Zimbabwe :L'opposition participera au gouvernement
Par Reuters, publié le 30/01/2009 à 14:38
HARARE - La perspective d'un partage du pouvoir au Zimbabwe se dessine clairement avec la décision de l'opposition de participer à un gouvernement d'union réunissant son leader, Morgan Tsvangirai, et le président Robert Mugabe.
Le conseil national du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a donné son approbation pour que Morgan Tsvangirai prenne part à une coalition gouvernementale en tant que Premier ministre. Morgan Tsvangirai en a, lui-même, fait l'annonce après la réunion du conseil national de son parti.
Alors que la crise économique se double d'une crise humanitaire, le Zimbabwe pourrait être en passe de régler la crise politique qui dure depuis des mois.
Mi-septembre, Morgan Tsvangirai et Robert Mugabe avaient conclu un accord de partage du pouvoir, mais il n'était jamais entré en vigueur notamment en raison de différends sur l'attribution de certains portefeuilles ministériels comme l'Intérieur, les Finances et l'Information.
"Cette étape est vraiment cruciale pour instaurer une stabilité politique et elle constitue le premier pas vers une relance économique du pays", a déclaré le président sud-africain Kgalema Motlanthe, présent au Forum économique mondial à Davos.
"Cette fois, nous avons la base politique pour réussir une avancée au Zimbabwe", a-t-il ajouté.
SOUTIEN DE L'AFRIQUE DU SUD
Intervenant au sein de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), l'Afrique du Sud a joué un rôle de médiation entre le MDC de Tsvangirai et la Zanu-PF de Mugabe.
Les dirigeants de l'Afrique australe étaient convenus mardi à Prétoria de constituer avant le 11 février un cabinet ministériel dirigé par Tsvangirai sous la présidence de Mugabe.
Morgan Tsvangirai avait admis dans un entretien à un journal sud-africain, paru mercredi, qu'il était prêt à assumer les responsabilités prévues par l'accord.
De son côté, le président Motlanthe a précisé vendredi que son pays était prêt à aider le Zimbabwe à entamer sa reconstruction dès que le partage du pourvoir serait effectif.
"Nous pourrions parfaitement établir une (commission jointe) afin que nos ministères puissent coopérer sur un plan de relance économique", a-t-il dit.
Intervenant à Davos, les dirigeants kényan et sénégalais ont toutefois émis des doutes sur les chances de réussite d'une telle union et ont appelé au départ de Robert Mugabe, dont la réélection en juin avait été émaillée de violences.
"Il est temps que M. Mugabe prenne la porte. S'il peut partir d'une manière sûre (...) qu'il en soit ainsi", a déclaré le Premier ministre kényan, Raila Odinga.
"Si Mugabe quitte le pouvoir (...) il pourra venir au Sénégal", a commenté le président du Sénégal, Abdoulaye Wade.
Cette position reprend celles des puissances occidentales qui continuent à faire pression pour que le dirigeant au pouvoir depuis 1980, et qui est aujourd'hui âgé de 85 ans, démissionne.
La situation politique complexe au Zimbabwe se double d'une crise économique et humanitaire désastreuse : l'inflation est la plus élevée au monde, produits de première nécessité et ressources énergétiques font cruellement défaut et une épidémie de choléra a fait près de 3.200 morts depuis août.
Plus de 60.000 personnes seraient touchées par la maladie, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Avec Emma Thomasson à Davos, version française Clément Guillou et Pierre Sérisier
Zimbabwe: sommet régional dimanche à Johannesburg
JOHANNESBURG (AFP) — L'Afrique australe se réunit en sommet dimanche à Johannesburg pour tenter de trouver une issue à l'impasse politique au Zimbabwe, où un gouvernement d'unité nationale peine à être formé, a indiqué mardi le ministère sud-africain des Affaires étrangères.
"Nous travaillons toujours à déterminer le lieu exact" pour le sommet de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) "mais ce sera dimanche" à Johannesburg, a déclaré le porte-parole du ministère, Ronnie Mamoepa.
Le Zimbabwe est plongé dans la paralysie politique depuis la réélection contestée du président Robert Mugabe, 84 ans, le 27 juin.
Le chef de l'Etat et le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai ont signé mi-septembre un accord de partage du pouvoir mais échouent depuis à s'entendre sur la formation d'un gouvernement, qui achoppe sur l'attribution de ministères clés. L'accord, signé sous la pression de la région, prévoit que M. Mugabe reste président et que l'opposant devienne Premier ministre. Il répartit le nombre de portefeuilles mais n'entre pas dans le détail de leur affectation.
La crise avait éclaté après des élections générales fin mars qui avaient vu une défaite historique du régime au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, largement imputable à un marasme économique caractérisé par une production au point mort et des pénuries massives.
Selon Amnesty international, plus de 180 personnes sont mortes et 9.000 ont été blessées dans les violences déchaînées depuis par le pouvoir. La SADC, inquiète pour la stabilité de la région, tente de contraindre le plus vieux président d'Afrique à partager le pouvoir avec une opposition désormais majoritaire au Parlement. Dernière initiative en date, le 20 octobre, une réunion au sommet de l'organe de sécurité régional au Swaziland avait été repoussée, les autorités zimbabwéennes refusant d'accorder un passeport à M. Tsvangirai.
Le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), privé de ce document des mois, dépend pour chaque déplacement à l'étranger de papiers temporaires. Samedi, il s'est dit prêt à participer à un sommet des 15 pays membres de la SADC, le 3ème consacré à la crise, "avec ou sans passeport".
Source : AFP du 04 novembre 2008








