09 décembre 2011

Congo : sauver les élections

A propos des élecions au Congo, Lu pour vous sur le site International Crisis Group

http://www.crisisgroup.org/fr/publication-type/communiques/2011/africa/dr-congo-saving-the-elections.aspx

Congo : sauver les élections

Kinshasa/Nairobi/Bruxelles   |   8 déc. 2011

Une semaine après les élections présidentielles et législatives, la République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une crise politique qui pourrait replonger le pays dans la violence. Les résultats provisoires, attendus aujourd’hui, risquent de déclencher des manifestations de l’opposition, qui peuvent susciter à leur tour une répression sévère des forces de sécurité congolaises et enclencher une spirale de violence. Afin d’éviter ce scénario, les autorités congolaises doivent adopter des mesures urgentes pour qu’un résultat relativement représentatif émerge d’un processus électoral défectueux. Les Nations unies, l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) doivent travailler ensemble pour proposer une médiation entre les dirigeants congolais afin de trouver une issue à la crise.

La semaine dernière, des dizaines de millions de Congolais ont voté lors des secondes élections depuis la fin de la sanglante guerre civile. Le scrutin constitue l’aboutissement d’une année de préparation tendue, caractérisée par un déséquilibre politique favorable au président en exercice Joseph Kabila. Des modifications constitutionnelles ont mis fin à l’élection présidentielle à deux tours, ce qui a éparpillé le vote de l’opposition incapable de s’unir derrière un candidat unique. Des fidèles du pouvoir ont été nommés à la commission électorale et à la Cour suprême, en charge du contentieux électoral. Malgré des disparités dans l’enrôlement des électeurs, les partis de l’opposition et les observateurs n’ont pas pu examiner la liste électorale. Les médias contrôlés par l’Etat ont battu le rappel pour le président. Néanmoins, Joseph Kabila, largement moins populaire que lors de sa victoire en 2006, a fait face à une rude compétition, notamment de la part du vétéran de l’opposition Etienne Tshisekedi. Avec la présence d’un autre candidat, Vital Kamerhe, menaçant de rafler les voix de Kabila aux Kivus – voix qui ont été cruciales pour sa victoire il y a cinq ans – la réélection du président sortant est loin d’être assurée.

Le scrutin a été marqué par une gestion chaotique, des violences localisées et des fraudes ont été signalées – intimidation des électeurs, bourrages d’urnes, etc. Prévu pour le 28 novembre, le vote a été prolongé de deux jours parce que le matériel nécessaire est arrivé en retard et la confusion régnait dans les listes électorales. Les observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne et du Centre Carter, ont signalé des irrégularités très répandues – mais puisque peu d’entre eux se sont aventurés en dehors des villes principales, ils ont probablement manqué les abus les plus grossiers.

Le décompte a été aussi chaotique que le vote, et dangereusement opaque. Les critères pour invalider les bulletins de vote ne sont pas clairs, et Kinshasa – un fief de l’opposition – semble être particulièrement concerné. Le refus de la commission électorale de publier les résultats par bureaux de vote, ce qui permettrait aux partis d’opposition et aux observateurs de les vérifier dans le détail, est particulièrement révélateur. Les irrégularités du jour du scrutin sont un sérieux problème ;l’impression que les résultats sont falsifiés à huis clos serait un désastre.

L’infortune électorale du Congo reflète une absence de progrès au niveau démocratique et institutionnel depuis 2006. Mais elle résulte également du faible engagement africain et international. Malgré des violations des droits de l’homme lors de la campagne, rapportées par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, la mission de l’ONU, la Monusco, s’est montrée peu disposée à critiquer ouvertement le gouvernement et les autorités électorales. Elle s’est aussi apparemment abstenue de proposer les bons offices prévus dans son mandat du Conseil de sécurité ; un rôle pourtant crucial compte tenu de la méfiance de l’opposition à l’égard des institutions congolaises. Les bailleurs de fonds également – particulièrement l’UE et le Royaume-Uni, qui ont en partie financé le scrutin, et les Etats-Unis – ont largement échoué à empêcher le renforcement du pouvoir de Kabila.

Une lourde atmosphère pèse désormais sur Kinshasa. A la veille des élections, la répression des forces de sécurité contre des manifestants de l’opposition a entrainé, selon Human Rights Watch, dix-huit morts et plus d’une centaine de blessés. Pendant le scrutin, les autorités se sont heurtées aux militants de l’opposition dans les provinces du Kasaï et du Katanga, alors que des violences sporadiques ont été signalées dans d’autres régions, caractérisées notamment par la destruction du matériel électoral et des électeurs empêchés de se rendre aux urnes. L’arrivée des renforts de la garde présidentielle dans les camps militaires aux abords de la capitale et le renvoi de certains officiers n’augurent rien de bon. Les deux camps peuvent facilement mobiliser des milices et des groupes de jeunes armés.

Durant le weekend, des milliers de Congolais auraient traversé le fleuve pour se rendre au Congo-Brazzaville voisin, redoutant la violence. Des rumeurs de distribution de machettes, une mobilisation des gangs et une lourde présence des forces de sécurité entretiennent une atmosphère de paranoïa dans la capitale. Les dirigeants de l’Eglise catholique au Congo, qui a déployé quelque 30 000 observateurs – plus que tout autre groupe – durant le scrutin, ne publient pas leurs conclusions, craignant qu’elles n’attisent les tensions. Durant le weekend, l’évêque Nicolas Djombo a décrit la situation comme étant « un train allant droit dans le mur ». Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), pendant ce temps, a déclaré qu’il suivait de près la situation en RDC.

Les résultats provisoires de la commission électorale, censés être publiés rapidement, vont sans doute placer Kabila en tête du scrutin. Mais compte tenu de la crédibilité entamée de cette institution et de l’ampleur des irrégularités, ces résultats ne risquent pas d’inspirer la confiance. L’opposition risque de les rejeter d’emblée. La Cour suprême doit résoudre les différends, mais puisqu’elle est également composée de proches du pouvoir, les perdants vont probablement chercher à exprimer leurs griefs dans la rue. Il est difficile d’anticiper l’ampleur de la violence : des affrontements risquent d’éclater à Kinshasa mais aussi dans d’autres régions, particulièrement dans les fiefs de l’opposition comme le Kasaï oriental, où le gouverneur a déjà déclaré l’état d’urgence, le Kasaï occidental, le Sud-Kivu, Lubumbashi, et l’Equateur. Des divisions au sein de l’armée ne doivent pas être exclues.

Une action internationale et régionale d’urgence est nécessaire pour sauver les élections et persuader les dirigeants congolais de s’abstenir de recourir à la violence. Ces deux tâches ne s’annoncent pas faciles. Les défaillances techniques considérables et les manipulations délibérées du scrutin réduisent la possibilité de connaitre les véritables résultats tandis que le contrôle des institutions par le régime réduit la possibilité pour les élites de résoudre pacifiquement les différends. Alors qu’une fébrilité croissante gagne Kinshasa, les deux candidats en tête semblent peu enclins à s’adresser la parole et encore moins à accepter la défaite. Cependant l’adoption des mesures suivantes présente un espoir de sortie de crise :

  • La commission électorale doit compter les bulletins de vote de manière transparente, dans le respect de la loi congolaise et en présence d’observateurs locaux et internationaux – et elle doit annoncer publiquement qu’elle va le faire. Elle doit publier les résultats de chaque bureau de vote, pour permettre une vérification indépendante, pour l’élection présidentielle comme pour les législatives qui sont désormais quasiment oubliées.
  • Les autorités doivent expliquer clairement comment les partis politiques et les observateurs ont la possibilité de contester les résultats de chaque bureau de vote. Les bureaux qui ont fourni des résultats douteux ou ceux où les observateurs ont signalé des irrégularités doivent faire l’objet d’enquêtes rigoureuses – encore une fois, en présence d’observateurs internationaux – avec des critères clairs à appliquer pour l’invalidation des bulletins. La possibilité de voter doit être offerte aux électeurs des régions où le scrutin n’a pas pu avoir lieu.
  • Tous les dirigeants congolais doivent éviter les discours haineux. Etant donné que les manifestations vont sans doute devenir violentes, les dirigeants de l’opposition ne doivent pas appeler à manifester après l’annonce des résultats.
  • Si des manifestations ont lieu, les forces de sécurité doivent s’abstenir de faire usage d’une force excessive – et des instructions claires doivent être émises par les chefs militaires et de la police et le président. Toute violence doit faire l’objet d’une enquête par des organisations de droits de l’homme congolaises et internationales, ainsi que, si cela est approprié, par la CPI.
  • L’ONU, l’UA et l’UE doivent envoyer immédiatement une médiation de haut niveau entre les parties. Un accord de partage du pouvoir n’est pas souhaitable ; en revanche, compte-tenu de la défiance à l’égard des institutions électorales. Les médiateurs doivent explorer des options pour un mécanisme alternatif de règlement du contentieux électoral ou pour une supervision indépendante des mécanismes existants – éventuellement sous les auspices de l’UA et avec un soutien international. Ils doivent également trouver un moyen d’éviter une crise constitutionnelle puisque le mandat de Kabila expire cette semaine.
  • Pendant ce temps, l’ONU, les bailleurs de fonds et les dirigeants régionaux doivent éviter les déclarations qui légitiment des résultats contestables et détruisent le peu de crédibilité qui leur reste au Congo. Ils ne peuvent pas accepter les défaillances électorales. Aucun dirigeant ne doit être félicité tant que tous les différends électoraux ne sont pas résolus.
  • L’ONU doit déployer des casques bleus supplémentaires dans les provinces de l’Ouest et à Kinshasa, sinon elle risque d’échouer à remplir son mandat de protection des civils. Un bain  de sang dans la capitale d’un pays hôte de la plus large opération de maintien de la paix des Nations unies est impensable.

Au-delà du danger immédiat que représentent le rejet des résultats et l’escalade de la violence, l’existence d’un président ayant un mandat illégitime pose une menace sérieuse pour la paix et la sécurité dans le pays. Seul un dirigeant dont les Congolais sont convaincus qu’il a été élu librement est à même de résoudre les multiples problèmes du pays. Les perdants exclus de la vie politique peuvent facilement prendre les armes, comme en République centrafricaine ou au Burundi voisins. La crise d’aujourd’hui n’aura pas surpris les observateurs du Congo, puisqu’elle résulte du désengagement discret mais réel des acteurs régionaux et internationaux ces dernières années. Ils doivent désormais s’engager à nouveau – et rapidement. 

 

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12 mai 2011

Rougeole au Congo : l’appel de Médecins Sans Frontières

Rougeole au Congo : l’appel de Médecins Sans Frontières

Depuis six mois, une épidémie de rougeole se propage dans toute la République démocratique du Congo. De janvier à février 2011, plus de 16 000 cas suspects ont été notifiés à travers le pays. Ils ont été à l’origine de 107 décès. Une situation qui, selon Médecins Sans Frontières « devient incontrôlable ».


Depuis septembre 2010, MSF a vacciné plus de 1,5 million d’enfants pour répondre à l’urgence. Mais la maladie se répand comme une traînée de poudre.

 

L’ONG demande donc au ministère de la Santé congolais « d’assurer sans délai la réponse aux épidémies dans les nouvelles zones infectées. Aux agences de l'ONU (OMS, UNICEF) et aux autres ONG, elle demande d’intervenir immédiatement. Et ce, en libérant les financements d'urgence.  Si la réaction de tous ces responsables tarde à venir, il sera impossible d’enrayer l’épidémie de rougeole en RDC.

www.destinationsante.com

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17 janvier 2011

LUMUMBA LE HEROS

Viva LUMUMBA LE HEROS AFRICAIN,

ce 17 janvier 1961

tu es entré dans l'immortalité.

Tu es vivant

De ton juste combat,

le Congo et l'Afrique

sortiront vainqueurs de l'histoire.

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15 janvier 2011

Meurtre à la maison d'arrêt de Brazzaville

NOTE D’INFORMATION

L'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH), l’Association pour les droits de l’Homme et l’Univers carcéral (ADHUC) et le Forum pour la gouvernance et les droits de l’Homme (FGDH) viennent par la présente informer l’opinion nationale et internationale qu’ils ont décidé de déposer plainte au tribunal de grande instance de Brazzaville contre monsieur Yvon OTSOU, régisseur de la maison d’arrêt et de correction de Brazzaville ; monsieur MAMPOUYA, chauffeur à la Maison d’arrêt, ainsi que le Capitaine MOUKOURI, gendarme en service à la Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville du 08 au 09 septembre 2010 et autres.

Cette plainte est déposée pour coups et blessures volontaires, non assistance à personne en danger, homicide volontaire, meurtre et complicité de meurtre, dissimulation du cadavre, abus d’autorité et acte de torture, et traitement cruel, inhumain et dégradant sur la personne de Ferdinand MBOURANGON.

A titre de rappel, Monsieur Ferdinand MBOURANGON, 35 ans, lieutenant des Forces Armées Congolaises (FAC) en service à la zone autonome de Brazzaville (ZAB) était incarcéré à la maison d’arrêt  et de correction de Brazzaville dans le cadre de l’opération de contrôle des salaires des agents de la fonction publique.

Le 08 septembre 2010, un autre détenu nommé ADAMO avait été informé du décès de son enfant. Ce dernier, tenant à être aux cotés de sa famille pour les obsèques, avait sollicité une autorisation de sortie auprès du régisseur de la Maison d’arrêt. Cette permission ne lui avait pas été accordée pour des questions de procédure.

Mecontents de ce refus et par solidarité, les codétenus de l’infortuné, parmi lesquels Ferdinand BOURANGON, avaient manifesté leur désapprobation. Ce qui avait abouti à une altercation entre les agents de l’administration pénitentiaire appuyés par les gendarmes en faction et les détenus mecontents.

Après avoir repris le contrôle de la situation, le régisseur de la Maison d’arrêt avait intimé l’ordre de punir les meneurs de cette révolte. Ainsi, une dizaine de personne y compris Ferdinand BOURANGON, avaient été conduite dans la cellule dite "disciplinaire" pour un passage à tabac par les gendarmes.

Ces détenus ont été victimes d’actes de torture et de traitement cruel, inhumain et dégradant de la part des gendarmes en service à la Maison d’arrêt, appuyés par une unité d’intervention mobile dirigée par le capitaine MOUKOURI.

Le lendemain, le 09 septembre 2010, ayant constaté l’état piteux de ces victimes, leurs tortionnaires les avaient emmenés à l’hôpital central des armées pour les soins.

Face à la gravité des blessures, le médecin avait requit l’internement des blessés, notamment de Ferdinand BOURANGON pour un meilleur suivi. Cette demande a été refusée par le responsable de la Maison d’arrêt qui avait reconduit Ferdinand BOURANGON en cellule de détention.

C’est ainsi qu’il décédera à la Maison d’arrêt le 09 septembre 2010 à 14 heures des suites de ces blessures, sans avoir reçu les soins adéquats.

Le corps sans vie de monsieur Ferdinand BOURANGON avait été ensuite déposé à la morgue municipale de Brazzaville par le chauffeur de la Maison d’arrêt, monsieur MAMPOUYA,  à l’insu de sa famille et sans constat de police.

L’autopsie du corps qui a été réalisée le 17 septembre 2010, a conclu que Monsieur BOURANGON Ferdinand est décédé le 09/09/2010 des suites des coups et blessures volontaires. Le coup fatal a été porté au thorax et entrainé un traumatisme cardiaque sévère provoquant une embolie pulmonaire massive cause du décès.

Du point de vue du droit, ces actes constituent de crimes et délits de coups et blessures volontaires, non assistance à personne en danger, homicide volontaire, meurtre et complicité de meurtre, dissimulation du cadavre, abus d’autorité et acte de torture, et traitement cruel, inhumain et dégradant prévus et punis aux articles 59, 60, 186, 295, 303, 304, 309, 310, 319, 359, du code pénal ; les articles 7, 9 et 10 de la constitution congolaise ; l’article 60 du code de procédure pénale et constitutif de la violation des articles 3, 5, 7 et 8 de la déclaration universelle des droits de l’homme  de l’article 2 de la convention contre la torture et autres peines ou traitement inhumain, cruel et dégradant ratifiée par l’Etat congolais.

Dès lors, la responsabilité pénale de monsieur Yvon OTSOU, régisseur de la maison d’arrêt et correction de Brazzaville ; de monsieur MAMPOUYA, chauffeur à la Maison d’arrêt, du Capitaine MOUKOURI ainsi que des autres gendarmes en service à la Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville du 08 au 09 septembre 2010 est indubitablement engagée.

En raison du préjudice éminemment important dont on a souffert en tant qu’Organisations non gouvernementales ayant entre autres mandats, celui de la lutte contre l'impunité avons décidé de porter plainte.

POUR L’ASSOCIATION POUR LES DROITS DE L’HOMME ET L’UNIVERS CARCERAL (ADHUC)

Monsieur LOAMBA MOKE

Président

Tel : 00 242 05 5521 54 07

Email : Adhuc_congo@yahoo.fr

POUR L’OBSERVATOIRE CONGOLAIS DES DROITS DE L’HOMME (OCDH)

Monsieur Roch Euloge N’ZOBO

Responsable des programmes

Tel : 00 242 05 553 15 73

Email : ocdh.brazza@voila.fr / renzobo@yahoo.fr

POUR LE FORUM POUR LA GOUVERNANCE ET LES DROITS DE L’HOMME (FGDH)

Monsieur Maixent HANIMBAT EMEKA

Président

Tel : 00 242 05 772 57 64

Email : maixentfort@yahoo.fr

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29 octobre 2010

Transparency international : état des lieux de la corruption en Afrique

AFRIQUE / CORRUPTION - 
Article publié le : mercredi 27 octobre 2010 - Dernière modification le : mercredi 27 octobre 2010

Transparency international : état des lieux de la corruption en Afrique
Selon Transparency International, sur les 178 pays étudiés, près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne.
Selon Transparency International, sur les 178 pays étudiés, près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne.
http://www.transparency.org
Par RFI

Dans son rapport annuel publié ce mardi 26 octobre à Berlin, Transparency International affirme que les trois-quarts des 178 pays étudiés sont perçus comme très corrompus. Les pays africains n'échappent pas à ce diagnostic, même si certains (comme le Rwanda) ont connu une belle progression.

Dans son rapport annuel sur la corruption publié ce mardi 26 octobre à Berlin, l'ONGTransparency International lance principalement une mise en garde aux gouvernements.

Elle estime que la corruption pèse sur leurs efforts pour renflouer les marchés financiers, et lutter efficacement contre le réchauffement planétaire et la pauvreté. Car sur les 178 pays étudiés, près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne.

Belle progression rwandaise

Selon le classement établi, le Botswana (33e), l'île Maurice (39e) et le Cap-Vert (45e) tirent leur épingle du jeu, arrivant en tête des pays africains perçus comme parmi les moins corrompus.

Mais c'est surtout le Rwanda qui fait une remontée fulgurante (de la 89e à la 66e place), ayant mis en place et appliqué scrupuleusement « la tolérance zéro » contre la corruption.

La République démocratique du Congo et la Guinée Conakry sont ex-aequo à la 164e place.... Ex-aequo également, la Guinée équatoriale et l'Angola se partagent le 168e rang.

La Somalie dernière du classement

Ils sont suivis du Burundi et du Tchad respectivement aux places 170 et 171. Toujours selon Transparency international, certains pays, dont la Gambie, ont amélioré leur score depuis 2009 (de 106e à 91e).

Quant au Cameroun, perçu comme très corrompu, il occupe avec sept autres pays le 146e rang avec une note de 2,2 sur 10.

Madagascar (de 99e à 123e) et le Niger (de 106e à 123e) sont également perçus comme plus corrompus que l'an dernier, tandis que la lanterne rouge revient à la Somalie, 178e et dernière du classement mondial.

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13 mai 2010

Mon dernier voyage au Congo

Chers internautes, comme vous l'avez dû le remarquer que j'étais parti sans vous avertir.

Je suis de retour et pour me faire pardonner, je vous donne à voir ce que j'ai regardé comme paysage dans ce merveilleux pays.

 

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Au bord du fleuve Congo à  Brazzaville on aperçoit au fond Kin la belle de l'autre côté du fleuve

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Brazzaville vue d'avion au fond le fleuve 

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Une vue de Loubomo par avion 

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Une vue du centre ville de Pointe-Noire au fond la mer 

D'autres photos suivront et je vais essayer de vous mettre une vidéo si possible à bientôt.

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10 novembre 2009

Focus 2009 sur le CONGO

La Diaspora du Congo Brazzaville et les Partis de l’Opposition vous invitent à une journée de Sensibilisation et de Mobilisation

Samedi 14 Novembre 2009 à 14H00 Précises

KYRIAD Hôtel  17, rue Baron le ROY  75012 Paris-Bercy village

Métro Cour Saint Émillion (ligne 14), à 2 stations de la Gare de Lyon

----------------------------------------

· Face à la situation de déni des droits et libertés fondamentaux qui prévaut

actuellement au Congo Brazzaville

·Face à la mauvaise gouvernance du régime liberticide de SASSOU NGUESSO

occasionnant la misère la plus abjecte des Congolais

Il est urgent pour chacun de nous, Congolais de la Diaspora, de nous mobiliser pour

manifester notre attachement à la restauration des Droits, des Valeurs et de la

Démocratie dans notre pays

La communauté internationale ne s’intéressera au Congo Brazzaville que si les Congolais

de la Diaspora s’impliquent eux-mêmes dans la cause de leur pays

Le combat pour la Restauration de la Démocratie, des Droits et des Valeurs dans notre

pays nous concerne tous, au delà de nos positionnements, de nos partis politiques, et de

nos croyances

Le Congo Brazzaville à besoin de tous ses enfants aujourd’hui plus que jamais

Honorons ce combat par notre présence massive

La journée débutera par une exposition photo (Focus) des images de la vie quotidienne au Congo Brazzaville

·Un temps de parole  sera accordé aux intervenants pour présenter leur vision du changement et de l'alternance politique au Congo Brazzaville

·Un artiste Congolais meublera les intermèdes par de la musique patriotique Congolaise

·La journée se terminera par un pot du patriotisme

Lieu : KYRIAD hôtel  17 rue Baron le ROY  75012 Paris-Bercy village

Accès  métro : Cour Saint Émilion / ligne 14, direct Gare de Lyon, Madeleine 10 minutes à pied du P.O.P.B (Palais Omnisport de Paris Bercy),

Heure : 14h00 précises

Contacts

RAPHAEL GOMA : 06 22 27 18 64 /Gertrude Bienvenue MALALOU-KOUMBA : 06 70 47 62 63

Benjamin TOUNGAMANI : 06 64 88 01 59 /Patrick Eric MAMPOUYA : 06 26 94 12 46

Maurille LOUZALA: 06 84 58 03 09 /Brice NZAMBA: 06 79 24 56 33 /

Fernand LOUBELO: 0685579287

Jean-Sylvestre ITOUA : 06 67 75 96 77 /Marie-Louise ABIA : 00 44 14 62 45 96

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26 septembre 2009

Route entre le Congo et le Cameroun

Infrastructure routière et intégration régionale

190 millions de $ de la BAD pour relier le Congo et le Cameroun

Tunis, le 25 septembre 2009– Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé aujourd’hui une importante enveloppe financière totalisant 190 millions USD pour relier le Congo et le Cameroun. Ce financement du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la BAD, se compose d’un don de 61,9 millions d’unités de compte (97 millions USD) et d’un prêt de 59,27 millions d’UC (93 millions USD).

Le projet de route Ketta–Djoum et de facilitation du transport sur le corridor Brazzaville – Yaoundé contribuera au renforcement de l’intégration régionale en Afrique centrale. Il permettra l’interconnexion sur des axes routiers reliant le Cameroun, le Congo, la RDC, le Gabon, la Guinée Équatoriale et la République centrafricaine. Outre l’amélioration de la circulation des personnes et des biens entre le Congo et le Cameroun, le projet devrait désenclaver des zones à fortes potentialités économiques du nord du Congo (agriculture, minerais, bois…) et du sud-est du Cameroun.

La route Ketta-Djoum, longue de 504,5 km, constitue un maillon important de la liaison inter-capitales Brazzaville-Yaoundé entre le Congo et le Cameroun, longue de 1 612 km. A terme, l’aménagement de cette route, envisagé en deux phases, permettra de disposer d’un corridor entièrement revêtu entre Brazzaville et Yaoundé.

« Aucune liaison pérenne routière n’existe actuellement entre les capitales des deux pays (Yaoundé et Brazzaville), explique Ali Kiès, chef de division Transport à la Banque africaine de développement. Les sections de route entre Ketta et Djoum sur cet axe sont dans un état fortement dégradé qui induit un enclavement des régions traversées et ne permet pas l’exploitation des grandes potentialités agricoles, minières et touristiques qu’elles recèlent, constituant ainsi un frein à la promotion des échanges entre les deux pays et dans la sous-région d’Afrique centrale. »

La première phase du projet, objet du financement du FAD, consiste, au Congo, à revêtir la section entre Ketta et Biessi (121 km) et à aménager la section en terre entre Biessi et la frontière avec le Cameroun (195 km). Au Cameroun, le projet prévoit d’aménager la section en terre entre la frontière avec le Congo et Mintom (105,5 km) et de revêtir la section entre Mintom et Djoum (83 km). La deuxième phase du projet consistera, au Congo, à revêtir la section entre Biessi et la frontière avec le Cameroun et, au Cameroun, à revêtir la section en terre entre la frontière avec le Congo et Mintom.

Chef de file pour la mise en œuvre des programmes du NEPAD dans le domaine de l’infrastructure et de l’intégration régionale en général, le Groupe de la BAD consacre près de 60 % de ses interventions dans le secteur de l’infrastructure.

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22 juin 2009

TCHICAYA U Tam'Si un écrivain africain

Connaissez-vous

Tchicaya U Tam’si ?

Béatrice Bloch

Arlette Chemain-Degrange et Roger Chemain, De Gérald Félix Tchicaya à Tchicaya U’Tam’si, Paris : L’Harmattan, 2009, 502 p., EAN 9782296075559.

Vient de paraître un remarquable ouvrage présentant la création d’un des plus grands auteurs congolais contemporains de langue française, Tchicaya U Tam’si (1931-1988), visant à le rendre accessible ou à le faire connaître davantage grâce à des analyses littéraires. L’ouvrage est une somme impressionnante d’articles critiques, d’interviews, et de lectures analytiques faites par deux professeurs de littérature générale et comparée, en poste pendant 15 ans à l’université de Brazzaville au Congo, puis à l’université de Nice Sophia-Antipolis depuis 1986. Arlette et Roger Chemain sont en effet des spécialistes de cette œuvre qu’ils ont arpentée, travaillée et accompagnée sur une vingtaine d’années.

Le livre De Gérald Félix Tchicaya à Tchicaya U’Tam’si propose au lecteur d’accéder par plusieurs entrées à la connaissance de cette œuvre : par des apports biographiques fondés sur des interviews, des photos et des critiques, par des analyses littéraires précises et des saisies originales synthétiques sur la création d’U Tams’i selon les genres littéraires abordés, ainsi que par un appareil critique riche contenant une bibliographie de son œuvre et des commentaires qu’elle a suscités. L’ouvrage tisse ainsi de chapitre en chapitre, la présentation des textes et un regard critique porté sur eux, la création et un retour réflexif sur elle. L’ensemble est conçu en trois parties : un prélude sert d’entrée en « U Tam’si(e) » où sont exposés les motifs et les évolutions de la création ; une partie rythmée en trois temps mêle la reproduction de quelques extraits des textes et des lectures qu’ils inspirent à Arlette Chemain-Degrange et Roger Chemain : l’œuvre lyrique, l’œuvre dramatique et l’oeuvre narrative sont successivement abordées, faisant droit à la plurigénéricité de l’œuvre ; enfin, une partie plus synthétique propose une approche générale qui tente d’embrasser l’œuvre entière de l’auteur dans sa diversité et son évolution.

Un itinéraire de la pensée se fait jour à travers la lecture de l’ouvrage : d’un poète qui a fréquenté aussi bien la poésie rimbaldienne que la création surréaliste, à celui qui refuse l’appartenance à une école par la diversité de sa création (du sonnet inversé à l’écriture automatique), en passant par le poète qui refuse la négritude mais que Senghor salue dans la préface qu’il écrit au recueil Epitome ; on voit qu’il s’agit d’un travail protéiforme, engagé, où alternent le recueillement solitaire lyrique et les positions théoriques et politiques fortes. Le travail sur la culture européenne et la découverte d’une voix spécifique, qui n’est pas la voix « nègre », mais celle d’un « congolais » du XXème siècle. Tchicaya U Tam’si fut à la fois écrivain, poète et permanent à l’Unesco ; il se consacra à la littérature mais s’engagea aussi dans des projets de réforme de l’enseignement. Fils d’un député du Moyen Congo à l’Assemblée nationale, U Tam’si passa son adolescence en France. Il y vécut en alternance avec une vie au Congo, son œuvre se faisant les échos de l’espoir né au moment des indépendances, des difficultés auxquelles se heurta Patrice Lumumba, et des échecs que rencontra le jeune Congo indépendant.

La poésie d’U Tam’si est ainsi entre « élan et retrait, suavité et violence, confidence et sarcasme », désorientant le lecteur, dans les recueils Le Mauvais sang, Epitomé, Le Ventre et Arc musical. Dépassant l’horizon racial, cette poésie s’indigne devant l’attaque des innocents depuis le bûcher de Montségur jusqu’aux guerres coloniales. Arlette Chemain-Degrange et Roger Chemain montrent l’évolution de la création : depuis la forme fixe du sonnet qui se cherche encore avec ses maladresses syntaxiques de l’oral bousculant la forme classique, jusqu’à l’invention d’une voix nouvelle et spécifique, l’œuvre se crée peu à peu. Ce parcours est donné à voir dans la première partie. Epitomé exprime la passion de son auteur pour un Congo en construction, qui se libère et se refonde. Plus loin, la déception devant le drame congolais et l’émigration se disent. Le rapport aux femmes se profile dans le sentiment de la trahison, et de la menace. Dans Arc musical, on remarque le travail sur le rythme et la forme miroitante. En outre, l’instrument fait référence à la musique congolaise et le recueil joue sur l’humour, même si le ton est plus sceptique, quant aux espoirs politiques : « c’est ici que mon arc m’arme le poing ». Enfin, le recueil Veste d’intérieur paraît plus tard (1976), « fruit d’un retour sur soi pour méditer l’itinéraire parcouru et veillée d’arme avant un nouveau départ, de nouvelles conquêtes ». Le recueil clôt le dialogue avec le passé pour entreprendre le procès de l’actualité, vingt ans après les indépendances. Un retour à l’intimité s’y fait jour, alternant réticence et aveux, tandis que le mouvement de la lecture, comme échange, est accepté. À travers les images de l’eau croupie se profile la tentation de l’inaction et le dialogue amoureux se termine en pitrerie ou en scène mortuaire, tandis que, pourtant, la pulsion de vie domine. Pour clore cette partie initiale, une étude transversale sur le mythe du cannibalisme détourné et une réflexion sur l’image du féminin viennent ressaisir autrement les fils tissés lors des analyses.

La partie suivante est consacrée à la création théâtrale : Le Zulu et Le Destin glorieux du maréchal Nnikon Nniku prince qu’on sort dénonce le caractère irrévocable des despotismes dans les années 1970. Le Zulu opère un retour à un sujet traditionnel : l’épopée du héros sud-africain Chaka qui voulut unifier le pays et échoua « victime de rivalités de la part de ses généraux et de leur association avec l’envahisseur blanc ». Cette pièce est à la fois politique, mais aussi une manière de revisiter, comme pour Shakespeare, le thème de la culpabilité et de la malédiction. L’onirisme y est exploité largement, à travers le rôle des prophéties dans la culture traditionnelle, qui font de la transcendance un principe essentiel. Le héros, Chaka, est présenté comme ayant une mission, mais sa duplicité apparaît au grand jour. La pièce n’est pas de facture originale, mais l’influence de l’oralité affecte les structures et l’imaginaire de l’œuvre : orchestration sonore, chorégraphie, prophéties de devins et langages par proverbes caractérisent la pièce ; finalement, la prise en compte de l’héritage traditionnel constitue l’essence de la tragédie dans cette reconstitution historique, et n’est pas une simple concession à la mode. Avec Le Destin glorieux du maréchal Nnikon Nniku prince qu’on sort, il s’agit non plus de tragédie mais de farce sinistre montrant le pouvoir donné au soudard, caricature grotesque des détournements et des abus. La voix prophétique est remplacée par celle de la radio. Le populisme truculent brise toute envolée, la paresse est valorisée et l’échec du développement économique est masqué derrière une valorisation du dénuement. En contrepoint et par contraste, des intermèdes lyriques assurent des pauses où des hippies réintroduisent une sorte de voix « off », exprimant de « vraies » valeurs vitales. À la fin de cette partie, deux études générales transversales interrogent la présence des paroles traditionnelles dans les œuvres et le mythe d’Œdipe recomposé.

Le troisième genre est abordé, l’écriture narrative, sous forme courte : Légendes africaines, montage de textes empruntés à divers pays d’Afrique à l’instigation d’un éditeur et introduits par un texte d’U Tam’si, suivies de La Main sèche, et sous forme longue, avec le cycle romanesque tétralogique inauguré par Les Cancrelats. L’idée des Légendes africaines est d’écrire une mythologie de la création de l’humanité, une « Légende des siècles » vue par la culture africaine. La Main sèche, écrit en même temps que commençait à paraître le cycle romanesque, est une somme hétérogène de récits moins indépendants qu’il ne paraît, reliés en profondeurs à l’œuvre aux accents messianiques. Chaque nouvelle reprend l’art du conteur et s’ouvre et se clôt par les mêmes formules, l’énonciation à la première personne plongeant le lecteur immédiatement « in medias res », comme si ce dernier connaissait déjà le contexte. Quête des origines, initiation à la double culture, énigme de la mort sont quelques uns des thèmes abordés à travers la question du rapport des Noirs au christianisme, le problème de la responsabilité de la religion vis-à-vis de l’Afrique ; la traite, l’investissement colonial sont revécus à l’échelle d’un individu ; les angoisses de la naissance et les scènes traumatiques font naître un sentiment de culpabilité qui hante les héros : l’homme entre deux mondes, celui qui meurt et celui qui est appelé à naître, se demande s’il va y perdre ou y gagner. Des lectures synthétiques sur la symbolique de l’œil (« son œil sec vous passe l’âme et la moelle épinière à la râpe ») et la figure de l’exclu comme représentation de la marginalité, corollaire de la modernité, répondent à l’accompagnement analytique des œuvres.

Enfin, le cycle romanesque commençant par les Cancrelats est présenté ; il fut publié entre 1980 et 1987, bien qu’en gestation depuis 1954, mais trop critique en un temps de refondation lié aux indépendances, il ne fut présenté par l’auteur à la publication que bien des années plus tard. En chaque volume sont entrelacés l’histoire personnelle et l’histoire collective. Le dernier ouvrage du cycle est Ces fruits si doux de l’arbre à pain. Entre les deux ouvrages majeurs, sont deux ouvrages médians Les Méduses ou les orties de mer (1982) et les Phalènes (1984), d’une coulée plus romanesque, accordant une plus grande place aux relations sentimentales et familiales. Cette somme évoque la vie des Congolais pendant la colonisation, leur tristesse, l’évolution des personnages quittant la terre pour devenir commerçants ; les formules traditionnelles verbales ou rituelles y sont explicitées par le narrateur, tantôt sérieusement, tantôt avec un détachement amusé, à l’instar des conduites ordaliques à l’occasion des deuils. Le rôle souverain de l’imaginaire y est notable et même si le roman refuse l’épique, il laisse le lecteur sur sa faim et son désir de poursuivre la lecture. Dans Les Méduses, il s’agit de la mort de trois syndicalistes « indigènes » dont on essaie d’élucider la cause, entre pouvoir colonisateur et magie traditionnelle. Les Phalènes est le troisième élément de la saga historique au pays de l’ancien royaume kongo : il narre la rencontre entre un Congolais et la femme d’un militant français venu aider à préparer l’indépendance, montrant l’alliance des « gender », et le métissage entre cultures. Dans l’ultime ouvrage, Les Fruits si doux de l’arbre à pain, au titre éminemment ironique (ces fruits étant la nourriture des esclaves pendant la traversée de l’Atlantique), l’auteur recourt au procédé qui désigne avec constance sa manière propre : le redoublement des énoncés, le premier étant voilé et le second plus explicite. Les récits traditionnels sont enchâssés dans l’énoncé francophone. Dans cette narration pleine de ferveur, surgissent pourtant des images maternelles destructrices, des relations fraternelles douteuses, s’envolent des ascensions et se précipitent des chutes. Mais il s’agit aussi d’un texte métis, capable d’entrelacer les échos de maintes cultures, de plusieurs modes d’énonciation, où entrent en contact l’oral et l’écrit, le chant traditionnel et la narration. L’histoire personnelle et politique joue avec l’intertexte messianique, tandis que se pose la question de la responsabilité de l’écrivain exilé combattant sa solitude « coupable » mais en même temps, « signe d’élection ».

Ainsi, l’ouvrage d’Arlette Chemain-Degrange et de Roger Chemain rend grâce à l’exubérance de la création de Tchicaya U Tam’si, sous toutes ses facettes, en abordant tous les genres mis en textes, et en montrant qu’elle a su dépasser les clivages pour créer une voix non plus duelle, mais spécifique et victorieuse dans sa nouveauté. Se moquant du rationalisme, flirtant avec l’envoûtement des forces occultes mais par provocation, l’œuvre d’U Tam’si n’est pas saisie comme retour au passé. L’unité qui la caractérise se manifeste dans l’engendrement des œuvres par des thématiques reprises et rejouées autrement, l’ensemencement des mots par des allitérations ou des assonances, mais où la langue se veut aussi dialogue avec le lecteur. Grâce à cet ouvrage de référence, c’est ce lien avec un public désormais informé et instruit qui peut se tisser plus aisément, et plus intimement, pour conduire à de nouvelles lectures, portées par les propositions de ces critiques, qui offrent aux lecteurs quelques unes parmi les « sept clés » de cette création.

par Béatrice Bloch

Publié sur Acta le 11 juin 2009

Pour citer cet article : Béatrice Bloch , "Connaissez-vous Tchicaya U Tam’si ?", Acta Fabula, Notes de lecture, URL : http://www.fabula.org/revue/document5079.php

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28 mars 2009

Communiqué de presse de l'OBSERVATOIRE CONGOLAIS DES DROITS DE L’HOMME

Organisation non gouvernementale de promotion, de protection et de défense des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit, dotée du statut d’Observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, membre de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), de l’Union interafricaine des droits de l’Homme (UIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Lauréat 2006 du Prix des droits de l’Homme de la République Française

BP. : 4021 Brazzaville – CONGO.  E-mail: ocdh.brazza@voila.fr

CP092303   

COMMUNIQUE   

Scandale judiciaire à la cour d’appel de Brazzaville : Nicolas Okandzi soustrait à la justice et disculpé de son crime

Brazzaville, le 19 mars 2009. L’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) dénonce vivement la parodie de procès organisée du 10 au 12 mars 2009 devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Brazzaville pour soustraire Nicolas Okandzi, directeur général du budget, à la justice et le disculper du meurtre de Jean Bambelo, son agent domestique. Le directeur général du budget a, dans son domicile, séquestré et torturé son agent, depuis le 19 décembre, avant de l’exécuter au petit matin du 23 décembre 2008. Nicolas Okandzi l’accusait du vol d’une somme d’argent de 65.000.000 francs CFA. Une information judiciaire a été ouverte.

Contre toute attente, durant le procès et suivant l’acte d’accusation, Nicolas Okandzi n’a été cité en audience qu’en qualité de témoin et par conséquent épargné de toutes poursuites judiciaires. L’instruction ayant curieusement trouvé un accusé principal : Victor Balou, un agent de la police nationale à la garde de ce directeur général. Il a été condamné à « 15 ans de travaux forcés et de dégradation civique ».

Ce verdict de la Cour criminelle de Brazzaville révolte la conscience citoyenne et constitue un acte honteux pour la justice congolaise, qui, incapable de dire le droit, s’enlise dans des scandales insupportables qui la discréditent davantage. En fin de compte, c’est dans le but de soustraire des poursuites judiciaires, le directeur général du budget, l’un des barons du régime de Brazzaville, et de le disculper du meurtre de Jean Bambelo que l’action publique avait été déclenchée à l’encontre du personnel de maison.

Il est inconcevable que Nicolas Okandzi, propriétaire des fonds volés et ordonnateur de la séquestration de la victime, ne comparaisse qu’en qualité de  témoin du moment où la séquestration lorsqu’elle est suivie de meurtre, fait subir à son auteur la peine la plus lourde conformément aux articles 341 et 344 al. 2 du Code pénal congolais.

Outre Victor Balou,  parmi les six autres accusés de ce procès, deux ont été condamnés pour « non dénonciation de criminel à 12 et 18 mois de prison, assortie d’amande ».

Cette affaire qui est sans rappeler le tristement célèbre procès en trompe œil sur « l’affaire des disparus du beach » pose à nouveau le problème de l’instrumentalisation de la justice et de l’impunité des auteurs des violations des droits de l’Homme au Congo.

Par ailleurs, l’OCDH prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur une autre affaire dont l’auteur, Gomez de Makanda, ancien maire de Bacongo, 2ème arrondissement de Brazzaville qui avait blessé par balle mademoiselle Nuptia Manangu, au marché de Bacongo, n’a jamais été poursuivi.

En effet, le mercredi 14 janvier 2009, aux environs de 17 heures, alors que la circulation était difficile à hauteur du marché Total à Bacongo monsieur Gomez de Makanda, se montrant impatient et voulant décongestionner la voie, avait fait usage d’une arme à feu appartenant à son garde du corps blessant mademoiselle Nuptia Managu, la vingtaine révolue,  qui traversait la chaussée.

Ainsi, l’OCDH recommande :

1.     Aux autorités judiciaires de :

·         Casser l’arrêt de la Cour d’appel de Brazzaville et renvoyer l’affaire devant une autre cour criminelle pour l’ouverture d’une information judiciaire sur la mort de monsieur Jean Bambelo et mettre immédiatement aux arrêts Nicolas Okandzi, pour torture et séquestration suivie de meurtre ;

·         Ouvrir une information judiciaire contre Gomez de Makanda pour tentative de meurtre.

2.     Au gouvernement de :

·         exiger la démission de Nicolas Okandzi de ses fonctions afin de le mettre à la disposition de la justice ;

·         Tout mettre en œuvre pour harmoniser les textes juridiques nationaux avec les conventions internationales librement ratifiées par le gouvernement congolais ;

·         respecter, en toute circonstance, les engagements pris par le Congo en matière des droits de l’Homme, notamment en ce qui concerne le respect du droit à la vie et de l’intégrité physique et morale.

Contacts : +242 551 34 50/553 15 73

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