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Le Pangolin

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30 novembre 2009

Pour les évêques africains, le sida n'est pas qu'un problème médical

30/11/2009 19:13

Après l’assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Afrique, tenue à Rome en octobre, les responsables catholiques ont réaffirmé l’engagement de l’Église contre l’épidémie sur tout le continent

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L’Église catholique en Afrique a-t-elle encore le droit de s’exprimer sur le sida ? La disqualification dont son discours semble faire l’objet, du moins dans le monde occidental, notamment depuis le voyage de Benoît XVI en Afrique au printemps dernier, a été vigoureusement mise en cause par les participants à la récente assemblée du Synode consacrée à l’Afrique, tenue à Rome du 5 au 25 octobre.

De fait, l’Église catholique est l’un des acteurs majeurs de la lutte contre le sida. À hauteur de 25 % dans le monde, mais à plus de 40 % sur le continent africain, voire 100 % pour les régions africaines les plus reculées.

Telle est la teneur du message publié pour cette Journée mondiale du sida par le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam). Sous la plume de son président, le cardinal Polycarpe Pengo, archevêque de Dar-Es-Salaam (Tanzanie), il prend la mesure du drame : « Le Corps du Christ est atteint du sida. »

Dans ce contexte, que fait l’Église ?

Et dénonce les manques des politiques publiques : « L’idée selon laquelle les traitements sont désormais ouverts à tous est erronée. Seul un tiers des personnes qui nécessitent un traitement en reçoit un. Et dans les deux ans qui suivent le début de la thérapie, seules 60 % de ces personnes sont toujours sous traitement. Pour deux personnes qui accèdent à une thérapie, cinq autres contractent l’infection. Le nombre d’orphelins et d’enfants abusés, vulnérables et infectés continue de croître exponentiellement. »

Le cardinal tanzanien poursuit : « Les guerres, l’instabilité, l’inégalité hommes-femmes et les ravages du changement climatique rendent les pauvres encore plus pauvres et plus vulnérables au VIH. »

Dans ce contexte, que fait l’Église ? Pour les évêques africains, « le sida n’est pas seulement un problème médical : un investissement orienté exclusivement sur les médicaments n’aboutira à rien. Seule une stratégie fondée sur l’éducation à la responsabilité individuelle dans le cadre d’une vision morale de la sexualité humaine peut avoir un réel impact sur la prévention de la maladie. »

"Beaucoup cherchent des conseils pour vivre sainement"

Utopie ? Les évêques s’adressent directement aux jeunes : « Ne permettez à personne de vous faire croire que vous n’êtes pas en mesure de vous maîtriser. L’abstinence est la meilleure des protections. »

Ce cri est repris par un jésuite, le P. Fratern Masawe, modérateur des supérieurs majeurs d’Afrique et de Madagascar (Jesam). Dans une lettre adressée le 1er décembre à tous les jésuites du continent noir, il affirme : « Ni bonne, ni mauvaise, la sexualité en Afrique a toujours été considérée comme moralement neutre, comme faisant partie de la vie. La conception de la sexualité par l’Église est souvent méprisée, car considérée comme rigide, irréaliste et moraliste. Mais en réalité, beaucoup cherchent des conseils pour vivre sainement. L’abstinence et la fidélité ne sont pas seulement les meilleures façons d’éviter le VIH et de maîtriser le sida, mais c’est également la voie sûre vers un accomplissement réel et personnel. »

Fort de ces soutiens africains, Benoît XVI a donc pu affirmer, dimanche après l’Angélus : « J’espère infiniment qu’en multipliant et conjuguant toutes nos forces, nous arriverons à vaincre cette maladie. »

Frédéric MOUNIER

Source : la croix

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26 novembre 2009

Sida: les trithérapies font reculer l’épidémie

Genève | Le nombre de nouvelles infections a reculé à Genève de 30% en une année. Les trithérapies deviennent une arme contre la propagation de l’épidémie.

Le professeur Bernard Hirschel.

© Paolo Battiston | Le professeur Bernard Hirschel. «Concernant l’Afrique, il est maintenant nécessaire d’évaluer le traitement en tant que prévention afin de mieux délimiter le potentiel, les inconvénients et les coûts.»

ÉRIC BUDRY | 26.11.2009 | 00:02

Difficile de rêver de meilleure nouvelle à cinq jours de la Journée mondiale de la lutte contre le sida ce 1er décembre (lire encadré). A Genève, le nombre de nouvelles infections au VIH a baissé drastiquement en 2009. Selon une projection, la diminution est de 30% entre 2009 et 2008, passant de 98 cas à 68. Un recul est également enregistré au niveau national, mais un peu moins important: de 777 à 650.

«Si elle est confirmée, car il s’agit encore de projections, cette baisse cantonale serait la plus forte jamais observée, précise Deborah Glejser, porte-parole des associations genevoises de lutte contre le sida. Elle amène le taux de nouvelles infections au niveau historiquement le plus bas.»

Ce succès, on le doit bien évidemment aux campagnes de prévention, mais également à une nouvelle donne. Les trithérapies ont non seulement permis de diminuer très fortement le nombre de décès dû au sida, mais les chercheurs se sont aussi aperçus que ce traitement avait un effet préventif car ils rendent ces personnes beaucoup moins contagieuses.

Espoir pour l’Afrique?

Le phénomène est aujourd’hui avéré, confirme Bernard Hirschel, chef de l’unité VIH/sida aux Hôpitaux universitaires de Genève. «Certains chercheurs estiment ainsi que, sans traitement, le nombre d’infections serait deux fois plus élevé en Suisse», poursuit-il.

La raison en est que les trithérapies parviennent aujourd’hui à réduire à tel point le nombre de virus qu’elles le rendent non détectable. Et les personnes ne sont dès lors pratiquement plus contagieuses.

Bernard Hirschel cite une recherche canadienne qui tend à montrer qu’une extension de la trithérapie permettrait de juguler l’épidémie. «Concernant l’Afrique, détaille le professeur, il est maintenant nécessaire d’évaluer le traitement en tant que prévention afin de mieux délimiter le potentiel, les inconvénients et les coûts. Mais ces derniers se chiffreraient forcément en milliards de francs.»

«Ne pas baisser la garde»

Espoir il y a, mais il ne doit être le prétexte à un relâchement de la prévention, d’autant que Genève reste le canton le plus touché. «Ce n’est pas le moment de baisser la garde, avertit Pierre-François Unger, ministre de la Santé. Cela a été le cas à la fin des années 90 lorsque la maladie a été banalisée à l’arrivée des trithérapies. Résultat: les cas ont immédiatement augmenté.»

Pour le conseiller d’Etat, le sida reste également une maladie stigmatisante. «A Genève, nous n’avons jamais combattu les malades du sida, mais la maladie. Poursuivons dans ce sens!»

Source : la tribune de Geneve

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03 novembre 2008

Transmission du VIH de la mère à l’enfant : les résistances gagnent du terrain

Selon une étude américaine, la nevirapine utilisée seule pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant dans les pays en développement, resterait pendant 15 jours dans le sang et le lait maternel. Ce laps de temps est suffisant pour permettre une mutation du virus. Avec à la clef un risque considérable de voir se développer des résistances. Les chercheurs ont suivi 32 Zimbabwéennes, toutes enceintes et séropositives au VIH. Celles-ci -qui au moment de l’étude n’avaient pu bénéficier du protocole thérapeutique standard comprenant une dose de nevirapine puis une dose de zidovudine - ont reçu une dose unique de nevirapine.

Aucune de ces femmes ne présentait de résistances au début de leur grossesse. Or quinze jours après l’accouchement, les bilans sanguins ont montré que plus d’un tiers d’entre elles avaient développé des résistances. Plus grave, le lait maternel de 65% des patientes contenait des charges virales détectables de virus  résistants. Avec comme conséquence le risque de transmettre le virus aux enfants à l’occasion des tétées. Si ces femmes avaient eu accès aux combinaisons thérapeutiques les plus efficaces, elles n’auraient pas développé ces résistances.

Autre problème, soulevé celui-ci par la fondation Campaign for fighting diseases : la plupart des traitements disponibles dans les pays les plus pauvres reposent en réalité, sur des médicaments génériques produits en Inde. Sélectionnés par le Fonds mondial de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme, certains ne font pas l’objet de contrôles aussi rigoureux que dans les pays du Nord. Résultat, des études indépendantes font état d’une augmentation des résistances dans les pays en développement.

www.destinationsant e.com

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