Vos papiers ! Ce qu'on ne sait pas sur les contrôles d'identité
Carte d'électeur, livret de famille ou Passe Navigo… On le sait peu, mais ces documents sans photo peuvent être présentés lors d'un contrôle de police, faute d'obligation, en France, d'avoir sur soi sa carte d'identité. Résultat : en cas de doute, les vérifications s'effectuent au poste. Selon le code de procédure pénale, « toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se soumettre à un contrôle d'identité » mené par un agent de police, un gendarme ou dans certains cas, un douanier. Si elle est gratuite et répandue, la carte nationale d'identité, instituée par une décret d'octobre 1955, n'en est pas moins facultative. Seuls les étrangers, circulant sur le territoire national, sont tenus de produire des pièces spécifiques lors d'un contrôle, celles permettant d'établir la régularité de leur séjour en France (passeport, visa, carte de séjour). Lors d'un contrôle d'identité, un Français a lui l'embarras du choix pour justifier de son identité : Si le document n'a pas de photo, l'agent peut recouper l'information grâce au témoignage d'un tiers : la personne qui accompagne la personne contrôlée reconnaît que l'identité qu'elle revendique est bien la sienne. Frédéric Vidal, président du syndicat CFTC-Police, explique que cette méthode a ses limites : « Quand le policier effectue un contrôle d'identité dans un environnement hostile, il ne peut pas toujours s'assurer de la véracité des témoignages des personnes qui accompagnent la personne contrôlée. » Pour Philippe Caron, secrétaire général de l'UNSA Police, le caractère facultatif des documents tels la carte d'identité ou le passeport complique le travail des agents : « Nous sommes favorables à ce que les gens soient porteurs de moyens officiels, avec photo, qui permettent de justifier leur identité. Ça déchargerait les agents des vérifications à n'en plus finir, et ça éviterait les problèmes ». La procédure de vérification d'identité, qui s'effectue au poste et dure au maximum quatre heures, est en théorie automatique si la personne contrôlée ne fournit aucune preuve de son identité. Idem si, circulant seule, personne ne peut garantir que le nom figurant sur l'extrait d'acte de naissance (qu'elle ne quitte jamais) est bien le sien. Contacté sur le nombre de vérifications d'identité effectuées par an, le ministère de l'Intérieur n'a pas encore donné suite. Pour Yannick Diano, responsable de la communication du syndicat Unité-Police, les vérifications d'identité se compteraient en centaines de milliers : « En France, il y a probablement plus de procédures de vérifications d'identité effectuées par an que de gardes à vue [soit plus de 800 000 en 2009, en intégrant les délits routiers, ndlr]. En 2008 par exemple, il y a eu 36 000 vérifications d'identité effectuées dans le Calaisien, à proximité de la frontière avec l'Angleterre, dans le cadre de la convention Schengen et sur réquisition du procureur de la république [prononcée lors de la recherche d'une infraction précise, dans un lieu et un temps donné, ndlr] ». Avec le couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans, Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, dit redouter l'augmentation mécanique du nombre de vérifications d'identité : « On imagine que tout un tas de mineurs de 14 ou 15 ans vont être contrôlés. Très peu d'entre eux auront leur papiers sur eux et donc, il vont se retrouver au poste pour des vérifications. » Pourquoi la carte d'identité n'est-elle pas obligatoire en France ? En Allemagne, en Belgique ou en Espagne, les contrôles sont vite vus puisqu'elle yobligatoire dès l'âge de 16, 15 et 14 ans respectivement. Interrogé à ce sujet en 1992, le ministère de l'Intérieur de l'époque indiquait : « C'est le souvenir du régime de Vichy qui avait instauré une carte d'identité obligatoire et l'attitude hostile du Conseil d'Etat à l'égard de ce document lors des travaux préparatoires du décret de 1955 qui ont conduit les gouvernements successifs à ne pas remettre en cause depuis cette époque le caractère facultatif de la carte nationale d'identité. » Dans son rapport, daté du 16 juin 2005, sur le projet de la carte d'identité numérique, le Forum des droits sur l'Internet note : « La très grande majorité des intervenants de ce débat [public, ndlr] se sont opposés au caractère obligatoire, estimant que celui-ci serait une rupture avec une tradition républicaine. » Philippe Capon, président de l'UNSA-Police, observe la réticence des Français à se faire contrôler, une situation qu'il qualifie d'« aberrante » : « Dans n'importe quel magasin, si vous payez par chèque, on vous demande une pièce d'identité à partir d'un certain montant. Les gens la donnent sans discuter, alors que les agents de police rencontrent parfois des problèmes pour obtenir l'identité d'une personne lors d'un contrôle légal. » Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, oppose les abus en matière de contrôle et de vérification d'identité. La faute à la méconnaissance de la procédure : « D'une manière générale, il y a un déficit d'information des Français sur leurs droits face à la police. En particulier, sur les contrôles d'identité. Beaucoup de Français pensent qu'ils doivent sortir avec leur carte d'identité alors qu'elle n'est pas obligatoire. Ceci dit, mieux vaut, quand on peut, éviter d'être retenu quatre heures au poste. » Illustration : permis de conduire de Pierre Haski, gravure et encre sur papier, 14 cm x 10 cm, circa 1972 après J.-C. (musée de Rue89).
Vos papiers ! Ce qu'on ne sait pas sur les contrôles d'identité

Quelle pièce d'identité puis-je montrer lors d'un contrôle ?
« Décharger les agents de vérifications à n'en plus finir »
Que se passe-t-il si je n'ai aucun papier sur moi ?
Pourquoi la carte d'identité n'est pas obligatoire en France ?
« Dans un magasin, les gens donnent une pièce d'identité sans discuter »
Françafrique : Eva Joly, "la force qui nous manque"
Extrait de "La force qui nous manque" de Eva JOLY aux Editions des Arènes
Eva JOLY est conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment en Norvège. Ses deux livres précédents, "Notre affaire à tous" et "Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?", chez le même éditeur, ont été vendus à plus de 450 000 exemplaires en France et à l’étranger.
Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d‘une compétence absolue. J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.
Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’Elysée.
Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’Omar BONGO : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le gouvernement d’autre part.
J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol.
Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.
Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement.
Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.
Roland DUMAS "l’ami intime" de BONGO
Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris.
Il était alors le plus jeune chef d’Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar BONGO fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l’hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent.. Chacun se presse à ces audiences. Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de "consultant" signé par Omar BONGO et largement rémunéré. De Roland DUMAS, le président Gabonais dit qu’il est "ami intime".
Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas SARKOZY, venu "prendre conseil" en tant que candidat à l’élection présidentielle. Lorsque au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et des médias.
A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du Pnud (Programme des nations unies pour le développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières. En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…
Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela.
Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l’Etat, conçu par Pierre GUILLAUMAT un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.
La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d’Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir.
Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola, en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient…
Les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.
Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai appris en marchant. A l’arrivée, le tableau est effrayant.
L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs.
Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé.
Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant. Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.
La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde.
- Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ?
- Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ?
- Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts à s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ?
L’indépendance en Afrique : une mascarade
Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue.
L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest. L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le "gendarme" qui défendait la moitié du continent contre le communisme.
Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine. Elf était l’une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que "là-bas, c’est différent".
ü Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires.
ü Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles.
ü Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles. D’ailleurs "tout le monde fait pareil".
Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.
J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien.
Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés suisses.
La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes…
A l’image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques FOCCART, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire.
Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François MITTERAND, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection…Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.
Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés. Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts.
A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance. Mais les peuples sont comme les familles.
On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations.. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.
La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.
Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : "indigène musulman", "sujet africain non naturalisé", "Jfom" (Jeune français originaire du Magrheb), "jeune issu de l’immigration", "fils de harkis", "jeune des quartiers", "Arabo-musulman", "Français d’origine arabe", "Français musulman"…
La France de 1789, incompatible avec la françafrique
Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage.
Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo Brazzaville ce que la France leur doit ?
Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l’uranium du Niger ou ceux des mines d’or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ?
La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. Je rêve, pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif.
Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible…
Nous Sommes le Congo !
Cessons d'Avoir Peur !
Pour un Etat de Droit au Congo !
Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !
Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/
"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"
La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français.Guinée: Paris soutient l'idée d'un déploiement d'une force de paix africaine
PARIS — La France soutient l'idée d'un "déploiement d'une force de paix africaine" en Guinée, pour stabiliser ce pays d'Afrique de l'Ouest gravement menacé dans sa paix intérieure, a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Lors d'un point presse, Bernard Valéro a estimé qu'une force de paix africaine serait "susceptible de conduire à un règlement rapide, pacifique et durable de la crise que traverse actuellement la Guinée". Il n'a pas répondu à la question de savoir si la France pourrait y participer.
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait indiqué dimanche soir devant le Grand Jury Le Figaro-LCI-RTL qu'"on ne peut plus travailler" avec le dirigeant de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara.
"Le danger de guerre inter-communautaire est immense. Il s'est passé cette chose effrayante et sauvage, nous ne pouvons pas l'accepter", avait-il dit en évoquant le massacre perpétré par l'armée à Conakry il y a une semaine. "Il me semble qu'aujourd'hui, on ne peut plus travailler avec Dadis Camara, et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale", avait-il ajouté.
La répression à Conakry a fait au moins 157 morts et 1.200 blessés, selon une ONG.
Son porte-parole a souligné lundi que la France se félicitait de la désignation du président burkinabe Blaise Compaoré par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) comme "facilitateur d?une solution de sortie de crise en Guinée".
"La France encourage la CEDEAO, l?Union africaine et la Commission des Nations unies pour les droits de l'Homme, à constituer sans délai une commission d'enquête internationale afin que les responsabilités dans le massacre du 28 septembre puissent être établies de manière incontestable", a-t-il ajouté.
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La Cité de l’immigration, symbole… du courage en politique ?
Je viens vous recommander cette semaine de visiter le blog du journaliste au Monde Olivier Herviaux, c'est un blog qui parle de manière interessante de l'Afrique. Vous lirez en première page des articles sur les relations Afrique-France, cela à la faveur de la visite éclair de Nicolas Sarkozy dans les Congo et le Niger.
Il ya aussi la présentation des certains livres tout à fait intéressants pour l'Afrique.
Je vous invite pour un aperçu à parcourir sa dernière livraison parlant de la fameuse "cité de l'immigration" un lieu ouvert depuis 2007 qui continue à poser polémique en France.
Voici le lien : http://africamix.blog.lemonde.fr/
la cité de l'immigration..........
31 mars 2009
(Paris) - Ouverte depuis le 10 octobre 2007, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration n’a toujours pas été inaugurée… officiellement. Hier lundi, à l’occasion de l’ouverture de la médiathèque, Eric Besson (photo ci-dessous) remplaçant du “très efficace” Brice Hortefeux au ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire (!?), accompagné de Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, ont renoncé à prononcer leur discours… La raison ? Trop de protestataires… à l’intérieur et à l’extérieur de la Cité ! “Arrêts des rafles, arrêt des expulsions !”, “Solidarité avec les sans-papiers !” pouvait-on entendre dans l’enceinte du bâtiment, à l’initiative d’intermittents du spectacle, d’étudiants, de jeunes chercheurs… Des questions plus précises fusaient à l’encontre de deux ministres : “Est-ce que vous allez rembourser les cotisations sociales des travailleurs sans papiers que vous avez expulsés ? “, “Pourquoi salir l’éducation nationale en l’associant au ministère des expulsions ?”… Le discours de Jacques Toubon, proche de jacques Chirac, ancien ministre de la culture et président de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, était couvert par les cris des manifestants… Dehors, les forces de l’ordre essayaient de contenir les manifestants venus à l’appel d’associations comme Droits devants !! et le 9ème Collectif des Sans-Papiers. “De quelle mémoire ce musée parlera-t-il vraiment ?”, “Combien de familles et d’enfants dont les vies sont brisées ?”, entendait-on. Le départ en catimini de deux ministres aurait pu être pire : Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, et Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, avaient également programmé le déplacement à la Cité, finalement annulé pour des “raisons d’agenda”, comme on dit dans les milieux officiels, pour éviter de se dédire… Quatre ministres empêchés, ça aurait sacrément augmenté les résultats de la politique du chiffre ! Et que penser d’un ministre de l’immigration incapable ou refusant (c’est au choix du lecteur !) d’inaugurer cette Cité, symbole même des migrations qui ont construit la République ?




La Françafrique bouge encore
Livres. Tout sur les relations : Chirac, Sarko, Bongo, Gbagbo…
THOMAS HOFNUNG
La Françafrique, même pas morte ! Durant sa campagne présidentielle en 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé sa fin imminente. Pour l’avoir pris au mot, son éphémère secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, a pris la porte, à la demande expresse du champion incontesté de la Françafrique, le président du Gabon Omar Bongo. Dans un livre alerte et souvent drôle, Antoine Glaser et Stephen Smith décrivent par le menu ce revirement, symbolisé par la résurrection d’un go-between influent, l’avocat Robert Bourgi. Marginalisé sous le règne de Jacques Chirac, ce Franco-Libanais, qui a grandi au Sénégal, est parvenu - affirment les auteurs - à s’imposer dans le premier cercle de Sarkozy, aux dépens d’une cellule africaine pourtant chargée sur le papier de mettre en musique «la politique africaine de la France».
Fardeau. Avec ce livre, le tandem qui avait signé, dans les années 1990, Ces Messieurs Afrique sur les réseaux françafricains, revient à ses premières amours. Avec force anecdotes. Les auteurs racontent comment l’Elysée a fait appel à Bongo pour arracher une entrevue entre le couple présidentiel et l’icône absolue du continent africain, Nelson Mandela.
A l’issue de leur examen d’une année seulement de sarkozysme en Afrique - du Tchad au Gabon, en passant par l’Afrique du Sud -, Glaser et Smith évoquent une «régression» par rapport à la période chiraquienne, assurant que l’ex-président avait tenté de rompre avec certains usages du passé. Le terme de «mutation» serait plus approprié. Ni Bongo ni le Congolais Sassou Nguesso n’avaient trouvé porte close au palais de l’Elysée sous Chirac. Quant au dossier ivoirien, il est traité de manière nettement moins affective par le nouveau locataire de l’Elysée.
Fondamentalement, il voit l’Afrique comme un fardeau. Mais elle ne cesse de le rattraper : de l’affaire de l’Arche de Zoé au Tchad, en passant par ces dinosaures de la Françafrique qu’il côtoie depuis son ascension dans les Hauts-de-Seine, et qui l’ont activement soutenu durant sa campagne. Et nos deux auteurs de citer un analyste perspicace et goguenard de la Françafrique, le président ivoirien Laurent Gbagbo : «Il [Sarkozy] est intéressant parce qu’il n’est pas paternaliste, mais prêt à laisser tomber l’Afrique si son pays n’y trouve pas son compte.»
Coups tordus. Deux autres ouvrages s’intéressent aux turpitudes françafricaines. Ecrit par Samüel Foutoyet, de l’association Survie, le premier pointe, lui aussi le retour en grâce des bonnes vieilles habitudes sur les rives de la Seine. Avec un titre explicite : Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée. Par son côté militant, qui en fait sa limite, cet ouvrage s’inscrit dans le droit fil des livres de l’ancien président de l’association, François-Xavier Verschave. Jusqu’à sa mort, ce dernier a dénoncé la Françafrique, «le plus long scandale de la République». Ici, pas de révélation, mais une synthèse assez complète des relations de Sarkozy avec l’Afrique.
Pour une mise en perspective informée et plaisante à lire, on se plongera dans le livre de Patrick Pesnot qui a rassemblé les émissions de Monsieur X (sur France Inter le samedi) consacrées à cette mine de coups tordus qu’est la Françafrique. Le récit de cette époque où Paris faisait et défaisait les régimes ne manque pas de sel. Et, en creux, montre à quel point les temps ont changé. La Françafrique de papa, c’était quand même autre chose.
SOURCE : Libération
France / Afrique / Mission d’information parlementaire sur la politique africaine de la France / Rapport d’information sur la po

France / Afrique / Mission d’information parlementaire sur la politique africaine de la France / Rapport d’information sur la politique de la France en Afrique / Jean-Louis CHRIST
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PARIS, France, 18 décembre 2008/African Press Organization (APO)/ — Rapport d’information sur la politique de la France en Afrique / 17 décembre 2008 :
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Jean-Louis CHRIST (Président de la mission d’information parlementaire) :
Permettez moi de remercier le Président Axel Poniatowski de m’avoir confier la présidence de cette mission d’information, et de féliciter le rapporteur, Jacques Remiller, qui a su avec beaucoup de volontarisme, prendre le train en marche et transcrire avec fidélité le fruit de nos réflexions et recommandations.
Mes remerciements s’adressent aussi à mes collègues, qui tout au long de ces travaux, ont nourri et enrichi le champ de nos investigations dans un parfait esprit de collégialité.
Enfin, mes remerciements vont aux administrateurs dont les compétences ont été particulièrement appréciées dans cette entreprise.
Cette mission aussi intéressante qu’elle fût, a été révélatrice de la complexité de l’approche du continent africain aux multiples contrastes, autant sur le plan géographique et économique que dans ses dimensions historiques, politiques, sociales et culturelles.
Complexe aussi, l’histoire de nos relations entre la France et l’Afrique, qui, selon les saisons et l’éclairage de l’un ou l’autre côté de la Méditerrannée, a oscillé entre l’affectif et le rejet . Il n’en demeure pas moins que ces relations ont fini par tisser des liens privilégiés. Mais pour combien de temps encore ?
Impliquée dans les enjeux stratégiques du monde, l’Afrique se trouve aujourd’hui confrontée à des problèmes qui préoccupent l’ensemble de la communauté internationale.
Qu’il s’agisse de l’insécurité alimentaire mondiale, de la menace terroriste, des flux migratoires ou de la sécurisation des marchés et des approvisionnements, notamment énergétiques, cette situation entraîne en Afrique des conséquences démultipliées. Elle génère de surcroît de graves répercutions en Europe, révélant par là l’interdépendance de nos deux continents.
Il en va de l’intérêt de la France et de la promotion des valeurs de la République de fonder un nouveau partenariat avec l’Afrique misant sur le développement économique, la promotion d’États de droit, avec une dimension culturelle, éducative et humanitaire qui donne à la présence française toute sa spécificité.
Puisse ce rapport constituer un outil, une base de réflexion, pour concourir de manière dynamique à nourrir la réflexion sur les questions africaines et participer à la redéfinition d’une politique de la France en Afrique fondée sur un partenariat renouvelé.
Dans cette perspective, je vous expose les principales orientations et recommandations de la mission d’information susceptibles de contribuer à une refondation de notre politique en direction du continent africain.
Recommandations
Recommandation n°1 :
La Mission d’information suggère de définir des formes de partenariat spécifiques afin de mieux prendre en compte la situation de chacun de nos partenaires africains.
Recommandation n°2 :
La Mission souhaite un renforcement du rôle du Parlement français en matière de contrôle et de suivi de la politique de notre pays en Afrique.
Recommandation n°3 :
La Mission est également favorable à la création d’une commission interparlementaire « France - Parlement Pan-Africain » afin d’assurer un suivi des relations entre la France et ses partenaires africains.
Recommandation n°4 :
La Mission estime que le nouveau partenariat entre la France et les pays africains doit dépasser le cadre interétatique traditionnel et s’ouvrir à la société civile ainsi qu’au monde des entreprises.
Recommandation n°5 :
La Mission préconise d’exploiter pleinement les leviers d’action de la coopération multilatérale, qui occupe une place croissante dans les interventions de la France en faveur de la paix et de la sécurité ainsi qu’en faveur du développement de l’Afrique.
Recommandation n°6 :
La Mission d’information suggère la définition claire d’une ligne dans laquelle s’inscrit la politique de la France en Afrique. Le suivi du degré de réalisation de cette « feuille de route » serait évoqué lors du débat parlementaire sur la politique de la France en Afrique, proposé par la Mission d’information sur une base annuelle.
Recommandation n°7 :
En matière de coopération, la Mission recommande de renforcer les moyens de l’aide bilatérale en faveur de l’éducation et de la formation.
Recommandation n°8 :
En matière économique, la Mission estime nécessaire de soutenir la présence des entreprises françaises en Afrique ainsi que le développement des PME françaises
SOURCE : Assemblée Nationale française








