21 février 2011

Le Taser, l’Argent et la JUSTICE CONGOLAISE

Le Taser, l’Argent et la JUSTICE CONGOLAISE

Par Obambé GAKOSSO

QUAND IL S'AGIT D'IMPORTER les bonnes choses, les autorités congolaises ne sont jamais en première ligne. Qu'elle n'a pas été ma consternation d'apprendre ce matin au journal de 07h30' (06h30' GMT) d'Africa1 que dans la ville de Ndjindji, au bord de l'océan atlantique, une jeune fille prénommée Nathalie a été victime d'une arme électrique appelée Taser.

La chose se serait passée au mois de décembre dernier, soit il y a environ 2 mois. Mais en parcourant le Net, sauf inattention de ma part, je n'ai pas trouvé trace de cela. Bizarre, devrait-on se dire.

Mais quand on suit avec attention l'info relayée par la radio africaine et qu'on apprend qu'un commerçant libanais de 62 ans est impliqué là-dedans, on comprend mieux le pourquoi du quasi silence des sites officiels congolais à ce sujet (là aussi sous réserve que je trouve quelque chose entre temps). LE COMMERÇANT AURAIT 62 ANS et aurait fait une cour assidue à la jeune Nathalie, coiffeuse de son état.

L'occasion m'est donnée ici pour rappeler que toutes les filles et femmes ne sont pas prêtes à… comment dire, se mettre en ménage, tenter une aventure d'une heure, d'une semaine ou d'une année avec n'importe qui, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Nathalie a refusé jusqu'à ce jour macabre de décembre 2010 où cette fameuse arme aurait été utilisée contre elle, la paralysant (à ce jour encore elle est malade) de ses membres inférieures. L'affaire a été portée devant la Justice, ce qui aurait fait rire ledit commerçant libanais qui dira lui-même la sentence : Au Congo, la justice se règle à coups de millions. Comme Nathalie et sa famille n'ont pas (je suppose) de millions, ils ne peuvent avoir gain de cause. CQFD.

On a beau considérer les Congolais comme résignés, j'ai toujours battu en brèche cette idée, même si je pense que les dégâts des guerres de 93 à 2000 sont encore trop immenses, une étincelle peut suffire à faire basculer les choses. Vers le pire comme vers le meilleur.

A Ndjindji, des gens se sont mobilisés face à l'arrogance du commerçant, soutenant la jeune Nathalie et sa famille. La justice congolaise, il y a belle lurette qu'elle a perdu toute sa crédibilité. Dire ici qu'elle est aux ordres serait une lapalissade de la pire espèce, mais le répéter ne fait pas de mal.

Elle est aux ordres et les augmentations de traitements consenties par les autorités au début des années 2000 n'ont servi à rien du tout : plus vous avez des sous, plus vous achetez des juges et plus pouvez commettre crimes, infractions et autres délits.

On a encore en mémoire la mort du vieux jardinier, après tortures, dans la résidence d'un dignitaire du pouvoir local de Mfoa. A ce jour, la famille du ce pauvre Monsieur et les Congolais épris de paix et de justice attendent toujours que le droit parle. L'on nous a raconté que le dossier aurait disparu du bureau du procureur de la République. Comme par enchantement…

La pression de ces gens mobilisés a fini malgré tout par payer et la justice a fini par s'emparer du dossier, on attend de savoir comme les choses vont se passer. Du côté de la communauté libanaise de Ndjindji (toujours d'après la radio Africa1), conscients que l'accusé est allé trop loin, ils ont décidé de s'occuper des frais de santé de Nathalie. Je ne sais pas si la pauvre pourra recouvrer l'usage de jambes et pieds.

EN FRANCE, DEPUIS L'ARRIVÉE DU TASER, les débats n'ont pas manqué sur la dangerosité de cette arme supposée juste immobiliser sa cible. Le facteur et homme politique Olivier BESANCENOT est un des premiers à avoir porté publiquement l'estocade contre cette arme. Et il a gagné le procès qui lui était intenté (lire ci-dessous).

Je me pose donc la question de savoir dans quelles conditions cette arme s'est retrouvée au Congo Brazzaville ? Par le biais des autorités ? Par le biais de personnes privées ? Le ministère de la Justice, je suppose, informé depuis le mois de décembre 2010, attendait quoi pour monter au créneau ?

C'est un étrange pays où l'on se mobilise très vite, on envoie des ministres à la Télévision pour attaquer la Cour de cassation française, mais quand des Congolais sont victimes d'injustice, on ne les voit nulle part, on ne les entend pas, ils deviennent d'un seul coup aphones, sourds, muets, aveugles, malvoyants, malentendants.

Je repose cette question : pourquoi devrons-nous toujours prendre toutes les merdes et bêtises des autres ? On ne peut considérer cette arme comme une forme de progrès, contrairement à ce qui nous a été vendu dès le départ. C'est une arme de mort, les faits, les noms et chiffres sont là : http://www.et-pourtant.org/actualites/la-liste-des-morts-par-taser-que-smp-technologies-reclame-a-o-besancenot.html .

Combien faudra-t-il de morts ou de paralysés pour que l'Etat congolais prenne ses responsabilités.

Les devoirs d'un Etat ne consistent pas seulement à exploiter et à surexploiter les ressources naturelles dont le pays dispose, la sécurité et le bien-être des concitoyens font aussi partie de ses missions régaliennes. Le rappeler de temps en temps à nos dirigeants n'est pas du luxe. Simplement du bon sens.

Cette affaire qui, sous d’autres cieux aurait mobilisée tous les journalistes nationaux du fait qu’elle revêt tous les ingrédients du combat de David contre Goliath est traité par-dessus la jambe par ces mêmes médias qui accusent sans preuves pour se remplir les poches, jugent avant les juges pour régler des comptes personnels et font la morale dans des affaires de droits communs qui n’engagent pas le pronostic vital.

Ce n’est pas le métier d’Avocat qui dépérit au Congo Brazzaville mais le JOURNALISME et la JUSTICE ; deux institutions indispensables au fonctionnement d’une DEMOCRATIE…

Olivier BESANCENOT gagne son procès contre Taser

Le dirigeant d’extrême-gauche Olivier BESANCENOT a gagné son procès contre la société commercialisant le pistolet électrique Taser devant le tribunal de grande instance de Paris.

Le représentant de la société en France, Antoine Di ZAZZO, demandait au porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) 50.000 euros de dommages et intérêts pour avoir écrit sur un site internet et sur son blog en 2007 que le Taser avait fait 150 morts aux Etats-Unis et au Canada.

"La société Taser a été déboutée de toutes ses demandes", a déclaré à la presse Maître Antoine COMTE, l’avocat de Monsieur BESANCENOT.

Depuis le lancement de la procédure, Antoine Di ZAZZO a été arrêté par la police et mis en examen à la mi-octobre au motif qu’il aurait ordonné une mise sous surveillance illicite du porte-parole de la LCR par des détectives privés et des policiers dévoyés. Il ne s’était pas présenté à l’audience le 20 octobre.

Appelé à la barre pour s’expliquer, Olivier BESANCENOT avait réitéré ses accusations contre cette arme.  Ce pistolet, commercialisé en France par SMP Technologies, la société d’Antoine Di ZAZZO, a reçu un agrément officiel pour équiper police et gendarmerie et, depuis quelques semaines, les polices municipales.

Prié de préciser ses accusations, Olivier BESANCENOT a dit : "J’assume mes propos, je les revendique d’autant plus qu’il s’est passé beaucoup de choses depuis la présidentielle qui me confortent dans mes convictions".

Un représentant d’Amnesty, Benoît MURACCIOLE, est venu témoigner à la barre que son organisation avait constaté que l’arme faisait des morts en étant utilisée sur des personnes vulnérables comme des cardiaques, des drogués, des femmes enceintes, données que les policiers ne peuvent déceler.

Le Taser est assimilé à un fusil à pompe (arme de 4° catégorie)

Le pistolet à impulsion électrique, associé à la marque "Taser", est une arme de 4e catégorie ; il envoie sur sa cible deux dards délivrant une décharge électrique de plusieurs dizaines de milliers de volt. Il suscite une certaine controverse du fait qu'il semble pouvoir causer la mort de personnes fragiles.

Le Taser a été inventé en 1972 par Jack COVER qui recherchait une arme utilisable à bord d'un avion, sans l'endommager. Le pistolet à impulsion à décharges électrique est une arme d’une portée maximale de 7,60 mètres qui propulse deux électrodes (à la vitesse de 50 mètres par seconde) reliées à deux filins isolés.

Au contact de sa cible, le pistolet libère une onde de 2 milliampères pour 50 000 volts. Cette onde électrique bloque le système nerveux. Le pistolet envoie alors un signal appelé "ondes Taser", qui bloque les signaux normaux des fibres nerveuses. Selon l'inventeur, l'idée était de neutraliser un individu dangereux à bord d'un avion, sans utiliser des armes classiques.

Cette arme est conçue pour bloquer le système nerveux central, officiellement sans effets à long terme, afin d’immobiliser brièvement la personne touchée de façon à ce que les policiers puissent intervenir et procéder à son arrestation. On parle aussi de paralysie momentanée.

Le cycle de 5 secondes automatique (durée totale de la décharge) est un cycle technique mais aussi physiologique puisqu’il permet de faire passer un individu en manque (de drogue) de l'état de démence à un état totalement déstressé, selon les récentes études des professeurs Theresa et Vincent di MARIO.

Une autre des conséquences de la paralysie musculaire apparaît lorsqu’une personne est touchée à l’abdomen à un mètre de distance : il peut provoquer la défécation immédiate.

Les autres risques répertoriés après utilisation d’un pistolet à impulsion électrique sont des brûlures superficielles, des blessures par électrodes ou conséquence de la chute.

Il a été décrit une pénétration oculaire des électrodes avec risque de perforation, ainsi qu’un cas de pénétration intracrânienne de la sonde avec brêche durale chez un jeune homme de 16 ans, sans conséquence in fine, mais ayant nécessité une intervention neurochirurgicale. Il peut exister des convulsions après tir au niveau de la tête. Au niveau cardiaque, une fibrillation auriculaire (emballement rapide du cœur) est possible.

L’arme est classée par le règlement européen no 1236/2005 parmi les armes susceptibles d’être utilisées pour infliger la torture.

L’usage s’est étendu aux États-Unis et certaines associations telles qu'Amnesty International se plaignent de la banalisation de leur utilisation dans des cas tels que sur des écoliers agités, des insubordinations, des personnes entravées ou emprisonnées, voire des patients en hôpitaux psychiatriques atteints de troubles nerveux.

Le X-26 fait l’objet d’une licence du Pentagone pour en contrôler sa diffusion. TASER avait demandé en juin 2004, puis le 23 novembre 2005, le classement du Taser en France comme arme de 4e catégorie (comme le fusil à pompe) afin de mettre en conformité la réglementation de son produit en accord avec ses pratiques restrictives.

La commission nationale de classement des armes ayant en commission plénière entendu les arguments de la société TASER France a décidé en janvier 2006 de classer le X-26.

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29 octobre 2010

Transparency international : état des lieux de la corruption en Afrique

AFRIQUE / CORRUPTION - 
Article publié le : mercredi 27 octobre 2010 - Dernière modification le : mercredi 27 octobre 2010

Transparency international : état des lieux de la corruption en Afrique
Selon Transparency International, sur les 178 pays étudiés, près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne.
Selon Transparency International, sur les 178 pays étudiés, près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne.
http://www.transparency.org
Par RFI

Dans son rapport annuel publié ce mardi 26 octobre à Berlin, Transparency International affirme que les trois-quarts des 178 pays étudiés sont perçus comme très corrompus. Les pays africains n'échappent pas à ce diagnostic, même si certains (comme le Rwanda) ont connu une belle progression.

Dans son rapport annuel sur la corruption publié ce mardi 26 octobre à Berlin, l'ONGTransparency International lance principalement une mise en garde aux gouvernements.

Elle estime que la corruption pèse sur leurs efforts pour renflouer les marchés financiers, et lutter efficacement contre le réchauffement planétaire et la pauvreté. Car sur les 178 pays étudiés, près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne.

Belle progression rwandaise

Selon le classement établi, le Botswana (33e), l'île Maurice (39e) et le Cap-Vert (45e) tirent leur épingle du jeu, arrivant en tête des pays africains perçus comme parmi les moins corrompus.

Mais c'est surtout le Rwanda qui fait une remontée fulgurante (de la 89e à la 66e place), ayant mis en place et appliqué scrupuleusement « la tolérance zéro » contre la corruption.

La République démocratique du Congo et la Guinée Conakry sont ex-aequo à la 164e place.... Ex-aequo également, la Guinée équatoriale et l'Angola se partagent le 168e rang.

La Somalie dernière du classement

Ils sont suivis du Burundi et du Tchad respectivement aux places 170 et 171. Toujours selon Transparency international, certains pays, dont la Gambie, ont amélioré leur score depuis 2009 (de 106e à 91e).

Quant au Cameroun, perçu comme très corrompu, il occupe avec sept autres pays le 146e rang avec une note de 2,2 sur 10.

Madagascar (de 99e à 123e) et le Niger (de 106e à 123e) sont également perçus comme plus corrompus que l'an dernier, tandis que la lanterne rouge revient à la Somalie, 178e et dernière du classement mondial.

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14 juin 2010

Pas de lauréat pour le Prix Ibrahim 2010

La Fondation Mo Ibrahim annonce qu’il n’y a pas de lauréat pour le Prix Ibrahim 2010 / La Fondation financera des bourses d’études afin de former la prochaine génération de dirigeants africains

 

 

 

 

La Fondation Mo Ibrahim annonce qu’il n’y a pas de lauréat pour le Prix Ibrahim 2010 / La Fondation financera des bourses d’études afin de former la prochaine génération de dirigeants africains

 

LAUSANNE, Suisse, 14 juin 2010/African Press Organization (APO)/ — Le Jury du Prix Mo Ibrahim s’est réuni hier pour désigner le Lauréat du Prix Mo Ibrahim 2010. Après avoir délibéré, le Comité a informé le Conseil d’administration de la Fondation qu’il n’avait pas retenu de lauréat.

L’an dernier , le Jury du Prix Ibrahim avait annoncé qu’à la suite de l’examen approfondi des dossiers des candidats potentiels, il n’avait pas été en mesure de retenir un  Lauréat. Cette année, le Jury a indiqué au Conseil d’administration qu’en l’absence  de candidats nouveaux ou de  développements significatifs, aucun lauréat n’avait pu être identifié pour la seconde année consécutive.

Le Prix Ibrahim reconnaît et récompense l’excellence en matière de leadership politique en Afrique. Le Prix est attribué à un ancien chef d’État élu démocratiquement et dont le mandat, déroulé conformément aux échéances définies par la constitution nationale, s’est achevé au cours des trois dernières années.

Le Prix Ibrahim s’élève à 5 millions de dollars versés sur une période de 10 ans, puis  200 000 dollars  versés chaque année à vie. La Fondation peut envisager l’attribution d’une dotation supplémentaire de 200 000 dollars par an sur une période de 10 ans, destinée à des activités d’intérêt général soutenues par le Lauréat. Après Nelson Mandela, lauréat d’honneur, le premier chef d’Etat à avoir remporté le Prix, en 2007, est Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique, suivi en 2008 de Festus Mogae, ancien Président du Bostwana.

Après  la décision du Jury, Mo Ibrahim, fondateur et Président de la Fondation Mo Ibrahim, a déclaré :

« Le Conseil d’administration respecte la décision du Jury. Le Jury, qui est indépendant du Conseil d’administration, est un dépositaire unique en son genre d’expérience, de connaissance et d’expertise.

« Qu’il y ait ou non un lauréat, l’objectif de la Fondation est de stimuler le débat, sur le continent africain et au-delà, sur  ce qui constitue un leadership d’excellence.

« Les critères fixés pour le prix sont exigeants et le nombre de candidats potentiels variable selon les années. Il n’est donc pas inattendu qu’il y ait des années sans prix.  

« De nombreux pays du continent ont accompli des progrès conséquents, ,non seulement sur le plan économique, mais aussi en termes de gouvernance. L’Indice Ibrahim, qui mesure la performance des pays africains par le biais de plus de 80 indicateurs, montre que l’indice global de gouvernance s’améliore chaque année.

«Pour autant,  la Fondation ne fait preuve d’ aucune complaisance envers les normes de gouvernance  en Afrique. Son objectif est d’améliorer la  gouvernance et d’encourager un leadership de qualité en Afrique, et il est évident  que bien des progrès restent à faire. C’est la raison pour laquelle la Fondation a décidé d’affecter les fonds qui destinés au Prix cette année au financement d’une initiative complémentaire en faveur de la  gouvernance de qualité

« La Fondation va prochainement lancer les Bourses d’excellence Ibrahim. Il s’agit d’un programme sélectif visant à identifier et former des représentants  de la prochaine génération de dirigeants africains d’exception.. Le programme vise chaque année plusieurs jeunes professionnels déjà hautement qualifiés qui pourraient notamment  passer un moment au sein de grandes institutions internationales dont le cœur de métier est d’améliorer les perspectives économiques et sociales des Africains.

« La Fondation travaille actuellement à la mise au point de ce programme. Elle en précisera les   détails lors du Forum de la Fondation sur la gouvernance qui se tiendra en novembre à l’Île Maurice. Les candidatures seront ouvertes peu de temps après et  les premiers boursiers devraient entamer leur cursus  en début d’année prochaine. 

« Conforter une gouvernance de qualité en Afrique est plus important que jamais. La bonne gouvernance sera cruciale pour que les Africains bénéficient de la forte croissance économique que beaucoup prédisent pour le continent. Il existe de nombreux moyens pour encourager la bonne gouvernance. Le Prix en est un, les bourses d’excellence un autre. »

 

- Fin -

 

Contacts :

Alex Margot-Duclot, Portland, au +44 20 7842 0152

alex.margot-duclot@portland-communications.com

Notes aux rédacteurs :

1.      La décision concernant le Prix Ibrahim 2010 a été prise par le Comité d’attribution du Prix, constitué de sept personnalités. Le Comité d’attribution du Prix récompense un ancien chef d’État ou de gouvernement des pays d’Afrique subsaharienne, élu démocratiquement, dont le mandat s’est déroulé dans échéances définies par la constitution du pays et s’est achevé au cours des trois dernières années

 

Le Comité d’attribution du Prix est présidé par l’ancien Secrétaire général des Nations Unies et Lauréat du Prix Nobel de la Paix, Kofi Annan. Il est composé de Martti Ahtisaari, ancien Président de Finlande et Lauréat du Prix Nobel de la paix ; Aïcha Bah Diallo, ancienne ministre de l’Éducation de Guinée et Directrice de l’Éducation de base à l’UNESCO ; Mohamed ElBaradei, ancien Directeur général de Agence Internationale pour l’Énergie Atomique et Lauréat du Prix Nobel de la Paix ; Graça Machel, Chancelier de l’université de la ville du Cap et ancienne ministre de l’Éducation et de la Culture du Mozambique ; Mary Robinson, ancienne Présidente d’Irlande et ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme ( également membre du Conseil d’administration de la Fondation) ; Salim Ahmed Salim, ancien Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine et ancien Premier ministre de Tanzanie ( également membre du Conseil d’administration de la Fondation)

 

La Fondation Mo Ibrahim, lancée en octobre 2006, a pour objectif de soutenir un leadership africain de qualité. Elle a été créée par Mo Ibrahim, l’un des hommes d’affaires les plus prospères d’Afrique et est soutenue par un certain nombre de personalités mondiales, tels que Kofi Annan, Nelson Mandela et Amartya Sen. La Fondation vise à encourager le débat portant sur la gouvernance en Afrique, et à améliorer la qualité de cette gouvernance

 

Les précédents Lauréats du Prix Ibrahim sont Festus Mogae, ancien Président du Botswana, Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique et Nelson Mandela, qui a été nommé Lauréat d’honneur pour ses qualités extraordinaires et ses accomplissements

 

La totalité des données constituant l’Indice Ibrahim 2009 de la gouvernance africaine ont été publiées sur le site internet de la Fondation : http://www.moibrahimfoundation.org/en/section/the-ibrahim-index. L’indice 2010 sera publié en octobre

 

Distribué par l’Organisation de la Presse Africaine au nom de la Fondation Mo Ibrahim.

 

SOURCE 

Fondation Mo Ibrahim


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16 avril 2010

TOGO: LE TEMPS DES « BAVURES »

TOGO: LE TEMPS DES « BAVURES »

 

 

Le mercredi 14 avril 2010, la veillée de prières et de chants organisée au siège de l'Ufc par le Frac et ses alliés a été empêchée par des éléments de la gendarmerie nationale togolaise.

 

Dès 16:00, le siège de l'Ufc et ses environs ont été bouclés par un dispositif musclé, fort de plusieurs centaines de gendarmes casqués.

Quelques instants plus tard, les gendarmes ont fait irruption dans les locaux du parti. Ils ont littéralement saccagé tout ce qui était à leur portée et emporté tout le matériel informatique, une dizaine de téléphones fixes, cinq ventilateurs ainsi que tout le matériel de confection des cartes d'adhésion, des milliers de cartes de membres. Ils ont fait main basse sur une somme d'argent de 22 millions et cinq cents mille cfa(environ 34 000 euros), répartis dans des enveloppes et destinés à être distribués dès le lendemain matin aux fédérations  pour l'organisation de la grande marche du samedi 17 avril prochain.

 

Dans les environs du siège de l'Ufc, bouclés par la gendarmerie, il y a eu des échauffourées entre les gendarmes et les jeunes militants présents là.

Une centaine de personnes se trouvant sur les lieux, en majorité des femmes, ont été arrêtées, bastonnées, menottées et emmenées à la gendarmerie.

 

Lors de ces interpellations musclées et ensuite dans les locaux de la gendarmerie, plusieurs femmes

ont subi des violences inqualifiables: attouchements, viols et autres traitements inhumains et dégradants.

Le Frac condamne, avec la plus grande fermeté, l'arbitraire et la violence gratuite dont ses militants et sympathisants ainsi que les paisibles populations de Lomé ont été victimes à l'occasion d'une simple veillée de prière et de recueillement.

Le Frac mettra  tout en œuvre pour que justice soit rendue aux victimes de viols et de traitements dégradants et que soient punis ceux qui se sont rendus coupables de tels actes.

 

Le Frac appelle à se mobiliser:

 

Ø       la population de Lomé et de l'ensemble du pays qui doit se mobiliser encore davantage pour participer massivement à la marche du samedi 17 avril prochain

Ø      les Togolais de la diaspora dans le monde entier à relayer par tous les moyens possibles le combat de leurs frères et sœurs restés au pays

Ø      tous les démocrates et militants des droits humains à soutenir le peuple togolais exsangue de 43 longues années de dictature, d'injustice et d'impunité

 

 

 

                                                                                                 Kofi Yamgnane

                                                                                                 Porte parole du Frac

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23 mars 2010

2008-2010 : Dérives dictatoriales en Françafrique...

2008-2010 : Dérives dictatoriales en Françafrique...

Si pendant plusieurs dizaines d’années, la France a placé des dictateurs affidés à la tête de ses anciennes colonies africaines, procédant selon les cas par l’assassinat des dirigeants élus ou par l’organisation de coups d’États militaires, la situation a nettement évolué ces dernières années.

Au cours des années 90, le nouveau contexte international (chute du mur de Berlin, discours de La Baule, développement du multipartisme) a poussé les dictateurs africains à faire quelques efforts de démocratisation de façade. Mais à l’exception de certains pays qui sont parvenus à instaurer une véritable démocratie, aidés en cela par le faible intérêt qu’ils présentaient pour l’ancienne puissance coloniale en termes de ressources naturelles (comme le Mali, ou encore le Bénin), la plupart sont restés sous la coupe de dirigeants autoritaires et corrompus que la France continue à soutenir bon gré mal gré, mais de manière moins grossière.

Pour ce faire, les validations, voire les soutiens logistiques à l’organisation d’élections truquées ont peu à peu remplacé les coups de force et les escouades de mercenaires. Sur ce plan, les premières années du mandat du président Nicolas Sarkozy ont été marquées par un silence complaisant, voire parfois par un soutien affiché à l’égard d’un certain nombre de graves reculs de la démocratie en Afrique.

Le soutien systématique de la France aux réélections frauduleuses des dictateurs historiques du continent

En terres africaines, la France se distingue par son soutien à des processus électoraux pour le moins douteux, notamment dans des régimes autoritaires où les scrutins visent non pas l’exercice de la souveraineté populaire, mais le maintien en place et la légitimation de l’oligarchie au pouvoir.

Dans ce cas de figure, les conditions minimales nécessaires à l’organisation d’un scrutin régulier et transparent sont rarement réunies, ce qui pousse l’opposition à refuser de prendre part à ces mascarades, quant elle n’est pas arbitrairement exclue du processus électoral (arrestations massives, refus de validation des candidatures pour des motifs fallacieux etc.). Mais la France ne semble pas s’embarrasser de ce genre de « détails ».

Ainsi, en Algérie ou en Tunisie, les scores staliniens respectivement obtenus par Abdelaziz Bouteflika en avril 2009 et Zine El Abidine Ben Ali en août de la même année, tous deux réélus à la tête de leur pays avec près de 90% des voix alors que les principaux opposants avaient été empêchés de se présenter ou avaient boycotté le scrutin, n’ont manifestement pas perturbé les autorités françaises. Elles n’ont en effet rien trouvé à redire à ces élections et se sont empressées d’en reconnaître les vainqueurs.

Au Congo-Brazzaville, les nombreuses critiques émanant de l’opposition (dont une partie a également préféré boycotter le scrutin) mais aussi de l’Union Européenne, dénonçant le manque de fiabilité des listes électorales, la partialité de l’appareil administratif, ou encore l’absence de contrôle des urnes, n’ont pas non plus chiffonné la France. Le résultat de la présidentielle de juillet 2009 fut d’ailleurs révélateur de ces conditions d’organisation désastreuses. Car si Denis Sassou Nguesso a eu le triomphe plus modeste que ses collègues maghrébins, il a tout de même obtenu un score douteux de 78 % des voix dès le premier tour.

La France, championne de la légitimation de putschs et de la normalisation de situations d’exceptions

Outre les récurrentes réélections frauduleuses de ces dictateurs inamovibles, la France s’accommode également régulièrement du renversement d’un président légitime et de l’organisation d’une mascarade électorale visant à prendre sa place en toute impunité et en violation flagrante de la Constitution du pays.

Ainsi, au Gabon, l’ensemble des journalistes, opposants, société civile, universitaires, politiques et même responsables du régime de feu Omar Bongo (38 ans de règne à la tête du Gabon), s’accordaient à dire qu’on ne pouvait envisager un scrutin transparent sans, au moins, une révision des listes électorales. Malgré tout, la France a soutenu sans conditions le fils Bongo dans sa course contre la montre pour organiser un scrutin le plus rapidement possible, empêchant ainsi une telle révision, et privant les opposants du temps nécessaire à l’organisation de leur campagne. Le scrutin fut donc organisé dès le mois de septembre 2009, soit à peine trois mois après le décès du dictateur paternel. En outre, ni le choix d’un scrutin à un seul tour, ni les innombrables irrégularités qui ont entaché le vote (bourrages d’urnes, usage de fausses cartes d’électeurs, falsification des procès-verbaux des bureaux de votes), ni le fait que, pour finir, la CENI puis la Cour Constitutionnelle aient validé l’élection d’Ali Bongo (qui serait en réalité arrivé en 3e position) n’ont dérangé outre mesure les autorités françaises...

En Mauritanie, la France n’a rien trouvé à redire non plus au fait que le général putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz (auteur du coup d’État contre le président légitime Sidi Ould Cheick Abdallahi en aout 2008) se présente à l’élection présidentielle de juillet 2009, élection pourtant organisée par une administration qu’il a lui-même mise à sa botte via des nominations à de nombreux postes-clés. Ce clan putschiste aux commandes de l’État a ainsi pu truquer massivement les listes électorales et gêner considérablement le gouvernement d’union nationale chargé d’organiser le scrutin. En outre, la diplomatie française a exercé une pression non négligeable pour pousser l’opposition mauritanienne à participer à un scrutin ne remplissant pourtant aucun des critères élémentaires d’équité et de transparence. La France s’est en effet arrogé le rôle de leader au sein du Groupe International de Contact sur la Mauritanie, amenant ses partenaires à soutenir son souhait d’organiser très rapidement une élection présidentielle (dans des délais inférieurs aux minimums prévus par la Constitution mauritanienne) malgré les mauvaises conditions du scrutin évoquées plus haut.

Madagascar, les autorités françaises jouent à peu après le même jeu en soutenant le putschiste Andry Rajoelina (auteur en janvier 2009 d’un coup d’État contre le président démocratiquement élu Marc Ravalomanana), y compris lorsque celui-ci sabote les accords qu’il a lui-même signés après avoir négocié avec le président renversé et deux autres parties, sous l’égide de la communauté internationale. Or ce revirement du gouvernement de transition vise vraisemblablement à préparer l’organisation unilatérale d’une présidentielle en 2010. Là encore, la France ne voit visiblement pas d’incohérence à soutenir la candidature d’un putschiste, ce qui entérinerait le coup d’État qu’elle continue pourtant par ailleurs à condamner officiellement.

De la même manière, en Guinée, les autorités françaises furent les premières à légitimer le coup d’État perpétré par le capitaine Moussa Dadis Camara à la mort du dictateur Lansana Conté en décembre 2008. Alors que les militaires avaient annoncé la constitution d’un gouvernement de transition chargé d’organiser des élections dont ses membres seraient exclus, la France ne souffla mot lorsque le militaire putschiste revint sur ses engagements et annonça son intention de se présenter finalement à l’élection... Jusqu’à ce que cette junte irresponsable et criminelle perde toute crédibilité lors des massacres du 28 septembre 2009 qui firent plusieurs centaines de morts dans un rassemblement organisé par l’opposition et la société civile pour protester contre cette candidature, et que le capitaine Dadis soit à son tour victime d’une tentative d’assassinat qui l’écarta du pouvoir, sans doute définitivement.

Enfin, le cas du Niger est également révélateur de l’attitude de la France qui fait bien peu de cas des processus démocratiques en Afrique, tant que ses intérêts économiques et stratégiques y sont préservés. Le Niger abrite en effet d’immenses réserves d’uranium, qui en font le deuxième producteur mondia. Le président français s’y est d’ailleurs rendu en mars 2009, en compagnie de la présidente du directoire d’Areva, Anne Lauvergeon. Au menu des discussions, la signature par le géant français du nucléaire d’un contrat d’exploitation sur 30 ans de la gigantesque mine d’Imouraren.

Or ce pays qui comptait parmi les rares « laboratoires de la démocratie » en Afrique de l’Ouest a finalement été rattrapé par les dérives autocratiques qui menacent les pays africains détenteurs de ressources stratégiques abondantes (uranium, pétrole...). Ces ressources représentent en effet une gigantesque manne financière qui a tendance à aiguiser les appétits personnels des autorités politiques. Ainsi, à l’approche de la fin de son deuxième et dernier mandat autorisé par la Constitution, le président Mamadou Tandja enclenche au début de l’été 2009 un processus visant à se maintenir au pouvoir. Pour ce faire, il tente de faire passer en force une réforme constitutionnelle, finalement adoptée grâce à un référendum considéré comme nul et illégal par l’ensemble des forces d’opposition et de la société civile nigérienne, comme par la communauté internationale.

Pourtant, la France n’a pas semblé perturbée outre mesure par ce coup d’État constitutionnel, tant que les intérêts stratégiques d’Areva était garantis dans ce pays. Le premier partenaire économique du Niger n’a pris aucune sanction économique à son encontre, ni sur le plan commercial ni en termes d’aide au développement. Si la France a condamné pour la forme cette évolution anticonstitutionnelle, certaines déclarations des autorités françaises ont sonné comme une reconnaissance implicite du nouveau régime. Ainsi, suite au référendum illégal organisé par le président Tandja, le Quai d’Orsay a simplement « pris note » des résultats et a appelé à une large participation des forces politiques aux législatives organisées dans la foulée, ce qui fut perçu à juste titre comme un soutien à demi-mot au président, et comme une façon de légitimer la tenue d’élections dont le seul but était de faire croire à un retour de la légalité.

En définitive, le silence et l’inaction des autorités françaises dans cette affaire auront contribué à consolider une situation anti-démocratique qui a finalement conduit au blocage total du pays, dont ni la population ni les partenaires de la CEDEAO n’étaient prêts à accepter la dérive autocratique du président Tandja. Face à une telle paralysie, l’issue n’a pu être trouvée que dans un nouveau coup de force, militaire celui-là, qui vient de déposer le président Tandja. Espérons que les militaires sauront assurer une véritable transition démocratique, comme ce fut le cas en 1999.

Mais qu’on se rassure, la France a immédiatement reçu l’assurance des putschistes que les juteux contrats signés par Areva avec le président déchu ne seraient pas remis en cause !

La nébuleuse des acteurs complaisants avec les dérives dictatoriales

Outre le maintien de bonnes relations bilatérales entre la France et les pays concernés, la caution française apportée à ces mascarades électorales permet de légitimer ces régimes illégaux auprès de la communauté internationale. Pour ce faire, la France s’offre les services de toute une série d’observateurs aussi divers que complaisants. Les autorités françaises donnent d’ailleurs parfois l’impression de participer à une course contre la montre tant elles s’empressent de reconnaître ces élections manifestement truquées.

Des observateurs très spéciaux

Ainsi, en Mauritanie, la très françafricaine Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) n’avait dépêché que 300 observateurs pour contrôler le bon déroulement des élections (dans un pays deux fois plus vaste que la France). Plus préoccupant, cette mission d’observation était pilotée par l’ancien militaire putschiste burundais, Pierre Buyoya. L’onction apportée par ces observateurs très spéciaux conjuguée à la menace croissante du terrorisme islamiste dans cette région permit ainsi l’adoubement rapide du tombeur de la démocratie mauritanienne par la communauté internationale.

Mais le cas du Congo-Brazzaville est encore bien plus scandaleux. Alors que la présidentielle de 2009 était considérée par tous les observateurs comme un scrutin à haut risque, ni l’Union Européenne ni la France n’ont envoyé de mission d’observation officielle. Cependant, un certain nombre de personnalités françaises réunies au sein d’une obscure Coordination des observateurs franco-africains (Cofa) ont tout de même fait le déplacement pour observer le « bon » déroulement du vote, répondant à l’invitation de membres ou d’organes du gouvernement congolais.

L’examen de la composition de cette Coordination est édifiant, tout comme les prises de position de ses membres concernant le déroulement du scrutin. Parmi ces observateurs très spéciaux qui ont arpenté les rues de Brazzaville dans le sillage du président Sassou Nguesso, on pouvait ainsi croiser Jean-Michel Fourgous, député-maire UMP d’Élancourt et président du groupe d’amitié parlementaire France-Gabon (qui représentait d’après lui son homologue du groupe d’Amitié France-Congo), Jean-François Mancel, député UMP de l’Oise, ou encore Lev Forster et Pierre André Gaborit, tous deux avocats à la Cour de Paris.

Cette délégation était emmenée par deux émissaires françafricains de choix : le député européen Patrick Gaubert, président de la LICRA, ancien conseiller de Charles Pasqua, et qui fut notamment accusé par la FIDH d’avoir fait pression sur des familles des disparus du Beach de Brazzaville afin qu’ils abandonnent leurs poursuites contre les autorités congolaises ; et son collègue Jacques Toubon, ancien ministre, fidèle de Jacques Chirac et proche de nombreux dirigeants africains, tout récemment nommé par le président Sarkozy à la tête d’une mission interministérielle chargée d’organiser les « célébrations concertées » du cinquantenaire des indépendances des anciennes colonies africaines de la France.

Alors que le représentant de la Commission européenne sur place Miguel Amado s’était ému des conditions d’organisation du scrutin, estimant notamment que « les corrections apportées depuis le scrutin de 2002 n’[étaient] pas suffisantes », et faisant également remarquer qu’un fichier électoral de 2,2 millions d’électeurs dans un pays de 3,8 millions d’habitants posait question « surtout en Afrique où un grand pourcentage de la population est jeune », tous ces observateurs avertis n’ont pu quant à eux relever la moindre anomalie susceptible de remettre en cause le caractère démocratique de l’élection. Au contraire, ils multiplièrent les déclarations aussi péremptoires que choquantes, affirmant comme M. Fourgous que « l’élection [était] libre » et que « la démocratie fonction[nait] », ou encore comme M. Toubon que ces élections « correspond[aient] à l’état de la démocratie dans un pays comme le Congo », expliquant le fait que « beaucoup d’urnes n’étaient pas fermées » par le fait qu’il était « probablement plus difficile d’avoir des cadenas à Brazzaville qu’à la Samaritaine à Paris » !

Plus grave encore, ces observateurs qui n’avaient pas averti Miguel Amado de leur venue ont pris ce dernier à parti, estimant que ses critiques émanaient d’ « Occidentaux arrogants » vis-à-vis des africains, et réclamant même dans une diatribe publiée dans la presse pro-gouvernementale des « sanctions » à l’encontre du représentant européen !

Le rôle de la diplomatie et de la coopération française

La validation d’élections truquées mobilise également le corps diplomatique français. Les ambassadeurs ne sont en effet pas en reste, comme dans le cas du Congo, où l’ambassadeur de France Nicolas Normand a refusé de s’exprimer sur la présence controversée de ces observateurs français, mais aussi sur les multiples intimidations dont ont été victimes les médias internationaux français comme France 24 et RFI. En revanche, il a lui aussi salué « le bon déroulement et la bonne organisation de l’élection », susceptible selon lui de faire entrer le Congo « dans une ère de stabilité favorable à son développement ».

En Mauritanie, l’ambassadeur de France Michel Vandepoorter n’a quant à lui pas hésité à s’aligner sur les positions des putschistes, en incitant par exemple les partis opposés au coup d’État à participer à des « états généraux de la démocratie », pourtant organisés par une junte militaire...

Enfin, à Madagascar, l’ambassadeur de France Jean-Marc Châtaigner fut pendant longtemps le seul représentant d’un État étranger a avoir des contacts officiels avec les putschistes. Il assista même à une cérémonie de remise de décorations organisée par la junte. Lors des négociations du groupe de contact international sur Madagascar, l’ambassadeur s’est distingué par son activisme diplomatique pro-Rajoelina forcené, face aux autres diplomates européens beaucoup moins enclins à apporter leur soutien à un régime manifestement illégitime.

Outre la diplomatie, la Françafrique s’appuie sur son autre pilier qu’est la coopération. Celle-ci est donc également un bon indicateur de la position française au regard des élections truquées et des changements de régimes inconstitutionnels.

Ainsi, contrairement à l’Union Européenne qui suspend régulièrement sa coopération avec les régimes inconstitutionnels au nom des accords de Cotonou qu’elle a signés avec ses partenaires africains, la suppression des aides financières liées à la coopération française est très sélective. Pour la Mauritanie, il aura notamment fallu attendre le gel des aides américaines et européennes pour que la France fasse de même, avant de reprendre immédiatement ses versements dès la légitimation de l’élection du putschiste Abdel Aziz. En revanche les vannes de l’aide destinée à Madagascar sont restées grandes ouvertes malgré le putsch, à tel point que le département d’État américain a publié à ce propos une déclaration indiquant que la coopération bilatérale avec un « régime inconstitutionnel (…) [lui] posait un problème ». En Guinée, le massacre du 28 septembre 2009 provoqua bien une suspension de l’aide, mais celle-ci fut limitée à la seule coopération militaire. Au Niger, alors que l’Union Européenne avait suspendu son aide et condamné le régime désormais inconstitutionnel du président Tandja, et que le pays était également exclu de la CEDEAO, la France a continué coûte que coûte à verser son aide à son précieux partenaire nigérien. Quant au Congo-Brazzaville, à la Tunisie, et à l’Algérie, la coopération se poursuit bien évidemment comme si de rien n’était...

Le meilleur baromètre de l’attitude françafricaine à l’égard de ces dérives dictatoriales n’est d’ailleurs pas le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, mais bien le secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet. En effet, le champion de l’humanitaire et des nobles causes semble réduit à un rôle subalterne sur les dossiers africains. A l’exception de quelques déclarations comme celle-ci, à propos de la Mauritanie, qui souligne l’ampleur du décalage entre la vision française et les réalités locales : « le général […] Abdel Aziz [devait] démissionner au moins 45 jours avant l’élection présidentielle s’il souhait[ait] s’y présenter », alors qu’à ce moment, l’ensemble de la communauté internationale et l’opposition mauritanienne s’opposait au principe même d’une élection.

En revanche, son secrétaire d’État à la Coopération Alain Joyandet est un serviteur particulièrement zélé de la Françafrique. Toujours présent aux avant-postes, il est là quand les autres pays occidentaux n’osent pas envoyer de ministre : en Libye pour le quarantième anniversaire de la prise de pouvoir du colonel Kadhafi, en Guinée Conakry où il fut le premier responsable à rencontrer la junte, en Mauritanie pour la cérémonie d’investiture du général Abdel Aziz, au Gabon où il fut le premier officiel étranger à s’entretenir avec Ali Bongo, après être allé se faire adouber par Bongo père à sa prise de fonction, ou encore en Guinée équatoriale où il est allé rencontrer le sanguinaire Teodoro Obiang Nguéma réélu à 97 %...

Alain Joyandet est aussi l’homme des petites phrases qui en disent long, comme l’illustre ce petit florilège : concernant ses visites en Guinée et en Mauritanie, « j’assume ces déplacements voulus par Nicolas Sarkozy » ; à propos du putsch en Mauritanie, « les revendications des militaires (…) ne sont pas toutes illégitimes » ; sur le référendum au Niger, « les premiers résultats (…) ne sont pas contestables » ; ou encore sur les élections au Gabon « la seule chose que [la France] fait dans cette élection, c’est d’aider au déroulement normal des opérations »…

Mais comme beaucoup d’autres membres du gouvernement, Alain Joyandet est avant tout le porte-parole de Nicolas Sarkozy. Il est vrai qu’en Françafrique particulièrement, la tête et le cœur sont toujours à l’Élysée.

L’Élysée, ses émissaires officieux et ses conseillers Afrique

Le président français s’appuie également largement sur « des émissaires officieux » qu’il dénonçait pourtant comme étant « d’un autre temps » lors de sa campagne électorale. Ces individus dont il regrettait alors qu’ils n’aient « d’autres mandats que ceux qu’ils s’inventent » n’ont toujours aucun mandat officiel, mais ne cessent de faire-valoir leur proximité avec Nicolas Sarkozy pour légitimer leur activisme affairiste et diplomatique sur le continent africain.

On se doit de citer ici l’inusable Patrick Balkany, maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et très proche du président français dont il a pris le fils Jean sous son aile. Outre son rôle trouble d’intermédiaire pour le géant français du nucléaire Areva en Centrafrique et en RDC, Balkany s’est distingué par de fracassantes déclarations en faveur des putschistes mauritaniens ou encore guinéens. A propos de l’élection présidentielle en Guinée qui devait mettre fin au gouvernement militaire de transition, celui-ci a ainsi déclaré que « la candidature de Moussa Dadis Camara ne [posait] pas de problème. C’est un citoyen guinéen comme les autres. Ce qui est important, c’est le respect de la forme. La régularité. La transparence des élections. » Peu après ces propos, des centaines de Guinéens se faisaient massacrer pour s’être rendus à un rassemblement visant à protester contre cette candidature...

Mais le plus emblématique des conseillers occultes du président en matière d’affaires africaines est sans conteste l’avocat Robert Bourgi. Celui-ci se présente lui-même comme l’intermédiaire entre l’Élysée et les dictateurs françafricains. Nicolas Sarkozy le décore d’ailleurs de la Légion d’honneur dès son arrivée au pouvoir en 2007, affirmant « pouvoir continuer à compter sur [sa] participation à la politique étrangère de la France, avec efficacité et discrétion ». Parmi les méfaits dont il s’honore, Bourgi s’est notamment vanté d’avoir obtenu, à la demande d’Omar Bongo, la destitution du secrétaire d’État à la Coopération Jean-Marie Bockel, coupable d’avoir voulu « signer l’acte de décès de la Françafrique ». Très en cour au Gabon, Bourgi a activement fait campagne pour le fils Bongo, affirmant qu’Ali Bongo était « le meilleur défenseur des intérêts français ». Soucieux d’être plus explicite, il est allé jusqu’à déclarer au Monde : "Mon candidat, c’est lui. Or, je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy et de manière subliminale, l’électeur gabonais le comprendra "...

En Mauritanie, on l’a également vu participer dans la capitale à la campagne électorale du putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz, après avoir introduit les représentants de la junte auprès l’Élysée. A Madagascar enfin, il a dépêché un de ses proches, Patrick Leloup, comme conseiller auprès du putschiste Andry Rajoelina.

Mais Bourgi n’est qu’un avatar de l’éminence grise sarkozienne Claude Guéant, pour qui il a joué à plusieurs reprises l’entremetteur (Mauritanie, Côte d’Ivoire, etc.). Le secrétaire général de la présidence est en effet le véritable successeur de Jacques Foccart : à l’instar de son sulfureux prédécesseur, Guéant a la haute main sur les affaires africaines (mais pas uniquement), et sa politique est claire : « On ne va pas se brouiller avec ceux qui nous rendent de grands services ».

Il a ainsi usé de son influence pour que Kadhafi reçoive le putschiste malgache Andry Rajoelina, après l’avoir lui-même reçu fin janvier 2009.

Claude Guéant a également rencontré à Paris les généraux putschistes mauritaniens à plusieurs reprises. Il a également reçu, à la mi-septembre 2009 (juste avant le massacre du stade), le général Sékouba Konaté, alors n°2 de la junte guinéenne, et qui assure l’intérim à la tête du pays depuis la tentative d’assassinat contre Moussa Dadis Camara, avant de recevoir un ministre du putschiste guinéen quelques jours à peine après les massacres et tandis que les chasses à l’homme se poursuivaient dans Conakry. Il a également reçu Ali Bongo, officieusement bien sûr, suite à l’élection contestée de ce dernier à la tête du Gabon.

Outre ces rencontres parisiennes, Claude Guéant voyage aussi beaucoup sur le continent. Au Gabon par exemple, où encore en Côte d’Ivoire, à propos de laquelle il serait d’ailleurs intéressant de connaître sa position en cette période de tensions liées à la préparation de l’élection présidentielle, surtout depuis le rapprochement Bolloré-Gbagbo...

Mais les signaux les plus forts de ce soutien français furent évidemment apportés par le personnage incarnant la plus haute autorité de la République, Nicolas Sarkozy. Celui-ci s’est ainsi rendu à Brazzaville où sa rencontre avec Sassou Nguesso, alors en pleine campagne électorale, fut perçue comme un soutien sans faille, ce que ce dernier ne s’est d’ailleurs pas privé de souligner. Lors d’un déplacement en Tunisie en 2008, le président Sarkozy assura également le président Ben Ali de sa « confiance totale », saluant d’hypothétiques progrès en matière de droits de l’Homme dans ce pays qui abrite pourtant l’un des régimes les plus policiers du continent. Nicolas Sarkozy fut d’ailleurs l’un des premiers chefs d’État occidentaux à féliciter Ben Ali pour sa réélection, comme il le fit pour l’ Algérien Abdelaziz Bouteflika, pourtant tout aussi peu respectueux de la démocratie que son voisin tunisien.

Concernant le Gabon, la réception d’Ali Bongo par Bruno Joubert, alors conseiller Afrique de l’Elysée, et surtout par le président français dès novembre 2008, fut un signe fort du choix de la France dans la guerre de succession provoquée à Libreville par le décès du patriarche Bongo. L’ordre protocolaire en fut d’ailleurs bouleversé : un simple ministre de la Défense, ce qu’était à ce moment-là Ali Bongo, ayant été reçu au palais présidentiel français, alors même que des présidents en séjour parisien n’y ont pas été accueillis. Le président Sarkozy a d’ailleurs reconnu l’élection d’Ali Bongo avant même que les recours devant le Conseil Constitutionnel gabonais n’aient été examinés... Depuis, l’heureux « élu » enchaîne les voyages à Paris. Il fut ainsi officiellement reçu deux fois à l’Élysée en moins de trois mois (novembre 2009 et janvier 2010), un record !

A propos du coup d’État à Madagascar, le président Sarkozy, tout en le déplorant, précisait qu’« il y a beaucoup de choses à dire sur l’ancien président [Marc Ravalomanana]. » Il est tout de même significatif d’enterrer le président renversé en l’appelant « ancien président », surtout en appuyant sur des griefs dont on ne sait pas de qui ils émanent, sauf peut-être des « intérêts français ». De même, pour sortir d’un coup d’État et résoudre le problème de l’illégalité du gouvernement (selon l’UA) et donc revenir à l’ordre constitutionnel, Nicolas Sarkozy « [a appelé] à des élections le plus rapidement possible » considérant qu’il s’agissait de « la seule façon de sortir de l’imbroglio ». Ou comment entériner le renversement d’un président avec lequel les relations étaient difficiles.

En voyage au Niger en mars 2009, le président français donnait là encore son opinion sur le président nigérien Mamadou Tandja : « C’est lui qui a redonné à la démocratie ses lettres de noblesse dans le pays »... au moment où ce dernier préparait son coup d’État constitutionnel dont les services français, très présents dans le pays, n’ignoraient sans doute rien. Dans la foulée, il justifiait la future inertie française en ces termes : « le Niger c’est un partenaire stratégique absolument essentiel. »

Suite au putsch en Guinée, le président français s’est simplement dit « préoccupé », sans condamner pour autant cette prise de pouvoir par la force. Enfin concernant la Mauritanie, N. Sarkozy enchaîne les mensonges les plus éhontés. En mars dernier, il affirmait ainsi que la France avait été la seule à protester face au putsch, « lorsque le président démocratiquement désigné a été retenu, moi-même je l’ai appelé, moi-même j’ai exigé qu’il soit libéré, mais enfin, force est de constater qu’il n’y a pas eu un député ou un parlementaire qui a protesté et qu’il n’y a pas eu de manifestations ». Outre le fait que Nicolas Sarkozy n’a jamais appelé le président renversé après le coup d’État, la France s’est contentée de faire part de ses préoccupations et d’affirmer suivre avec attention l’évolution de la situation. Le président français sera finalement un des premiers chefs d’État à féliciter Mohamed Ould Abdel Aziz après son élection frauduleuse, alors même que l’UE insistait sur le fait que « les allégations de fraude électorale devraient faire l’objet d’enquêtes appropriées ». N. Sarkozy ne semble donc pas perturbé le moins du monde d’avoir contribué à l’élection d’un nouveau chef d’État illégitime.

Au contraire, lors de ses vœux aux corps diplomatiques, le chef de l’État se vante d’avoir « soutenu sans réserve [un processus] qui a conduit au rétablissement de la légalité, puis à l’élection du président Aziz ».

On a beau être habitué au style décomplexé qui est devenu la marque de fabrique de l’expression présidentielle, on reste tout de même coi face à l’aplomb avec lequel Nicolas Sarkozy assène les contrevérités les plus flagrantes !

 

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08 mars 2010

L'afrique-sortir-de-la-domination-neocoloniale

Lundi 8 mars 2010

Cinquante ans se sont écoulés depuis la soi-disant indépendance des pays francophones. Mais l’Afrique n’a jamais été indépendante et n’est pas prête de l’être. Le plus grand génocide humain s’y prépare dans les 20 années à venir. Tous les continents se réorganisent pour nourrir leurs populations. Seule l’Afrique est à la traîne. Les africains sont dépendants jusqu’au trognon, ils importent plus de 80% de ce qui les fait vivre, quand ils le peuvent. Les dirigeants africains ne se sont jamais préoccupés de l’avenir de leurs peuples tout simplement parce qu’ils ne se sentent pas et ne sont pas des leurs.

 

Depuis les années 60, les africains patriotes, dignes, qui ont voulu mettre debout leur continent ont tous été liquidés ou chassés de leur pays par l’impérialisme français. De Patrice Lumumba, Djamal Abdel Nasser, en passant par Kwame NkrumahAmilcar Cabral, Nelson Mandela, Houari Boumediène, Ahmed Sékou Touré, et jusqu’à Thomas Sankara. Tous ceux-là furent remplacés par ceux qui ont dilapidé et remis les intérêts de l’Afrique à la France , je cite : Félix Houphouët-BoignyLéopold Sédar Senghor, Joseph-Désiré Mobutu, Jean-Bedel Bokassa, Omar Bongo (né Albert-Bernard Bongo)… Toute cette bande de salopards a trahi le peuple africain. Après la mort d’Houphouët-Boigny, on s’est aperçu que toute l’économie ivoirienne avait été dilapidée par ce vieux nègre complexé. Ces soi-disant responsables qui ont géré l’Afrique sont nés français et morts français, la plupart en France même. Rappelez-vous de la mort de Senghor dans le Calvados, humilié et traité comme un moins que rien, après tous les services qu’il a rendu à ses maîtres.

 

Aujourd’hui on entend partout dans les radios des manifestations organisées pour l’indépendance des pays africains, relayées bien entendu par des nègres, peut-être nés en Afrique mais souvent avec la nationalité française en poche comme leurs pères. Mais oui, il suffit d’être noir pour pouvoir facilement parler d’Afrique. On en est encore à ce niveau et c’est ce qui a perdu l’Afrique. Les africains n’ont pas encore compris qu’on ne juge pas l’humain tout simplement sur sa couleur ou son appartenance ethnique. L’humain est bien plus complexe que cela et les africains, depuis leur existence, ont pourtant été bien servis, s’ils n’ont pas encore intégré la leçon, c’est aux camarades progressistes de notre continent de la leur faire comprendre. Patrice Lumumba a été trahi par Mobutu, Thomas Sankara trahi par Blaise Compaoré à la demande d’Houphouët-Boigny sous les ordres de François Mitterrand. Mais oui, chez nous, très souvent, le couteau qui te tue c’est ton frère qui l’aiguise. De Chaka Zulu à Sylvanus Olympio, abattu devant l’ambassade de France à Lomé, attentat commandité par la bande des Jacques Foccart et Robert Pandreau.

 

Comme le disait René Char, « l’homme est capable de faire ce qu’il est incapable d’imaginer ». La solution est simple, dirigeants africains : puisque vous êtes incapables d’imaginer, recopiez tout simplement les autres et vous sortirez votre peuple du gouffre. Gérez votre pays et votre continent, comme les autres gèrent leur pays et leur continent.

 

La situation africaine est plus que préoccupante. L’Afrique est un continent où il n’y a personne, la solidarité africaine n’est pas collective, l’africain lutte individuellement pour son intérêt individuel. S’il réussit, il jette des miettes aux autres, quand et comme il le désire, mais jamais il ne permet à l’autre de se construire, d’être indépendant et libre. Cette situation conjuguée a mené le continent africain là où il se trouve. Et l’humanité peut en témoigner, les trois-quarts des chefs d’Etats et dirigeants africains finissent leurs jours en France. Ils ont leurs maisons en France, leurs comptes bancaires en France, se soignent en France, leurs enfants vont dans les universités de France, alors comment voulez vous qu’avec cet esprit ces gens-là sortent le pays qu’ils gèrent de la misère ? Regardez le cas de M. Diouf, ancien président du Sénégal. Où est-il aujourd’hui ? En tête de l’organisation des pays francophones. C’est indigne et méprisable, ces gens sont sans vergogne.

 

J’attire aussi votre attention sur un fait qui montre à quel point la république française méprise l’Afrique et les citoyens africains. A la veille des élections présidentielles du Togo, rappelez-vous M. Kofi Yamgnagne avait prétendu rendre sa nationalité française pour pouvoir se présenter, la suite, vous la connaissez. Tenez-vous bien, au moment où j’écris ce texte là M. Kofi est revenu en France et je me demande sur quelle base : avec un visa de touriste ? Si tel est le cas il devrait regagner Lomé dans très peu de temps. Dans le cas contraire, il a bien vite obtenu une carte de séjour, et M. Besson, dois alors régulariser tous les sans-papiers  se trouvant aujourd’hui en France. J’ai relu les lois Pasqua, Debré, Chevènement et Sarkozy sur l’immigration, je n’ai en aucun cas rencontré un passage qui permettrait à M. Kofi Yamgnagne, togolais il y a une semaine, arrivé en France il y a moins de 48 heures, d’obtenir une carte de séjour. A moins qu’il n’ait jamais renoncé à sa nationalité française, affaire à suivre…

 

La situation du continent africain va de mal en pis. La gauche française et l’extrême gauche n’ont jamais été au fond du problème pour contribuer à l’émancipation du peuple africain. Ils n’ont fait qu’assistanat et humanitaire à leur profit.

Naïfs ceux qui  croient la belle théorie humanistes que la terre n’a pas de frontière et que les hommes sont tous des frères. Cette théorie n’a jamais concrètement vu le jour. Les droits de l’homme n’ont jamais existé. Finie l’époque du soutien des pays frères dans les luttes de libération nationale, fini le temps du Che, chacun prêche pour sa paroisse, le nationalisme a gagné. Les belles idées du marxisme ne sont qu’une farce. Les 30 dernières années nous ont montré cela dans la pratique. La gauche française a géré les ex-colonies comme l’a fait la droite. Strauss-khan au FMI, Besson, ministre de l’immigration, … la liste est longue. Imbéciles ceux qui croient à la gauche.

Aux anticapitalistes : pensez-vous que régulariser chaque année 80 000 enfants d’Afrique règlera le problème de là où ils viennent ou celui de là ils arrivent. C’est une position grave, opportuniste et politicienne. Depuis 20 ans vous ne faites que reculez l’échéance de la déchéance des immigrés en premier lieu et du peuple africain en particulier. Le problème de l’immigration se règle à la source. Aidez les africains qui sont prêts à déboulonner ces valets de l’impérialisme français qui déstabilisent tout le continent africain. Quand demain, plus de la moitié du peuple africain crèvera de faim, tout le monde sera responsable. Dans moins de trente ans, l’Europe, l’Amérique, l’Asie arriveront tout juste à subvenir aux besoins vitaux de leur peuple. Pendant ce temps,  l’Afrique compte sur l’aide internationale. 

 

J’ai appris avec grand plaisir que la France s’apprête à enlever son armée du Sénégal pour la ramener un peu plus haut au Gabon. Et oui, pétrole oblige, Total et Elf ont besoin de matière première. Comme vous le savez le coup d’Etat au Niger profite à Aréva, encore un intérêt français au détriment du peuple africain.

Pour ceux qui l’ignorent tous les militaires gradés en Afrique, ont été formés à St Cyr. Une double nationalité en poche, ils reçoivent les ordres de Paris. Décidément, l’Afrique a du pain sur la planche. Espérons que le départ des soldats français du Sénégal ne nous prépare pas un coup d’Etat militaire. Qu’après la gestion civile désastreuse du pays la France ne joue pas les prolongations en voulant nous imposer en 2012 un gouvernement militaire. Sachant qu’aujourd’hui, le peuple sénégalais a fait le bilan des cinquante premières années de soi-disant indépendance et désire un changement radical pour les intérêts matériels et moraux de son peuple, la France de Sarkozy, nous prépare, elle, une prolongation. Soyons vigilants, c’est notre dernière chance. Le Sénégal, l’Afrique, a un besoin vital de se redresser dans les 5 prochaines années, sinon, nous disparaîtrons. Cette réalité est claire et sentie par tout un chacun. Ne restez pas assis à compter les étoiles et les nuages. N’attendez l’aide de personne. Levez-vous et construisez votre continent dans le calme et la dignité. Sans déraper sur l’extrémisme. C’est encore possible.

 

Je terminerai ce texte en envoyant un message au-delà, à mes chers papas dont je suis fier, à toi Patrice, Boumediène, Nasser, Nkrumah, Cabral, et à toi mon frère Thomas, depuis votre départ, nous sommes toujours dans la misère humaine et très loin de la sortie du tunnel. Mon vieux Patrice, ce salop de Mobutu qui t’as trahi a fini comme un chien au Maroc, ses serviteurs n’ont même pas voulu le récupérer à la fin pour le soigner. Et à toi Houari, l’Algérie que tu avais construite, dont toute l’Afrique était si fière et sur laquelle elle comptait, à été cassée, détruite par le capitalisme français. Mais je vous rassure, vos enfants et frères se souviennent de vous et continueront votre combat jusqu’à l’heure où ils vous rejoindront. Les peuples du monde vaincront.

Salut aussi à toi Frantz, mon vieux Fanon, l’homme des îles, de la Martinique , tu avais bien vu, toi qui disais que celui qui adore le nègre est aussi malade que celui qui le déteste. Mais oui, on adore son chien. Cher papa, toi, tu avais montré l’exemple. Tu es né sous la domination coloniale et mort algérien, cela résume ta grandeur. Les peuples opprimés se souviendront de toi et que la fraternité dans ce monde ne viendra pas des peuples européens campés sur leur supériorité de pacotille mais bien du réveil des peuples opprimés, de ceux qu’on appelle les damnés de la terre.

 

 

Bamba Gueye Lindor

Paris, le 7 mars

 

 

Par APPA - Publié dans : Ailleurs sur le Web - Communauté : Actualité panafricaine. 

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24 novembre 2009

Sincérité du peuple et manipulation du politique à propos des élections en Afrique

Qu'est-ce que l'apprentissage en démocratie?

L'aspiration à la liberté, à l'expression libre du choix de ses dirigeants est une démarche vitale qui procede à la recherche du bonheur pour toute société humaine.

Je pense que les peuples africains dans leurs demarches électorales sont habités d'une sincérité démocratique.

Pendant cette courte période, les électeurs espèrent voir dans ces futures élections la fin des systèmes pseudo-démocratiques.

Car ils ont conscience depuis fort longtemps, entre autres par le biais de la mondialisation de l'information, que leur bonheur passerait par l'installation d'un authentique processus démocratique prophétique.

Un acte électoral pour obtenir par la non-violence, des gouvernants compétents et capables de répondre, de façon éfficiente, aux défis actuels et futurs dont l'Afrique aurait à faire face dans le contexte mondial.

Tandis que la classe "politique" procede différemment. Consciente de la nécessité de démocratie et de la volonté populaire des populations en la matière, elle recourt à toutes les supercheries pour contrecarrer ce besoin vital.

Nombre de politiciens, à part de rares exceptions, utilisent les elections pour légitimer leur hold up et avoir droit de cité sur la scène politique internationale. Quand bien même personne n'est dupe tant au niveau national qu'international.

En fait ils ne font que retarder un processus déjà enclenché dont l'issue est inéxorable.

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10 novembre 2009

Focus 2009 sur le CONGO

La Diaspora du Congo Brazzaville et les Partis de l’Opposition vous invitent à une journée de Sensibilisation et de Mobilisation

Samedi 14 Novembre 2009 à 14H00 Précises

KYRIAD Hôtel  17, rue Baron le ROY  75012 Paris-Bercy village

Métro Cour Saint Émillion (ligne 14), à 2 stations de la Gare de Lyon

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· Face à la situation de déni des droits et libertés fondamentaux qui prévaut

actuellement au Congo Brazzaville

·Face à la mauvaise gouvernance du régime liberticide de SASSOU NGUESSO

occasionnant la misère la plus abjecte des Congolais

Il est urgent pour chacun de nous, Congolais de la Diaspora, de nous mobiliser pour

manifester notre attachement à la restauration des Droits, des Valeurs et de la

Démocratie dans notre pays

La communauté internationale ne s’intéressera au Congo Brazzaville que si les Congolais

de la Diaspora s’impliquent eux-mêmes dans la cause de leur pays

Le combat pour la Restauration de la Démocratie, des Droits et des Valeurs dans notre

pays nous concerne tous, au delà de nos positionnements, de nos partis politiques, et de

nos croyances

Le Congo Brazzaville à besoin de tous ses enfants aujourd’hui plus que jamais

Honorons ce combat par notre présence massive

La journée débutera par une exposition photo (Focus) des images de la vie quotidienne au Congo Brazzaville

·Un temps de parole  sera accordé aux intervenants pour présenter leur vision du changement et de l'alternance politique au Congo Brazzaville

·Un artiste Congolais meublera les intermèdes par de la musique patriotique Congolaise

·La journée se terminera par un pot du patriotisme

Lieu : KYRIAD hôtel  17 rue Baron le ROY  75012 Paris-Bercy village

Accès  métro : Cour Saint Émilion / ligne 14, direct Gare de Lyon, Madeleine 10 minutes à pied du P.O.P.B (Palais Omnisport de Paris Bercy),

Heure : 14h00 précises

Contacts

RAPHAEL GOMA : 06 22 27 18 64 /Gertrude Bienvenue MALALOU-KOUMBA : 06 70 47 62 63

Benjamin TOUNGAMANI : 06 64 88 01 59 /Patrick Eric MAMPOUYA : 06 26 94 12 46

Maurille LOUZALA: 06 84 58 03 09 /Brice NZAMBA: 06 79 24 56 33 /

Fernand LOUBELO: 0685579287

Jean-Sylvestre ITOUA : 06 67 75 96 77 /Marie-Louise ABIA : 00 44 14 62 45 96

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07 novembre 2009

Pr Mamadou Sow à LA LANCE: « L’Armée n’a pas pour vocation de contrer une manifestation populaire»

Categorie: Politique

Auteur : Abou Bakr

Le 1er novembre, date du 51ème anniversaire de la création de l’armée guinéenne, Mamadou Sow, professeur d’urologie au Cameroun, a bien voulu nous dire ce qu’il pense d’une armée républicaine dans un Etat démocratique.

La Lance: Quel regard portez-vous sur les événements du 28 septembre ?

Pr. Mamadou Sow : Je trouve regrettable que des événements d’une telle nature se produisent dans notre pays. Je pense que ces événements résultent du fait que depuis l’indépendance le 2 octobre 1958, il y a une façon de gouverner qui ne convient pas à une partie de la population. Ces événements, à mon avis, n’étaient pas dirigés contre une personne ou une ethnie, mais c’est la manifestation d’un ras- le-bol de la population contre la façon dont le pays est dirigé. Et ceci intéresse tout le monde. Tout le monde est interpellé par ces événements qui sont les résultats de la dérive morale et éthique qui s’est installé dans notre pays. Nous devons corriger cela, changer nos comportements chacun dans le domaine qui est le sien, pour améliorer notre vie.

Pensez-vous qu’on aurait pu éviter les tueries du 28 septembre ?

Si c’est seulement la police et la Gendarmerie qui avaient géré les choses, on aurait sûrement évité le pire. Il y a des officiers de ces corps qui ont bénéficié de formation pointue sur le maintien de l’ordre. On aurait pu mettre tout cela à profit pour éviter le carnage. L’armée n’a pas pour vocation de contrer une manifestation populaire. La première vocation de l’armée, c’est tirer. On ne devrait donc pas faire intervenir l’armée. La façon dont les gens ont été tués est ignoble. Le stade du 28 septembre est un terrain de football, qui est le symbole du «fair-play». Nous regrettons ces événements, nous les condamnons. Le problème n’est pas simplement le nombre de morts, mais il faudrait que de tels événements ne se reproduisent plus jamais.  Il faut donc qu’il y ait un gouvernement qui rassemble, la bonne gouvernance, qui met en place les bases d’un développement socio-économique qui montre aux jeunes qu’il y a un avenir aussi bien dans le domaine éducatif, sanitaire que dans le domaine socioculturel.

Les sanctions vous semblent-elles être la solution de sortie de crise ?

Le problème de la Guinée est multiforme. Actuellement, c’est l’insécurité qui préoccupe dans la cité. L’armée est notre problème mais, c’est aussi la solution. Nous ne pouvons pas trouver une solution en dehors de notre armée, parce que quelle que soit l’autorité de transition qui sera mise en place, on aura besoin de l’armée. Quel que soit le président qui sera élu, il aura besoin d’une armée.  Il faut donc réfléchir à une stratégie de reforme de l’armée. Nous avons au sein de cette armée des Officiers de grande valeur. Nous ne voyons pas le Capitaine Dadis comme un élément isolé, nous le voyons comme appartenant à un ensemble. S’il y a un problème au-delà de cet ensemble, la première des choses est de reformer l’armée. Les sanctions sont importantes, mais le problème de l’armée reviendra toujours. L’indiscipline, tout le monde le dit, se situe au niveau des soldats. Il appartient aux officiers de prendre leur responsabilité, discipliner les soldats, organiser notre armée pour en faire une armée disciplinée. La discipline est la principale force d’une armée.

Le Capitaine Dadis a dit qu’au sein de l’armée guinéenne, l’Officier supérieur est banalisé devant son subalterne. Comment les officiers peuvent-ils reformer l’armée dans ces conditions-là ?

Cela ne doit pas perdurer, nous lançons un appel aux officiers de l’armée, afin qu’ils trouvent une solution au désordre. Qu’ils prennent leur responsabilité pour discipliner ces soldats-là. Ce ne sont pas des soldats de l’Ecomog, de l’Union européenne ou des Etats-Unis qui vont venir mettre de l’ordre au sein de notre armée. Nous avons besoin d’une armée républicaine, disciplinée. C’est le garant de la stabilité de notre pays. Pour en revenir à la crise au sein de l’armée, elle-même, je dois dire que le Capitaine Dadis est très mal entouré. Ce sont des flagorneurs qui ne l’aiment pas. Ils ne peuvent pas l’aider à trouver la solution adéquate à nos problèmes. Il faudrait que le Capitaine Dadis se retourne vers l’armée, les Officiers supérieurs pour discuter. Je suis persuadé que s’il tient les Etats généraux de l’armée, il sortira une solution. C’est une priorité absolue avant les élections. Les élections doivent être le moment ultime d’une transition. Nous avons raté notre transition, il faut maintenant la reprendre. Etablir des priorités, les sérier, poser les bases d’un Etat moderne, démocratique avant d’aller aux élections. Le président Blaise Compaoré doit prendre en compte tous ces éléments dans sa médiation. Il doit chercher à savoir quels sont les vrais problèmes, trouver des solutions. Voilà à quoi il devrait s’atteler.

Pour les Forces vives, la non- candidature du Capitaine Dadis à la prochaine présidentielle n’est pas à négocier. C’est une évidence.

Dans l’intérêt de la Guinée, dans l’intérêt du Capitaine Dadis, il est souhaitable qu’il ne se porte pas candidat à ses élections. Il est un Guinéen, mais les personnes qui sont autour de lui et qui lui demandent de se présenter ne le font pas pour son intérêt, pas pour l’intérêt de la Guinée, elles le font pour leurs propres intérêts. L’intérêt du Capitaine Dadis est de ne pas se porter candidat à la prochaine présidentielle. Qu’il l’organise ou qu’un organe de transition l’organise, son intérêt est de ne pas se porter candidat.

L’insécurité bat son plein à Conakry et on accuse l’armée…

C’est pourquoi je parle des états généraux. L’armée est indexée alors qu’il pourrait s’agir de certains éléments incontrôlés de l’armée, qui agissent comme cela. Il faut éviter qu’il y ait une milice parallèle en Guinée. Tout le monde doit éviter l’introduction d’une milice dans le jeu politique actuelle. De même que l’introduction de mercenaires. Mais, pour éviter cela, il faudrait que l’armée se reprenne en main. On a vu l’exemple du Congo Brazzaville avec le Président Pascal Lissouba. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il avait estimé que l’armée était fidèle au président Denis Sassou Nguesso. Il a mis l’armée de côté. Il a cherché une milice autour de lui, et finalement le pays a basculé dans une guerre civile et par le départ du Pr. Pascal Lissouba. C’est un exemple dont nous devons fortement nous inspirer pour la sécurité, l’équilibre dans notre pays.

Propos recueillis par Abou Bakr
LA LANCE: envoiyer par A Foulah Diallo pour radio-kankan

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04 novembre 2009

Les faux médicaments de la fondation de Jacques Chirac

3 novembre 2009 par Odile Tobner

ThèmesRacismeJacques ChiracDictateurs (Amis de la France)

Quand Jacques Chirac voulait devenir président de la République française il tenait, le 19 juin 1991, à Orléans, des propos violemment racistes sur l’ « overdose » d’étrangers, qui ne sont pas « les mêmes » qu’avant, « des Espagnols, des Polonais, des Portugais », mais sont « des musulmans et des noirs », plaignant le « travailleur français » d’avoir à supporter « le bruit et l’odeur » et exprimant sa phobie d’une natalité fantasmée comme pléthorique, « une vingtaine de gosses », assortie d’une évaluation aussi superlative que fausse du montant des allocations perçues, « sans naturellement travailler ».

Le MRAP porta plainte et fut débouté le 26 février 1992. Les magistrats estimèrent qu’il n’y avait pas de diffamation raciale car les propos en cause « ne constituent que des attaques vagues et générales, insuffisantes pour caractériser la diffamation ; qu’à supposer qu’elles constituent des expressions outrageantes, elles ne visent pas une personne ou un groupe de personnes suffisamment déterminé ». Pourtant les musulmans et les noirs étaient nommément désignés. La justice sait se voiler la face quand il faut ne pas voir certaines obscénités.

Le même Jacques Chirac, ex président de la République, en quête cette fois de vedettariat international, entend maintenant se faire une image de bienfaiteur des pauvres noirs en donnant son nom à une « fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures ». On peut penser que c’est une gageure que de faire croire à la virginité d’une vieille pute, mais cela marche dans le monde tel qu’il est, où l’impudence est non seulement admise mais vénérée. Après avoir inauguré le « dialogue des cultures » par des propos outrageants que les juges estimèrent simplement « décousus », Chirac continue à faire dans le n’importe quoi. Entouré de sept chefs d’Etats africains complaisants (Bénin, Togo, Sénégal, Burkina Faso, Congo Brazzaville, Niger République Centrafricaine) il a lancé lundi 12 octobre « l’appel de Cotonou » destiné à « promouvoir la lutte contre le trafic de faux médicaments dont les victimes se comptent par dizaines de milliers ». Se porter au secours de l’industrie pharmaceutique, on n’en attendait pas moins de lui dans le faux-problème, alors que, en réalité, c’est l’absence totale de tout médicament qui hâte la mort de centaines de milliers d’Africains. Mais évoquer ce vrai problème amènerait à pointer la responsabilité des faux présidents et de tous les faux apôtres engendrés par le marché de la bienfaisance médiatisée.

Le président Chirac n’a en effet jamais eu le moindre état d’âme à cautionner, pendant ses mandats et sa carrière politique, toutes les fausses élections qui se sont déroulées en Afrique francophone. Il cajolait même les faux présidents, les assurant de son affection. Eyadema pouvait faire assassiner ses opposants, Biya faire tirer sur les manifestants, Bongo mettre son pays en coupe réglée, ce ne sont pas ces vétilles qui pouvaient altérer l’indéfectible soutien que Chirac leur apportait, dans une Afrique qui « n’était pas mûre pour la démocratie » et devait donc se contenter de ces ersatz de dirigeants. Le résultat bien sûr ne l’inquiétait pas non plus : corruption des oligarchies arrogantes assurées de conserver le pouvoir quoi qu’elles fassent et ne fassent pas, stagnation et régression du niveau de vie de populations privées d’éducation et de soins, surmortalité infantile, absence d’emplois faute du moindre développement. Il y avait des généraux, équipés de vrais armements français vendus au prix fort, conseillés et entraînés par de vrais militaires français, pour maintenir l’ordre. N’était-ce pas l’essentiel en ces contrées exotiques ?

Aujourd’hui les actions médiatiques de la fondation Chirac, la mascarade du forum pour le développement durable sont les plus scandaleux des faux médicaments qui sont fourgués aux Africains pour perpétuer leurs maux sous couvert de les guérir.

Source : billets d'Afrique journal en ligne de l'association survie site ; http://www.survie.org

Posté par Kibaya à 09:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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