16 novembre 2009

« QUAND J’ETAIS PRESIDENT »

L’ancien président de la République des Comores, AZALI ASSOUMANI

Présentera son livre ce MERCREDI 18 NOVEMBRE à 19h30

Au CLUB MILLENIUM (nouvelle adresse)

49 avenue HOCHE

75005 PARIS

(entrée libre dans la limite des places disponibles)

Dans un livre d’entretiens avec le journaliste d’investigation Charles Onana, l’ancien président de la République des Comores, le colonel AZALI Assoumani, raconte ce qu’est vraiment la vie d’un chef d’Etat en Afrique.

Quitter la présidence de la République, de son plein gré, après un seul mandat, est rare en Afrique. Refuser de conserver le pouvoir après l'avoir obtenu à la suite d un coup d’Etat est tout aussi exceptionnel. C'est pourtant ce qu'a fait sans hésitation ni regret l'ancien président des Comores, Assoumani Azali, aujourd'hui âgé de 49 ans.    

Comment cet ancien militaire s’est-il opposé au mercenaire français Bob Denard ? Dans quelles circonstances s’est-il ensuite emparé du pouvoir ? Quels furent ses rapports avec l’Union Africaine, le FMI et la Banque Mondiale ? En quoi sa conception du travail et du rôle d’un chef d'Etat est-elle tout à fait originale par rapport à la façon dont le pouvoir présidentiel s’exerce généralement sur le continent africain ?   

Outre les coulisses du pouvoir et des relations internationales décrites par cet homme de conviction, on découvre le parcours atypique d’un chef d'Etat qui pouvait se promener sans garde du corps dans les rues de Paris. Celui qui a su résister à la fascination des tapis rouges et des honneurs, de l’argent facile et du luxe, dévoile sans tabou ni dissimulation ce que fut vraiment sa vie de président de la République.

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Source APPA

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07 novembre 2009

Pr Mamadou Sow à LA LANCE: « L’Armée n’a pas pour vocation de contrer une manifestation populaire»

Categorie: Politique

Auteur : Abou Bakr

Le 1er novembre, date du 51ème anniversaire de la création de l’armée guinéenne, Mamadou Sow, professeur d’urologie au Cameroun, a bien voulu nous dire ce qu’il pense d’une armée républicaine dans un Etat démocratique.

La Lance: Quel regard portez-vous sur les événements du 28 septembre ?

Pr. Mamadou Sow : Je trouve regrettable que des événements d’une telle nature se produisent dans notre pays. Je pense que ces événements résultent du fait que depuis l’indépendance le 2 octobre 1958, il y a une façon de gouverner qui ne convient pas à une partie de la population. Ces événements, à mon avis, n’étaient pas dirigés contre une personne ou une ethnie, mais c’est la manifestation d’un ras- le-bol de la population contre la façon dont le pays est dirigé. Et ceci intéresse tout le monde. Tout le monde est interpellé par ces événements qui sont les résultats de la dérive morale et éthique qui s’est installé dans notre pays. Nous devons corriger cela, changer nos comportements chacun dans le domaine qui est le sien, pour améliorer notre vie.

Pensez-vous qu’on aurait pu éviter les tueries du 28 septembre ?

Si c’est seulement la police et la Gendarmerie qui avaient géré les choses, on aurait sûrement évité le pire. Il y a des officiers de ces corps qui ont bénéficié de formation pointue sur le maintien de l’ordre. On aurait pu mettre tout cela à profit pour éviter le carnage. L’armée n’a pas pour vocation de contrer une manifestation populaire. La première vocation de l’armée, c’est tirer. On ne devrait donc pas faire intervenir l’armée. La façon dont les gens ont été tués est ignoble. Le stade du 28 septembre est un terrain de football, qui est le symbole du «fair-play». Nous regrettons ces événements, nous les condamnons. Le problème n’est pas simplement le nombre de morts, mais il faudrait que de tels événements ne se reproduisent plus jamais.  Il faut donc qu’il y ait un gouvernement qui rassemble, la bonne gouvernance, qui met en place les bases d’un développement socio-économique qui montre aux jeunes qu’il y a un avenir aussi bien dans le domaine éducatif, sanitaire que dans le domaine socioculturel.

Les sanctions vous semblent-elles être la solution de sortie de crise ?

Le problème de la Guinée est multiforme. Actuellement, c’est l’insécurité qui préoccupe dans la cité. L’armée est notre problème mais, c’est aussi la solution. Nous ne pouvons pas trouver une solution en dehors de notre armée, parce que quelle que soit l’autorité de transition qui sera mise en place, on aura besoin de l’armée. Quel que soit le président qui sera élu, il aura besoin d’une armée.  Il faut donc réfléchir à une stratégie de reforme de l’armée. Nous avons au sein de cette armée des Officiers de grande valeur. Nous ne voyons pas le Capitaine Dadis comme un élément isolé, nous le voyons comme appartenant à un ensemble. S’il y a un problème au-delà de cet ensemble, la première des choses est de reformer l’armée. Les sanctions sont importantes, mais le problème de l’armée reviendra toujours. L’indiscipline, tout le monde le dit, se situe au niveau des soldats. Il appartient aux officiers de prendre leur responsabilité, discipliner les soldats, organiser notre armée pour en faire une armée disciplinée. La discipline est la principale force d’une armée.

Le Capitaine Dadis a dit qu’au sein de l’armée guinéenne, l’Officier supérieur est banalisé devant son subalterne. Comment les officiers peuvent-ils reformer l’armée dans ces conditions-là ?

Cela ne doit pas perdurer, nous lançons un appel aux officiers de l’armée, afin qu’ils trouvent une solution au désordre. Qu’ils prennent leur responsabilité pour discipliner ces soldats-là. Ce ne sont pas des soldats de l’Ecomog, de l’Union européenne ou des Etats-Unis qui vont venir mettre de l’ordre au sein de notre armée. Nous avons besoin d’une armée républicaine, disciplinée. C’est le garant de la stabilité de notre pays. Pour en revenir à la crise au sein de l’armée, elle-même, je dois dire que le Capitaine Dadis est très mal entouré. Ce sont des flagorneurs qui ne l’aiment pas. Ils ne peuvent pas l’aider à trouver la solution adéquate à nos problèmes. Il faudrait que le Capitaine Dadis se retourne vers l’armée, les Officiers supérieurs pour discuter. Je suis persuadé que s’il tient les Etats généraux de l’armée, il sortira une solution. C’est une priorité absolue avant les élections. Les élections doivent être le moment ultime d’une transition. Nous avons raté notre transition, il faut maintenant la reprendre. Etablir des priorités, les sérier, poser les bases d’un Etat moderne, démocratique avant d’aller aux élections. Le président Blaise Compaoré doit prendre en compte tous ces éléments dans sa médiation. Il doit chercher à savoir quels sont les vrais problèmes, trouver des solutions. Voilà à quoi il devrait s’atteler.

Pour les Forces vives, la non- candidature du Capitaine Dadis à la prochaine présidentielle n’est pas à négocier. C’est une évidence.

Dans l’intérêt de la Guinée, dans l’intérêt du Capitaine Dadis, il est souhaitable qu’il ne se porte pas candidat à ses élections. Il est un Guinéen, mais les personnes qui sont autour de lui et qui lui demandent de se présenter ne le font pas pour son intérêt, pas pour l’intérêt de la Guinée, elles le font pour leurs propres intérêts. L’intérêt du Capitaine Dadis est de ne pas se porter candidat à la prochaine présidentielle. Qu’il l’organise ou qu’un organe de transition l’organise, son intérêt est de ne pas se porter candidat.

L’insécurité bat son plein à Conakry et on accuse l’armée…

C’est pourquoi je parle des états généraux. L’armée est indexée alors qu’il pourrait s’agir de certains éléments incontrôlés de l’armée, qui agissent comme cela. Il faut éviter qu’il y ait une milice parallèle en Guinée. Tout le monde doit éviter l’introduction d’une milice dans le jeu politique actuelle. De même que l’introduction de mercenaires. Mais, pour éviter cela, il faudrait que l’armée se reprenne en main. On a vu l’exemple du Congo Brazzaville avec le Président Pascal Lissouba. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il avait estimé que l’armée était fidèle au président Denis Sassou Nguesso. Il a mis l’armée de côté. Il a cherché une milice autour de lui, et finalement le pays a basculé dans une guerre civile et par le départ du Pr. Pascal Lissouba. C’est un exemple dont nous devons fortement nous inspirer pour la sécurité, l’équilibre dans notre pays.

Propos recueillis par Abou Bakr
LA LANCE: envoiyer par A Foulah Diallo pour radio-kankan

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21 octobre 2009

Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat

Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat

Source : LE MONDE | 21.10.09 | 10h38  •  Mis à jour le 21.10.09 | 12h38

La cause vacillante de la démocratie en Afrique n'avait pas besoin de cela. A peine plus de six mois après avoir promis publiquement, à Niamey devant Nicolas Sarkozy, de quitter le pouvoir "la tête haute" en vertu de la Constitution, le président du Niger, Mamadou Tandja, a achevé, mardi 20 octobre, la mise à sac des institutions de son pays qui fait de lui un président omnipotent, à vie s'il le désire.

Les élections législatives organisées mardi étaient en effet destinées à renouveler les 113 députés du Parlement nigérien que le président avait dissous en mai parce qu'il s'opposait à son projet de réforme constitutionnelle. Dans la foulée, le chef de l'Etat avait convoqué les électeurs par décret pour leur faire entériner, le 4 août, la nouvelle Loi fondamentale qui supprime la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.

Grâce à ce tour de passe-passe, M. Tandja, au pouvoir depuis dix ans, s'est dispensé de l'élection présidentielle qui devait avoir lieu – sans lui – à la fin de 2009 et s'offre la possibilité d'un bail illimité à la tête de l'Etat. Parallèlement, il a multiplié les arrestations d'opposants politiques et au sein de la société civile.

Même si la participation semble avoir été minime pour ces législatives boycottées par l'opposition, le vote crée l'illusion d'une validation populaire. Mamadou Tandja ne justifie-t-il pas son acharnement par le souhait du peuple de le voir "achever les chantiers de développement" lancés dans le pays ?

Après Madagascar, la Mauritanie et la Guinée, le Niger s'ajoute à l'inquiétante liste des coups d'Etat militaires ou "constitutionnels" qui ont marqué l'année 2009 en Afrique francophone. Sans parler des élections contestées au Congo et au Gabon, ni de celles, retardées depuis cinq ans, en Côte d'Ivoire

Le scénario en cours au Niger place Paris en première ligne, en raison de l'intérêt stratégique de ce pays pour l'industrie nucléaire française. "A chaque étape de son coup de force constitutionnel, Mamadou Tandja a cherché à mouiller la France", explique au "Monde" Marou Amadou, responsable du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques, poursuivi pour "provocation à la désobéissance".

VOLTE-FACE

Après avoir joué les bons élèves de la démocratie devant M. Sarkozy en mars, M. Tandja a saisi l'occasion, en mai, de la pose de la première pierre de la mine d'uranium géante d'Imouraren (Nord) dont la société française Areva a obtenu l'exploitation, pour faire volte-face. Il a alors annoncé son référendum constitutionnel devant Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, et Anne Lauvergeon, présidente d'Areva.

Paris assure que ses intérêts miniers ne pèsent en rien sur son attitude "puisque le contrat est déjà signé". Mais un haut diplomate reconnaît qu'"il est impossible de couper les ponts avec Tandja". Les opposants, eux, ont du mal à croire en la neutralité française. "Nous n'acceptons pas que la France ferme les yeux sur le vol de notre démocratie, contre le droit d'exploiter l'uranium, déclare M. Amadou. Comment Paris peut-il croire qu'un dictateur est capable d'assurer une stabilité à long terme ?"

Mais, dans la balance, entre la défense des droits de l'homme et celle des intérêts économiques, la Chine, qui a signé un gros contrat pétrolier avec le Niger et exploite déjà l'uranium, pèse en faveur des seconds.

De fait, les pressions internationales destinées à faire renoncer Mamadou Tandja restent modérées et, en tout cas, inefficaces. En juillet, Nicolas Sarkozy avait dénoncé le "dévoiement" de la Constitution. Mardi, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a "suspendu" le Niger "jusqu'à ce que la légalité constitutionnelle soit rétablie".

Mais, aux yeux de la communauté internationale, les massacres sanglants du 28 septembre à Conakry semblent avoir relativisé la gravité de la dérive politique, jusqu'à présent pacifique, que subissent les Nigériens.

Philippe Bernard

Article paru dans le journal  le Monde l'édition du 22.10.09

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11 janvier 2009

Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) / Nigéria / Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouver


Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) / Nigéria / Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement

ABUJA, Nigeria, 11 janvier 2009/African Press Organization (APO)/ — Communiqué final

1.    A l’invitation de S.E. Umaru Musa Yar’Adua, Président de la République Fédérale du Nigeria et Président en exercice de la CEDEAO, une session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue, le 10 janvier 2009, à l’Hôtel Transcorp Hilton d’Abuja, République Fédérale du Nigeria.

2.    Le sommet a été convoqué à l’effet d’examiner l’évolution de la situation en Guinée depuis le décès du Président Lansana Conté, notamment à la lumière de la prise du pouvoir par les militaires.

3.    Etaient présents les Chefs d’Etat et de Gouvernement ci-dessous :

  • Son Excellence M. Blaise COMPAORE

Président du Faso

  • Son Excellence M. Laurent GBAGBO

Président de la République de Côte d’Ivoire

  • Son Excellence Yahya A.J.J. JAMMEH

Président de la République de Gambie

  • Son Excellence Dr. John Evans ATTA-MILLS

Président de la République du Ghana

  • Son Excellence Ellen JOHNSON-SIRLEAF

Présidente de la République du Libéria

  • Son Excellence Alhaji Umaru Musa YAR’ADUA

Président et Commandant en chef des Forces Armées de la République fédérale du Nigeria

  • Son Excellence M. Ernest Bai KOROMA

Président de la République de Sierra Leone

  • Son Excellence M. Faure Essozimna GNASSINGBE

Président de la République togolaise

  • Son Excellence Seini OUMAROU

Représentant le Président de la République du Niger

Les représentants des Chefs d’Etat et de Gouvernement ci-après, dûment accrédités, ont également pris part aux travaux :

  • Son Excellence JOSE BRITO

Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de la Communauté, représentant le Président du Cap Vert

  • Son Excellence Joao CARDOSO

Ministre, Directeur de Cabinet à la Présidence, représentant le Président de Guinée Bissau

  • Son Excellence Euloge HINVI,

Secrétaire Général au Ministère des Affaires Etrangères,

République du Bénin

  • Son Excellence Coulibaly Boubacar KARAMOKO

Ambassadeur, représentant le Président de la République du Mali

  • Son Excellence, Daouda Maliguèye Sène

Ambassadeur du Sénégal au Nigeria, représentant le

Président de la République du Sénégal

4.    Les travaux se sont déroulés en présence des personnalités suivantes de la CEDEAO, de l’UA et des Nations Unies, notamment :

  • Son Excellence Said Djinnit

Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest

  • M. El Ghassin WANE

Représentant le Président de la Commission de la l’Union Africaine

 

5.    Le discours d’ouverture a été prononcé par Son Excellence Umaru Musa Yar’Adua, Président de la République Fédérale du Nigeria et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement.

 

6.    Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont félicité le gouvernement et le peuple ghanéens pour la conduite exemplaire des récentes élections générales dans leur pays et souhaité au Président John Evans Atta-Mills la bienvenue en leur sein.

7.    Ils ont également ont observé une minute de silence à la mémoire de feu le Général Lansana Conté, ancien Président de la Guinée, décédé le 22 décembre 2008.

8.    Le Premier Ministre de Guinée a été invité à prendre la parole pour expliquer la situation dans son pays puis a répondu aux questions des membres de la Conférence

9    La Conférence a, par la suite, procédé à l’examen du rapport du Président de la Commission de la CEDEAO portant sur les deux missions de la CEDEAO effectuées en Guinée en décembre 2008 et janvier 2009. Elle a également pris connaissance des recommandations issues de la réunion du Conseil de Médiation et de Sécurité tenue le 9 janvier 2009.

10.    La Conférence a exprimé sa profonde préoccupation devant la résurgence du fléau des coups d’état en Afrique, y voyant une menace sérieuse aux efforts de renforcement du processus de démocratisation sur le continent. Elle a appelé à la mise en œuvre de mesures plus efficaces aux niveaux régional et continental pour faire face à cette situation, notamment à travers la ratification rapide par les Etats membres de la CEDEAO qui ne l’auraient pas encore fait, du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, ainsi que de la Charte de l’UA sur la Démocratie, les Elections et la Gouvernance, de même que la mise en œuvre effective de ces instruments.

11.    La Conférence a, en outre, réaffirmé l’attachement indéfectible de la CEDEAO aux principes de la démocratie et à l’Etat de droit, ainsi que le rejet de la prise du pouvoir par des voies anticonstitutionnelles, conformément aux dispositions des Protocoles de la CEDEAO et des instruments pertinents de l’UA.

12.    Après un examen approfondi des différents rapports et recommandations, la Conférence a:

  1. condamné fermement le coup d’état du 23 décembre 2008 en Guinée, en se fondant sur les dispositions du Protocole A/SP1/12/01 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance et réaffirme la position de principe de la CEDEAO contre l’accession ou le maintien au pouvoir par des voies anticonstitutionnelles.

  1. décidé la suspension de la participation de la Guinée à toutes les réunions de la CEDEAO au niveau des Chefs d’Etat ou au niveau ministériel, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.

  1. exigé du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) la prise de mesures immédiates visant le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée, conformément aux Protocoles de la CEDEAO et en tenant compte des décisions adoptées par le Conseil de Sécurité et de Paix de l’UA sur la situation en Guinée.

13.    La Conférence a pris acte des efforts déployés par les parties prenantes guinéennes en vue du rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel notamment à travers les actions suivantes :

  1. la mise en place d’un Conseil national de transition (CNT), organe délibérant, regroupant civils et militaires, en vue de la réalisation des objectifs de la transition. La CEDEAO, avec l’appui de ses partenaires, assistera les acteurs guinéens en vue de la mise en place rapide du CNT ;

    ii. la mise en place d’un forum consultatif regroupant toutes les composantes de la société guinéenne, en tenant compte de sa diversité ethnique et régionale, ainsi que de la dimension genre. Ce forum servira de cadre de dialogue permettant aux Guinéens d’œuvrer au renforcement de la cohésion nationale ;

    iii. le CNT mènera à terme le processus de transition, en organisant des élections libres, régulières et transparentes en 2009 ;

    iv. le CNT assurera la stabilité gouvernementale indispensable à la bonne conduite de la transition ;

    v. les membres du CNDD, ainsi que le Premier ministre de transition et les membres de son Gouvernement, ne devront pas se présenter aux élections à organiser en 2009 ;

    vi. les autorités de transition s’engagent à respecter les droits humains et l’état de droit, ainsi qu’à lutter contre l’impunité et le trafic de drogue.

 

14.    Afin de faciliter le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée, la Conférence a arrêté les mesures d’accompagnement ci-après :

  1. le maintien par la CEDEAO d’un dialogue permanent et constructif avec le CNDD, les parties prenantes guinéennes et les partenaires en vue de veiller à la mise en œuvre immédiate des recommandations concernant l’organisation rapide d’élections et le transfert du pouvoir à un régime démocratiquement élu ;

  1. les efforts à déployer par la CEDEAO pour que la Guinée soit inscrite sur les listes de la Commission de Consolidation de la Paix de l’ONU, en tant que pays fragile sortant de conflit, pour lui permettre de bénéficier du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix ;

  1. la définition d’un commun accord, par la CEDEAO, la communauté internationale et les parties prenantes guinéennes, de critères de référence et de délais d’exécution des tâches identifiées dans le cadre de la feuille de route pour la transition ;

  1. les mesures devant être mises en œuvre par la CEDEAO et la communauté internationale pour faciliter l’achèvement des opérations d’inscription des électeurs et la mise à disposition de cartes d’identification des électeurs afin de permettre la tenue d’élections en 2009. A cette fin, la CEDEAO et la communauté internationale faciliteront la mobilisation des ressources requises pour l’opération ;

  1. la nécessité d’un financement adéquat pour assurer une transition paisible et réussie en Guinée. A cet égard, un appel a été lancé à l’endroit des partenaires internationaux, notamment la Banque Mondiale, le FMI et ‘UE en faveur de la poursuite de leur appui financier aux programmes socioéconomiques du pays, pour maintenir sur les rails le processus du retour à l’ordre constitutionnel, à la démocratie et la bonne gouvernance.

f)    le renforcement des capacités du Bureau du Représentant spécial du Président de la CEDEAO par la mise à disposition des effectifs et équipements requis afin de permettre de coordonner la contribution de la CEDEAO au processus de transition

  1. la facilitation par la CEDEAO de visites périodiques en Guinée de l’Envoyé Spécial du Président en exercice de la CEDEAO ;

  1. la soumission par le Président de la Commission de la CEDEAO au Président en exercice de la Conférence d’un rapport périodique sur la situation en Guinée.   

15.    La Conférence a demandé au Président de la Commission de la CEDEAO de communiquer la présente décision au Président de la Commission de l’UA et au Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA pour information et action appropriée.

16.    Les Chefs d’Etat ont exprimé leur gratitude au Président en exercice pour l’hospitalité chaleureuse et fraternelle qui leur a été réservée ainsi que les excellentes dispositions prises en vue d’assurer la réussite des travaux.

Fait à Abuja, le 10 janvier 2009

SOURCE : Economic Community Of West African States (ECOWAS

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10 janvier 2009

La Cédéao suspend la Guinée suite au coup d'Etat, offre son soutien

ABUJA (AFP) — La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu samedi la Guinée des activités de l'organisation après le coup d'Etat du 23 décembre tout en offrant son soutien pour assurer la transition vers un retour à "l'ordre constitutionnel".

Le sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Cédéao, réuni à Abuja, a "fermement condamné le coup d'Etat du 23 décembre", a annoncé le président de la commission de l'organisation régionale, Mohammed Ibn Chambas.

Les dirigeants, qui s'étaient réunis à huis clos, ont "suspendu la Guinée de toutes les réunions de la Cédéao au niveau des chefs d'Etat et des ministres, jusqu'à la restauration de l'ordre constitutionnel", a-t-il poursuivi.

Les dirigeants ont ainsi suivi la recommandation de suspendre la Guinée émise la veille par leurs chefs de la diplomatié, et emboîté le pas à l'Union africaine qui avait déjà annoncé cette mesure, à son niveau, le 29 décembre.

Une junte a pris le pouvoir en Guinée à la faveur d'un coup d'Etat, quelques heures seulement après l'annonce du décès du président Lansana Conté après 24 ans de "règne". Elle a suspendu la Constitution et dissous le gouvernement.

Soulignant son "inquiétude profonde face à la résurgence de coups d'Etat en Afrique", le sommet d'Abuja a réitéré l'engagement de la Cédéao en faveur de la démocratie et "son rejet de l'accès et du maintien au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels".

Les dirigeants ont aussi pris note des "efforts fournis par les différentes parties en Guinéee en faveur du retour rapide à l'ordre constitutionnel".

Ils ont notamment souligné l'engagement des nouvelles autorités guinéennes à "achever la transition en 2009 en organisant des élections crédibles, libres, justes et transparentes".

La Guinée, qui est membre de la Cédéao, ne pouvait sièger au sommet samedi, mais Kabiné Komara, nommé Premier ministre par la junte, avait toutefois été invité à prendre la parole.

"J'ai dit à l'assemblée que la Guinée était désireuse d'être comprise, qu'elle était désireuse de recevoir tout le support nécessaire pour qu'enfin elle puisse devenir un pays tout simplement normal", avait-il déclaré à des journalistes après son intervention.

Les dirigeants de la Cédéao ont également énoncé une liste de mesures d'accompagnement visant à soutenir la transition en Guinée, parmi lesquelles "le maintien d'un dialogue permanent et constructif avec le CNDD, les parties prenantes en Guinée et les partenaires".

La Cédéao et la communauté internationale "faciliteront" les opérations d'enregistrement des électeurs en vue des élections ainsi que la levée des fonds nécessaires à la tenue d'un scrutin, indique encore le communiqué.

La Cédéao est parvenue à s'accorder sur l'attitude à adopter face aux putschistes malgré des divergences.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade leur a témoigné son soutien à la junte dès le 26 décembre, une prise de position jugée "malheureuse" par le chef de la diplomatie nigériane Ojo Maduekwe.

M. Wade, seul dirigeant de la Cédéao à avoir pris position en faveur des nouvelles autorités, n'avait pas fait le déplacement à Abuja.

Dans un discours lu pour lui devant l'assemblé, il a soutenu que la prise de pouvoir par la n'était pas un coup d'Etat "classique".

"Nous pouvons choisir la voie facile des récriminations, suspensions et sanctions. Ou bien nous pouvons (...) donner mandat au président de la Commission (de la Cédéao) d'aider la Guinée à réussir sa transition", avait-il plaidé.

Les chefs d'Etat du Nigeria, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, de la Gambie, du Ghana, du Liberia, de la Sierra Leone et du Togo ont pris part au sommet. Le Niger était représenté par son Premier ministre et les autres pays par des délégations de haut niveau.

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23 décembre 2008

Guinée : Coup d'Etat militaire

Guinée: «Les militaires ont un boulevard devant eux»

Parade de l'armée guinéenne le 2 octobre 2008 à Conakry à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de la Guinée.

Parade de l'armée guinéenne le 2 octobre 2008 à Conakry à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de la Guinée./Str AFP

INTERVIEW - Serge Michel, spécialiste de l'Afrique, revient sur la situation politique et économique catastrophique du pays, où un coup d’Etat est en cours. Il avait rencontré le président Conté en novembre 2006...

Au lendemain de la mort du président guinéen, Lansana Conté, un coup d'Etat militaire était en cours ce mardi en Guinée Conakry. Les putschistes ont annoncé la suspension de la Constitution. Regroupés dans un «Conseil national pour la démocratie et le développement» (CNDD), ils ont demandé mardi en fin de matinée aux «membres du gouvernement et à tous les officiers généraux de se rendre» au principal camp militaire du pays, à Conakry, «en vue d'assurer leur sécurité».

Après 24 ans au pouvoir, le général Lansana Conté laisse un pays dévasté par la corruption et la pauvreté aux mains des militaires.

Quelle est la situation actuelle de la Guinée Conakry?

L'état de la Guinée est très mauvais. Le pays n'a pas été géré depuis des années. Il y a un vide au sommet de l'Etat. Le pouvoir n'était plus exercé par le Président mais par ses proches conseillers qui étaient d'ailleurs régulièrement renouvelés. De plus, le pays est rongé par une très grande corruption. Contrairement à beaucoup d'Etats africains, la Guinée n'a pas connu la guerre civile, pourtant, quand on voit l'état de délabrement dans lequel est le pays, on a l'impression que la guerre est passée par là. A Conakry, la capitale, les bâtiments tombent en ruine, la ville semble avoir été laissée à l'abandon. En ce qui concerne les institutions politiques, elles sont extrêmement faibles et n'ont pas la force de résister à une tentative de coup d'Etat. Les militaires ont un véritable boulevard devant eux. La question aujourd'hui est de savoir si la situation va dégénérer en bain de sang ou non.

Quel Président était le général Lasana Conté?

Contrairement à ce qui est dit ce mardi dans la presse, le général Conté n'était pas un sanguinaire. C'était un homme très malade qui avait laissé le pouvoir à l'armée. Il ne vivait plus dans la capitale depuis quelques années et s'était retiré dans un petit village où il cultivait des champs de riz. Lorsque je l'ai rencontré en novembre 2006, la culture de son riz était alors sa principale préoccupation. C'était un homme intègre, dépassé par la dégradation de l’état de son pays. Mais, en tant que général, il jouissait d'une grande influence sur l'armée. C'est en partie pour cette raison qu'il a été maintenu au pouvoir.

Que va devenir la Guinée aux mains des militaires?

La rapidité avec laquelle le coup d'Etat a été annoncé montre qu'il a été préparé bien avant la mort du Président. Contrairement à ses voisins, la Guinée n’a pas vraiment de problèmes ethniques. Il ne devrait donc pas y avoir de conflit lié à cette problématique. Le risque majeur est essentiellement lié aux richesses naturelles dont dispose la Guinée (bauxite, fer, or, diamant, nickel, uranium). Cinquante milliards de dollars doivent être investis par des grands groupes internationaux pour l'exploitation de ces ressources dans les prochaines années. On risque donc d'assister à une course au pouvoir pour s’accaparer ces richesses.

Maud Descamps avec agence

Serge Michel est un journaliste Suisse spécialiste de l'Afrique.

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Les coups d'Etat en Afrique depuis quinze ans

PUTSCHS

NOUVELOBS.COM | 23.12.2008 | 14:32

Un capitaine de l'armée guinéenne a annoncé mardi 23 décembre une dissolution des institutions, quelques heures seulement après la mort du président Lansana Conté. Il s'agit du dernier en date d'une longue série de coups d'Etat militaires sur le continent africain. Voici un rappel des principaux putschs depuis quinze ans :

- 22 juil 1994 - GAMBIE : Le président Dawda Jawara, au pouvoir depuis 1965, renversé par des militaires dirigés par Yahya Jammeh.

- 15 août 1995 - SAO TOME ET PRINCIPE : Miguel Trovoada renversé par des militaires. Il reprend le pouvoir une semaine après, à la suite d'une loi d'amnistie.

- 28 sept 1995 - COMORES : Des mercenaires dirigés par Bob Denard renversent le régime de Saïd Mohamed Djohar. Une intervention militaire française met fin au coup d'Etat.

- 16 jan 1996 - SIERRA LEONE : Valentine Strasser "démis" par la junte qu'il dirigeait depuis quatre ans.

- 27 jan 1996 - NIGER : Une junte militaire présidée par le colonel Ibrahim Baré Maïnassara destitue le président Mahamane Ousmane.

- 25 juil 1996 - BURUNDI : Un coup d'Etat porte au pouvoir Pierre Buyoya après la destitution de Sylvestre Ntibantunganya.

- 17 mai 1997 - ZAIRE : Laurent-Désiré Kabila, à la tête d'une rébellion depuis huit mois, s'autoproclame chef de l'Etat. Le Zaïre, dirigé depuis près de 32 ans par Mobutu Sese Seko, devient la République démocratique du Congo. Le 16 janvier 2001, Kabila est assassiné par un de ses gardes du corps. Son fils, Joseph Kabila, lui succède.

- 25 mai 1997 - SIERRA LEONE : Le président Ahmad Tejan Kabbah renversé par une junte dirigée par Johnny Paul Koroma. Rétabli dans ses fonctions en 1998 après une intervention d'une force ouest-africaine.

- 15 oct 1997 - CONGO-BRAZZAVILLE : Denis Sassou Nguesso (1979-1992) reprend le pouvoir après la victoire de ses milices sur celles de Pascal Lissouba.

- 9 avr 1999 - NIGER : Ibrahim Baré Maïnassara tué par des éléments de la garde présidentielle, dirigée par Daouda Mallam Wanké.

- 30 avr 1999 - COMORES : L'armée dirigée par le colonel Azali Assoumani prend le pouvoir.

- 7 mai 1999 - GUINEE-BISSAU: Joao Bernardo Vieira renversé par une junte en rébellion depuis 1998 dirigée par le général Ansumane Mané.

- 24 déc 1999 - COTE D'IVOIRE : Une mutinerie de soldats se transforme en coup d'Etat, le premier du pays. Le général Robert Gueï annonce la destitution du président Henri Konan Bédié et la mise en place d'une junte.

- 15 mars 2003 - CENTRAFRIQUE : Ange-Félix Patassé, au pouvoir depuis 1993, renversé par le général François Bozizé, entré en rébellion fin 2001.

- 16 juil 2003 - SAO TOME ET PRINCIPE : Bref coup d'Etat dirigé par le major Fernando Pereira en l'absence du président Fradique de Menezes. Grâce à une médiation internationale, celui-ci reprend ses fonctions le 23.

- 14 sept 2003 - GUINEE-BISSAU : Kumba Yala renversé par une junte dirigée par le général Verissimo Correia Seabra, abattu un an plus tard lors d'une attaque contre le QG de l'armée.

- 6 août 2008 - MAURITANIE : Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu, est renversé 15 mois plus tard par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

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