19 février 2010
Cinquantenaire des indépendances, Un camerounais écrit à Nicolas Sarkozy (suite et fin)
Je viens vous donner à lire un article publié dans le journal camerounais "le messager" du début du mois de février, à l'heure où on parle beaucoup des 50 ans des indépendances de 17 pays africains plus particulièrement les ex colonies françaises et belges et du coup d'état au Niger qui semble poser avec acuité la question de la démocratie en Afrique.
Cinquantenaire des indépendances, Un camerounais écrit à Nicolas Sarkozy (suite et fin)
Par leopold.chendjou | Mercredi 3 février 2010 | Le Messager
Les indépendances !
Anticipant sur les impondérables insurrectionnelles comme il savait si bien le faire, après avoir vainement réprimé dans une singulière violence toutes les velléités d’émancipation de ses colonies, faisant de victimes par centaines de milliers, le Général de Gaulle, dont vous vous réclamez, cède aux sirènes des indépendances, mais non sans avoir conçu et mis en branle ce sinistre système qui perdure et qui va désormais de paire avec la Ve République. Il a su détecter les indigènes les mieux à même d’intégrer la doctrine coloniale de la République et en faire des disciples assermentés. Piteusement acquis à la cause de la République, ces derniers partageront désormais avec elle la rente liée à la dette — pudiquement ou plutôt, cyniquement appelée « aide au développement » — et au pillage des ressources naturelles, des accords de coopération économique, financière et monétaire [en plus d’accords politiques, militaires et de défenses], ainsi que des accords sur les matières premières dites stratégiques ; engageant de facto des peuples innocents dans une sinistre dynamique de tragédie faite de misère, de médiocrité et d’abrutissement. La mayonnaise avait superbement pris ; le colonialisme mutait pour ainsi dire allègrement en néocolonialisme. Ainsi naquirent et prolifèrent sous suprême onction de la République, des régimes fantoches et diaboliques, ces dictatures des plus pernicieuses et des plus progrécides que votre pays dit des droits de l’Homme n’aura eu de cesse de parrainer au sein du concert dit des Nations, alors même que les populations dans leurs écrasantes majorités, ploient tragiquement sous le poids des misères des plus inconcevables des esprits dotés d’un minimum de sens civilisé. Votre pays apparaît à l’évidence comme étant le fidèle allié de ces régimes fantoches et despotiques, qu’il entend ainsi perpétuer obstinément. Et nouveauté des nouveautés, pour s’assurer les meilleures garanties de continuité, il a été instauré le concept de la succession génétique communément appelée succession dynastique. Le népotisme reste un exercice très français, c’est bien connu là-bas en Occident. Pas étonnant si les [ex]colonies subsahariennes de la République en font pratiques de prédilection. A en juger par les raccourcis que vous vous démenez sans retenue à ménager à votre bien adulé chérubin, Monsieur le Président, l’on comprend assez aisément les certitudes qui animaient le Prince du Gabon alors même que ce dernier s’engageait dans une épreuve électorale pourtant annoncée des plus tumultueuses et des plus incertaines… En somme, Monsieur le Président, ce n’est certainement pas un hasard si les sociétés francophones d’Afrique restent relativement les plus rétrogrades du continent, foncièrement antiélitistes. Les historiens estiment classiquement que la colonisation française n’a pas su former une véritable élite capable de gouverner les pays après l’indépendance, contrairement à la colonisation telle que réalisée par les Britanniques. Je dis non. Je m’inscris résolument en faux contre de telles flibusteries mémorielles. En vérité, Monsieur le Président, la colonisation française n’a jamais éprouvé la moindre volonté de former une quelconque élite capable de gouverner les pays après ces indépendances qui ne l’étaient bien entendu que de façade. Une authentique farce !
Aussi année après année, et particulièrement depuis une dizaine d’années maintenant, la France a su susciter une certaine inimitié auprès d’une jeunesse de plus en plus désabusée par les dictatures qu’elle parraine inconditionnellement. Et les tendances sont désormais implacables. Si vos collaborateurs de la Cellule Afrique de l’Elysée et ceux du Quai d’Orsay n’ont pas eu le courage de vous en faire état, je me charge volontiers de jouer bénévolement leur messager au détour de deux petites vérités non moins suffisamment loquaces sur la physionomie probable de l’élite intellectuelle d’Afrique dans les années à venir :
∑ Les étudiants africains des pays francophones qui désirent poursuivre leurs études en Occident optent désormais de préférence pour l’Angleterre, les Etats-Unis ou encore le Canada. Vous constaterez que la Belgique qui a également fait ses preuves avec un certain talent au Rwanda et au Congo-Kinshasa, est lotie dans la même enseigne que votre pays aux yeux de la nouvelle jeunesse des étudiants africains.
Chose à la mode, les parents avisés orientent désormais précocement leurs progénitures dans les cursus scolaires anglo-saxons.
Je veux bien croire que la prééminence de l’anglais sur la scène mondiale explique un tel phénomène qui tranche notamment avec l’immigration clandestine contre laquelle votre gouvernement se démène sans jamais comprendre que la déferlante dérive exclusivement de ces sinistres gouvernances en vigueur dans vos prés carrés africains. Et je ne saurais oublier ici le regard que portent à présent de pauvres citoyens africains sur vos expatriés plus ou moins innocents, désormais amenés selon vos propres consignes, à observer la plus stricte des prudences au quotidien pour ne pas s’offrir aux rancoeurs souvent ambiantes. Aussi humainement inacceptable soit l’expression des rancoeurs dans toutes ses formes, il n’en reste pas moins vrai que votre pays, lourdement impliqué dans les maux qui accablent la jeunesse dans ses [ex]colonies d’Afrique subsaharienne, reste responsable et coupable d’une politique d’ingérence tout autant humainement inacceptable. Et vous avez, bien entendu, le choix de continuer comme c’est le cas, à miser sur l’abnégation des dictatures et leurs milices pour maintenir de pseudos paix, à grand renfort de vos escadrons sous couvert des accords dits de défense. Au demeurant, il va s’en dire, Monsieur le Président, que du fait de la politique de prédation et de sujétion qui a toujours été celle de la France à l’égard de ses [ex]colonies d’Afrique subsaharienne, la jeunesse africaine frustrée et désabusée, s’éloigne, génération après génération, lentement mais sûrement, de votre pays et pire, de sa culture qu’elle assimile dorénavant à sa politique jugée pernicieuse, résolument progrécide.
La Françafrique pour toujours !
Après l’esclavage, la colonisation, les crimes politiques et les guerres sur les sols africains au moment même des indépendances supposées, arrive la Françafrique avec son cortège des crimes contre l’humanité. La République perpétue avec grand entrain ses sinistres exactions. Les intérêts privés priment sur les intérêts des peuples africains. Monsieur le Président, puis-je vous rappeler que peu après votre accession à la Magistrature suprême vous avez prononcé un discours annonçant la fin de la Françafrique dont je vous concède ici le mérite d’avoir si explicitement et officiellement reconnu l’existence. Permettez-moi cependant de constater à présent que c’est exactement l’inverse qui se produit ; même si personnellement je n’avais absolument accordé le moindre crédit à votre annonce. Au Togo, Gabon, Tchad, Congo-Brazzaville ou encore au Cameroun, pour ne citer que ces bananeraies, des exemples sont là pour attester que la rupture que vous prônez, relève de la pure rhétorique politicienne. Mieux, au lieu de mettre fin à la Françafrique, votre arrivée aux affaires a permis de décomplexer une pieuvre qui ne recule désormais devant rien, sans vergogne. A vrai dire, même les Africains les plus naïfs ne vous croient plus. Et ce n’est certainement pas votre cher ami Monsieur Bolloré qui me démentirait… Il est de ces exemples qui ne passent pourtant pas inaperçus, Monsieur le Président. L’Italie qui a effectivement foutu le camp en Libye depuis des lustres, va verser cinq milliards de dollars en dédommagement de la colonisation de ce pays. Qu’en dites-vous, Monsieur le Président ?
Vous me permettrez, Monsieur le Président, de vous raconter un petit fait-divers que j’ai vécu au Cameroun et que j’estime à bien des égards expressif. Par une nuit, attablé dans un restaurant à Yaoundé, je visionnais le journal de vingt heures sur la Première chaîne de votre pays. Journal au cours duquel j’ai eu l’occasion de constater l’élan de solidarité manifesté par les Français à l’endroit d’un petit garçon burkinabé, le nommé Idrissa Koanda, qui a ainsi pu bénéficier dans votre pays, d’une intervention chirurgicale sans laquelle il était de toute évidence condamné à une disparition certaine. Une cliente non loin de moi, visiblement séduite, ne put taire à son compagnon Blanc, très probablement un coopérant avec qui elle s’était attablée à grand plat de « caviar », sa vive admiration pour la France, pour la « générosité à l’endroit de l’Afrique ». Aussi étrange que cela pourrait logiquement vous paraître, Monsieur le Président, c’est à peine si j’ai pu contenir la vague de tristesse qui inondait mes sens… Et le respect qu’elle manifestait pour son plat, l’application et l’élan d’appétit qui étaient les siens, insinuaient sans ambiguïté qu’elle revenait de loin, sinon de très loin. A s’y méprendre, cette demoiselle ferait bien partie du cortège des victimes, cette jeunesse littéralement passée à la moulinette de la Françafrique, au compte de pertes et profits d’un système qui broie implacablement par milliers ces âmes dont le crime reste celui d’être issues des [ex]colonies de la République. A présent qu’elle semble s’agripper avec une certaine ténacité sur le radeau parachuté de lointain à dessein de jouir aussi de la manne qu’offre le luxuriant pré des Tropiques, elle s’imaginerait aisément au Paradis. Non pas qu’elle se sentirait véritablement au Paradis, elle se savait surtout péchée fortuitement de l’enfer tropical. Fût-il provisoirement !
Monsieur le Président, puis-je vous assurer que je ne porte pas malgré tout votre pays, la France, pour responsable final de la tragédie qui prévaut actuellement dans ses [ex]colonies d’Afrique subsaharienne. Non. Car ces pays, contre vents et marées, disposent désormais et parfaitement de tous les moyens de se déterminer véritablement par eux-mêmes et de fait, ils ont le plein choix de s’enliser tragiquement dans la pernicieuse politique de prédation qui a toujours été celle de votre République, de se complaire à cette funeste servitude datant de l’épopée esclavagiste et dans ce cas, n’ayant donc piteusement rien compris de l’essence même de la Raison humaine en opposition à la Bestialité humaine, ou alors ils se résolvent une fois pour toute à s’en affranchir et bâtir de nations dignes dans le genre, résolument engagées dans la voie du progrès social et de développement, tout au moins à l’image des Dragons et Tigres asiatiques. Je me demande cependant si dans l’histoire de l’humanité, outre le peuple Noir lui-même, il exista une République qui aura autant que la France œuvré si négativement pour l’image de l’Homme Noir dont vous avez vous-même pris le soin d’établir ce qui est à vos yeux le profil psychosociologique, à travers notamment votre fameux discours de Dakar sur « l’Homme africain ». A interroger l’Histoire, j’en doute, Monsieur le Président ! La France a pourtant su rester opportuniste pour s’approprier certains pseudos tournants historiques, assez souvent inéluctables, pour ainsi se targuer d’avant-gardiste sur les droits humains. Je pense surtout à l’abolition de l’esclavage, dont on sait à la faveur de la révolution industrielle qui rendait déjà inutile la main d’œuvre servile, ou encore à la déclaration universelle de droit de l’Homme qu’elle a abritée en grande pompe, et dont la question, du moins à travers le prisme du racisme, n’aurait probablement jamais dû être posée, si l’Occident [principalement] avait été habité par un certain esprit civilisé.
Et le racisme au cœur de la République
Tout comme vous, Monsieur le Président, les Noirs de nationalité française sont issus de l’immigration. Peuvent-ils pour autant légitimement éprouver ces aspirations qui ont été les vôtres et qui vous ont si royalement mené à la Magistrature suprême de votre pays ? Où sont-ils, les Noirs de votre République, Monsieur le Président ? Quelles positions occupent-ils sur l’échiquier politique national, et dans la société tout court, à comparer ne serait-ce avec ceux des pays au passé colonial tout aussi sinistrement étoffé que le vôtre ? Aussi la récente promotion de Monsieur Harry Roselmack comme premier présentateur Noir du Journal télévisé sur la Première chaîne, ou encore celle de Monsieur Pierre N’Gahane au titre de premier Préfet Noir de l’histoire de votre pays, avaient des airs des premiers pas de l’Homme sur la lune !… Sale épopée pour une communauté dont les ancêtres ont également et si généreusement versé de leur sang à dessein commun de libérer la République de la barbarie nazi !… La France n’est pas raciste ! C’est vrai qu’on ne lynche pas là-bas, du moins pas impunément. Si je ne m’abuse cependant, ce n’est sans doute pas un hasard si, il y a quelques années, votre pays en était arrivé à un doigt de voter un texte de loi acquis à l’apologie de la colonisation. Rien de moins ! Et plus encore, plutôt que d’affronter la problématique des discriminations si criardes dont sont victimes les minorités dites visibles dans votre pays, vous préférez sans surprise la continuité. Vous optez ainsi pour la perpétuation de ces subterfuges et autres stratagèmes de diversions dignes des grands classiques de votre République. Et votre génie éclairé de suggérer entre autres l’opportunité d’un débat républicain sur l’identité nationale, comme si chez vous dans votre pays, rien ne pouvait aller de soi, de bon sens, et qu’il faille absolument s’en remettre au verdict d’une société déjà mécaniquement articulée autour d’une culture de la différenciation, sur une question qui n’aurait pourtant guère droit de cité dans un environnement civilisé. Qu’on se le dise, un débat républicain sur l’identité nationale n’est en vérité rien d’autre qu’un exercice [national] de stigmatisation à l’effet direct de nourrir davantage les discriminations à l’encontre des « minorités visibles ».
En guise de conclusion, Monsieur le Président, je pense bien entendu que ce n’est pas ce sombre tableau de l’histoire de la République que vous et votre pays célébrez en cette année dite du cinquantenaire des indépendances des pays francophones de l’Afrique subsaharienne. Mais quel que soit le motif improbable de cette célébration, si vous pouvez au nom de la France, cinquante années après « les indépendances », regarder l’état de vos [ex]colonies de l’Afrique subsaharienne et en être intimement fier, alors, de Raison, vous et votre République avez sans doute de réels motifs de célébrer un événement heureux, au même titre qu’un parent qui célèbre le cinquantième anniversaire de son propre fils qui excelle désormais dans ces tares et turpitudes auxquelles il l’aura soigneusement prédestiné. La graine qui aura été semée derrière les couleurs dites officielles, a germé et poussé. Et tout cela a conduit à la prolifération de ces bananeraies des plus inégalitaires, des plus sinistres et des plus hideuses, qui portent pour l’éternité l’estampille du génie colonial de votre pays dit de Liberté, Egalité, Fraternité. La FRANCE.
Et comme je l’ai lu, Monsieur le Président, le programme de votre célébration prévoit un point d’orgue le 14 juillet prochain avec le défilé sur les Champs-Elysées des troupes de vos [ex]colonies, et surtout l’insigne honneur qui sera accordé à vos « homologues » des pays concernés, labellisés évidemment « démocrates », tout autant que vous !… Quoi qu’il en soit, Monsieur le Président, j’ose espérer, dans le sillage d’un colloque universitaire propre au génie intellectuel français, et de protocole et discours dont votre République maîtriserait le mieux la science, en savoir significativement sur un événement qui mérite à vos yeux, célébration plutôt que recueillement.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, les assurances de ma considération distinguée.
Badiadji Horretowdo
Ecrivain/romancier
© BH/janvier 2010
Email : contact@horretowdo.com
Site web: www.horretowdo.com
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21 janvier 2010
2010 : pour les cinquante ans des indépendances africaines France à quand la rupture ?
2010 année qui voit la plupart des pays africains atteindre 50 ans « d’indépendances » plusieurs voix et écrits s’élèvent pour faire le bilan de ces 50 ans.
Pour la plupart ils s’accordent à faire le constat d’un échec global même si on peut noter quelques progrès de macro. Il ressort un pessimisme ambiant sur l’avenir de l’Afrique certains auteurs préconisent à la place des fêtes prévues des cérémonies collectives de deuil. Ce pessimisme est renforcé par l’idée méprisante de la France de célébrer à Paris les 50 ans des indépendances, vraiment indécent pour la dignité africaine à ce sujet tous les Africains et les populations des pays d’Afrique devraient se lever pour crier à l’injure scandaleuse et demander à la France de rester dans son coin.
Mais comble du ridicule, les Africains surtout les dirigeants en mal de reconnaissance vont tous se précipiter à Paris et les populations africaines n’ayant pas voix au chapitre vont se soumettre sans problème.
Et la France qui n’a jamais décolonisé ses anciennes possessions pourra continuer à faire étalage de sa suprématie sur les Africains.
Cette célébration par la France ressemble sans être excessif à un homme qui maltraitait sa femme déciderait de célébrer le divorce chez lui ou encore que l'Angleterre déciderait de célébrer l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique.
Et pourquoi donc la France fêterait-elle les 50 ans d'indépendance des pays africains ? De quel droit ?
Est-ce pour pleurer le beau temps des colonies ? Mis à part le fait de rappeler sa gloire passée, je ne vois pas ce que la France peut tirer d'une telle célébration.
Cette attitude de la France conforterait l’idée que pour ses pays la décolonisation n’a jamais eu lieu.
C’est pourquoi il on doit dire NON la France, qu’elle n’a pas le droit de célébrer ces 50 ans
Non la France n’a pas le droit de bafouer la dignité des Africains.
Si la France veut vraiment célébrer ces 50 ans avec les populations africaines, qu’elle arrête de soutenir les dictatures qui confisquent les libertés
A quand la rupture ?
Avec l’arrivée de Nicolas Sarkosy qui en pleine campagne électorale avait promis la rupture à Cotonou au Bénin, on avait cru à un nouveau type de relations basées sur le respect et la dignité.
Hélas pour l’Afrique ce dernier s’est plutôt inscrit dans la continuité, avec le limogeage du ministre Bokel de son poste de la coopération et avec le gros mensonge prononcé en Afrique du Sud. Jusqu’à lors aucune troupe militaire française n’est rentrée à la maison.
La rupture promise pendant la campagne électorale de mai 2007 tarde à venir, mais on s’empresse plutôt à mépriser les Africains comme à l’accoutumé (Discours de Dakar où Sarkosy soutenait que l’Africain n’était pas rentré dans l’histoire et c’est peut-être pour ça qu’il prévoit de fêter le cinquantenaire des indépendances africaines à Paris à la place des Africains ?
Au lieu de persister dans l’insulte et le mépris, Sarkosy et la France devraient opérer une rupture.
En mettant fin à la françafrique et à tous les réseaux mafieux qui sévissent dans le business.
Nous ne voulons pas des repentances façon Jacques Chirac, on voudrait plutôt que la France et son président instaurent véritablement une relation d’égalité avec ses anciennes colonies et ce sera de son intérêt.
La France en agissant comme elle le fait actuellement, salit sa réputation de pays de droits de l’homme.
Elle s’aliène de façon irrémédiable un formidable marché pour sa production car les dictatures qu’elle soutient n’enrichissent qu’une poignée de gens, mais pas la France.
Dans le contexte de la globalisation et de la mondialisation, elle continue sa fragilisation économique et culturelle,Elle aurait plus intérêt à augmenter le niveau de vie des Africains pour que ceux-ci puissent avoir un pouvoir d’achat leur permettant d’acheter éventuellement les produits français, au lieu de se plaindre de la percée chinoise et d’autres pays asiatiques en Afrique et des délocalisations chez elle.
De la rupture, il y va de l’avenir de la France, car mieux vaut une séparation à l’amiable que par la violence. La France et les dictateurs maisons si ils ne prennent pas garde, seront dans les années à venir, surpris voire debordés par l’ampleur de la révolution qu’ils alimentent quotidiennement, comme toute révolution lorsqu’elle éclate on ne sait pas quand elle se termine ni comment elle se déroule.
19 décembre 2009
Sommet sur le climat : L'accord qui n'en était pas un provoque un psychodrame à Copenhague
COPENHAGUE — L'accord climat entre une trentaine de chefs d'Etat des grandes économies de la planète a généré un psychodrame aux dernières heures de la conférence de Copenhague.
Impuissant, les yeux rougis de fatigue, le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen qui présidait l'ultime session plénière, a dû se contenter depuis sa tribune de passer le micro pour une litanie d'invectives.
L'heure tardive - près de 03H00 du matin à la reprise des travaux - ajoutant l'exaspération à la frustration après douze jours de vaines négociations, le petit archipel de Tuvalu, dans le Pacifique sud, attaque bille en tête.
En profond désaccord avec le texte, qui fixe un réchauffement maximal à 2°C, son représentant le compare "à une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir".
Les petites îles militent pour que le réchauffement soit contenu à 1,5°C, sous peine d'être envahies par les flots.
L'Amérique du Sud passe alors à l'offensive: successivement, la Bolivie, le Venezuela, Cuba, accusent M. Rasmussen d'avoir "fait obstacle à la démocratie et à la transparence" et conduit "un coup d'Etat contre les Nations unies".
Théâtrale, la déléguée vénézuélienne brandit un doigt entaillé en expliquant qu'elle s'est coupé la main pour se faire entendre: "Il n'y a aucun consensus autour de ce document, nous ne voulons pas en discuter".
Mais le ton monte d'un cran quand le représentant du Soudan, Lumumba Stanislas Dia-Ping, compare le plan climat des chefs d'Etat à l'Holocauste. Cette déclaration, assène-t-il, "appelle l'Afrique à signer un pacte suicidaire". "C'est une solution fondée sur des valeurs qui ont envoyé six millions de personnes dans les fours en Europe".
"Répugnant", s'insurge le ministre britannique de l'Environnement, Ed Miliband, venu s'assoir sur les bancs américains. "Méprisable", ajoute la Suède.
Le Français Brice Lalonde raconte alors que son pays a défendu "jusqu'au bout" l'objectif d'un degré et demi: "Un seul grand pays s'y est opposé", insiste-t-il. Il confiera, à part, qu'il s'agissait de la Chine. "Les procédures (des Nations unies) nous menaient dans l'impasse. Les chefs d'Etat se sont mis à la tâche pour essayer de nous aider", ajoute-t-il en se disant "profondément blessé par les soupçons portés contre nous".
Le chef de la délégation américaine, Todd Stern, rappelle que son président a longuement consulté ses homologues brésilien, indien, chinois et sud-africain et trouve "décevant de voir ce travail non reconnu, voire déshonoré par certains qui y ont participé".
Dessima Williams, représentante de Grenade surgit alors en appui: "J'appelle mon frère du Soudan à revoir sa position et à réfréner ses sentiments et je peux l'y aider".
Kevin Conrad, délégué de la Papouasie Nouvelle-Guinée qui avait créé la sensation en 2007 à Bali, en faisant huer les Etats-Unis, défend à son tour un texte qui, "même imparfait, montre la volonté de nombreux pays industrialisés de réduire leurs émissions" de gaz à effet de serre et dont "beaucoup de faiblesses sont dues au G-77", la coalition des pays en développement que dirige le Soudan.
Le président souhaite en finir, il rappelle que certains ont des avions à prendre. Il est 06H00 passé. Copenhague aurait dû fermer ses portes il y a déjà douze heures, vendredi soir.
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13 décembre 2009
Pour les 50 ans des indépendances africaines en 2010 ? Que dire?
Pour les 50 ans des indépendances (accordées par la France) en 2010, la France a mis en place un comité de célébration de celles-ci.A ce propos je vous propose un dialogue des commentaires avec mon cher ami Saint Ralph (je vous conseille son blog il est très bien). Pour alimenter le debat je vous demande de réagir à cette attitude de la France.
Merci Ralph, tu sais que je suis toujours ravi de te lire et toutes ces reflexions sur ton blog quel régal je t'assure, continue.
Au fait Saint Ralph qu'est-ce que tu penses de cette méprisante initiative de la France de célébrer les 50 ans d'indépendance des pays africains en France.
C'est comme si un homme qui maltraitait sa femme décidait de celebrer le divorce chez lui ou encore l'Angleterre décidait de celebrer l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique.
Tu m'apprends une bien bonne !
J'avoue que je n'étais pas très attentif à l'actualité ces derniers jours et cette nouvelle m'a échappé. En tout cas, ta petite réflexion m'a bien fait rire. Pas mal du tout !
Quelle idée ! Pourquoi la France fêterait-elle les 50 ans d'indépendance des pays africains ?
Est-ce pour pleurer le beau temps des colonies ? Mis à part le fait de rappeler sa gloire passée, je ne vois pas ce que la France peut tirer d'une telle célébration.
08 décembre 2009
Santé : vaccination des enfants
L’accès aux vaccins dans le monde est toujours inéquitable
En 2008, le nombre d’enfants vaccinés dans le monde a été estimé à 106 millions. Un record salué dans le dernier rapport « Vaccins et vaccination : la situation dans le monde », publié conjointement par l’OMS, l’UNICEF et la Banque mondiale. Il reste pourtant beaucoup à faire, puisque « un milliard de dollars supplémentaire seraient nécessaires chaque année pour vacciner les enfants en danger », insistent les trois agences.
L’accès à la vaccination n’est pas encore équitable. Nous devons combler le fossé entre les riches et les pauvres, entre ceux qui reçoivent les vaccins indispensables et ceux qui ne les ont pas, souligne le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS. Les populations des pays les plus démunis doivent bénéficier des progrès de la science.
En attendant, la situation financière de ces pays constitue un frein difficile à contourner, malgré l’aide internationale. Même à prix très réduits, le coût des nouveaux vaccins contre les infections à pneumocoques, les diarrhées à rotavirus et le HPV est, pour chacun d’entre eux, plus élevé que le coût de tous les autres vaccins traditionnels réunis.
Pour autant, un succès tel que celui obtenu dans la lutte contre la rougeole redonne espoir. Entre 2000 et 2007, la mortalité liée à cette maladie a baissé de 74% dans le monde, grâce notamment à l’aide apportée par l’Alliance GAVI. Cet exemple doit nous inciter à faire de nouveaux efforts pour vacciner tous les enfants du monde contre les maladies potentiellement mortelles, précise Ann Veneman, Directeur général de l’UNICEF.
Il existe désormais au moins 120 vaccins dans le monde. Et plus de 80 nouveaux produits sont parvenus à un stade avancé d’essais cliniques. Ils ciblent plus d’une trentaine de maladies contre lesquelles il n’existe à ce jour, aucun vaccin. L’espoir est donc de mise… mais à quel prix ?
Etats-Unis : quand les enfants meurent faute d’assurance !
Dix-sept mille enfants meurent chaque année dans les hôpitaux américains, victimes d’un même « mal » : l’absence d’une assurance maladie.
Des chercheurs de Baltimore, aux Etats-Unis ont en effet comparé le nombre de décès observé en milieu hospitalier parmi des enfants, selon qu’ils étaient assurés ou non. Les résultats sont sans équivoque : le taux de mortalité s’élève à 47 pour 10 000 dans le premier cas contre… 75 pour 10 000 dans le second.
Imaginez des parents dont l’enfant, dépourvu de protection sociale, se retrouve gravement malade. En se rendant à l’hôpital, ils ignorent probablement que leur progéniture encourt un risque de mortalité accru de 60%, par rapport à un son petit voisin de chambre couvert par une assurance, souligne l’auteur de ce travail. Conséquence directe non, mais dommage collatéral certainement : les parents d’enfants non assurés tardent souvent à consulter. Or les ressources de la médecine diminuent, souvent, au fil du temps qui passe…
Menée entre 1988 et 2005 dans 37 Etats, cette étude souligne le bien fondé de la réforme du système de protection sociale outre-Atlantique. Car 7 millions d’enfants sont encore privés d’assurance dans le pays. C’est-à-dire près d’un sur dix !
26 novembre 2009
Françafrique : Eva Joly, "la force qui nous manque"
Extrait de "La force qui nous manque" de Eva JOLY aux Editions des Arènes
Eva JOLY est conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment en Norvège. Ses deux livres précédents, "Notre affaire à tous" et "Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?", chez le même éditeur, ont été vendus à plus de 450 000 exemplaires en France et à l’étranger.
Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d‘une compétence absolue. J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.
Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’Elysée.
Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’Omar BONGO : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le gouvernement d’autre part.
J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol.
Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.
Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement.
Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.
Roland DUMAS "l’ami intime" de BONGO
Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris.
Il était alors le plus jeune chef d’Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar BONGO fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l’hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent.. Chacun se presse à ces audiences. Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de "consultant" signé par Omar BONGO et largement rémunéré. De Roland DUMAS, le président Gabonais dit qu’il est "ami intime".
Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas SARKOZY, venu "prendre conseil" en tant que candidat à l’élection présidentielle. Lorsque au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et des médias.
A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du Pnud (Programme des nations unies pour le développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières. En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…
Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela.
Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l’Etat, conçu par Pierre GUILLAUMAT un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.
La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d’Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir.
Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola, en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient…
Les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.
Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai appris en marchant. A l’arrivée, le tableau est effrayant.
L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs.
Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé.
Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant. Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.
La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde.
- Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ?
- Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ?
- Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts à s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ?
L’indépendance en Afrique : une mascarade
Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue.
L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest. L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le "gendarme" qui défendait la moitié du continent contre le communisme.
Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine. Elf était l’une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que "là-bas, c’est différent".
ü Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires.
ü Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles.
ü Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles. D’ailleurs "tout le monde fait pareil".
Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.
J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien.
Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés suisses.
La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes…
A l’image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques FOCCART, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire.
Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François MITTERAND, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection…Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.
Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés. Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts.
A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance. Mais les peuples sont comme les familles.
On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations.. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.
La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.
Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : "indigène musulman", "sujet africain non naturalisé", "Jfom" (Jeune français originaire du Magrheb), "jeune issu de l’immigration", "fils de harkis", "jeune des quartiers", "Arabo-musulman", "Français d’origine arabe", "Français musulman"…
La France de 1789, incompatible avec la françafrique
Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage.
Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo Brazzaville ce que la France leur doit ?
Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l’uranium du Niger ou ceux des mines d’or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ?
La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. Je rêve, pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif.
Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible…
Nous Sommes le Congo !
Cessons d'Avoir Peur !
Pour un Etat de Droit au Congo !
Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !
Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/
"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"
La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français.20 octobre 2009
Les Français hésitent encore à quitter la Guinée
Lu pour dans libeération
Le Ministère des Affaires Etrangères a recommandé aux Français vivant en Guinée de partir du pays. Beaucoup attendent de voir l'évolution de la situation avant de se décider
La Guinée pleure ses morts. Ici le 2 octobre à la grande mosquée de Conakry. (AFP)
Pressés de quitter le pays par le Quay d'Orsay, la plupart des Français de Guinée préfèrent attendre un ordre d'évacuation officiel avant de se décider à partir. «Ceux qui le peuvent, comme les expatriés des ONG ou les employés d'entreprises, sont rentrés. Ceux qui sont installés ici patientent jusqu'à ne plus avoir le choix», déclare une Française de Conakry interrogée par Libération.
L'Ambassade de France a contacté une partie des 2500 ressortissants enregistrés en Guinée sans toutefois leur proposer une évacuation. Aucune agression ciblée n'a été signalée à l'encontre des Français. «Ceux qui partent le font de manière volontaire et à leurs frais. Les autres sont encouragés à rester chez eux avec des provisions et une valise prête au cas où», poursuit cette expatriée qui souhaite garder l'anonymat. «Le problème est qu'il est très difficile d'avoir des informations. La ville est calme mais les gens ont peur des manifestations et des militaires. Nous attendons de voir ce qui va se passer. Beaucoup de scénarios différents sont évoqués mais personne ne sait rien», ajoute-t-elle.
Presse non grata
Samedi, six journalistes français des chaînes de télévision France 2 et France 24, qui souhaitaient couvrir la crise guinéenne, ont été refoulés à l'aéroport de Conakry. «On avait tous les trois des visas. En arrivant à Conakry, des militaires faisant le contrôle des visas nous ont réclamé une lettre d'invitation», a raconté l'un d'entre eux. «Les militaires n'étaient pas du tout agressifs mais ils semblaient avoir reçu des instructions très claires. Ils nous ont accompagnés jusqu'à l'avion qui repartait vers Dakar», a-t-il poursuivi. Jeudi, un reporter de Paris-Match, arrivé sans visa, avait également été expulsé.
Selon le magazine aujourd'hui en Guinée, le ministre guinéen des affaires étrangères, Alexandre Cécé Loua, aurait demandé à l'ambassadeur de France, Jean-Michel Berrit, que Paris intervienne auprès de RFI et France 24 pour faire cesser le lynchage médiatique dont le chef de la junte au pouvoir, Moussa Dadis Camara, s'estime la victime. Ce que le diplomate a décliné, arguant de la liberté éditoriale des médias tricolores.
Deux journalistes guinéens, Mouctar Bah et Amadou Diallo, travaillant le premier pour l'Agence France-Presse (AFP) et Radio France Internationale (RFI), l'autre pour la British Broadcasting Corporation (BBC), auraient reçu des menaces de mort. Selon Reporters sans frontières (RSF), plusieurs autres journalistes guinéens ont été «accusés» par des militaires de «donner des informations aux étrangers et ont reçu des menaces de mort par téléphone».
Expectative
Suite à une répression sanglante d'une manifestation pacifique de l'opposition le 28 septembre, qui aurait fait plus de 150 morts selon l'ONU, la junte militaire de Dadis Camara est discréditée aussi bien sur le plan intérieur qu'international.
L'Union Africaine avait fixé un ultimatum – expirant samedi à minuit – aux membres de la junte, notamment à son chef, pour s'engager par écrit à ne pas se présenter à la présidentielle de janvier, comme ils l'avaient promis lors de leur coup d'Etat du 23 décembre 2008. Mais le capitaine putschiste a demandé que la question de sa candidature à la présidentielle soit inscrite dans la médiation du président burkinabè, Blaise Compaoré. Une manoeuvre destinée à gagner du temps, selon l'un des dirigeant de l'opposition, Mouctar Diallo, qui parle de «fuite en avant» de Camara.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé vendredi la création d'une commission internationale d'enquête sur le massacre du 28 septembre. A Conakry, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, l'érythréen Haïlé Menkerios, a rencontré dimanche le Premier ministre Kabiné Komara puis les dirigeants de l'opposition et enfin le chef de la junte. «Le Premier ministre m'a assuré que le gouvernement accueille favorablement cette commission et va coopérer avec elle», a-t-il fait savoir.
05 octobre 2009
Guinée: Paris soutient l'idée d'un déploiement d'une force de paix africaine
PARIS — La France soutient l'idée d'un "déploiement d'une force de paix africaine" en Guinée, pour stabiliser ce pays d'Afrique de l'Ouest gravement menacé dans sa paix intérieure, a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Lors d'un point presse, Bernard Valéro a estimé qu'une force de paix africaine serait "susceptible de conduire à un règlement rapide, pacifique et durable de la crise que traverse actuellement la Guinée". Il n'a pas répondu à la question de savoir si la France pourrait y participer.
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait indiqué dimanche soir devant le Grand Jury Le Figaro-LCI-RTL qu'"on ne peut plus travailler" avec le dirigeant de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara.
"Le danger de guerre inter-communautaire est immense. Il s'est passé cette chose effrayante et sauvage, nous ne pouvons pas l'accepter", avait-il dit en évoquant le massacre perpétré par l'armée à Conakry il y a une semaine. "Il me semble qu'aujourd'hui, on ne peut plus travailler avec Dadis Camara, et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale", avait-il ajouté.
La répression à Conakry a fait au moins 157 morts et 1.200 blessés, selon une ONG.
Son porte-parole a souligné lundi que la France se félicitait de la désignation du président burkinabe Blaise Compaoré par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) comme "facilitateur d?une solution de sortie de crise en Guinée".
"La France encourage la CEDEAO, l?Union africaine et la Commission des Nations unies pour les droits de l'Homme, à constituer sans délai une commission d'enquête internationale afin que les responsabilités dans le massacre du 28 septembre puissent être établies de manière incontestable", a-t-il ajouté.
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26 juin 2009
Medvedev discute avec la Namibie de ses gisements d'uranium
Le président russe Dmitri Medvedev, qui effectue sa première tournée en Afrique, a déclaré jeudi à Windhoek vouloir développer ses relations avec la Namibie, quatrième producteur mondial d'uranium, et plus largement avec le continent noir.
"Nous allons développer notre partenariat avec l'Afrique", a déclaré le président, précisant qu'il souhaitait accroître sa coopération en matière d'énergie avec la Namibie, notamment ses importants gisements d'uranium.
"Nous devons promouvoir le développement du commerce et de liens économiques", a-t-il poursuivi avant de rencontrer son homologue namibien Hifikepunye Pohamba au premier jour de sa visite dans ce pays d'Afrique australe.
Trois ans après la visite de son prédécesseur Vladimir Poutine qui avait été le premier président russe à se rendre en Afrique sub-saharienne, M. Medvedev a reconnu que la Russie "aurait dû commencer à travailler avec (ses) partenaires africains il y a bien longtemps".
"Notre politique, ici, sera très amicale et en même temps pragmatique. Et nous n'avons pas ce difficile et sombre passé colonial que beaucoup d'autres pays ont" en Afrique, a-t-il estimé.
Son homologue namibien a souligné que son pays souhaitait également "renforcer" la coopération entre les deux pays et construire "un partenariat économique durable".
"Nous aimerions que nos produits aient accès aux marchés russes", a-t-il demandé, appelant Moscou à baisser les taxes sur les métaux et les produits agricoles.
M. Medvedev était accompagné d'une large délégation, composée notamment d'entreprises comme Alrosa, producteur de diamants contrôlé par l'Etat russe et des membres du gouvernement.
Le ministre russe des Ressources naturelles, Yury Trutnev, s'est dit prêt lors de cette visite à développer le nucléaire dans ce pays d'Afrique australe. "La Namibie a grandement besoin de développer son secteur énergétique", a-t-il estimé.
Car pour augmenter sa production d'uranium, jusqu'à présent exploitée sur deux sites seulement, ce pays d'Afrique australe doit régler sa crise énergétique afin de pleinement profiter du boom mondial du nucléaire et relancer la coopération dormante avec la Russie dans l'exploitation de l'uranium et la production d'énergie.
"La première visite d'un président russe devrait ouvrir une nouvelle phase dans nos relations", a assuré M. Medvedev, désireux de "promouvoir" les entreprises russes.
En 2007, la Russie s'était déjà intéressée à ce pays mais rien n'avait été concrétisé. Une licence d'exploration avait toutefois été accordée à une co-entreprise menée par Tekhsabexport, la compagnie d'Etat russe qui commercialise l'uranium.
Après s'être entretenu avec le président Pohamba, M. Medvedev est parti en safari à Okapuka, un lodge situé à plus de 20 km de la capitale Windhoek dont les rues ont été décorées de drapeaux et de portraits du président russe. A son retour en fin de journée, il a prévu de rencontrer Sam Nujoma, le père de l'indépendance de la Namibie.
Il quittera vendredi Windhoek pour se rendre en Angola, où l'énergie restera le thème principal de cette tournée qui l'a conduit depuis mardi en Egypte, au Nigeria et en Namibie.
Principal acquis jusqu'à présent de cette visite: la signature d'un accord de coopération qui permet au groupe russe Gazprom d'accéder aux réserves de gaz du Nigeria, parmi les plus importantes du monde.
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03 avril 2009
Paradis fiscaux : une liste biaisée
Le CCFD-Terre Solidaire estime que le problème reste entier pour les pays du Sud
Pour le CCFD-Terre Solidaire, qui demande de longue date une liste exhaustive des paradis fiscaux, les listes de l’OCDE publiées à l’issue du G20 relèvent plus du compromis diplomatique que de l’évaluation objective. Pour Antoine Malafosse, délégué général du CCFD-Terre Solidaire, « cet exercice ne résout en rien le fléau que représentent les paradis fiscaux pour les pays pauvres, qui sont les grands oubliés de ce G20 ».
L’OCDE a publié hier soir, à l’issue du G20, 4 listes de territoires : noire, gris foncé, gris clair et blanche[1]. Pour le CCFD-Terre Solidaire, le principe même de dresser plusieurs listes est bienvenu, car les paradis fiscaux n’ont pas tous la même dangerosité. Ces différentes listes peuvent encourager chaque territoire à améliorer ses pratiques pourvu qu’elles s’accompagnent de mesures graduelles de sanction. Mais les listes publiées hier présentent plusieurs problèmes :
· Les pays pauvres laissés pour compte
Pour figurer sur la liste blanche de l’OCDE, qui regroupe 30 pays riches, il suffit de signer des conventions fiscales d’échange d’information avec 12 pays. Autrement dit, une fois que la France , l’Allemagne et les principaux pays riches auront obtenu les informations qu’ils veulent, les paradis fiscaux seront considérés comme fréquentables ! Les pays en développement, qui voient chaque année 900 milliards de dollars s’envoler illicitement vers les paradis fiscaux, peuvent toujours attendre.
· Une liste blanche trop remplie
Les tractations ont duré toute la journée hier. Pour Jean Merckaert, spécialiste des paradis fiscaux au CCFD-Terre Solidaire, « Cette liste est le fruit d’un compromis diplomatique, car chaque pays du G20 a veillé à protéger ses dépendances. C’est toujours mieux que les 3 noms qui restaient sur l’ancienne liste de l’OCDE, mais le fait de mettre Jersey, la Barbade ou l’île Maurice sur la liste blanche et d’épargner Hong-Kong, la City de Londres ou l’Etat du Delaware aux Etats-Unis enlève toute crédibilité à l’exercice ».
· Une approche tronquée des paradis fiscaux
Il existe des paradis fiscaux, des paradis judiciaires et des paradis règlementaires. Chaque catégorie a fait l’objet d’une liste, par le passé, par des institutions distinctes (respectivement, l’OCDE, le GAFI et le Forum de stabilité financière). Or, ces différents cercles se regroupent largement et les ministres des Finances du G20 avaient ouvert la porte à une approche globale du problème. Pour Jean Merckaert, « en confiant la liste à l’OCDE, le G20 reconduit une approche tronquée des paradis fiscaux. On leur demande de coopérer avec le fisc étranger, mais pas avec la justice ! »
· Les critères de l’OCDE sont incomplets
Les critères de coopération fiscale de l’OCDE sont incomplets. Ils focalisent sur le secret bancaire, qui est un vrai problème, mais oublient que l’opacité peut prendre d’autres formes (trusts, fondations…). Ils exigent l’échange d’information « à la demande », et non de façon automatique (comme le prévoit la directive européenne sur l’épargne). Ce modèle est peu efficace : liée aux Etats-Unis par ce type de convention depuis 2005, Jersey n’a accepté de renseigner l’administration fiscale américaine que dans 4 cas, qui étaient déjà de notoriété publique.
Contact : Véronique de La Martinière - 01 44 82 80 64 – 06 07 77 05 80
Première ONG française de développement, avec 40 millions d’euros de budget et plus de 500 initiatives soutenues chaque année dans 80 pays du sud et de l’est, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire) a acquis depuis près de 50 ans un savoir faire et de nombreuses références dans le dialogue avec les sociétés civiles de ces pays. Cette expertise est utilisée aujourd’hui dans de nombreuses activités de communication, de plaidoyer et d’éducation au développement en direction du public français et européen, grâce à un réseau de 15 000 bénévoles militants.





