30 mars 2009

Salon du livre Afrique Caraibes et Maghreb

En banlieue parisienne, la ville de Chatenay Malabry accueille un salon consacré aux livres d'Afrique, Caraïbes et Maghreb

VENDREDI 3 AVRIL

PRESENTATION OFFICIELLE DU LIVRE « HISTOIRES D’ENFANTS - HISTOIRES D’ASIE »

Présentation scénique des contes primés au public et devant les auteurs invités.

Remise des prix aux enfants par Monsieur le Député-Maire, Georges SIFFREDI.

De 9 h à 11 h, au Cinéma municipal le REX (364 avenue de la Division-Leclerc)

LA MAGIE DES CONTES

par

évelyne Pélerin NGO MAA

et Jorus MAbIALA (deux conteurs cités parmi les meilleurs du

De 15 h à 16 h à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

TEXTES EN PAROLES

Carte blanche au Poète

SARROUSS, lauréat du Prix «Les Ponts de Struga », en association

avec l’UNESCO

, et Morceaux choisis des littératures africaines, caribéennes et maghrébines

De 16 h à 16 h 30 à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

RECITAL RESONANCES AFRICAINES

par

Ndongo MbAYE

(écrivain - poète) et Idrissa DIAbATé (Kora)

De 16 h 30 à 18 h à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

OUVERTURE OFFICIELLE DES 2ES RENCONTRES LITTéRAIRES

Récital de chansons acoustiques avec

Charly MALELA

et Jorus MAbIALA

SAMEDI 4 AVRIL

RENCONTRES ET DébATS « LITTéRATURE AFRICAINE ET ADAPTATION CINéMATOGRAPHIqUE

»

Projection du documentaire : Diogène à Brazzaville, de

Léandre-Alain bAKER

, un documentaireLéandre-Alain bAKER et Jean-Pierre.Caya MAKHELE

Morceaux choisis des littératures africaines, caribéennes et maghrébines d’aujourd’hui lus par

des auteurs et des comédiens. Accompagnement musical par Charly MALELA

De 13 h 30 à 14 h à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

ATELIERS DE PEINTURE

« Apprenez en quelques minutes les techniques de dessin et peinture africaine »

Animateurs :

Charly MALELA

-Serge HOCHAIN

« Le livre dans la réussite éducative et la promotion des talents »

avec

Rama YADE

– Secrétaire d’État, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme(sous réserve)

Modérateur :

M. Francis LALOUPO

De 15 h à 16 h 30 à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

TAbLE RONDE

« De quoi parlent les écrivains africains et caribéens aujourd’hui ? »

avec

Fadela MRAbET

(Algérie), Amadou Elimane KANE (Sénégal), James NOEL (Haïti),

Jean DIVASSA NYAMA

(Grand Prix littéraire d’Afrique Noire 2008, Gabon)

Modérateur :

Jacques CHEVRIER

VENDREDI 3 ET SAMEDI 4 AVRIL

UN NOM, UN LIVRE

De 17 h à 18 h 30 à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

Tirage au sort ouvert à tous les publics (enfants comme

adultes), permettant de gagner un livre au choix. Il suffit

d’inscrire son nom et de le mettre dans une urne au

Salon. Toutes les heures un tirage est effectué et les gagnants

repartent avec un livre de leur choix.

à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

SIGNATURES DES AUTEURS

Les auteurs présents et participant aux débats et aux tables

rondes feront une séance de signature après

chaque séance. Les auteurs invités par les éditeurs signent

en continu sur les stands.

à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

ESPACE EDITEURS

Pour rencontrer des éditeurs et des auteurs ayant une

production sur l'Afrique, les Caraïbes et le Maghreb.

à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

auprès du Ministre des Affaires étrangères et européennes

De 14 h à 17 h (toutes les 30 minutes) à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

RENCONTRE - DébAT

sur la vie et l’oeuvre de l’écrivain congolais Sony Labou Tansi, dont l’ensemble de l’oeuvre

est publiée aux éditions du Seuil ; suivi d’un débat avec

bEKOLO ObAMA

Modérateur :

De 10 h à 12 h 30 au Cinéma municipal le REX (364 avenue de la Division-Leclerc)

TEXTES EN PAROLES

18 h à la Médiathèque (7/9 rue des Vallées)

d’aujourd’hui lus par des auteurs et des comédiens.

spectacle vivant en France)

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23 février 2009

Livre africain :Les éditeurs africains peinent à trouver des solutions

Meilleure diffusion du livre
Publié le : 23.02.2009 | 07h19
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Par : Abdallah Darkaoui
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A l'heure de la mondialisation, le livre devient l'allié de tous les combats pour la diversité culturelle et linguistique et pour l'accès aux savoirs et au développement.

En Afrique, notamment subsaharienne, le nombre d'éditeurs augmente au même titre que celui des éditions. Pourtant la diffusion reste le parent pauvre de la chaîne de production du livre.

«De toute évidence, les moyens à déployer pour mieux faire circuler le livre pose problème, la diffusion-distribution étant le maillon faible de la chaîne de production du livre», estime Abid Nouri, président de l'Union des éditeurs tunisiens et maghrébins.

Par le passé, relève-t-il, les gouvernements et les Etats se chargeaient de cette mission qu'est l'édition, mais aujourd'hui ils ont cédé l'essentiel de cette activité au secteur privé, alors que le livre demeure un outil fondamental de sensibilisation et de promotion sociétale.

Pour ce patron d'une maison d'édition en Tunisie, il faudrait faire en sorte que le livre ne soit plus perçu comme un bien économique. «Les investisseurs eux-mêmes n'imaginent pas que le livre puisse être un bien marchand».

Même son de cloche chez Mariame Kanté, éditrice sénégalaise pour qui le déficit en matière de distribution du livre est la grande problématique à laquelle font face les maisons d'édition africaines.

«Au Sénégal, on compte seulement deux bibliothèques situées dans la capitale Dakar», a-t-elle fait observer.

«Le réseau de libraires est inexistant ou peu développé: il y a des livres mais il y a un grand problème de disponibilité. Les ouvrages ne sont pas bien distribués dans les villes et encore moins dans les zones rurales», déplore-t-elle.

Selon elle, toute action de promotion du secteur de l'édition à l'échelle de l'Afrique doit avoir pour préalable un effort d'intégration régionale des Maisons d'édition. «Si l'on ne peut pas parler de distribution du livre sénégalais dans les pays frontaliers, comment voulez-vous qu'on y pense pour ce qui est du Maghreb et du reste du continent», se demande-t-elle.

De son côté, l'éditeur marocain Abdelkader Retnani plaide pour la promotion et la mise à niveau du réseau des librairies et bibliothèques, estimant que «c'est justement le manque de professionnalisme au niveau des libraires qui freine pour beaucoup la circulation du livre».

Selon lui, les instances concernées sont appelées à remédier à cette situation en procédant à la création de nouvelles bibliothèques dans différentes régions, autres que celles de Rabat et de Casablanca. «La mise à niveau des librairies, ce maillon faible de toute la chaîne, permettra à coup sûr de mieux faire connaître l'auteur marocain, non seulement au Maroc mais aussi dans d'autres pays, et favorisera la commercialisation de ses ouvrages», suggère M. Retnani.

En matière d'édition, le marché le plus captivant reste le manuel scolaire qui représente 90 pc du chiffre d'affaires, indique pour sa part Ange Félix N'Dakpri, président de l'Association des éditeurs ivoiriens, notant que «ce sont des ouvrages obligatoires et prescrits par l'Etat qui génèrent les recettes les plus importantes».

Les frais de financement, de fiscalité et de douane font que le livre africain est cher puisque les intrants ne sont pas tous détaxés, a-t-il expliqué, appelant à la mise en place de fonds de soutien à la création, la production et la diffusion.

Serge Dontchueng Kouam, directeur général de l'AES au Cameroun, a estimé de son côté qu'«en l'absence d'infrastructures pour la profession, l'éditeur doit être constamment soutenu par les instances de tutelle».

Abondant dans le même sens, M. Ndiaye a souligné que «les politiques du livre dans les pays d'Afrique subsaharienne ne sont pas encore systématisées, et sans l'édition scolaire, le travail de d'éditeur est très difficile».

La coopération Sud-Sud est-elle la solution? L'étroitesse du marché africain et la quasi-absence de réseaux régionaux de l'édition, combinés à l'inefficacité de certaines politiques nationales du livre et au manque de capitaux, freinent l'émergence d'une véritable industrie du livre. La promotion de la coopération entre les pays du continent semble être le meilleur remède, selon certains professionnels africains.

«L'Afrique a toujours été une terre d'accueil des livres étrangers», a assuré Serge Dontchueng Kouam,. « Il est temps que cette situation change. Et pour ce faire, il faut professionnaliser le métier et s'adapter au marché international pour réussir la coopération aussi bien Sud-Sud que Nord-Sud «, a-t-il estimé.

Il a expliqué que les coûts peuvent être ramenés à des proportions raisonnables par le biais de la promotion de la coproduction et de la coédition dans le cadre de partenariats entre les Maisons d'édition africaines.

L'intégration régionale peut aider à résoudre certains problèmes tant elle constitue le garant de l'élargissement du marché, affirme le Sénégalais Ndiaye, déplorant toutefois que l'Afrique reste toujours subdivisée en plusieurs zones linguistiques (francophone, anglophone, lusophone..).

«L'intégration régionale pourrait être une vraie opportunité si elle est bien conçue puisqu'elle permettra d'échanger les livres. Il peut y avoir même des transferts des compétences et des traductions», a souligné M. N'Dakpri, appelant à une profonde réflexion sur le transport des livres, une grande visibilité au niveau de toute la chaîne de production du livre et la mise en place d'un site-web pour présenter un catalogue exhaustif de la production africaine.

Autant dire que les éditeurs africains, longtemps à la traîne et en quête de professionnalisme, ne semblent pas manquer de dynamisme et surtout d'idées dans un marché mondial de plus en plus exigeant.

Par MAP

Source : www.lematin.ma  journal en ligne marocain

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31 janvier 2009

Le Paris africain d'Alain Mabanckou

Samedi 31 Janvier 2009

La chronique de Bernard Pivot

Vieux préjugé des Blancs, surtout des Blancs qui n'ont jamais mis les pieds en Afrique: tous les Noirs se ressemblent. Les Noirs qui habitent à Paris sont tous du pareil au même. C'est bonnet noir et noir bonnet.

Vieux préjugé des Blancs, surtout des Blancs qui n'ont jamais mis les pieds en Afrique: tous les Noirs se ressemblent. Les Noirs qui habitent à Paris sont tous du pareil au même. C'est bonnet noir et noir bonnet. Or, il y a autant de différence entre un Malien et un Botswanais qu'entre un Grec et un Britannique. Ce n'est pas parce que, loin de leurs pays, ils manifestent une solidarité de peau et de continent qu'ils n'ont pas des dissemblances, des divergences et des comportements jugés bizarres par d'autres Africains.

Le nouveau roman d'Alain Mabanckou (Verre cassé, Seuil, 2005, son chef-d'oeuvre ; Mémoires de porc-épic, prix Renaudot 2006) illustre avec humour et hardiesse cette observation de bons sens. Le narrateur de Black Bazar habite le quartier cosmopolite situé entre Château-d'Eau (10e arrondissement) et Château-Rouge (18e). C'est un dandy sapé coûteux (Smalto, Cerruti, Ungaro, Weston, etc.) bien qu'il loge dans un studio banal et qu'il travaille quand ça lui chante, comme manutentionnaire dans une imprimerie. Mais c'est un débrouillard, et il serait le plus heureux des Congolais à Paris (du petit Congo, et pas du grand Congo, gare à la confusion!) si L'Hybride, un cousin qui joue du tam-tam, n'était pas reparti au pays en emmenant sa compagne et leur fille.

Depuis ses déboires sentimentaux Fessologue fréquente assidûment le Jip's, un bar afro-cubain. On l'appelle Fessologue parce qu'il est un grand contemplateur et un fin connaisseur de la "face B" des femmes. Des géométries, des balancements et des rythmes il sait tirer des promesses variées. C'est d'ailleurs ainsi qu'il tomba amoureux de son ex, dite Couleur d'origine. Tous les Noirs qui fréquentent le Jip's ont des surnoms: Paul du Grand Congo, Bosco le Tchadien errant, Vladimir le Camerounais, Louis-Philippe l'écrivain haïtien, Grand Poupy le séducteur, etc. Ils forment ce qu'Alain Mabanckou appelle "la négrerie", "la négraille parisienne". Rappelons pour ne pas affoler les ligues antiracistes que l'écrivain est un Noir né à Brazzaville, qu'il est professeur de littérature francophone à l'université de Californie-Los Angeles, qu'il a longtemps appartenu à la communauté africaine de Paris, et que ses récits, portraits et dialogues sont plus chargés de tendresse que d'ironie.

N'empêche qu'il n'a pas froid aux yeux et à son ordinateur, Alain Mabanckou, quand il donne longuement la parole à un voisin de Fessologue, Monsieur Hippocrate, "fier d'être un Français de souche", thuriféraire de la colonisation, contempteur des Africains qui n'ont pas su en apprécier et en développer les bienfaits, et adepte du retour chez eux des "Ya bon Banania". Même quand Monsieur Hippocrate lui crie des insanités racistes, le narrateur ne lui répond pas. Que lui dire? C'est un Martiniquais!

A qui se fier dans ce maelström de Noirs, ce "Black bazar" ? Les uns veulent par vengeance de colonisés "bâtardiser la Gaule", les autres cherchent à se "dénégrifier" par le blanchiment de la peau et le défrisage des cheveux. On est plus ou moins d'ici et on est encore plus ou moins de là-bas. Les accents ne sont pas les mêmes. On reste entre Africains parce qu'on n'entre pas chez les Blancs comme dans un McDo. On boit des bières, on danse, on drague, on a la tchatche, on évite les contrôles d'identité, on parle du pays, et voilà que Fessologue s'appelle maintenant "Léon Morin, prêtre", surnom que lui a donné une artiste franco-belge qui lui a fait lire Béatrix Beck...

Alain Mabanckou a gardé intact le sens du farfelu, de la charge comique, de la dérision affectueuse, du politiquement incorrect. Mais sa verve tire parfois à la ligne. Il n'a pas retrouvé le souffle ravageur et tordant de Verre cassé, ne serait-ce que parce que les personnages du Jip's n'ont pas la carrure, le pathétique, la truculence, la mythomanie des clients africains du "Crédit à voyagé". Il se peut aussi que nous ayons été plus sensible à l'exotisme et au baroque de ce café sans espoir au Congo - mais lequel, au fait? Le petit ou le grand? - qu'à l'atmosphère d'un bar parisien, cosmopolite et populaire où les Africains ont perdu leur grand rire fataliste.

Black Bazar, d'Alain Mabanckou, Seuil, 247 p., 18 euros.

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09 janvier 2009

De Césaire à Obama. Entretien avec Alain Mabanckou

Cantique de la «négraille»

Par Grégoire Leménager

Dans «Black Bazar», du Congolais Alain Mabanckou, on se blanchit la peau, on s'empaille sur la dette coloniale et on se balance les pires clichés sur les Noirs. A roman comique, questions sérieuses. L'écrivain répond

alain mabanckou.jpg

Hermance Triay; Né en 1966 au Congo-Brazzaville, Alain Mabanckou enseigne la littérature francophone à la UCLA, en Californie. Prix Renaudot en 2006 pour "Mémoires de porc-épic", il est notamment l'auteur de "Verre cassé", "African psycho" et "Lettre à Jimmy".

Pour l'humour noir, en ce début d'année, prière de s'adresser à Alain Mabanckou: son «Black Bazar» risque de faire grincer quelques dents. N'espérez ni une attaque frontale contre le grand Satan occidental, ni une défense bien-pensante des minorités. L'auteur de «Mémoires de porc-épic» reste fidèle à son credo: «Il n'est pas de pire personnage que celui qui joue le rôle dans lequel on l'attend.»

Son nouveau roman met en scène un jeune Congolais plaqué par sa femme, et qui doit à son intérêt pour la «face B» des filles son surnom de «fessologue». Fervent adepte de la SAPE («Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes»), il ne jure que «vestes en lin d'Emmanuel Ungaro» ou «costume Yves Saint-Laurent vert bouteille». C'est l'antiracisme sauvé par la haute-couture: l'habit fait le moine, pas la couleur de peau. Et le refus de l'essentialisme tient chez lui en une phrase: «Dis-moi comment tu noues ta cravate, je te dirai qui tu es.»

A l'arrière-plan s'anime cependant l'univers des immigrés africains qui, à Paris, vendent du poisson salé à la sauvette, se ruinent en «produits à dénégrifier», courent après les filles fraîchement débarquées du pays, et vivent à cinq dans un petit studio - «comme des rats, mais pas de la même famille». A travers leurs conversations de comptoir, entre rigolade, tendresse et détresse, «Black Bazar» instruit, avec ses avocats et ses procureurs, rien moins que le procès de la colonisation.

G.L. 

Le Nouvel Observateur. - «Black Bazar» est une plongée dans «la négraille parisienne», comme disent vos personnages. Mais vous montrez surtout leur diversité, sinon leurs divisions... Pourquoi insister sur cet aspect? S'agissait-il de montrer, comme vous l'avez écrit ailleurs, que «la communauté noire de France est une illusion»?

Alain Mabanckou. - C'est vrai que c'est un regard que je porte sur la «négraille» - le mot est d'ailleurs emprunté à Aimé Césaire dans le «Cahier d'un retour au pays natal». Or, comment regarder cette population noire sans prendre en compte les préjugés, les peurs, voire ce qui demeure encore dans l'inconscience du monde blanc? Le Noir n'a-t-il pas fourni inconsciemment au Blanc le fagot de préjugés qui expliquent de nos jours sa «condition»? A ces questions, on pourrait en rajouter une autre, souvent absente des débats: qu'en est-il du «racisme» entre personnes de même couleur? Les réponses peuvent être surprenantes quand on se rappelle que les Noirs de France ne sont pas «homogènes», puisqu'ils ne sont pas tous arrivés sur le territoire français, à l'inverse des Noirs américains aux Etats-Unis, dans les mêmes circonstances. D'où les divergences et les oppositions dans la perception de faits historiques comme l'esclavage ou la colonisation. Dans ce roman, j'ai choisi d'aborder les choses sous l'angle de l'éclat de rire et de l'expérience des personnages. Mais la fiction est souvent proche de notre réalité.

N.O. - L'historien Pap Ndiaye, lui, parle plus volontiers d'une «condition noire» qui se constitue en «minorité» sous l'effet d'une expérience sociale (1). Partagez-vous cette analyse?

A. Mabanckou. - Nous avons discuté de cette question avec Pap Ndiaye en décembre dernier, à Bamako - il visitait pour la première fois l'Afrique. Son livre sur la condition noire en France est riche et complète les études menées depuis fort longtemps aux Etats-Unis, je pense notamment à «Black France» de Dominic Thomas. Il est illusoire de parler de «communauté noire de France». L'erreur  la plus grave consiste à faire le parallélisme avec les Etats-Unis alors même qu'en France nous comptons des Noirs de différents horizons. Songeons par exemple qu'il existe certains Antillais qui ne se reconnaissent pas comme Africains en dépit de la vérité historique; d'autres reprochent aux chefs de tribus africaines de les avoir vendus pendant la traite négrière. On trouve aussi des Africains qui alimentent un mépris contre leurs «frères des îles» au motif que ceux-ci s'estiment supérieurs, proches du Blanc - ce que Frantz Fanon évoque dans «Peau noire, masque blanc».

Entre les Africains eux-mêmes on peut également distinguer des nuances dont l'importance n'est pas négligeable: les Noirs de l'Afrique de l'Ouest n'ont pas la même culture que ceux de l'Afrique centrale. A l'intérieur de ces espaces géographiques du continent noir, d'autres subtilités viennent déjouer toute analyse hâtive et péremptoire. Dans ces conditions comment parlerait-on de communauté ou de minorité noire de France?

Je partage les analyses de Pap Ndiaye. On ne peut fonder l'existence d'une communauté sur le fait exclusif d'être noir mais plutôt sur l'expérience commune, et cette expérience est le résultat de la somme des injustices ou des inégalités subies à cause de la couleur de la peau. Il s'agit donc de reconnaître que le Noir de France est un Français à part entière et non entièrement à part. C'est ainsi que je saisis d'ailleurs les propos de Claude-Lévi Strauss lorsqu'il évoque la question de la diversité des cultures et souligne, en conclusion de «Race et histoire»: « Il faut donc écouter le blé qui lève, encourager les potentialités secrètes, éveiller toutes les vocations à vivre ensemble que l'histoire tient en réserve...»

N.O. - Plus largement, votre roman met donc à mal le mythe d'une Afrique unie, celui de «la terre de l'entraide» et du «continent de la solidarité». Ne craignez-vous pas de renouer avec une vision coloniale, celle de tribus incapables de s'entendre?

A. Mabanckou. - Si le colon avait eu une vision nuancée de l'Afrique, peut-être aurions-nous fait l'économie de la situation calamiteuse dans laquelle se retrouvent aujourd'hui la plupart des pays du continent noir. Certains mythes ont été importés ou fabriqués de toute pièce depuis l'Europe. Plusieurs conflits en Afrique ont des mobiles lointains liés à «la mythologie», aux «origines» ou à la prédestination: tel peuple serait plus noble que tel autre; telle ethnie serait plus apte à commander que telle autre. On ne peut pas généraliser en déclarant que l'Afrique a le monopole de la solidarité ou de l'entraide. Une telle généralisation produit des conséquences immédiates: tel peuple est plus solidaire que tel autre, telle tribu est plus a plus vocation à l'entraide que telle autre. On devine la joie des uns et la frustration des autres.

N.O. - La question du racisme, centrale dans «Black Bazar», s'y pose surtout ici entre les Noirs eux-mêmes. Tous sont obsédés par la couleur de leur peau, et le personnage qui reprend les pires clichés sur les Africains est un Antillais. Ce n'est pas très politiquement correct... mais vous n'exagérez pas un peu?

A. Mabanckou. - Je ne pense rien exagérer. Franz Fanon était allé plus loin dans son analyse des rapports entre le Blanc et le Noir, et surtout entre le Noir et le Noir. Le racisme serait alors une situation dans laquelle «le Noir s'enferme dans sa noirceur» et «le Blanc s'enferme dans sa blancheur». Le politiquement correct a longtemps étouffé les débats de fond. A ce jour, tout ce que le Noir sait du Noir lui a été dit et appris par le Blanc. Il existe donc encore des Noirs qui croient que leur couleur est synonyme de malédiction, la fameuse malédiction de Cham qui se serait abattue sur tout un peuple désormais frappé de noirceur, et condamné à se coltiner un sexe surdimensionné. Il n'est pas surprenant d'entendre un Noir reprendre sur un autre Noir les clichés qu'on croirait sorti de la bouche d'un raciste blanc. Les séquelles de la colonisation? Peut-être. Mais cela peut provenir d'une expérience personnelle ou d'une conception du monde centrée sur la haine et l'exclusion de l'autre.  Ce qui m'intéressait, entre autres, dans ce roman c'était d'aller au cœur de la haine qui existe entre des individus de même couleur et de voir comment l'idéologie ambiante, l'accumulation des mythes peuvent changer un homme ordinaire en un personnage plus qu'exécrable. 

N.O. - Il est question dans «Black Bazar» du trafic de «produits à dénégrifier» et des «sommes faramineuses» dépensées par de nombreux immigrés pour «se blanchir la peau». Comment analysez-vous ce phénomène? La revendication de la «négritude» appartient-elle au passé?

A. Mabanckou. - La négritude dépasse le cadre de la race - on sait que ce mouvement a bénéficié du soutien de grands intellectuels français, comme Théodore Monod, Michel Leiris ou Jean-Paul Sartre qui, sans doute, fut celui qui avait le mieux cerné cette notion de négritude dans «Orphée Noir», sa préface à l'anthologie de poésie africaine publiée alors par Senghor. Mais en effet, être noir peut dans certains cas «indisposer» certains Noirs. Dans les îles, par exemple, il y a d'un côté le «chabin», plus clair, mieux vu; et de l'autre le «nègre-congo» qui, aux yeux de beaucoup, rappelle la barbarie, le cœur des ténèbres, j'allais dire le continent noir...

Les produits à «dénégrifier» se vendent encore de nos jours en plein cœur de Paris et dans les principales capitales africaines: Dakar, Kinshasa, Brazzaville, Lagos, Yaoundé... Senghor avait-il eu tort de vanter la beauté de la femme noire?  Probablement qu'à cette période ces produits n'étaient pas répandus. Mais les hommes aussi se blanchissent la peau. J'y vois le refus de s'accepter tel qu'on est, et l'idée que le destin du Noir serait de se rapprocher de la couleur la plus proche possible du blanc, alors même que le poète noir américain Langston Hughes, un des inspirateurs des chantres du mouvement de la négritude, proclamait dans «le Blues du désespoir» sa fierté d'être noir. Il rappelait que lui aussi chantait l'Amérique, avant de conclure face à «l'Amérique blanche»: «De plus, ils verront comme je suis beau / Et ils auront honte...»

N.O. - D'ailleurs, quelle est votre position sur l'usage du mot «nègre»? Le racisme est aussi un phénomène linguistique: un essai récent démontre que la colonisation repose sur un «empire du langage» qui marque durablement les consciences (2). Or votre narrateur refuse, pour sa part, une épuration politiquement correcte de la langue française. Et vous, qui êtes écrivain?

A. Mabanckou. - L'usage du mot «nègre» ne m'a jamais posé de problème. Un de mes livres s'appelle: «Les Petits-fils nègres de Vercingétorix»... C'est parfois amusant de voir les expressions de «couleur noire»: marché noir, idées noires, bête noire... Remarquez, passer une nuit blanche n'est pas non plus quelque chose à souhaiter. De même, que dirait-on d'un blanc-bec? Au fond je me suis tout simplement amusé sur cette question linguistique, parce que je sais que le seul pouvoir que je puisse revendiquer, c'est celui des mots, celui de la langue.

N.O. - On peut lire votre roman comme un procès de la colonisation et de ses effets, avec ses procureurs et ses avocats. L'un de vos personnages cite constamment cette phrase de Césaire: «L'Occident nous a trop longtemps gavés de mensonges et gonflés de pestilences». Où vous situez-vous dans le débat sur son éventuel «rôle positif», sur le «sanglot de l'homme blanc» et le «devoir de repentance»?

A. Mabanckou. - La colonisation est avant tout un système fondé sur le viol de la culture d'un peuple, qui se retrouve du jour au lendemain dominé par une puissance étrangère et conquérante. Quels que soient les arguments qu'on peut avancer pour la justifier, force est de constater qu'elle laisse des séquelles durables. Les populations de l'ancien Congo-belge ont connu des massacres décriés par les intellectuels européens les plus influents - je pense à André Gide ou à Théodore Monod. Je suis pour un enseignement objectif de cette période de l'histoire, sans l'enjoliver. Pour l'heure, j'ai le sentiment que les colonisés n'ont pas encore abondamment écrit leur version de ce fait historique. Je regrette toujours l'angle sous lequel ce sujet est abordé et je me demande sans cesse pourquoi «le Discours sur le colonialisme» de Césaire avait été aussi vite retiré des programmes scolaires en France [inscrit en 1994 pour une durée de deux ans, il avait été retiré dès 1995, NdlR]. Comme si ceux qui l'avaient programmé ne l'avaient lu qu'après une multitude de lettres d'indignation!

La question de la repentance - ce que Pascal Bruckner qualifie de «sanglot de l'homme blanc» -  brouille les pistes puisqu'il s'agit de rassurer le colonisateur quant à son «humanisme», à sa bonté, au travail qu'il aurait honnêtement exécuté malgré quelques bavures d'une poignée d'administrateurs. C'est oublier que l'Afrique n'était pas un «désert des Tartares» avant la colonisation, qu'elle comptait des royautés qui n'avaient rien à envier à celles de l'Occident, des systèmes politiques structurés. Coloniser c'est forcément affirmer qu'une civilisation est supérieure à une autre.

N.O. - Vous évoquez aussi les conditions assez misérables dans lesquelles vivent de nombreux immigrés à Paris. Vous-même êtes arrivé en France en 1989. Quelle évolution percevez-vous?

A. Mabanckou. - En quelques années nous avons assisté à un changement considérable dans la conscience de l'ancien colonisé, ce que souligne d'ailleurs Albert Memmi dans son «Portrait du décolonisé»: l'immigré réclame de plus en plus sa place dans la société française parce qu'il est conscient que lui aussi «chante la France», pour parodier Langston Hughes. La question de la «visibilité» de l'immigré est donc un des enjeux de toute politique ou revendication. Parallèlement, les règles sur l'immigration se sont durcies, aussi bien en France que dans toute l'Europe, comme si l'immigré était par principe un délinquant, voire un criminel. Les années 1980 peuvent être de ce fait vues comme celles de la «chasse aux immigrés», avec la montée des partis politiques extrémistes et la fin de cette utopie qui consistait à croire que la gauche défendait forcément ces «damnés de la Terre».
Certains clichés perdurent, et je les reprends souvent dans mon livre: les odeurs dans les immeubles, la polygamie prétendue des Africains etc. On note tout de même un besoin de faire bouger les choses et l'émergence de quelques associations de défense des «minorités», comme le CRAN. Une chose est certaine: l'immigré demeure toujours exclu du paysage politique et médiatique en tant qu'acteur.

N.O. - Depuis 2001, vous enseignez aux Etats-Unis. Quelle distinction faites-vous entre la situation des Noirs de France et celle des Afro-Américains?

A. Mabanckou. - La distinction est toujours délicate à opérer puisqu'ils n'ont pas la même histoire. Pourtant je constate que la condition du Noir américain est politiquement plus consolidée que celle du Noir de France. Le Noir de France est un «homme invisible», pour reprendre le titre du roman de Ralph Ellison. Le Noir des Etats-Unis, à travers ses leaders et le cours de l'Histoire, a imposé à l'Amérique sa présence. Ça n'a pas été pas une promenade de santé, si on se rappelle que, dans les années 1960, plusieurs des défenseurs des droits civiques, blancs ou noirs, ont été assassinés: John Fitzgerald Kennedy, Malcolm X, Martin Luther King... Je ne dis pas que la situation du Noir américain est désormais «normalisée». Il demeure quelques couacs.
L'idéal serait d'arriver à un stade où l'Amérique n'aurait plus besoin des lois sur la discrimination positive et considérerait le Noir comme un citoyen ordinaire: pas comme un individu «sous tutelle», donc éternellement assisté par les lois. En France, un tabou mine cette question: on ne peut quantifier la présence noire sur le sol français à cause des principes constitutionnels. Or certains principes, avec le temps, sont dévoyés, détournés. Nous sommes plutôt dans une période de balbutiements sur la condition noire en France...

N.O. - Que change l'élection d'Obama?

A. Mabanckou. - Les Américains ont élu un président américain et non un président de tous les Noirs de la terre! On nous présente cette élection comme une victoire sur les injustices fondées sur la race, et nous gommons le parcours individuel de Barack Obama. C'est l'image que nous avons de l'Amérique qui va changer.

N.O. - Croyez-vous possible, en France, l'élection d'un chef d'état «de couleur»?

A. Mabanckou. - Tout est possible. C'est comme l'œuf de Christophe Colomb, il suffit d'y penser. La stature d'un «présidentiable» ne se mesure pas par la couleur de sa peau, mais par son itinéraire personnel et sa vocation à souffler un vent d'espoir. Si les Français sont en face d'un être qui réunit ces conditions, je suis persuadé que sa couleur sera une question subsidiaire, et qu'aucun parti politique ne pourrait barrer la voie à un tel candidat, quel que soit le poids de ce parti.

N.O. - Avec Michel Le Bris, Jean Rouaud et de nombreux autres écrivains, vous aviez défendu au printemps 2007 l'avènement d'une «littérature-monde». Les prix décernés cet automne doivent vous réjouir: non seulement le Goncourt a récompensé un Afghan, Atiq Rahimi, le Renaudot un Guinéen, Tierno Monenembo, mais en décernant le Nobel à Le Clézio, un Franco-Mauricien, l'Académie suédoise a déclaré qu'elle couronnait «l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante»...

A. Mabanckou. - En 2006 déjà nous avions eu un cas de figure plus vaste, avec quatre des grands prix d'automne attribués à des écrivains venus d'ailleurs: l'Amérique [Jonathan Littell], le Canada [Nancy Huston], le Cameroun [Léonora Miano] et le Congo [Alain Mabanckou]. Les prix décernés en 2008 confirment la vitalité actuelle des lettres d'expression française. Pour Le Clézio, il était normal que l'un des plus importants écrivains de nos lettres -avec Modiano et Michon- porte au sommet nos couleurs. Je suis très optimiste quant à l'avenir de notre littérature. Tout le reste n'est qu'une question de querelles.

N.O. - La «littérature-monde» a cependant fait l'objet de critiques sévères. Camille de Toledo (*) lui reproche notamment de disqualifier des écrivains comme Beckett ou Perec, au nom d'une vision nostalgique du monde, d'une défense naïve d'un «réel» illusoire et d'une soif de reconnaissance sociale, sans véritablement se battre «pour l'avènement d'une scène littéraire postcoloniale». Que répondez-vous à ces attaques?

A. Mabanckou. - En consacrant un essai à la littérature-monde, Camille de Toledo confirme l'intérêt de notre démarche. Remarquons donc ses brillantes analyses tout en soulignant qu'il n'est pas question, en ce qui me concerne du moins, de disqualifier Beckett - qui d'autre mieux que lui nous aura enseigné la mobilité des langues, le passage d'une langue à une autre? N'est-ce pas cela aussi, l'anéantissement des frontières? J'ai besoin de Perec parce que je ne conçois pas la littérature sans l'exigence de la forme. Cet auteur me montre combien le monde est un amas de pièces détachées. Le rôle de l'écrivain consiste alors à recomposer les choses, j'allais dire, à les «modifier» avant leur «disparition». Voilà où se situe ma nostalgie, si nostalgie il y a.

Propos recueillis par Grégoire Leménager

(1) «La Condition noire», par Pap Ndiaye, Calmann-Lévy.

(2) «L'Empire du langage. Colonies et francophonie», par Laurent Dubreuil, Hermann.

(3) «Visiter le Flurkistan ou les Illusions de la littérature-monde», par Camille de Toledo, PUF.

«Black Bazar», par Alain Mabanckou, Seuil, 248 p., 18 euros.

Ceci est la version intégrale de l'entretien publié dans «le Nouvel Observateur» du 8 janvier 2008.

Légende

Né en 1966 au Congo-Brazzaville, Alain Mabanckou enseigne la littérature francophone à la UCLA de Californie. Prix Renaudot en 2006 pour «Mémoires de porc-épic», il est notamment l'auteur de «Verre cassé», «African psycho» et «Lettre à Jimmy».

Source : bibliobs.com

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10 décembre 2008

Sembène Ousmane

Ousmane Sembène le 18 février 2005 dans son bureau a Dakar.

PARIS (AFP) — Une troupe d'une quinzaine de comédiens et de musiciens de six pays africains et de France propose, à la Cartoucherie de Vincennes près de Paris, une adaptation à la scène d'un classique de la littérature africaine inspiré d'un fait réel, "Les bouts de bois de Dieu".

L'écrivain et cinéaste sénégalais Sembène Ousmane (1923-2007) est l'auteur du roman initial paru en 1960 et couronné du Prix littéraire de l'Afrique noire, qui relate la plus longue grève connue de l'ère coloniale.

D'octobre 1947 à mars 1948, 20.000 cheminots africains du Dakar-Niger se sont mis en grève pour obtenir un statut mettant à égalité leurs salaires avec ceux des Français. Ils finiront par obtenir une augmentation de salaire de 20%.

Le Congolais Hugues Serge Limbvani a signé l'adaptation du roman en vue du spectacle éponyme donné au Théâtre de la Tempête jusqu'au 20 décembre. Il l'a conçu dans un décor abstrait, volontairement "minimal", afin que l'accent soit mis sur le jeu des comédiens ainsi que sur la musique, le chant et la danse.

Le spectacle se présente comme un film avec des retours en arrière et un personnage central, Grève, joué par Abdoulaye Seydi, comédien sénégalais plein de faconde.

Les héros anonymes sont les grévistes mais aussi leurs femmes, qui les soutiennent dans leur lutte pour leurs revendications salariales et pour l'amélioration des conditions de travail.

Les scènes décrites par le conteur, parfois violentes lorsque les forces de l'ordre frappent, ne sont pas dialoguées. La danse, le chant disent ce que le texte ne peut exprimer, la musique accompagnant le mouvement de cette histoire dont le récit est au programme scolaire de la plupart des Etats de l'Afrique francophone.

Source : AFP 10 decembre 2008

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10 novembre 2008

Le prix Renaudot à Tierno Monénembo pour "Le roi de Kahel"

PARIS (AFP) — Le prix Renaudot a été attribué lundi au Guinéen Tierno Monénembo pour "Le roi de Kahel" (Le Seuil), au 11ème tour, a annoncé lundi le jury au restaurant Drouant à Paris.

Le prix Renaudot du meilleur essai a été remis à Boris Cyrulnik pour "Autobiographie d'un épouvantail" (Odile Jacob).

Tierno Monénembo, 61 ans, est un écrivain africain francophone de réputation internationale. Il a quitté son pays, la Guinée, à la fin des années 1960 pour fuir la dictature de Sekou Touré.

Il a obtenu cinq voix contre quatre pour Elie Wiesel et son livre "Le cas Sonderberg" (Grasset).

Monénembo est l'auteur d'une dizaine de romans, dans lesquels il évoque notamment l'impuissance des intellectuels en Afrique et les difficultés de vie des Africains en France, parmi lesquels "Les crapauds-brousse" (1979) et "Peuls" (2004).

Il raconte dans "Le roi de Kahel" l'épopée d'Olivier de Sanderval, précurseur de la colonisation de l'Afrique de l'ouest à la fin du XIXè siècle. Sanderval parvient à gagner la confiance du chef du pays peul et va tenter de se tailler un royaume contre la volonté de son propre pays.

Source AFP du 10 novembre 2008

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