Lu dans la tribune de Geneve et le journal gratuit 20 minutes
Sarkozy financé par l'Afrique: nouvelles accusations
RÉVÉLATIONS | Selon l'ancien conseiller personnel d’Omar Bongo, le défunt président gabonais, aurait contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Des mallettes auraient même continué de circuler après l'élection du président français.
© Keystone | Nicolas Sarkozy et le défunt président du Gabon Omar Bongo entretenaient des relations troubles d'interdépendance.
AFP | 22.11.2011 | 12:10
Un proche d’Omar Bongo affirme que le défunt président gabonais a "contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy", dans un ouvrage sur "Le scandale des biens mal acquis" des chefs d’Etat africains en France, à paraître jeudi.
La présidence française se refuse à tout commentaire.
L’accusation émane de Mike Jocktane, conseiller personnel d’Omar Bongo depuis 2005 promu directeur adjoint de son cabinet en janvier 2009, avant de rejoindre l’opposition à Ali Bongo, qui succède à son père en août de la même année.
Fonds occultes
"Omar Bongo a contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 du candidat Nicolas Sarkozy", affirme-t-il aux journalistes Xavier Harel et Thomas Hofnung, auteurs du livre "Le scandale des biens mal acquis" (Editions La Découverte) dans un entretien réalisé en septembre.
Il confirme les révélations de l’avocat franco-libanais et conseiller de l’ombre de présidents français pour l’Afrique Robert Bourgi, qui a affirmé en septembre avoir remis "20 millions de dollars" à l’ex-président Jacques Chirac (1995-2007) et à son Premier ministre Dominique de Villepin.
Mais il va plus loin que l’avocat selon lequel "ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’Etat africain" n’ont remis d’argent à Nicolas Sarkozy par son "intermédiaire".
"Contrairement à ce que prétend Robert Bourgi (...), les mallettes ont continué de circuler avant et après l’élection de Nicolas Sarkozy", assure Mike Jocktane.
Michel de Bonnecorse, ancien conseiller pour l’Afrique de Jacques Chirac, avait déjà accusé Robert Bourgi d’avoir remis des fonds occultes à Dominique de Villepin ainsi qu’à Nicolas Sarkozy à un moment où le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur étaient grands rivaux à droite pour l’élection de 2007.
Quand Bourgi choisit au printemps 2006 de rejoindre Nicolas Sarkozy, il ne fait "plus qu’une (mallette), plus grosse, qu’il dépose aux pieds du ministre de l’Intérieur", affirme M. de Bonnecorse dans le livre de Pierre Péan "La République des mallettes".
L'Afrique et les mallettes
L’enquête lancée après les accusations de Robert Bourgi vient d’être classée sans suite, faute d’éléments pour prouver des faits par ailleurs prescrits. Ses déclarations avaient rompu le silence traditionnel entourant la Françafrique, réseau opaque d’influences hérité de l’époque coloniale, avec laquelle Nicolas Sarkozy avait promis de rompre.
Mike Jocktane, comme avant lui plusieurs hommes politiques africains et experts de la région, décrit un système bien rôdé.
"Quand un homme politique français se rend au Gabon, on dit qu’il vient chercher sa mallette... Le président défunt Omar Bongo était très généreux avec les dirigeants français. (...) Une part importante de ces dons a fini dans les poches des bénéficiaires. Il y a eu beaucoup d’enrichissement personnel".
"Les remises de mallettes effectuées dans le bureau du président étaient filmées par des caméras cachées. Tout était enregistré sur vidéo", ce qui, affirme-t-il, constitue "l’un des moyens de pression de Libreville sur Paris".
C’est cette relation complexe d’interdépendance qui aurait conduit la France à saluer hâtivement l’élection d’Ali Bongo alors même que la cour constitutionnelle du pays n’avait pas encore rejeté un recours de l’opposition sur des fraudes massives, selon des opposants gabonais et des experts.
Dans un documentaire diffusé en décembre 2010, Michel de Bonnecorse déclarait que les premiers résultats donnaient Ali Bongo battu par son adversaire André Mba Obame à 42% contre 37%.
Robert Bourgi aurait aussi initialement reconnu la défaite du fils Bongo. "Le petit a perdu, le petit a perdu!", aurait-il lancé pris de panique à des proches de Nicolas Sarkozy au soir du vote, selon un témoin oculaire de la scène à Paris, cité dans "Le scandale des biens mal acquis".
Pour Mike Jocktane, "l’empressement avec lequel la France a reconnu l’élection frauduleuse d’Ali Bongo en 2009 s’explique par les mallettes distribuées".
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Angola : La contestation des jeunes se renforce malgré les risques
Posted: 12 Oct 2011 01:33 PM PDT
[Les liens sont en portugais sauf mention contraire] Après l'emprisonnement et la condamnation de certains des organisateurs [en anglais] de la manifestation angolaise du 3 septembre [en français], organisée pour protester contre les 32 années au pouvoir du Président José Eduardo dos Santos, le mouvement des jeunes à l'origine de l'évènement se poursuit malgré les intimidations.
Le 25 septembre et à nouveau le 2 octobre, quelques centaines de personnes ont investi les rues pour appeler à la libération des 16 manifestants emprisonnés après le 3 septembre.
A chaque fois, les marches ont été confrontées à l'opposition : quelques policiers mais également un groupe plus large que les Angolais appellent “les Congolais”, ce qui ne désigne pas des personnes originaires du Congo, mais des individus associés au parti dirigeant, ou payés par celui-ci. Cette vidéo montre que le 25 septembre, ils ont efficacement bloqué les marcheurs non-violents, qui ont en retour offert une réponse animée mais n'ont pas avancé :
Davantage de manifestants ont été appelés pour les 16 et 18 octobre. Le hip hop continue d'être une grande force motivante derrière le mouvement de la jeunesse angolaise, qui encourage les gens à remettre en question l'utilisation réelle des revenus du pétrole et le manque de démocratie. Cette vidéo non sous-titrée d'une performance récente capture l'énergie qui s'en dégage :
Davantage de médias citoyens, et de médias viraux
Le nombre croissant de vidéos tournées dans les plus récentes protestations qui ont été chargées sur YouTube indique une augmentation des journalistes citoyens. Les précédentes manifestations plus tôt cette année étaient filmées par seulement un ou deux vidéastes.
Le site ou “quartier général”, Central 7311, est nommé d'après la première manifestation de l'année, qui a eu lieu un 7 mars. Le site se décrit lui-même ainsi :
Aqui publicamos não só os pedidos de autorização enviados ao Governo Provincial de Luanda como também alguma informação independente, fora da redoma dos nossos viciados meios de comunicação social, na linha do chamado “jornalismo do cidadão”. Também publicamos alguns textos de opinião de diferentes colaboradores e estamos abertos a outros textos que vão ao encontro do que temos vindo a defender. A Centra 7311 pretende ser somente um espaço de convergência, de troca de ideias e de comunicação dessa juventude, dessa minoria(?) que está descontente, cansada e revoltada com a situação social e política em Angola.
Ici, nous publions non seulement les demandes d'autorisation [de manifestation] auprès du Gouvernement Provincial de Luanda, mais aussi certaines informations indépendantes, qui échappent à nos médias d'actualité sous contrôle, selon l'éthique de “journalisme citoyen”. Nous publions aussi les billets d'opinion de nos différents contributeurs et nous sommes prêts à publier d'autres textes en relation avec ce que nous revendiquons. Central 7311 se veut un espace de convergence, d'échange d'idées et de communication de cette jeunesse, cette minorité (?) qui n'est pas heureuse, fatiguée et frustrée de la situation sociale et politique en Angola.
Central 7311 a aussi à présent un compte Twitter actif qui est utilisé pour diffuser les nouvelles de dernière minute durant les manifestations et une chaîne YouTube.
La vidéo est utilisée non seulement pour documenter, mais également pour motiver et inspirer, comme ce montage musical avec le morceau “El Pueblo Unido” de Thievery Corporation :
Il convient aussi de noter certaines que des satires en vidéo deviennent “virales”, dont ce discours surdoublé du président Dos Santos qui a été vu plus de 11 000 fois depuis juillet. Ses auteurs, des activistes, encouragent les autres à faire de même : “satiriser le discours du Président jusqu'à épuisement”.
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Lu pour vous dans le www.letelegramme.com du 16 janvier 2011
La nouvelle géopolitique africaine
Le journaliste écrivain Pierre Péan explique les mouvements tectoniques de la géopolitique africaine.

Après la publication de «Noires fureurs, blancs menteurs» sur le génocide au Rwanda, Pierre Péan a fait l'objet d'un procès en sorcellerie de SOS Racisme, qui le qualifiait de révisionniste et n'était pas loin de le comparer au sinistre docteur Faurisson. En endossant l'enquête du juge Bruguière qui attribuait l'attentat contre l'avion du président hutu, Habyarimana, au nouveau maître de Kigali, le tutsi Kagamé, Péan, enquêteur hors pair, dérangeait. Il expliquait que le FPR (Front Patriotique du Rwanda) avait assis sa reconquête du pouvoir et sa légitimité sur le génocide, auquel l'armée française était injustement accusée d'avoir participé. Mais que les massacres de hutus par les tutsis avaient été tout aussi nombreux, notamment au Kivu, comme vient de le reconnaître l'ONU. Avec ce nouvel essai qui porte en sous-titre «Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique», Péan élargit la focale pour expliquer les mouvements tectoniques de la géopolitique africaine. Tout d'abord, le journaliste écrivain précise que la Françafrique n'est plus qu'un rideau de fumée, un paravent habilement mis en avant par les adversaires de Paris pour masquer leurs propres avancées sur le continent noir. Et du même coup, culpabiliser la France.
Israël un peu partout
On parle beaucoup des Chinois, nouveaux prédateurs de l'Afrique, mais on oublie l'État hébreu présent depuis un demi-siècle au gré de ses alliances. Au départ, Israël est proche de la France puis s'en éloignera en raison de la politique arabe du général de Gaulle pour se rapprocher de l'Afrique du Sud. De Gaulle dira même à Ben Gourion, qui le presse de ne pas lâcher le pouvoir à Alger : «Vous voulez recréer un nouvel Israël en Algérie ?». À l'évidence, les juifs ne comprennent pas pourquoi la France, qui a défait le FLN, lâche le morceau aussi facilement. Israël est présent un peu partout organisant les services de sécurité des régimes africains, agissant en sous main pour favoriser la partition du Soudan dont le sud vient d'être soumis à référendum. Sans parler du fameux raid sur Entebbe ou le rapatriement des juifs falashas d'Éthiopie. Affaiblir Khartoum, jugé aussi dangereux que l'Iran est un objectif israélien partagé par Washington. Les Africains ayant souvent été les esclaves des Arabes, l'État hébreu tente de faire vibrer cette corde sensible pour favoriser les convergences.
La fin du pré-carré français
Mais l'auteur souligne également l'action des services secrets et des forces spéciales américaines en liaison avec le régime ougandais pour remodeler l'Afrique des Grands Lacs et s'approprier les richesses minières. En organisant d'abord la chute de Mobutu, puis en installant au pouvoir Laurent Désiré Kabila, qui ne fera pas l'affaire et sera remplacé par son fils. Tout en favorisant l'ascension de Paul Kagamé, formé par l'armée américaine. Les États-Unis ont décrété la fin du pré-carré français et du rôle de Paris comme gendarme de l'Afrique, qui lui était concédé durant la guerre froide. Du coup, le «choc des civilisations» marqué par le 11-Septembre s'est déplacé sur le continent noir. N'oublions pas que les premiers attentats qui annonçaient l'opération des terroristes islamistes à New York avaient été organisés contre les ambassades américaines sur les côtes d'Afrique de l'Est, notamment au Kenya. Carnages par Pierre PéanEditions Fayard, 24,50 €.
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Ghana : Noël à Accra
Posted: 28 Dec 2010 11:21 AM PST
par Ndesanjo Macha · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet original [en]
Fiona décrit Noël à Accra, au Ghana : “Des arbres de Noël en plastique rose, et des Pères Noël gonflables, et des bonnets de Père Noël clignotants, vendus au bord de la route. Des images de Jésus, des tondeuses à cheveux, de la mort-aux-rats, des chaussettes, des cerfs-volants, des ‘films de Blancs' (y compris Harry Porter sic 7 ) et des montres, tout ça se vend au bord de la route.”
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L'année 2010 sous le signe de la tragédie, dans les médias citoyens francophones
Posted: 28 Dec 2010 11:09 AM PST
par Lova · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet original [en]
Encore une année riche en événements marquants et qui restera sous le signe de la tragédie dans le monde des médias citoyens francophones.
Janvier a donné le ton pour le reste de 2010, avec les effets traumatisants du tremblement de terre de Haiti, l'attentat contre l'équipe togolaise de football à la Coupe africaine des nations au Cabinda et les grenades lacrymogènes tiées sur les manifestants à Madagascar. La fin de l'année n'a guère apporté de répit à la violence alors que la crise politique en cours en Côte d'Ivoire a déjà coûté au moins 173 vies et que les tensions sociales déclenchent des émeutes en Tunisie.
L'année 2010 a aussi été celle du cinquantenaire des indépendances de nombreux pays africains, dont le clou a été un défilé militaire contesté sur les Champs-Elysées à Paris, et la tenue d'un Symposium des Jeunes leaders africains sous l'égide du président américain Barack Obama. Tout au long de l'année, les médias citoyens des pays francophones ont été aux avant-postes de la diffusion des informations, et se sont souvent trouvés eux-mêmes menacés pour avoir exercé leur droit à la liberté de parole.
Un début de mauvais augure
Le séisme prit tout le monde par surprise, mais malgré les fréquentes interruptions des services téléphoniques et un accès généralement médiocre à internet, les médias citoyens de Haïti ont fait face aux difficultés et fourni des nouvelles rapprochées et des points de vues très nécessaires sur le terrain à propos des opérations de reconstruction.
En pleine tragédie, une “démonstration de solidarité” francophone fut abondamment discutée lorsque le président Wade du Sénégal offrit des terres gratuites aux survivants haïtiens du séisme. La proposition reçut un accueil et un soutien mitigés des Sénégalais, des Haïtiens et des médias citoyens dans le monde.
Le 18 février, un coup d'Etat se produisit au Niger, dans lequel le président Mamadou Tandja fut capturé après des échanges de tir, Niamey, mené par le colonel Abdoulaye Adamou Harouna. Le sentiment général des médias citoyens nigérien allait de “blasé” à “bon débarras”.
La crise financière a aussi affecté le continent africain ; les blogueurs africains ont réagi à l'inégalité apparente de traitement par le FMI quand il s'agit d'aider des pays comme la Grèce comparée à certains pays d'Afrique.
Après la finance, les crises naturelles n'ont pas été en reste. Le Nord et l'Ouest de l'Afrique ont été ravagés par des périodes prolongées de pluies et de graves inondations. Le Maroc, la Mauritanie, le Bénin, le Nigeria et le Togo ont été parmi les plus touchés par les inondations, dont les médias citoyens ont souvent été les premiers à parler.
La sécurité et la stabilité de l'Afrique de l'ouest étaient aussi des préoccupations des blogueurs lorsque AQMI a fait à plusieurs reprises les grands titres avec la prise d'otages au Mali et l'exécution de Michel Germaneau en juillet puis, à nouveau, la capture de plusieurs otages employés d'AREVA au Niger en septembre.
Zone d'opérations d'AQMI par Orthuberra sur Wikimedia - Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0
Les fêtes de l'indépendance en Afrique francophone
Malgré ces débuts difficiles, 2010 devait aussi marquer la célébration de 50 années d'indépendance et être une année électorale crucialepour de nombreux pays africains. Mais au vu du retard dans le développement humain, de la gouvernance douteuse et de la mauvaise gestion des ressources naturelles, un grand nombre de blogueurs africains se demandent ce qu'il peut y avoir à fêter en Afrique à ce jour.
Et pourtant célébrations il y a eu, parfois fastueuses comme on a pu voir à Brazzaville, au Congo.
Aucune de ces célébrations n'a causé autant de remous que le défilé militaire de soldats africains le 14 juillet à l'invitation du président français Nicolas Sarkozy. Alors qu'apparaît de plus en plus au grand jour la corruption de “La Françafrique”, qui désigne la collusion entre certains chefs d'Etat africains et des intérêts français, de nombreux observateurs ont fait remarquer que la présence de militaires africains sur les Champs-Elysées était condescendante et pour le moins maladroite, non sans ressemblance avec le discours de Dakar de Sarkozy. [D'autres propos du président français à Grenoble cet été sur les délinquants d'origine étrangère et les expulsions forcées de Roms ont aussi provoqué des réactions vigoureuses dans la blogosphère francophone.]
C'est une approche différente qu'a prise l'administration américaine pour marquer les multiples anniversaires des indépendances africaines. Début août 2010, le président Obama a tenu un symposium de trois jours pour les jeunes leaders africains en vue d'échanger des idées sur les moyens de promouvoir le développement, les droits humains et la démocratie. L'accent mis sur la jeunesse africaine contrastait fortement avec la présence des dirigeants de la vieille garde africaine s'exposant le 14 juillet.
Espoirs de transparence ?
2010 devait aussi être l'année où certains pays africains accompliraient des pas importants vers des élections libres et transparentes.
Un espoir vite déçu.
Les opérations électorales au Burundi, en Côte d'Ivoire, Guinée, à Madagascar et au Rwanda ont toutes à un moment ou un autre justifié de gros points d'interrogation, viciées par des délais dépassés, des soupçons de fraudes massives et des actes de violence.
On a pourtant le sentiment que les citoyens de ces pays sont impatients d'aller de l'avant et de prouver que de mauvais dirigeants ne peuvent pas maintenir à jamais leurs pays dans l'arriération. Une société civile en plein essor et les médias citoyens locaux apportent l'espoir que des progrès sont réalisés, souvent à défaut d'une bonne gouvernance.
Théophile Kouamouo et Saint-Clavier Oula
L'impact des médias citoyens en ligne est devenu assez évident pour que les régimes autoritaires africains aient pris d'importantes mesures pour accroître la censure des médias numériques. Des blogueurs et journalistes ivoiriens ont été arrêtés en juillet pour avoir publié des documents sur la corruption dans les filières du cacao et du café. Depuis que la crise politique ivoirienne a éclaté en décembre, de nombreux blogueurs et usagers de Twitter ont suspendu leurs activités en ligne et ne publient plus d'entrées sur la situation à cause de menaces personnelles.
A Madagascar, une flopée de journalistes et d'opposants ont été arrêtés pour de supposées menaces à la sécurité nationale et l'expression en ligne de leur contestation. Des mesures pour un contrôle renforcé du contenu en ligne sont également prises, illustrées par un projet selon lequel tous les contenus numériques malgaches devront être gérés par un unique fournisseur d'accès privé.
Reste à savoir si les leçons des épreuves électorales de cette année dans certains pays d'Afrique seront retenues par leurs voisins. Le Sénégal et le Cameroun entre autres connaîtront d'importantes échéances électorales en 2011. Les blogueurs camerounais ne débordent pas d'optimisme sur les prochaines élections [en anglais]. Quant au Sénégal, les médias citoyens locaux se font déjà entendre sur le népotisme et la corruption [en anglais] qu'ils perçoivent dans le régime actuel.
Ce serait rafraîchissant si en 2011 la série de résultats électoraux douteux et de violences consécutives pouvait être stoppée pour changer. Les dirigeants africains doivent bien ça à leurs populations endurantes.
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répression permanente, crimes de guerre et implication des Etats-Unis
"Nous sommes très heureux de travailler avec les forces de défense rwandaises comme partenaire clé alors qu'elles cherchent à améliorer leur capacité à effectuer diverses missions de maintien de la paix et à contribuer par d'autres moyens à apporter la paix dans cette région. Et dans le cadre de cette visite, nous démontrons à nos amis rwandais que nous sommes un partenaire déterminé.. et qu'ainsi, la stabilité se fait sentir dans le monde entier...."
Général William E. Ward, ( commandement américain pour l'Afrique) (AFRICOM) - Conférence de presse, Kigali, Rwanda, 22 avril 2010
La "guerre contre le terrorisme" menée par les Etats-Unis déstabilise les gouvernement populaires, les communautés et les sociétés indigènes à travers le monde . Cela est vrai plus qu'ailleurs dans la région des Grands Lacs africains où les populations font face à un terrorisme absolu et à des atrocités inouïes ainsi qu'à la destruction complète de tout ce qu'ils connaissent, ce que l'on appelle un génocide.
Mais le génocide au Congo n'est pas à l'ordre du jour, conformément aux prérogatives des intérêts privés, des grosses entreprises occidentales, de la suprématie blanche et des politique génocidaires.[0]
Les Etats-Unis sont intervenus pendant des années dans la région - la multinationale américaine Union Carbide par exemple contrôlait les mines SOMIKIVU dans la province du Kivu au Congo au début des années soixante, mais par le biais d'un partenariat militaire croissant avec les agents clés en Afrique centrale depuis 1980, les interventions américaines ont provoqué des pertes humaines sans précédent, favorisées par les politiques gouvernementales directes des Etats-Unis, les opérations clandestines militaires et de guérilla menées sous couvert de "maintien de la paix", de politique "humanitaire" et de "développement".
Maintenant le Rwanda et l'Ouganda (l'Ethiopie venant juste derrière) sont devenus les principales bases d'opération du Pentagone en Afrique, depuis lesquelles des millions de dollars de matériel militaire et des forces africaines de substitution (mercenaires) formées par le Pentagone sont dirigées jusqu'au Congo et au Burundi mais aussi, bien au-delà, jusqu'aux théâtres d'opération du Pentagone au Soudan, en Ethiopie, au Kenya, en Somalie et même en Afghanistan, en Irak et à Haïti.
UN SILENCE MASSIF SANS PRECEDENT
Les Etats-Unis ont une longue histoire de soutien à des régimes brutaux. Ls médias de masse occidentaux fournissent des fictions et cachent la vérité grâce à des campagnes de propagande, un secteur que l'on appelle officiellement le "contrôle de l'opinion"
conçu par des think tank, comme le Center for American Progress, l'Atlantic Council et le Council on Foreign Relations.
Le général Augusto Pinochet est arrivé au pouvoir par un coup d’état, l'autre 11 septembre, en 1973. Les Etats-Unis ont soutenu le régime de terreur de Pinochet au Chili et d'autres dirigeants responsables d'atrocités de masse au Guatemala, au Nicaragua, au Perou, au Honduras, en Bolivie et au Salvador. Dans les années quatre-vingt, les images des photographes occidentaux en vogue représentant des corps décapités et mutilés étalés dans des paysages verdoyants ont rarement été publiées par la presse officielle. La "disparition" comme tactique de terrorisme est devenue la routine, un produit de la "formation" militaire occidentale de la School of the Americas. Les populations sur place ont résisté, même lorsque des familles et des communautés entières ont été supprimées. Les responsables étaient connus mais rarement obligés de rendre des comptes; le général Augusto Pinochet est mort en 2006, après que 300 accusations chiliennes et plusieurs accusations internationales de crimes de guerre ont été portées contre lui.
La même histoire s'est déroulée en Ouganda, au Rwanda, au Burundi et en République démocratique du Congo, mais les méthodes de contrôle de l'opinion ont été redéfinies de manière plus fine. Les populations du Canada, d'Europe et des Etats-Unis sont si désinformées qu'elles participent aux campagnes caritatives trompeuses lancées par les grandes entreprises liées au gouvernement qui se présentent comme des entreprises caritatives, telles que Save the Children et CARE International ou d'autres organisations soi disant à but non lucratif dont le principal objectif est en fait la propagande comme le ENOUGH Project– financé par le Center for American Progress. Mais les dollars des contribuables servent à soutenir des régimes brutaux qui commettent les atrocités et provoquent les souffrances pour l'éradication desquelles les populations font des dons.
De belles brochures et des dépliants publicitaires — financés par le Center for American Progress– sont diffusés par ENOUGH lors d'actions financées par le CAP et dans des organisations universitaires financées par le CAP.
Les médias ne rendent pas compte des massacres, décapitations, mutilations, et disparitions de routine au Congo, et s'ils le font, la violence est attribuée à la sauvagerie africaine plutôt qu'au terrorisme en tant que méthode militaire (lutte anti-insurrectionnelle, opérations tactiques, invasions et opérations psychologiques) enseignée à la School of the Americas de Fort Bragg (GA) ou de Fort Leavenworth (KA). Le consommateur occidental d'informations a été sensibilisé aux viols de masse perpétrés à l'est du Congo, une cause qui est à l'origine de levées de fonds particulièrement fructueuses, comme la campagne V-Day de Eve Ensler soutenue par les Nations unies ou l'initiative caritative "humanitaire" de Ben Affleck à l'est du Congo, mais les récits et le discours sur le viol font porter la responsabilité sur les victimes et protègent ou récompensent les vrais responsables. L'esprit occidental est rempli de clichés racistes sur la sauvagerie, les épidémies, la pauvreté totale et l'absence d'espoir de l'Afrique, comme si vous et moi, nous n'avions rien à voir du tout avec la pauvreté, la famine, les atrocités sexuelles ou le génocide. Le public n'entend pas parler des intérêts occidentaux impliqués, des compagnies minières qui se cachent derrière les viols systématiques ou des liens d'affaires qu'entretient Ben Affleck avec le régime militaire qui occupe et terrorise les zones du Congo où le projet "humanitaire" de Affleck opère.
Le régime de terreur de Pinochet au Chili fait pâle figure, par son importance et sa nature, à côté des atrocités perpétrés par les agents au service de l'Occident opérant aujourd'hui en Afrique centrale. Au premier rang des agents de répression du Pentagone figurent le président de l' Ouganda, Yoweri Museveni, et son beau-frère, le général Salim Saleh; le président du Rwanda Paul Kagame et les généraux James Kabarebe et Karake Karenzi; et le président du Congo Hypolite Kanambe (alias Joseph Kabila) et le général John Numbi.
L'actuelle apocalypse que connaît l'Afrique centrale a commencé avec la guerilla conduite par Yoweri Museveni entre 1980 et 1985, durant laquelle Paul Kagame dirigeait le renseignement militaire; Kagame est connu pour avoir commis des massacres et pratiqué la torture dans les "safe houses" du renseignement en Ouganda. Du fait de Kagame et de Museveni, le peuple Acholi d'Ouganda a subi un lent génocide, à l'abri des regards, dans le nord de l'Ouganda. La guérilla conduite par Kagame et Museveni en Ouganda (1980-1985) a fixé une orientation politique qui a déterminé le sort de millions d'innocents en Afrique centrale où le bilan des pertes humaines ne cesse de s'alourdir.
"La justice constitue une demande centrale de la population congolaise" dit Maurice Carney, directeur des Amis du Congo. "Des crimes inouïs ont été commis, attisés par le pillage des richesses du Congo par une foule de multinationales et par les alliés des Etats -Unis et de la Grande-Bretagne que sont le Rwanda et l'Ouganda. Malheureusement, la plupart des organisations humanitaires et des lobbys à Washington n'ont pas demandé aux Etats-Unis d'obliger leurs alliés et les entreprises à rendre des comptes, malgré la législation américaine en vigueur qui va dans ce sens.
FAIRE PORTER LA RESPONSABILITE SUR LES VICTIMES, RECOMPENSER LES TUEURS
En octobre 1990, l'armée ougandaise et le front/l'armée patriotique du Rwanda (RPF) dirigé par le major-général Paul Kagame ont envahi le Rwanda. Les guérillas qui ont violé les lois internationales et commis des crimes de guerre en masse étaient soutenues par l'Angleterre, la Belgique, les Etats-Unis et Israël. Elles étaient ougandaises. Ce n'étaient pas des victimes et il ne s'agissait pas, comme les a décrit Philip Gourevitch dans le New Yorker, d' "un peuple sans Etat" et " des juifs de l'Afrique": c'étaient les élites Tutsi, des extrémistes désireux de récupérer le pouvoir et la domination, qui avaient attaqué le Rwanda à maintes reprises pendant des décennies depuis qu'ils avaient été renversés en 1959. En juillet 1994, le RPF avait achevé son coup d'état et renforcé son pouvoir au Rwanda. Le gouvernement de Paul Kagame a depuis lors maintenu son pouvoir politique et manipulé la sympathie publique en promouvant une idéologie hautement politisé de génocide.
La propagande du New York Times au sujet du "génocide en Rwanda" présentée comme "l'affreuse réalité au Rwanda", le 9 mai 1994 par James C McKinley Jr. , oblitérant la réalité au moyen de publicité à connotations subliminales sexuelles, cachait la réalité et préparait la scène pour l'opération psychologique de masse qui aveugle aujourd'hui les occidentaux sur la réalité de l'implication du Pentagone en Afrique centrale.
Après plus de dix-huit ans de désinformation systématique sur le Rwanda, il existe une ignorance collective sur ce qui s'est réellement passé et qui est responsable. Le "génocide du Rwanda" est l'un des évènements les plus mal compris de l'histoire contemporaine et ce non à cause d'une absence de preuves ou parce que la vérité a été cachée par le massacre, mais parce qu'il s'agissait d'une opération psychologique ou PSYOP destinée à cacher la réalité du génocide soutenu par les entreprises et les militaires occidentaux. [1]
Selon l'histoire officielle, les extrémistes Hutu au gouvernement et dans l'appareil militaire ont commis un génocide orchestré et planifié à l'avance contre la minorité Tutsi entre le 6 avril et environ le 16 juillet 1994. Dans cette mythologie, de 800 000 à 1,2 million de Tutsi ont été massacrés durant les maintenant célèbres "cent jours de génocides" à coup de pioches, de haches et de machettes.
Quiconque conteste l'histoire officielle est traité de "négationniste de génocide" ou de "révisionniste de génocide" par le régime de Kagame et est fustigé comme "assassins de la mémoire". [2] Le Rwanda a adopté une loi sur "l'idéologie génocidaire" qui interdit à quiconque de remettre en cause la version officielle de l'histoire et criminalise toute idée qui pourrait provoquer une division ethnique. En vertu de cette loi, les enfants de mois de douze ans seront envoyés dans des centres de réhabilitation s'ils sont déclarés coupables, mais le Rwanda a envoyé des centaines de milliers de personnes dans des "camps de rééducation"; il y en a un sur l'île reculée et désertique de Iwawa sur le lac Kivu; les détenus sont gardés par des soldats.[3]
En réalité, les RPF étaient les principaux tueurs, la plupart des victimes étaient Hutu et le nombre de morts durant ces cent jours a été bien moindre. Affirmer la contrevérité que les RPF "ont stoppé le génocide en gagnant la guerre"constitue l'ultime affront contre la vérité. Ainsi, les RPF ont de manière typique tué tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin: Kagame n'a fait confiance à aucun des Tutsi qui étaient restés après les pogroms qui ont entraîné l'exil de la communauté Tutsi avant l'arrivée du gouvernement Habyarimana (1973-1994) et ainsi des Tutsis ont également été visés par les RPF. Sous la nouvelle structure de pouvoir, de fortes motivations ont poussé à accuser les Hutu stigmatisés de crimes qu'ils n'avaient jamais commis: l'accès à la terre et son contrôle. Il en va de même en Ouganda et au Congo.
Le 6 avril 1994, les gouvernements du Rwanda et du Burundi ont été décapités lorsque l'avion qui transportait les deux présidents et des hauts gradés de l'appareil militaire a été abattu au-dessus de Kigali, la capitale du Rwanda. Les assassinats bien planifiés de Juvenal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira ont provoqué une escalade massive de la guerre qui est faussement présentée comme le résultat de sauvagerie tribale sans importance. Ces assassinats étaient des crimes de guerre graves et les RPF et l'UPDF en étaient responsables mais toute tentative d'enquêter honnêtement sur le double assassinat présidentiel a été bloquée par les Etats-Unis et leurs alliés.
Le 17 novembre 2006, le juge français anti-terroriste Jean-Louis Bruguière a délivré des actes d'accusation internationaux de crimes de guerre après avoir conclu que les RPF, sous les ordres directs de Paul Kagame, avaient effectué des attaques de missiles sol-air contre l'avion transportant les deux présidents.[4]
Le 6 février 2008, un tribunal espagnol a émis des mandats d'arrêt internationaux contre quarante des principaux officiels militaires du régime rwandais. Le président Paul Kagame n'a pas été mis en examen seulement parce que les chefs d'Etat jouissent de l'immunité. Les officiels du RPF sont accusés de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide commis au Rwanda et en République démocratique du Congo entre 1990 et 2002 .[5]
Bien sûr, les propagandistes au service de Kagame ont produit une documentation exhaustive qui falsifie la vérité sur les meurtres de Habyarimana et Ntaryamira et la violence des RPF; Philip Gourevitch et le New Yorker ont loué la tentative d'étouffer l'affaire en faveur de Kagame avant même que l'encre n'ait eu le temps de sécher (see: Philip Gourevitch, "The Mutsinzi Report on the Rwandan Genocide," The New Yorker, 8 janvier 2010). Les sites de l'establishment et des agences de renseignement qui prétendent fournir une information équilibrée, indépendante et honnête, comme AllAfrica.com, ont soutenu ces caricatures d'information en publiant mot pour mot les productions de relations publiques du régime de Kagame et en censurant les réfutations les plus perspicaces. [6]
Le général rwandais General Karake Karenzi, accusé par le tribunal espagnol, a néanmoins été engagé comme commandant adjoint des forces pour la mission de l'Union africaine et des Nations unies au Darfour, un autre "maintien de la paix" euphémistique pour la guerre par procuration menée par le Pentagone et l'OTAN contre le gouvernement islamique de Omar al Bashir au Soudan. Les Nations unies ont exhorté le gouvernement rwandais à remplacer Karenzi après les mises en accusation espagnoles, mais ont d'elles-même fait volte-face après que Kagame a menacé de retirer du Darfour les trois mille troupes des forces de défense rwandaises (RDF= ancien RPF).
La propagande de "Save Darfur" produite par les think tank nationalistes américains et les média occidentaux masque l'implication du Pentagone, de l'Angleterre, de la Belgique, du Canada et d'Israël et d'agents de renseignement comme Roger Winter et David Kimche, et le discours sur le "génocide du Darfour" reflète les opérations psychologiques utilisées pour créer le récit fictionnel sur le génocide au Rwanda à l'intention du public occidental consommateur d'informations.
En usant d'instruments juridiques internationaux comme le tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) et maintenant la Cour pénale internationale, les gouvernements occidentaux, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, le Canada et Israël en particulier, aident activement le régime de Kagame à pourchasser les réfugiés et les critiques parce que ces gouvernements ont soutenu la guérilla du Front populaire rwandais de 1990 à 1994 et les années de terreur qui ont suivi de 1994 à 2010.
Le rapport des droits de l'homme par pays du département d'Etat américain sur le Rwanda et l'Ouganda est toujours une fiction totale, cependant ces rapports sont présentés comme une vérité incontestable lors des auditions pour asile des réfugiés rwandais aux Etats-Unis.
Les provinces du nord- et du sud-Kivu à l'est du Congo sont occupées et contrôlées par des réseaux criminels originaires du Rwanda et de l'Ouganda.[7] En RDC, des atrocités sans nombre ont été commises par l'armée/le front patriotique rwandais (RPF) et les forces de défense du peuple ougandais (RDC) lorsqu'elles ont traversé le Zaïre, se rebaptisant Alliance des forces démocratiques pour la libération du Zaïre/Congo (AFDL), et massacré peut-être jusqu'à 600 000 réfugiés sans armes en 1996/1997, pour la plupart des femmes et des enfants de moins de quinze ans.[8]
"Il y a un groupe d'"experts" militaires africains aux Etats-Unis, au Pentagone et au Département d'Etat", selon le spécialiste du renseignement Wayne Madsen, "et au sevice des think tank pro-Hillary Clinton comme le Center for American Progress (CAP). Ironie du sort, ces "experts" sont essentiellement des femmes et on compte parmi elles l'actuel assistante de la secrétaire d'Etat pour les affaires africaines Jendayi Frazer, l'assistante adjointe du secrétaire à la défense pour les affaires africaines Theresa Whalen, et la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines de Bill Clinton, Susan Rice, qui est actuellement au CAP.
"Le commandant AFRICOM, le général d'armée des Etats-Unis William E. "Kip" Ward, sera assisté par les adjoints de l'armée et du département d'Etat. Comme pour les experts militaires de haut niveau en politique étrangère de l'administration Bush, Frazer, un afro-américain, retenu par Ward, également un afro-américain, représente une tentative éhontée de l'administration Bush pour cacher la véritable intention de l'AFRICOM à la population joire d'Afrique."
LA LISTE DES PERSONNES A ABATTRE DU RWANDA
Le 24 février 2010, un communiqué, rédigé en Kinyarwanda, a circulé sur Internet: prétendument il indiquait les directives de la retraite annuelle des ambassadeurs et des hauts commissaires rwandais organisée par le ministère rwandais des affaires étrangères et des communications (MINAFFET) au Rwanda, les 17 et 18 février 2010. Le document semblait coïncider avec la défection et la fuite des ambassadeurs du Rwanda aux Pays-Bas et en Inde. Ce document rendu public illustre le mode opératoire du régime en matière de relations publiques et internationales et appelait à la neutralisation des ennemis du Rwanda dans le pays et à l'étranger (y compris de l'auteur de ces lignes).
Ils ont entendu un rapport des services du renseignement révélant l'identité des ennemis du pays qui devraient être combattus par tous les moyens possibles et si nécessaire, assassinés. Suivent les noms d'étrangers et d'organisations qui doivent être combattus de toute urgence.
Etrangers ciblés: Robin Philpot [9]; C. Peter Erlinder [10]; Keith Harmon Snow; Jordi Palou-Loverdos [11]; Peter Verlinden; Pierre Péan [12]; Charles Onana [13]; Filip Reyntjens [14]; Luc de Temmerman [15].
Egalement visés des réfugiés rwandais représentant les FDLR (Forces pour la libération démocratique du Congo) en Afrique; Europe; Amérique; et ailleurs.[16]
Alors que nous sommes amenés à croire que les responsables des violences perpétrés au Rwanda et au Congo sont ces génocidaires fous, les extrémistes Hutu, leurs milices Interahamwe, les Forces pour la libération démocratique du Rwanda (FDLR) au Congo, et autres indésirables, les principaux responsables sont toujours protégés parce que ce sont les agents des puissances occidentales.
Toute personne qui a demandé asile ou dérangé de quelque manière le gouvernement rwandais sera aujourd'hui persécutée. Les rwandais au Rwanda et à l'étranger sont accusés de "génocide" ou de "complicité de génocide" au moyen de preuves fabriquées, de témoignages obtenus par la force, de corruption et de jalousies mesquines. Aucune procédure de jugement équitable n'est possible au Rwanda de même qu'il n'est pas possible d'enquêter librement sur les faits ou d'identifier des témoins et d'assurer leur sécurité.
Le reportage du New York Times, "Rwanda’s Huge Stake in Congo’s War" (Ian Fisher, 27 décembre 1998) n'était rien d'autre qu'un contrôle des dégâts qui révélait en définitive ce que tout le monde savait depuis septembre 1996: le Rwanda (RPF) et l'Ouganda (UPDF) faisaient la guerre au Zaïre (Congo). Cependant, manquait l'ensemble du contexte de l'implication militaire américaine dans la planification, la logistique et les opérations de l'invasion du Zaïre (Congo) par les RPF/UPDF entre 1996 et 1998 et, comme d'habitude, il n'était pas fait mention des intérêts des entreprises multinationales occidentales. (au fond, partie de la campagne insidieuse de propagande sur le VIH/SIDA en Afrique).
Le régime à parti unique contrôlé par Paul Kagame projette un vernis brillant de tourisme, de développement et d' "entrepreneuriat", mais à peine enterré sous ce vernis on trouve un climat de terreur absolu et de profondes divisions ethniques conduisant à la guerre. On a vu la même situation au Chili sous Pinochet. Nous commençons à la voir plus ouvertement à l'approche des élections de 2010.[17]
Le Rwanda et l'Ouganda sont menés par des organisations militaires criminelles [18] parallèlement aux structures gouvernementales officielles, responsables du meurtre systématique et intentionnel de bien plus de 10 millions de personnes depuis 1980, en comptant seulement en Ouganda, au Rwanda, au Burundi et au Congo, jusqu'à aujourd'hui.[19]
L'étiquette "Interahamwe" en est venu à désigner "les milices Hutu meurtrières extrémistes" et est habituellement traduite du Kinyarwanda pour signifier "ceux qui attaquent ensemble." Cependant le président Paul Kagame et l'appareil de renseignement militaire des RPF utilisent cette terminologie pour désigner "quiconque est opposé au mouvement de l'armée/du front patrotique rwandais, son gouvernement ou ses réseaux clandestins d'élite et, dans le cas de Paul Kagame, même "tous ceux que je n'aime pas." les étiquettes "Interahamwe" et génocidaires sont utilisées pour déshumaniser tous les Hutu partout (tous comme les juifs ont été déshumanisés en Allemagne avant et pendant la seconde guerre mondiale).[20] Cela a créé les conditions politiques, sociales et économiques nécessaires à la perpétration du génocide par le gouvernement des RPF et et ses collaborateurs et cette déshumanisation s'est perpétuée à travers les mass média internationaux, les institutions des droits de l'homme, les think tanks, les organisations non gouvernementales, les organisations pour la "paix" et les gouvernements étrangers partout.
Il s'agit de l'un des plus importants crimes de guerre mondialisés de l'histoire de l'humanité.
Même des Tutsi, présentés comme les seules victimes et les seuls survivants du génocide, ont été persécutés par le régime Tutsi victorieux des RPF au Rwanda. On ne peut nier que des centaines de milliers de Tutsi aient été tués au Rwanda, en particulier si l'on limite notre examen aux cent jours du génocide entre le 6 avril et juillet 1994. Cependant, le régime RPF a aussi tué beaucoup de Tutsi, parce que cette force rebelle de l'élite Tutsi n'a pas fait confiance aux Tutsi qui étaient restés au Rwanda après le coup d'état du président Juvenal Habyarimana en 1973.
Le régime actuel est responsable du bain de sang massif dont ont été victimes tous les groupes ethniques au Rwanda et la "façade" bénéficie du soutien international en raison des intérêts économiques, politiques et militaires en jeu.[21] Le Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) a aussi soutenu la façade, comme l'a confirmé Carla Del Ponte, l'ancienne procureure générale du TPIR dans ses mémoires.[22]
Les personnes accusées de "génocide" au Rwanda ont été traduites à maintes reprises devant les juridictions "communautaires" Gacaca , contraintes par le régime rwandais à réexaminer leur cas jusqu'à ce qu'un verdict de culpabilité ait été établi; de nombreux civils innocents ont été jugés et rejugés jusqu'à ce qu'ils étaient déclarés coupables.[23]
En décembre 2008, la chambre de première instance-1 du TPIR a acquitté les quatre hauts officiers militaires les plus gradés de l'ancienne armée gouvernementale, les Forces Armées Rwandaises (ex-FAR), les cerveaux présumés de la conspiration pour perpétrer le génocide.[24] Davantage d'acquittements ont été prononcés en novembre 2009, après sept ans de procès au TPIR, dans le cadre duquel le tribunal a conclu que les preuves présentées par le procureur s'expliquaient par la planification militaire normale au cours des quatre années de guerre civile au Rwanda (1990-1994).
Aujourd'hui, quiconque s'écarte un tant soit peu du droit chemin au Rwanda sera immédiatement visé, accusé de révisionnisme de génocide, de négationnisme ou de participation au "génocide" lui-même. Le réseau terroriste d'élite de Kagame étouffe également ses crimes grâce à son affiliation avec le Dr. Paul Farmer et son association caritative financée par Clinton, Partners in Health, également impliquée en Haïti (l'élément moteur pour l'envoi de forces paramilitaires rwandaises en Haïti après le tremblement de terre).
Parmi les victimes en vue les plus récentes du régime criminel de Kagame figure Victoire Ingabire, une femme Hutu qui est retournée au Rwanda depuis son exil en Belgique en janvier pour contester les élections présidentielles à venir. Ingabire a fait un discours en public à son arrivée consacré au débat volé sur le génocide au Rwanda et les massacres de masse des Hutu. Elle a été immédiatement arrêtée et continue à être persécutée par le régime et accusée de crimes de pensées et de paroles assimilés à "l'idéologie génocidaire".
Egalement visé, le professeur Peter Erlinder, un avocat des droits de l'homme et des droits civils au niveau international, professeur de droit au William Mitchell College of Law à St. Paul, Minnesota et ancien conseiller principal de la défense au TPIR. Erlinder est allé à Kigali, la capitale du Rwanda, le 23 mai, pour rejoindre l'équipe de défense du candidat à la présidence rwandaise, Victoire Ingabire Umuhoza, et a été arrêté pour "déni de génocide". On a d'abord refusé de le libérer sous caution, mais des pressions intenses de la part des avocats et des citoyens ont conduit à sa libération sous caution aux motifs de "compassion médicale". Peter Erlinder encourt jusqu'à vingt-cinq ans de prison ou doit payer une amende de $1,700!, et le régime rwandais a l'intention de le poursuivre en justice. Le gouvernement américain a pris une scandaleuse position d'inaction durant l'emprisonnement de Erlinger, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton se trouvant dans la position embarrassante (sic) d'avoir à répondre à des questions sur le cas Erlinder tout en défendant le régime meurtrier que les Clinton ont soutenu sans coup férir.
LORSQUE LES VICTIMES DEVIENNENT DES TUEURS
A la mi-novembre 2009, le président de la République démocratique du Congo (RDC) Hypolite Kanambe a secrètement envoyé par avion un bataillon des forces de défense rwandaises (RDF)[25] à travers le Congo pour renverser une nouvelle rébellion dans la province Equateur à l'ouest du Congo; l'opération a été soutenue par la MONUC et l'AFRICOM. Les forces des RDF portaient l'uniforme des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Avec les troupes régulières des RDF, les troupes de la MONUC de la mission internationale de "maintien de la paix" ont combattu aux côtés des soldats rwandais Tutsi infiltrés par le Rwanda, avec le soutien gouvernemental de Hypolite Kanambe (RDC), au sein de l'armée nationale du Congo, les FARDC.
Les forces Tutsi au sein des FARDC comprenaient des forces de défense rwandaises (FDR, ancien front/armée patriotique rwandais) et d' "ex-" forces du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), les milices terroristes extrémistes qui ont surgi des provinces du Kivu, initialement menées par le criminel de guerre rwandais, le général Laurent Nkunda. Le CNDP est soutenu par le Rwanda et infiltré par des milliers d'extrémistes Tutsi. La MONUC, la Belgique et l'AFRICOM ont collaboré avec le Rwanda et les forces du CNDP pour commettre des crimes de guerre de masses dans les "crises de Dongo" à l'ouest du Congo.[26]
Les civils congolais déplacés par les opérations militaires rwandaises et ougandaises ont subi des atrocités extrêmes et sont effectivement condamnés à mort par les politiques de la "communauté internationale", de connivence avec Paul Kagame, Yoweri Museveni et Hypolite Kanambe (alias Joseph Kabila) ainsi qu'avec la mission des Nations unies au Congo(MONUC).
Des milliers de forces des milices du CNDP ont été intégrées dans les FARDC en 2009 dans une manoeuvre stratégique défendue par le général rwandais James Kabarebe, Paul Kagame et leurs soutiens occidentaux. Le CNDP est l'une des causes essentielles de la déstabilisation de l'est du Congo.
Le CNDP a aligné des forces et des troupes rwandaises qui ont lancé une nouvelle "rébellion" appelée "reformée par le CNDP" et mènent actuellement une tactique de la terre brûlée à travers l'est du Congo. [27].
L'AFRICOM et la MONUC soutiennent fermement les activités criminelles du CNDP et des RDF, la saisie des terres et le génocide perpétré contre les congolais, tout comme le Pentagone et les Nations unies ont soutenu le génocide au Rwanda, quels que soient ceux que vous accusez d'être les tueurs et ceux que vous considérez comme les victimes. Il en va de même pour les forces de défense du peuple ougandais, partenaires de l'AFRICOM sous la nouvelle loi de désarmement de l'Armée de résistance du Seigneur, qui sont responsables d'atrocités massives dans le nord de l'Ouganda, le sud du Soudan et le nord-est du Congo.
Des rapports récents de groupes de défense des droits de l'homme dans le sud Kivu ont démontré les liens qui existent entre la compagnie minière canadienne BANRO Gold et le terrorisme local, cependant aucune source d'information générale occidentale n'a relaté ou même mentionné l'implication des principaux intérêts miniers occidentaux, y compris BANRO, Moto Gold, Mwana Africa, Heritage Oil & Gas, dans la guerre et le pillage de l'est du Congo exsangue. Le directeur de Moto Gold Walter Kansteiner siégeait au Conseil de sécurité nationale sous la présidence de William Jefferson Clinton.
Des criminels de guerre rwandais comme le général Laurent Nkunda et le général Bosco Ntaganda sont responsables d'importants crimes de guerre, commis avec la bénédiction de Hypolite Kanambe et Paul Kagame, dans le cadre du programme occidental de balkanisation du Congo et de création d'une République des Volcans, comme l'a à maintes reprises appelé de ses voeux Herman Cohen, haut fonctionnaire au sein de l'administration Clinton-Bush, depuis les invasions soutenues par les Etats-Unis des années quatre-vingt-dix.
Herman Cohen était ancien ambassadeur au Zaïre et haut fonctionnaire sous G. H. W. Bush, et la société de conseil de Cohen, Cohen & Woods, compte parmi ses meilleurs clients une société nommée Contour Global Corporation (NY), maintenant partenaire du régime de Kagame pour exploiter le méthane léthal dans les fonds du lac Kivu à la frontière entre le Congo et le Rwanda (une autre catastrophe de l'industrie pétrolière à l'horizon).
Le peuple congolais a subi des injustices terribles commises par la mission des observateurs des Nations unies au Congo (MONUC). De même, la mission d'assistance des Nations unies au Rwanda (UNAMIR I & II) a soutenu les intérêts occidentaux et aidé à assurer les conquêtes militaires du front patriotique rwandais (RPF).
ASSASSINATS ET VIOLS
Le nombre actuel de morts dans les seules provinces occidentales du Congo est d'environ 1500 personnes par jour, au moins dix millions de personnes étant mortes au Congo depuis l'invasion américaine de 1996, des millions étant réfugiées dans les Etats membres de la région des Grands lacs. Les forces alliées rwandaises en RDC perpètrent un génocide à présent dans les provinces Kivu, en particulier dans les zones minières lucratives et les média occidentaux et les agences "humanitaires" se taisent.
John Numbi, ancien dirigeant des forces aériennes des FARDC et maintenant inspecteur général de la Police Nationale Congolaise (CNP), serait le principal lien existant entre Hypolite Kanambe (alias Kabila) et les hauts gradés rwandais Paul Kagame et James Kabarebe. Numbi se rend souvent à Kigali et est décrit comme l'"un des hommes les plus dangereux du Congo". Numbi est responsable des fosses communes de l'est du Congo sur lesquelles les Nations unies refusent d'enquêter.[28]
Le plus récent rapport du groupe d'experts des Nations unies a aussi mentionné l'implication directe de la police nationale congolaise (sous Numbi) dans les activités de contrebande auxquelles participent aussi les forces de défense rwandaises dans l'est du Congo.[29] John Numbi a aussi coordonné des opérations militaires en janvier 2009 qui ont entraîné des crimes de guerre et contre l'humanité massifs contre la population congolaise des Kivu.[30]
Le 2 juin 2010, Floribert Chebeya Bahizire, le principal défenseur des droits de l'homme au Congo, a été assassiné, après avoir été convoqué pour rencontrer John Numbi. Bahizire, fondateur de l'organisation congolaise de défense des droits de l'homme Voix des Sans Voix, critiquait les violations des droits de l'homme commises par les régimes des présidents Mobutu Sese Seko, Laurent Désirée Kabila, et Hypolite Kanambe (alias Joseph Kabila).[31] Les forces de sécurité ont arrêté, emprisonné et menacé Bahizire à maintes reprises durant les vingt dernières années. En mars, Bahizire a donné un interview à un journal dans lequel il se plaignait du fait que la "communauté internationale" tourne le dos aux associations congolaises des droits de l'homme. En mai 2010, il a été forcé par la police à se mettre à genoux sous la menace d'une arme pointée sur lui.
Bahizire a été assassiné pour avoir intenté une action de Voix des sans Voix devant un tribunal belge contre John Numbi et le gouvernement Kanambe (RDC) pour le massacre d'un groupe politique et religieux nommé Bundu dia Kongo commis plus tôt cette année dans la province du Bas Congo. Selon les spécialistes du renseignement de Kinshasa, l'opération visant à éliminer Bahizire a été menée par la branche de la sûreté intérieure de l'ANR - Agence nationale de renseignement (l'équivalent de la CIA américaine), dirigée par Kalev Mutond, "un véritable tueur" et "l'homme qui fait le sale boulot pour Joseph Kabila [Hypolite Kanambe]," mais John Numbi était aussi impliqué.
Les concessions d'exploitation accordées par le régime de Hypolite Kanambe (alias Joseph Kabila) à Kinshasa, en République démocratique du Congo appartiennent à des sociétés américaines, européennes et canadiennes. Cette carte montre les concessions dans la zone de Kisangani, où l'AFRICOM construit sa base, détenue par les occidentaux, notamment celles détenues par l'entrepreneur qui coopère avec l'AFRICOM à la construction d'une base militaire américaine près de Kisangani.
L'un des plus récents justiciers chasseurs de réfugiés pro-RPF sur la piste "génocidaire" rwandaise est Jason Stearns, un ancien "analyste" des Nations unies (MONUC) et d' l'International Crisis Group. Stearns a également travaillé dans plusieurs groupes d'experts des Nations unies sur l'exploitation illégale en RDC, y compris le rapport d'experts des Nations unies de novembre 2009, qui a lancé une campagne de dénigrement contre Fundacio S’Olivar et Inshuti, des associations caritatives espagnoles affiliées à Juan Carrero Seralegui et Jordi Palou-Loverdos (nommés sur la liste de personnes à abattre susmentionnée) en les accusant de soutenir les terroristes au Congo. Il s'agit de la tentative avortée des Nations unies pour discréditer les accusations espagnoles contre les RPF. [32],[33]
Depuis des années maintenant plusieurs organisations occidentales de renseignement ayant pignon sur rue, notamment les groupes ENOUGH, STAND, Genocide Intervention Network, ert le RAISE HOPE FOR CONGO, et leurs riches soutiens, l'International Crisis Group et le Center for American Progress, ont poussé les étudiants et les gouvernements occidentaux à agir, en faisant pression en faveur d'une législation, y compris la nouvelle loi sur les "minérais du conflit", et sont autorisés par les principaux mass média à s'exprimer comme les seuls experts de bonne foi sur le Congo, le Rwanda, le Soudan et l'Ouganda. Parmi la législation récente ou en cours d'élaboration soutenue par ces agences de renseignement, on trouve "la loi sur le désarmement de l'armée du seigneur", la loi sur "minerais de sang" et "la loi sur la violence contre les femmes" (Résolution 1888). L'armée de résistance du seigneur est rendue responsable de tous les actes de terreur dans la région du nord de l'Ouganda (qui baigne dans le pétrole et l'or), protégeant ainsi les crimes de guerre organisés du président ougandais Museveni et de ses alliés occidentaux, tout comme le FDLR est unanimement visé pour protéger les réseaux terroristes de Kagame.
L'ancien spécialiste à la sécurité nationale de William Jefferson Clinton, John Prendergast, est le principal partisan de ces groupes, avec l'aide de la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, et de John Podesta, Tom Daschle et Madeleine Albright, en coulisses. John Prendergast était l'expert choisi pour l'émission de CBS 60 Minutes‘ "Blood Minerals", diffusée par la télévision nationale aux Etats-Unis le 29 novembre 2009, qui était un spot publicitaire pour ENOUGH, the International Rescue Committee et les organisations dites "humanitaires". Ces lobby et autres organisations de façade s'emploient à supplanter et neutraliser tous les véritables efforts internationaux de base menés sur le terrain pour aider les populations congolaises à prendre le contrôle de leurs propres ressources et de leur avenir et servent de couverture aux intérêts occidentaux cachés; elles favorisent également les solutions militaires aux dépens des solutions diplomatiques ou d'autres solutions pacifiques.
Les média occidentaux montrent en permanence les souffrances du Congo mais la propagande est une désinformation simpliste et le public consommateur des "informations" occidentales les avale et dénie toute importance au Congo, abandonnant les populations dont l'existence est en partie déterminée par les matières premières qui leur sont volées dans une situation de guerre et de criminalité organisée. Parmi celles-ci figurent les diamants, l'or, le colombite-tantalite (coltane), le cobalt, le cuivre, le pétrole, le germanium, le niobium, l'étain, le tungstène, l'huile de palme, le café et le chocolat (vendu dans les épiceries Whole Foods). Au-delà de la valeur des ressources susmentionnées prises dans leur ensemble, la principale affaire occidentale qui marche au Congo, c'est l' "aide" humanitaire et la "charité" internationale, autrement dit l'industrie de la misère.[34]
Les congolais dans l'ensemble du pays font état de conditions dans l'ensemble du Congo qui sont les pires depuis vingt-ans avec une recrudescence de l'insécurité et de la violence.
A la mi-mars, lors d'une réunion exceptionnelle de l'Institute for Peace des Etats-Unis à Washington, DC, le porte-parole d'AFRICOM Mark Swayne a nié l'implication de l'AFRICOM dans les opérations clandestines menées au Congo. L'USIP a financé les campagnes de désinformation en faveur de Kagame depuis le début des années quatre-vingt-dix, couvrant l'implication des Etats-Unis dans les crimes de guerre et le génocide commis en Afrique centrale. Les campagnes d'informations de l'AFRICOM donnent exclusivement une image de troupes américaines participant uniquement à des opérations humanitaires et de maintien de la paix. Swayne se serait "excusé" de ce que l'AFRICOM ait utilisé des Ougandais pour la nouvelle base de l'AFRICOM en cours de construction à Kisangani, Congo.
Les infrastructures de communications militaires et de renseignement de Kampala, en Ouganda, une des bases principales pour les opérations du Pentagone associent des entreprises américaines et anglaises et les secteurs du renseignement de pays occidentaux.
Les réseaux de criminalité organisée de l'Ouganda et les forces militaires ougandaises sont haïs pour leurs opérations de pillage et de terreur au Congo. Le propre site internet du Pentagone indique que le Commandement des opérations spéciales d'élite des Etats-Unis (SOCOM) "forme" des troupes congolaises à Kisangani, RDC, et Swayne n'a pas révélé que les Ougandais sont des mercenaires probablement affiliés aux sociétés pétrolières occidentales liés aux mercenaires (Heritage Oil & Gas, Hardmann Resources, H Oil Company) opérant dans le bassin de Lake Albert à la frontière entre la RDC et l'Ouganda.
Un expatrié européen qui a été directement témoin de crimes de guerre commis par ls RPF et du massacre de plusieurs milliers de civils Hutu civilians à Kisangani, Zaire (1996-1997),[35] sous le regard de l'USAID, du programme alimentaire mondial, de l'UNHCR et d'autres officiels, [36] "a remporté" un important contrat de construction pour la nouvelle base de l'AFRICOM à Kisangani; la construction associe les forces merceanires ougandaises, rwandaises et tanzaniennes et le personnel militaire et de renseignement américain a envahi un des hôtels du coin.[37] Les spécialistes de la MONUC à Kinshasa confirment que les militaires américains opèrent au sein de la mission de maintien de la paix (sic) de la MONUC dans la division G-2 de la cellule de renseignement militaire au quartier général de la MONUC à Kinshasa. Il existe également une "cellule fusionnée" de renseignement militaire du Pentagone chargée de superviser le pillage des minerais stratégiques (essentiellement pour les stocks militaires américains), qui opère clandestinement au nord-est du Congo et est dirigée par un "ex" marine nommé "Tom", deux autres militaires américains et des troupes rwandaises.
L'entreprise de "maintien de la paix" de la MONUC au Congo est une opération qui coûte un milliard de dollars par ans, implique des contrats avec PAE (Pacific Architect & Engineers, une filiale de Lockheed Martin). L'AFRICOM, l'OTAN et les sociétés militaires privées Dyncorp et PAE ont également formé et transporté des troupes ougandaises et rwandaises dans les guerres américaines-européennes-israéliennes en Somalie et au Soudan (Darfour).
Au moins trois cents Ougandais soutiennent les Etats-Unis en Afghanistan et ils sont plus de 10 000 en Irak, on compte plus de 3000 Rwandais au Darfour et 2000 Ougandais ou plus en Somalie. Un nombre inconnu de soldats rwandais ont également été envoyés en Irak et en Afghanistan, et l'on suppose que les sorties "de maintien de la paix" vers le Darfour, le Soudan, peuvent en fait servir de couverture pour du personnel et du matériel militaire en provenance du Rwanda/ de l'Ouganda destiné aux guerres américaines en Irak et en Afghanistan.
L'on suppose que certaines forces rwandaises qui servent sur les théâtres d'opération extérieurs du Pentagone sont enrôlées de force, sous la menace d'accusations de "génocide", de jugements à répétition et de longues peines de prison dans leurs pays. Les troupes ougandaises on été soumises à des conditions d'esclavage et fait l'objet d'attaques à caractère sexuel en Irak.[38]
Alors que le débat sur le "génocide rwandais" se réchauffe légèrement, presque personne n'accorde la moindre attention au nombre croissant d'assassinats et d'arrestations illégales commises par le régime de Kagame. Fin juin 2010, une femme rwandaise, qui a véritablement survécu au génocide, a été arrêtée au New Hampshire (USA), accusée de violations de génocide, accusations fabriquées par le régime de Kagame et soutenu par le département de la sécurité nationale.[40] Le 14 juillet 2010, Jwani Mwaikusa, un avocat du Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) et professeur de droit à l'université de Dar es Salaam (Tanzanie) a été abattu devant chez lui en Tanzanie, clairement un coup du régime de Kagame.[41]
Ce reportage du New York Times sur le Congo "War Claims Fly in Congo, But What’s Their Basis?" du 12 août 1997, est une mystification ironique de Howard W. French, qui connaissait bien les intérêts des entreprises occidentales au Congo à l'époque.[45] Par exemple, French était au courant des intérêts de Maurice Tempelsman pour les diamants et des menaces de Banro Corporation à l'encontre du président Laurent Kabila. (Les diamants Tempelsman sont vendus sous la marque TIFFANY, qui fait l'objet ici d'une publicité à connotation sexuelle subliminale de la part de SAKS.)
Le 16 juillet 2010, des protestations publiques contre la présence de Paul Kagame en Espagne ont poussé le premier ministre Jose Luis Rodrigez Zapatero à annuler sa rencontre avec le criminel de guerre en visite, Paul Kagame. Pendant ce temps, de plus en plus de réfugiés, de dissidents, d'intellectuels et d'autres rwandais en règle qui ne soutiennent pas l'appareil de terreur favorable à Kagame sont arrêtés à l'étranger, le régime de Kagame ayant renforcé sa pression sur les gouvernements étrangers. Le service de relations publiques et les lobby occidentaux du régime des RPF ont organisé une conférence d'envergure aux Etats-Unis le 20 juillet 2010, sponsorisée par l'Atlantic Council, un think-tank américain nationaliste de droite. L'événement, intitulé "Democracy and Genocide Denial Politics", est destiné à donner aux défenseurs des RPF l'occasion de défendre proactivement le régime et à poursuivre leurs efforts pour criminaliser toute personne qui met en cause la mythologie partiale du RPF sur le génocide, et pour donner à la presse occidentale hypocrite quelques "informations impromptues" actualisées sur le Rwanda à répandre dans le New York Times, le Washington Post, la radio publique nationale et les autres sites de propagande en faveur des entreprises et du gouvernement américain.[42]
Les liens d'Israël avec le carnage et le pillage (ventes d'armes, diamants de sang, mines de cobalt) en Afrique centrale sont profonds mais cachés. L'agent du Mossad israélien David Kimche serait l'un des principaux agents derrière le "génocide au Rwanda", mais parce qu'il est du même bord que Kagame et les RPF, avec l'agent de renseignement américain Roger Winter, nous n'entendons leurs noms que lorsqu'ils reçoivent des distinctions des mains de Kagame: le 5 juillet 2010, Roger Winter a reçu une récompense à Kigali en présence du membre du Congrès américain Donald Payne. Dans le même temps, l'entrepreneur de défense et d'aérospatiale américain Northrup Grumman continue à "former" les forces militaires rwandaises. [43]
Le 14 juillet 2010, le premier vice- président du Parti vert démocratique du Rwanda, Andre Kagwa Rwisereka, a été retrouvé mort, sa tête complètement séparé du reste de son corps, dans les marais de la rivière Makula près de Butare, Rwanda– un autre coup clairement signé du régime de Kagame. [44]
Les massacres se poursuivent en Afrique centrale et dans la corne de l'Afrique, accompagnés des apologies occidentales éhontées de la part d'universitaires, d'autorités médiatiques, de think tank et de personnalités en vue, tous visant à étouffer les bains de sang organisés et commis par les régimes clients des Etats-Unis au Rwanda et en Ouganda, avec le soutien du régime de Kinshasa (RDC) soutenu par les Etats-Unis, et armés, formés et financés par l'AFRICOM, avec des militaires américains sur le terrain dans la région et la complicité des Nations unies.
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[0] Voir, par exemple, Edward S. Herman et David Peterson, The Politics of Genocide, Monthly Review Press, 2010.
[1] Voir, par exemple, Davenport et Stam, "What Really Happened in Rwanda?" Miller-McCune, 6 octobre 2009,http://www.miller-mccune.com/culture_society/what-really-happened-in-rwanda-1504.
[2] Voir, par exemple, Keith Harmon Snow, "The Rwanda Genocide Fabrications," Dissident Voice, 13 avril 2009,http://dissidentvoice.org/2009/04/the-rwanda-genocide-fabrications/.
[3] "Iwawa Island: Prison Camp or Paradise Vacation Spot?" NGO News Africa, 1er mai 2010.
[4] Voir, par exemple, Christopher Black, "The Truth About Rwanda,"SaveRwanda.org, 29 décembre 2010,http://www.saverwanda.org/index.php?id=74&tx_ttnews%5Btt_news%5D=1473&cHash=b9e2f8e89e
[5] Voir, par exemple, Espagne, 6 février 2008, actes d'accusation délivrés par le juge Fernando Andreu accusant quarante actuels ou anciens militaires rwandais haut gradés de crimes graves, notamment, de génocide, de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de terrorisme, perpétrés sur une période de douze ans, entre 1990 et 2002, contre la population civile, et principalement contre les membres du groupe ethnique Hutu.
[6] Editorial, "Rwanda: Mutsinzi Report Finally Puts End to Speculation," AllAfrica.com, 12 janvier 2010.
[7] Voir, par exemple: keith harmon snow: "Three Cheers for Eve Ensler?" ZNet, 24 octobre 2007; "Merchant’s of Death: Exposing Corporate Financed Holocaust in Africa," Dissident Voice, 8 décembre 2008; "Over Five Million Dead in Congo? Fifteen hundred People Daily?" 4 février 2008.
[8] Les crimes de guerre et de génocide perpétrés par l'ADFL (RPF + UPDF + soutien américain, anglais et israélien) contre les réfugiés rwandais et burundais sont bien documentés. En août 1996, on estimait à 1,5 millions le nombre de réfugiés dans l'est du Zaïre et en novembre les quelque 500 000 à 750 000 réfugiés rwandais qui ne sont pas rentrés au Rwanda dans le cadre de la rapatriation illégale forcée sont devenus les cibles d'une chasse à l'homme systématique de la part des forces de l'ADFL. Voir, par exemple, Roberto Garreton, Rapporteur spécial au Zaïre de la Commission des droits de l'homme des Nations unies No. E/CN.4/1996/66, 29 juin 1996; Howard French, A Continent for the Taking: The Tragedy and Hope of Africa, Vintage Books, 2005; et Filip Reyntjens, The Great African War, Cambridge University Press, 2009; Gerard Prunier, Africa’s World War, Oxford University Press, 2009, pp. 120-128; Wayne Madsen,Genocide and Covert Operations in Africa, 1993-1999, Edwin Mellen Press, 1999; et Commission internationale d'enquête non gouvernementale sur les violations massives des droits de l'homme commises en République démocratique du Congo (ancien Zaïre) 1996-1997, Centre international pour les droits de l'homme et le développement démocratique 1998; DRC: What Kabila is Hiding: Civilian Killings and Impunity in Congo, Human Rights Watch, Vol. 9, No. 5(A), October 1997.
[9] Robin Philpot, Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali, (That’s Not What Happened in Kigali), publié en anglais par le rapport (Phil) Taylor Report: Rwanda 1994: Colonialism Dies Hard, 2004, http://www.taylor-report.com/Rwanda_1994/.
[10] avocat américain et ancien principal avocat de la défense dans les procès militaires au TPIR, emprisonné au Rwanda en mai et début juin 2010.
[11] avocat espagnol ayant participé aux mises en accusation devant le tribunal espagnol.
[12] intellectuel français et auteur du livre Noires fureurs, blancs menteurs. Rwanda, 1990-1994 (Black Furies, White Liars. Rwanda, 1990-1994).
[13] journaliste camerounais et auteur du livre, Les secrets du génocide rwandais (THE SECRETS OF THE RWANDA GENOCIDE), pour lequel il a été poursuivi par Kagame devant un tribunal français et a eu gain de cause.
[14] universitaire belge et expert de la région des Grands Lacs.
[15] avocat belge et avocat de la défense au TPIR.
[16] Le communiqué divulgué est résumé ci-dessus, mais disponible sur demande.
[17] Cette double réalité -avancées économiques et régression politique - a été vue auparavant dans des cas, par exemple tels que le Chili du général Augusto Pinochet soutenu par les puissances occidentales.
[18] Bien que les troupes rwandaises et ougandaises aient guerroyé les unes contre les autres à Kisangani, RDC, en 2000, et que l'on dit que leurs dirigeants se haïssent, ces réseaux criminels ont des liens, des intérêts communs et sont également coupables du terrorisme actuel en Afrique centrale, au Soudan et en Somalie.
[19] La question des statistiques de mortalité par catégorie ethnique a été abordée par Filip Reyntjens, Christian Davenport, Alan Stam et d'autres, ce qui a conduit à la conclusion que le nombre de morts Hutu au Rwanda au cours des "100 jours du génocide" de 1994 était plus élevé que le nombre possible de morts Tutsi, une inversion totale des allégations du gouvernement du Rwanda et de ses soutiens et alliés, qui ont toujours soutenu que quelques 800 000 à 1,2 millions Tutsis avaient été tués dans le "génocide au Rwanda".
[20] Il est absurde de comparer les Tutsi aux juifs.
[21] Voir, par exemple, les conclusions du projet Genodynamics des Dr. Christian Davenport et Alan Stam ou les innombrables rapports des droits de l'homme rendant compte des atrocités des RPF, par exemple, Rwanda: Les civils pris au piège dans le conflit armé: "On ne peut plus compter les morts", Amnesty International, 19 décembre 1997.
[22] Carla Del Ponte et Chuck Sudetic, Madame Prosecutor: Confrontations with Humanity’s Worst War Criminals, and the Culture of Impunity, The Other Press (NY), 2009.
[23] Kenneth Roth, "The Power of Horror in Rwanda," Los Angeles Times, April 11, 2009.
[24] Procureur v. Bagosora, 98-41-T, jugement du 18 décembre 2008, publié in extenso le 9 février 2009 (www.ictr.org).
[25] Ancien front/armée patriotique du Rwanda.
[26] Voir: keith harmon snow, "AFRICOM Backs Bloodshed in Central Africa," Dissident Voice, 10 avril 2010; Congo Rebellion Expanding, United Nations and Media Silent," Conscious Being Alliance (.com), 14janvier 2010; et "Belgian Paratroopers to Crush Rising Congo Rebellion?" The African Executive, 9-16 décembre 2009,http://www.africanexecutive.com/modules/magazine/articles.php?article=4851&magazine=259.
[27] Voir, par exemple, Jean-Piere Mbelu, "Entrée massive de l’armée rwandaise sur le territoire congolais," 12 mai 2010, http://fr.allafrica.com/stories/201005120255.html. Voir: aussi Nations unies: Act to End Atrocities in Eastern Congo, Human Rights Watch, 13 décembre 2009.
[28] Entretiens privés, keith harmon snow, Nord et Sud Kivu, 2005-2007; entretien avec le commandant de la force aérienne, John Numbi, Bukavu, 2005.
[29] Nations unies: Lettre du 9 novembre 2009, du groupe d'experts sur la République démocratique du Congo adressée au président du comité du Conseil de sécurité établi en vertu de la résolution 1533 (2004), "divulguée" en novembre 2009.
[30] Nations unies: Lettre du 9 novembre 2009, du groupe d'experts sur la République démocratique du Congo adressée au président du comité du Conseil de sécurité établi en vertu de la résolution 1533 (2004), "divulguée" en novembre 2009.
[31] Voir: Ann Garrison, "Questions About Congolese Human Rights Defenders’ Murder," San Francisco Bay View, June 2010, http://www.sfbayview.com/2010/questions-about-congolese-human-rights-defender’s-murder/.
[32] Voir: "The UN in Congo: Watchdog of the Great Mining Interests," Save Rwanda (.org), 11 novembre 2009.
[33] Le dernier rapport du "Groupe d'experts" sur le Congo a révélé les vrais tendances pro-RPF des Nations unies et discrédité le rapport qui donne quelques informations solides sur certains criminels occidentaux comme, par exemple, Philippe de Moerloose, que cet auteur a précédemment cité pour crimes de guerre.
[34] Onno Ruhl, ancien représentant de la Banque mondiale pour la république fédérale du Congo, l'admet dans le documentaire de Renzo Martens, Episode III: Enjoy Poverty, 2008.
[35] Voir le film documentaire court de Hubert Sauper, Loin du Rwanda (Kisangani Diary), 1998.
[36] Voir: Wayne Madsen, Genocide and Covert Operations in Africa, 1993-1999, Mellen Books, 1999.
[37] communications privées, Kisangani RDC, 2010. Entretien privé, nom caché, homme d'affaires à Kisangani, RDC, dont les bulldozers ont été confisqués par les RPF et l'UPDF pour creuser et recouvrir les fosses communes des Hutus.
[38] Grace Matsiko, "Iraq: Ugandan Guards in Iraq Face Abuse," AllAfrica.com, 10 juin 2006.
[39] Voir, par exemple, Gerald Caplan, "The Politics of Denialism: The Strange Case of Rwanda," 17 juin 2010, Pambazuka News; Edward S. Herman et David Peterson, "Genocide Denial and Genocide Facilitation: Gerald Caplan and the Politics of Genocide," Monthly Review, 7 juillet 2010; Gerald Caplan, "Rwanda: Sources and Testimonies–A Response to Herman and Peterson," AllAfrica.com, 16 juillet 2010; et Adam Jones, "Rwanda: On Genocide Deniers: Challenging Herman and Peterson," AllAfrica.com, 16 juillet 2010,http://allafrica.com/stories/201007161144.html .
[40] Voir: keith harmon snow, "U.S. Woman Falsely Accused of Rwanda Genocide Rape Crimes," Dissident Voice, 29 juin 2010.
[41] Voir: Ann Garrison, "Defense Lawyers Condemn Assassination of ICTR Defense Lawyer Mwaikusa," San Francisco Bay View, 17 juillet 2010.
[42] "Democracy and Genocide Denial Politics in Rwanda," The Atlantic Council, http://www.acus.org/event/democracy-and-genocide-denial-politics-rwanda. Au sein du conseil d'administration du Conseil atlantique figurent certains des principaux soutiens américains de Kagame et les agents des interventions occidentales, notamment Madeleine Albright, Nancy Kassebaum Baker, James Baker, Frank Carlucci, Brent Scowcroft, Condoleeza Rice, Henry Kissinger, Richard Holbrooke, Warren Christopher, Thomas Pickering et Wesley Clark.
[43] "US Firm Wins Contract to Continue Training Rwandan Soldiers," Rwanda News Agency, 6 juillet 2010.
[44] Ann Garrison, "Rwanda Green Party Leader Assassinated," San Francisco Bay View, 14 juillet 2010.
[45] Howard W. French, "War Claims Fly in Congo, but What’s Their Basis?" New York Times, 12 août 1998,http://partners.nytimes.com/library/world/africa/081398congo-rebellion.html.
Written by: keith harmon snow
Source : http://rwandatekaiteka.over-blog
Par INGOBOKA
Les significations de Pius Njawe: Esquisse d’un éloge funèbre
Dimanche, 08 Août 2010 15:37 Ecrit par Célestin Monga
Le gouverneur de la Région de l'Ouest a empêché Célestin Monga de prononcer cet éloge funèbre de Pius Njawé*
Je suis arrivé au Cameroun il y a quelques jours avec dans mon bagage à main un petit colis, pourtant le plus lourd et le plus encombrant que j’aie jamais eu à transporter de ma vie. C’était une boîte noire et rectangulaire à peine plus grande qu’une boîte de cigarettes. On me l’avait confiée à Washington. Je ne pouvais pas refuser de la prendre, et pourtant mon premier réflexe était de me tenir bien loin d’elle. L’ayant acceptée contre mon propre instinct, j’ai immédiatement mesuré son caractère à la fois faussement ordinaire et sacré. Elle semblait banale mais elle me brûlait les mains.
Pendant les quelques jours où j’ai eu à conserver cette petite boîte à mon domicile, je n’ai d’ailleurs pas su à quel endroit de la maison il fallait la conserver : au chevet de mon lit ? Non, je n’aurais pas pu survivre aux cauchemars qu’elle m’infligeait. Sur la table de la cuisine ? Non, car un enfant aurait pu la prendre et la jeter par inadvertance. Fallait-il la garder précieusement à côté de mon passeport ou au contraire la tenir loin de ma vue ? Je savais une seule chose avec certitude : pas question que j’oublie de la prendre avec moi au moment d’aller à l’aéroport.
Cette boîte qui m’a torturé pendant plusieurs jours de Washington à Douala via Paris, c’était la clé du cercueil de Pius Njawe. Sa famille m’avait infligé la responsabilité étouffante et l’honneur douloureux de ramener au pays le sésame d’acier par lequel la nation allait accéder, une dernière fois, à cet homme qui aura marqué de manière indélébile la conscience collective. La charge a lourdement pesé sur mes épaules.
L’incongruité de la situation dans laquelle je me suis trouvé était manifeste à chaque étape de mon voyage à travers les continents. Cette clé était minuscule mais particulièrement incommodante. Elle était trop importante pour que je la mette dans ma valise enregistrée et envoyée à la soute de l’avion. Car si mon bagage se perdait au cours du trajet comme cela arrive presque systématiquement sur les vols africains, nous aurions tous eu l’air pas très intelligents ici, avec entre les bras un cercueil sans les moyens de l’ouvrir. Il aurait alors fallu fracasser le cercueil pour libérer le corps de Pius et lui faire violence une fois de plus, par-delà sa mort. Ayant visualisé mentalement cette hypothèse, je l’avais immédiatement écartée. Il ne me restait alors qu’à prendre la clé dans mon bagage à main, entre mes documents les plus précieux.
Mais là aussi, les choses se sont révélées bien compliquées : à chacun des aéroports par lesquels je transitais, les officiers de sécurité aérienne qui analysaient le contenu de mon bagage à main sursautaient d’y trouver cette clé en acier qui ressemblait étrangement, à leurs yeux, à une arme blanche. Il fallait alors leur expliquer que je n’étais pas un terroriste irakien ou afghan, et qu’il s’agissait simplement d’une clé précieuse que je devais garder constamment par devers moi-même si l’idée ne me plaisait pas forcément. Ces négociations permanentes et souvent ardues et macabres, avec des agents de sécurité et des douaniers formés et payés pour être soupçonneux, m’ont plongé dans un état de fébrilité et de colère silencieuse. A force de manipuler la clé, de lire et relire les documents mortuaires à chacune des escales de mon voyage, j’ai dû, même malgré moi, contempler l’absurdité de l’existence, la fragilité des ambitions humaines, et la permanence du destin. J’ai dû aussi, évidemment, retourner en boucle dans ma tête les circonstances de cette mort, et tenter sinon de comprendre, du moins d’en mesurer la violence, l’injustice, et la tragique banalité. J’ai dû essayer de faire sens-si tant est que cela soit possible-de l’implacable mécanique qui a conduit au désastre.
Pius Njawe est décédé dans un accident de la circulation survenu le lundi 12 juillet à 14 heures 55 minutes sur l’autoroute 664 qui relie les villes de Newsport News et Chesapeake, en Virginie. Avec son chauffeur Eric Wande, il se rendait à Chesapeake, chez son ami et frère Lucas Kameni qui élève Justice, sa fille de dix ans. C’était un après-midi ensoleillé d’été avec un ciel bleu, une visibilité parfaite et une circulation légère. Le trajet Washington-Chesapeake qu’Eric connaît bien dure en moyenne 3 heures et ils se trouvaient à 9 minutes seulement de leur destination.
La voiture dans laquelle les deux hommes roulaient était une Lexus et l’autoroute une des plus belles situées non loin de Washington, la capitale du pays le plus industrialisé du monde. Quelques secondes seulement après l’accident, un autre usager de la route qui passait par là avait contacté la police locale en appelant le numéro de secours 9-1-1. Moins de 8 minutes après ce coup de fil, des pompiers et policiers très bien équipés étaient sur les lieux et avaient bouclé l’autoroute dans les deux sens pour secourir les victimes et procéder à une première enquête préliminaire. Travaillant sous les ordres du sergent R. W. Walker de la police de l’Etat de Virginie, ils avaient constaté le décès instantané de Pius qui, bien qu’ayant sa ceinture de sécurité, avait étendu son siège passager à l’arrière pour s’assoupir pendant la dernière demi-heure du voyage. Il est donc fort possible qu’il soit passé de vie à trépas sans voir venir la mort.
Le chauffeur du camion qui a percuté de plein fouet son véhicule et l’a traîné sur plusieurs centaines de yards, aux dire de la police américaine, est un certain John Moore (64 ans) qui travaille depuis des années pour la société de transport Canaday Trucking, une entreprise de transport de taille moyenne basée depuis de nombreuses années à Providence, Virginie.
La journaliste Kirstin Davis du quotidien The Virginian-Pilot a écrit que la police croyait que le véhicule qui conduisait Pius Njawe s’était peut-être arrêté en plein milieu de l’autoroute, ce qui expliquerait que le chauffeur du camion semi-remorque, qui venait à toute allure derrière eux, n’ait pas eu le temps d’arrêter son meurtrier véhicule. Eric Wande, le chauffeur de Pius, explique pour sa part qu’il roulait simplement plutôt lentement, à vitesse raisonnable-car il devait se préparer à quitter l’autoroute pour emprunter la sortie vers Chesapeake.
L’enquête et la reconstitution de l’accident, y compris avec l’exploitation d’images de caméras et des images satellitaires, détermineront qui avait tort dans cette maudite affaire. Pour l’instant, les deux chauffeurs s’accordent sur l’idée qu’il s’agissait d’un terrible, malheureux et banal accident. Les autorités policières de l’Etat de Virginie en ont été si convaincues qu’elles n’ont jamais ni sollicité l’intervention de la police fédérale américaine (le FBI), ni demandé une autopsie-chose qui se fait obligatoirement dès qu’il existe un soupçon de doute chez les enquêteurs sur les circonstances de la mort d’une personne sur le territoire américain. D’ailleurs moins de 3 heures après l’accident, elles avaient remis le corps de Pius Njawe à la morgue de l’hôpital de Norfolk, et à la disposition de sa famille. Celle-ci n’a pas non plus demandé d’autopsie.
Si telle est la vérité-Njawe était un des journalistes les plus appréciés par ses confrères du monde entier et les fins limiers de la presse d’investigation aux Etats-Unis et ailleurs ont dû mener leur travail d’investigation pour élucider les circonstances de cette mort et valider les résultats préliminaires de la police-ce tragique accident illustre surtout le prix à payer pour être un homme d’action, et l’ampleur du sacrifice qu’il faut parfois consentir pour se défaire d’une existence banale, d’une sous-vie.
Je n’insisterai pas sur les détails de sa biographie et sur les divers éléments de son itinéraire, disponibles dans tous les journaux du monde entier qui lui ont consacré des oraisons funèbres. Je me contenterai de commenter quelques éléments de cette vie exceptionnelle qui fut la sienne, et d’en tirer des significations.Pius Njawe est né ici même à Babouantou, au sein d’une humble mais grande famille appartenant à une civilisation de vieille souche. Il était d’ailleurs un vénérable notable du village et un digne représentant de cette riche culture dont il arborait avec joie les attributs, parfois les plus spectaculaires. Je l’ai vu par exemple se promener en hiver à Washington, vêtu de grands boubous africains fort encombrants et trop légers pour le climat, parfois coiffé de chéchias colorées, et m’intimant l’ordre de m’habiller de la même manière pour l’accompagner à je ne sais quelle manifestation culturelle des ressortissants de son village.
Malgré la fierté que les membres de cette famille peuvent légitimement éprouver devant son parcours et son œuvre, Pius Njawe était aussi et surtout un Camerounais au sens le plus noble du terme, un Africain, et un citoyen du monde. Babouantou l’a peut-être vu naître mais l’homme a grandi ailleurs, et il appartenait au monde entier. La puissance de son réseau international d’amitiés et l’impact qu’il aura eu sur notre conscience collective en témoignent, de même que l’énorme vague d’émotion suscitée à travers la planète par la nouvelle de sa mort. Il y a quelques jours à Washington, son confrère Eric Chinje observait fort justement qu’aucun chef d’Etat africain n’avait bénéficié d’une telle couverture médiatique internationale, ni de son vivant, ni à sa mort.
Pius Njawe a été un autodidacte. Très tôt, il s’est mis à lire des livres et des journaux, et décidé dès l’âge de dix-sept ans de ce qu’il voulait faire du reste de sa vie-beaucoup d’entre nous, à vingt, trente ou même quarante ans, ne savent toujours pas ce qu’ils souhaitent devenir. A dix-neuf ans, Pius Njawe était journaliste à La Gazette du Béninois Abodel Karimou. Y ayant appris les rudiments du métier, sans argent ni soutien quelconque, armé de sa seule volonté et de sa passion pour l’écriture et le besoin de vérité, il a créé lui-même son journal. Le Messager est né à Bafoussam en 1979.
Pius Njawe a prouvé que le destin n’existe pas. A priori, il semblait mal parti dans la vie, n’ayant ni une collection de diplômes universitaires, ni une fortune, ni le pouvoir de faire peur ou de brutaliser son voisin, ni même un réseau de complicités mystiques. Erreur : l’ambition et la foi seules lui ont suffi à changer le cours de l’Histoire. Car c’est bien ce que Le Messager, vénérable institution sociale et politique, est parvenu à réaliser pendant les trente-deux ans dont Pius Njawe a assuré la direction. Comme quoi ce qui compte dans la vie, ce ne sont pas les conditions dans lesquelles l’on commence son existence. C’est la manière dont on la mène et le bilan que l’on affiche au moment où elle est achevée.
Les choses n’ont cependant jamais été faciles pour lui. Aucun obstacle, aucun piège, aucune brimade, aucun supplice ne lui a été épargné. Pourtant, rien ne l’a arrêté sur son chemin. Ni l’agitation, ni la haine, ni la calomnie, ni la violence, ni l’injustice, ni la prison, ni la douleur suprême de devoir perdre des êtres chers dans les conditions les plus atroces. Pius Njawe s’était tiré indemne de toutes ces épreuves. Vous chercherez en vain le moindre gramme d’aigreur ou le moindre désir de vengeance dans son propos et son comportement, y compris à l’égard des personnes qui ne méritaient pas sa compassion. Pius Njawe croyait comme Antoine de Saint-Exupéry qu’un homme se découvre lorsqu’il se mesure à l’obstacle et que l’adversité rend chaque personne encore plus solide.
Depuis notre étrange procès de janvier 1991, mon nom est associé dans l’imaginaire de beaucoup de personnes au sien et au journal Le Messager. Or, lui et moi, nous ne nous connaissions vraiment pas avant cette affaire. Un jour de décembre 1990, alors que je travaillais comme banquier à Douala, j’avais écrit en quelques minutes cette fameuse lettre ouverte au Président de la République et l’avais fait parvenir à son journal. Je peux vous révéler aujourd’hui que Pius Njawe n’était même pas au Cameroun à ce moment-là. Un de ses collaborateurs avait réceptionné l’article et m’avait téléphoné pour m’annoncer sa publication immédiate. Dès la parution de l’article, le journal avait été saisi et je m’étais retrouvé dans une cellule de prison. Pius Njawe était revenu au Cameroun quelques jours plus tard et s’était fait convoquer immédiatement par la police judiciaire. C’est donc en détention que nous avions véritablement fait connaissance. Au départ, je me demandais s’il allait me sauter dessus et me rouer de coups de poing pour le motif que j’avais fait fermer son journal et bouleversé sa vie. Non, pas du tout.
Le plus extraordinaire dans cette affaire est que lors de son interrogatoire, les services de sécurité lui avaient offert la possibilité de se tirer d’affaire et de me laisser seul dans le pétrin. La police savait évidemment qu’il avait été absent du pays pendant plusieurs semaines et que le pauvre n’était pas personnellement responsable de la décision de publier mon sulfureux article. Le commissaire de police principal qui l’interrogeait lui a dit clairement : “Nous savons que vous n’avez rien à voir dans cette affaire et que c’est Célestin Monga qui doit répondre de son acte. Nous savons que vous étiez en voyage à l’étranger. Il suffit de l’indiquer dans le procès-verbal et vous serez immédiatement hors d’ennui.” Njawe avait écouté attentivement cette offre alléchante, m’avait regardé intensément-de son regard intense et incandescent-et avait dit à l’officier : “Non, Monsieur le Commissaire, lorsque Monsieur Monga m’a apporté son article, je l’ai lu attentivement et ai constaté qu’il correspondait exactement à la ligne éditoriale du Messager. J’ai décidé de le publier.” Il était comme cela, l’homme Njawe, capable de grandeur morale, de solidarité et de loyauté au-delà de l’imaginable.
Sa mort est un choc mais elle offre aussi l’occasion à la communauté de se réunir, comme ici aujourd’hui, pour faire le point sur elle-même. Les énergies et les offrandes du deuil réaffirment la richesse de la collectivité et son goût de la solidarité. La mort est donc l’occasion de faire preuve de santé sociale, sinon une démonstration de force. Elle est donc une cérémonie de régénération génésique qui nous permet de nous fortifier, même si au passage, elle requiert des sacrifices et de la douleur. La mort est une pause : le temps s’arrête pour que la communauté se redynamise. Les rites qui nous rassemblent célèbrent la vie de Pius Njawe et ambitionnent de faire renaître à jamais les souvenirs que son image nous ont inspirés. La mort est une opération cosmique qui nous permet de réfléchir à nos habitudes et de nous libérer de certaines normes arbitraires de vie que nous nous sommes imposées.
Face à une mort comme celle de Pius Njawe, qui rassemble les Camerounais de tous bords politiques, de toutes confessions religieuses, de toutes conditions sociales, les hiérarchies fantaisistes habituelles s’évaporent, les distinctions sociales et ethniques apparaissent véritablement pour ce qu’elles sont : des artifices ridicules. La fraternité et la camaraderie redeviennent promiscuité. Chacun arrache son masque et son déguisement. Nous sommes alors vêtus de notre seul costume de chair et de sang, et nous apparaissons à chacun pour ce que nous sommes véritablement : des êtres fragiles dont le temps précieux est compté. Avec un minimum de lucidité, nous pourrions même sortir tous purifiés et régénérés de ce chaos psychologique. A condition d’avoir chacun la dose suffisante d’humilité pour mesurer le temps qui passe, à condition de penser à préparer chacun notre mort. Au-delà de la douleur, des pleurs, des déchirements, le deuil prépare donc la résurrection.
“Notre mort illumine notre vie”, dit Octavio Paz. La mort est un miroir grossissant dans lequel nous analysons nos propres actes, nos souvenirs partagés, nos succès, mais aussi nos erreurs et nos omissions. Devant elle, notre vie se dessine et cherche sa propre explication, sa propre justification. La mort de Pius Njawe nous interpelle donc à plusieurs égards. Elle nous secoue, nous attrape à la gorge, nous bouscule, nous brutalise et nous force à faire le point sur nous-mêmes-ne fût-ce qu’un point silencieux. Elle interroge ceux d’entre nous qui se croient immortels parce qu’ils jouissent d’un pouvoir qui les grise et les rend ivres. Elle questionne ceux qui ne veulent rien faire ni prendre aucun risque pour changer le Cameroun, qui se contentent de se demander “on va faire comment alors”, et acceptent le masochisme d’une vie au rabais. La mort est implacable, inévitable, et plus forte que n’importe quel pouvoir ou lâcheté. La mort est un créancier fourbe et inexorable.
Pius Njawe aurait pu mourir banalement dans son lit dans sa maison à Douala, de maladie, de vieillesse, de sénilité ou même de jouissance. Mais il avait choisi d’être un homme d’action, et de mener une vie en mouvement. Son parcours exceptionnel devait forcément se terminer d’une manière qui frappe nos imaginations endormies et nous force à nous poser des questions sur nos propres existences. D’autres grands de ce monde sont tombés, comme lui, sur la route du devoir. La mort les a immortalisés dans nos
“Ah, insensé qui croit que je ne suis pas toi !”, écrivait Victor Hugo. Oui, en effet, nous sommes tous aujourd’hui des Pius Njawe. Sa mort doit donc nous interpeller. Où en-sommes-nous individuellement, dans nos plans d’existence, dans nos véritables objectifs personnels ? “Sois en règle un jour avant ta mort, aujourd’hui même” disait le sage. Sommes-nous prêts ? Face à la possibilité et même à la certitude de la mort, où en sommes-nous en tant que famille ? Où en sommes-nous en tant que société ? Où en sommes-nous dans le combat pour les droits et libertés fondamentales et le bien-être de chacun, dans cette nation où des égoïsmes artificiellement fabriqués continuent de maintenir l’obscurantisme ? Où en est-on dans ce pays où 99 pourcent de la population de toutes origines confondues font face aux mêmes problèmes et partagent les mêmes rêves, mais où l’on parvient à entretenir des divisions sociales abstraites, futiles et suicidaires ? Oui, la mort de Pius Njawe est l’occasion de nous interroger sur la fragilité de nos relations au sein du corps social, et de notre apparente incapacité à vaincre nos démons.
Sa mort est aussi l’occasion pour nous tous de méditer sur la signification de son action comme acteur primordial de la société civile camerounaise. Et pour ceux qui l’ont combattu violemment et parfois injustement, de se repentir et non de verser des larmes de crocodiles. Car la liberté d’opinion et la liberté de presse constituent des composantes essentielles des droits de l’homme. L’on ne saurait, en plein 21ème siècle et dans un monde “globalisé”, construire une société efficace avec des citoyens illettrés et mal informés.
Pius Njawe était un défenseur intrépide de la société civile dont il savait qu’elle était la principale source de création de capital social et le moteur du développement politique et économique. Mais il n’était ni dupe ni naïf. Il savait que la société civile est aussi parfois un fourre-tout, dans lequel l’on retrouve aussi bien des organisations qui se battent pour faire affirmer notre humanité collective que des groupes mafieux se dissimulant derrière le label d’organisations non-gouvernementales et produisant du capital social négatif. Après tout, même la mafia italienne est une association que l’on peut classer comme faisant partie de la société civile. Osama Ben Laden et Al Qaeda pourraient eux aussi revendiquer l’appellation de société civile…
Parce que nous sommes ici aujourd’hui pour l’accompagner à sa dernière demeure, nous nous contenterons de saluer la mémoire du grand homme que fut Pius Njawe. Mais demain se posera la question de son héritage intellectuel, et notamment celui de la survie du journal Le Messager comme institution indépendante de tout pouvoir. De ce point de vue, les défis qu’il nous laisse sont nombreux, car peut-être à cause de la dureté du combat qu’il menait quotidiennement simplement pour survivre, Pius Njawe n’a pas eu le temps de gérer son journal de la façon la plus orthodoxe. Ceux qui prendront le relais devront se surpasser pour maintenir et élever les standards d’excellence que méritent les lecteurs du Messager.
L’émotion et l’énergie manifestées à travers la planète depuis l’annonce de sa mort et incarnées dans les milliers de personnes qui se pressent ici aujourd’hui, devraient être catalysées vers la véritable tâche dont il faut s’acquitter pour que l’œuvre et l’héritage de Pius Njawe ne meurent jamais. Pour cela, chacun d’entre nous devra jouer pleinement son rôle, mais rien que son rôle.
Un mot, pour terminer, à la famille de Pius Njawe qui a essayé au mieux de gérer le traumatisme et les dynamiques parfois contradictoires de sa mort pour organiser dignement ses obsèques. Je voudrais saluer notamment l’élégance, la patience et le leadership du patriarche Jonas Ngandeu et des enfants Njawe, au-delà de la douleur. A ces enfants-là, j’aimerais transmettre un message qu’un de mes mentors, le cardinal Christian Tumi, m’avait dit lorsque j’ai perdu moi aussi mon père dans un accident de la circulation. J’étais très troublé par ce que je considérais comme une injustice absolue et en colère contre la vie. Le cardinal m’avait alors dit une chose qui m’avait paru étrange : il m’avait dit qu’aucune mort ne peut survenir si elle n’est pas autorisée par Dieu, et que les êtres humains ne doivent pas juger le Jugement de Dieu. Cela m’avait d’abord un peu choqué. Mais j’y ai réfléchi, et cela m’a aidé progressivement à survivre à la mort de mon père. Peut-être cette petite pensée du cardinal vous aidera-t-elle aussi dans les jours difficiles à venir, lorsque tout le monde sera parti, et qu’il faudra faire face à l’absence quotidienne de Pius Njawe.
Célestin Monga
Babouantou, 7 août 2010
* Le chapeau est de Germinal
Par EMMANUEL KABONGO MALU Doctorant en Philosophie de l’Histoire
Il y a 24 ans mourait Cheikh Anta Diop. Toute son oeuvre milite en faveur de l’unité de l’Afrique noire ; de cette unité, gage de l’indépendance vraie, Cheikh Anta Diop en pose la condition et le cadre : l’Etat fédéral d’Afrique noire ou plus exactement : les « Etats-Unis d’Afrique ».
Aujourd’hui, 24 ans après la mort de Cheikh Anta Diop, la nécessité de la construction d’un Etat fédéral d’Afrique, sous la forme d’une Confédération des Etats Libres d’Afrique dénommée « les Etats-Unis d’Afrique », avec une Autorité supranationale prenant en charge la sécurité commune des biens et des personnes, la recherche panafricaine, l’éducation, les infrastructures panafricaines, l’intégration énergétique, économique etc. Cette construction des Etats-Unis d’Afrique est, aujourd’hui plus qu’hier, plus qu’impérieuse, face à de nouvelles masses géostratégiques que sont les Etats-Unis d’Europe en construction, les Etats-Unis d’Amérique du Nord comprenant les Etats-Unis d’Amérique, le Canada et le Mexique( ALENA) ; les Etats d’Asie comprenant la chine et le Japon( ASEAN) C’est-à-dire des monstres froids qui vont broyer l’Afrique dans sa fragmentation fatale, si hic et nunc, nous ne basculons pas dans la gestion unitaire et fédérale du Continent !
En effet, dès qu’il est affirmé, le principe de l’unité transforme tous les problèmes auxquels l’Afrique s’affronte : par le geste unitaire, un milliard d’Africains créent un marché intérieur plus puissant que l’Europe, l’Amérique et l’ex-URSS réunis ! Par le geste unitaire, l’Afrique renaît et une voie de développement est indiquée, claire, dynamique, convaincante !
Mais la volonté d’unité appartient au politique. En effet, eu égard à l’ossification des petits Etats africains ensevelis dans des micro-nationalismes, les dirigeants africains, depuis l’OUA en 1963 jusqu’à l’Union Africaine en 2004, se montrent incapables d’asseoir un Accord international constitutif d’un pouvoir supranational africain, déterminant ainsi notre continent dans un carcan de faiblesse et d’impuissance.
La volonté d’unité appartient aussi au peuple africain. Celui-ci a besoin d’une mémoire pour affirmer son unité de destin et de la destinée et l’imposer aux dirigeants politiques incapables de prendre, avec responsabilité notre destin historique en charge. C’est la voie révolutionnaire pour sauver l’Afrique.
Comment Cheikh Anta Diop a-t-il formaté, 50 ans durant cette praxis salvatrice de l’Afrique ?
CHEIKH ANTA DIOP :VIE ARDENTE ET PASSIONNEE POUR L’AFRIQUE !
Cheikh Anta Diop est né au Sénégal le 29 décembre 1923 dans la région de Diourbel où se situe le village familial, Caytu, à environ 150 km à l’Est de Dakar.
Cette région est le Baol-Kayoor (Cayor) dont la langue est le Wolof. A l’âge de quatre ou cinq ans Cheikh Anta Diop est d’abord envoyé à l’école coranique à Koki : il passe ainsi les premières années de son enfance en milieu mouride.
En effet, dès sa naissance en 1923, Cheikh Anta Diop hérite d’une grande contestation, celle de son oncle Cheikh Amadou Bamba, le fondateur de l’islam Mouride ! Celui-ci a, en effet, édicté que Dieu étant partout, il n’est pas nécessaire d’aller le prier à la Mecque !Il fonde l’Islam Mouride et la Ville sainte de Touba. Mouride, Cheikh Anta Drop ne portera ni un prénom chrétien ni un nom arabo-musulman. Quant à son grand père Massamba Sassoum Diop, il est grand résistant contre la colonisation française.
Cheikh Anta Diop effectue son école primaire à l’école française où il est inscrit à l’École Régionale de Diourbel. En 1937, il obtient son certificat d’études primaires. La même année, il quitte Diourbel, vient habiter avec sa mère à Dakar dans le quartier de la Médina. Il entreprend alors ses études secondaires au Lycée Van Vollenhoven de Dakar. En classe de troisième, rencontrant des difficultés liées au comportement raciste de son professeur de français, Cheikh Anta Diop quitte Dakar et poursuit ses études à Saint-Louis où il décrochera l’équivalent du baccalauréat première partie.
Il revient de nouveau à Dakar au Lycée Van Vollenhoven en classe terminale correspondant au baccalauréat 2ème partie en Mathématiques (juin 1945), puis en philosophie (octobre 1945).
Cette période lycéenne voit naître ses premières idées d’un projet culturel pour l’Afrique. Celui-ci comporte, entre autres, les traductions en langue Wolof, sa langue maternelle, des textes philosophiques européens, la publication de toute la littérature épique et poétique sénégalaise, la rédaction de l’histoire du Sénégal, qu’il avait du reste déjà entreprise à partir d’enquêtes effectuées sur le terrain.
Pour écrire la langue wolof, il imagine aussi un système de transcription autonome devant pallier les insuffisances de l’alphabet latin. Il destine d’emblée son alphabet à toutes les langues africaines. On discerne dès cette époque chez le jeune Cheikh Anta Diop à la fois une curiosité intellectuelle insatiable, le souci de se doter d’une culture encyclopédique, et les prémisses d’une réflexion se situant à l’échelle continentale africaine, planétaire.
De cette prime enfance à la fin de l’école secondaire, Pathé Diagne écrit : «Une bonne part de la clef de l’oeuvre de Cheikh Anta Diop provient de son éducation mouride et des influences qu’il a subies à l’époque de son adolescence à Saint-Louis, capitale politique du Sénégal à l’époque, ville municipale de « citoyens actifs ». C’est là qu’il sera intéressé à la littérature panafricaniste des années 1920 et 1930, aux thèmes de l’Egypte nègre, de l’indépendance, de l’unité continentale, de la culture et des langues africaines, que ses précurseurs développent dans la presse et littérature de cette époque. En 1943, quand il se mobilise contre Giraud et De Gaule, passe, après un baccalauréat mathématique, un baccalauréat de philosophie, il a déjà des idées très claires sur ses objectifs et les obstacles qu’il allait rencontrer. Son séjour parisien l’aide à préciser son dessein. Mais dès le début, il eut une vision globale de ce qu’il projeta de faire et, qui n’eut jamais été fait de manière systématique. Son oeuvre couvrira tout un espace. Elle ira de la physique à l’Egypte, de l’intégration économique à la renaissance culturelle, de l’unité politique du continent à la géopolitique et au futurisme. Il orienta tous ses efforts dans ces options. C’est ce qui explique la rapidité de son rythme de production et sa fécondité exceptionnelle entre 1947 et 1960 » (Pathé Diagne, Cheikh Anta Diop et
l’Afrique dans l’histoire du monde, Paris, 1997, p.9.)
L’ITINERAIRE EUROPEEN : 1946-1960 : UNE DOUBLE FORMATION EN SCIENCES HUMAINES ET EN SCIENCES EXACTES.
Décidé à entreprendre des études supérieures, Cheikh Anta Diop embarque pour la France, en avril 1946. Son but étant de devenir ingénieur des constructions aéronautiques, il entre, à l’automne 1946, en classe de Mathématiques supérieures, au Lycée Henri IV, à Paris. Il s’inscrit également à
La Sorbonne, en vue de la préparation d’une licence de philosophie. Il poursuit parallèlement ses travaux en linguistique. Il fait la connaissance de Henri Lhote, le découvreur des fresques du Tassili,au Sahara, lequel écrit un jour au proviseur du Lycée Henri IV afin d’excuser l’absence de Cheikh Anta Diop pour cause de recherches linguistiques ! Il rate sup-math et intègre l’école de chimie et physique de Paris. Il lit Hegel, Marx, Goethe. Il visite l’Allemagne et tant d’autres pays occidentaux.
Sa vocation africaine prend le dessus. En 1947, à la naissance de « Présence Africaine », il publie ses premières études ouloves. En 1948, il publie dans Musée Vivant «Quand pourra-t-on parler de la renaissance africaine ?».
Et, en 1949, il s’inscrit en thèse d’Etat à La Sorbonne. Son promoteur est Gaston Bachelard, le père du rationalisme français. Sa thèse principale a pour intitulée : «L’Avenir de la pensée africaine». Sa thèse secondaire, sous la direction du Marcel Griaule a pour intitulée «Qu’étaient les Egyptiens prédynastiques ?». Cette thèse pose problème et on ne réussit jamais à réunir un jury pour la discuter ! C’est pourquoi, en 1954, il publie ces deux thèses non défendues sous la forme d’un livre fondamental : «Nations Nègres et Culture» qui porte toute sa pensée.
C’est au mois de janvier 1960 que Cheikh Anta Diop soutiendra finalement sa thèse d’état en Lettres. Il est le premier égyptologue africain .Il est aussi diplômé en chimie et physique. Il est archéologue, linguiste et historien. Sa pensée s’articule autour d’une quête existentielle : comment sauver l’Afrique de la disparition préparée par quatre siècles de traite négrière,accentuée par l’esclavage et en achèvement par la colonisation qui a morcelée, défigurée et fragmentée notre Afrique, notre espace vital ?
LE CANCER NEGROPHAGE ET LA NEANTISATION DE L’AFRIQUE NOIRE
Dans un premier temps, Cheikh Anta Diop constate que l’Afrique a été, pendant six siècles victime des cataclysmes et d’une expérience unique de néantisation qui l’ont dépersonnalisée, déstructurée, aliénée, impuissancisée, préparant ainsi le lit de ce sous -développement endémique.
Les catastrophes constitutives de l’expérience de néantisation de l’Africain sont : la traite négrière transatlantique, l’esclavage, la colonisation et l’aménagement néocolonial. 6 siècles d’inhumanité !
En effet, depuis le 14ème siècle,- période qui caractérise les Nouvelles relations de l’Afrique noire avec l’Occident dans les temps modernes,-les Africains ont été soumis à une grande et unique expérience de Néantisation- unique par son ampleur, sa violence et sa persistance dans le temps avoisinant la pérennisation, expérience unique de néantisation au travers la traite négrière suivie de la colonisation ainsi que de l’aménagement néocolonial dont la mondialisation est la clef de voûte comme stade suprême de l’impérialisme .
L’expérience de néantisation, idéologiquement basée sur le projet de domination de la race blanche, – la légitimité de principe de la domination coloniale invoque le droit supérieur des peuples capables de mettre en valeur les richesses naturelles au profit de l’humanité entière ! (Salkin) – s’exerce avec une extrême violence symbolique et matérielle.
La violence qui caractérise cette longue tradition d’abus que sont la traite négrière, l’esclavage, la colonisation et l’aménagement néocolonial qui prépare la mondialisation en tant que stade suprême de domination et d’exploitation en marchandisant l’homme Noir désormais vendu comme un objet, en nous dépossédant de nos terres ,de nos oeuvres d’art et de nos richesses du sol et du sous-sol , – a détruit nos structures étatiques d’organisation,perturbé notre évolution historique et a eu pour effet recherché la désorientation de tout notre être en détruisant sciemment notre mémoire historique et notre conscience humaine générique en tant que pouvoir de conception, de signification, de pensée et de réalisation, verrouillant ainsi notre capacité d’innovation et notre esprit de créativité, caractéristique suprême de l’être humain. L’expérience de néant ne fut pas seulement une oeuvre de dépossession matérielle !
La violence symbolique sous tendue par l’Idéologie négatrice du Noir, loi de production comme légitimation des inégalités,des discriminations et de l’exploitation, caractérisée essentiellement par l’herméneutique dévalorisante du nègre au travers les Sciences du Sauvage ainsi qu’au travers une littérature occidentale dévalorisante du nègre a aussi eu pour effet recherché de nourrir, auprès du nègre asservi et corvéable à souhait parce que sans passé et sans histoire, un imaginaire pathologique qui nous handicape parce que projetant de nous même une image négative dénuée de toute confiance en nous-mêmes et de toute fierté, c’est-à-dire un nègre exclu de la société de confiance comme le distillent les puissants médias occidentaux qui ont fait de l’Afrique noire le réservoir du sida, de la malaria et de toutes les maladies handicapantes ! Tout ce processus savamment distillé participe au renforcement de l’idée de l’incapacité congénitale du nègre, à l’imputation de sa conscience historique comme conscience de l’être au monde et au renforcement de l’imaginaire pathologique donc, en définitive, au développement du sous-développement en tant que processus de dépréciation de soi à soi. En effet, chaque peuple incarne une certaine volonté de puissance. Si cette fierté est vaincue et si cette volonté de puissance est « gelée »,ce peuple est réduit à rien. Ainsi, la traite négrière, l’esclavage, la colonisation et l’aménagement néo-colonial tendent-ils à briser la fierté et la volonté des peuples dominés en faussant leur histoire.
Cheikh Anta Diop constate aussi que La pérennisation du sous-développement s’effectue au travers la conscience politique hétéronomique, dont est dotée la classe politique africaine, laquelle est caractérisée par l’extraversion des intérêts matériels et immatériels, l’abandon à l’Occident de l’organisation matérielle de nos sociétés, avec pour conséquence la stérilisation de nos capacités humaines d’innovation et de création.
En termes clairs, la classe politique dirigeante africaine est dotée d’une conscience politique non autonome, supra-nationale donc dépendante des intérêts étrangers à l’exclusion des intérêts de peuples dont elle a pourtant la charge historique. Tandis que les peuples africains, coupés de leur histoire, ignorent les règles constitutionnelles qui ont prévalu dans la gestion de leur société et, en conséquence, considèrent les régimes néo-coloniaux qui président à leur destinée comme des entités autonomes, ne devant pas leur rendre compte !
D’où le paradoxe de l’Etat africain post-colonial : là où on l’attendait comme l’agent de développement de l’Afrique, il se donne à voir comme l’agent de la stagnation de l’Afrique.
En conséquence, la diachronie tragique et la paralysie ontologique qui caractérisent le vécu des Africains depuis plusieurs décennies a une traçabilité historique : elles sont l’effet d’une aliénation.
DANS UN DEUXIEME TEMPS, CHEIKH ANTA DIOP PROPOSE COMMENT S’EN SORTIR !
Comme pour tout peuple victime de l’expérience de néantisation, c’est-à-dire l’expérience de n’être rien, la remontée vers l’être se conçoit comme une renaissance, une reconstruction mémorielle.
Aussi, pour Cheikh Anta Diop,la seule façon de nous guérir de cette mémoire jonchée de débris, c’est de recouvrer notre mémoire historique, celle-ci va restituer notre autonomie à la conscience politique et celle-ci ,en tant que conscience autonome, va construire l’État fédéral africain, seule voie pour l’Afrique de survivre face à une mondialisation féroce et face à un réaménagement géostratégique qui voit naître de nouvelles et grandes masses géostratégiques comme l’Union européenne, l’ALENA ,l’ASIAN, etc.
Cette réappropriation de soi à soi, se donne à voir dans une occurrence conceptuelle, de caractère civilisationnel, dénommée ‘Renaissance Africaine ».
Ce concept, dont les sources philosophiques remontent au 17ème siècle, à Guillaume Antoine Amo, le premier philosophe africain des temps modernes, comme rejet de l’esclavage, va constituer l’idée force du Panafricanisme, voire sa finalité même.
En effet, si le Panafricanisme se déploie comme refus et rejet de toutes les oppressions qui pèsent sur l’homme Noir, le Panafricanisme c’est aussi l’apologie d’une Afrique immémoriale à construire, sur les terres africaines comme l’État de Nègres du monde entier.
L’originalité de notre auteur est d’avoir fourni à ce concept de refus du cancer négrophage qui nous nie toute historicité pour mieux nous asservir,et au projet d’exaltation d’une Afrique immémoriale grandiose comme refus du Néant, – les conditions objectives de la transformation du concept renaissance africaine en une Praxis c’est-à-dire que la restitution de l’historialité africaine restaure l’autonomie de la conscience politique comme espace d’organisation d’un État multinational africain- répondant ainsi, désormais aux intérêts de vie et de survie du peuple africain.
C’est pourquoi, 50 ans durant, C.A.Diop s’est astreint à doter la renaissance africaine de conditions objectives de sa mise à jour, en établissant : au niveau historique, la continuité historique entre l’Égypte pharaonique, post pharaonique et l’Afrique noire ; au niveau culturel, l’homogénéité culturelle des peuples noirs depuis la plus haute antiquité jusqu’à ce jour et cela sur les éléments constitutifs de la personnalité culturelle que sont : relation avec autrui,avec les choses,avec la nature,avec les sciences, avec les techniques -l’unité culturelle de l’Afrique noire asseoit de façon émotive et objective le continentalisme et le fraternalisme constitutifs de l’intégration sociologique des peuples africains, prélude à l’intégration économique et politique; au niveau linguistique en établissant la parenté génétique entre les langues africaines et la langue pharaonique ; l’unité linguistique étant, pour C.A.DIOP ,l’élément consolidant et de l’homogénéité culturelle et de l’État fédéral d’Afrique noire. Ceci fondant une communauté de destin qui ne peut se réaliser que dans la constitution dans d’un macro-Etat fédéral multinational.
Comme l’écrit C.A.Diop «Tandis que nous pouvons construire un État fédéral africain à l’échelle du Continent noir sur base de notre unité historique, psychique, économique et géographique, nous sommes obligés, pour parfaire cette unité nationale, pour la fonder sur une base culturelle autochtone moderne, de recréer notre unité linguistique par le choix d’une langue africaine appropriée que nous élevons au niveau d’une langue moderne de culture. L’unité linguistique domine toute la vie nationale. Sans elle, l’unité nationale et culturelle n’est qu’illusoire, fragile. Les tiraillements culturels de la Belgique le prouvent (Cheikh Anta Diop, Fondements économiques et culturels..,pp.18-19.).
La construction fédérale, bien assise sur nos assises communes historiques et culturelles, est encore plus impérative et plus actuelle parce que répondant aux besoins de la sécurité collective : « La sécurité précède le développement », écrit C.A.Diop .Selon lui, les Etats africains ne peuvent sérieusement envisager le développement matériel de leurs sociétés sans réaliser au préalable leur sécurité militaire : «Un continent qui ne peut assurer sa propre sécurité militaire, qui ne contrôle pas en particulier son espace atmosphérique et cosmique, n’est pas indépendant,et ne peut pas se développer ».
Concernant le mode d’organisation de la sécurité militaire des projets africains de développement économique, C.A.Diop pense que celui-ci, pour être viable, se doit d’être collectif, c’est-à-dire aménagé dans le cadre d’Etat fédéral. Cela permettrait de garantir notre sécurité qui est un préalable à toute politique de développement. Interviewé, en Avril 1985, à Brazzaville, lors du Colloque International sur le Centenaire de la Conférence de Berlin, par Congo Magazine, C.A.Diop dit «Nos petits Etats, c’est la misère endémique,l’insécurité permanente,c’est le sous-développement La fédération est une formule efficiente .seule une fédération permettrait aujourd’hui d’avoir un moyen nécessaire pour agir à l’échelle des exigences de l’ère cosmique. Il faut avoir le courage de poser ce problème, la lucidité de le faire. Même l’égoïsme lucide milite pour une fédération. ». A la question du pourquoi faut-il tant rechercher l’unité africaine, il répond : « Parce qu’il faut choisir entre l’existence et la disparition. Au siècle de la conquête de la lune et du système solaire,en dehors du continent européen,la seule forme d’existence étatique viable,sans faiblesse et anarchie endémique,est le macro-Etat fédéral multinational,formant un ensemble politique économique solide capable de résister à la pression des monstres extérieurs » .
Aujourd’hui, avec une République démocratique du Congo en démantèlement, les Africains comment à comprendre que le processus de sud-américanisation guette l’Afrique.
STADES D’EFFECTUATION
Comme pour toute renaissance, celle-ci est d’abord et concomitamment une renaissance culturelle, scientifique, économique et politique. Chez Cheikh Anta Diop, la renaissance culturelle est en cinq étapes : la restitution de l’histoire africaine scientifiquement attestée restaure la conscience politique autonome (en situation d’autonomie, la conscience n’agit qu’en fonction de règles et lois permettant sa survie), et celle-ci en tant que cadre organiseur de l’espace politique africain construit l’Etat fédéral africain comme réponse raisonnée et efficace à six siècles d’exploitation et comme réponse africaine aux nouvelles masses géostratégiques.
Il s’agit de l’usage, au niveau local, national et continental des langues africaines pour raffermir notre identité culturelle africaine ; la mise en place des humanités égypto africaines pour réconcilier les Africains sur base du pharaonique et inscrire dans les mythes la pharaonité africaine ; l’usage des instances d’intériorisation que sont les structures éducatives, le cinéma, le théâtre ,le roman pour raffermir la conscience africaine ; et la critique de la raison culturelle africaine comme espace de rupture et d’intégration.
La renaissance scientifique est dépendante de la réappropriation de la mémoire scientifique africaine qui permet d’inscrire l’histoire des sciences comme discipline africaine et de s’approprier toutes les sciences qu’on considère comme étrangères ; l’appropriation historique inférant notre communauté de destin va financer, en tant qu’entité autonome la recherche scientifique au niveau panafricain, organiser celle-ci au niveau continental en dotant l’Etat fédéral des instituts scientifiques qui transforment le monde.
Quant à la renaissance économique, visant l’intégration énergétique, infrastructurelle, elle est dépendante de la restitution de l’histoire des économies africaines précoloniales, lesquelles renvoient à l’organisation des ensembles et restaurent notre fraternalisme et notre continentalisme précoloniaux qui préfigurent l’intégration des économies africaines comme renaissance économique de l’Afrique.
La renaissance politique africaine n’est possible que dans la construction d’un Etat fédéral d’Afrique. L’histoire politique et organisationnelle de l’Afrique nous renvoie à l’unité des Africains depuis la Nubie et l’Egypte anciennes jusqu’aux grands empires et royaumes continentaux. Cette histoire nous rappelle aussi que tant que les Noirs d’Afrique sont restés politiquement unis, ils ont gardé le volant de l’Histoire. Ils étaient sujets de l’Histoire.
C’est pourquoi, il est nécessaire que se constitue en Afrique une véritable intelligence sociale comme espace de production et de diffusion des pensées, des schèmes d’action autour du projet de notre vie ? Qui est celui de la renaissance africaine conçue comme construction de l’Etat fédéral africain c’est -à- dire comme seule condition pour l’Afrique de redevenir un centre d’initiatives politique, économique, scientifique et culturel. Ainsi, Cheikh Anta Diop ,fils d’Osiris et d’Isis,l’enfant de la « Veuve » pourra traverser le Fleuve.
EMMANUEL KABONGO MALU Doctorant en Philosophie de l’Histoire à l’Université catholique du Congo ; président du centre panafricain Cheikh Anta Diop pour la renaissance de l’Afrique
2010 année qui voit la plupart des pays africains atteindre 50 ans « d’indépendances » plusieurs voix et écrits s’élèvent pour faire le bilan de ces 50 ans.
Pour la plupart ils s’accordent à faire le constat d’un échec global même si on peut noter quelques progrès de macro. Il ressort un pessimisme ambiant sur l’avenir de l’Afrique certains auteurs préconisent à la place des fêtes prévues des cérémonies collectives de deuil. Ce pessimisme est renforcé par l’idée méprisante de la France de célébrer à Paris les 50 ans des indépendances, vraiment indécent pour la dignité africaine à ce sujet tous les Africains et les populations des pays d’Afrique devraient se lever pour crier à l’injure scandaleuse et demander à la France de rester dans son coin.
Mais comble du ridicule, les Africains surtout les dirigeants en mal de reconnaissance vont tous se précipiter à Paris et les populations africaines n’ayant pas voix au chapitre vont se soumettre sans problème.
Et la France qui n’a jamais décolonisé ses anciennes possessions pourra continuer à faire étalage de sa suprématie sur les Africains.
Cette célébration par la France ressemble sans être excessif à un homme qui maltraitait sa femme déciderait de célébrer le divorce chez lui ou encore que l'Angleterre déciderait de célébrer l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique.
Et pourquoi donc la France fêterait-elle les 50 ans d'indépendance des pays africains ? De quel droit ?
Est-ce pour pleurer le beau temps des colonies ? Mis à part le fait de rappeler sa gloire passée, je ne vois pas ce que la France peut tirer d'une telle célébration.
Cette attitude de la France conforterait l’idée que pour ses pays la décolonisation n’a jamais eu lieu.
C’est pourquoi il on doit dire NON la France, qu’elle n’a pas le droit de célébrer ces 50 ans
Non la France n’a pas le droit de bafouer la dignité des Africains.
Si la France veut vraiment célébrer ces 50 ans avec les populations africaines, qu’elle arrête de soutenir les dictatures qui confisquent les libertés
A quand la rupture ?
Avec l’arrivée de Nicolas Sarkosy qui en pleine campagne électorale avait promis la rupture à Cotonou au Bénin, on avait cru à un nouveau type de relations basées sur le respect et la dignité.
Hélas pour l’Afrique ce dernier s’est plutôt inscrit dans la continuité, avec le limogeage du ministre Bokel de son poste de la coopération et avec le gros mensonge prononcé en Afrique du Sud. Jusqu’à lors aucune troupe militaire française n’est rentrée à la maison.
La rupture promise pendant la campagne électorale de mai 2007 tarde à venir, mais on s’empresse plutôt à mépriser les Africains comme à l’accoutumé (Discours de Dakar où Sarkosy soutenait que l’Africain n’était pas rentré dans l’histoire et c’est peut-être pour ça qu’il prévoit de fêter le cinquantenaire des indépendances africaines à Paris à la place des Africains ?
Au lieu de persister dans l’insulte et le mépris, Sarkosy et la France devraient opérer une rupture.
En mettant fin à la françafrique et à tous les réseaux mafieux qui sévissent dans le business.
Nous ne voulons pas des repentances façon Jacques Chirac, on voudrait plutôt que la France et son président instaurent véritablement une relation d’égalité avec ses anciennes colonies et ce sera de son intérêt.
La France en agissant comme elle le fait actuellement, salit sa réputation de pays de droits de l’homme.
Elle s’aliène de façon irrémédiable un formidable marché pour sa production car les dictatures qu’elle soutient n’enrichissent qu’une poignée de gens, mais pas la France.
Dans le contexte de la globalisation et de la mondialisation, elle continue sa fragilisation économique et culturelle,Elle aurait plus intérêt à augmenter le niveau de vie des Africains pour que ceux-ci puissent avoir un pouvoir d’achat leur permettant d’acheter éventuellement les produits français, au lieu de se plaindre de la percée chinoise et d’autres pays asiatiques en Afrique et des délocalisations chez elle.
De la rupture, il y va de l’avenir de la France, car mieux vaut une séparation à l’amiable que par la violence. La France et les dictateurs maisons si ils ne prennent pas garde, seront dans les années à venir, surpris voire debordés par l’ampleur de la révolution qu’ils alimentent quotidiennement, comme toute révolution lorsqu’elle éclate on ne sait pas quand elle se termine ni comment elle se déroule.

CPI / Le procès de Jean-Pierre Bemba Gombo s’ouvrira le mardi 27 avril 2010
LA HAYE, Pays-Bas, 6 novembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Le procès de Jean-Pierre Bemba Gombo s’ouvrira le mardi 27 avril 2010
Situation : République centrafricaine
Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo
ICC-CPI-20091104-PR472
Dans une décision rendue aujourd’hui, la Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a fixé la date d’ouverture du procès dans l’affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au mardi 27 avril 2010.
Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire au sens de l’article 28-a du Statut de Rome, de deux crimes contre l’humanité (meurtre et viol) et de trois crimes de guerre (meurtre, viol et pillage), prétendument commis sur le territoire de la République centrafricaine au cours de la période comprise approximativement entre le 26 octobre 2002 et le 15 mars 2003.
Après son arrestation par les autorités belges, conformément à un mandat d’arrêt délivré par la Chambre préliminaire de la CPI, il a été transféré à la Cour le 3 juillet 2008. Il est actuellement détenu au quartier pénitentiaire de la CPI à Scheveningen, à La Haye.
Decision on the Date of Trial
Pour toute information complémentaire, prière de contacter Mme Sonia Robla, chef de la Section de l’information et de la documentation, au n° de tél. : +31 (0)70 515 8089 ou au n° de portable +31 (0)6 46 44 87 26 ; ou à l’adresse électronique : sonia.robla@icc-cpi.int
SOURCE
International Criminal Court (ICC)
Connaissez-vous
Tchicaya U Tam’si ?
Béatrice Bloch
Arlette Chemain-Degrange et Roger Chemain, De Gérald Félix Tchicaya à Tchicaya U’Tam’si, Paris : L’Harmattan, 2009, 502 p., EAN 9782296075559.
Vient de paraître un remarquable ouvrage présentant la création d’un des plus grands auteurs congolais contemporains de langue française, Tchicaya U Tam’si (1931-1988), visant à le rendre accessible ou à le faire connaître davantage grâce à des analyses littéraires. L’ouvrage est une somme impressionnante d’articles critiques, d’interviews, et de lectures analytiques faites par deux professeurs de littérature générale et comparée, en poste pendant 15 ans à l’université de Brazzaville au Congo, puis à l’université de Nice Sophia-Antipolis depuis 1986. Arlette et Roger Chemain sont en effet des spécialistes de cette œuvre qu’ils ont arpentée, travaillée et accompagnée sur une vingtaine d’années.
Le livre De Gérald Félix Tchicaya à Tchicaya U’Tam’si propose au lecteur d’accéder par plusieurs entrées à la connaissance de cette œuvre : par des apports biographiques fondés sur des interviews, des photos et des critiques, par des analyses littéraires précises et des saisies originales synthétiques sur la création d’U Tams’i selon les genres littéraires abordés, ainsi que par un appareil critique riche contenant une bibliographie de son œuvre et des commentaires qu’elle a suscités. L’ouvrage tisse ainsi de chapitre en chapitre, la présentation des textes et un regard critique porté sur eux, la création et un retour réflexif sur elle. L’ensemble est conçu en trois parties : un prélude sert d’entrée en « U Tam’si(e) » où sont exposés les motifs et les évolutions de la création ; une partie rythmée en trois temps mêle la reproduction de quelques extraits des textes et des lectures qu’ils inspirent à Arlette Chemain-Degrange et Roger Chemain : l’œuvre lyrique, l’œuvre dramatique et l’oeuvre narrative sont successivement abordées, faisant droit à la plurigénéricité de l’œuvre ; enfin, une partie plus synthétique propose une approche générale qui tente d’embrasser l’œuvre entière de l’auteur dans sa diversité et son évolution.
Un itinéraire de la pensée se fait jour à travers la lecture de l’ouvrage : d’un poète qui a fréquenté aussi bien la poésie rimbaldienne que la création surréaliste, à celui qui refuse l’appartenance à une école par la diversité de sa création (du sonnet inversé à l’écriture automatique), en passant par le poète qui refuse la négritude mais que Senghor salue dans la préface qu’il écrit au recueil Epitome ; on voit qu’il s’agit d’un travail protéiforme, engagé, où alternent le recueillement solitaire lyrique et les positions théoriques et politiques fortes. Le travail sur la culture européenne et la découverte d’une voix spécifique, qui n’est pas la voix « nègre », mais celle d’un « congolais » du XXème siècle. Tchicaya U Tam’si fut à la fois écrivain, poète et permanent à l’Unesco ; il se consacra à la littérature mais s’engagea aussi dans des projets de réforme de l’enseignement. Fils d’un député du Moyen Congo à l’Assemblée nationale, U Tam’si passa son adolescence en France. Il y vécut en alternance avec une vie au Congo, son œuvre se faisant les échos de l’espoir né au moment des indépendances, des difficultés auxquelles se heurta Patrice Lumumba, et des échecs que rencontra le jeune Congo indépendant.
La poésie d’U Tam’si est ainsi entre « élan et retrait, suavité et violence, confidence et sarcasme », désorientant le lecteur, dans les recueils Le Mauvais sang, Epitomé, Le Ventre et Arc musical. Dépassant l’horizon racial, cette poésie s’indigne devant l’attaque des innocents depuis le bûcher de Montségur jusqu’aux guerres coloniales. Arlette Chemain-Degrange et Roger Chemain montrent l’évolution de la création : depuis la forme fixe du sonnet qui se cherche encore avec ses maladresses syntaxiques de l’oral bousculant la forme classique, jusqu’à l’invention d’une voix nouvelle et spécifique, l’œuvre se crée peu à peu. Ce parcours est donné à voir dans la première partie. Epitomé exprime la passion de son auteur pour un Congo en construction, qui se libère et se refonde. Plus loin, la déception devant le drame congolais et l’émigration se disent. Le rapport aux femmes se profile dans le sentiment de la trahison, et de la menace. Dans Arc musical, on remarque le travail sur le rythme et la forme miroitante. En outre, l’instrument fait référence à la musique congolaise et le recueil joue sur l’humour, même si le ton est plus sceptique, quant aux espoirs politiques : « c’est ici que mon arc m’arme le poing ». Enfin, le recueil Veste d’intérieur paraît plus tard (1976), « fruit d’un retour sur soi pour méditer l’itinéraire parcouru et veillée d’arme avant un nouveau départ, de nouvelles conquêtes ». Le recueil clôt le dialogue avec le passé pour entreprendre le procès de l’actualité, vingt ans après les indépendances. Un retour à l’intimité s’y fait jour, alternant réticence et aveux, tandis que le mouvement de la lecture, comme échange, est accepté. À travers les images de l’eau croupie se profile la tentation de l’inaction et le dialogue amoureux se termine en pitrerie ou en scène mortuaire, tandis que, pourtant, la pulsion de vie domine. Pour clore cette partie initiale, une étude transversale sur le mythe du cannibalisme détourné et une réflexion sur l’image du féminin viennent ressaisir autrement les fils tissés lors des analyses.
La partie suivante est consacrée à la création théâtrale : Le Zulu et Le Destin glorieux du maréchal Nnikon Nniku prince qu’on sort dénonce le caractère irrévocable des despotismes dans les années 1970. Le Zulu opère un retour à un sujet traditionnel : l’épopée du héros sud-africain Chaka qui voulut unifier le pays et échoua « victime de rivalités de la part de ses généraux et de leur association avec l’envahisseur blanc ». Cette pièce est à la fois politique, mais aussi une manière de revisiter, comme pour Shakespeare, le thème de la culpabilité et de la malédiction. L’onirisme y est exploité largement, à travers le rôle des prophéties dans la culture traditionnelle, qui font de la transcendance un principe essentiel. Le héros, Chaka, est présenté comme ayant une mission, mais sa duplicité apparaît au grand jour. La pièce n’est pas de facture originale, mais l’influence de l’oralité affecte les structures et l’imaginaire de l’œuvre : orchestration sonore, chorégraphie, prophéties de devins et langages par proverbes caractérisent la pièce ; finalement, la prise en compte de l’héritage traditionnel constitue l’essence de la tragédie dans cette reconstitution historique, et n’est pas une simple concession à la mode. Avec Le Destin glorieux du maréchal Nnikon Nniku prince qu’on sort, il s’agit non plus de tragédie mais de farce sinistre montrant le pouvoir donné au soudard, caricature grotesque des détournements et des abus. La voix prophétique est remplacée par celle de la radio. Le populisme truculent brise toute envolée, la paresse est valorisée et l’échec du développement économique est masqué derrière une valorisation du dénuement. En contrepoint et par contraste, des intermèdes lyriques assurent des pauses où des hippies réintroduisent une sorte de voix « off », exprimant de « vraies » valeurs vitales. À la fin de cette partie, deux études générales transversales interrogent la présence des paroles traditionnelles dans les œuvres et le mythe d’Œdipe recomposé.
Le troisième genre est abordé, l’écriture narrative, sous forme courte : Légendes africaines, montage de textes empruntés à divers pays d’Afrique à l’instigation d’un éditeur et introduits par un texte d’U Tam’si, suivies de La Main sèche, et sous forme longue, avec le cycle romanesque tétralogique inauguré par Les Cancrelats. L’idée des Légendes africaines est d’écrire une mythologie de la création de l’humanité, une « Légende des siècles » vue par la culture africaine. La Main sèche, écrit en même temps que commençait à paraître le cycle romanesque, est une somme hétérogène de récits moins indépendants qu’il ne paraît, reliés en profondeurs à l’œuvre aux accents messianiques. Chaque nouvelle reprend l’art du conteur et s’ouvre et se clôt par les mêmes formules, l’énonciation à la première personne plongeant le lecteur immédiatement « in medias res », comme si ce dernier connaissait déjà le contexte. Quête des origines, initiation à la double culture, énigme de la mort sont quelques uns des thèmes abordés à travers la question du rapport des Noirs au christianisme, le problème de la responsabilité de la religion vis-à-vis de l’Afrique ; la traite, l’investissement colonial sont revécus à l’échelle d’un individu ; les angoisses de la naissance et les scènes traumatiques font naître un sentiment de culpabilité qui hante les héros : l’homme entre deux mondes, celui qui meurt et celui qui est appelé à naître, se demande s’il va y perdre ou y gagner. Des lectures synthétiques sur la symbolique de l’œil (« son œil sec vous passe l’âme et la moelle épinière à la râpe ») et la figure de l’exclu comme représentation de la marginalité, corollaire de la modernité, répondent à l’accompagnement analytique des œuvres.
Enfin, le cycle romanesque commençant par les Cancrelats est présenté ; il fut publié entre 1980 et 1987, bien qu’en gestation depuis 1954, mais trop critique en un temps de refondation lié aux indépendances, il ne fut présenté par l’auteur à la publication que bien des années plus tard. En chaque volume sont entrelacés l’histoire personnelle et l’histoire collective. Le dernier ouvrage du cycle est Ces fruits si doux de l’arbre à pain. Entre les deux ouvrages majeurs, sont deux ouvrages médians Les Méduses ou les orties de mer (1982) et les Phalènes (1984), d’une coulée plus romanesque, accordant une plus grande place aux relations sentimentales et familiales. Cette somme évoque la vie des Congolais pendant la colonisation, leur tristesse, l’évolution des personnages quittant la terre pour devenir commerçants ; les formules traditionnelles verbales ou rituelles y sont explicitées par le narrateur, tantôt sérieusement, tantôt avec un détachement amusé, à l’instar des conduites ordaliques à l’occasion des deuils. Le rôle souverain de l’imaginaire y est notable et même si le roman refuse l’épique, il laisse le lecteur sur sa faim et son désir de poursuivre la lecture. Dans Les Méduses, il s’agit de la mort de trois syndicalistes « indigènes » dont on essaie d’élucider la cause, entre pouvoir colonisateur et magie traditionnelle. Les Phalènes est le troisième élément de la saga historique au pays de l’ancien royaume kongo : il narre la rencontre entre un Congolais et la femme d’un militant français venu aider à préparer l’indépendance, montrant l’alliance des « gender », et le métissage entre cultures. Dans l’ultime ouvrage, Les Fruits si doux de l’arbre à pain, au titre éminemment ironique (ces fruits étant la nourriture des esclaves pendant la traversée de l’Atlantique), l’auteur recourt au procédé qui désigne avec constance sa manière propre : le redoublement des énoncés, le premier étant voilé et le second plus explicite. Les récits traditionnels sont enchâssés dans l’énoncé francophone. Dans cette narration pleine de ferveur, surgissent pourtant des images maternelles destructrices, des relations fraternelles douteuses, s’envolent des ascensions et se précipitent des chutes. Mais il s’agit aussi d’un texte métis, capable d’entrelacer les échos de maintes cultures, de plusieurs modes d’énonciation, où entrent en contact l’oral et l’écrit, le chant traditionnel et la narration. L’histoire personnelle et politique joue avec l’intertexte messianique, tandis que se pose la question de la responsabilité de l’écrivain exilé combattant sa solitude « coupable » mais en même temps, « signe d’élection ».
Ainsi, l’ouvrage d’Arlette Chemain-Degrange et de Roger Chemain rend grâce à l’exubérance de la création de Tchicaya U Tam’si, sous toutes ses facettes, en abordant tous les genres mis en textes, et en montrant qu’elle a su dépasser les clivages pour créer une voix non plus duelle, mais spécifique et victorieuse dans sa nouveauté. Se moquant du rationalisme, flirtant avec l’envoûtement des forces occultes mais par provocation, l’œuvre d’U Tam’si n’est pas saisie comme retour au passé. L’unité qui la caractérise se manifeste dans l’engendrement des œuvres par des thématiques reprises et rejouées autrement, l’ensemencement des mots par des allitérations ou des assonances, mais où la langue se veut aussi dialogue avec le lecteur. Grâce à cet ouvrage de référence, c’est ce lien avec un public désormais informé et instruit qui peut se tisser plus aisément, et plus intimement, pour conduire à de nouvelles lectures, portées par les propositions de ces critiques, qui offrent aux lecteurs quelques unes parmi les « sept clés » de cette création.
par Béatrice Bloch
Publié sur Acta le 11 juin 2009
Pour citer cet article : Béatrice Bloch , "Connaissez-vous Tchicaya U Tam’si ?", Acta Fabula, Notes de lecture, URL : http://www.fabula.org/revue/document5079.php