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Le Pangolin

analyses socio-politiques, culture, relations internationales, société, philosophie compteur

08 novembre 2009

Soirée débat avec KOFI YAMGNANE,

le lundi 9 novembre 2009,

à partir de 19h

à la Maison de la Bretagne

8 rue de l'arrivée, Paris XIV

Le 2 septembre, Kofi Yamgane a déclaré sa candidature à l'élection présidentielle au Togo qui aura lieu le 28 février 2010

(www.kofi2010.com).

Il mène depuis un campagne active au Togo où il réside désormais après un parcours politique hors norme dans l'Hexagone : secrétaire d'Etat, député, conseiller régional et général, maire de Saint-Coulitz.

Début novembre, il fera une halte à Paris pour présenter sa démarche SURSAUT TOGO et rencontrer représentants des diasporas togolaises et bretonnes et décideurs.

À l'issue de cette soirée placée sous le signe des relations Britto-Togolaises, sera servi le verre de l'amitié.

Entrée libre - RSVP avant le 9 novembre 2009 en retour de courriel

ou par téléphone au 06 10 52 00 56

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20 octobre 2009

Les Français hésitent encore à quitter la Guinée

Lu pour dans libeération

Le Ministère des Affaires Etrangères a recommandé aux Français vivant en Guinée de partir du pays. Beaucoup attendent de voir l'évolution de la situation avant de se décider

YANN LIBESSART

La Guinée pleure ses morts. Ici le 2 octobre à la grande mosquée de Conakry.

La Guinée pleure ses morts. Ici le 2 octobre à la grande mosquée de Conakry. (AFP)

Pressés de quitter le pays par le Quay d'Orsay, la plupart des Français de Guinée préfèrent attendre un ordre d'évacuation officiel avant de se décider à partir. «Ceux qui le peuvent, comme les expatriés des ONG ou les employés d'entreprises, sont rentrés. Ceux qui sont installés ici patientent jusqu'à ne plus avoir le choix», déclare une Française de Conakry interrogée par Libération.

L'Ambassade de France a contacté une partie des 2500 ressortissants enregistrés en Guinée sans toutefois leur proposer une évacuation. Aucune agression ciblée n'a été signalée à l'encontre des Français. «Ceux qui partent le font de manière volontaire et à leurs frais. Les autres sont encouragés à rester chez eux avec des provisions et une valise prête au cas où», poursuit cette expatriée qui souhaite garder l'anonymat. «Le problème est qu'il est très difficile d'avoir des informations. La ville est calme mais les gens ont peur des manifestations et des militaires. Nous attendons de voir ce qui va se passer. Beaucoup de scénarios différents sont évoqués mais personne ne sait rien», ajoute-t-elle.

Presse non grata

Samedi, six journalistes français des chaînes de télévision France 2 et France 24, qui souhaitaient couvrir la crise guinéenne, ont été refoulés à l'aéroport de Conakry. «On avait tous les trois des visas. En arrivant à Conakry, des militaires faisant le contrôle des visas nous ont réclamé une lettre d'invitation», a raconté l'un d'entre eux. «Les militaires n'étaient pas du tout agressifs mais ils semblaient avoir reçu des instructions très claires. Ils nous ont accompagnés jusqu'à l'avion qui repartait vers Dakar», a-t-il poursuivi. Jeudi, un reporter de Paris-Match, arrivé sans visa, avait également été expulsé.

Selon le magazine aujourd'hui en Guinée, le ministre guinéen des affaires étrangères, Alexandre Cécé Loua, aurait demandé à l'ambassadeur de France, Jean-Michel Berrit, que Paris intervienne auprès de RFI et France 24 pour faire cesser le lynchage médiatique dont le chef de la junte au pouvoir, Moussa Dadis Camara, s'estime la victime. Ce que le diplomate a décliné, arguant de la liberté éditoriale des médias tricolores.

Deux journalistes guinéens, Mouctar Bah et Amadou Diallo, travaillant le premier pour l'Agence France-Presse (AFP) et Radio France Internationale (RFI), l'autre pour la British Broadcasting Corporation (BBC), auraient reçu des menaces de mort. Selon Reporters sans frontières (RSF), plusieurs autres journalistes guinéens ont été «accusés» par des militaires de «donner des informations aux étrangers et ont reçu des menaces de mort par téléphone».

Expectative

Suite à une répression sanglante d'une manifestation pacifique de l'opposition le 28 septembre, qui aurait fait plus de 150 morts selon l'ONU, la junte militaire de Dadis Camara est discréditée aussi bien sur le plan intérieur qu'international.

L'Union Africaine avait fixé un ultimatum – expirant samedi à minuit – aux membres de la junte, notamment à son chef, pour s'engager par écrit à ne pas se présenter à la présidentielle de janvier, comme ils l'avaient promis lors de leur coup d'Etat du 23 décembre 2008. Mais le capitaine putschiste a demandé que la question de sa candidature à la présidentielle soit inscrite dans la médiation du président burkinabè, Blaise Compaoré. Une manoeuvre destinée à gagner du temps, selon l'un des dirigeant de l'opposition, Mouctar Diallo, qui parle de «fuite en avant» de Camara.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé vendredi la création d'une commission internationale d'enquête sur le massacre du 28 septembre. A Conakry, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, l'érythréen Haïlé Menkerios, a rencontré dimanche le Premier ministre Kabiné Komara puis les dirigeants de l'opposition et enfin le chef de la junte. «Le Premier ministre m'a assuré que le gouvernement accueille favorablement cette commission et va coopérer avec elle», a-t-il fait savoir.

www.liberation.fr

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06 octobre 2009

Dracunculose : encore un effort…

Encore présente dans 6 pays d’Afrique, la dracunculose ou  maladie du ver de Guinée pourrait bientôt être éradiquée. Selon l’OMS, l’Ethiopie, le Mali et le Ghana seraient sur le point de gagner le combat contre cette maladie provoquée par un ver parasite. Le Niger, le Nigeria et le Soudan seraient aussi en bonne voie.

La dracunculose est transmise par contact avec de l’eau contaminée. A l’état larvaire, ce parasite « stationne » dans un minuscule crustacé appelé cyclope. L’Homme est alors infesté en buvant cette eau sans la filtrer. Ensuite ? Le ver va progressivement se développer dans l’organisme jusqu’à mesurer… 1 mètre de long et 2mm de diamètre ! Il va migrer de tissu en tissu au prix d’intenses douleurs.

Dans 9 cas sur 10, la sortie du ver s’effectue au niveau du pied, provoquant une vive sensation de brûlure et des ulcérations. A se stade, seul le fait de plonger le pied dans l’eau semble apaiser les douleurs. Mais dans le même temps l’eau fraîche va provoquer la contraction du ver femelle, entraînant l’expulsion de milliers d’embryons, ingérés par le cyclope. Le cycle de la maladie est alors perpétué…

Mais au Ghana comme ailleurs, il est bel et bien possible d’interrompre sa transmission en filtrant l’eau de boisson issue de mares ou d’étangs, tout en évitant que les personnes ayant des plaies ne marchent dans les retenues d’eau. Parallèlement, un gros travail a aussi été réalisé pour réparer des pompes à eau défectueuses. En effet, c’est quand l’approvisionnement tombe en panne que les gens ont recours à des sources dangereuses, constate l’OMS.

www.destinationsant e.com

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05 octobre 2009

Guinée: Paris soutient l'idée d'un déploiement d'une force de paix africaine

PARIS — La France soutient l'idée d'un "déploiement d'une force de paix africaine" en Guinée, pour stabiliser ce pays d'Afrique de l'Ouest gravement menacé dans sa paix intérieure, a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Lors d'un point presse, Bernard Valéro a estimé qu'une force de paix africaine serait "susceptible de conduire à un règlement rapide, pacifique et durable de la crise que traverse actuellement la Guinée". Il n'a pas répondu à la question de savoir si la France pourrait y participer.

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait indiqué dimanche soir devant le Grand Jury Le Figaro-LCI-RTL qu'"on ne peut plus travailler" avec le dirigeant de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara.

"Le danger de guerre inter-communautaire est immense. Il s'est passé cette chose effrayante et sauvage, nous ne pouvons pas l'accepter", avait-il dit en évoquant le massacre perpétré par l'armée à Conakry il y a une semaine. "Il me semble qu'aujourd'hui, on ne peut plus travailler avec Dadis Camara, et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale", avait-il ajouté.

La répression à Conakry a fait au moins 157 morts et 1.200 blessés, selon une ONG.

Son porte-parole a souligné lundi que la France se félicitait de la désignation du président burkinabe Blaise Compaoré par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) comme "facilitateur d?une solution de sortie de crise en Guinée".

"La France encourage la CEDEAO, l?Union africaine et la Commission des Nations unies pour les droits de l'Homme, à constituer sans délai une commission d'enquête internationale afin que les responsabilités dans le massacre du 28 septembre puissent être établies de manière incontestable", a-t-il ajouté.

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20 septembre 2009

Guinée : Des acteurs de la société civile guinéenne à Paris

pour rencontrer des parlementaires français

Mercredi 23 septembre 2009

de 9h30 à 11h30

Assemblée nationale

126 rue de l'Université, 75007 Paris

Le pouvoir militaire se renforce à l’approche des élections et les tensions sociales sont croissantes.

Dans ce contexte, des acteurs de la société civile guinéenne, membres du programme concerté pluri acteurs Guinée (PCPA),

impliqués dans le processus de transition politique, rencontrent des parlementaires français pour leur faire part de leurs analyses dans une démarche de coopération innovante.

Cette rencontre est ouverte à la presse.

A 11h30, point-rencontre avec les intervenants.

Représentants guinéens :

- Aziz Diop, directeur du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC).

- Boubacar Biro Barry, conseiller à l’Intercentrale syndicale guinéenne.

- Moctar Diallo, coordinateur national du PROJEG*.

- Docteur Diallo, réseau Afrique jeunesse.

- Sonna Barry, responsable de l’association Femmes pour le développement.

Partenaires français, membres de ce Programme, participant à la rencontre:

Agence française de développement, Aide et Action, CGT, Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre Solidaire), Etudiants et développement, Ligue des Droits de l’homme, Ministère des Affaires étrangères et européennes…

Pour s’inscrire à la rencontre, au point presse, ou pour toute autre demande de contact :

Véronique de La Martinière  : 01 44 82 80 64   06 07 77 05 80

* PROJEG : Programme de renforcement des organisations de la société civile et de la jeunesse guinéennes. Ce programme est cofinancé par le ministère des Affaires étrangères et européennes. Il a pour objectif de faciliter la concertation entre les différentes composantes de la société civile guinéenne et des organisations françaises de la société civile françaises mobilisées à leurs côtés.

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26 juin 2009

LE PRÉSIDENT DU NIGER MAMADOU TANDJA VA GOUVERNER PAR DÉCRET

Niger: le président Mamadou Tandja va gouverner par décret

il y a 1 heure 26 min

Reuters

Face au rejet de son projet de référendum sur une nouvelle constitution, le président du Niger, Mamadou Tandja, a annoncé qu'il gouvernerait par ordonnances et décrets. Lire la suite l'article

Photos/Vidéos liées

LE PRÉSIDENT DU NIGER MAMADOU TANDJA VA GOUVERNER PAR DÉCRET Agrandir la photo

La constitution lui donne le pouvoir de prendre des mesures exceptionnelles lorsque le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est en danger.

Dans un message diffusé vendredi soir par la radio et la télévision publiques, il souligne qu'il s'agit "de continuer à sauvegarder l'essentiel des fondements de la nation et de préserver les intérêts du peuple en toute circonstance".

Le président Tandja, qui est âgé 71 ans, achève le 22 décembre un second mandat de cinq ans, sans possibilité de briguer sa propre succession, aux terme de la constitution en vigueur depuis 1999.

Mais il défend le passage à une VIe République avec une nouvelle constitution et l'instauration d'une période de transition qui lui permettrait de demeurer au pouvoir trois années supplémentaires.

Le projet présenté début mai par son gouvernement est dénoncé par l'opposition, les syndicats et des institutions internationales comme la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).

"Je ferai usage, et cela sans faiblesse, de tous les pouvoirs que me confèrent les lois et règlements de la république en vue de trouver une solution à cette situation de blocage que certains sont malheureusement fiers de présenter comme le fruit de leur opération de sape", a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient alors que la cour constitutionnelle du pays a rejeté vendredi une requête présidentielle qui demandait à la haute juridiction de revenir sur la décision du 12 juin par laquelle elle a annulé la convocation d'un référendum sur une nouvelle constitution .

Abdoulaye Massalatchi, édité par Henri-Pierre André

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24 juin 2009

La peine de mort est abolie au Togo


La peine de mort est abolie au Togo

LOME, Togo, 24 juin 2009/African Press Organization (APO)/ — La FIDH et son organisation membre, la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH), se réjouissent de l’adoption ce jour par les députés togolais du projet de loi d’abolition de la peine de mort.

« Aujourd’hui est un jour heureux pour les droits de l’Homme. Nous militons depuis de nombreuses années pour que cette peine inhumaine soit mise hors la loi », a déclaré Raphaël Akpande-Adzare, président par interim de la LTDH.

Nos organisations, qui ont rencontré à de nombreuses reprises le président de la République, M. Faure Gnassingbé, le premier ministre, M. Gilbert F. Hungbo, le ministre de la Justice, M. Kokou  Dozoun, et le ministre des Droits humains, Maître Hamadou Yacoubou, pour exprimer leur souhait de les voir porter devant l’Assemblée nationale un projet de loi d’abolition de la peine de mort, saluent la volonté politique qui a permis de placer le Togo dans le rang des pays abolitionnistes en droit.

Pour nos organisations, la peine de mort est en contradiction avec l’essence même des notions de dignité et de liberté humaines. Plus encore, elle a jusqu’à présent démontré son inutilité totale en tant que moyen de dissuasion. C’est pourquoi le maintien de la peine capitale ne peut se justifier ni par les principes ni par des considérations utilitaristes.

«L’abolition de la peine de mort au Togo est une nouvelle formidable. De nombreux autres pays africains sont, semble-t-il, également engagés sur cette voie. Nous espérons que le choix exemplaire du Togo sera suivi par le plus grand nombre», a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH .

SOURCE

International Federation of Human Rights (FIDH)

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27 mars 2009

La méningite a fait plus de 1.100 morts en Afrique de l'Ouest

vendredi 27 mars 2009 21h10

GENEVE, 27 mars (Reuters) - Le tiers des réserves mondiales de vaccins contre la méningite a été envoyé en Afrique de l'Ouest où cette maladie a fait plus de 1.100 morts depuis janvier, a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le nombre de cas de méningite a tendance à croître en Afrique pendant la saison sèche, de janvier à mai.

Depuis le début de l'année, près de 25.000 cas présumés ont été recensés dans la "ceinture africaine" de la méningite qui s'étend du Sénégal à l'Ethiopie, 85% des cas étant concentrés au Niger et au Nigeria. Selon l'OMS, 300 millions d'habitants de la région sont exposés chaque année à une possible contamination.

"L'épidémie actuelle est la plus forte à frapper ces pays depuis cinq ans", a déclaré Fadela Chaïb, porte-parole de l'OMS.

Quatre millions de doses de vaccin - un tiers des 13 millions de doses des réserves mondiales d'urgence - ont dès lors été envoyées dans ces deux pays, a-t-elle ajouté lors d'un point de presse à Genève.

"Il nous faut encore une grande quantité de vaccins. Le stock de vaccins est limité", a-t-elle souligné.

(Laura MacInnis, version française Nicole Dupont)

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01 mars 2009

Sierra Leone : des anciens rebelles reconnuscoupables

Trois anciens dirigeants du groupe rebelle, le Front révolutionnaire uni (RUF) ont été reconnus coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis durant les 10 années de guerre civile

FREETOWN, Sierra Leone, 27 février 2009/African Press Organization (APO)/ — Point de presse quotidien du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l’ONU / 26 février 2009

Hier à Freetown, trois anciens dirigeants du groupe rebelle, le Front révolutionnaire uni (RUF) ont été reconnus coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis durant les 10 années de guerre civile en Sierra Leone.

L’ancien chef intérimaire du RUF, Issa Hassan Sesay, et le Commandant du RUF, Morris Kallon, ont chacun été reconnus coupables de 16 chefs d’accusation sur un total de 18.  L’ancien chef de la sécurité du RUF, Augustine Gbao, a été reconnu coupable de 14 chefs d’accusation.

Tous les trois ont été reconnus coupables de mariages forcés, et pour la première fois dans l’histoire, ils ont été condamnés pour des crimes de guerre liés aux attaques contre des soldats de la paix.  Issa Hassan Sesay et Morris Kallon ont également été reconnus coupables d’utilisation d’enfants soldats.  Leur peine sera prononcée dans les semaines à venir.

SOURCE : United Nations - Office of the Spokesperson of the Secretary-General

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22 février 2009

Alsace : Reportage : l’argent de la solidarité africaine

Alsace - Sénégal

Le 21/02/09 à 07:13 - Textes et photos : Adrien Dentz

Ir0001s53_ND.BRCliquez sur l'image pour l'agrandir

La BMW (Boulangerie Moderne de Waoundé) : un des projets collectifs financés par les émigrés.

Des enfants de tirailleurs sénégalais, qui ont contribué à la libération de l’Alsace, voudraient conclure un jumelage avec une commune française pour réaliser un projet d’irrigation à Waoundé, au bord du fleuve Sénégal. Objectif : assurer l’autosuffisance alimentaire pour mettre un frein à l’émigration.

C’est jour de grande affluence à la poste de Waoundé, comme chaque lundi en début de mois quand arrive la « manne ». L’argent des émigrés fait vivre ce bourg de 12 800 habitants, situé à 700 km à l’est de la capitale Dakar, au bord du fleuve Sénégal. Nous sommes en pays Soninké, une des premières ethnies d’Afrique de l’ouest à avoir émigré en Europe. Cette petite Poste, qui ne paie pas de mine, distribue chaque mois les 100 millions de francs CFA (150 000 euros) envoyés par le millier d’émigrés de Waoundé installés en Europe, dont 800 en France. L’argent transite par la Western Union, la banque américaine spécialisée dans le transfert de fonds (moyennant une forte commission) dont l’enseigne en lettres jaune or est omniprésente en Afrique.
« On se prive pour pouvoir envoyer 100 à 150 euros chaque mois », confie Mohamadou Diakité, 27 ans. Ce petit-fils de tirailleur sénégalais, à la double nationalité, a travaillé plusieurs années sur les chaînes de montage des usines Peugeot de Mulhouse et Sochaux. Il est revenu au pays pour deux mois, puis retournera en Alsace à la recherche d’un contrat d’intérimaire.

Sans les émigrés, rien n’aurait été construit

L’argent qui rentre au pays permet de payer le riz, importé de Thaïlande et du Vietnam (30 euros le sac de 50 kg), un mouton pour les fêtes, les médicaments, les habits et l’entretien de la famille nombreuse. À la « manne » des émigrés s’ajoutent les pensions des retraités, pour la plupart d’anciens manœuvres dans le marine marchande française basés à Marseille ou au Havre. C’est le cas d’Abdou, 71 ans, qui vit une retraite paisible à Waoundé grâce à une pension de 350 000 francs CFA (813 euros). Il gagne trois fois plus qu’un instituteur qui n’a pas les moyens de s’offrir, comme lui, une belle mobylette bleue presque neuve.
« Il n’y a pas une maison sans émigré », indique Sadio Cissé, 72 ans, le maire de Waoundé et sénateur libéral du département de Kanel. « Sans eux, rien n’aurait été construit ici », affirme le vieux sage en habit traditionnel.
Les émigrés ne font pas seulement vivre leur clan et construire de grandes maisons familiales en dur, ils financent aussi la plupart des projets collectifs par l’intermédiaire de l’Association pour l’éducation, la santé et le développement de Waoundé fondée en 1991 et d’un groupement d’intérêt économique (GIE) qui gère notamment un magasin d’alimentation générale et la BMW, la boulangerie moderne de Waoundé, la seule du secteur.

Nous avons de l’eau, mais pas de moto-pompes pour irriguer

Avec leurs petits revenus en Europe, les émigrés ont financé notamment la construction de la Poste, le dispensaire abritant une maternité (50 naissances par mois), une extension de l’école primaire (795 élèves pour douze classes) datant de l’époque coloniale, la grande mosquée ainsi qu’une radio communautaire qui émet dans un rayon de 70 km. « Notre objectif est de fixer les jeunes dans la commune en leur proposant le même niveau d’informations que dans les grandes villes », explique Amadou Guèye, journaliste de Radio Jikké (espoir en soninké) dont tous les copains sont partis « là-bas ».
« Les habitants sont riches, mais la commune est pauvre », plaisante le maire qui dispose d’un maigre budget (moins de 200 000 euros). La patente des stands du marché est l’unique ressource. « Il n’y a pas d’obligation à payer les impôts chez nous. Il faut sans cesse discuter avec les gens qui rechignent à payer l’eau courante installée en 2003, car elle était gratuite avant au puits ». La même année, le téléphone mobile est arrivé à Waoundé où l’ancienne mairie est devenue une boutique Orange.
Depuis l’ouverture, en décembre 2006, d’un pont sur le Diouol, un bras du Sénégal inondé durant l’hivernage (la saison des pluies de juin à septembre), Waoundé est désormais accessible par la piste durant toute l’année. Mais il a fallu attendre 50 ans pour que ce projet de désenclavement se concrétise.
Le sénateur-maire veut désormais engager « la grande offensive pour l’agriculture, la nourriture et l’abondance » proclamée par le président Abdoulaye Wade. « Nous avons beaucoup d’eau grâce au fleuve, mais les terres ne sont cultivées que pendant l’hivernage, car nous ne disposons pas de moyens d’irrigation ». La seule motopompe en fonctionnement à Waoundé (financée par les émigrés) arrose 2 ha de maïs qui poussent sous le soleil de février (30° à l’ombre) alors que la dernière pluie est tombée fin août dans cette contrée du Sahel aux confins de la Mauritanie, et que la prochaine n’arrivera que début juin.
Sadio Cissé aimerait construire un système d’écluses le long du Sénégal, pour disposer d’une zone irriguée toute l’année. « Si nous pouvons donner deux hectares cultivables à chaque famille, il y aura assez à manger et les gens n’auront plus besoin d’émigrer ».
Cette course à l’autosuffisance alimentaire est vitale car la « manne » des émigrés va se réduire avec la disparition progressive des retraités et la politique d’immigration restrictive qui empêche de plus en plus les jeunes de Waoundé d’aller en France, bien que la moitié d’entre eux ait droit, en principe, à la nationalité française. Pour accomplir le rêve de Sadio Cissé, l’argent des émigrés ne suffira pas. La commune de Waoundé cherche l’appui d’une collectivité française prête à faire passer un courant de solidarité entre le Rhin et le fleuve Sénégal.

Source : l'Alsace.fr

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Du Rhin aux rives du Sénégal

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