avais répondu que l'Afrique était déjà intégrée au système mondial, elle avait plutôt intérêt à se marginaliser de façon volontaire, à décrocher. On ne fait pas rentrer un bandit ou un assassin dans sa maison, donc je recommanderais à l'Afrique de faire une pause dans sa relation avec l'Occident, voire à se fermer à l'Occident, comme la Chine l'avait fait à partir du 15ème siècle. Il y a lieu de rappeler que la Chine ne fait pas encore partie de l'OMC (organisation mondiale du commerce), c'est à méditer. Et pourtant c'est la Chine qui soutient l'économie mondiale, sur les dix plus grande banques mondiales, 6 sont chinoises. Il y a 20 ans ce n'était pas le cas. Les chinois n'étaient pas il y a encore 10 ans des consommateurs des produits occidentaux.
Ils commencent à le devenir à cause des pressions occidentales et surtout de la télévision et internet qui inoculent le virus de la consommation sans fin. Vous n'avez qu'à faire une enquête auprès des Kinois sur les portables, vous verrez qu'ils ont les téléphones dernière création, quand les anciens peuvent encore servir.
Ainsi sans le savoir les kinois contribuent à la croissance des sociétés qui les fabriquent qui sont à l'étranger. D'un point de vue psychologique, ce besoin a été suscité, et n'est aucunément un besoin vital, donc un simple téléphone, pour appeler et être appelé, suffirait, mais pour les Africains, le fait de posseder un téléphone portable leur donne l'illusion d'être des hommes car c'est l'image que les occidentaux véhiculent dans la publicité (car elle est la fille aîné du capitalisme), vous verrez toutes les villes africaines envahies (au point d'atteindre un niveau inquiétant de pollution visuelle) par de grands panneaux vantant les nouveaux mobiles. Il y a plein d'exemples de ce type.
Ainsi par cette idiote consommation de la pacotille occidentale, les Africains sont prêts à vendre les leurs.
Ils sont prêts à s'allier à toute personne qui leur promet de l'argent, afin qu'ils achètent les pacotilles de l'occident et autres produits inutiles à la vie.
Les pseudo gouvernants construisent des bâtiments inutiles comme des palais ou autres buildings, au lieu d'investir dans l'éducation mentale et spirituelle, dans la santé, dans l'agriculture et autres besoins fondamentaux.
Les guerres qu'il y a dans l'Est du Congo sont faites à cause des matières premières et de la position existentielle de consommateur de l'Africain.
Si à un moment l'Africain cessait d'être cet Homo economicus et devenait un authentique être vivant?
Siemens veut investir 200 millions d'euros en Afrique en deux ans
BERLIN - Le groupe industriel allemand Siemens a annoncé vendredi vouloir investir 200 millions d'euros en deux ans pour se développer en Afrique, notamment dans les énergies renouvelables et la santé.
"Des possibilités de croissance innombrables s'ouvrent pour Siemens en Afrique", a dit le patron du groupe Peter Löscher, cité dans un communiqué. Il se trouvait vendredi à Johannesburg pour fêter le 150ème anniversaire de la présence de Siemens en Afrique du Sud.
"Nous sommes l'un des leaders mondiaux à la fois dans les technologies de l'énergie et sur le marché de l'eau", a-t-il dit, faisant valoir qu'un Africain sur deux n'a pas accès à l'électricité, et un sur trois aucun accès à l'eau potable.
Siemens, fabricant d'éoliennes comme de matériel médical de pointe, table aussi sur le développement de partenariats public-privé dans le secteur hospitalier en Afrique, ainsi que sur un boom des énergies renouvelables dans le continent.
Le groupe allemand a décroché l'an dernier pour 1 milliard d'euros de contrats en Afrique, et veut tripler cette somme d'ici 2012.
En janvier Siemens avait indiqué vouloir réaliser des investissements d'un montant à peu près équivalent (250 millions d'euros sur deux ans) en Inde.
Source : (©AFP / 09 juillet 2010 12h58) Romandie News
Le temps de l'Afrique au Collège de France (partie II)

L'Afrique n'est pas la Chine
La croissance démographique et économique de l'Afrique n'est pas comparable à celle de la Chine. D'une part parce que ces deux continents répondent à une histoire distincte, d'autre part, parce que la Chine s'est positionné sur les marchés mondiaux via la production massive de produits manufacturés. L'Afrique fonde davantage son rôle économique sur sa capacité en ressources énergétiques et agricole.
La Chine, au même titre que l'Amérique du Nord, ne peut pas se nourrir... A l'inverse, l'Afrique possède un potentiel de terres agricoles cultivables non encore exploité. Tout l'enjeu consiste à faire de l'Afrique un grenier du monde intelligent (pour elle). Curieux paradoxe en effet que de savoir qu'aujourd'hui l'Afrique importe des denrées alimentaires et parvient difficilement à se nourrir alors même qu'elle est virtuellement capable de nourrir d'autres pays en plus d'elle-même (bastion exportateur). Il s'agit donc de trouver une politique de développement agricole efficace, adaptée au schéma de pensée local (qui de l'application de la logique privative des terres) et corrélée à une politique de développement des infrastructures (routes, barrages etc.) concluante. N'oublions pas que les continents qui ne parviennent plus à se nourrir entraînent automatiquement une flambée des prix des matières premières : ce qui est une opportunité à saisir pour une Afrique virtuellement comprise comme le futur grenier du monde.
La question démographique est également essentielle : en 2040 l'Afrique sera aussi peuplée que la Chine. Cette donnée n'est pas à négliger : le facteur démographique est tout de même le principal argument qui fonde la légitimité de la présence de la Chine sur la scène internationale.
De manière schématique, une forte croissance démographique est un facteur propice à une densification des flux migratoires et des pressions sur les ressources naturelles (foncier, qualité des sols etc.). A la fois facteur de dynamisme et de pression, elle traîne en son sillon des problématiques resserrées telles que l'accès à l'éducation et à la formation. Vue de l'Europe, la croissance démographique de l'Afrique raisonne tristement dans le concept du « péril noir ».
L'immigration africaine, autrement désignée par l'expression dramatisée « péril noir », ne constitue finalement qu'un phénomène mineur dans les processus de migration de population à venir. Selon Sylviane Guillaumont, plutôt que de se focaliser sur la conception du péril noir l'on devrait s'attendre plutôt à des flux de migration internes au continent africain (ce qui n'est pas sans soulever de nombreuses questions ni sans nous concerner, non plus).
Le vrai danger concernant cette croissance démographique est finalement qu'elle n'entraîne aucune croissance. Ce marasme aurait pour conséquences directes des risques de pandémie et l'accroissement de violences, des phénomènes de milices, de pillages... et plus loin encore de guerre civile. Comme le souligne justement Jean-François Bayart, la délinquance n'est autre qu'une réponse légitime à un manque de structures : il ne s'agit là que d'une expression urbaine et non canalisée de la politique. De même, la guerre est une matrice tragique de recomposition des rapports sociaux.
AFRIQUE DU SUD: Boire le brouillard
JOHANNESBURG, 15 avril 2010 (IRIN) - Gcinikaya Mpumza, maire d’une petite municipalité perchée sur les hauteurs du Drakensberg, un massif montagneux d’Afrique du Sud, s’est trouvé confronté à un problème de taille : plus de la moitié de ses administrés n’avaient pas accès à l’eau. Pour des raisons financières.
« Nous sommes une municipalité rurale aux revenus insuffisants, et fournir de l’eau selon des systèmes conventionnels [eau courante] coûte beaucoup d’argent dans la plupart des zones », a-t-il dit à IRIN.
Et puis un jour, M. Mpumza est tombé par hasard sur un article traitant du captage de l'eau de brouillard, publié par le professeur Jana Olivier, climatologue à la School of Agriculture and Environmental Sciences de l’Université d’Afrique du Sud.
Le professeur Olivier a passé 20 ans à mener des recherches sur le captage de l’eau de brouillard, une pratique qui, après avoir vu le jour en Afrique du Sud, en 1901, est désormais employée dans de nombreuses régions montagneuses de par le monde, a-t-elle dit.
La procédure est simple : un filet à mailles fines est tendu entre deux poteaux, perpendiculairement à la direction du vent, afin de piéger et de condenser les gouttelettes d’eau qui proviennent du brouillard. L’eau coule ensuite dans une gouttière ou un conduit situé au bas du panneau, où elle est recueillie et stockée.
M. Mpumza a contacté le professeur Olivier. En mars 2010, la municipalité a consacré un budget de 300 000 rands (environ 41 000 dollars) au lancement d’un projet en partenariat avec l’université, et les 180 habitants du village de Cabazane ont désormais accès à 40 000 litres d’eau salubre obtenus par captage de brouillard et stockés dans des réservoirs ; ils ne sont ainsi plus obligés de parcourir deux kilomètres à pied pour se rendre au ruisseau le plus proche.
Encouragé par les résultats du projet de Cabazane, M. Mpumza a budgétisé un million de rands (environ 137 300 dollars), a-t-il expliqué, pour que quatre autres villages et une ville de la municipalité dont il est le maire puissent également bénéficier du captage de brouillard. Un système conventionnel de canalisations d’eau aurait coûté au moins 40 millions de rands (environ 5,4 millions de dollars).
| « Environ 98 pour cent de notre eau est déjà affectée, ce qui ne nous laisse que deux pour cent de marge de manœuvre » |
L’Afrique du Sud a accompli de formidables avancées dans le domaine de l’approvisionnement en eau depuis 1994 : à l’époque, seuls 61,7 pour cent des ménages avaient accès à des services élémentaires d’approvisionnement en eau, selon le site Internet du gouvernement ; 87,2 pour cent des ménages y avaient accès en 2007.
Un avenir sombre
Mais y aura-t-il assez d’eau à l’avenir ? L’Afrique du Sud est un pays semi-aride, où les précipitations « sont disproportionnellement réparties dans l’ensemble du pays » : elles sont bien plus faibles dans le nord et l’ouest que dans le sud et l’est. « La quantité d’eau à disposition aujourd’hui et à l’avenir dépend largement du climat, de l’usage de l’eau, et des pratiques de gestion et d’exploitation des terres », peut-on lire sur le site web.
Wandile Nomquphu est directeur de recherches à la Commission de recherche sur l’eau, formée en 1971 après une période de graves pénuries pour examiner la qualité et la quantité des ressources du pays en eau ; selon lui, la situation est peu réjouissante.
L’Afrique du Sud compte parmi les 30 principaux pays du monde où les ressources en eau sont rares, et 60 pour cent de son territoire est semi-aride. « Environ 98 pour cent de notre eau est déjà allouée, ce qui ne nous laisse que deux pour cent de marge de manœuvre », a-t-il commenté.
En outre, le pays n’a pas assez de ressources en eau pour attirer les investissements industriels dont il aurait besoin pour produire le taux de croissance économique de six pour cent nécessaire pour réduire le chômage. Sur son site Internet, le gouvernement note que « l’eau douce est la plus restrictive de nos ressources naturelles ».
L’une des principales sociétés industrielles du pays consomme autant d’eau que la ville du Cap, qui compte environ quatre millions d’habitants, a noté M. Nomquphu.
Pour faire face au problème, le gouvernement envisage d’exploiter les eaux de l’Umzimvubu dans la province du Cap-Oriental, le seul fleuve d’Afrique du Sud n’ayant pas encore été équipé d'un barrage, a dit M. Nomquphu, notant que « les sources d’eau alternatives, telles que le brouillard, ont un gros potentiel ». L’Afrique du Sud n’a pas encore mené de recherches pour déterminer la quantité d’eau souterraine dont elle dispose, mais « nous espérons bientôt cartographier ces ressources ».
Les prévisions relatives au changement climatique laissent présager un avenir peu brillant et sans eau pour l’Afrique du Sud. « Mais ces prédictions reposent sur des modèles globaux », a noté M. Nomquphu. « Nous ne savons pas dans quelle mesure ces prévisions sont exactes, car elles n’ont pas été adaptées à l’échelle des pays ou des régions ».
jk/he/nh/ail
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Thèmes: (IRIN) Environnement, (IRIN) Eau et Assainissement
[FIN] |
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies] |
Les toilettes, un « luxe » inaccessible dans certaines régions du monde
En 2008, près de 40% de la population mondiale était encore privée d’accès à un système d’assainissement de bonne qualité. Les efforts de l’OMS et de l’UNICEF, engagées dans un Programme conjoint de Suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, commencent malgré tout à porter leurs fruits : la partie de la population mondiale qui en est réduite à satisfaire ses « besoins naturels » à ciel ouvert n’est « plus que de » 17%, contre 25% en 1990.
Plus d’un milliard de femmes et d’hommes dans le monde vont à la selle en pleine nature. Si cette pratique, la moins hygiénique de toutes, est en déclin général, elle reste très ancrée en Asie du Sud Est. Les toilettes improvisées y sont le lot de 44% de la population.
Sept fois sur dix, les zones rurales sont affectées par ce défaut de systèmes d’assainissement. L’accès à un « assainissement amélioré » est loin de se généraliser aussi rapidement que l’accès à l’eau potable – à laquelle 87% de la population accède aujourd’hui. Si sur ce point, les Objectifs du Millénaire pour le Développement seront atteints à l’échéance 2015, l’OMS convient que ce ne sera probablement pas le cas pour l’assainissement, où le seuil du milliard de nouveaux raccordements paraît illusoire.
Or ces problèmes – mauvaise qualité de l’eau et défaut de circuits d’assainissement - coûtent chaque année la vie à 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans.
Ils relèvent à l’évidence, d’une réflexion globale. Pourquoi ne pas envisager la transformation de ces déchets en combustible ? Une voie intéressante qui offrirait des ressources énergétiques supplémentaires, dans des zones souvent frappées par la plus extrême pauvreté. Au Tibet comme en Inde, les excréments animaux sont d’ailleurs fréquemment utilisés dans les cheminées à la place du bois…
www.destinationsant e.com
Interview
Afrique | 3 Avril 2010 | Mise à jour le 9 Avril 2010
Bob Geldof: "Aidez-vous, aidez l'Afrique!"
Le chanteur, militant du développement, accuse la France de ne pas être digne de ses engagements et de son passé africain.
L’ex-punk qui n’aimait pas les dimanches est devenu l’un des premiers militants du développement en Afrique, animant l’ONG One, avec son "collègue" Bono, mixant une compétence reconnue et une gouaille popu-irlandaise jamais abandonnée.
Le JDD a rencontré Bob Geldof au Kenya, où il était l’invité dune conférence du Fonds monétaire international.
Déçu par la France, il livre ici un plaidoyer pour l’économie, la politique, et contre la charité et l’oubli.
"On n’échappe pas à son histoire, et vous, Français, votre histoire est aussi africaine, et vous n’en assumez pas les conséquences. Appelez ça la gueule de bois postcoloniale, ou allez juste vous promener à Barbès, et regardez.
Pour beaucoup d’Africains, Paris est la porte d’entrée en Europe ou en Occident. C’est vrai aussi de l’Angleterre, mais les Français sont plus romantiques! Seulement, le romantisme n’y suffit pas. Il y a de la politique, des engagements, des responsabilités.
Ce n’est pas le sanglot de l’homme blanc ; ce que vous devriez à l’Afrique pour avoir été ses colonisateurs, cela existe: les peuples africains vivent dans des Etats aux frontières imposées par les anciens colonisateurs… Mais je parle des engagements contemporains, d’un Etat qui se veut une puissance mondiale et un leader de la régulation.
En 2005, les pays les plus riches de la planète s’étaient engagés à doubler leurs aides à l’Afrique. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon l’ont fait. Seule la France n’a pas rempli ses obligations - vous en êtes à 13% de vos engagements. J’en ai parlé au président Sarkozy, nous en avons parlé à Christine Lagarde.
"On doit faire de l’économie avec l’Afrique"
Ce retard doit être comblé. Vous serez les hôtes du G8 et du G20 l’an prochain. Vous allez être très importants pour l’Afrique à ce moment-là. Vous devez être dignes de ce statut.
Vous ne pouvez pas vous contenter de faire défiler des armées africaines pour votre prochain Bastille Day, à l’occasion du 50e anniversaire des indépendances…
Il faut être concret. Vous savez l’être. Je connais bien Michel Camdessus, l’ancien patron du FMI, avec qui j’ai commencé à travailler sur la dette ; je vois le rôle de la France dans le Fonds mondial de lutte contre le sida. Je sais ce qu’y fait Carla. La France doit être au même niveau sur l’aide au développement. Prenez ça comme le prix à payer en échange du rôle clé dans la régulation. On vous demande 0,51 % de votre PIB, pour respecter la parole, l’honneur et la dignité de l’Etat et du peuple français! Au demeurant, c’est votre intérêt.
Aider réellement l’économie africaine n’atteindra pas votre niveau de vie. Et, au contraire, vous vous ferez du bien. Investir en Afrique, c’est créer des emplois chez nous!
Je voudrais que l’Europe cesse d’être aveugle à un marché gigantesque.
Entre le sud de l’Espagne et l’Afrique, il y a huit milles! Huit milles entre nous, le continent le plus riche, et le continent le plus pauvre de la planète, et ce décalage est un trésor d’opportunités. Un milliard de personnes qui nous attendent, et nous regardons ailleurs.
Nous sommes à genoux pour entrer en Inde, pour faire du business avec la Chine, et cela va devenir de plus en plus difficile… Mais nous laissons l’Afrique? Un milliard d’Africains ne veulent pas de yaourts Danone, de grands vins, ou des eaux françaises? Ils ne veulent pas consommer comme nous? Ils ne veulent pas nous exporter des produits qu’ils fabriqueraient?
On doit faire de l’économie avec l’Afrique. Pour l’instant, on en est encore à une conception étriquée de l’aide – qui en réalité est convertie en bons d’achat de produits français, par exemple. Il faut faire le pari du développement, et encourager l’économie et la production.
Notre énergie viendra de l’Afrique, nos marchés, notre richesse future. La corruption, l’instabilité, les guerres ne sont pas des excuses: elles viennent de la pauvreté, qui est le problème structurel de l’Afrique et sera résolu dans le développement. Les Africains se bougent déjà tout seuls, ils ne nous attendront pas…
Je ne crois pas à la charité ou à la compassion pour résoudre les problèmes de la planète: je crois à la politique et à l’économie. C’est ce que je nous demande."
Propos recueillis par Claude Askolovitch - Le Journal du Dimanche
Samedi 03 Avril 2010
Source : http://www.lejdd.fr
Philippe Vasseur : "La future PAC peut être dévastatrice pour l'Afrique"
Les conséquences de la réforme de la PAC pourraient être à double tranchant pour l'Afrique© AFP
L’ancien ministre français de l’Agriculture (1995-1997) et fondateur du World Forum Lille pour l’économie responsable revient sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC) que l’Union européenne engagera en 2013. Les lignes directrices de ce vaste chantier seront présentées dès le second trimestre 2010. Mais elles sont déjà en partie connues et une question cruciale se pose : quelles en seront les conséquences sur le secteur agricole africain ? Philippe Vasseur fait part de son inquiétude à jeuneafrique.com. Entretien.
Vers quelle PAC s’achemine-t-on ?
La réforme de la PAC sera marquée par une triple contrainte. La première est liée aux règles de libéralisation de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et à la fin des subventions à l’exportation. La deuxième concerne l’évolution budgétaire de l’Union européenne : quel sera son montant global ? Quelles seront les contributions des États ? Et surtout, quelles seront les priorités ? Sur ce point, l’agriculture, qui a été très longtemps le secteur le plus financé, n’est plus la priorité numéro un. Je doute cependant que la coopération figure en tête de liste… Enfin, la troisième contrainte est l’évolution de l’opinion publique. En Europe aujourd’hui, les gens n’admettent plus que la PAC ne bénéficie qu’aux seuls agriculteurs, qui ne représentent plus que 4% de la population.
Quelles seront les conséquences pour l’agriculture du continent africain ?
Certaines seront positives. L’OMC exige que nous supprimions les subventions à l’exportation, ce qui sera fait le 1er janvier 2014. C’est une bonne nouvelle pour l’Afrique car ces subventions ont été dévastatrices pour certains marchés africains. D’autre part, le soutien interne aux producteurs sera modifié. Les subventions ne seront plus liées à la production. Elles encourageront donc moins à produire le plus possible, mais seront menées selon de nouveaux critères, comme le respect de l’environnement. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle pour l’Afrique, même si les producteurs européens resteront privilégiés. En revanche, l’ouverture des marchés pourrait avoir des effets néfastes pour le continent. La libéralisation est souvent profitable aux grands pays exportateurs, comme le Brésil, mais très négative pour les pays importateurs, et ils sont nombreux en Afrique. En ce sens, je comprends les pays africains qui hésitent ou rechignent à signer les accords APE.
Pourquoi ?
Il s’agit d’un choc brutal. En plus, ces pays font souvent l’objet de pressions européennes parfois anormales, comme celle consistant à conditionner l’aide au développement à la signature de ces accords. Ce n’est pas correct ! La mise en concurrence des agriculteurs européens et africains pourrait être terrible car elle n’est pas loyale. Il y a les écarts de rendement. Il y a aussi les normes sanitaires de plus en plus strictes qui constituent de véritables barrières. D’autre part, la libéralisation va priver les États africains des rentrées d’argent liées aux taxes douanières.
La déréglementation pose un autre problème : la spéculation…
Lors des émeutes de la faim en 2008, l’on a pu se rendre compte de l’extrême volatilité des cours. Le cours du blé est aujourd’hui trois fois moindre qu’il y a 18 mois ! La contradiction consiste à envisager la régulation de l’économie, alors qu’on continue à vouloir libéraliser le secteur agricole.
Lors des négociations sur la future PAC qui seront certainement très dures, notamment avec les agriculteurs européens, peut-on imaginer – rêver - que les conséquences des décisions sur l’Afrique seront prises en compte ?
Je n’ai pas le sentiment que cela soit la préoccupation première… Regardez l’Aide publique au développement : entre 1970 et 2000, la part de l’aide à l’agriculture est passée de 20% à 4%. Longtemps, l’Union européenne et la Banque mondiale ont estimé que l’agriculture n’était pas une priorité en Afrique. C’était une erreur et la Banque mondiale l’a reconnue.
Quelles pistes faut-il suivre ?
Aider l’investissement et surtout ne pas calquer le modèle européen sur l’Afrique. L’expérience de la PAC ne peut pas servir au continent. Il nous reste deux ans pour boucler cette PAC. Pour l’instant, elle peut avoir des conséquences positives comme être dévastatrice pour l’Afrique.
Retrouvez notre dossier spécial sur la sécurité alimentaire dans le numéro 2564 de Jeune Afrique en kiosques du 28 février au 6 mars 2010.
Source : www.jeuneafrique.com
Source : solidaires du monde www.solidairesdumonde.org
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