Afrique Centrale :
Les défis du nouveau directeur de la BVMAC
Écrit par Steven AddamahDécryptagejan 31, 2012

Le nouvel homme fort de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC)
s’appelle Pascal Houangni. En effet le gabonais a été nommé nouveau directeur
général de la Bourse sous-régionale, et aura pour mission d’une part de dynamiser
un marché languissant et d’autre part d’œuvrer au renforcement des relations entre
la place de Libreville et celle de Douala. M. Houangni qui prônait déjà depuis des années
que « seule une sous-région soudée pourrait mieux coopérer avec des marchés financiers
extérieurs et bénéficier des innovations technologiques », continuerait sûrement dans cette
logique d’unification. La question de la fusion des Bourses de Libreville et de Douala prendra
encore plus de poids avec la venue de Houangni qui n’est rien d’autre que l’un des précurseurs
de l’idée. Rappelons que les deux Bourses qui opèrent sur le même marché sous-régional
fonctionnent aujourd’hui sans grande synergie, bien que les pays où elles sont implantées
(Gabon et Cameroun) soient membres de la CEMAC, dont le but est avant tout de
promouvoir l’intégration sous-régionale. Mais en attendant que le nouveau directeur prenne
les rênes de l’institution boursière et se penche sur les deux défis à relever, sa nomination
doit être validée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF).
Après cette validation, le directeur présentera officiellement au mois de Mars prochain
son plan d’action et son budget à son conseil d’administration. Houangni peut-il réussir là où
ses prédécesseurs ont échoué ? Telle est la question qui revient incessamment depuis sa nomination.
Quoi qu’il en soit, le gabonais incarne l’espoir et l’avenir du secteur boursier de la sous région.
Infrastructure routière et intégration régionale
190 millions de $ de la BAD pour relier le Congo et le Cameroun
Tunis, le 25 septembre 2009– Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé aujourd’hui une importante enveloppe financière totalisant 190 millions USD pour relier le Congo et le Cameroun. Ce financement du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la BAD, se compose d’un don de 61,9 millions d’unités de compte (97 millions USD) et d’un prêt de 59,27 millions d’UC (93 millions USD).
Le projet de route Ketta–Djoum et de facilitation du transport sur le corridor Brazzaville – Yaoundé contribuera au renforcement de l’intégration régionale en Afrique centrale. Il permettra l’interconnexion sur des axes routiers reliant le Cameroun, le Congo, la RDC, le Gabon, la Guinée Équatoriale et la République centrafricaine. Outre l’amélioration de la circulation des personnes et des biens entre le Congo et le Cameroun, le projet devrait désenclaver des zones à fortes potentialités économiques du nord du Congo (agriculture, minerais, bois…) et du sud-est du Cameroun.
La route Ketta-Djoum, longue de 504,5 km, constitue un maillon important de la liaison inter-capitales Brazzaville-Yaoundé entre le Congo et le Cameroun, longue de 1 612 km. A terme, l’aménagement de cette route, envisagé en deux phases, permettra de disposer d’un corridor entièrement revêtu entre Brazzaville et Yaoundé.
« Aucune liaison pérenne routière n’existe actuellement entre les capitales des deux pays (Yaoundé et Brazzaville), explique Ali Kiès, chef de division Transport à la Banque africaine de développement. Les sections de route entre Ketta et Djoum sur cet axe sont dans un état fortement dégradé qui induit un enclavement des régions traversées et ne permet pas l’exploitation des grandes potentialités agricoles, minières et touristiques qu’elles recèlent, constituant ainsi un frein à la promotion des échanges entre les deux pays et dans la sous-région d’Afrique centrale. »
La première phase du projet, objet du financement du FAD, consiste, au Congo, à revêtir la section entre Ketta et Biessi (121 km) et à aménager la section en terre entre Biessi et la frontière avec le Cameroun (195 km). Au Cameroun, le projet prévoit d’aménager la section en terre entre la frontière avec le Congo et Mintom (105,5 km) et de revêtir la section entre Mintom et Djoum (83 km). La deuxième phase du projet consistera, au Congo, à revêtir la section entre Biessi et la frontière avec le Cameroun et, au Cameroun, à revêtir la section en terre entre la frontière avec le Congo et Mintom.
Chef de file pour la mise en œuvre des programmes du NEPAD dans le domaine de l’infrastructure et de l’intégration régionale en général, le Groupe de la BAD consacre près de 60 % de ses interventions dans le secteur de l’infrastructure.

Un nouveau rapport de la CEA sur l’intégration monétaire et financière en Afrique révèle de sérieux obstacles sur la voie de la convergence macroéconomique
ADDIS ABEBA, Ethiopie, 17 novembre 2008/African Press Organization (APO)/ — Alors que sévit la crise financière la plus grave du siècle, un nouveau rapport, qui sera publié le 21 novembre 2008 conjointement par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et l’Union africaine, indique que «les pays africains éprouvent d’énormes difficultés à appliquer les critères de convergence macroéconomique établis par les communautés économiques régionales».
Intitulé État de l’intégration régionale en Afrique ce rapport est le troisième du genre qui présente des données empiriques sur les progrès accomplis et les perspectives du processus d’intégration en Afrique, en évaluant le niveau et le taux de convergence sur les plans macroéconomique et financier sur le continent.
D’après le rapport, les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), notamment, sont parvenus à maintenir un taux d’inflation à un chiffre, tandis que les autres affichent des résultats médiocres, en partie à cause des chocs extérieurs négatifs, des déficits budgétaires importants (la dette extérieure de certains pays atteint 70% du produit intérieur brut), du manque de statistiques fiables et de la faible croissance). Les critères de convergence établis par les communautés économiques régionales (CER) comprennent des objectifs arrétés d’un commun accord concernant notamment l’équilibre budgétaire, la réduction de l’inflation et la dette publique.
Le rapport évalue également dans quelle mesure les engagements en faveur de l’unification monétaire et de la création de monnaies communes régionales sont respectés. Il fait en outre le bilan des actions visant à créer des marchés de capitaux et des marchés financiers, ainsi que d’autres instruments d’intermédiation financière, notamment les arrangements concernant la cotation transfrontière des titres et des valeurs mobilières, en vue d’accroitre les capitaux et les investissements au profit des activités économiques. L’harmonisation, aux niveaux régional et sous-régional, des politiques dans les domaines monétaire, budgétaire et des paiements. La plupart de communautés économiques régionales ont prévu dans leurs traités.
La création de l’Union africaine, qui met l’accent particulier sur l’approfondissement et l’accélération de l’intégration régionale, souligne qu’il est important et urgent de réaliser la convergence des politiques macroéconomiques et l’intégration monétaire et de mettre en place les mécanismes et les institutions nécessaires propres à faciliter ce processus. Les communautés disposant de critères de convergence sont évaluées dans le rapport sur la base de leurs résultats en la matière. Toutes les autres sont évaluées en tenant compte des besoins de la convergence macroéconomique. Les critères de convergence sont, notamment, de faibles taux d’intérêt et d’inflation, de faible déficits budgétaires et des taux de croissance élevés.
Le rapport montre que la tendance générale et les divers éléments de celle-ci varient considérablement d’une communauté économique régionale à l’autre. Il en est de même s’agissant des résultats des pays. Le rapport montre que, dans l’ensemble, les communautés économiques régionales africaines ont mieux réussi à maîtriser l’inflation et le déficit budgétaire qu’à réduire la dette extérieure. Par ailleurs, les taux de croissance économique sont, de manière générale, encourageants sur l’ensemble du continent. Les groupements d’intégration déjà en place, comme les unions monétaires, s’en sortent généralement mieux, en matière de convergence des politiques macroéconomiques. Dans l’ensemble, les pays africains s’investissent beaucoup en faveur d’une solide convergence des politiques macroéconomiques, dans des domaines comme l’inflation, le déficit budgétaire et la croissance économique. Certaines CER œuvrent activement pour des approches graduelles de l’intégration régionale en leur sein ou dans leur sous-région. Le rapport abonde en exemples de programmes et activités dignes d’éloge.
On trouve dans le rapport les principales recommandations ci-après: il faudrait que les pays africains intègrent des objectifs monétaires et macroéconomiques dans leurs stratégies nationales de développement; les autorités nationales devraient avoir une claire vision de leurs propres objectifs de développement; elles devraient, conclut le rapport, faire preuve de plus de sens des responsabilités dans l’élaboration de leurs politiques macroéconomiques et définir leurs propres priorités en matière de taux de change, de politique budgétaire et de taux d’intérêt.
Contexte
Le renforcement de la coopération et de l’intégration économiques en Afrique est au cœur des activités de la CEA, conformément aux recommandations issues du repositionnnement de la Commission en 2006. Diverses études ont été menées pour situer les contraintes et les facteurs affectant le processus d’intégration en Afrique et pour aider les États membres et leurs différents groupements à concevoir et à mettre en œuvre des politiques et stratégies progressive. L’entrée en vigueur du Traité d’Abuja en 1994, l’adoption du NEPAD et la création de l’Union africaine ont insufflé une nouvelle dynamique au processus d’intégration et en ont rendu l’aboutissement plus urgent.
C’est pour favoriser le succès de ces initiatives que la CEA a émis l’idée de lancer, au-delà des études passées, une série de rapports destinée à évaluer les progrès de l’intégration en Afrique, en général, et à analyser des problèmes thématiques sur une base régulière.
La CEA a publié à ce jour deux éditions de l’ État de l’intégration régionale en Afrique . La première publiée en mai 2004, brosse un tableau d’ensemble de l’état de l’intégration en Afrique. La deuxième publiée en mai 2006, examine la question brûlante de la rationalisation de la multiplicité des groupements d’integration en Afrique, ainsi que celle du chevauchement de leurs compositions qui l’accompagne. Ce troisième rapport traite de la convergence des politiques macroéconomiques et de l’intégration monétaire en Afrique. Il est l’œuvre d’une équipe d’experts de la Commission de l’Union africaine et de la Commission économique pour l’Afrique.
Des exemplaires du rapport seront disponibles (pour téléchargement gratuit) sur le site Web de la CEA à l’adresse www.uneca.org/aria/ à compter du vendredi 21 novembre 2008 à 11 heures 30 (temps universel).
SOURCE : Economic Commission for Africa (ECA)