Cour pénale internationale - Actuellement adjointe au Procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), en attendant d'être nommée prochainement à ce poste, Fatou Bensouda rappelle que c’est grâce à la contribution de plusieurs pays africains que cette institution de justice internationale a été créée en 2002. 'Un nombre important de pays africains ont contribué à notre création, à Rome, en 2002. Le continent compte le plus grand nombre de pays ayant ratifié notre statut. L’Ouganda, la Centrafrique et la République démocratique du Congo ont été les premiers à nous demander d’intervenir , indique-t-elle dans une interview à paraitre lundi dans le magazine Jeune Afrique.
Pour la magistrate gambienne, les Africains sont les leaders en matière de justice criminelle internationale.
'Concernant le Soudan et la Libye, pour lesquels nous avons été sollicités par les Nations unies, les ambassadeurs africains ont tous demandé notre intervention lors du vote au Conseil de sécurité', indique-t-elle.
Par ailleurs, ajoute-t-elle, les victimes sont très souvent africaines et il faut les protéger.
'Les Etats ont le devoir de le faire. Nous pouvons les y aider, ou le faire pour eux quand ils n’en ont pas la possibilité', souligne Mme Bensouda.
Elle qualifie de 'débat lamentable' d’insinuer que la CPI est à la solde des Occidentaux pour poursuivre uniquement les Africains.
'Non, la CPI n’est pas une cour de Blancs, c’est l’avenir de la justice criminelle internationale. Elle permet d’éviter les crimes les plus graves, partout dans le monde', insiste-telle, en prenant soin d’expliquer que dans son exercice, la CPI n’intervient qu’en dernier ressort laissant la primauté aux Etats pour juger leurs citoyens.
'La CPI est une cour de dernier ressort. En matière de jugement, la responsabilité première revient aux États. S’ils décident d’enquêter et de poursuivre, la CPI n’a d’autre choix que d’attendre', indique-telle, en se référant au refus des autorités libyennes de leur livrer Seif el-Islam Kadhafi et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services de renseignements.
'La justice libyenne fonctionne. Elle a déjà commencé à enquêter, et nous a d’ailleurs demandé de l’aider', fait-elle observer.
Fatou Bensouda a fermement réagi contre une faiblesse de sa part pour rendre une justice impartiale à l’égard des dirigeants africains ou d’être moins regardante sur les crimes commis par des Africains.
'Ces propos me choquent profondément. Surtout quand ils sont le fait de militants des droits de l’homme respectés. Pourquoi disent-ils cela ? Parce que je suis une femme ? Une Africaine ? Ils ne le diraient sûrement pas si j’étais un homme et un Occidental. C’est de la pure discrimination', estime-t-elle.
'Si j’étais influençable ou peu encline à poursuivre les auteurs de crimes, je n’aurais jamais brigué ce poste. Rassurez-vous, je serai un procureur général impartial et indépendant. Ceux qui n’y croient pas se trompent lourdement', assure-t-elle.
La cinquantaine , Fatou Bensouda a été ministre de la Justice de la Gambie et a travaillé au Tribunal pénal International pour le Rwanda avant d’intégrer la CPI en 2004.
Procureure générale adjointe, elle dirige au quotidien la division des poursuites internationales, qui présente les affaires criminelles aux différents juges de la Cour mais s’occupe également de nombreuses tâches que lui délègue son chef, l’actuel procureur général, l’Argentin Luis Moreno-Ocampo.
Pana 11/12/2011
Afrique: Les Africains ont contribué à la création de la CPI
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Sarkozy financé par l'Afrique: nouvelles accusations
Lu dans la tribune de Geneve et le journal gratuit 20 minutes
Sarkozy financé par l'Afrique: nouvelles accusations
RÉVÉLATIONS | Selon l'ancien conseiller personnel d’Omar Bongo, le défunt président gabonais, aurait contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Des mallettes auraient même continué de circuler après l'élection du président français.Un proche d’Omar Bongo affirme que le défunt président gabonais a "contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy", dans un ouvrage sur "Le scandale des biens mal acquis" des chefs d’Etat africains en France, à paraître jeudi.
La présidence française se refuse à tout commentaire.
L’accusation émane de Mike Jocktane, conseiller personnel d’Omar Bongo depuis 2005 promu directeur adjoint de son cabinet en janvier 2009, avant de rejoindre l’opposition à Ali Bongo, qui succède à son père en août de la même année.
Fonds occultes
"Omar Bongo a contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 du candidat Nicolas Sarkozy", affirme-t-il aux journalistes Xavier Harel et Thomas Hofnung, auteurs du livre "Le scandale des biens mal acquis" (Editions La Découverte) dans un entretien réalisé en septembre.
Il confirme les révélations de l’avocat franco-libanais et conseiller de l’ombre de présidents français pour l’Afrique Robert Bourgi, qui a affirmé en septembre avoir remis "20 millions de dollars" à l’ex-président Jacques Chirac (1995-2007) et à son Premier ministre Dominique de Villepin.
Mais il va plus loin que l’avocat selon lequel "ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’Etat africain" n’ont remis d’argent à Nicolas Sarkozy par son "intermédiaire".
"Contrairement à ce que prétend Robert Bourgi (...), les mallettes ont continué de circuler avant et après l’élection de Nicolas Sarkozy", assure Mike Jocktane.
Michel de Bonnecorse, ancien conseiller pour l’Afrique de Jacques Chirac, avait déjà accusé Robert Bourgi d’avoir remis des fonds occultes à Dominique de Villepin ainsi qu’à Nicolas Sarkozy à un moment où le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur étaient grands rivaux à droite pour l’élection de 2007.
Quand Bourgi choisit au printemps 2006 de rejoindre Nicolas Sarkozy, il ne fait "plus qu’une (mallette), plus grosse, qu’il dépose aux pieds du ministre de l’Intérieur", affirme M. de Bonnecorse dans le livre de Pierre Péan "La République des mallettes".
L'Afrique et les mallettes
L’enquête lancée après les accusations de Robert Bourgi vient d’être classée sans suite, faute d’éléments pour prouver des faits par ailleurs prescrits. Ses déclarations avaient rompu le silence traditionnel entourant la Françafrique, réseau opaque d’influences hérité de l’époque coloniale, avec laquelle Nicolas Sarkozy avait promis de rompre.
Mike Jocktane, comme avant lui plusieurs hommes politiques africains et experts de la région, décrit un système bien rôdé.
"Quand un homme politique français se rend au Gabon, on dit qu’il vient chercher sa mallette... Le président défunt Omar Bongo était très généreux avec les dirigeants français. (...) Une part importante de ces dons a fini dans les poches des bénéficiaires. Il y a eu beaucoup d’enrichissement personnel".
"Les remises de mallettes effectuées dans le bureau du président étaient filmées par des caméras cachées. Tout était enregistré sur vidéo", ce qui, affirme-t-il, constitue "l’un des moyens de pression de Libreville sur Paris".
C’est cette relation complexe d’interdépendance qui aurait conduit la France à saluer hâtivement l’élection d’Ali Bongo alors même que la cour constitutionnelle du pays n’avait pas encore rejeté un recours de l’opposition sur des fraudes massives, selon des opposants gabonais et des experts.
Dans un documentaire diffusé en décembre 2010, Michel de Bonnecorse déclarait que les premiers résultats donnaient Ali Bongo battu par son adversaire André Mba Obame à 42% contre 37%.
Robert Bourgi aurait aussi initialement reconnu la défaite du fils Bongo. "Le petit a perdu, le petit a perdu!", aurait-il lancé pris de panique à des proches de Nicolas Sarkozy au soir du vote, selon un témoin oculaire de la scène à Paris, cité dans "Le scandale des biens mal acquis".
Pour Mike Jocktane, "l’empressement avec lequel la France a reconnu l’élection frauduleuse d’Ali Bongo en 2009 s’explique par les mallettes distribuées".
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Crise ivoirienne : opinions libres
Je vous mets en ligne ce que je viens de lire chez mon ami Katata sur son blog Forum Réalisance, à propos de la crise ivoirienne cela pour essayer d'avoir beaucoup d'élements de jugement. Cette crise ivoirienne, pour l'Afrique amène à beaucoup de réflexions, surtout qu'en ce lundi 27 décembre 2010, sous la pression maladive de la France, l'ONU vient pour la première fois de son histoire demander à ses forces de riposter, donc de prendre partie dans un conflit.
Ainsi ces forces viennent de perdre leur neutralité légendaire. Cela rappelle l'épisode Lumumba en 1961, au Congo Kinshasa.
A mon avis ce qui se passe actuellement en Cote-d'Ivoire est crucial et si on ne prête pas attention débouche sur deux nouvelles strates socio- historiques .
1/Si l'Occident réussit son coup, alors la démocratie en Afrique aura avancé, dans le sens où dans l'avenir les peuples africains surtout de l'espace francophone attendront de cette même communauté internationale qu'elle fasse la même chose pour les élections à venir au Congo Démocratique, au Cameroun pour 2011 en cas de fraude.
L'occident sans le savoir, se tire une balle dans les pieds, car elle est en totale contradiction à propos des élections passées au Burkina Faso, en Egypte, cette année avec des scores à l'ancienne URSS. Dans le cas du Gabon et du Congo on sait que les élections ont été truquées tout comme au Togo.
En 2008 le cas electoral ivoirien s'était produit au Kenya et a abouti au partage du pouvoir après l'envoi par l'ONU de son ancien secretaire général Koffi Anan comme médiateur. L'ONU n'avait pas pris parti pour aucun cas. Pourquoi elle n'agit pas de la même manière pour la Cote d'Ivoire?
Kibaki et Odinga après avoir fait tuer plus de 1500 civils innocents se partagent le pouvoir.
Dans ce cas-ci l'ONU (disons les Occidentaux) n'ont pas voté des résolutions pour dissuader toutes veilleités de guerre civile sur base d'appartenance ethno-régionale.
ET si on continue le raisonnement, pourquoi les casques bleus de l'ONU, au début de la guerre du Rwanda en 1994 avaient quitté le pays au lieu de voter une résolution de riposte. On a eu le génocide.
L'ONU à propos de la crise ivoirienne se fourvoie et s'engage dans une jurisprudence qui risque de la discréditer à jamais vis-à-vis des peuples africains. La France joue une très mauvaise diplomatie en se servant à mauvais escient de ce machin.
Pour ma part je crois que, même si on n'aime pas Gbagbo, on est forcé de constater que l'ingérence flagrante des Occidentaux (France, Union Européenne et USA) oblige Gbagbo à prendre la posture du martyr face au postulat racial de ses adversaires.
C'est la deuxième strate socio-historique qui se joue,
En effet Gbagbo a déjà gagné, et il peut se retirer avec les honneurs d'un combattant. Et laisser Ouattara dans l'embarras, prendre un pouvoir que l'Occident lui aura donné. Lui qui attend que la communauté internationale l'installe au pouvoir au lieu de la majorité des Ivoiriens.
Et d'autres opposants africains qui voudront le pouvoir à tout prix pourront s'inspirer de la stratégie Ouattara.
S'il arrivait que Gbagbo sorte vainqueur de cette confrontation, cela va faire tomber le mythe de la supériorité du blanc et faire tomber les masques. Les thèses Afro centristes et raciales se retrouveront renforcées à la sortie de ce conflit. L'Occident aurait mieux fait de traiter l'Afrique avec un autre regard, pas celui du quinzième siècle ou du dix neuvième siècle.
C'est à cause de ces idéologies, que Sarkosy se bat avec l’énergie du diable et la haine raciale du blanc qui se croit toujours supérieur aux autres peuples du monde, pour faire assouvir sa rage vis-à-vis de Gbagbo.
Dans cette épreuve la France coloniale et vichyste est en train de livrer son dernier baroud d'honneur car elle a déjà perdu l'Afrique.
L'avenir de ce continent leur échappe de plus en plus. C'est la panique à bord.
Donc pour conclure je vous laisse lire le texte.
Mouélé Kibaya décembre 2010
17 décembre 2010
Me Jacques Vergès fait une interview éclatante sur la crise ivoirienne au quotidien Burkinabé "Le Pays"
Dans une interview accordée au quotidien Burkinabé “Le Pays”, le célèbre avocat français Jacques Vergès prend position dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire et sur la justice internationale. En voici quelques extraits.
Le Pays : Quelle lecture faites-vous de la situation en Côte d’Ivoire ?
Jacques Vergès : mon avis, les Occidentaux ont poussé à faire des élections en Côte d’Ivoire. On fait des élections pour confirmer un consensus. Il n’y a pas de consensus en Côte d’Ivoire. Il vaut mieux attendre 12 ans que d’arriver à la situation actuelle. D’autre part, l’Occident appuie un candidat. Je pense que c’est une erreur. Ce candidat apparaît comme un candidat de l’étranger.
Le Pays : Pour vous, le candidat auquel vous faites allusion n’a pas gagné les élections?
J. V. : Je n’en sais rien. Même s’il a gagné… Je n’habite pas la Côte d’Ivoire, je ne connais pas exactement la Côte d’Ivoire. Je ne peux pas, comme les Occidentaux, rester à l’étranger et dire que c’est comme ci ou comme cela.
Le Pays : Quelle appréciation faites-vous de la justice internationale ?
J.V. : Je préfère parler plutôt d’injustice internationale. Vous savez, les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos ressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l’égard des Indiens d’Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques. Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d’opium. Au nom de l’esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique. Aujourd’hui, c’est au nom de la justice qu’ils interviennent. Quelle est cette justice ? J’ai travaillé pour le tribunal de la Yougoslavie et pour celui du Cambodge. Les magistrats appliquent des règles, mais eux n’ont pas de règles. Ils font leurs règles eux-mêmes. Au Burkina ou en France, un juge dit que telle personne est gardée à vue 30 jours. La loi dit que c’est le délai maximum. Mais le juge dit que je veux le garder plus longtemps. La loi est faite par le Parlement et non pas par le juge. Dans le cas de Milosevic (ndlr, il était un de ses clients) au tribunal pour la Yougoslavie, on a changé la loi 22 fois. Ils violent le principe de Montesquieu. C’est la première chose. Au Cambodge, le tribunal vient de décider de faire appel à des donateurs privés. Quand un homme riche vous donne de l’argent, ce n’est pas pour rien. Vous vous vendez. Quand vous acceptez l’argent de n’importe qui, vous faites n’importe quoi. Je prends l’exemple du tribunal pour le Liban. Il y a 4 ans, les commanditaires de ce tribunal ont dit qu’il faut mettre en cause les Syriens. On a arrêté 4 Généraux réputés pro-Syriens. Il n’y avait rien contre eux. Les commanditaires ont dit ensuite que les Syriens ne les intéressaient plus, mais cette fois c’est le Hezbollah. On a libéré les captifs et on a essayé de mettre en cause le Hezbollah. Un tribunal est responsable devant l’opinion. On a fait le procès de Milosevic sans un Serbe dans le tribunal. On fait un procès au Cambodge où le chef du gouvernement dit qu’il ne veut pas qu’on accuse d’autres personnes, autrement il y aura la guerre civile. Le procureur qui est Canadien dit qu’il a le droit d’avoir une opinion. Les magistrats de la Cour internationale sont atteints de ce qu’on appelle un daltonisme au noir. Le dalton ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu’il ne s’est rien passé à Gaza, pas parce qu’il ne s’est rien passé à la prison d’Abu Ghraïb. La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c’est aux Africains de les juger. Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent. Il y a le cas de Béchir au Soudan. Je pense que les pays africains ont raison de ne pas appliquer le mandat international. L’Afrique n’est plus sous tutelle. Les Américains accepteront-ils qu’un pays africain juge Georges Bush pour sa guerre d’agression contre l’Irak ?....à suivre
Remerciement à Jean Sopo pour la propagation
Forum Réalisance Sélection
PRISE DE POSITION AU SUJET DE LA SITUATION POST-ELECTORALE EN REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
PRISE DE POSITION AU SUJET DE LA SITUATION POST-ELECTORALE
EN REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
Daniel NKOUTA
Président Départemental de CONVERGENCE CITOYENNE SANGU au Kouilou Chargé de la Commission juridique
Au lendemain de la grossière bourde de Monsieur Youssouf BAKAYOKO, Président de la Commission Electorale Indépendante de Côte d’Ivoire, qui témoigne du complot avéré des puissances occidentales contre la souveraineté de l’Etat ivoirien et la dignité de l’Afrique noire tout entière, accompagnée d’un tintamarre orchestré par la meute des médias au service du capitalisme monopoleur moribond pour donner à penser que Monsieur Laurent GBAGBO isolé est condamné par ce qui est souvent appelé par euphémisme : LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, Nicolas Paul Stéphane SARKÖZY de NAGY-BOCSA, Président français ou ce qui en tient lieu, fils d'un immigré hongrois, nagybócsai Sárközy Pál a, dans une déclaration d’une évidente immaturité juridique et diplomatique rédhibitoire, annoncé sans sourciller que «la Commission électorale indépendante s'était acquittée avec rigueur de sa mission, et que Monsieur Alassane Dramane OUATTARA était le Président élu ».
Si la schizophrénie de Monsieur Choi Young-Jin, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire constitue un acte grave, si le délire de Monsieur Dominique Gaston André Strauss-Kahn Président du Fonds Monétaire International (FMI), fils de Gilbert Strauss-Kahn, et de Jacqueline Fellus, journaliste d'origine russe et tunisienne, issu d'une famille juive qui s'installe au Maroc en 1955, empêtré dans le scandale des affaires judiciaires liées à l’affaire de la Générale des Eaux, affaire de la MNEF, affaire de la cassette Méry et affaire Elf entre 1993 et 1995, si le propos de Monsieur Abdou DIOUF, Secrétaire Général de la Francophonie et cornemuseur patenté du néocolonialisme est simplement ridicule ; nous comprenons sans peiner à l’ouvrage, que la déclaration du Président français pour infamante qu’elle soit à l’intelligence normale, répond au désir de sanctionner Laurent GBAGBO coupable du délit d’insoumission à la discipline de l’Obédience françafrique, succursale de la secte des Illuminatis, pourvoyeurs des malheurs dans le Tiers-monde . Il faut tout de même s’interroger comment un Avocat, donc un spécialiste des normes juridiques qui fondent la civilisation de son propre pays, normes que le même pays a tenté de nous imposer des siècles durant par le fait colonial, comment donc a-t-il pu simplement, par antipathie pour un homme qui a refusé l’humiliation d’envoyer son Armée défiler à Paris , se rabaisser au point de fermer les yeux sur la réalité des faits ?
En effet, Sans verser dans le débat politique stérile qui nous paraît hors de propos en l’espèce, il nous suffit de nous arrêter à la simple lecture des textes qui régissent l’organisation des élections en République de Côte d’Ivoire car, c’est d’un débat exclusivement juridique dont il est question désormais.
I - DE L’ACCORD DE OUAGADOUGOU
On peut lire dans le texte dudit accord ce qui suit :
« En raison de la responsabilité particulière qu'elles ont dans la conduite du processus de sortie de crise, les deux Parties au conflit armé en Côte d'Ivoire ont reconnu l'impérieuse nécessité de se mettre ensemble pour consolider la paix, promouvoir une véritable réconciliation nationale et parvenir à une normalisation politique et institutionnelle, à travers un dialogue permanent et une confiance mutuelle.
Après avoir identifié les problèmes rencontrés dans la mise en œuvre des Accords de Linas-Marcoussis, d'Accra et de Pretoria, ainsi que des Résolutions de l'ONU sur la Côte d'Ivoire, les Parties, en vue d'arrêter des décisions, ont réaffirmé :
- leur attachement au respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'unité de la Côte d'Ivoire ;
- leur attachement à la Constitution ;
- leur attachement aux Accords de Linas-Marcoussis, d'Accra et de Pretoria ;
- leur attachement à toutes les Résolutions des Nations Unies sur la Côte d'Ivoire, en particulier aux Résolutions 1633 (2005) et 1721 (2006) du Conseil de Sécurité de l'ONU ;
- leur volonté de créer les conditions d'élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques ;
- leur volonté de mettre en commun leurs efforts et leurs énergies en vue d'un fonctionnement normal des Institutions de la Côte d'Ivoire et d'un retour à la normalité politique, administrative et militaire en Côte d'Ivoire ».
Ici déjà, Monsieur Choi Young-Jin, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire est interpellé pour nous dire si l’Organisation dont il est le représentant, a effectivement veillé à ce que la volonté de créer les conditions d’élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques a été réalisée.
II – DES ATTRIBUTIONS ET FONCTIONNEMENT DE LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE
Aux termes de l’article 2 (nouveau) de la loi n°2004-642 du 14 décembre modifiant la loi n°2001-634 du 9 octobre 2001 portant composition, organisation, attributions et fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI), nous lisons dans les attributions que la CEI est chargée de la proclamation provisoire ou définitive des résultats de toutes les élections à l’exception de l’élection présidentielle et du référendum pour lesquels la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel.
C’est le lieu de s’interroger sur la raison qui a poussé Monsieur Nicolas SARKOZY, Monsieur Choi Young-Jin, Monsieur Abdou DIOUF et Monsieur Dominique Strauss-Khan de se contenter des résultats simplement provisoires non encore validés par les institutions compétentes, pour proclamer Monsieur Alassane Dramane OUATTARA vainqueur du scrutin, sans soulever le fait que la proclamation des fameux résultats provisoires l’a été dans les conditions en marge de la loi.
Quand bien même ils eussent été proclamés dans le délai, dans le lieu approprié et en présence des membres prévus par la loi ; ces résultats demeurent provisoires, tel est le principe. Cela ne convient certainement pas à la fameuse Communauté Internationale, mais c’est la loi : dura lex sed lex !
III – DU CODE ELECTORAL
« Le résultat définitif de l'élection du président de la République est proclamé, après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d'urgence ».
« Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des ministres sur proposition de la Commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel ».
Tel est le prescrit des dispositions conjuguées des articles 63 et 64 de la loi portant Code électoral de la Côte d’Ivoire. En l’espèce, les irrégularités constatées par le Conseil constitutionnel au vu des rapports qui lui ont été transmis corroborées par les enquêtes diligentées à cet effet, pour graves qu’elles ont été, ne sont pas de nature à entacher la sincérité du scrutin sur toute l’étendue du territoire national, mais seulement dans certaines circonscriptions. C’est ce qui explique la décision souveraine du Conseil constitutionnel de prononcer l’annulation du scrutin dans ces circonscriptions.
IV – DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Enfin, aux termes de l’article 15 second alinéa de la loi organique du 16 mars 2001 déterminant l’organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel : les décisions rendues par le Conseil constitutionnel sont insusceptibles de recours et s’imposent erga omnes, en tout cas aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives, juridictionnelles, militaires et à toute personne physique ou morale.
Voilà l’ensemble du Droit positif en matière électorale en République de Côte d’Ivoire. Les occidentaux ont beau considérer que l’Afrique est une jungle, société anhistorique qui n’a pu produire que son fétichisme. Ici, nous avons l’avantage de brandir les règles de Droit que nous a léguées le colonialisme.
Il faut déplorer qu’au moment où l’Afrique célèbre un demi-siècle de ce qui a été présenté comme son accession à la souveraineté internationale, contrairement aux Etats anglophones, le poids de la France coloniale continue de marquer sur tous les plans, la totalité de ce qui furent les territoires français, du tracé des frontières et des principales voies de communication aux relations économiques, politiques et culturelles. Ce n’est certainement pas, en tout cas, faire de la domination française coloniale et néocoloniale un bouc émissaire tout trouvé pour expliquer l’ensemble des difficultés que traverse aujourd’hui le continent africain, la France porte toute la responsabilité de la situation actuelle de nos pays, elle est la seule et l’unique cause de nos malheurs.
L’histoire nous rappelle, que depuis la Traite négrière, des comptoirs commerciaux sont installés des côtes du Sénégal au Golfe de Guinée et offrent des bénéfices substantiels aux Etats négriers dont la France. A la fin du XIXe siècle, la colonisation devient alors le moyen pour le capitalisme occidental, dans un cadre de concurrence acharnée entre puissances impérialistes, de s’assurer la maîtrise de nouveaux marchés.
De la conquête à la décolonisation, l’histoire de l’Afrique subsaharienne est celle du pillage des ressources locales, du massacre et de l’exploitation des hommes et des femmes indigènes et de la mise sous tutelle culturelle de ceux ci, au profit d’une partie puissante du capitalisme français, anglais, portugais, espagnol et dans une moindre mesure, le capitalisme italien et germanique. Les méfaits de la colonisation écrivent l’un des chapitres les plus criminels du livre noir de l’humanité.
L’Afrique sert de réservoir de produits agricoles et de matières premières et de déversoir pour les produits manufacturés métropolitains. Le niveau de vie de la population locale stagne ou régresse au cours de cette période. Par ailleurs, les colonies ne fournissent pas seulement des produits agricoles, mais aussi de la «chair à canon», des hommes envoyés en première ligne des guerres menées par la France, pour l’intérêt exclusif de la Métropole.
Au nom d’une prétendue supériorité de civilisation, le racisme utilisé comme mode de gouvernement menace de détruire l’héritage culturel local. La colonisation française en Afrique a donc été bien loin d’une «mission civilisatrice», et les Africains cherchent toujours le côté positif du colonialisme proclamé par Monsieur Nicolas SARKOZY. Nous disons que le colonialisme aura été du terrorisme ni plus ni moins, exercé curieusement, par ceux qui aujourd’hui se gendarment contre l’Islamisme.
En privant les pays colonisés de leurs capitaux et de leurs ressources, en empêchant le développement de l’industrie, le colonialisme français a renforcé la pauvreté de ces pays. En favorisant certaines ethnies, voire en créant les clivages ethniques, elle a posé les germes des guerres ethniques présentées aujourd’hui comme une fatalité africaine. Il paraît donc parfaitement injuste, parce que totalement insensé pour la France néocoloniale singulièrement de s’indigner contre l’action vengeresse de AQMI ici et là.
Point n’est donc besoin d’être intelligent, ou diplômé de sciences-po, pour constater l’accablante incohérence qui se dégage entre l'affirmation des principes républicains fondateurs de la France « Liberté, Égalité, Fraternité » et la pratique autoritaire de la colonisation, notamment par l'intermédiaire du Code de l'Indigénat et du travail forcé. La colonisation en Afrique a bâti des Etats dont les frontières tracées au pantographe des intérêts exclusifs coloniaux, qui n’ont tenu aucun compte des réalités ethniques en présence, séparant certaines ethnies entre plusieurs Etats, ou rassemblant au contraire des ethnies rivales dans le même Etat. Les historiens et sociologues estiment ainsi, que la France a, à dessein, formé des Etats ingouvernables sur le long terme.
Il faut aussi, à juste titre, accuser la France d'avoir implanté sur les territoires africains certains de ses travers : des structures administratives lourdes, la pompe pouvoir, le goût du débat théorique au détriment de l'efficacité économique, etc. La France coloniale a exporté du continent noir, les nombreuses ressources que sont le personnel, les minerais, hydrocarbures, le bois, nécessaires au développement de l'économie Française, ainsi qu'une influence politique qui aujourd'hui encore favorise l'exploitation des ressources par les entreprises françaises : exploitation de l'uranium au Niger par AREVA, du bois, du pétrole et du gaz Algérien, congolais et gabonais par Total.
Le père de Monsieur Giscard d’Estaing, envoyé en tournée officielle en Afrique, dressa un bilan sévère du caractère archaïque et primaire de l’exploitation coloniale française en ces lieux.
« Nous pourrions, estimait-il, ne pas nous borner à piller, à nous reposer sur nos rentes, mais au contraire en tirer davantage de profits en développant un peu plus les forces productives. Il faudrait pour cela que l’Etat finance les travaux coûteux indispensables, qu’il assure la prise en charge des infrastructures nécessaires, afin que les capitalistes privés jugent (rentable) d’y investir ».
Lorsque Charles De Gaulle, au début de 1944, fit à Brazzaville son fameux discours qui allait plus tard permettre à ses panégyristes de le présenter comme un génial décolonisateur, il n’était pourtant nullement question de décoloniser, bien au contraire. L’occasion n’était d’ailleurs qu’une réunion de Gouverneurs coloniaux et de hauts fonctionnaires, où il posa, en principe préalable.
V - LE MYTHE DE LA FRANCE BERCEAU
DES DROITS DE L’HOMME
Contrairement à l’opinion répandue, la France n’a pas inventé les droits de l’homme ; elle les a empruntés à l’Amérique. La part de la France aura été de les préparer par la philosophie ; mais ce sont les Américains qui les ont introduits dans la politique.
VOICI LE TEXTE DE LA DECLARATION UNANIME DES 13 ETATS-UNIS D’AMERIQUE REUNIS EN CONGRES LE 4 JUILLET 1776 A PHILADELPHIE (Rédigé par Thomas JEFFERSON)
« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l'opinion de l'humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.
Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés.
Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.
Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd'hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L'histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l'histoire d'une série d'injustices et d'usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial :
Il a refusé sa sanction aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. Il a défendu à ses gouverneurs de consentir à des lois d'une importance immédiate et urgente, à moins que leur mise en vigueur ne fût suspendue jusqu'à l'obtention de sa sanction, et des lois ainsi suspendues, il a absolument négligé d'y donner attention.
Il a refusé de sanctionner d'autres lois pour l'organisation de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n'abandonnât le droit d'être représenté dans la législature, droit inestimable pour un peuple, qui n'est redoutable qu'aux tyrans.
Il a convoqué des Assemblées législatives dans des lieux inusités, incommodes et éloignés des dépôts de leurs registres publics, dans la seule vue d'obtenir d'elles, par la fatigue, leur adhésion à ses mesures. À diverses reprises, il a dissous des Chambres de représentants parce qu'elles s'opposaient avec une mâle fermeté à ses empiètements sur les droits du peuple. Après ces dissolutions, il a refusé pendant longtemps de faire élire d'autres Chambres de représentants, et le pouvoir législatif, qui n'est pas susceptible d'anéantissement, est ainsi retourné au peuple tout entier pour être exercé par lui, l'État restant, dans l'intervalle, exposé à tous les dangers d'invasions du dehors et de convulsions au-dedans.
Obstacle à l'accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l'exécution des lois pour la naturalisation des étrangers ; il a refusé d'en rendre d'autres pour encourager leur émigration dans ces contrées, et il a élevé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres. Il a entravé l'administration de la justice en refusant sa sanction à des lois pour l'établissement de pouvoirs judiciaires. Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.
Il a créé une multitude d'emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance. Il a entretenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l'autorité civile et même supérieur à elle. Il s'est coalisé avec d'autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa sanction à des actes de prétendue législation ayant pour objet : de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ; de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu'ils auraient commis sur la personne des habitants de ces provinces ; de détruire notre commerce avec toutes les parties du monde ; de nous imposer des taxes sans notre consentement ; de nous priver dans plusieurs cas du bénéfice de la procédure par jurés ; de nous transporter au-delà des mers pour être jugés à raison de prétendus délits ; d'abolir dans une province voisine le système libéral des lois anglaises, d'y établir un gouvernement arbitraire et de reculer ses limites, afin de faire à la fois de cette province un exemple et un instrument propre à introduire le même gouvernement absolu dans ces Colonies ; de retirer nos chartes, d'abolir nos lois les plus précieuses et d'altérer dans leur essence les formes de nos gouvernements ; de suspendre nos propres législatures et de se déclarer lui-même investi du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques.
Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens. En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l'œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d'une nation civilisée. Il a excité parmi nous l'insurrection domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d'âge, de sexe ni de condition. Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n'ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.
Nous n'avons pas non plus manqué d'égards envers nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons de temps en temps avertis des tentatives faites par leur législature pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelle, et nous les avons conjurés, au nom des liens d'une commune origine, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre notre liaison et nos bons rapports. Eux aussi ont été sourds à la voix de la raison et de la consanguinité. Nous devons donc nous rendre à la nécessité qui commande notre séparation et les regarder, de même que le reste de l'humanité, comme des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix.
En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d'Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l'Univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l'autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d'être des États libres et indépendants ; qu'elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l'État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d'une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l'honneur. »
Ainsi, la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, est une pâle copie de la Déclaration américaine.
Mais quoi qu’il en soit, il sied de rappeler à La France, que c’est d’appliquer les principes plutôt que de les énoncer qu’il s’agit véritablement. Il ne paraît pas conforme aux principes énoncés par la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, de maintenir en esclavage et interdire ainsi, par des mécanismes politiques d’un autre temps, toute possibilité de développement, par le truchement des dictateurs installés ici et là, dans les anciennes colonies. La France est en effet la seule puissance coloniale qui maintient sa présence militaire en Afrique, et intervient directement, dans la politique de ces pays, en usant des accords militaires léonins qui sauvegardent l’intérêt français. Que la France perde son influence sur le Gabon et le Congo, piliers de la Françafrique, elle ne pourrait plus siéger au G8.
La réalité ou disons, la seule et unique raison de l’immigration des Africains en Europe, niche dans la misère créée dans nos pays, par l’exploitation française. Que cesse cette exploitation, le soutien apporté par la France aux dictateurs africains, que cesse l’ingérence française dans nos pays, que cesse le pillage de nos richesses, il n’y aura plus aucune raison de nous exiler en France ou ailleurs. La solution se trouve ici et nulle part ailleurs. Que la France cesse une fois pour toutes sa politique de victimisation lorsque ses citoyens sont enlevés par des groupes islamistes en terre africaine, elle devrait plutôt s’interroger sur les causes. La présence sur le sur le sol africain, des sociétés néocolonialistes qui pillent nos ressources, et la seule cause. Ces groupes ne sauraient par conséquent être perçus comme des terroristes, ils défendent les intérêts de leurs pays menacés par le colonialisme français.
Nicolas SARKOZY qui, alors Ministre de l’Intérieur, qui a procédé à l’expulsion sans ménagement des Maliens et Sénégalais par charters entiers, ne peut valablement expliquer la présence de l’Armée française en terre africaine : c’est vouloir d’une chose et son contraire. Les Africains qui résident en France doivent s’intégrer, mais cette condition n’est pas exigée aux Français vivant dans nos pays. C’est aux ressortissants des civilisations inférieures de s’adapter à la civilisation supérieure. Voilà le sens que les Français donnent aux principes de droits de l’homme.
C’est évidemment pour s’être fixé comme mission de redonner aux Ivoiriens et aux Africains leur dignité, de proclamer à haute et intelligible voix que :Mieux vaut une chaumière où l’ont rit plutôt qu’un palais où l’on pleure, que la France notamment a condamné Laurent GBAGBO à mort, pour lui préférer Alassane Dramane OUATTARA valet de nos exploiteurs.
Alors qu’il a hurlé tout au long de sa campagne qu’une fois élu Président de la République, il nommerait comme Premier Ministre un membre du PDCI, voilà qu’il choisit Guillaume SORO à cette fonction. Ainsi, un Président et un Premier Ministre du Nord, Monsieur Henri Konan BEDIE devrait d’ores et déjà en tirer les leçons et comprendre la nature réelle de celui qu’il a choisi de soutenir contre toute logique politique sensée et contre la volonté de sa base électorale qui refusé le report des voix.
Toute l’Afrique progressiste qui refuse la capitulation devant le néocolonialisme français et l’asservissement du continent aux instruments du capitalisme assassin qui sont l’ONU, le FMI, la Banque mondiale, la Francophonie alias Africaphobie, assure son soutien indéfectible à l’Ivoirien Laurent GBAGBO.
Fait à Pointe-Noire (Congo-Brazzaville),
le mardi 07 décembre 2010
La Venus noire hottentote

L'affiche du film à voir absolument
La Venus noire hottentote
Paru dans sudouest quotidien français du 24 octobre 2010 10h28 |Par Sophie Avons.avon@sudouest.fr
cinéma : la Venus noire
Une icône mise à mort Saartjie Baartman était exhibée dans les foires au début du XIXe siècle. Dans « Vénus noire », Abdellatif Kechiche en fait un grand film sur l'obscénité du regard On l'appelait la « Vénus hottentote » - du nom d'un type de femme d'Afrique du Sud « stéatopyge », autrement dit nantie de fesses particulièrement développées. Elle était née à la fin du XVIIIe siècle et s'était retrouvée au service d'un Afrikaner, Hendrick Caezar. Lequel avait quitté femme et enfants pour partir avec elle en Angleterre chercher fortune en exploitant ses mensurations extraordinaires. En somme, elle était devenue un phénomène de foire, croyant qu'ainsi elle accéderait au monde du spectacle. Car Saartjie Baartman avait l'oreille musicale, une voix magnifique et des qualités de danseuse. Mais Caezar savait bien que, pour gagner vite de l'argent, ses aptitudes artistiques comptaient moins qu'une savante mise en scène de son physique.
Ils avaient mis au point un spectacle où Saartjie jouait la sauvage, capturée par Caezar, apparaissant dans une cage, obéissant à son « dompteur » qui haranguait les curieux venus voir la « bête ». Il la faisait alors quitter ses barreaux pour entrer en transe et permettre au public d'approcher son corps, de toucher ses formes. Saartjie se soumettait sans enthousiasme mais sans lutter non plus. Elle buvait pour oublier l'humiliation. Au moins était-elle nourrie et entretenue. Parfois même Caezar lui achetait des parures… Contre de l'argent Elle avait une autre singularité : des organes sexuels protubérants. Mais il n'était pas question, bien sûr, de les exhiber dans les fêtes foraines. D'ailleurs, personne ne le lui demanda jamais. Les seuls qui voulurent voir furent les scientifiques français qui, contre de l'argent, « empruntèrent » la jeune femme à Caezar. Durant quelques jours, à l'Académie royale de Paris, Saartjie fut donc observée, étudiée, dessinée, mesurée par une équipe d'anatomistes menée par Georges Cuvier. Ils n'avaient de cesse de vouloir prouver qu'elle ressemblait à un singe. Mais ils eurent beau faire, elle refusa d'ôter son pagne. Digne, belle, d'une tristesse poignante mais toujours droite, Saartjie poursuivit sa route sans quitter sa noblesse. Pourtant, passée de Caezar à Réaux, un montreur d'ours, elle ne cessa de péricliter. Ses belles prétentions artistiques laissèrent place à la fatigue de cette vie où, peu à peu, elle paradait dans les salons chics, provoquant la fascination des nantis, puis dans les salons libertins, puis dans la prostitution. Elle était devenue un corps inanimé dont profitaient les autres. De cette histoire réelle, Abdellatif Kechiche a tiré sa « Vénus noire », dont le visage en sueur scintille comme un diamant noir. Que serait-elle d'autre qu'une pierre, cette femme dont le film raconte la lente réification ? Une pierre, un minerai, une roche face à l'obscénité du regard des autres qui ne savent pas que de Saartjie et eux, ce sont eux les animaux - des bêtes curieuses, littéralement. Dans le rôle du voyeur La cruauté du parcours de cette femme est indissociable de cette obscénité, mais indissociable aussi du malaise que le film suscite, qui soumet pour partie le spectateur à ce rôle de voyeur que les autres tiennent. Cette dureté n'est pas la seule force d'une œuvre qui n'en finit pas de réverbérer les questions qu'elle lève, interrogeant non seulement les fantasmes d'une société civilisée, mais aussi la fin de ce XIXe siècle où la science donne bonne conscience à la suprématie des Blancs. Avec une volonté inflexible d'exhumer le passé dans sa chair même, Abdellatif Kechiche ne s'embourbe jamais dans des considérations psychologiques. Il s'attarde en plan serré sur le beau visage de Saartjie (qu'interprète avec une mélancolie impassible Yahima Torres) et, de toutes les violences qu'elle subit, y compris les plus sourdes, y compris sa mise à mort, fait un magnifique champ de mines dont la jeune femme est l'icône sacrifiée. « Digne, belle, d'une tristesse poignante mais toujours droite, Saartjie poursuivit sa route sans quitter sa noblesse » FICHE TECHNIQUE « Vénus noire », d'Abdellatif Kechiche (France). Avec Yahima Torres, Andre Jacobs, Olivier Gourmet, Elina Löwensohn, François Marthouret. Durée : 2 h 39. En salle mercredi.
Le beau visage de Saartjie, qu'interprète avec une mélancolie impassible Yahima Torres. PHOTO DR

Afrique, terre de Cobaye pour les industries pharmaceutiques
Bonjour, je vous mets en ligne ce que je viens de recevoir comme mail d'un ami au Canada concernant la santé des Africains.
Et je vous demande d'en faire large diffusion auprès de toute vos connaissances.
Envoyé le : Mer 28 juillet 2010, 17h 04min 26s
Objet : Trans. : Tr : JE SUIS SCANDALISEE, JE NE SAIS PAS SI C'EST VRAI.........
Très cordialement
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Afrique-France : Un ancien ambassadeur au Sénégal parle
Le premier à déchirer le voile du silence, c'est Jean-Christophe Rufin. Médecin humanitaire, écrivain académicien, ambassadeur sui generis. Depuis trois ans, il représentait la France au Sénégal. Dans deux entretiens, à une radio sénégalaise puis dans le quotidien Le Monde, Rufin a mis les pieds dans le plat : « C'est un ministère sinistré, les diplomates sont dans le désarroi le plus total car ils ne se sentent pas défendus. » « Affaiblissement » Comme pour doubler la dose, deux anciens ministres sont montés au créneau, toujours dans Le Monde. Alain Juppé et Hubert Védrine tirent la sonnette d'alarme sur les nombreuses restrictions budgétaires imposées depuis longtemps et parlent d'un« affaiblissement disproportionné », à la veille d'un nouveau tour de vis. « L'effet est dévastateur : l'instrument est sur le point d'être cassé », avertissent les deux anciens ministres, l'un de droite, l'autre de gauche. « Tous nos partenaires s'en rendent compte. » Voilà pour le volet financier. Mais Jean-Christophe Rufin a aussi mis en cause le fonctionnement de la diplomatie française sur les questions africaines. En 2007, fraîchement nommé ambassadeur à Dakar, il espérait un nouveau cours dans les relations France-Afrique. Aujourd'hui, il se déclare déçu et conteste ouvertement Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée, qui gère souvent directement les dossiers les plus sensibles avec les pays africains, au Gabon ou au Sénégal. Le deuxième réseau diplomatique au monde Selon Rufin, sur bon nombre de sujets, les décisions échappent totalement au contrôle du ministre, Bernard Kouchner. « Les plus sensibles sont tranchées par Claude Guéant, qui est un préfet et n'a pas une connaissance particulière de l'Afrique », attaque l'ancien ambassadeur. « On n'est jamais trahi que par les siens », a rétorqué hier le ministre, qui avait nommé l'écrivain, ancien membre comme lui de Médecins sans frontières, à la tête de la plus grande ambassade de France en Afrique. Le porte-parole, Bernard Valero, a rejeté hier l'idée d'une diplomatie en crise. Avec 160 ambassades et un réseau unique d'établissements scolaires, le réseau diplomatique français est, par sa taille, le deuxième au monde, juste après les États-Unis. Derrière les douloureux arbitrages budgétaires, c'est un vrai choixpolitique qu'attendent les diplomates.Politique
Le ministère des Affaires étrangères en ébullition

Bernard Kouchner n'aurait pas la main sur les questions africaines, gérées directement de l'Élysée par Claude Guéant.
Court-circuité sur les dossiers africains, pris en étau par les coupes budgétaires, le Quai d'Orsay ne cache plus sa crise. « C'est un ministère sinistré », accuse Jean-Christophe Rufin, ex-ambassadeur à Dakar.
Sommet Afrique- France: une histoire de fauteuils
Sommet Afrique- France: une histoire de fauteuils
Par Vincent Hugeux, publié le 31/05/2010 à 18:00 dans l'express
AFP
Le 25e Sommet Afrique-France se tient durant deux jours au Palais des Congrès de Nice et réunit 38 chefs d'Etat africains.
Dans son discours d'ouverture, Nicolas Sarkozy a appelé à faire une place à l'Afrique dans la "gouvernance mondiale". Reste à savoir laquelle. Et c'est là que l'affaire se corse.
Allez, un petit quiz azuréen, histoire de gravir le Sommet d'un pas alerte.
- Question n°1. Qui a dit en 2006, avant de récidiver l'année suivante: "Economiquement, la France n'a pas besoin de l'Afrique"? Réponse: Nicolas Sarkozy.
-Question n°2. Qui a dit ce 31 mai 2010 à Nice: "La France et l'Europe ont autant besoin de l'Afrique que l'Afrique a besoin de l'Europe et de la France"? Réponse: Sarkozy Nicolas.
Mieux, à la faveur de son allocution d'ouverture du 25e Sommet Afrique-France, le président a exalté la vitalité du continent noir, son "formidable dynamisme démographique" et ses "ressources considérables", qui en font "la principale réserve de croissance de l'économie mondiale pour les décennies à venir". "L'Afrique, a insisté le successeur de Jacques Chirac, est notre avenir."
"Anormal que l'Afrique ne compte aucun membre permanent à l'ONU"
Lors de la cérémonie, expédiée en 15 minutes Rolex en main, le locataire de l'Elysée a aussi décliné les trois thèmes soumis cette fois à la sagacité des 38 chefs d'Etat, de gouvernement et de délégations rassemblés ici. A commencer par "la place de l'Afriquedans la gouvernance mondiale". En clair, son poids au sein des instances onusiennes. "Il est absolument anormal, martèle Sarkozy, que l'Afrique ne compte aucun membre permanent" au sein d'un Conseil de sécurité des Nations unies qui doit, à ses yeux, être réformé sans tarder.
Hautement sensible, l'enjeu aura d'ailleurs fourni le plat de résistance du déjeuner qui a réuni ce lundi l'hôte du sommet et son homologue sud-africain Jacob Zuma. Au nom du consensus continental ébauché en 2005, les éminences africaines exigent deux sièges de membre permanent (MP) au sein dudit Conseil. De même, elles réclament a minima deux strapontins supplémentaires parmi les membres non permanents (MNP), ce qui porterait le total à cinq.
Paris et Londres, en revanche, défendent une formule intermédiaire "d'élargissement progressif": il s'agirait, dans un premier temps, d'allonger significativement la durée du mandat des MNP, sans pour autant leur accorder le droit de veto réservé pour l'heure au Cinq majeur (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni). Puis d'octroyer au "berceau de l'humanité", un des deux fauteuils réclamés en première classe. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette côte mal taillée n'aura pas déchaîné l'enthousiasme de Zuma.
Quel porte-voix pour l'Afrique?
Déjà, la veille, le contentieux avait enfiévré six heures durant la réunion des ministre des Affaires étrangères. D'ordinaire, ce genre de rencontre préparatoire a pour vocation de déminer l'arène où s'ébroueront les chefs d'Etat et de gouvernement. Tel ne fut pas le cas dimanche, du fait notamment de la pugnacité de l'Afrique du Sud et de la Tanzanie. "Prologue pour le moins tumultueux", confie un officiel subsaharien. "Certains, précise cet autre délégué, cité par l'AFP, ont contesté la légitimité de la France à lancer un tel débat." A la clé, ce diagnostic pour le moins alambiqué livré par le patron du Quai d'Orsay: "On n'a pas trouvé de solution, a ainsi admis Bernard Kouchner. Mais on a trouvé la manière de commencer à se donner les moyens d'être réalistes." Donc, si l'on s'en tient au principe soixante-huitard, de demander l'impossible. Imaginons un instant que, touchés par la grâce, les cadors de l'Onu invitent un frère d'Afrique à rejoindre leur cénacle. Reste à savoir à qui devrait échoir une telle mission.
Locomotive du continent, la Nation Arc-en-Ciel revendique naturellement cet honneur. Mais nul doute que d'autres prétendants entreraient volontiers en lice. Citons l'Egypte, le Nigeria et, sinon le Sénégal, du moins son président Abdulaye Wade. Il en va du rôle de porte-voix de l'Afrique comme de la candidature unique de l'opposition à la veille d'un scrutin: chacun en approuve le principe à condition que nul autre ne prétende l'incarner.
Le temps de l'Afrique au Collège de France (partie II)
L'Afrique n'est pas la Chine La croissance démographique et économique de l'Afrique n'est pas comparable à celle de la Chine. D'une part parce que ces deux continents répondent à une histoire distincte, d'autre part, parce que la Chine s'est positionné sur les marchés mondiaux via la production massive de produits manufacturés. L'Afrique fonde davantage son rôle économique sur sa capacité en ressources énergétiques et agricole. La Chine, au même titre que l'Amérique du Nord, ne peut pas se nourrir... A l'inverse, l'Afrique possède un potentiel de terres agricoles cultivables non encore exploité. Tout l'enjeu consiste à faire de l'Afrique un grenier du monde intelligent (pour elle). Curieux paradoxe en effet que de savoir qu'aujourd'hui l'Afrique importe des denrées alimentaires et parvient difficilement à se nourrir alors même qu'elle est virtuellement capable de nourrir d'autres pays en plus d'elle-même (bastion exportateur). Il s'agit donc de trouver une politique de développement agricole efficace, adaptée au schéma de pensée local (qui de l'application de la logique privative des terres) et corrélée à une politique de développement des infrastructures (routes, barrages etc.) concluante. N'oublions pas que les continents qui ne parviennent plus à se nourrir entraînent automatiquement une flambée des prix des matières premières : ce qui est une opportunité à saisir pour une Afrique virtuellement comprise comme le futur grenier du monde. La question démographique est également essentielle : en 2040 l'Afrique sera aussi peuplée que la Chine. Cette donnée n'est pas à négliger : le facteur démographique est tout de même le principal argument qui fonde la légitimité de la présence de la Chine sur la scène internationale. De manière schématique, une forte croissance démographique est un facteur propice à une densification des flux migratoires et des pressions sur les ressources naturelles (foncier, qualité des sols etc.). A la fois facteur de dynamisme et de pression, elle traîne en son sillon des problématiques resserrées telles que l'accès à l'éducation et à la formation. Vue de l'Europe, la croissance démographique de l'Afrique raisonne tristement dans le concept du « péril noir ». L'immigration africaine, autrement désignée par l'expression dramatisée « péril noir », ne constitue finalement qu'un phénomène mineur dans les processus de migration de population à venir. Selon Sylviane Guillaumont, plutôt que de se focaliser sur la conception du péril noir l'on devrait s'attendre plutôt à des flux de migration internes au continent africain (ce qui n'est pas sans soulever de nombreuses questions ni sans nous concerner, non plus). Le vrai danger concernant cette croissance démographique est finalement qu'elle n'entraîne aucune croissance. Ce marasme aurait pour conséquences directes des risques de pandémie et l'accroissement de violences, des phénomènes de milices, de pillages... et plus loin encore de guerre civile. Comme le souligne justement Jean-François Bayart, la délinquance n'est autre qu'une réponse légitime à un manque de structures : il ne s'agit là que d'une expression urbaine et non canalisée de la politique. De même, la guerre est une matrice tragique de recomposition des rapports sociaux. 15:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, croissance, démographie, chine, ressources énergétqiues,agriculture, immigration, péril noir Le temps de l'Afrique au Collège de France (partie II)











Source : solidaires du monde www.solidairesdumonde.org
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