Sarkozy financé par l'Afrique: nouvelles accusations
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Sarkozy financé par l'Afrique: nouvelles accusations
RÉVÉLATIONS | Selon l'ancien conseiller personnel d’Omar Bongo, le défunt président gabonais, aurait contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Des mallettes auraient même continué de circuler après l'élection du président français.Un proche d’Omar Bongo affirme que le défunt président gabonais a "contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy", dans un ouvrage sur "Le scandale des biens mal acquis" des chefs d’Etat africains en France, à paraître jeudi.
La présidence française se refuse à tout commentaire.
L’accusation émane de Mike Jocktane, conseiller personnel d’Omar Bongo depuis 2005 promu directeur adjoint de son cabinet en janvier 2009, avant de rejoindre l’opposition à Ali Bongo, qui succède à son père en août de la même année.
Fonds occultes
"Omar Bongo a contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 du candidat Nicolas Sarkozy", affirme-t-il aux journalistes Xavier Harel et Thomas Hofnung, auteurs du livre "Le scandale des biens mal acquis" (Editions La Découverte) dans un entretien réalisé en septembre.
Il confirme les révélations de l’avocat franco-libanais et conseiller de l’ombre de présidents français pour l’Afrique Robert Bourgi, qui a affirmé en septembre avoir remis "20 millions de dollars" à l’ex-président Jacques Chirac (1995-2007) et à son Premier ministre Dominique de Villepin.
Mais il va plus loin que l’avocat selon lequel "ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’Etat africain" n’ont remis d’argent à Nicolas Sarkozy par son "intermédiaire".
"Contrairement à ce que prétend Robert Bourgi (...), les mallettes ont continué de circuler avant et après l’élection de Nicolas Sarkozy", assure Mike Jocktane.
Michel de Bonnecorse, ancien conseiller pour l’Afrique de Jacques Chirac, avait déjà accusé Robert Bourgi d’avoir remis des fonds occultes à Dominique de Villepin ainsi qu’à Nicolas Sarkozy à un moment où le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur étaient grands rivaux à droite pour l’élection de 2007.
Quand Bourgi choisit au printemps 2006 de rejoindre Nicolas Sarkozy, il ne fait "plus qu’une (mallette), plus grosse, qu’il dépose aux pieds du ministre de l’Intérieur", affirme M. de Bonnecorse dans le livre de Pierre Péan "La République des mallettes".
L'Afrique et les mallettes
L’enquête lancée après les accusations de Robert Bourgi vient d’être classée sans suite, faute d’éléments pour prouver des faits par ailleurs prescrits. Ses déclarations avaient rompu le silence traditionnel entourant la Françafrique, réseau opaque d’influences hérité de l’époque coloniale, avec laquelle Nicolas Sarkozy avait promis de rompre.
Mike Jocktane, comme avant lui plusieurs hommes politiques africains et experts de la région, décrit un système bien rôdé.
"Quand un homme politique français se rend au Gabon, on dit qu’il vient chercher sa mallette... Le président défunt Omar Bongo était très généreux avec les dirigeants français. (...) Une part importante de ces dons a fini dans les poches des bénéficiaires. Il y a eu beaucoup d’enrichissement personnel".
"Les remises de mallettes effectuées dans le bureau du président étaient filmées par des caméras cachées. Tout était enregistré sur vidéo", ce qui, affirme-t-il, constitue "l’un des moyens de pression de Libreville sur Paris".
C’est cette relation complexe d’interdépendance qui aurait conduit la France à saluer hâtivement l’élection d’Ali Bongo alors même que la cour constitutionnelle du pays n’avait pas encore rejeté un recours de l’opposition sur des fraudes massives, selon des opposants gabonais et des experts.
Dans un documentaire diffusé en décembre 2010, Michel de Bonnecorse déclarait que les premiers résultats donnaient Ali Bongo battu par son adversaire André Mba Obame à 42% contre 37%.
Robert Bourgi aurait aussi initialement reconnu la défaite du fils Bongo. "Le petit a perdu, le petit a perdu!", aurait-il lancé pris de panique à des proches de Nicolas Sarkozy au soir du vote, selon un témoin oculaire de la scène à Paris, cité dans "Le scandale des biens mal acquis".
Pour Mike Jocktane, "l’empressement avec lequel la France a reconnu l’élection frauduleuse d’Ali Bongo en 2009 s’explique par les mallettes distribuées".
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Le choix gabonais de Nicolas Sarkozy, par Philippe Bernard
Lu pour vous dans le journal le Monde.
Encore Bolloré, comme pour le port de Pointe-Noire, Nicolas Sarkosy se mouille la chemise pour aider son ami Bolloré. La françafrique n'était pas mort avec Papa Bongo.
Voici ce que donc le journal français écrit à propos de la visite de Sarkosy en Afrique.
Analyse
Le choix gabonais de Nicolas Sarkozy, par Philippe Bernard
LE MONDE | 23.02.10 | 13h06 • Mis à jour le 23.02.10 | 13h06
Aucun autre pays d'Afrique n'a eu le privilège d'accueillir le président de la République française trois fois en moins de trois ans. C'est au Gabon d'Omar Bongo que Nicolas Sarkozy, tout juste élu en 2007, avait choisi de faire étape, pour son premier voyage sur le continent noir. C'est au Gabon en deuil que le chef de l'Etat français s'est rendu, en juin dernier, pour les obsèques du potentat qui a régné quarante-deux ans durant sur ce petit émirat pétrolier et profrançais du golfe de Guinée.
C'est à nouveau au Gabon, celui d'Ali Bongo, fils du précédent, élu en août dans des conditions contestées, que le président français a décidé de se rendre, mercredi 24 février. Il devrait y célébrer le renouveau de l'"amitié franco-gabonaise" marquée par le choix de Libreville (plutôt que Dakar) comme localisation de l'unique base militaire que la France entend conserver en Afrique de l'Ouest et par la signature d'un vaste "plan d'action" concerté.
M. Sarkozy devrait aussi exprimer l'espoir que place Paris dans le nouveau président Bongo, qui prône un "meilleur partage des richesses" et promet un "Gabon émergent". Après cette visite d'amitié, le ton sera tout autre à Kigali (Rwanda), où le président doit passer quelques heures, jeudi 25 février, pour sceller une réconciliation diplomatique avec le régime du général Kagame, qui considère la France comme un complice du génocide de 1994.
Pourquoi Nicolas Sarkozy, autrefois avocat de la "rupture" avec la "Françafrique", multiplie-t-il les signes de bienveillance avec le pays qui symbolise jusqu'à la caricature ces relations incestueuses ? Pourquoi la France continue-t-elle de concentrer tant d'attention sur ce petit pays de moins de 1,5 million d'habitants aux richesses pétrolières déclinantes ? La France s'en défend, mais elle a aidé à l'élection du fils d'Omar Bongo, considéré comme le meilleur garant de la stabilité du pays et des intérêts français. Logiquement, Paris attend les dividendes de sa sollicitude. Les Français, déjà très présents dans l'exploitation du pétrole (Total), du bois (Rougier) et du manganèse (Comilog) ne se résolvent pas à laisser d'autres leur tailler des croupières. Vincent Bolloré s'intéresse de près à l'extension du port de Libreville.
La France espère aussi qu'Ali Bongo renégocie la convention conclue en 2008 par son père avec une société chinoise pour l'exploitation de l'immense gisement de fer de Belinga. Le même français Bolloré convoiterait le marché de la logistique et du transport du minerai.
La situation géographique du Gabon, au coeur du continent, à portée d'avion de la plupart des zones de crise, constitue un autre atout aux yeux de Paris. D'autant que le régime gabonais, peu émancipé de l'ancien colonisateur, ne voit aucun inconvénient à continuer d'accueillir une base de l'armée française qui lui sert d'assurance-vie depuis quatre décennies.
Le fait que le Gabon siège au Conseil de sécurité de l'ONU jusqu'à la fin 2011 et qu'il le présidera en mars, au moment où pourrait avoir lieu le débat sur les sanctions contre l'Iran, explique aussi l'étape du président français à Libreville.
Si Nicolas Sarkozy veut croire qu'Ali Bongo est capable de rompre avec le mode de gouvernement de son père, mélange d'autoritarisme cynique, de clientélisme bonhomme et de prédation financière, c'est que le personnage d'Ali Bongo, qui affiche son volontarisme politique sans renier un mode de vie bling-bling, est sans doute familier au président français. C'est aussi que l'époque a changé.
Timidement, la démocratie fait son chemin au Gabon, et la France, depuis le génocide au Rwanda, ne veut plus apparaître en sauveteur de régimes décriés. Reste la réalité gabonaise : celle d'un pays potentiellement prospère mais parsemé de bidonvilles et où l'espérance de vie ne dépasse pas 57 ans. Les premières décisions d'Ali Bongo - instauration de la journée continue pour améliorer la productivité, augmentation des salaires, recensement des fonctionnaires pour éliminer les postes fantômes, interdiction de l'exportation de grumes de bois pour favoriser leur transformation sur place - témoignent d'une volonté de "TsunAli", comme le surnomment ses partisans, de remettre en marche rapidement un pays paralysé par quarante-deux ans d'oligarchie.
Ces mesures resteront la "poudre aux yeux" lancée par le "monarque" Bongo II que dénoncent les opposants, si Bongo fils ne veut ou ne peut imposer la transparence, tant de sa gouvernance que du patrimoine de sa propre famille. La révélation, en février, par un rapport du Congrès des Etats-Unis, d'opérations de blanchiment d'argent, et les virements occultes de plusieurs centaines de milliers de dollars dont son épouse d'alors, Inge Lynn Collins Bongo, et lui-même "ont bénéficié" entre 2000 et 2003, montrent que les mauvaises habitudes d'Omar Bongo n'ont pas nécessairement pris fin avec sa disparition.
Nicolas Sarkozy semble peu regardant sur cet aspect du régime Bongo, puisqu'il a tout fait pour étouffer, en France, l'affaire des "biens mal acquis" (actuellement en instance à la Cour de cassation). S'il paraît considérer Ali Bongo comme un modèle, c'est sans doute que l'Afrique francophone, entre président vieillissant (Sénégal) ou absent (Cameroun), potentat agrippé au pouvoir (Côte d'Ivoire) et militaires putschistes (Guinée, Niger) offre bien peu de références positives.
Courriel : bernard@lemonde.fr.
Philippe Bernard (Service International)
Article paru dans l'édition du 24.02.10
Le président gabonais Omar Bongo (1935-2009)
WSWS : Nouvelles et analyses : Afrique
Un outil de l'impérialisme français en Afrique
Par Olivier Laurent 8 septembre 2009
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Omar Bongo, président du Gabon, est décédé le 7 juin d'un cancer des intestins dans un hôpital espagnol, après être resté au pouvoir près de 42 ans. Mis à part ses démêlés avec la France au cours des dernières années, sa carrière aura été consacrée à la défense des intérêts commerciaux et stratégiques de l'impérialisme français en Afrique subsaharienne. Elle témoigne de la faillite des régimes bourgeois-nationalistes auxquels la France a confié le pouvoir lors de la décolonisation.
Politicien habile, Bongo conserva le pouvoir en plaçant les ressources de son pays appauvri mais riche en pétrole entre les mains de compagnies pétrolières et de politiciens étrangers. N'étant pas en mesure d'apporter une solution aux fortes divisions internes et à la pauvreté du Gabon – héritages de la domination coloniale française – le régime de Bongo ne s'est maintenu que grâce à l'armée française. Faisant preuve d'un cynisme bien représenté par ses conversions religieuses répétées dans des buts politiques, il a amassé une immense fortune personnelle en prenant sa part des revenus extorqués à son pays.
Après la mort de Bongo, la lutte pour sa succession a été confinée à l'intérieur du parti dirigeant, le Parti démocratique gabonais (PDG), entre sa fille Pascaline et son fils Ali. En fin de compte, Ali a été désigné candidat du PDG et a remporté les élections du 30 août.
Omar Bongo est né Albert-Bernard Bongo dans une famille de fermiers de 12 enfants au Sud du Gabon. Orphelin à 12 ans, il est élevé par un oncle travaillant pour l'administration coloniale. À 17 ans, il quitte ce foyer pour Brazzaville, capitale du Congo français voisin, et y travaille au bureau des postes.
À son arrivée à Brazzaville, il rejoint la franc-maçonnerie et la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) socio-démocrate. La Franc-maçonnerie, une société secrète bourgeoise athée, avait maintenu une longue tradition dans l'administration coloniale. Durant la seconde guerre mondiale, elle aida à mobiliser des parties de l'administration coloniale derrière de Gaulle, contre le chef du régime de Vichy collaborant avec les Nazis, Philippe Pétain, qui persécutait les francs-maçons.
Bongo effectua son service militaire pour l'armée française de 1958 à 1960 dans les services de renseignement de l'armée de l'air où il atteignit le grade de Lieutenant, puis il retourna brièvement travailler pour la Poste dans la capitale gabonaise, Libreville. La même année, la France accordait officiellement l'indépendance au Gabon.
Ses relations ouvrirent à Bongo les portes de la politique française ; plus tard dans sa vie, Bongo plaisantera en disant qu'il avait toujours sa carte de membre de la SFIO.
Plus important, Bongo faisait cette entrée dans la politique bourgeoise française à un moment clef. Discrédité par sa capitulation devant l'Allemagne nazie puis par ses guerres perdues pour conserver ses colonies en Algérie et en Indochine, l'impérialisme français était occupé à développer une couche de la petite bourgeoisie indigène pour protéger ses intérêts dans l'appareil d'Etat local.
La décolonisation : une trahison des masses
À la conférence de Brazzaville en 1944, le chef de la résistance bourgeoise, le Général Charles de Gaulle, promit d'abolir le Code indigène discriminatoire qui était en place de longue date. Il présenta pour le remplacer un vague plan où les Africains, selon ses propres mots, « pouvaient s'élever peu a peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. » Le gouverneur général de l'Afrique équatoriale française de l'époque, Félix Éboué, était lui-même un noir, de Guyane, et également franc-maçon et socio-démocrate. Il défendit à la conférence une politique d'« assimilation », qui fut acceptée.
La répression massive et les guerres coloniales qu'il fallait mener pour maintenir le contrôle de la France dans les colonies se révélèrent trop coûteuses pour l'économie française ravagée par la guerre et trop impopulaires auprès de la classe ouvrière française. Entre 1945 et 1960, la France dépensa 32,5 milliards de Francs-or dans ses colonies, soit le double de ce qu'elle recevait du plan Marshall américain pour la reconstruction d'après-guerre. Comme le disait de Gaulle, « C'est un fait, la décolonisation est notre intérêt, et donc c'est notre politique. »
Mais en même temps, l'impérialisme français n'avait aucune intention d'abandonner le contrôle de ses colonies, d'où il tirait des matières premières de grande valeur et une main d'œuvre à bas prix. Le résultat fut ce que l'on appelle la Franceafrique : en échange du pouvoir formellement accordé à une couche de la petite bourgeoisie africaine, l'impérialisme français pourrait continuer à exploiter ses ex-colonies.
Bongo expliquera plus tard cet arrangement comme ceci : « Le Gabon sans la France, c'est une voiture sans conducteur. La France sans le Gabon, c'est une voiture sans essence. »
Si l'impérialisme français a été capable de mener à bien cette politique, c'est d'abord grâce aux trahisons répétées des luttes de la classe ouvrière par la SFIO et le Parti communiste français (PCF). Dans les luttes insurrectionnelles lors de la libération du joug nazi en 1945, et dans les multiples vagues de grèves d'après-guerre, ces partis ont mis leur poids politique au service de De Gaulle qui a construit son régime en gagnant le soutien des autorités françaises qui avaient dirigé le pays sous les Nazis.
Les socio-démocrates et les staliniens l'ont aidé à mener les luttes coloniales de la France, notamment par les politiques de guerre appliquées par le Premier ministre Guy Mollet, de la SFIO, en Algérie.
La perspective nationale du PCF a également aidé l'impérialisme français à recruter les cadres africains avec lesquels il allait continuer à diriger l'Afrique. Les Groupes d'études communistes (GEC) affiliés au PCF se sont liquidés dans une suite de partis bourgeois-nationalistes africains regroupés dans le Rassemblement démocratique africain (RDA) – dont le dirigeant le plus connu était le futur président de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny. Au Gabon, le RDA était représenté par Léon Mba, futur président du Gabon et parrain de Bongo en politique.
Le prolétariat étant politiquement étouffé par les socio-démocrates et les staliniens, la bourgeoisie française allait pouvoir déployer toutes ses ressources financières et militaires au Gabon – non pour réparer les ravages de la colonisation mais pour piller ses ressources naturelles et s'en servir comme d'une base pour ses intrigues en Afrique.
Les gaullistes ont créé un complexe système de réseaux et de groupes de pression en Afrique, permettant à la bourgeoisie française non seulement de réaliser des profits colossaux, mais aussi de planifier une longue liste d'assassinats, de coups d'états et d'interventions militaires.
Le principal organisateur de ces réseaux était Jacques Foccart. Ancien combattant de la résistance, Foccart était connu comme le « Monsieur Afrique » de De Gaulle, puis des présidents Georges Pompidou et Jacques Chirac. Foccart contribua également à la création du SAC (Service d'action civique) – le service d'ordre du mouvement gaulliste qui participa à de nombreux actes de violence contre des étudiants de gauche et des grévistes en France.
Le régime qui se développa sous Bongo – une dictature à parti unique tributaire du soutien militaire français pour réprimer les masses à chaque crise interne majeure – correspondait parfaitement aux besoins de l'impérialisme français.
La Franceafrique : comment Bongo arriva au pouvoir
Bongo fit rapidement ses premiers pas en politique, se servant de ses relations dans la Franc-maçonnerie pour participer à la première campagne électorale du Gabon indépendant, en 1961. Il parvint à se faire repérer et courtiser par les deux principaux politiciens qui se disputaient le pouvoir : Léon Mba et Jean-Hilaire Aubame.
Aubame était favorable à un régime parlementaire, alors que Mba préférait une présidence forte. Bongo s'engagea finalement aux côtés de Mba, qui était également le candidat favorisé par De Gaulle. Avant l'indépendance du Gabon, Mba et Bongo avaient tous deux exprimé le souhait que le Gabon devienne un département français, faisant formellement partie du territoire au même titre que la Guadeloupe ou la Martinique, avec le drapeau français inséré dans le drapeau Gabonais.
Ayant perdu les élections, Aubame accepta de devenir le Premier ministre de Mba. Mais Mba ne lui faisait pas confiance et essaya de le faire assassiner en 1963. Il échoua, ce qui produisit en retour un coup d'état qui mit brièvement Aubame au pouvoir en 1964.
La France intervint en envoyant des parachutistes remettre Mba au pouvoir. Bongo fut emprisonné durant ce coup d'état. On dit que c'est à partir de cette expérience qu'il conclut qu'il ne pouvait pas faire confiance à l'armée gabonaise, et qu'il valait mieux s'appuyer sur les troupes françaises.
Bongo devint ministre de la défense en 1965, remplaçant Mba lorsque la santé de celui-ci se détériora la même année. Il fut nommé Vice-président et exerça l'intérim à la mort de Mba en 1967. Il déclara rapidement un système de parti unique, dirigé par son propre parti, le Parti démocratique gabonais (PDG).
Bongo transforma le Gabon en un poste avancé des intérêts français en Afrique. Il aida la France à soutenir la guerre de sécession menée par la province nigériane du Biafra, riche en pétrole. Foccart organisa l'envoi d'armes au Biafra, les cachant dans des cargaisons d'aide humanitaire que la Croix-Rouge envoyait par avions en utilisant l'aéroport de Libreville. Il y envoya également de nombreux mercenaires, dont le plus connu des aventuriers français, Bob Denard.
L'association caritative catholique Caritas participa également au soutien logistique des combattants biafrais. C'est à ce moment-là, en 1968, que Bongo se convertit au catholicisme et rendit visite au Pape Paul VI.
Bongo allait continuer à soutenir les interventions françaises en Afrique. En 1977, il couvrit la tentative avortée du Président français Valéry Giscard d'Estaing de renverser le dirigeant nationaliste du Bénin, Mathieu Kérékou. Cette décision est remarquable : Bongo aurait pu aider ses alliés gaullistes comme Jacques Chirac, qui étaient des opposants de Giscard, en révélant l'affaire. Mais, sur ces questions, Bongo respectait les intérêts stratégiques supérieurs de l'impérialisme français.
Le pillage du Gabon
Au début des années 1970, le pétrole devint la principale exportation du Gabon. Le pays rejoignit l'OPEC en 1975. Pour préparer cette entrée, Bongo s'était converti à l'Islam en 1973, sur les conseils du dictateur libyen Muhammad Kadhafi, et changea son prénom en Omar.
L'industrie pétrolière gabonaise était dirigée en grande partie par la compagnie pétrolière française Elf, aujourd'hui absorbée par Total. Mis à part une petite portion utilisée pour acheter la clique de dirigeants gabonais autour de Bongo, les revenus du pétrole étaient empochés par une couche d'hommes d'affaires et de politiciens français corrompus.
Elf était une création politique, complètement intégrée aux réseaux de la Franceafrique mis en place par De Gaulle et Foccart, conçue pour l'avancement des intérêts stratégiques de l'impérialisme français dans l'Afrique nouvellement "indépendante". Profondément corrompue, Elf a financé diverses initiatives politiques et stratégiques françaises et généré une série de scandales, notamment ces dernières années au sujet de commissions lors de la vente par la France en 1991 de six frégates à Taiwan.
L'ex-président d'Elf, Loïc Le Floch-Prigent condamné en 2003 pour avoir détourné des millions d'euros provenant d'Elf, déclara devant les juges : « En 1962, [Pierre Guillaumat] convainc [le général de Gaulle] de mettre en place une structure parallèle autour de vrais techniciens du pétrole. [En créant Elf à côté de Total] les gaullistes voulaient un véritable bras séculier d'État, en particulier en Afrique, [...] une sorte de ministère du pétrole inamovible, [...] une sorte d'officine de renseignement dans les pays pétroliers. »
Lorsqu'on lui demanda d'expliquer les relations d'Elf avec ses fournisseurs de pétrole africains, Le Floch-Prigeant déclara : « Appelons un chat un chat. L'argent d'Elf part en Afrique et revient en France. »
Cet argent permit également aux forces de droite d'influencer la politique française. Bongo finança Giscard d'Estaing en 1974 contre le candidat de centre droit Chaban-Delmas, puis Jacques Chirac dans toutes les élections présidentielles suivantes, et Sarkozy en 2007.
En 1989, le président François Mitterrand du Parti socialiste obtint que cet argent puisse dorénavant profiter à la gauche comme à la droite. Le Floch-Prigent témoigna : « En septembre 1989, je m'en suis ouvert au président de la République. Je lui ai demandé : "Voulez-vous ou non que je ferme le robinet" ? Réponse du président : "Ah ! non, nous continuons ce qui a été mis en place par le général de Gaulle." Il m'a simplement demandé de rééquilibrer les choses, sans toutefois oublier le RPR. »
Bongo était ainsi en charge d'un système où l'économie du Gabon était pillée dans l'intérêt d'une fine couche de politiciens et d'hommes d'affaires français corrompus. Reflétant ses riches ressources minérales, le Gabon a un PIB assez important de 21,4 milliards de dollars par an, soit 14 400 dollars par habitant. C'est-à-dire quatre fois le PIB par habitant de la plupart des pays d'Afrique subsaharienne. Pourtant, cet argent étant largement siphonné par la France et la clique au pouvoir autour de Bongo, les Gabonais restent empêtrés dans une pauvreté affligeante.
L'espérance de vie à la naissance y est de 53 ans, mettant le Gabon à la 198e place mondiale, et il n'y a que 29 médecins pour 100 000 habitants. Seulement 3,8 pour cent du PIB gabonais est dépensé pour l'éducation, le mettant à la 118e place mondiale. Le Service d'informations des Nations unies, l'IRIN, note que 30 pour cent de la population vit sous le seuil de pauvreté officiel, et que « Selon le FMI, les indicateurs sociaux du Gabon sont plus proches de ceux des pays à faible revenus d'Afrique sub-saharienne. »
Selon l'ex-juge d'instruction française Éva Joly, qui dirigea une enquête sur les affaires de Bongo, le Gabon ne construit que cinq kilomètres de routes par an, pour un réseau total qui ne fait que 900 kilomètres.
À l'autre extrémité du spectre social, une très fine couche de Gabonais se porte très bien. Dans un récent numéro de Jeune Afrique (l'édition internationale), l'on apprend qu'ils voyagent en jets privés de Libreville à Paris pour une journée de shopping dans le 8e arrondissement, ou que l'année dernière, le Gabon était le quatrième importateur africain de grands crus de Champagne, avec 181 000 bouteilles.
État dont la richesse s'appuyait largement sur les revenus pétroliers, le Gabon reste toujours vulnérable aux chutes des prix du pétrole sur les marchés internationaux. De 1986 à 1990, les bas prix du pétrole ont généré une série de grèves massives dans tous les secteurs économiques et parmi les étudiants. En 1988, Bongo entama des discussions avec ses opposants politiques, dont la personnalité la plus marquante était le père Paul Mba Abessole. Bongo espérait qu'ils pourraient orienter la colère populaire dans une direction sans dangers pour lui, mais il hésitait toujours à accorder un système multipartite.
Le 16 janvier 1990, les étudiants de l'Université Omar Bongo à Libreville firent grève contre le manque de moyens. Cette grève fut appelée la « grève de la Diarrhée, » parce qu'elle avait débuté à cause d'une intoxication alimentaire générale des étudiants à la cantine du campus. Le lendemain, la police évacuait l'Université par la force. À partir du 18, les troubles se propageaient dan toute la ville, impliquant toutes les catégories de la population.
Le 24 février, Bongo obtint la capitulation des étudiants en offrant de payer les dégâts et en les invitant publiquement à un festin dans son palais. Mais seulement deux jours plus tard, des grèves éclataient dans le contrôle aérien, les stations services, les chemins de fer et la compagnie d'électricité. Les émeutes reprenaient de plus belle, et l'armée prenait position autour du palais de Bongo.
Le 21 mars, les travailleurs des raffineries de pétrole, représentant 70 pour cent des exportations du Gabon, se mettaient en grève également. Le 23 mars Bongo essaya de calmer les choses en appelant à une conférence nationale sur un système multipartite, mais les grèves se poursuivirent. Le 27, il déclara un couvre-feu dans tout le pays.
Le système multipartite fut finalement proclamé le 19 avril, mais la vie des Gabonais ne s'améliora pas pour autant. Le 23 mai, suite à la mort d'un des chefs de l'opposition, Joseph Rendjambe, une émeute éclata à Port-Gentil durant laquelle le consulat de France fut incendié. Les troubles se propagèrent à nouveau rapidement au reste du pays. Dès le lendemain, la France envoya des troupes, officiellement pour évacuer ses 1800 ressortissants qui se trouvaient au Gabon. Les troupes s'assurèrent également du contrôle des raffineries de pétrole. Le 31 mai, les troupes françaises reprirent le contrôle de la situation et maintinrent Bongo au pouvoir.
Lors des premières élections multipartites en novembre 1990, le parti de Bongo remporta 63 sièges contre 57 aux divers partis d'opposition. Les premières élections présidentielles avec plus d'un candidat eurent eu lieu le 5 décembre 1993, Bongo y fut réélu au premier tour avec 51,1 pour cent des voix, suivi par Abessole. Les troubles qui suivirent cette élection, largement suspectée d'être une fraude, finirent par pousser Bongo à signer ce que l'on appelle les Accords de Paris avec l'opposition.
Après 1990 : une érosion de la Franceafrique
L'influence française au Gabon et plus largement en Afrique commença à s'affaiblir dans les années 1990. Ce n'était pas une conséquence d'une quelconque indépendance grandissante des dirigeants comme Bongo face à l'impérialisme mondial, ni d'une opposition politique efficace contre Bongo parmi l'élite dirigeante gabonaise – laquelle a toujours été arrosée par Bongo avec les fonds de l'état.
En fait Bongo, comme d'autres dirigeants africains, développait des liens plus étroits avec d'autres grandes puissances ; initialement l'impérialisme américain, et plus récemment la Chine.
Après l'effondrement de l'URSS en 1991 et la suppression de la concurrence soviétique en tant qu'ennemi commun des impérialismes américains et français, Washington a pu poursuivre une politique plus agressive dans l'« arrière-cour » africaine de Paris. Cela peut s'observer dans les relations commerciales du Gabon. En 1990, la France était le principal partenaire commercial du Gabon, avec 38 pour cent des exportations et 60,6 pour cent des importations. L'Amérique du Nord comptait pour respectivement 22 et 11 pour cent. Aujourd'hui, la France est troisième pour les exportations à seulement 9,4 pour cent, et sa position dominante pour les importations s'est dégradée, à 28 pour cent.
Les États-Unis contribuèrent au remplacement des régimes, soutenu par la France, de Mobutu au Zaïre (ex-Congo Belge) en 1997, et d'Habyarimana au Rwanda en 1994. Paris protégea le régime Hutu au Rwanda, dont le génocide contre les Tutsis et les Hutus de l'opposition fit 800 000 morts. La guerre civile qui éclata au Zaïre (Aujourd'hui la république démocratique du Congo) fit plusieurs millions de victimes.
Bongo était trop lié à la France pour renverser son alliance du jour au lendemain, mais il cultiva des liens avec les États-Unis aussi. Durant la guerre civile dans la République du Congo voisine entre 1993 et 1999, il vendit des armes à la fois à la marionnette d'Elf, Denis Sassou Ngesso, et à Pascal Lissouba, qui voulait transférer les contrats pétroliers à la compagnie américaine Oxy. Le Gabon étant l'un des rares pays de la région à ne pas sombrer dans la guerre civile, Bongo essayait en même temps de se donner les airs d'un négociateur utile pour la paix en Afrique.
Au début de la décennie actuelle, Bongo se rapprocha des États-Unis. En 2000, une commission du Sénat américain dirigé par le démocrate Carl Levin estima que Bongo avait déposé 130 millions de dollars sur ses comptes à la Citybank de New York entre 1985 et 1997. Le 9 novembre 2005, le New York Times, révélait que Bongo avait versé 9 millions de dollars au lobbyiste américain Jack Abramoff pour arranger une rencontre avec Bush. Bongo nia ces affirmations.
Les tensions engendrées par les enquêtes en France, par exemple sur l'affaire Elf, ont entaché les relations entre Paris et Bongo. Dans sa nécrologie de Bongo, le Figaro a écrit qu'« Il savait tout sur tous, sa meilleure assurance-vie : "Je ferais couler beaucoup de gens", disait-il, en guise de menace à peine voilée. »
Bongo lui-même était dans le collimateur de la justice française dans l'affaire dite des « Biens mal acquis ». Bongo, le président Ngesso du Congo-Brazaville et le président Teodoro Obiang Nguèma de Guinée Équatoriale y étaient accusés de détournement de fonds par des organisations non-gouvernementales en France. En 2008, le quotidien Le Monde révéla qu'ils possédaient pour 150 millions d'euros en appartements et maisons de luxe achetés avec de l'argent public, et ce rien qu'en France. L'enquête a été temporairement interrompue en mai 2009 et Bongo est mort avant qu'elle puisse reprendre.
Tout au long de cette période, Bongo a conservé le pouvoir en se servant des revenus du pétrole gabonais pour acheter toute une série de politiciens de l'opposition. Le cas récent le plus célèbre étant probablement celui du dirigeant de l'Union du peuple gabonais (UPG), Pierre Mamboundou, qui termina second derrière Bongo aux élections de 2005, avec 13,5 pour cent des voix. Mamboundou se réfugia brièvement dans l'ambassade d'Afrique du Sud en 2006, après que l'armée gabonaise eut fait une descente dans le quartier général de l'UPG. Mais en 2007, Bongo rencontra Mamboundou et négocia une trêve politique en échange d'un prêt de développement accordé à la ville de Mamboundou, Ndendé.
Quelles que soient les concessions faites par Bongo à ses opposants, ou celles accordées par l'impérialisme à ses rivaux gabonais, l'élection d'Ali Bongo pour succéder à son père Omar symbolise la continuité fondamentale de l'influence impérialiste au Gabon. Le géant du pétrole Total y est toujours une entreprise de première importance, un élément de la présence française dans le pays, laquelle inclut 120 entreprises ainsi que le stationnement du 6e bataillon d'infanterie de Marine française à Libreville.
(Article original paru le 5 septembre 2009)
source : www.wsws.org
"Désormais, le clan Bongo ne jouit plus de la même impunité"
LEMONDE.FR | 26.02.09 | 18h05 • Mis à jour le 26.02.09 | 18h11
Antoine Glaser est rédacteur en chef de La Lettre du continent et coauteur avec Stephen Smith de Sarko en Afrique (éd. Plon, 2008).
La justice française a saisi, jeudi 26 février, des comptes bancaires du président du Gabon. Omar Bongo avait été condamné à verser 457 347 euros au fils d'un chef d'entreprise français qui avait dû payer cette somme pour faire libérer son père, René Cardona, détenu à Libreville. Cette affaire peut-elle faire des émules et susciter de nouvelles plaintes ?
Les faits Des comptes bancaires d'Omar Bongo saisis en France
Il s'agit d'une affaire privée et relativement mineure si l'on s'en tient aux montants impliqués. Le président gabonais et sa famille était actionnaires dans la société de René Cardona. Comme ailleurs en Afrique, c'est très difficile de travailler au Gabon si on ne dispose pas de protection au plus haut niveau de l'Etat. Mais c'est moins l'aspect judiciaire de cette affaire que sa médiatisation qui nous intéresse. D'autres particuliers ayant connu le même type de problèmes que M. Cardona savent désormais que le clan Bongo ne jouit plus de la même impunité. Ce sont parfois de petites affaires qui font rebondir les gros dossiers.
Quel rapport entretient la France avec le Gabon ?
Les relations franco-gabonaises sont très anciennes. Après la guerre d'Algérie, c'est le Gabon qui a assuré, à travers Elf, l'approvisionnement énergétique de la France. Pendant toute la période de la guerre froide, Omar Bongo était "notre homme à Libreville". Il a couvert toutes les turpitudes de la France en Afrique. Ce n'est pas un hasard si les mercenaires français engagés dans la guerre du Biafra stationnaient au Gabon. Aujourd'hui encore, quand Omar Bongo descend à l'Hôtel Meurice, toute la classe politique vient lui rendre visite. De gauche comme de droite. Plusieurs Gabonais siégeaient au premier rang lors du dernier congrès de l'UMP...
Quelles sont les relations de Nicolas Sarkozy avec Omar Bongo ?
Il ne peut rien lui refuser. D'abord, Omar Bongo a toujours fait partie des principaux acteurs du "village" franco-africain. Il connaît Nicolas Sarkozy depuis ses premiers pas au RPR. Quand les deux hommes se rencontrent, les discussions portent davantage sur la politique française que sur l'état du Gabon. Leurs relations ne sont pas aussi étroites qu'à l'époque de Jacques Chirac, mais Bongo reste un homme incontournable en Afrique. C'est toujours à lui que l'on fait appel en cas de problème.
A combien estime-t-on les avoirs du clan Bongo en France ?
C'est très difficile à évaluer. Le clan Bongo est très installé dans la capitale. Le président gabonais a une quarantaine d'enfants naturels et adoptés. Tous ont fait des études en France et disposent d'appartements et de voitures. Le montant des biens de cette nomenklatura gabonaise est considérable.
D'où vient cette fortune ?
Le Gabon est un petit pays peuplé d'un million d'habitants, dirigé depuis cinquante ans par le même homme. De son palais du bord de mer, Omar Bongo règne en patriarche. Sa fille Pascaline dirige le cabinet présidentiel. Son fils Ali est ministre de la défense. Beaucoup d'enfants sont à la tête de sociétés d'Etat. Tous les barons régionaux sont cooptés. Cela crée des réseaux politiques et financiers très intégrés. Il faut savoir que 80 % à 90 % des recettes du Gabon viennent du pétrole.
La médiatisation de l'affaire des biens immobiliers et, aujourd'hui, du procès Cardona sonne-t-elle le glas d'une certaine politique africaine ?
La "Françafrique" est comme un gros bateau : même si elle est en phase finale, elle ne va pas disparaître du jour au lendemain. Paris peut toujours compter sur Omar Bongo pour lui rendre service. C'est le président gabonais qui a organisé la rencontre de Carla Bruni-Sarkozy avec Nelson Mandela en février 2008. C'est Libreville qui a servi de plate-forme lorsqu'il a fallu évacuer certains citoyens Français du Tchad. C'est Ali Bongo qui est intervenu pour faire libérer les journalistes français emprisonnés à Niamey.
Mais le système se délite. La politique française en Afrique est en train de se judiciariser. En témoignent l'Angolagate, l'affaire Borel à Djibouti, l'affaire Kieffer en Côte d'Ivoire ou encore l'affaire des biens immobiliers. Aujourd'hui, toutes ces histoires sont très médiatisées.
L'Afrique fait peur à Nicolas Sarkozy. Il souhaite se désengager du continent, d'autant plus que la France, en perte d'influence, n'a plus les moyens d'une politique bilatérale comme à l'époque de la guerre froide. Ce n'est pas un hasard si Nicolas Sarkozy répète à qui veut l'entendre que la France a plus d'intérêts au Proche et au Moyen-Orient.
UNE MUTUELLE SANTE/TRANSPORT PAR LES MALIENS DE FRANCE
Chers Internautes, je vous donne ci-dessus à lire un exemple concret de ce que la diaspora d'un pays d'Afrique peut faire pour le bien d son pays. Cet exemple devrait être fait dans tous les pays d'Afrique c'est-à-dire Utiliser l'intelligence de la diaspora pour la transformation socio-écnomique du pays. Dans le cas malien qui nous concerne, on doit note que cette expérience de collaboration gouvernants-diaspora est rendue possible par le fait que ce pays est entré résolument dans la démocratie et surtout que ces dirigeants ont depuis longtemps compris l'importance qu'il y avait à asssocier la diaspora dans la marche intérieur du pays. Le Mali a dans son parlement des representants des Maliens de l'étranger. Ce qui n'est pas le cas des dictatures d'Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Congo démocratique, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad pour ne citer que ces pays) qui s'alienent de l'action de leur diaspora. Tout ceci s'expliquant par le fait ces gouvernants étant d'essence dictatoriaux et de nature hypermédiocrité craignent comme la peste leur diaspora. En effet en mettant l'intelligence de leur diaspora au service de la résolution de problèmes du pays, ils craignent que les populations viennent à constater de façon évidente et irréfutable leurs carences et de facto qu'ils perdent leur pouvoir, surtout en plus de leurhypermédiocrité ils ont tous des égos super dimensionnés. Leur faisant oublier qu'ils nuisent plus que jamais à leurs populations. Commentaire : Le pangolin
COMMUNIQUE DE PRESSE
Dans le cadre du Projet de mise en place d´une mutuelle santé/transport, le comité technique parisien composé de représentants d´associations de migrants Maliens et l´association des diplômés et étudiants maliens de France (ADEM-France) , vous invitent à la journée de restitution de l´étude de faisabilité soutenue par le Ministère du développement social, de la solidarité et des personnes âgées du Mali.
L´étude de faisabilité d´une mutuelle santé/transport a été menée en décembre 2008 par l´Union technique de la mutualité malienne (UTM) dans 20 villages maliens tous situés dans la région de Kayes d´où proviennent la grande majorité des migrants Maliens en France.
L´étude a été menée en faveur des familles de la diaspora malienne de France restées au pays par une équipe composée du personnel du Ministère du développement social, de la solidarité et des personnes âgées du Mali.
La journée de restitution des résultats de l´enquête de faisabilité, initiée par des associations de migrants, sera animée par l´équipe de l´Union technique de la mutualité malienne (UTM) et du Ministère du développement Social, de la solidarité et des personnes âgées du Mali. Des représentants des migrants qui ont participé à l´étude dans leurs villages respectifs témoigneront de la pertinence de l´étude et du projet pour l´amélioration de leurs conditions de vie quotidienne.
La journée de restitution de l´étude aura lieu le dimanche 8 février 200, à l'AGECA sise 177 rue de Charonne 75011 Paris, de 13h30 à 16h30.
Date de la restitution : dimanche 8 février 2009 à 13h30 à 16h30
Adresse : AGECA
117 rue de Charonne 75011 Paris
Métro : ligne2 (station Charonne)
Contacts :
Ismael SACKO
Consultant du projet
Tél. : 06 63 34 49 40
Email : i.sacko@voila. fr
Mahamet TRAORE
Chargé de communication du comité technique
Tél. : 06 59 57 93 53
Gabon / De la construction du nouvel aéroport de Libreville à Malibé II et du retour d’AREVA dans le Haut Ogooué

Gabon / De la construction du nouvel aéroport de Libreville à Malibé II et du retour d’AREVA dans le Haut Ogooué
LIBREVILLE, Gabon, 14 janvier 2009/African Press Organization (APO)/ — Les activités officielles du Chef de l’Etat, Hadj Omar Bongo Ondimba, ont été ponctuées entre autres ce mardi 13 septembre, par deux audiences accordées successivement au directeur commercial Afrique de l’entreprise française Bouygues, Jacques Bergeaud, venu échanger sur la faisabilité du nouvel aéroport dont la construction lui incombe ; puis l’entretien accordé à Anne Lauvergeon, présidente du directoire du groupe minier AREVA de retour au Sud-est du Gabon.
Compte tenu de l’appel d’offre international de 2006 qui a vu la société Bouygues remporter le marché de construction du nouvel aéroport de Libreville, la délégation de cette entreprise française de BTP s’est rendue ce mardi 13 janvier 2009 à la présidence, pour accorder la faisabilité du projet de construction de cette infrastructure à Malibé II sis au Cap Estérias, banlieue de la capitale, sous l’égide du président Bongo Ondimba.
Selon toute vraisemblance, le chantier de construction de l’aéroport de Malibé II pourrait être entamé courant 2009, à l’issue des audiences et réunions durant lesquelles les responsables de Bouygues et le Gouvernement ont été échangé en vue de son démarrage imminent, selon les instructions du président de la République.
Prenant par à cette audience, le ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Blaise Louembé, a reçu instructions précises du chef de l’Etat que soient en mises en œuvre toutes les mesures nécessaires au début urgent des travaux ; tant il attache du prix à ce grand projet faisant partie des engagements du septennat en cours.
Par ailleurs le groupe AREVA, introduit chez le président de la République par le ministre de tutelle, Casimir Oyé Mba, ministre des Mines, a exprimé sa volonté de revenir saisir les nouvelles opportunités d’exploitation de l’uranium qui s’offrent au Gabon. AREVA entend ainsi se relancer dans l’exploration, prospection de nouveaux gisements de cette mine dans la province du Haut-Ogooué (Sud-est du pays).
Sur un autre plan, les responsables de l’entreprise minière AREVA ont également proposé, par rapport aux problèmes liés à la préservation de l’Environnement à Mounana, la création d’un observatoire où siègeront des représentants d’AREVA, du gouvernement et de la société civile.
SOURCE : Gabon - Presse Présidentielle
Gabon : Liberation des militants de la société civile
Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise BP 1421 - 51065 Reims Cedex COMMUNIQUE
12 janvier 2009 GABON : LIBERATION CE SOIR DES MILITANTS, DU JOURNALISTE ET DU GENDARME DETENUS AU GABON
Ce soir, 12 janvier 2009, Grégory Gnbwa Minsta (plaignant dans l'affaire des Biens Mal Acquis), Marc Ona Essangui et Georges Mpaga de PWYP Gabon, Gaston Asseko, directeur technique de Radio Sainte Marie et l'adjudant de gendarmerie Jean Poaty, injustement arrêtés les 30 et 31 décembre 2008, ont été relâchés sur décision du Tribunal de Libreville. Il faut maintenant obtenir la levée des chefs d'inculpation. Toute la lumière sera faite un jour sur ce «Complot du Réveillon» conçu par l'entourage présidentiel lui-même en vue de sa prise programmée du pouvoir. L'objectif inavoué de ce complot était de décrédibiliser la plainte à Paris contre les Biens Mal Acquis, d'étouffer la liberté d'expression de la Société Civile, notamment PWYP au Gabon, et d'affaiblir d'avantage l'actuel Chef de l'Etat Gabonais. La mobilisation unanime et sans précédent du peuple gabonais, des ONG internationales, de la Société Civile, de la diplomatie internationale, des institutions religieuses et de la Diaspora Gabonaise vient de démontrer qu'il est possible de faire plier les vrais ennemis de l'Etat et des institutions de la République. Un espoir immense est né de cette épreuve. Bruno Ben-Moubamba Porte-parole des Acteurs Libres la Société Civile Gabonaise en Europe Journaliste et doctorant à l'EHESS gabonlibre@gmail.com
Littérature africaine
"ARC MUSICAL" PRÉCÉDÉ DE "EPITOMÉ" LE CHANT DES CHIMPANZÉS | ||||
CORRUPTION : PLAINTE AU GABON
COLLECTIF DES ORGANISATIONS LIBRES DE LA SOCIETE CIVILE GABONAISE
Libreville, le 13 octobre 2008
Communiqué de presse
Plainte des acteurs de la Société Civile contre le Procureur de la République Gabonaise devant la Commission Nationale de Lutte contre l’'enrichissement illicite
Le Réseau Gabonais de Bonne Gouvernance (ROLGB) présidé par M. Georges MPAGA, (Tel. +241 – 07 51 99 32) , l’ONG AFRIQUE-HORIZONS, présidé par M. Alain MOUPOPA (Tel. +241 06 73 34 73), Marc ONA ESSANGUI, Président de Brainforest (+241 07 29 41 40) agissant comme acteurs de la Société Civile au Gabon, pour la transparence et la bonne gouvernance, ont porté plainte vendredi 10 octobre contre M. Alaba Fall Bosco, Procureur de la République du Gabon et neveu du Président Omar Bongo Ondimba, devant la nouvelle Commission Nationale de Lutte contre l’enrichissement illicite.
Invoquant les articles 28 , 2 et 3 de la Loi no 2/2003 sur l'enrichissement illicite, La Société Civile a porté plainte :
- pour enrichissement illicite contre monsieur ALABA Fall Bosco, Procureur de la République Gabonaise ;
- pour complicité d’enrichissement illicite et recel contre Angue Kpako Constant, et consorts.
L’hypothèse de l’existence d’un sérieux problème posé par des avoirs bancaires somptueux (dépôts en liquides versés en 24h totalisants près de 330 millions de francs Cfa soit près de 500 000 € ou encore $ 800 000 ) du Procureur de la République auto-proclamé « chef de la justice » dans les différentes opération « mains propres » diligentés, après le discours du président Omar Bongo Ondimba contre la corruption en décembre 2007, incommensurable avec son statut de fonctionnaire et son traitement mensuel ( 1 250 000 cfa soit € 1900 ) est de nature à décrédibiliser durablement les engagements du Gabon en faveur de la bonne gouvernance devant la communauté internationale.
La Société Civile gabonaise organise une conférence de presse sur son dépôt de plainte ce Mardi 14 octobre au siège de Brainforest à Libreville. Elle y expliquera les tenants et les aboutissants de cette affaire à partir de 10 h.
Contacts presse
Pour Brainforest
Marc ONA ESSANGUI +241 07 29 4140
France : +33 (0) 668 097 358 S/C Germain Mba |
ROLBG
Georges MPAGA Tel. +241 – 07 51 99 32 |
AFRIQUE-HORIZON
Alain MOUPOPA Tel. +241 06 73 |










