08 janvier 2009

John Atta-Mills investi président du Ghana

ACCRA (AFP) — Le nouveau président du Ghana, John Atta-Mills, a prêté serment mercredi lors d'une cérémonie de passation de pouvoir avec son successeur John Kufuor qui se retire après huit ans à la tête du pays.

"Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère (...) j'espère tirer profit des expériences des deux précédents présidents du Ghana pour construire un Ghana meilleur", a déclaré le nouveau dirigeant, 64 ans, issu des rangs de l'opposition.

Vêtu d'un boubou blanc et d'un kente, tissu traditionnel ghanéen, John Atta-Mills a prêté serment sur la bible lors d'une cérémonie organisée sur la plus grande place d'Accra, décorée aux couleurs du drapeau ghanéen - rouge, jaune, vert et noir -, en présence de plusieurs chefs d'Etat africains et de milliers de Ghanéens en liesse.

C'est la deuxième fois en dix ans qu'un président élu transmet le pouvoir à l'opposition à l'issue d'un scrutin régulier dans cette nation ouest-africaine de 23,5 millions d'habitants, érigée en modèle de démocratie pour l'Afrique.

M. Atta-Mills, qui représentait l'opposition sous la bannière du Congrès national démocratique (NDC), a remporté de justesse la présidentielle, dont les résultats ont été annoncés samedi, face au candidat du pouvoir Nana Akufo-Addo (Nouveau parti patriotique, NPP).

Juriste et ancien vice-président de Jerry Rawlings, il se présentait au poste suprême pour la troisième fois, après avoir été défait en 2000 et 2004 par John Kufuor.

John Kufuor, 70 ans, un démocrate tenace dont les efforts en matière de démocratie et d'économie ont été régulièrement salués par la communauté internationale, a tiré sa révérence après deux mandats de quatre ans, la limite constitutionnelle qu'il n'a pas cherché à repousser.

Il n'a pas pris la parole lors de la passation de pouvoir.

Les présidents ivoirien Laurent Gbagbo, burkinabé Blaise Compaoré, sierra-léonais Ernest Koroma, sénégalais Abdoulaye Wade, nigérian Umaru Yar'Adua et béninois Thomas Boni Yayi étaient présents à la cérémonie.

Le secrétaire d'Etat britannique à l'Afrique, Mark Malloch-Brown, y a aussi pris part, représentant l'ancienne puissance coloniale, dont le Ghana est devenu indépendant en 1957 avec Kwame Nkrumah comme premier président.

La présidentielle, déroulée sans heurts malgré des tensions croissantes sur la fin qui avaient fait craindre des affrontements, a été unanimement saluée par les dirigeants étrangers alors que l'année 2008, en Afrique, a été marquée par des violences post-électorales au Kenya et au Zimbabwe.

"Lors des élections, la démocratie au Ghana a été mise à l'épreuve mais au final, la volonté souveraine du peuple a prévalu", a déclaré John Atta-Mills après sa prestation de serment. "Il sera de mon devoir de président de panser les plaies et d'unifier notre chère nation".

Bien que l'alternance du pouvoir au Ghana soit générale, le Parlement ayant aussi basculé à la faveur du NDC à l'issue des législatives du 7 décembre, les observateurs s'attendent à une transition en douceur.

John Atta-Mills, qui a prôné le changement tout au long de sa campagne, s'était engagé lundi à "continuer les projets initiés par le président Kufuor, à maintenir la paix et la stabilité et à promouvoir l'unité".

Aucun changement de cap majeur n'est attendu dans le domaine de l'économie, mais la nouvelle équipe devra composer avec la crise financière internationale et apporter des réponses satisfaisantes à l'électorat populaire qui l'a portée au pouvoir, estimait Yaw Kwakwa, analyste du cabinent Generation Investment.

John Atta-Mills devra aussi gérer, à partir de 2010, le début de la production commerciale de pétrole découvert au large des côtes du pays en 2007. Le Ghana est déjà un important producteur d'or et de cacao.

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04 janvier 2009

La démocratie renforcée au Ghana à l'issue de la présidentielle

Peu après l'annonce de sa victoire, l'opposant John Atta-Mills, du Congrès national démocratique (NDC), a tendu la main à son adversaire qui, en dépit de protestations, a reconnu sa défaite et l'a félicité.

La course, très serrée, a été remportée avec à peine un demi point de pourcentage.

"Le Ghana va connaître sa seconde alternance pacifique du pouvoir (...) en une décennie, un évènement qui renforcera certainement la transition démocratique du pays et ses jeunes institutions", a estimé Chris Fomunyoh, expert Afrique au National Democratic Institute (NDI), un organisme basé à Washington.

La première passation de pouvoir entre deux présidents démocratiquement élus s'était déroulée dans le calme en janvier 2001, lorsque Jerry Rawlings, un ancien dirigeant militaire converti à la démocratie, avait transmis les rênes à l'opposant John Kufuor après deux mandats de quatre ans.

La récente élection était la cinquième au Ghana depuis le retour du multipartisme en 1992, et John Atta-Mills, un juriste de 64 ans, se présentait pour la troisième fois consécutive.

"On peut espérer que le Ghana continuera d'être un modèle de démocratie pour d'autres pays africains, comme le sont le Bénin, le Botswana, le Mali, l'île Maurice et l'Afrique de Sud", a-t-il poursuivi.

La nation ouest-africaine de 23,5 millions d'habitants est régulièrement citée en exemple et louée pour ses avancées en matière de démocratie, dans un continent où violences et fraudes électorales sont fréquentes.

Au Kenya, des violences post-électorales ont fait plus de 1.500 morts début 2008, tandis qu'au Zimbabwe, plongé dans un crise politique et humanitaire, Robert Mugabe refuse de céder le pouvoir malgré la défaite de son parti aux législatives de mars.

Malgré quelques incidents, les observateurs de la présidentielle au Ghana ont relevé surtout l'ordre et le calme qui ont prévalu.

Bien qu'il ait reconnu sa défaite, Nana Akufo-Addo, du Nouveau parti patriotique (NPP), a insisté sur des irrégularités qui se seraient produites dans une région traditionnellement aux mains du parti adverse et déclaré que la justice devra examiner l'affaire, sans plus de précisions.

"Dans d'autres pays, on ne serait pas en train de rassembler des bulletins de vote (comme preuves de fraudes), mais des armes", a estimé Emmanuel Gyimah-Boadi, du Centre pour le développement démocratique (CDD), une institution ghanéenne.

"C'est tout à l'honneur du NPP qu'il présente ses griefs devant un tribunal. C'est à cela que servent les tribunaux électoraux", a de son côté noté Chris Fomunyoh du NDI.

Selon des observateurs, le recours en justice évoqué par le candidat défait ne devrait toutefois pas avoir d'impact réel sur la passation de pouvoir le 7 janvier entre le président sortant John Kufuor et John Atta-Mills.

Theodore Dzeble, porte-parole de la Coalition d'observateurs des élections (CODEO, 34 organisations) a estimé que Nana Akufo-Addo, également un juriste de 64 ans, était lui-même capable de se rendre compte que s'il souhaite se présenter lors des prochaines élections dans quatre ans, il doit se résoudre à la défaite.

"Sinon, personne ne votera pour lui la prochaine fois".

source AFP

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L'Afrique salue la transition en douceur au Ghana

Par Reuters, publié le 04/01/2009 à 15:30  ACCRA - Le bon déroulement de l'élection présidentielle au Ghana et la transition en douceur qui en découle est un rare exemple du bon fonctionnement des institutions démocratiques en Afrique et doit servir de modèle au continent, estiment responsables politiques et citoyens ordinaires.

John Atta Mills, candidat du Congrès démocratique national (NDC), qui a remporté samedi l'élection présidentielle ghanéenne, avec 50,23% des suffrages. Responsables politiques et citoyens ordinaires estiment que le bon déroulement de ce scrutin et la transition en douceur qui en découle est un rare exemple du bon fonctionnement des institutions démocratiques en Afrique et doit servir de modèle au continent. (Reuters/Luc Gnago)

La troisième tentative a été la bonne pour le chef de l'opposition ghanéenne, John Atta Mills, qui a remporté l'élection de justesse, avec 50,23% des voix contre 49,77% à son adversaire du parti au pouvoir, Nana Akufo-Addo.

"La victoire de John Atta Mills et l'attitude du peuple ghanéen offrent un rare exemple de démocratie en Afrique", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre kényan Raila Odinga, dont le pays a connu de graves violences politiques qui ont fait un millier de morts au début de l'an passé.

Des soubresauts politiques ont également marqué la Mauritanie, où le premier président civil librement élu a été déposé en août par les militaires, et la Guinée, où un putsch a suivi le décès du président Lansana Conté le mois dernier.

La crise gouvernementale au Zimbabwe, elle, n'est toujours pas dénouée malgré l'accord de partage du pouvoir conclu le 15 septembre.

L'Afrique du Sud, première puissance économique du continent, votera en mars prochain, un scrutin que les spécialistes annoncent comme très tendu en raison des dissensions au sein du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir.

"RESPECT DE LA DÉMOCRATIE ET BONNE GOUVERNANCE"

"L'élection au Ghana est un témoignage du respect de la démocratie et de la bonne gouvernance en Afrique", a déclaré le président sud-africain Kgalema Motlanthe. "Le peuple du Ghana a montré dans les urnes combien il appréciait la démocratie."

Sortie d'une sanglante guerre civile, la Côte d'Ivoire, voisine du Ghana, a reporté l'élection présidentielle qui devait être organisée l'an dernier, en raison des retards dans le désarmement et dans le recensement des électeurs. Le scrutin ne devrait pas avoir lieu avant la fin de cette année.

"Dans ce pays, les élections se déroulent toujours dans le chaos et c'est le plus fort qui gagne", déclare un chauffeur de taxi d'Abidjan, Alpha Kante. "Mais si les Ghanéens, eux, ont pu élire un nouveau président sans problème, c'est une bonne chose et un exemple à suivre."

A Accra, la capitale ghanéenne, l'homme de la rue est fier du bon déroulement du vote, preuve que "la démocratie, ça marche".

"L'élection montre que le Ghana est un superbe exemple de démocratie sur un continent qui se bat pour être enfin reconnu", dit Richard Nunoo, un mécanicien.

Les deux camps en lice au Ghana s'étaient pourtant mutuellement accusés de fraudes et de violences et avaient demandé une nouvelle vérification des résultats dans plusieurs régions, mais la commission électorale a affirmé que ces demandes n'étaient pas fondées.

Les observateurs internationaux ont salué un scrutin libre et régulier.

Les huit années de présidence du chef de l'Etat sortant, John Kufuor, ont été marquées par une forte croissance économique qui a attiré de nombreux investisseurs.

Mais les détracteurs du chef de l'Etat sortant faisaient état d'une corruption généralisée, et notamment de trafics de drogue dans lesquels des fonctionnaires étaient impliqués.

Christian Akorlie à Accra, Helen Nyambura-Mwaura à Nairobi; Ange Aboa à Abidjan, version française Guy Kerviel

source : l'express 

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08 décembre 2008

Ghana : Le depouillement a commencé ce lundi

Des Ghanéens comptent les votes à Accra le 7 décembre 2008

Election présidentielle au Ghana: début du dépouillement après un scrutin exemplaireIl y a 1 jour

ACCRA (AFP) — Le dépouillement a commencé lundi au Ghana au lendemain d'un scrutin présidentiel et législatif unanimement salué comme un modèle de transparence et de calme, dans un continent coutumier d'élections violentes et frauduleuses.

Quelque 12,8 millions d'électeurs, sur 23 millions d'habitants, étaient appelés à voter dans 22.000 bureaux dimanche pour renouveler la totalité du parlement et désigner un nouveau président pour quatre ans.

La présidentielle devrait se jouer entre deux juristes de 64 ans, Nana Akufo-Addo, du Nouveau Parti patriotique (NPP) au pouvoir, et John Atta-Mills, ancien vice-président du capitaine Jerry Rawlings, du Congrès démocratique national (NDC).

Tôt lundi matin, les résultats des législatives commençaient à tomber au compte-goutte depuis les 230 circonscriptions du pays.

Quant à la présidentielle, qui doit désigner un successeur à John Kufuor après deux mandats de quatre ans à la tête du pays, les radios locales faisaient état de résultats très serrés, laissant supposer la nécessité d'un second tour le 28 décembre.

Les premiers résultats officiels pour les deux scrutins ne devraient être connus que mercredi.

Au lendemain de ces deux élections, et en dépit de quelques accusations de fraude et d'incidents très isolés, les satisfecit pleuvaient de tous bords.

"C'est un sentiment très agréable de savoir que les Ghanéens ont pu voter pacifiquement pour choisir leurs futurs dirigeants", a déclaré le candidat du parti au pouvoir, Nana Akufo-Addo.

Le chef de la mission de la Cédéao (Commission économique des états d'Afrique de l'ouest), l'ancien général putschiste nigérian Yakubu Gowon (1966-1975), évoquait pour sa part d'"excellentes" élections.

"A part l'Afrique du sud, aucun pays du continent ne peut rivaliser" avec le Ghana, "seul pays à pouvoir être considéré démocratique", a déclaré à l'AFP celui qui avait pris le pouvoir par un coup d'état et en avait été chassé neuf ans plus tard par un autre putsch militaire.

Le compliment n'est pas mince venant d'un politicien du Nigeria, pays réputé pour ses élections violentes et truquées, et dont la Cour suprême doit encore se prononcer sur la validité de l'élection présidentielle d'avril 2007.

Le scrutin "a été très pacifique et ordonné", a déclaré de son côté à l'AFP le président de la commission électorale nationale, Kwadwo Afari-Gyan, qui s'attend à une forte participation.

Son opinion est partagée par la Coalition d'observateurs des élections (CODEO, 34 organisations), qui n'a fait état que de quelques incidents isolés.

Le souvenir des dernières élections au Kenya (1.500 morts) et l'actuelle crise post-électorale au Zimbabwe sont dans tous les esprits.

"Une élection transparente donnera un signal fort à l'Afrique où plusieurs scrutins ces derniers mois n'ont pas reflété le choix du peuple", a fait valoir le chef des observateurs de l'Union européenne (UE), Nickolay Mladenov.

"C'est important pour le monde de voir qu'il y a des pays sur le continent africain où les élections peuvent être pacifiques", a souligné le chef de la mission d'observation du Commonwealth, Valerie Amos.

Après avoir voté, le président sortant Kufuor ne cachait pas non plus sa joie. "Je termine mes deux mandats (...) sur une note positive. C'est à mon successeur de prendre le relais, et le Ghana sera un phare en Afrique et dans le monde".

Source : AFP 

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07 décembre 2008

Le Ghana aux urnes pour des présidentielle et législatives

ACCRA - Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche au Ghana pour des élections présidentielle et législatives qui interviennent alors que ce pays d'Afrique occidentale amorce un essor économique et se prépare à devenir producteur de pétrole.

Plus de 12 millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche au Ghana pour des élections présidentielle et législatives qui interviennent alors que ce pays d'Afrique occidentale amorce un essor économique et se prépare à devenir producteur de pétrole. (Reuters/Peter DiCampo)

Huit candidats sont en lice pour remplacer le président John Kufuor, dont le second et dernier mandat expire en janvier. Ses réformes opérées sur fond de stabilité politique ont en partie relancé une économie naguère stagnante. Les 230 sièges de l'Assemblée nationale seront renouvelés simultanément.

Les deux principaux candidats à la présidentielle sont des juristes formés en Occident. L'avocat Nana Akufo-Addo, 64 ans, membre du Nouveau parti patriotique (NPP) de Kufuor, et l'opposant John Atta Mills, dirigeant du Congrès national démocratique (NDC), ont promis l'un et l'autre des avancées économiques.

L'issue du scrutin présidentiel est incertaine et beaucoup s'attendent à ce qu'un second tour ait lieu le 28 décembre.

Les 21.000 bureaux de vote sont ouverts de 07h00 à 17h00 (GMT) pour plus de 12 millions d'électeurs inscrits.

Le dépouillement des suffrages débutera aussitôt après leur fermeture et des résultats sont attendus dans un délai maximum de 72 heures.

INÉGALITÉS

L'atmosphère optimiste qui prévaut rappelle les premières années du Ghana indépendant, lorsque le pays avait pour dirigeant Kwameh Nkrumah. Ce champion du panafricanisme avait fait de la Côte-de-l'Or britannique le premier pays d'Afrique noire à se libérer de la domination coloniale en 1957.

Déjà au deuxième rang des producteurs mondiaux de cacao et des producteurs d'or africains, le Ghana peut espérer accélérer sa transformation économique depuis la découverte de gisements de pétrole offshore dont l'exploitation doit débuter fin 2010.

Mais il reste un long chemin à parcourir. "A Accra, il n'y a pas de système sanitaire", souligne Ishac Diwan, directeur régional de la Banque mondiale. "Si l'on examine la carte, la moitié nord du pays a un réseau routier de très faible densité."

La croissance économique du pays, dont le taux oscillait depuis des années entre cinq et six pour cent, risque en outre de ralentir sous l'impact de la crise financière internationale, ajoute Diwan qui s'attend à voir baisser les revenus tirés des exportations, les investissements et les versements d'expatriés.

L'espoir d'une croissance future est donc lié au pétrole.

Version française Philippe Bas-Rabérin, Jean-Stéphane Brosse

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