A propos des élecions au Congo, Lu pour vous sur le site International Crisis Group
Congo : sauver les élections
Kinshasa/Nairobi/Bruxelles | 8 déc. 2011
Une semaine après les élections présidentielles et législatives, la République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une crise politique qui pourrait replonger le pays dans la violence. Les résultats provisoires, attendus aujourd’hui, risquent de déclencher des manifestations de l’opposition, qui peuvent susciter à leur tour une répression sévère des forces de sécurité congolaises et enclencher une spirale de violence. Afin d’éviter ce scénario, les autorités congolaises doivent adopter des mesures urgentes pour qu’un résultat relativement représentatif émerge d’un processus électoral défectueux. Les Nations unies, l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) doivent travailler ensemble pour proposer une médiation entre les dirigeants congolais afin de trouver une issue à la crise.
La semaine dernière, des dizaines de millions de Congolais ont voté lors des secondes élections depuis la fin de la sanglante guerre civile. Le scrutin constitue l’aboutissement d’une année de préparation tendue, caractérisée par un déséquilibre politique favorable au président en exercice Joseph Kabila. Des modifications constitutionnelles ont mis fin à l’élection présidentielle à deux tours, ce qui a éparpillé le vote de l’opposition incapable de s’unir derrière un candidat unique. Des fidèles du pouvoir ont été nommés à la commission électorale et à la Cour suprême, en charge du contentieux électoral. Malgré des disparités dans l’enrôlement des électeurs, les partis de l’opposition et les observateurs n’ont pas pu examiner la liste électorale. Les médias contrôlés par l’Etat ont battu le rappel pour le président. Néanmoins, Joseph Kabila, largement moins populaire que lors de sa victoire en 2006, a fait face à une rude compétition, notamment de la part du vétéran de l’opposition Etienne Tshisekedi. Avec la présence d’un autre candidat, Vital Kamerhe, menaçant de rafler les voix de Kabila aux Kivus – voix qui ont été cruciales pour sa victoire il y a cinq ans – la réélection du président sortant est loin d’être assurée.
Le scrutin a été marqué par une gestion chaotique, des violences localisées et des fraudes ont été signalées – intimidation des électeurs, bourrages d’urnes, etc. Prévu pour le 28 novembre, le vote a été prolongé de deux jours parce que le matériel nécessaire est arrivé en retard et la confusion régnait dans les listes électorales. Les observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne et du Centre Carter, ont signalé des irrégularités très répandues – mais puisque peu d’entre eux se sont aventurés en dehors des villes principales, ils ont probablement manqué les abus les plus grossiers.
Le décompte a été aussi chaotique que le vote, et dangereusement opaque. Les critères pour invalider les bulletins de vote ne sont pas clairs, et Kinshasa – un fief de l’opposition – semble être particulièrement concerné. Le refus de la commission électorale de publier les résultats par bureaux de vote, ce qui permettrait aux partis d’opposition et aux observateurs de les vérifier dans le détail, est particulièrement révélateur. Les irrégularités du jour du scrutin sont un sérieux problème ;l’impression que les résultats sont falsifiés à huis clos serait un désastre.
L’infortune électorale du Congo reflète une absence de progrès au niveau démocratique et institutionnel depuis 2006. Mais elle résulte également du faible engagement africain et international. Malgré des violations des droits de l’homme lors de la campagne, rapportées par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, la mission de l’ONU, la Monusco, s’est montrée peu disposée à critiquer ouvertement le gouvernement et les autorités électorales. Elle s’est aussi apparemment abstenue de proposer les bons offices prévus dans son mandat du Conseil de sécurité ; un rôle pourtant crucial compte tenu de la méfiance de l’opposition à l’égard des institutions congolaises. Les bailleurs de fonds également – particulièrement l’UE et le Royaume-Uni, qui ont en partie financé le scrutin, et les Etats-Unis – ont largement échoué à empêcher le renforcement du pouvoir de Kabila.
Une lourde atmosphère pèse désormais sur Kinshasa. A la veille des élections, la répression des forces de sécurité contre des manifestants de l’opposition a entrainé, selon Human Rights Watch, dix-huit morts et plus d’une centaine de blessés. Pendant le scrutin, les autorités se sont heurtées aux militants de l’opposition dans les provinces du Kasaï et du Katanga, alors que des violences sporadiques ont été signalées dans d’autres régions, caractérisées notamment par la destruction du matériel électoral et des électeurs empêchés de se rendre aux urnes. L’arrivée des renforts de la garde présidentielle dans les camps militaires aux abords de la capitale et le renvoi de certains officiers n’augurent rien de bon. Les deux camps peuvent facilement mobiliser des milices et des groupes de jeunes armés.
Durant le weekend, des milliers de Congolais auraient traversé le fleuve pour se rendre au Congo-Brazzaville voisin, redoutant la violence. Des rumeurs de distribution de machettes, une mobilisation des gangs et une lourde présence des forces de sécurité entretiennent une atmosphère de paranoïa dans la capitale. Les dirigeants de l’Eglise catholique au Congo, qui a déployé quelque 30 000 observateurs – plus que tout autre groupe – durant le scrutin, ne publient pas leurs conclusions, craignant qu’elles n’attisent les tensions. Durant le weekend, l’évêque Nicolas Djombo a décrit la situation comme étant « un train allant droit dans le mur ». Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), pendant ce temps, a déclaré qu’il suivait de près la situation en RDC.
Les résultats provisoires de la commission électorale, censés être publiés rapidement, vont sans doute placer Kabila en tête du scrutin. Mais compte tenu de la crédibilité entamée de cette institution et de l’ampleur des irrégularités, ces résultats ne risquent pas d’inspirer la confiance. L’opposition risque de les rejeter d’emblée. La Cour suprême doit résoudre les différends, mais puisqu’elle est également composée de proches du pouvoir, les perdants vont probablement chercher à exprimer leurs griefs dans la rue. Il est difficile d’anticiper l’ampleur de la violence : des affrontements risquent d’éclater à Kinshasa mais aussi dans d’autres régions, particulièrement dans les fiefs de l’opposition comme le Kasaï oriental, où le gouverneur a déjà déclaré l’état d’urgence, le Kasaï occidental, le Sud-Kivu, Lubumbashi, et l’Equateur. Des divisions au sein de l’armée ne doivent pas être exclues.
Une action internationale et régionale d’urgence est nécessaire pour sauver les élections et persuader les dirigeants congolais de s’abstenir de recourir à la violence. Ces deux tâches ne s’annoncent pas faciles. Les défaillances techniques considérables et les manipulations délibérées du scrutin réduisent la possibilité de connaitre les véritables résultats tandis que le contrôle des institutions par le régime réduit la possibilité pour les élites de résoudre pacifiquement les différends. Alors qu’une fébrilité croissante gagne Kinshasa, les deux candidats en tête semblent peu enclins à s’adresser la parole et encore moins à accepter la défaite. Cependant l’adoption des mesures suivantes présente un espoir de sortie de crise :
- La commission électorale doit compter les bulletins de vote de manière transparente, dans le respect de la loi congolaise et en présence d’observateurs locaux et internationaux – et elle doit annoncer publiquement qu’elle va le faire. Elle doit publier les résultats de chaque bureau de vote, pour permettre une vérification indépendante, pour l’élection présidentielle comme pour les législatives qui sont désormais quasiment oubliées.
- Les autorités doivent expliquer clairement comment les partis politiques et les observateurs ont la possibilité de contester les résultats de chaque bureau de vote. Les bureaux qui ont fourni des résultats douteux ou ceux où les observateurs ont signalé des irrégularités doivent faire l’objet d’enquêtes rigoureuses – encore une fois, en présence d’observateurs internationaux – avec des critères clairs à appliquer pour l’invalidation des bulletins. La possibilité de voter doit être offerte aux électeurs des régions où le scrutin n’a pas pu avoir lieu.
- Tous les dirigeants congolais doivent éviter les discours haineux. Etant donné que les manifestations vont sans doute devenir violentes, les dirigeants de l’opposition ne doivent pas appeler à manifester après l’annonce des résultats.
- Si des manifestations ont lieu, les forces de sécurité doivent s’abstenir de faire usage d’une force excessive – et des instructions claires doivent être émises par les chefs militaires et de la police et le président. Toute violence doit faire l’objet d’une enquête par des organisations de droits de l’homme congolaises et internationales, ainsi que, si cela est approprié, par la CPI.
- L’ONU, l’UA et l’UE doivent envoyer immédiatement une médiation de haut niveau entre les parties. Un accord de partage du pouvoir n’est pas souhaitable ; en revanche, compte-tenu de la défiance à l’égard des institutions électorales. Les médiateurs doivent explorer des options pour un mécanisme alternatif de règlement du contentieux électoral ou pour une supervision indépendante des mécanismes existants – éventuellement sous les auspices de l’UA et avec un soutien international. Ils doivent également trouver un moyen d’éviter une crise constitutionnelle puisque le mandat de Kabila expire cette semaine.
- Pendant ce temps, l’ONU, les bailleurs de fonds et les dirigeants régionaux doivent éviter les déclarations qui légitiment des résultats contestables et détruisent le peu de crédibilité qui leur reste au Congo. Ils ne peuvent pas accepter les défaillances électorales. Aucun dirigeant ne doit être félicité tant que tous les différends électoraux ne sont pas résolus.
- L’ONU doit déployer des casques bleus supplémentaires dans les provinces de l’Ouest et à Kinshasa, sinon elle risque d’échouer à remplir son mandat de protection des civils. Un bain de sang dans la capitale d’un pays hôte de la plus large opération de maintien de la paix des Nations unies est impensable.
Au-delà du danger immédiat que représentent le rejet des résultats et l’escalade de la violence, l’existence d’un président ayant un mandat illégitime pose une menace sérieuse pour la paix et la sécurité dans le pays. Seul un dirigeant dont les Congolais sont convaincus qu’il a été élu librement est à même de résoudre les multiples problèmes du pays. Les perdants exclus de la vie politique peuvent facilement prendre les armes, comme en République centrafricaine ou au Burundi voisins. La crise d’aujourd’hui n’aura pas surpris les observateurs du Congo, puisqu’elle résulte du désengagement discret mais réel des acteurs régionaux et internationaux ces dernières années. Ils doivent désormais s’engager à nouveau – et rapidement.
Le Taser, l’Argent et la JUSTICE CONGOLAISE
Par Obambé GAKOSSO
QUAND IL S'AGIT D'IMPORTER les bonnes choses, les autorités congolaises ne sont jamais en première ligne. Qu'elle n'a pas été ma consternation d'apprendre ce matin au journal de 07h30' (06h30' GMT) d'Africa1 que dans la ville de Ndjindji, au bord de l'océan atlantique, une jeune fille prénommée Nathalie a été victime d'une arme électrique appelée Taser.
La chose se serait passée au mois de décembre dernier, soit il y a environ 2 mois. Mais en parcourant le Net, sauf inattention de ma part, je n'ai pas trouvé trace de cela. Bizarre, devrait-on se dire.
Mais quand on suit avec attention l'info relayée par la radio africaine et qu'on apprend qu'un commerçant libanais de 62 ans est impliqué là-dedans, on comprend mieux le pourquoi du quasi silence des sites officiels congolais à ce sujet (là aussi sous réserve que je trouve quelque chose entre temps). LE COMMERÇANT AURAIT 62 ANS et aurait fait une cour assidue à la jeune Nathalie, coiffeuse de son état.
L'occasion m'est donnée ici pour rappeler que toutes les filles et femmes ne sont pas prêtes à… comment dire, se mettre en ménage, tenter une aventure d'une heure, d'une semaine ou d'une année avec n'importe qui, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.
Nathalie a refusé jusqu'à ce jour macabre de décembre 2010 où cette fameuse arme aurait été utilisée contre elle, la paralysant (à ce jour encore elle est malade) de ses membres inférieures. L'affaire a été portée devant la Justice, ce qui aurait fait rire ledit commerçant libanais qui dira lui-même la sentence : Au Congo, la justice se règle à coups de millions. Comme Nathalie et sa famille n'ont pas (je suppose) de millions, ils ne peuvent avoir gain de cause. CQFD.
On a beau considérer les Congolais comme résignés, j'ai toujours battu en brèche cette idée, même si je pense que les dégâts des guerres de 93 à 2000 sont encore trop immenses, une étincelle peut suffire à faire basculer les choses. Vers le pire comme vers le meilleur.
A Ndjindji, des gens se sont mobilisés face à l'arrogance du commerçant, soutenant la jeune Nathalie et sa famille. La justice congolaise, il y a belle lurette qu'elle a perdu toute sa crédibilité. Dire ici qu'elle est aux ordres serait une lapalissade de la pire espèce, mais le répéter ne fait pas de mal.
Elle est aux ordres et les augmentations de traitements consenties par les autorités au début des années 2000 n'ont servi à rien du tout : plus vous avez des sous, plus vous achetez des juges et plus pouvez commettre crimes, infractions et autres délits.
On a encore en mémoire la mort du vieux jardinier, après tortures, dans la résidence d'un dignitaire du pouvoir local de Mfoa. A ce jour, la famille du ce pauvre Monsieur et les Congolais épris de paix et de justice attendent toujours que le droit parle. L'on nous a raconté que le dossier aurait disparu du bureau du procureur de la République. Comme par enchantement…
La pression de ces gens mobilisés a fini malgré tout par payer et la justice a fini par s'emparer du dossier, on attend de savoir comme les choses vont se passer. Du côté de la communauté libanaise de Ndjindji (toujours d'après la radio Africa1), conscients que l'accusé est allé trop loin, ils ont décidé de s'occuper des frais de santé de Nathalie. Je ne sais pas si la pauvre pourra recouvrer l'usage de jambes et pieds.
EN FRANCE, DEPUIS L'ARRIVÉE DU TASER, les débats n'ont pas manqué sur la dangerosité de cette arme supposée juste immobiliser sa cible. Le facteur et homme politique Olivier BESANCENOT est un des premiers à avoir porté publiquement l'estocade contre cette arme. Et il a gagné le procès qui lui était intenté (lire ci-dessous).
Je me pose donc la question de savoir dans quelles conditions cette arme s'est retrouvée au Congo Brazzaville ? Par le biais des autorités ? Par le biais de personnes privées ? Le ministère de la Justice, je suppose, informé depuis le mois de décembre 2010, attendait quoi pour monter au créneau ?
C'est un étrange pays où l'on se mobilise très vite, on envoie des ministres à la Télévision pour attaquer la Cour de cassation française, mais quand des Congolais sont victimes d'injustice, on ne les voit nulle part, on ne les entend pas, ils deviennent d'un seul coup aphones, sourds, muets, aveugles, malvoyants, malentendants.
Je repose cette question : pourquoi devrons-nous toujours prendre toutes les merdes et bêtises des autres ? On ne peut considérer cette arme comme une forme de progrès, contrairement à ce qui nous a été vendu dès le départ. C'est une arme de mort, les faits, les noms et chiffres sont là : http://www.et-pourtant.org/actualites/la-liste-des-morts-par-taser-que-smp-technologies-reclame-a-o-besancenot.html .
Combien faudra-t-il de morts ou de paralysés pour que l'Etat congolais prenne ses responsabilités.
Les devoirs d'un Etat ne consistent pas seulement à exploiter et à surexploiter les ressources naturelles dont le pays dispose, la sécurité et le bien-être des concitoyens font aussi partie de ses missions régaliennes. Le rappeler de temps en temps à nos dirigeants n'est pas du luxe. Simplement du bon sens.
Cette affaire qui, sous d’autres cieux aurait mobilisée tous les journalistes nationaux du fait qu’elle revêt tous les ingrédients du combat de David contre Goliath est traité par-dessus la jambe par ces mêmes médias qui accusent sans preuves pour se remplir les poches, jugent avant les juges pour régler des comptes personnels et font la morale dans des affaires de droits communs qui n’engagent pas le pronostic vital.
Ce n’est pas le métier d’Avocat qui dépérit au Congo Brazzaville mais le JOURNALISME et la JUSTICE ; deux institutions indispensables au fonctionnement d’une DEMOCRATIE…
Olivier BESANCENOT gagne son procès contre Taser
Le dirigeant d’extrême-gauche Olivier BESANCENOT a gagné son procès contre la société commercialisant le pistolet électrique Taser devant le tribunal de grande instance de Paris.
Le représentant de la société en France, Antoine Di ZAZZO, demandait au porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) 50.000 euros de dommages et intérêts pour avoir écrit sur un site internet et sur son blog en 2007 que le Taser avait fait 150 morts aux Etats-Unis et au Canada.
"La société Taser a été déboutée de toutes ses demandes", a déclaré à la presse Maître Antoine COMTE, l’avocat de Monsieur BESANCENOT.
Depuis le lancement de la procédure, Antoine Di ZAZZO a été arrêté par la police et mis en examen à la mi-octobre au motif qu’il aurait ordonné une mise sous surveillance illicite du porte-parole de la LCR par des détectives privés et des policiers dévoyés. Il ne s’était pas présenté à l’audience le 20 octobre.
Appelé à la barre pour s’expliquer, Olivier BESANCENOT avait réitéré ses accusations contre cette arme. Ce pistolet, commercialisé en France par SMP Technologies, la société d’Antoine Di ZAZZO, a reçu un agrément officiel pour équiper police et gendarmerie et, depuis quelques semaines, les polices municipales.
Prié de préciser ses accusations, Olivier BESANCENOT a dit : "J’assume mes propos, je les revendique d’autant plus qu’il s’est passé beaucoup de choses depuis la présidentielle qui me confortent dans mes convictions".
Un représentant d’Amnesty, Benoît MURACCIOLE, est venu témoigner à la barre que son organisation avait constaté que l’arme faisait des morts en étant utilisée sur des personnes vulnérables comme des cardiaques, des drogués, des femmes enceintes, données que les policiers ne peuvent déceler.
Le Taser est assimilé à un fusil à pompe (arme de 4° catégorie)
Le pistolet à impulsion électrique, associé à la marque "Taser", est une arme de 4e catégorie ; il envoie sur sa cible deux dards délivrant une décharge électrique de plusieurs dizaines de milliers de volt. Il suscite une certaine controverse du fait qu'il semble pouvoir causer la mort de personnes fragiles.
Le Taser a été inventé en 1972 par Jack COVER qui recherchait une arme utilisable à bord d'un avion, sans l'endommager. Le pistolet à impulsion à décharges électrique est une arme d’une portée maximale de 7,60 mètres qui propulse deux électrodes (à la vitesse de 50 mètres par seconde) reliées à deux filins isolés.
Au contact de sa cible, le pistolet libère une onde de 2 milliampères pour 50 000 volts. Cette onde électrique bloque le système nerveux. Le pistolet envoie alors un signal appelé "ondes Taser", qui bloque les signaux normaux des fibres nerveuses. Selon l'inventeur, l'idée était de neutraliser un individu dangereux à bord d'un avion, sans utiliser des armes classiques.
Cette arme est conçue pour bloquer le système nerveux central, officiellement sans effets à long terme, afin d’immobiliser brièvement la personne touchée de façon à ce que les policiers puissent intervenir et procéder à son arrestation. On parle aussi de paralysie momentanée.
Le cycle de 5 secondes automatique (durée totale de la décharge) est un cycle technique mais aussi physiologique puisqu’il permet de faire passer un individu en manque (de drogue) de l'état de démence à un état totalement déstressé, selon les récentes études des professeurs Theresa et Vincent di MARIO.
Une autre des conséquences de la paralysie musculaire apparaît lorsqu’une personne est touchée à l’abdomen à un mètre de distance : il peut provoquer la défécation immédiate.
Les autres risques répertoriés après utilisation d’un pistolet à impulsion électrique sont des brûlures superficielles, des blessures par électrodes ou conséquence de la chute.
Il a été décrit une pénétration oculaire des électrodes avec risque de perforation, ainsi qu’un cas de pénétration intracrânienne de la sonde avec brêche durale chez un jeune homme de 16 ans, sans conséquence in fine, mais ayant nécessité une intervention neurochirurgicale. Il peut exister des convulsions après tir au niveau de la tête. Au niveau cardiaque, une fibrillation auriculaire (emballement rapide du cœur) est possible.
L’arme est classée par le règlement européen no 1236/2005 parmi les armes susceptibles d’être utilisées pour infliger la torture.
L’usage s’est étendu aux États-Unis et certaines associations telles qu'Amnesty International se plaignent de la banalisation de leur utilisation dans des cas tels que sur des écoliers agités, des insubordinations, des personnes entravées ou emprisonnées, voire des patients en hôpitaux psychiatriques atteints de troubles nerveux.
Le X-26 fait l’objet d’une licence du Pentagone pour en contrôler sa diffusion. TASER avait demandé en juin 2004, puis le 23 novembre 2005, le classement du Taser en France comme arme de 4e catégorie (comme le fusil à pompe) afin de mettre en conformité la réglementation de son produit en accord avec ses pratiques restrictives.
La commission nationale de classement des armes ayant en commission plénière entendu les arguments de la société TASER France a décidé en janvier 2006 de classer le X-26.
ÉLECTIONS
La Guinée élit son président sur fond de tensions ethniques
Source Reuters
Après plusieurs décennies de régime autoritaire, les Guinéens se rendent aux urnes dimanche pour désigner leur président dans un second tour aux allures de duel potentiellement explosif entre Peuls et Malinkés, les deux principales communautés ethniques du pays. Il s'agit des premières élections libres depuis l'indépendance acquise face à la France, ancienne puissance coloniale, en 1958.
Si ce second tour, plusieurs fois différé, se déroule sans violence, il pourrait marquer un tournant dans la vie politique de ce pays d'Afrique de l'Ouest riche en ressources minières. Mais les observateurs se montrent prudents face à un tel scénario, estimant que des affrontements ethniques demeurent possibles si les résultats du scrutin sont contestés.
Les Nations unies ont appelé cette semaine les deux candidats en lice, l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, figure historique de l'opposition, à se garder d'"exploiter à des fins politiques l'ethnicité, la religion ou tout autre facteur de division". Dans un communiqué commun diffusé vendredi, la France et les États-Unis leur ont demandé de "placer les intérêts nationaux de la Guinée au-dessus de leurs considérations personnelles, ethniques ou politiques".
La campagne de ce second tour a été agitée, avec des heurts entre les deux camps politiques et des contestations sur les préparatifs électoraux qui ont entraîné un report des opérations de vote, alors que le premier tour a eu lieu le 27 juin et que le second tour aurait initialement dû se dérouler le 18 juillet.
Les observateurs internationaux espèrent que les responsables électoraux ont réussi à établir les bases pour un vote libre et juste limitant ainsi les risques de contestation pour fraudes de la part du perdant. "J'ai la conviction que tout ce qui pouvait être fait l'a été. La commission électorale a fait de son mieux, même si, bien sûr, rien n'est parfait", a déclaré Saïd Djinnit, chef du bureau des Nations unies en Afrique de l'Ouest, joint au téléphone.
Diallo favori face à Condé
Le vote de dimanche doit mettre fin à près de deux ans de régime militaire, après le coup d'État de décembre 2008 qui avait fait suite au décès du président Lassana Conté.
Les deux candidats en lice sont issus de deux ethnies différentes. Diallo, membre de l'ethnie peule qui représente 40 % de la population, est arrivé en tête du premier tour le 27 juin avec 43,69 % des suffrages. Il part favori face à Condé, un Malinké comme 35 % des Guinéens, qui n'a rassemblé sous son nom que 18,25 % des voix et a contesté ce résultat comme frauduleux.
Les tensions entre les Peuls et les Malinkés sont anciennes et il semble qu'aucune des deux ethnies ne soit prête à accepter calmement la défaite de son candidat.
"Si Condé perd, c'est que l'élection aura été truquée", affirme Amadou Camara, un chauffeur de taxi partisan de Condé.
De leur côté, les Peuls jugent que les autres groupes ethniques se sont coalisés depuis l'indépendance pour les empêcher d'accéder au pouvoir. Il existe seize ethnies différentes en Guinée, dont la population totale est d'environ 10 millions d'habitants.
Les observateurs font remarquer qu'un retour de l'instabilité dans l'ancienne colonie française pourrait être contagieux et gagner les États voisins, Libéria, Sierra Leone et Côte d'Ivoire, qui sortent tous de guerres civiles.
La Fondation Mo Ibrahim annonce qu’il n’y a pas de lauréat pour le Prix Ibrahim 2010 / La Fondation financera des bourses d’études afin de former la prochaine génération de dirigeants africains

La Fondation Mo Ibrahim annonce qu’il n’y a pas de lauréat pour le Prix Ibrahim 2010 / La Fondation financera des bourses d’études afin de former la prochaine génération de dirigeants africains
LAUSANNE, Suisse, 14 juin 2010/African Press Organization (APO)/ — Le Jury du Prix Mo Ibrahim s’est réuni hier pour désigner le Lauréat du Prix Mo Ibrahim 2010. Après avoir délibéré, le Comité a informé le Conseil d’administration de la Fondation qu’il n’avait pas retenu de lauréat.
L’an dernier , le Jury du Prix Ibrahim avait annoncé qu’à la suite de l’examen approfondi des dossiers des candidats potentiels, il n’avait pas été en mesure de retenir un Lauréat. Cette année, le Jury a indiqué au Conseil d’administration qu’en l’absence de candidats nouveaux ou de développements significatifs, aucun lauréat n’avait pu être identifié pour la seconde année consécutive.
Le Prix Ibrahim reconnaît et récompense l’excellence en matière de leadership politique en Afrique. Le Prix est attribué à un ancien chef d’État élu démocratiquement et dont le mandat, déroulé conformément aux échéances définies par la constitution nationale, s’est achevé au cours des trois dernières années.
Le Prix Ibrahim s’élève à 5 millions de dollars versés sur une période de 10 ans, puis 200 000 dollars versés chaque année à vie. La Fondation peut envisager l’attribution d’une dotation supplémentaire de 200 000 dollars par an sur une période de 10 ans, destinée à des activités d’intérêt général soutenues par le Lauréat. Après Nelson Mandela, lauréat d’honneur, le premier chef d’Etat à avoir remporté le Prix, en 2007, est Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique, suivi en 2008 de Festus Mogae, ancien Président du Bostwana.
Après la décision du Jury, Mo Ibrahim, fondateur et Président de la Fondation Mo Ibrahim, a déclaré :
« Le Conseil d’administration respecte la décision du Jury. Le Jury, qui est indépendant du Conseil d’administration, est un dépositaire unique en son genre d’expérience, de connaissance et d’expertise.
« Qu’il y ait ou non un lauréat, l’objectif de la Fondation est de stimuler le débat, sur le continent africain et au-delà, sur ce qui constitue un leadership d’excellence.
« Les critères fixés pour le prix sont exigeants et le nombre de candidats potentiels variable selon les années. Il n’est donc pas inattendu qu’il y ait des années sans prix.
« De nombreux pays du continent ont accompli des progrès conséquents, ,non seulement sur le plan économique, mais aussi en termes de gouvernance. L’Indice Ibrahim, qui mesure la performance des pays africains par le biais de plus de 80 indicateurs, montre que l’indice global de gouvernance s’améliore chaque année.
«Pour autant, la Fondation ne fait preuve d’ aucune complaisance envers les normes de gouvernance en Afrique. Son objectif est d’améliorer la gouvernance et d’encourager un leadership de qualité en Afrique, et il est évident que bien des progrès restent à faire. C’est la raison pour laquelle la Fondation a décidé d’affecter les fonds qui destinés au Prix cette année au financement d’une initiative complémentaire en faveur de la gouvernance de qualité
« La Fondation va prochainement lancer les Bourses d’excellence Ibrahim. Il s’agit d’un programme sélectif visant à identifier et former des représentants de la prochaine génération de dirigeants africains d’exception.. Le programme vise chaque année plusieurs jeunes professionnels déjà hautement qualifiés qui pourraient notamment passer un moment au sein de grandes institutions internationales dont le cœur de métier est d’améliorer les perspectives économiques et sociales des Africains.
« La Fondation travaille actuellement à la mise au point de ce programme. Elle en précisera les détails lors du Forum de la Fondation sur la gouvernance qui se tiendra en novembre à l’Île Maurice. Les candidatures seront ouvertes peu de temps après et les premiers boursiers devraient entamer leur cursus en début d’année prochaine.
« Conforter une gouvernance de qualité en Afrique est plus important que jamais. La bonne gouvernance sera cruciale pour que les Africains bénéficient de la forte croissance économique que beaucoup prédisent pour le continent. Il existe de nombreux moyens pour encourager la bonne gouvernance. Le Prix en est un, les bourses d’excellence un autre. »
- Fin -
Contacts :
Alex Margot-Duclot, Portland, au +44 20 7842 0152
alex.margot-duclot@portland-communications.com
Notes aux rédacteurs :
1. La décision concernant le Prix Ibrahim 2010 a été prise par le Comité d’attribution du Prix, constitué de sept personnalités. Le Comité d’attribution du Prix récompense un ancien chef d’État ou de gouvernement des pays d’Afrique subsaharienne, élu démocratiquement, dont le mandat s’est déroulé dans échéances définies par la constitution du pays et s’est achevé au cours des trois dernières années
Le Comité d’attribution du Prix est présidé par l’ancien Secrétaire général des Nations Unies et Lauréat du Prix Nobel de la Paix, Kofi Annan. Il est composé de Martti Ahtisaari, ancien Président de Finlande et Lauréat du Prix Nobel de la paix ; Aïcha Bah Diallo, ancienne ministre de l’Éducation de Guinée et Directrice de l’Éducation de base à l’UNESCO ; Mohamed ElBaradei, ancien Directeur général de Agence Internationale pour l’Énergie Atomique et Lauréat du Prix Nobel de la Paix ; Graça Machel, Chancelier de l’université de la ville du Cap et ancienne ministre de l’Éducation et de la Culture du Mozambique ; Mary Robinson, ancienne Présidente d’Irlande et ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme ( également membre du Conseil d’administration de la Fondation) ; Salim Ahmed Salim, ancien Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine et ancien Premier ministre de Tanzanie ( également membre du Conseil d’administration de la Fondation)
La Fondation Mo Ibrahim, lancée en octobre 2006, a pour objectif de soutenir un leadership africain de qualité. Elle a été créée par Mo Ibrahim, l’un des hommes d’affaires les plus prospères d’Afrique et est soutenue par un certain nombre de personalités mondiales, tels que Kofi Annan, Nelson Mandela et Amartya Sen. La Fondation vise à encourager le débat portant sur la gouvernance en Afrique, et à améliorer la qualité de cette gouvernance
Les précédents Lauréats du Prix Ibrahim sont Festus Mogae, ancien Président du Botswana, Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique et Nelson Mandela, qui a été nommé Lauréat d’honneur pour ses qualités extraordinaires et ses accomplissements
La totalité des données constituant l’Indice Ibrahim 2009 de la gouvernance africaine ont été publiées sur le site internet de la Fondation : http://www.moibrahimfoundation.org/en/section/the-ibrahim-index. L’indice 2010 sera publié en octobre
Distribué par l’Organisation de la Presse Africaine au nom de la Fondation Mo Ibrahim.
SOURCE
Fondation Mo Ibrahim
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TOGO: LE TEMPS DES « BAVURES »
Le mercredi 14 avril 2010, la veillée de prières et de chants organisée au siège de l'Ufc par le Frac et ses alliés a été empêchée par des éléments de la gendarmerie nationale togolaise.
Dès 16:00, le siège de l'Ufc et ses environs ont été bouclés par un dispositif musclé, fort de plusieurs centaines de gendarmes casqués.
Quelques instants plus tard, les gendarmes ont fait irruption dans les locaux du parti. Ils ont littéralement saccagé tout ce qui était à leur portée et emporté tout le matériel informatique, une dizaine de téléphones fixes, cinq ventilateurs ainsi que tout le matériel de confection des cartes d'adhésion, des milliers de cartes de membres. Ils ont fait main basse sur une somme d'argent de 22 millions et cinq cents mille cfa(environ 34 000 euros), répartis dans des enveloppes et destinés à être distribués dès le lendemain matin aux fédérations pour l'organisation de la grande marche du samedi 17 avril prochain.
Dans les environs du siège de l'Ufc, bouclés par la gendarmerie, il y a eu des échauffourées entre les gendarmes et les jeunes militants présents là.
Une centaine de personnes se trouvant sur les lieux, en majorité des femmes, ont été arrêtées, bastonnées, menottées et emmenées à la gendarmerie.
Lors de ces interpellations musclées et ensuite dans les locaux de la gendarmerie, plusieurs femmes
ont subi des violences inqualifiables: attouchements, viols et autres traitements inhumains et dégradants.
Le Frac condamne, avec la plus grande fermeté, l'arbitraire et la violence gratuite dont ses militants et sympathisants ainsi que les paisibles populations de Lomé ont été victimes à l'occasion d'une simple veillée de prière et de recueillement.
Le Frac mettra tout en œuvre pour que justice soit rendue aux victimes de viols et de traitements dégradants et que soient punis ceux qui se sont rendus coupables de tels actes.
Le Frac appelle à se mobiliser:
Ø la population de Lomé et de l'ensemble du pays qui doit se mobiliser encore davantage pour participer massivement à la marche du samedi 17 avril prochain
Ø les Togolais de la diaspora dans le monde entier à relayer par tous les moyens possibles le combat de leurs frères et sœurs restés au pays
Ø tous les démocrates et militants des droits humains à soutenir le peuple togolais exsangue de 43 longues années de dictature, d'injustice et d'impunité
Kofi Yamgnane
Porte parole du Frac
Cinquante ans se sont écoulés depuis la soi-disant indépendance des pays francophones. Mais l’Afrique n’a jamais été indépendante et n’est pas prête de l’être. Le plus grand génocide humain s’y prépare dans les 20 années à venir. Tous les continents se réorganisent pour nourrir leurs populations. Seule l’Afrique est à la traîne. Les africains sont dépendants jusqu’au trognon, ils importent plus de 80% de ce qui les fait vivre, quand ils le peuvent. Les dirigeants africains ne se sont jamais préoccupés de l’avenir de leurs peuples tout simplement parce qu’ils ne se sentent pas et ne sont pas des leurs.
Depuis les années 60, les africains patriotes, dignes, qui ont voulu mettre debout leur continent ont tous été liquidés ou chassés de leur pays par l’impérialisme français. De Patrice Lumumba, Djamal Abdel Nasser, en passant par Kwame Nkrumah, Amilcar Cabral, Nelson Mandela, Houari Boumediène, Ahmed Sékou Touré, et jusqu’à Thomas Sankara. Tous ceux-là furent remplacés par ceux qui ont dilapidé et remis les intérêts de l’Afrique à la France , je cite : Félix Houphouët-Boigny, Léopold Sédar Senghor, Joseph-Désiré Mobutu, Jean-Bedel Bokassa, Omar Bongo (né Albert-Bernard Bongo)… Toute cette bande de salopards a trahi le peuple africain. Après la mort d’Houphouët-Boigny, on s’est aperçu que toute l’économie ivoirienne avait été dilapidée par ce vieux nègre complexé. Ces soi-disant responsables qui ont géré l’Afrique sont nés français et morts français, la plupart en France même. Rappelez-vous de la mort de Senghor dans le Calvados, humilié et traité comme un moins que rien, après tous les services qu’il a rendu à ses maîtres.
Aujourd’hui on entend partout dans les radios des manifestations organisées pour l’indépendance des pays africains, relayées bien entendu par des nègres, peut-être nés en Afrique mais souvent avec la nationalité française en poche comme leurs pères. Mais oui, il suffit d’être noir pour pouvoir facilement parler d’Afrique. On en est encore à ce niveau et c’est ce qui a perdu l’Afrique. Les africains n’ont pas encore compris qu’on ne juge pas l’humain tout simplement sur sa couleur ou son appartenance ethnique. L’humain est bien plus complexe que cela et les africains, depuis leur existence, ont pourtant été bien servis, s’ils n’ont pas encore intégré la leçon, c’est aux camarades progressistes de notre continent de la leur faire comprendre. Patrice Lumumba a été trahi par Mobutu, Thomas Sankara trahi par Blaise Compaoré à la demande d’Houphouët-Boigny sous les ordres de François Mitterrand. Mais oui, chez nous, très souvent, le couteau qui te tue c’est ton frère qui l’aiguise. De Chaka Zulu à Sylvanus Olympio, abattu devant l’ambassade de France à Lomé, attentat commandité par la bande des Jacques Foccart et Robert Pandreau.
Comme le disait René Char, « l’homme est capable de faire ce qu’il est incapable d’imaginer ». La solution est simple, dirigeants africains : puisque vous êtes incapables d’imaginer, recopiez tout simplement les autres et vous sortirez votre peuple du gouffre. Gérez votre pays et votre continent, comme les autres gèrent leur pays et leur continent.
La situation africaine est plus que préoccupante. L’Afrique est un continent où il n’y a personne, la solidarité africaine n’est pas collective, l’africain lutte individuellement pour son intérêt individuel. S’il réussit, il jette des miettes aux autres, quand et comme il le désire, mais jamais il ne permet à l’autre de se construire, d’être indépendant et libre. Cette situation conjuguée a mené le continent africain là où il se trouve. Et l’humanité peut en témoigner, les trois-quarts des chefs d’Etats et dirigeants africains finissent leurs jours en France. Ils ont leurs maisons en France, leurs comptes bancaires en France, se soignent en France, leurs enfants vont dans les universités de France, alors comment voulez vous qu’avec cet esprit ces gens-là sortent le pays qu’ils gèrent de la misère ? Regardez le cas de M. Diouf, ancien président du Sénégal. Où est-il aujourd’hui ? En tête de l’organisation des pays francophones. C’est indigne et méprisable, ces gens sont sans vergogne.
J’attire aussi votre attention sur un fait qui montre à quel point la république française méprise l’Afrique et les citoyens africains. A la veille des élections présidentielles du Togo, rappelez-vous M. Kofi Yamgnagne avait prétendu rendre sa nationalité française pour pouvoir se présenter, la suite, vous la connaissez. Tenez-vous bien, au moment où j’écris ce texte là M. Kofi est revenu en France et je me demande sur quelle base : avec un visa de touriste ? Si tel est le cas il devrait regagner Lomé dans très peu de temps. Dans le cas contraire, il a bien vite obtenu une carte de séjour, et M. Besson, dois alors régulariser tous les sans-papiers se trouvant aujourd’hui en France. J’ai relu les lois Pasqua, Debré, Chevènement et Sarkozy sur l’immigration, je n’ai en aucun cas rencontré un passage qui permettrait à M. Kofi Yamgnagne, togolais il y a une semaine, arrivé en France il y a moins de 48 heures, d’obtenir une carte de séjour. A moins qu’il n’ait jamais renoncé à sa nationalité française, affaire à suivre…
La situation du continent africain va de mal en pis. La gauche française et l’extrême gauche n’ont jamais été au fond du problème pour contribuer à l’émancipation du peuple africain. Ils n’ont fait qu’assistanat et humanitaire à leur profit.
Naïfs ceux qui croient la belle théorie humanistes que la terre n’a pas de frontière et que les hommes sont tous des frères. Cette théorie n’a jamais concrètement vu le jour. Les droits de l’homme n’ont jamais existé. Finie l’époque du soutien des pays frères dans les luttes de libération nationale, fini le temps du Che, chacun prêche pour sa paroisse, le nationalisme a gagné. Les belles idées du marxisme ne sont qu’une farce. Les 30 dernières années nous ont montré cela dans la pratique. La gauche française a géré les ex-colonies comme l’a fait la droite. Strauss-khan au FMI, Besson, ministre de l’immigration, … la liste est longue. Imbéciles ceux qui croient à la gauche.
Aux anticapitalistes : pensez-vous que régulariser chaque année 80 000 enfants d’Afrique règlera le problème de là où ils viennent ou celui de là ils arrivent. C’est une position grave, opportuniste et politicienne. Depuis 20 ans vous ne faites que reculez l’échéance de la déchéance des immigrés en premier lieu et du peuple africain en particulier. Le problème de l’immigration se règle à la source. Aidez les africains qui sont prêts à déboulonner ces valets de l’impérialisme français qui déstabilisent tout le continent africain. Quand demain, plus de la moitié du peuple africain crèvera de faim, tout le monde sera responsable. Dans moins de trente ans, l’Europe, l’Amérique, l’Asie arriveront tout juste à subvenir aux besoins vitaux de leur peuple. Pendant ce temps, l’Afrique compte sur l’aide internationale.
J’ai appris avec grand plaisir que la France s’apprête à enlever son armée du Sénégal pour la ramener un peu plus haut au Gabon. Et oui, pétrole oblige, Total et Elf ont besoin de matière première. Comme vous le savez le coup d’Etat au Niger profite à Aréva, encore un intérêt français au détriment du peuple africain.
Pour ceux qui l’ignorent tous les militaires gradés en Afrique, ont été formés à St Cyr. Une double nationalité en poche, ils reçoivent les ordres de Paris. Décidément, l’Afrique a du pain sur la planche. Espérons que le départ des soldats français du Sénégal ne nous prépare pas un coup d’Etat militaire. Qu’après la gestion civile désastreuse du pays la France ne joue pas les prolongations en voulant nous imposer en 2012 un gouvernement militaire. Sachant qu’aujourd’hui, le peuple sénégalais a fait le bilan des cinquante premières années de soi-disant indépendance et désire un changement radical pour les intérêts matériels et moraux de son peuple, la France de Sarkozy, nous prépare, elle, une prolongation. Soyons vigilants, c’est notre dernière chance. Le Sénégal, l’Afrique, a un besoin vital de se redresser dans les 5 prochaines années, sinon, nous disparaîtrons. Cette réalité est claire et sentie par tout un chacun. Ne restez pas assis à compter les étoiles et les nuages. N’attendez l’aide de personne. Levez-vous et construisez votre continent dans le calme et la dignité. Sans déraper sur l’extrémisme. C’est encore possible.
Je terminerai ce texte en envoyant un message au-delà, à mes chers papas dont je suis fier, à toi Patrice, Boumediène, Nasser, Nkrumah, Cabral, et à toi mon frère Thomas, depuis votre départ, nous sommes toujours dans la misère humaine et très loin de la sortie du tunnel. Mon vieux Patrice, ce salop de Mobutu qui t’as trahi a fini comme un chien au Maroc, ses serviteurs n’ont même pas voulu le récupérer à la fin pour le soigner. Et à toi Houari, l’Algérie que tu avais construite, dont toute l’Afrique était si fière et sur laquelle elle comptait, à été cassée, détruite par le capitalisme français. Mais je vous rassure, vos enfants et frères se souviennent de vous et continueront votre combat jusqu’à l’heure où ils vous rejoindront. Les peuples du monde vaincront.
Salut aussi à toi Frantz, mon vieux Fanon, l’homme des îles, de la Martinique , tu avais bien vu, toi qui disais que celui qui adore le nègre est aussi malade que celui qui le déteste. Mais oui, on adore son chien. Cher papa, toi, tu avais montré l’exemple. Tu es né sous la domination coloniale et mort algérien, cela résume ta grandeur. Les peuples opprimés se souviendront de toi et que la fraternité dans ce monde ne viendra pas des peuples européens campés sur leur supériorité de pacotille mais bien du réveil des peuples opprimés, de ceux qu’on appelle les damnés de la terre.
Bamba Gueye Lindor
Paris, le 7 mars
Les Damnés de la Terre
damnesdelaterre@gmail.com
www.damnesdelaterre.com
SOURCE : www.presseafricaine.info
Par APPA - Publié dans : Ailleurs sur le Web -
L’ancien président de la République des Comores, AZALI ASSOUMANI
Présentera son livre ce MERCREDI 18 NOVEMBRE à 19h30
Au CLUB MILLENIUM (nouvelle adresse)
49 avenue HOCHE
75005 PARIS
(entrée libre dans la limite des places disponibles)
Dans un livre d’entretiens avec le journaliste d’investigation Charles Onana, l’ancien président de la République des Comores, le colonel AZALI Assoumani, raconte ce qu’est vraiment la vie d’un chef d’Etat en Afrique.
Quitter la présidence de la République, de son plein gré, après un seul mandat, est rare en Afrique. Refuser de conserver le pouvoir après l'avoir obtenu à la suite d un coup d’Etat est tout aussi exceptionnel. C'est pourtant ce qu'a fait sans hésitation ni regret l'ancien président des Comores, Assoumani Azali, aujourd'hui âgé de 49 ans.
Comment cet ancien militaire s’est-il opposé au mercenaire français Bob Denard ? Dans quelles circonstances s’est-il ensuite emparé du pouvoir ? Quels furent ses rapports avec l’Union Africaine, le FMI et la Banque Mondiale ? En quoi sa conception du travail et du rôle d’un chef d'Etat est-elle tout à fait originale par rapport à la façon dont le pouvoir présidentiel s’exerce généralement sur le continent africain ?
Outre les coulisses du pouvoir et des relations internationales décrites par cet homme de conviction, on découvre le parcours atypique d’un chef d'Etat qui pouvait se promener sans garde du corps dans les rues de Paris. Celui qui a su résister à la fascination des tapis rouges et des honneurs, de l’argent facile et du luxe, dévoile sans tabou ni dissimulation ce que fut vraiment sa vie de président de la République.
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Source APPA
La Diaspora du Congo Brazzaville et les Partis de l’Opposition vous invitent à une journée de Sensibilisation et de Mobilisation
Samedi 14 Novembre 2009 à 14H00 Précises
KYRIAD Hôtel 17, rue Baron le ROY 75012 Paris-Bercy village
Métro Cour Saint Émillion (ligne 14), à 2 stations de la Gare de Lyon
----------------------------------------
· Face à la situation de déni des droits et libertés fondamentaux qui prévaut
actuellement au Congo Brazzaville
·Face à la mauvaise gouvernance du régime liberticide de SASSOU NGUESSO
occasionnant la misère la plus abjecte des Congolais
Il est urgent pour chacun de nous, Congolais de la Diaspora, de nous mobiliser pour
manifester notre attachement à la restauration des Droits, des Valeurs et de la
Démocratie dans notre pays
La communauté internationale ne s’intéressera au Congo Brazzaville que si les Congolais
de la Diaspora s’impliquent eux-mêmes dans la cause de leur pays
Le combat pour la Restauration de la Démocratie, des Droits et des Valeurs dans notre
pays nous concerne tous, au delà de nos positionnements, de nos partis politiques, et de
nos croyances
Le Congo Brazzaville à besoin de tous ses enfants aujourd’hui plus que jamais
Honorons ce combat par notre présence massive
La journée débutera par une exposition photo (Focus) des images de la vie quotidienne au Congo Brazzaville
·Un temps de parole sera accordé aux intervenants pour présenter leur vision du changement et de l'alternance politique au Congo Brazzaville
·Un artiste Congolais meublera les intermèdes par de la musique patriotique Congolaise
·La journée se terminera par un pot du patriotisme
Lieu : KYRIAD hôtel 17 rue Baron le ROY 75012 Paris-Bercy village
Accès métro : Cour Saint Émilion / ligne 14, direct Gare de Lyon, Madeleine 10 minutes à pied du P.O.P.B (Palais Omnisport de Paris Bercy),
Heure : 14h00 précises
Contacts
RAPHAEL GOMA : 06 22 27 18 64 /Gertrude Bienvenue MALALOU-KOUMBA : 06 70 47 62 63
Benjamin TOUNGAMANI : 06 64 88 01 59 /Patrick Eric MAMPOUYA : 06 26 94 12 46
Maurille LOUZALA: 06 84 58 03 09 /Brice NZAMBA: 06 79 24 56 33 /
Fernand LOUBELO: 0685579287
Jean-Sylvestre ITOUA : 06 67 75 96 77 /Marie-Louise ABIA : 00 44 14 62 45 96
Categorie: Politique
Auteur : Abou Bakr
Le 1er novembre, date du 51ème anniversaire de la création de l’armée guinéenne, Mamadou Sow, professeur d’urologie au Cameroun, a bien voulu nous dire ce qu’il pense d’une armée républicaine dans un Etat démocratique.
La Lance: Quel regard portez-vous sur les événements du 28 septembre ?
Pr. Mamadou Sow : Je trouve regrettable que des événements d’une telle nature se produisent dans notre pays. Je pense que ces événements résultent du fait que depuis l’indépendance le 2 octobre 1958, il y a une façon de gouverner qui ne convient pas à une partie de la population. Ces événements, à mon avis, n’étaient pas dirigés contre une personne ou une ethnie, mais c’est la manifestation d’un ras- le-bol de la population contre la façon dont le pays est dirigé. Et ceci intéresse tout le monde. Tout le monde est interpellé par ces événements qui sont les résultats de la dérive morale et éthique qui s’est installé dans notre pays. Nous devons corriger cela, changer nos comportements chacun dans le domaine qui est le sien, pour améliorer notre vie.
Pensez-vous qu’on aurait pu éviter les tueries du 28 septembre ?
Si c’est seulement la police et la Gendarmerie qui avaient géré les choses, on aurait sûrement évité le pire. Il y a des officiers de ces corps qui ont bénéficié de formation pointue sur le maintien de l’ordre. On aurait pu mettre tout cela à profit pour éviter le carnage. L’armée n’a pas pour vocation de contrer une manifestation populaire. La première vocation de l’armée, c’est tirer. On ne devrait donc pas faire intervenir l’armée. La façon dont les gens ont été tués est ignoble. Le stade du 28 septembre est un terrain de football, qui est le symbole du «fair-play». Nous regrettons ces événements, nous les condamnons. Le problème n’est pas simplement le nombre de morts, mais il faudrait que de tels événements ne se reproduisent plus jamais. Il faut donc qu’il y ait un gouvernement qui rassemble, la bonne gouvernance, qui met en place les bases d’un développement socio-économique qui montre aux jeunes qu’il y a un avenir aussi bien dans le domaine éducatif, sanitaire que dans le domaine socioculturel.
Les sanctions vous semblent-elles être la solution de sortie de crise ?
Le problème de la Guinée est multiforme. Actuellement, c’est l’insécurité qui préoccupe dans la cité. L’armée est notre problème mais, c’est aussi la solution. Nous ne pouvons pas trouver une solution en dehors de notre armée, parce que quelle que soit l’autorité de transition qui sera mise en place, on aura besoin de l’armée. Quel que soit le président qui sera élu, il aura besoin d’une armée. Il faut donc réfléchir à une stratégie de reforme de l’armée. Nous avons au sein de cette armée des Officiers de grande valeur. Nous ne voyons pas le Capitaine Dadis comme un élément isolé, nous le voyons comme appartenant à un ensemble. S’il y a un problème au-delà de cet ensemble, la première des choses est de reformer l’armée. Les sanctions sont importantes, mais le problème de l’armée reviendra toujours. L’indiscipline, tout le monde le dit, se situe au niveau des soldats. Il appartient aux officiers de prendre leur responsabilité, discipliner les soldats, organiser notre armée pour en faire une armée disciplinée. La discipline est la principale force d’une armée.
Le Capitaine Dadis a dit qu’au sein de l’armée guinéenne, l’Officier supérieur est banalisé devant son subalterne. Comment les officiers peuvent-ils reformer l’armée dans ces conditions-là ?
Cela ne doit pas perdurer, nous lançons un appel aux officiers de l’armée, afin qu’ils trouvent une solution au désordre. Qu’ils prennent leur responsabilité pour discipliner ces soldats-là. Ce ne sont pas des soldats de l’Ecomog, de l’Union européenne ou des Etats-Unis qui vont venir mettre de l’ordre au sein de notre armée. Nous avons besoin d’une armée républicaine, disciplinée. C’est le garant de la stabilité de notre pays. Pour en revenir à la crise au sein de l’armée, elle-même, je dois dire que le Capitaine Dadis est très mal entouré. Ce sont des flagorneurs qui ne l’aiment pas. Ils ne peuvent pas l’aider à trouver la solution adéquate à nos problèmes. Il faudrait que le Capitaine Dadis se retourne vers l’armée, les Officiers supérieurs pour discuter. Je suis persuadé que s’il tient les Etats généraux de l’armée, il sortira une solution. C’est une priorité absolue avant les élections. Les élections doivent être le moment ultime d’une transition. Nous avons raté notre transition, il faut maintenant la reprendre. Etablir des priorités, les sérier, poser les bases d’un Etat moderne, démocratique avant d’aller aux élections. Le président Blaise Compaoré doit prendre en compte tous ces éléments dans sa médiation. Il doit chercher à savoir quels sont les vrais problèmes, trouver des solutions. Voilà à quoi il devrait s’atteler.
Pour les Forces vives, la non- candidature du Capitaine Dadis à la prochaine présidentielle n’est pas à négocier. C’est une évidence.
Dans l’intérêt de la Guinée, dans l’intérêt du Capitaine Dadis, il est souhaitable qu’il ne se porte pas candidat à ses élections. Il est un Guinéen, mais les personnes qui sont autour de lui et qui lui demandent de se présenter ne le font pas pour son intérêt, pas pour l’intérêt de la Guinée, elles le font pour leurs propres intérêts. L’intérêt du Capitaine Dadis est de ne pas se porter candidat à la prochaine présidentielle. Qu’il l’organise ou qu’un organe de transition l’organise, son intérêt est de ne pas se porter candidat.
L’insécurité bat son plein à Conakry et on accuse l’armée…
C’est pourquoi je parle des états généraux. L’armée est indexée alors qu’il pourrait s’agir de certains éléments incontrôlés de l’armée, qui agissent comme cela. Il faut éviter qu’il y ait une milice parallèle en Guinée. Tout le monde doit éviter l’introduction d’une milice dans le jeu politique actuelle. De même que l’introduction de mercenaires. Mais, pour éviter cela, il faudrait que l’armée se reprenne en main. On a vu l’exemple du Congo Brazzaville avec le Président Pascal Lissouba. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il avait estimé que l’armée était fidèle au président Denis Sassou Nguesso. Il a mis l’armée de côté. Il a cherché une milice autour de lui, et finalement le pays a basculé dans une guerre civile et par le départ du Pr. Pascal Lissouba. C’est un exemple dont nous devons fortement nous inspirer pour la sécurité, l’équilibre dans notre pays.
Propos recueillis par Abou Bakr
LA LANCE: envoiyer par A Foulah Diallo pour radio-kankan
3 novembre 2009 par Odile Tobner
ThèmesRacismeJacques ChiracDictateurs (Amis de la France)
Quand Jacques Chirac voulait devenir président de la République française il tenait, le 19 juin 1991, à Orléans, des propos violemment racistes sur l’ « overdose » d’étrangers, qui ne sont pas « les mêmes » qu’avant, « des Espagnols, des Polonais, des Portugais », mais sont « des musulmans et des noirs », plaignant le « travailleur français » d’avoir à supporter « le bruit et l’odeur » et exprimant sa phobie d’une natalité fantasmée comme pléthorique, « une vingtaine de gosses », assortie d’une évaluation aussi superlative que fausse du montant des allocations perçues, « sans naturellement travailler ».
Le MRAP porta plainte et fut débouté le 26 février 1992. Les magistrats estimèrent qu’il n’y avait pas de diffamation raciale car les propos en cause « ne constituent que des attaques vagues et générales, insuffisantes pour caractériser la diffamation ; qu’à supposer qu’elles constituent des expressions outrageantes, elles ne visent pas une personne ou un groupe de personnes suffisamment déterminé ». Pourtant les musulmans et les noirs étaient nommément désignés. La justice sait se voiler la face quand il faut ne pas voir certaines obscénités.
Le même Jacques Chirac, ex président de la République, en quête cette fois de vedettariat international, entend maintenant se faire une image de bienfaiteur des pauvres noirs en donnant son nom à une « fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures ». On peut penser que c’est une gageure que de faire croire à la virginité d’une vieille pute, mais cela marche dans le monde tel qu’il est, où l’impudence est non seulement admise mais vénérée. Après avoir inauguré le « dialogue des cultures » par des propos outrageants que les juges estimèrent simplement « décousus », Chirac continue à faire dans le n’importe quoi. Entouré de sept chefs d’Etats africains complaisants (Bénin, Togo, Sénégal, Burkina Faso, Congo Brazzaville, Niger République Centrafricaine) il a lancé lundi 12 octobre « l’appel de Cotonou » destiné à « promouvoir la lutte contre le trafic de faux médicaments dont les victimes se comptent par dizaines de milliers ». Se porter au secours de l’industrie pharmaceutique, on n’en attendait pas moins de lui dans le faux-problème, alors que, en réalité, c’est l’absence totale de tout médicament qui hâte la mort de centaines de milliers d’Africains. Mais évoquer ce vrai problème amènerait à pointer la responsabilité des faux présidents et de tous les faux apôtres engendrés par le marché de la bienfaisance médiatisée.
Le président Chirac n’a en effet jamais eu le moindre état d’âme à cautionner, pendant ses mandats et sa carrière politique, toutes les fausses élections qui se sont déroulées en Afrique francophone. Il cajolait même les faux présidents, les assurant de son affection. Eyadema pouvait faire assassiner ses opposants, Biya faire tirer sur les manifestants, Bongo mettre son pays en coupe réglée, ce ne sont pas ces vétilles qui pouvaient altérer l’indéfectible soutien que Chirac leur apportait, dans une Afrique qui « n’était pas mûre pour la démocratie » et devait donc se contenter de ces ersatz de dirigeants. Le résultat bien sûr ne l’inquiétait pas non plus : corruption des oligarchies arrogantes assurées de conserver le pouvoir quoi qu’elles fassent et ne fassent pas, stagnation et régression du niveau de vie de populations privées d’éducation et de soins, surmortalité infantile, absence d’emplois faute du moindre développement. Il y avait des généraux, équipés de vrais armements français vendus au prix fort, conseillés et entraînés par de vrais militaires français, pour maintenir l’ordre. N’était-ce pas l’essentiel en ces contrées exotiques ?
Aujourd’hui les actions médiatiques de la fondation Chirac, la mascarade du forum pour le développement durable sont les plus scandaleux des faux médicaments qui sont fourgués aux Africains pour perpétuer leurs maux sous couvert de les guérir.
Source : billets d'Afrique journal en ligne de l'association survie site ; http://www.survie.org