Noir c'est gloire Black Power
Mathieu Durand pour Evene.fr - Janvier 2009
La révolte noire entamée dans les années 1960 aux Etats-Unis sous l'impulsion de figures comme Martin Luther King ou Malcolm X porte aujourd'hui ses fruits avec l'accession au pouvoir du premier président afro-américain de l'histoire du pays. Si on a beaucoup insisté sur le rôle des hommes politiques à cette occasion, la face musicale de cette révolution est aussi essentielle. Retour sur le free jazz et la blaxploitation, méconnus de ce côté-ci de l'océan.
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James Brown(1933-2006), Isaac Hayes (1942-2008), Nina Simone (1933-2003), trois figures essentielles de la revendication d'égalité souhaitée par les Afro-Américains n'auront malheureusement pas pu assister à l'arrivée au pouvoir de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Cette dernière est l'occasion de revenir sur le pouvoir de ces musiciens noirs sur les consciences lors de l'irruption d'un black power au début des années 1960, sur les caractéristiques de leur musique, et sur son véritable rôle (bande-son d'une révolte ou détonateur ?).
De la liberté au free
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Pour comprendre l'aspect musical du black power, il faut se tourner vers un genre mal-aimé et souvent incompris : le free jazz. En se penchant sur la genèse de cette branche libertaire des héritiers du blues, on comprend le processus de pensée des Afro-Américains de l'époque. C'est la thèse d'un des seuls livres en français consacré au sujet, 'Free Jazz Black Power' de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli. À l'inverse de l'opinion commune qui déclare que "la musique apaise les moeurs", cet ouvrage affirme qu'il n'existe pas de musique asociale ou apolitique. Vouloir imposer, comme à notre époque, une musique unifiée, une musique de supermarché, une "uni-musique qui forme les corps à une écoute indifférente", est un acte politique loin d'être neutre. Le free jazz prône et défend l'inverse de cette idéologie. Comme le dit Archie Shepp : "Il n'est pas possible de voir sauter trois enfants et une église sans qu'il en reste quelque chose dans votre expérience culturelle." Loin d'être le reflet des luttes de Noirs aux Etats-Unis, le free en est l'effet, la manifestation symbolique. Musique diverse, hétéroclite, variée à l'outrance, il est même aujourd'hui difficile de la circonscrire. Ses représentants principaux se nomment Archie Shepp, Ornette Coleman, Albert Ayler, Don Cherry. On les accuse souvent de "ne pas savoir jouer", de faire "n'importe quoi", de créer le "bordel"… et ils le font exprès !
Le retour à l'Afrique
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Le chaos (apparent) du free jazz se présente comme une réponse de l'esclave au maître blanc. Musique afro-américaine par excellence descendante du blues, le jazz a été "récupéré" par les Blancs après-guerre. Aux premiers rangs du jazz "cool" des années 1950 on ne trouve que des stars blanches (à l'exception notable de Miles Davis) : Chet Baker, Lee Konitz, Dave Brubeck, Gerry Mulligan ou Stan Getz. Le free jazz réalisera donc de manière symbolique le voeu de nombreux hommes politiques noirs : le retour à l'Afrique. Comment cela se manifeste-t-il ? Par une prééminence du rythme sur la mélodie : les jazzmen multiplient différents rythmes en même temps, tout en jouant sur les dissonances. Les piliers du free jazz ne jouent plus d'un, mais de plusieurs instruments, parfois en même temps, et cherchent à remettre au goût du jour une foule d'instruments folkloriques ou traditionnels d'Afrique, mais aussi d'Inde, d'Asie, d'Amérique du Sud… La musique n'est plus pur esprit, mais laisse le corps s'exprimer : on distingue sur les enregistrements des jazzmen free grognements, cris, onomatopées… Bref les tensions et les blessures vécues par les Noirs réapparaissent dans leur musique : le black power vu par le free jazz, c'est surtout la volonté instrumentale de symboliser les violences vécues par les Noirs. Et si les Blancs ne le comprennent pas, tant mieux : pour les tenants du free jazz les plus extrêmes, les Blancs ne pourront jamais comprendre leurs douleurs héritées de l'esclavage.
Des mots sur les maux
Si le free jazz est la face instrumentale du black power, un appel à la liberté opéré par une musique libérée de toute entrave, les Afro-Américains ont aussi tenté à cette époque de mettre des mots sur leurs maux. Deux personnalités capitales symbolisent cette démarche : James Brown et Nina Simone, soit la fière affirmation d'une "négritude" pour reprendre le lexique d'Aimé Césaire. 'Young, Gifted and Black' de la diva Nina, symbolise totalement cette démarche. Enregistrée en 1969, cette chanson composée par la chanteuse-pianiste elle-même et écrite par Weldon Irvine s'est imposée comme un hymne dans la lutte pour les droits civiques couronnée d'un premier succès en 1964 avec le vote du Civil Rights Act qui interdit toute discrimination dans les lieux publics : son titre parle de lui-même, "jeune, doué et noir" – presque une description prophétique d'Obama. Engagé dans ce même combat, James Brown apparaît comme le complément funk et viril de la chanson soul et délicate de Nina Simone. Son morceau phare lui aussi ne nécessite que peu d'explications : 'Say It Loud – I'm Black and I'm Proud' ("dites-le bien fort : je suis noir et j'en suis fier"). Même destin que 'Young, Gifted and Black' pour cette chanson sortie un an plus tôt : 'Say It Loud…' fera presque office de slogan du combat des Afro-Américains. Au point que la Sex Machine regrettera quelque peu l'impact de ce morceau : son but était d'apprendre la fierté aux enfants noirs, et non d'opérer une séparation entre Noirs et Blancs. 
La blaxploitation : la BO d'une époque
James Brown craignait que son morceau ne soit perçu comme un appel aux Noirs à se renfermer sur eux-mêmes. Son hymne louait la fierté, quelle que soit sa couleur. Pourtant, une des conséquences du black power, justement, fut de pousser certains Afro-Américains à se créer une sorte de communauté culturelle autonome. C'est la démarche inédite de ce qu'on a appelé la blaxploitation (contraction de "black" et "exploitation"), industrie culturelle principalement cinématographique et musicale faite par les Noirs pour les Noirs dans les années 1970 (même si en réalité certains films furent produits et réalisés par des Blancs). Le symbole même de cet Hollywood noir se matérialise dans le film 'Shaft' (1971), narrant l'histoire d'un détective privé black, mélange afro-américain de James Bond et Robin des Bois. Le succès de cette oeuvre, portée par la célèbre musique originale signée Isaac Hayes (toute de cocottes de guitare vêtue) résidait surtout dans l'image positive qu'il offrait des Afro-Américains. Si les oeuvres cinématographiques de cette industrie ne resteront pas dans les annales, il n'en reste pas moins que l'influence de ces films se fait encore ressentir aujourd'hui sur des cinéastes tels que Quentin Tarantino ou Spike Lee. L'image positive des Noirs relayée dans ces longs métrages, non plus seulement relégués aux rôles de larbins mais élevés au rang de héros, a eu une influence non négligeable sur les imaginaires des jeunes Afro-Américains de l'époque. Au moment de la sortie d'un remake de 'Shaft' en 2000, Samuel L. Jackson, qui reprenait le rôle alors tenu par le légendaire Richard Roundtree, déclarait : "C'était la première fois que je voyais à l'écran quelqu'un qui me ressemblait, qui parlait comme moi, qui s'habillait comme j'aurais aimé m'habiller et qui était un héros." Sans parler de l'immense patrimoine soul que laisse cet Hollywood noir à l'humanité lorsqu'on sait que les bandes originales de ces films étaient signées Curtis Mayfield, James Brown ou encore Herbie Hancock et Barry White…
La musique du black power, sous toutes ses formes, de la soul au free, a surtout rappelé rythmes et mélodies à leurs rôles social et politique. Qu'on le veuille ou non, la musique exerce un pouvoir presque magique sur ses auditeurs. Si ce ne sont pas les musiciens qui ont amené Barack Obama au pouvoir, ni poussé Rosa Parks à dire non un jour de décembre 1955, ces artistes du black power ont participé activement à rendre les Afro-Américains fiers de leur couleur, de leur histoire, de leurs racines.
Source : evene
Mathieu Durand pour Evene.fr - Janvier 200
Le futur gouvernement Obama: métissé, à l'image des Etats-Unis
Pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, seule la moitié du gouvernement qui entrera en fonction le 20 janvier sera composée de Blancs, laissant une large place aux minorités noire, hispanique et asiatique.
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le président américain élu Barack Obama le 1er décembre 2008 à Chicago. Agrandir la photo
Sur les 20 membres du futur gouvernement, ministres ou ayant rang de ministre, 11 sont blancs, quatre sont noirs, trois sont hispaniques et deux d'origine asiatique, le tout sous la direction du premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama.
Le nouveau gouvernement s'approche ainsi de la réalité démographique des Etats-Unis du XXIe siècle.
Selon un rapport du bureau du recensement rendu public en août, les Blancs, qui constituent actuellement les deux-tiers de la population américaine, cesseront d'être majoritaires à l'horizon 2042, soit dix ans plus tôt que ne le prévoyaient les projections antérieures.
Le président démocrate Bill Clinton (1992-2000) n'avait fait qu'approcher une telle diversité dans son gouvernement avec environ deux-tiers de Blancs parmi ses membres.
En 1981, le gouvernement formé par le président républicain Ronald Reagan ne comptait qu'un Noir, Samuel Pierce, secrétaire au Logement et au Développement urbain.
George Bush père (1988-1992) et son fils (2000-2008), n'ont fait que légèrement mieux en approchant dans leur gouvernements, respectivement les 20% et 30% de représentants des minorités. Mais deux Noirs, Colin Powell et Condoleezza Rice, ont occupé le poste prestigieux de secrétaire d'Etat sous George W. Bush fils.
Dans le gouvernement Obama, les Américains d'origine africaine sont bien représentés avec Eric Holder à la Justice, Lisa Jackson à l'agence pour la protection de l'environnement, Ron Kirk comme représentant américain au Commerce et Susan Rice, ambassadrice à l'ONU.
Au delà de l'équipe gouvernementale, ces derniers sont également représentés à des postes clé de la nouvelle administration. Ainsi, Melody Barnes dirigera le Conseil de politique intérieure, tandis que Valerie Jarrett, amie de Chicago de M. Obama et co-présidente de l'équipe de transition, occupera un poste de conseillère à la Maison Blanche.
Chez les Hispaniques, le nom de Bill Richardson, qui avait fortement soutenu M. Obama lors de la campagne présidentielle, avait été évoqué pour le département d'Etat. Le lot de consolation pour le gouverneur du Nouveau-Mexique (sud-ouest) sera finalement le département du Commerce. Ken Salazar et Hilda Solis occuperont respectivement les portefeuilles des Affaires intérieures et du Travail.
Par ailleurs, deux ministres d'origine asiatique, Steven Chu à l'Energie et le général Eric Shinseki aux Anciens combattants, complèteront ce tableau de la diversité.
En revanche, avec 15 hommes pour 5 femmes, le gouvernement Obama n'innove pas en affichant le même chiffre que sous Bill Clinton, et en faisant à peine mieux que le gouvernement de George W. Bush avec quatre femmes.
Mais celle qui a failli devenir la première femme présidente des Etats-Unis en obtenant 18 millions de voix lors de la primaire démocrate en 2008, l'ex-première dame des Etats-Unis , Hilary Clinton décroche le poste prestigieux de Secrétaire d'Etat.
Autre "minorité", politique cette fois-ci, les républicains seront représentés par deux ministres dans le futur gouvernement avec Robert Gates qui se maintiendra au Pentagone et Ray LaHood, par ailleurs d'origine libanaise, qui prendra le département des Transports
USA contre Chine en Afrique : nouvelle guerre froide
GUERRE AU CONGO DEMOCRATIQUE : La nouvelle guerre ‘froide’ des USA contre la Chine en Afrique !
lundi 8 décembre 2008 |
Les images de cadavres de l’est du Congo défilent sur nos écrans, patrie du grand patriote Patrice E. Lumumba. Encore une fois les « sauvages » africains se tuent entre eux. L’armée congolaise est présentée par les médias de l’impérialisme occidental comme une bande de mercenaires corrompus qui tuent, pillent, violent. L’ordre règnerait du côté des « rebelles Tutsis » dont on nous cache qu’ils sont armés, formés et appuyés par l’Etat Rwandais dirigé par le Général en civil Paul Kagamé. On est loin des années 1994 du génocide quand le Front patriotique du Rwanda (FPR) au pouvoir à Kigali menait une guerre anti-ethniciste et antifasciste de 1990 à 1994 contre le « Hutu power » armé, soutenu et appuyé par un contingent français. Une fois le génocide déclenché l’opération « Turquoise » décidée par le président social démocrate F. Mitterrand protégea les génocideurs mêlés aux populations Hutus pour qu’ils se replient dans les camps de l’autre côté de la frontière au Congo.
On se souvient qu’en 1996 l’armée Rwandaise et pratiquement les 9 Etats frontaliers du Congo soutinrent le déclenchement de la lutte armée victorieuse de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération (AFDL) de Laurent Désiré Kabila contre le plus grand assassin de Congolais après la colonisation belge, l’agent de la CIA, Jospeh Mobutu.
L’alliance nationaliste congolaise et panafricaine vola en éclat en 1998 lorsque le Rwanda envahit le Congo après une tentative manquée de renversement de L.D. kabila. Il apparaît de plus en plus que Kabila père a été assassiné pour avoir tenté de desserrer l’étau des diktats US en signant des contrats économiques avec la Chine.
La signature d’un contrat avec la Chine sur l’échange d’infrastructures contre du cuivre et du cobalt pour un total de 9 milliards de dollars est la cause immédiate de l’offensive militaire de Laurent Nkunda qui dirige une faction rebelle intégrée dans le cadre de « l’accord de paix » qui avait imposé la formule « 4 plus 1 » à savoir un président et 4 vice-présidents dont trois rebelles soutenus par le Rwanda et l’Ouganda les deux pays agresseurs par « rebelles » interposés.
Puis le gouvernement congolais a décidé de revoir les termes des 60 contrats miniers les plus importants. Inacceptable pour les multinationales occidentales, notamment la plus grande multinationale active dans le secteur du cuivre : Freeport Mc Moran, laquelle possède la majorité des actions dans la société minière congolaise Tenke Fungurume suite à des machinations qui ont réduit les parts de la société congolaise Gécamines de 48 à 14 %.
Le Forum International pour la Vérité et la Justice dans l’Afrique des Grands Lacs qui réunit des personnalités, tel le Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel, l’élue au Congrès des Etats-Unis Cynthia A McKinney, le Président de la Fondation S’Olivar Joan Carrero, et la Fédération des Comités de Solidarité avec l’Afrique Noire, vient de dénoncer les « rebelles » de l’est du Congo comme « les gendarmes de groupes beaucoup plus puissants ; ils agissent pour le compte de ceux qui s’opposent à ce que la Chine pénètre où que ce soit au Congo ». L’enjeu est ici est les minerais stratégiques qui se trouvent dans l’est de la RDC, et en particulier une variététrès spéciale de coltan, un composé de colombite et de tantale, indispensable dans l’industrie des télécommunications, et de caserite. Le Forum International pour la Vérité et la Justice dans l’Afrique des Grands Lacs constate que « le Rwanda est un grand exportateur de coltan, mais n’a pas de coltan sur son territoire ».
Même la MONUC, force d’interposition de l’ONU de 17.000 casques bleus, est accusée : « La MONUC disparaît fréquemment quand Nkunda a le vent en poupe et, inversement, elle s’interpose et joue son rôle de modérateur lorsque Nkunda est acculé par l’armée congolaise ».
Si à la frontière du Soudan du côté Tchadien, comme l’a révélé l’horrible scandale de l’Arche de Zoé, c’est l’Union européenne (UE) à travers la présence militaire française qui est en pointe pour contraindre le pouvoir de Khartoum à abandonner sa relation « Sud/Sud » avec la Chine, surtout dans l’exploitation pétrolière, en RDC, c’est le Rwanda et les dits « rebelles » Rwandais qui sont le fer de lance de la nouvelle guerre ‘froide’ de l’occident impérialiste contre le développement économique de la Chine. Cette nouvelle ‘froide’ a déjà fait plus de 4 millions de morts au Congo.
Nous exigeons le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’unité territoriale de la RDC. Novembre 2008
Diagne Roland
SOURCE : www.sudonline.sn
PORTRAIT DE BARACK OBAMA
Une nouvelle Amérique ?
Aurélie Louchart pour Evene.fr - Juin 2008
En novembre prochain, un vent de changement pourrait bien souffler sur les Etats-Unis. Si Barack Obama est élu, la puissance américaine aura pour la première fois de son histoire un homme progressiste, métis et aux racines plurielles à sa tête.
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Il était une fois une Amérique qui, par deux fois, avait élu un président néoconservateur et qui envisageait de donner le pouvoir à un homme en tous points différent de son prédécesseur. Un certain Barack Hussein Obama, encore inconnu sur la scène nationale il y a quatre ans. Un homme qui fait campagne sur des valeurs d'espoir, de changement. Un homme qui tente de redonner foi à ses concitoyens en l'american dream.
Un vent de changement sur Washington
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Barack Obama laisse au second plan la couleur de sa peau. L'important se trouve dans son programme, son projet pour les Etats-Unis, pas dans ses origines. Sans se révéler essentiel, cet élément marque malgré tout un tournant dans l'histoire. Il y a cinquante ans, une personne de couleur n'avait pas le droit de s'asseoir à l'avant d'un bus dans le sud des Etats-Unis. Aujourd'hui, en Louisiane, dans le Mississippi ou en Georgie, les électeurs démocrates ont tous préféré Barack Obama à des candidats blancs. (1) On ne peut nier l'importance d'un tel changement. D'autant que Barack Hussein Obama n'est pas seulement noir mais métis. On le trouve tantôt trop noir, tantôt pas assez. Ainsi, lorsqu'il se présente au sénat en 2000 face à Bobby Rush, ancien leader des Black Panthers, une partie de ses opposants le traitent d'"Oreo", ce biscuit au chocolat fourré à la vanille. Obama est un "sang-mêlé". Certains n'apprécient guère, mais il reflète le visage de l'Amérique de demain : en 2050, les Blancs seront minoritaires aux Etats-Unis.
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Obama incarne aussi le changement par sa jeunesse : 46 ans face à un John McCain septuagénaire et une expérience politique somme toute assez fraîche. Elu au Sénat de l'Illinois depuis 1996, il l'est à l'échelle nationale depuis seulement quatre ans. Et ce diplômé d'Harvard n'a jamais géré d'institution publique ni même été à la tête d'une entreprise privée. A peine sorti de l'oeuf et peut-être bientôt à la Maison Blanche… Un parcours inimaginable en France où l'on jugeait Ségolène Royal un peu jeunette avec ses vingt ans en politique et ses trois expériences à des fonctions ministérielles. Après le scandale des élections truquées en Floride en 2000, les Etats-Unis vont peut-être nous donner une belle leçon de démocratie. Déjà, contrairement à l'usage américain, Barack Obama ne finance pas sa campagne à l'aide de chèques de groupes de pression mais de ceux de particuliers pour que "les lobbyistes ne définissent plus l'agenda de Washington". Plus d'un million de personnes ont déjà fait un don. Et les jeunes, qui se déplacent habituellement peu pour aller voter, se sont mobilisés en masse pour les primaires.
Un nouveau visage pour l'Amérique
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Le changement, Obama le signifie aussi à l'étranger. Le sénateur de l'Illinois représente l'Amérique multiculturelle dont beaucoup rêvent. En France, l'"Obamania" bat son plein. En 2004, l'Hexagone s'enthousiasmait pour le démocrate John Kerry mais cette fois, l'ampleur est tout autre. Un comité de soutien français au candidat a même été monté. On y retrouve Olivier Duhamel, Jack Lang, Sonia Rykiel, Bernard Henri-Lévy, Frédéric Mitterrand ou Bertrand Delanoë. A l'étranger, aujourd'hui, une personne sur deux a une opinion négative des Etats-Unis. Ce score les relègue juste derrière la Corée du Nord. (2) Comme l'explique Joseph Nye, le théoricien du soft power (3) : "Une présidence Obama serait le meilleur moyen de faire progresser le pouvoir d'attraction de l'Amérique dans le monde." (4) Avec un père kenyan musulman, une mère texane agnostique, un passé partagé entre Hawaï, Chicago, l'Indonésie, Barack Obama offre une image différente, nettement plus ouverte sur le monde. Avant même qu'il n'ouvre la bouche, le sénateur change déjà tout. Un homme dont le deuxième prénom est Hussein inspire moins d'a priori négatifs qu'un Bush texan et blanc et qui n'avait jamais mis les pieds à l'étranger avant son élection. D'autant que le Hussein en question s'oppose depuis le premier jour à la guerre en Irak et prône le multilatéralisme. Il laisse imaginer qu'une nouvelle ère est possible. Et au-delà du symbole, elle l'est peut-être vraiment.
Multilatéralisme et soft power
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Barack Obama se distingue très clairement de la ligne politique de l'actuel locataire de la Maison Blanche. Il lui apparaît essentiel de rétablir le dialogue avec tous les Etats, sans conditions préalables. Il se dit notamment prêt à rencontrer Mahmoud Ahmadinejad ou Hugo Chavez dès la première année de son mandat. (5) Obama voit l'Europe et le Japon comme des alliés, la Chine comme un concurrent, non un ennemi. Ce diplômé en sciences politiques et relations internationales de l'université de Columbia a écrit une thèse sur les relations Nord-Sud et est adepte du soft power et du multilatéralisme : il désire renforcer l'OTAN et fait de la lutte contre la pauvreté dans le monde l'une de ses priorités. Le sénateur de l'Illinois souhaite investir 150 millions de dollars en dix ans pour encourager le recours aux biocarburants et promouvoir les énergies renouvelables ; il aimerait aussi réunir les dirigeants des Etats plus gros consommateurs d'énergie pour aborder les questions liées à l'environnement. Sans être isolationniste, il ne voit pas la guerre comme une solution de premier recours. Cinq mois avant le début de l'intervention en Irak, il justifiait déjà son opposition à celle-ci : "Je ne suis pas opposé à toutes les guerres. Ce à quoi je suis opposé, c'est à une guerre stupide." S'il est élu, Obama se donne 16 mois pour faire rentrer l'ensemble des troupes américaines d'Irak. Une proposition que certains jugent irréaliste...
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L'arrivée d'un Barack Obama à la Maison Blanche impulserait une nouvelle dynamique aux relations euro-américaines mais aussi intra-européennes. La relation à entretenir avec les Etats-Unis est une des principales pommes de discorde entre membres de l'UE. Si les Etats-Unis adoptent des positions plus modérées à l'international, s'ils se tournent vers un mode de fonctionnement plus multilatéral, le consensus autour de leurs actions sera plus évident. L'UE n'en sera que fortifiée. Obama souhaite rencontrer rapidement Angela Merkel, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy. Il connaît déjà le président français et tient à son propos un discours élogieux : "C'est un homme énergique, avec beaucoup de talent. Je suis impressionné par sa façon de regarder les problèmes spécifiques à la France avec un regard neuf." (6) Si les votes de Barack Obama font de lui le sénateur le plus à gauche du congrès, certaines de ses positions peuvent néanmoins paraître assez conservatrices à un Français. Il a ainsi voté en faveur de l'érection d'un mur le long de la frontière mexicaine en 2006. Il considère par ailleurs que l'autodéfense prônée par Israël est parfaitement légitime.
(1) Lors des primaires démocrates, en Louisiane Barack Obama a reçu 57 % des suffrages contre 36 % pour Hillary Clinton, en Alabama 56 % des suffrages contre 42 % pour Clinton, en Georgie 66 % contre 31 % pour Clinton et dans le Mississippi 61 % contre 37 % pour l'ex-première dame.
(2) Enquête effectuée dans 28 pays auprès de 58.000 personnes in Marianne du 24 au 30 mai 2008.
(3) Puissance douce, capacité d'influencer d'autres acteurs des relations internationales par des moyens non coercitifs.
(4) 'Aux antipodes du style Bush' in The New York Times Magazine, James Traub.
(5) "Notre persistance à mettre des conditions à des discussions avec des interlocuteurs qui nous sont hostiles est précisément ce qui nous fait perdre la bataille de l'image dans le monde : cela donne à penser que les Etats-Unis sont une puissance supérieure et que les autres Etats doivent accéder à nos demandes pour que nous daignons les rencontrer. Cela renforce l'image d'arrogance des Etats-Unis dans le monde, ce qui est très néfaste - et porte atteinte à notre sécurité." Barack Obama in 'Du bon sens à défaut d'expérience' in The Washington Post, Dan Balz.
(6) Barack Obama in Paris Match, janvier 2008.
Source : site evene www.evene.fr
Présidentielle américaine :Barack Obama reçoit le soutien de Colin Powell
Au moment où sa campagne annonce avoir récolté la somme record de 150 millions de dollars en septembre et à 16 jours de l’élection présidentielle américaine, Barack Obama reçoit le soutien de poids de Colin Powell.

Ces deux événements semblaient de nature à stimuler les démocrates dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle alors que les sondages accordent en moyenne 5 points d’avance à M. Obama au niveau national.
L’ancien chef d’état-major des armées américaines et héros de la première guerre du Golfe, a loué sur la chaîne NBC le "caractère réformateur" du candidat démocrate et sa campagne "fédératrice".
Une présidence Obama "provoquerait l’enthousiasme du pays et du monde", a assuré le général à la retraite. "Obama a démontré de la fermeté. Il a démontré de la vigueur intellectuelle. Il a une façon de gérer ses affaires qui nous sera profitable", a-t-il estimé.
Un soutien qui tombe a pic
Son soutien tombe à pic pour M. Obama alors que l’équipe de campagne du candidat républicain l’accuse de se situer à l’extrême gauche de l’échiquier politique américain et met en doute sa capacité à rassembler les Américains au-delà de son camp. "J’ai toujours admiré et respecté le général Powell. Nous sommes amis de longue date. Ce n’est pas une surprise", a réagi avec dépit M. McCain.
Au cours du même entretien, M. McCain a publiquement évoqué la possibilité d’une défaite. "Je ne m’apesantis pas la-dessus. Mais, j’ai eu une vie merveilleuse. Je peux retourner vivre en Arizona, et représenter (mes administrés) au Sénat", a-t-il dit.
M. Powell est le premier poids lourd de l’administration Bush à apporter son soutien officiel au candidat démocrate. L’équipe de campagne de M. Obama a fait savoir que le sénateur de l’Illinois avait appelé M. Powell pour le remercier de son appui. "M. Obama est impatient de recevoir ses conseils au cours des deux prochaines semaines et, si possible, au cours des quatre prochaines années", a dit Robert Gibbs, directeur de la communication du candidat démocrate.
Un Homme très respecté aux USA
Secrétaire d’Etat durant le premier mandat de George W. Bush (2001-2005), avocat de la guerre en Irak à l’ONU avant de dénoncer les "mensonges" qui ont entraîné les Etats-Unis dans cette guerre, M. Powell n’a cessé de prendre ses distances avec l’administration républicaine tout en refusant de rompre les ponts avec sa famille politique.
M. Powell était républicain et demeure républicain. Il est ami avec John McCain et garde des liens avec de nombreuses personnalités de l’époque où George Bush père était président, notamment le ministre de la Défense d’alors et actuel vice-président Dick Cheney.
Au cours de sa longue carrière, M. Powell, 71 ans, a été conseiller pour la sécurité nationale de Ronald Reagan. Ancien combattant de la guerre du Vietnam, il a été chef d’état-major interarmée de 1989 à 1993 et s’est illustré notamment durant l’opération "Tempête du désert" après l’invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein en 1991. En 1996, il avait brièvement envisagé d’être candidat à la Maison Blanche contre le démocrate Bill Clinton.
150 millions de dollars en septembre
Juste avant l’intervention de M. Powell, l’équipe de campagne de M. Obama a annoncé que le sénateur avait engrangé 150 millions de dollars en septembre. Jamais M. Obama n’avait récolté autant d’argent en un seul mois. Depuis le lancement de sa campagne, M. Obama a récolté 605 millions de dollars.
Cet afflux d’argent devrait permettre à M. Obama de mener une campagne agressive dans plusieurs Etats clefs notamment dans plusieurs Etats considérés comme des fiefs républicains comme la Virginie et la Caroline du Nord.
M. McCain a accepté de recevoir de l’argent public et est soumis à un plafond de dépense de 84 millions de dollars d’ici le 4 novembre. Il peut néanmoins compter sur l’aide du parti républicain qui a engrangé 66 millions de dollars en septembre.
source : L'internationalmagazine.com, publié le 20/10/2008

















