04 mars 2008
Françafrique : « Français rentrez à la maison »
Le discours du président français au Cap en Afrique du Sud fin février 2009 à propos de faire rentrer les enfants à la maison ne cesse de susciter des réactions.
Je viens vous donner à lire et à voir deux réactions : une d’un bloggeur ivoirien Kouamouo http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2008/03/01/la-grande-peur-des-francafricains.html à la suite de l’édito vidéo de Christophe Barbier : http://www.lexpress.fr/idees/debats/dossier/editobarbier/... .
A mon tour je n’ai pas hésité à réagir à chaud sur la vidéo, je vous promets que je viendrais vous livrer mon analyse du discours de sarkosy dans les jours qui viennent. Et j'ai le plaisir de vous convier à la lecture de ma propre réaction.
Cet édito-vidéo résume toute la problématique et la culture des élites françaises face à l'Afrique. Au moins Christophe Barbier avoue qu'ils ont plus d'intérêt à sauvegarder, que la vie et la liberté des Africains, donc à rester en Afrique. Et il a raison d'évoquer les intérêts français, ils sont encore enormes et même au dessus des droits de l'Homme.
Par cet édito, il montre bien à mots couverts que la France a de plus en plus besoin du marché africain et que vraisemblablement celui-ci lui échappe de plus en plus, notamment avec l'irruption de la Chine et de l'Inde, d'où certaines difficultés économiques.
C'est aussi ça qui fait penser que le discours de Nicolas Sarkosy est un discours de circonstance, car on ne voit pas comment le président Nicolas Sarkosy qui fait toute sa politique en France pour les entreprises puissent aller à l'encontre des profits faciles que ses amis industriels font en Afrique à commencer par Bolloré ou la compagnie Total?
Cela dit, cette vidéo montre bien que les Français auront du mal à quitter le sol africain.
C'est pour cela l'argument de Christophe Barbier au nom de la réal politik est faux, la preuve le président américain Bush est revenu bredouille de l'Afrique, où il voulait pré positionner des troupes américaines avec son histoire d'Afrikom, il y a eu très peu des pays africains enthousiasmés.
Et puis on peut répondre à Christophe Barbier, que son pays la France après la guerre de 1939-1945 a bien demandé aux Américains qui les ont liberés de quitter, il suffit d'aller fouiller dans les archives de cet hebdomadaire pour lire et voir les photos des français avec le fameux slogan "go home" Ce qui n'a pas empêché la France d'être envahie par la culture américaine.
Alors pourquoi ce qui serait bon pour la France serait mauvais pour l'Afrique, au nom de quelle règle?.
Avec le départ des troupes françaises des territoires africains, les Africains seront plus libres et la démocratie fera que d'autres forces militaires ne pourront pas s'y installer.
A mon avis je suis convaincu que la France vient de comprendre que sa position de soutien aveugle aux dictateurs n'est plus tenable.
Les événements du Tchad et du Cameroun viennent de montrer que les peuples africains ont franchi une nouvelle étape vers le chemin des libertés. Ils n'ont plus peur des Français.
L'échec ivoirien des Français serait la graine qui commence à donner un arbre et la France veut couper cet arbre avant qu'il ne donne les fruits de la liberté.
Quoi qu'il en soit le chemin de la liberté est sans retour, l'Afrique s'y est engagée.
Les forces militaires occidentales stationnées sur le continent émasculent les souverainetés africaines et sont anti-peuple, elles n'ont jamais porté secours aux populations civiles africaines, on se rappelera de l'opération Turquoise au Rwanda en 1994, Pélican au Congo en 1997, et Epérvier depuis les années 80 au Tchad, c'est pour cela qu'il n'y aura ni Chinois ou Américains pour remplacer les Français.
Entre nous le départ des forces françaises de l'Afrique ne signifie pas fin de l'exploitation, au contraire avec ce départ la France espère amoindrir le sentiment anti-français qui monte en puissance exponentielle en Afrique afin de garder les quelques bastions économiques qui lui reste face au rouleaux compresseurs, chinois (économique) et américain (culturel et évangélique).
C'est la vérité, sur ce point Nicolas Sarkosy est en avance, et Christophe Barbier comme l'ensemble de l'élite française sont en retard. Ainsi ce donc ce discours du président français, Nicolas Sarkosy au Cap (en Afrique du Sud) quelques heures seulement après avoir porté son soutien à Deby et fait le gendarme au Tchad s'inscrit dans le doit fil du discours de Dakar (pour ne pas revenir sur celui-ci) qui pour moi, était un ballon d'essai pour tester la vigilance des Africains, surtout des sociétés civiles. Vous remarquerez que tout le tollé soulevé, seul le président Mbeki de l'Afrique du Sud avait félicité Nicolas Sarkosy.
Tous les Africains qui sont abonnés à ce journal doivent se désabonner car Christophe Barbier au même titre que Sarkozy insulte l'Afrique "le continent de toutes les malédictions" qui a maudit qui et quoi serais-je tenter de lui demander. Et si "le continent est maudit" alors que les Français la quitte bon sang!
27 février 2008
« Le sort des opposants politiques doit être élucidé avant le départ du président Sarkozy »
Tchad / France / « Le sort des opposants politiques doit être élucidé avant le départ du président Sarkozy »
Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
Tchad / Visite du président français N. Sarkozy
« Le sort des opposants politiques doit être élucidé avant le départ du président Sarkozy »
Paris, le 27 février 2008 - La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) a rencontré, ce matin le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, pour lui faire part des inquiétudes de la FIDH et de ses organisations membres au Tchad, la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) et l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (ATPDH) sur le situation des droits de l’Homme dans ce pays et en particulier sur le sort des opposants politiques et des défenseurs des droits de l’Homme.
« Le sort des opposants politiques doit être élucidé avant le départ du président Sarkozy sans quoi le soutien de la France au régime du président Déby serait aveugle» a déclaré Souhayr Belhassen, la présidente de la FIDH.
Tout en condamnant la tentative de coup d’Etat orchestrée par différents groupes rebelles contre le régime de N’djamena et dénonçant l’implication militaire trouble de la France auprès des troupes du président tchadien Deby Itno, la FIDH a demandé au président Sarkozy d’exprimer une position publique ferme exigeant des autorités tchadiennes le respect inconditionnel des droits l’Homme et l’ouverture de discussions de paix engageant le pays dans un véritable processus de dialogue politique.
Recommandations de la FIDH de la LTDH et de l’ATPDH au chef de l’État français :
Exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, et en particulier de faire toute la lumière sur les situations de MM. Lol Mahamat Choua, Ngarlejy Yorongar et Ibni Oumar Mahamat Saleh ;
Exiger publiquement l’arrêt des exactions perpétrées à l’encontre des populations civiles et des défenseurs des droits de l’Homme ;
Exhorter publiquement les plus hautes autorités tchadiennes et les forces rebelles tchadiennes à établir un cessez-le-feu effectif sur l’ensemble du territoire ;
Exhorter publiquement les autorités, les partis politiques tchadiens légaux et les mouvements politiques qui auraient renoncé à la voie des armes, à engager des pourparlers de paix afin d’entamer un dialogue politique dont la base serait l’accord conclu le 13 août 2007 à Ndjamena entre les principaux partis politiques légaux ;
Encourager le président Idiss Déby Itno à adopter une déclaration publique garantissant la libération des opposants politiques, l’ouverture de pourparlers de paix, les libertés fondamentales et la sécurité de tous les tchadiens ;
source : apo
24 janvier 2008
Relations Afrique-France : Est-ce la Fin de la Françafrique ?
Après l’annonce de la fin de françafrique faite par le ministre français Jean-Marie Bockel à propos des relations franco-africaines, plusieurs médias africains et français ont salué cette initiative et s’en sont réjouis de concert avec la plupart des Africains qui luttent pour l’émancipation africaine, confortés en cela par des réactions négatives de certains dictateurs.
Que peut-on dire ?
Attention c'est vite aller en besogne, la France vient de changer de stratégie face à la montée de plus en plus visible et bientôt retentissante du sentiment anti-français qui se développe à grande vitesse en Afrique francophone là où la France soutient les dictateurs.
A mon avis la France nous refait le coup de 1958-1960 (les pseudo-indépendances), et de 1989 (avec la Baule), toujours désamorcer à temps la bombe africaine. Elle ne fait que changer de visage pour s'adapter au nouveau contexte. Cette annonce d’intention n'est pas faite pour le bien des Africains et je crains comme à l'habitude que les Africains s'illusionnent et déchantent dans quelques années.
Ils doivent plutôt réfléchir et analyser en profondeur cette annonce, qu'est-ce qu'elle cache en vérité ?
Et quelles sont les stratégies à adopter pour les intérêts des Africains ?
Ce sont plutôt ce genre des questions qu'ils doivent essayer d'y répondre au lieu de danser comme d'habitude.
Je crois pour ma part, que cette nouvelle attitude de la France est l'une des conséquences de l'intrusion de la Chine et l'Inde sur la scène active de l'économie mondiale, - Le lancement de la voiture Nano par l'entreprise indienne Tata inquièterait au plus haut niveau et de façon sérieuse les constructeurs européens.
On devra considérer cet événement, qui a été suivi au niveau planétaire, comme ce qui s'est passé en 1989 avec la chute du mur de Berlin (novembre 1989) lors de la réunification de deux Allemagnes.
La posture coloniale et arrogante des Français en Afrique au fil de temps est devenue très difficile à tenir. Ils sont de plus en plus distancés par les Asiatiques (Japonais, Coréens) et surtout par la paire Chine-Inde.
La conséquence à court terme de l'exemple indien est de montrer aux Africains la voie à suivre, surtout que les télévisions occidentales y compris françaises ont pendant des décennies montré aux Africains la misère indienne.
En effet dans l'imaginaire africain, l'Inde était derrière eux excepté dans le domaine religieux. Avec la Nano, les Africains ont suivi en direct, la renaissance d'une nation sous-développée.
Et ils sont de plus en plus nombreux à se dire qu'eux aussi en sont capables, c'est aussi des Noirs comme eux, le complexe d'infériorité vis à vis de l'Occidental est entrain de tomber.
Et cela oblige la France à jouer aux sentiments, si elle veut continuer à garder sa position de rentier sur les matières premières africaines due essentiellement à sa pseudo supériorité héritée des avatars de la colonisation.
Comme beaucoup des militants tiers-mondistes français et combattants africains ont conditionné les Africains que l'origine de leur malheur était la Françafrique, alors pour récupérer ces militants et combattants, la stratégie gouvernementale française est de s'attirer leur sympathie voire leur aide naïve pour contrer les entreprises chinoises et indiennes.
D'où cette annonce calculée qui ressemblerait à s'y méprendre au discours de la Baule par Mitterrand. On connaît depuis lors les diverses fortunes qu'a connues les pays d'Afrique centrale qui ont toujours à leur tête des dictateurs ayant en moins de 20 ans (le temps pour une génération de disparaître) réussi de manière brillante l’exploit et la mission de conduire ces pays vers la régression.
En ce laps de temps tous les acquis en matière de santé, d'éducation, d’alimentation, de construction d'Etat de droit et de justice et de construction d'unité nationale ont volé en éclats.
En effet l'espérance de vie a reculé, pour se situer en dessous de 50 ans, la moyenne étant pour l’Afrique de 46,6 contre près de 80 en Europe,
La mortalité infantile a atteint des niveaux inquiétants, l'économie nationale démantelée,
Les taux de scolarisation ont baissé, les systèmes éducatifs sont à l'abandon total
L’Afrique ne produit presque rien, quand en 1970 l’Afrique arrivait à se nourrir, en 2008, elle est obligée d’importer plus du tiers de la moitié de ses revenus pour se nourrir, toute l’Afrique connaît la pénurie de production du ciment quand on connaît que l’Afrique regorge des gisements immenses,
L'Afrique d’après la Baule connaît une exploitation anarchique de ses matières premières.
La corruption a atteint des niveaux records voire de non retour de type mafieuse, des fonctionnaires de l’administration, de la justice et des forces de l’ordre ont acquis à cause de l’impunité généralisée des situations et positions de rente.
La justice a perdu de sa véritable fonction celle de résoudre les conflits et de réguler le fonctionnement harmonieux du pays tant au niveau politique qu’au niveau civile.
L'Etat est devenu inexistant sur des pans entiers des territoires de ces pays,
L'aggravation des identités ethniques ou tribales ayant entraîné des guerres inciviles dans des pays naguère dits pacifiques où il faisait bon d’y vivre quand même.
24 novembre 2007
Le temps des dictateurs africains et la françafrique est-il fini?
"l'Afrique de papa, c'est terminé" cette déclaration de la secretaire d'Etat français Rama Yade d'origine sénégalaise était-elle sincère ou precede -t-elle le temps de la fin des dictatures en Afrique et du colonialisme français?
Pour s'en rendre compte il faut suivre l'actualité de ces derniers jours par exemple l'affaire Arche de Zoé au Tchad et lire la livraison du journal en ligne Mwindapress du 23 novembre 2007, nous apprend en citant l’agence de presse ASSOCIATED PRESS « AP - Le parquet de Paris a classé sans suite le 13 novembre dernier l'enquête préliminaire ouverte pour " recel de détournement de fonds publics " visant l'acquisition de bien en France par des chefs d'Etats africains et leurs familles, a-t-on appris vendredi auprès des plaignants, les associations Sherpa et Survie.
" Les investigations n'ont pas permis, en l'état, de mettre en évidence des infractions pénales ", écrit le parquet dans son courrier aux plaignants que l'Associated Press a pu consulter.
La plainte avait été déposée en mars 2007. Sherpa et Survie demandaient à la justice française d'enquêter sur l'origine des fonds et flux financiers qui ont permis l'acquisition de ces biens en France. Les associations visaient les multiples résidences parisiennes et villégiatures de bord de mer de cinq chefs d'Etat africains: Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou N'Guesso (Congo-Brazzaville), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Théodore Obiang (Guinée-Equatoriale) et Eduardo Dos Santos (Angola). »
Que peut-on dire alors de cette information ?
Il faut voir dans cette décision un espoir double car cela permet de raffermir la conscience des Africains. La décision a été rendue le 13 novembre, aucune chaîne française n'a fait sa une, et même les dictateurs eux-mêmes (Sassou, Bongo, Compaoré, Dos Santos ou Obiang Nguéma). Vous ne trouvez pas cela curieux, c'est un indice que les concernés savent que le temps de l'Afrique va arriver.
Voyez-vous que Chirac ancien président français a été mis en examen pour des histoires qui ont eu lieu avant 1995, soit 12 ans après les faits, malgré les obstructions et les classements par les parquets français.
Dans tous les cas le but de la plainte des Associations Sherpa, Survie et de la fédération de la diaspora congolaise était d'envoyer un signal fort aux dictateurs africains que les temps avait changé. Elles savaient bien que la plainte n’allait pas aboutir à un procès.
En effet les conventions internationales interdisent de juger un président en exercice, et le parquet de Paris en classant cette affaire (il faut lire le motif) a été sage et intelligent car la porte à d’autres plaintes est toujours ouverte.
Il faut aux plaignants d’apporter des preuves tangibles et surtout attendre que ces derniers quittent le pouvoir ce qui se fera avec le temps.
Ces associations voulaient aussi mettre en évidence en l’endroit de l’opinion publique européenne les connivences entre les gouvernants élus de leurs pays et les dictateurs africains cause de la misère africaine et de l’immigration.
C’est ce qui explique le peu de bruit fait autour par l’establishment français et les médias français à cette information depuis le 13 novembre.
Au moins une chose a été acquise par l'opinion française les dictateurs africains sont des voleurs, elle est au courant.
Et merci à la mondialisation car les Congolais ont suivi en direct la mise en examen de Chirac, par les télévisions françaises et mondiales mais pas le classement de la plainte contre Sassou et Bongo.
En effet la plainte pour recel et abus des biens publics avait été suivie au Congo, en Afrique, et dans la monde par le biais des télévisons internationales. C'est déjà une victoire pour les millions d'Africains qui souffrent de ce vol.
Je suis convaincu que cela constitue de façon objective, des strates pour une autre dynamique sociale et culturelle. Il FAUT LAISSER AU TEMPS, Le TEMPS comme disait un autre ancien président français François Mitterrand.
Chez moi à Pointe-Noire les parents disent toujours « le fleuve quelque que soient les détours, finit toujours par arriver à la mer ».
31 octobre 2007
L’Afrique entre le procès de la race et le procès des systèmes de gouvernance
Le scandale provoqué par une poignée d’aventuriers européens qui ont affrété un avion pour aller s’emparer d’une centaine d’enfants en territoire, sous le prétexte de l’action humanitaire, sans droit ni titre, et sans morale ni raison, arrive à point nommé pour coller à un autre fait d’actualité marquant voire brûlant. Cette affaire est à elle seule, tout un symbole de la contradiction dans laquelle baigne l’Occident. Comment comprendre qu’au moment où Lire la suite de l'article sur Le Messager ou
http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=133&code_art=21239
08 juin 2007
18 Africains morts en mer de Malte : Tragédie du Darfour
Les 18 Africains mort en mer en mai 2007, dont les corps ont ramenés par la marine française à Toulon pour recevoir les honneurs des autorités françaises, Préfet et maire de Toulon afin d'être enterrés étaient selon l'AFP des Soudanais.Ce qui peut contraster avec le discours ambiant de la France à propos des clandestins.
Est-ce parce que ces Africains étaient Soudanais?
Est-ce parce que ces Africains sont apparus aux yeux des autorités françaises comme des Etres Humains?
Ou bien est-ce parce que dans tout Etre Humain face à la mort , il existe au fond de lui la certitude que rien ne vaut la vie et un vrai fond d'humanité?
Dans tous les cas il ya lieu de saluer ce geste des autorités françaises, et de les encourager.
Pour que ceux qui croient et pensent que c'est de gaiété de coeur que les Africains quittent leur pays doivent méditer et agir.
Par contre en tant qu'Africain,de façon général je dirais plus particulièrement Noir, nous devons nous poser des questions et une seule me paraît essentielle:
-Que font les Noirs du monde entier à propos du Genocide du Darfour?
Chaque Africain partout où il se trouve doit exiger des hommes politiques de sa proximité un engagement et surtout en parler afin que l'action de mettre fin à cette tragédie qui fait offense à tous les humains de la planète cesse.
Nous devons demander à tous les acteurs politiques africains de se déterminer et le boycott du Soudan de toutes les compétitions sportives africaines doit être envisagé. Comme ce fut le cas a l'époque de l'Apartheid. Le président de l'UA le Ghanéen Kufor doit se différencier de son prédecesseur du Congo qui a lamentablement échoué, car entre dictateurs on s'entraide. Nous pensons que Kufor qui a été élu dans les bonnes règles de l'art et pratiquant la démocratie dans un pays qui a toujours eu une vocation panafricaine doit certainement marqué le coup. La pensée de Kwamé Nkrumah doit être revigorée pour gagner ce combat contre le racisme et négation de l'Etre Noir par les Arabes.
L'Afrique du Sud a aussi un rôle important à jouer, du fait de sa puissance économique et de son expérience, on doit notamment saluer le travail fait par Monseigneur Desmond Tutu prix Nobel de la Paix.
En ce qui concerne, les autres pays africains, ils peuvent de façon sérieuse faire pression sur la Chine et la Russie qui bloquent toute initiative des Nations Unies. En ce qui concerne la Chine, un boycott par les Africains des jeux olympiques comme ce fut le cas en 1976 à Montréal au Canada à propos de l'apartheid doit être envisagé. Là où les Africains peuvent faire mal à la Chine, c'est sur le plan économique, car la Chine a besoin des matières premières qui se trouvent en Afrique et a aussi besoin du marché africain en forte expansion. Faire voir à la Chine quels sont ses intérêts surtout qu'est-ce qu'elle a gagné en ne soutenant pas le gouvernement soudanias, peut modifier la donne.
Par cette histoire du Darfour, les sociétés civiles africaines et surtout la diaspora ont un atout pour faire revenir l'Europe et les USA en Afrique avec d'autres sentiments. Ces derniers pourraient convaincre les Occidentaux qu'ils ont intérêt à agir au Darfour s'ils veulent reduire l'influence chinoise qui s'avère nefaste pour les démocraties en Afrique et promouvoir les libertés et le progrès humains. Les Occidentaux à terme ne peuvent pas se passer du continent africain. La diaspora africaine a mission de reveler cette vérité aux Occidentaux, pour que le retour de ces derniers en Afrique accélère un progrès respectueux des libertés humaines et de la dignité humaine.
Il faut que tous les pays africains obligent le gouvernement soudanais à prouver par un cessez-le feu réel que les massacres perpétrés au Darfour ne relèvent pas d'un génocide.
Normalement au jour d'aujourd'hui tous les pays africains devaient avoir rétiré de Karthoum leur ambassade et rompu les relations diplomatiques.Sinon ils seraient coupables de genocide.
Quand aux fameuses sociétés civiles, artistes, intelectuels, leaders des partis d'opposition politiques, ils doivent agir en obligeant leurs gouvernement à se determiner de manière claire.
Les Africains se doivent d'agir, ce genocide ne peut plus durer!
07 juin 2007
Crise du Darfour: Députés et Prix Nobel condamnent l'inaction
Envoyé par : "PRESSE AFRICAINE" appa_org@yahoo.fr appa_org Mercredi 6. Juin 2007 21:39
Ceci est un communiqué de presse
Parlement Européen
PARLEMENT EUROPEEN
Crise du Darfour: Députés et Prix Nobel condamnent l'inaction internationale
Droits de l'homme - 05-06-2007 - 21:56
Protéger les populations contre le nettoyage ethnique,les crimes contre l'humanité et le génocide est une responsabilité internationale qui exige une action internationale coordonnée qui s'applique par des sanctions, ont estimé Jody Williams et l'Archevêque Desmond Tutu, tous deux Prix Nobel de la paix, qui s'exprimaient lors d'une réunion extraordinaire des députés européens sur la crise du Darfour.
"Le Darfour incarne l'exemple le plus abominable de notre inhumanité envers l'autre",a affirmé Desmond Tutu, "même s'il y a beaucoup de choses dont nous, leaders africains, puissions être fiers, nous devrions nous pendre de honte" pour ce qui est du Darfour. Remerciant tous ceux qui ont refusé que la crise du Darfour passe inaperçue pendant ses quatres dernières années Il a aussi exprimé de la gratitude envers les députés pour n'avoir pas abandonné l'Afrique ou succombé à ce qu'il a appelé "l'Afro-pessimisme” .
Protéger, une responsabilité internationale
Jody Williams, militante de la campagne internationale pour l'interdiction des mines anti-personnelles qui a mené en mars une mission du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (UNHCR) au Darfour, a dit faire peu confiance aux autorités soudanaises. Ce gouvernement, a-t-elle indiqué, est "expert dans sa manière de promettre des choses qui n'arrivent jamais".”Il est très difficile de croire ce que disent les autorités de Khartoum”.
Elle a indiqué que sa mission avait conclu qu'un Etat est responsable de protéger sa population contre le nettoyage ethnique, les crimes contre l'humanité et le génocide. S'il échoue, "sa responsabilité de protéger" devient “la responsabilité de la Communauté internationale, via les Nations Unies. ”En partant de ce principe, a-t-elle ajouté, "nous avons [tous] échoué à protéger la population du Darfour”. "Je ne suis pas Afro-pessimiste mais Darfouro-pessimiste ".
Appel à des sanctions
“Je soutiens de tout coeur la mise en place de sanctions spécifiques et ciblées contre Khartoum en réponse à son intransigeance” , a indiqué Desmond Tutu. Selon l'Archêque, l'UE devrait formuler trois demandes clé à l'égard du Soudan: permettre un accès non entravé à la fois aux forces de l'ONU et à l'aide humanitaire, et désarmer les milices Janjawids. Il faudrait aussi donner au gouvernement de Omar al-Bashir un ultimatum non négociable pour respecter ces conditions; s'il les remplit, les sanctions pourraient être levées. "Il ne faut pas se résoudre, le changement peut intervenir à Khartoum”, a conclu M. Tutu.
Appel à une initiative coordonnée pour la paix
Jody Williams a estimé que les acteurs internationaux devraient rédiger "une initiative de paix unique et coordonnée" accompagnée d'une "médiation, de fonds et d'une intervention diplomatique conséquente". L'UE quant à elle ne devrait pas hésiter à “isoler le Soudan économiquement et politiquement" sans attendre de "consensus évasif au Conseil de sécurité”, a-t-elle ajouté.
Réactions et appel à l'action des députés
Le gouvernement soudanais ferme les yeux sur ce qui est du génocide à l'égard de son propre peuple, a estimé Glenys Kinnock (PSE, UK), "il n'admettra jamais la vérité". Elle a estimé que l'UE devrait exiger un "cesser-le-feu immédiat", avant de relever que "la Communauté internationale se dirige tout droit vers un autre Rwanda”.
"L'absence d'action de l'UE" au Darfour est un outrage, a jugé Simon Coveney (PPE, IE). Quatre ans depuis le début de la crise, "nous entendons toujours qu'il est tant d'agir", a-t-il souligné. En ne faisant rien, nous “portons notre part de responsabilité ". Nous avons entendu le Conseil exprimer de
“graves inquiétudes” à propos de la situation au Darfour "cinquante quatre" fois et il n'y a toujours pas de sanctions en place, a-t-il relevé. Donner de l'argent européen pour aider les forces de l'Unité africaine n'est pas suffisant, a-t-il estimé. Il vaudrait mieux "fixer, un échéancier et des sanctions s'il n'est pas respecté”.
Le Darfour n'est pas seulement une catastrophe humanitaire, mais aussi un "désastre politique", selon Graham Watson (ADLE, UK), qui a fait référence à "l'impuissance et l'incompétence" de la communauté internationale dans le cadre de la lutte contre les génocides. Il nous faut une "force conjointe Nations Unies - Union africaine" - tout autre chose sera insuffisante, selon le Président du groupe libéral. L'Europe, quant à elle, "devrait être le chef de file d'un Plan Marshall pour l'Afrique, avec le Darfour comme point de départ".
Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, FR) a abondé dans le sens de Jody Williams: les Jeux olympiques de Pékin en 2008 doivent servir de levier envers la Chine, l'allié politique le plus important du Soudan, mais aussi son partenaire commercial et fournisseur d'armes. Nous devons faire peser "une menace réelle" sur les Jeux olympiques si le gouvernement chinois ne revoit pas ses relations avec Khartoum, selon le Président des Verts. "On ne peut pas organiser les Jeux de la paix d'une part et soutenir d'autre part le régime de Khartoum", a-t-il conclu.
Gernot Erler, qui représentait la Présidence du Conseil, est d'accord avec la nécessité d'arriver à un cessez-le-feu, mais il estime aussi que la mise sur pied d'une "mission de paix solide" est un must pour superviser tout processus de paix. L'UE continuera à apporter sa contribution financière aux opérations de la mission de l'Union africaine au Darfour (AMIS) en préparation d'une mission conjointe ONU-UA.
"Nous devons - et voulons - faire davantage", a renchéri Margot Wallström. La Vice-Présidente de la Commission a annoncé le déblocage d'une aide supplémentaire de 40 millions d'euros en faveur de la mission de l'AMIS. Tout en gardant à l'esprit la nécessité d'un consensus international, la Commissaire juge qu'il est "fondamental" que la Chine et les autres acteurs fassent jouer leur "poids diplomatique" à Khartoum. La Chine doit, estime Mme Wallström, faire correspondre son pouvoir croissant sur la scène internationale à un "sens accru des responsabilité s" pour travailler en commun à l'issue de la crise.
Jody Williams a exprimé sa solidarité avec ceux qui affirment que les mots ne sont rien s'ils ne sont pas suivis d'action: "Si vous n'êtes pas prêts à protéger les populations du Darfour, quelques mots en plus sur une page ne valent rien".
Réunion ouverte extraordinaire de la Conférence des Présidents sur la crise au Darfour
05/06/2007 Conférence des présidents Président : Alejo Vidal-Quadras (PPE-DE, ES)
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Ce communiqué de presse vous a été transmis par l'Association de la Presse
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07 mars 2007
Bongo et Yayi en France sur une télévision française lors du sommet de cannes France Afrique
Veuillez trouver ci-dessous le script de l’émission le « Talk de Paris », diffusée ce vendredi 16 février à 19h10 sur FRANCE 24. Cette semaine, Ulysse Gosset recevait S.E. El Hadj Omar Bongo Ondimba, Président du Gabon et Mr Thomas Yayi Boni, Président du Bénin.
Talk de Paris par Ulysse Gosset le 16 février 2007
1ère partie
Ulysse GOSSET Bienvenue dans cette nouvelle édition du Talk de Paris sur France 24 avec un invité, une émission exceptionnelle enregistrée à Cannes à l’occasion du 24ème Sommet Afrique France, un sommet qui réunit pour la dernière fois de son quinquennat le Président Jacques Chirac et une trentaine de chefs d’état africains.
Avec nous comme invité pour en parler l’un de ceux qui ont marqué l’histoire de l’Afrique, du Gabon et de la France, le président Omar Bongo.
Bonjour Monsieur le Président et merci d’être ici avec nous ici ce soir.
Ce sommet est exceptionnel car c’est le dernier du quinquennat de Jacques Chirac . Est-ce aussi d’une certaine manière la fin d’une époque ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) La fin d’une époque peut-être, l’époque Chirac si on peut ainsi l’appeler, mais je crois que ce n’est pas la fin des sommets. Les sommets vont continuer si le prochain Président de la République française le veut bien. Il s’agit de l’Afrique et de la France alors il s’agit que la France soit d’accord pour continuer, ou s’il s’agit, comme j’entends dire à droite et à gauche d’une rupture, ce qui signifie peut être la fin, je ne sais pas.
Ulysse GOSSET En tous cas, vous avez connu tous les sommets depuis le début, depuis Georges Pompidou en 1973, en passant par le Président Giscard D’Estaing, le Président Mitterrand et maintenant le Président Chirac. Qu’est-ce qui a changé depuis 1973 ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) En 1973, c’était le début. Nous avons eu une raison, avec Georges Pompidou, de faire ce sommet. Ce qui a changé, c’est qu’il y a eu beaucoup de chefs d’états. Avant, par Afrique, on entendait les états qui avaient des liens bilatéraux avec la France. Par exemple dans les domaines de la monnaie, de la défense, des renseignements… il y avait des pays qui avaient des accords avec la France. Cela s’est agrandi au fur et à mesure, et a perdu un peu de sa puissance. On a du mal à se retrouver. Je l’ai dit ouvertement car je suis parmi ceux qui ont eu à critiquer ce sommet par la suite. Après il y a eu un moment de chaleur avec Chirac. Cette chaleur, on ne sait pas si on la retrouvera après le mandat de Chirac.
Ulysse GOSSET Justement c’est le temps de dire adieu au Président Chirac. Vous lui dites Adieu, aujourd’hui à Cannes ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Non certainement pas, je lui dis à bientôt Jacques. Ou qu’il sera on se rencontrera, il n’y a pas que la politique, la fonction. Après la politique la vie continue, et on continuera à se voir.
Ulysse GOSSET On a dit « Chirac l’Africain », est-ce que vous êtes d’accord avec cette expression ? Et pour Jacques Chirac c’est quoi pour vous, un ami, un frère ? Pour vous personnellement.
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon)
Chirac l’africain c’était bien vrai. Parce qu’en dehors du Général de Gaulle qui a donné à l’Afrique francophone son indépendance, Chirac est celui qui s’est constitué en avocat de l’Afrique. Il a toujours parlé de l’Afrique sans exclusivité, ni de l’Afrique francophone, anglophone, lusophone, il a toujours parlé de l’Afrique où qu’il se trouve. C’est rare, très souvent j’ai vu des discours de Présidents français ou d’hommes politiques français, par le passé, qui ne parlaient jamais de l’Afrique.
Ulysse GOSSET Vous avez fait allusion du Général de Gaulle, et il est vrai que vous êtes arrivés au pouvoir en 1967, vous avez donc connu aussi le Général de Gaulle, et je vous propose M. Le Président de regarder ensemble le portrait qui a été réalisé par un journaliste de la rédaction de France 24, Nicolas Hulot, pour voir ce parcours extraordinaire et tout à fait étonnant qui est le vôtre. Regardons ensemble.
DIFFUSION DU REPORTAGE
Ulysse GOSSET Alors M. Le Président, toutes ces années, c’est un long parcours ; vous êtes une « Mémoire » finalement de cette relation franco-africaine, de la France Afrique. Est-ce que cette France Afrique est toujours à l’ordre du jour, ou est-elle dépassée ? On parle de caricature, on parle de folklore. Qu’en pensez-vous ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Que voulez-vous que je vous dise ? Je laisse ceux-là dire ce qu’ils pensent, c’est la démocratie. Chaque chose a un nom. Dire que c’est la vérité, on est loin de le prouver.
Ulysse GOSSET Mais la « France-Afrique » ça continue, ou est-ce qu’aujourd’hui a Cannes on passe à autre chose ? Est-ce le tournant ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Cela dépendra du futur Président de la France. Aujourd’hui, c’est – j’ignore si c’est vous ou quelqu’un d’autre qui me le disait - la fin d’une époque. On peut dire que c’est la fin de l’époque Chirac. On va entamer une autre période avec le nouveau Président qui va être élu. Mais je crois que le fondement même de la France Afrique restera, quitte à l’améliorer. Je vous ai dit aussi que sous Pompidou c’était une autre France Afrique. Sous Mitterrand, Giscard aussi c’était une autre. Et sous Chirac encore plus.
Ulysse GOSSET Vous savez qu’on parle beaucoup ici de l’ouverture vers l’Europe. Avec à Cannes, la présence Angela Merkel, la chancelière allemande. Est-ce que finalement, on ne va pas prendre cette dimension plus large qui associe tout le continent ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Je crois - et franchement il ne faut pas s’en offusquer - : est-ce que vous pensez que la France d’aujourd’hui est en mesure de résoudre même partiellement les besoins de toute l’Afrique ?
Non. Alors il faut laisser la France souffler. Je ne suis pas contre ceux qui pensent que la France a tort de s’occuper de tous ses problèmes et moins de l’Afrique. Je dis c’est juste. Il arrive un moment où quand on a mis au monde un enfant, il grandit, il faut le laisser se développer, grandir, travailler à sa manière selon son comportement. On ne peut pas tout le temps demander après la France. Il faut au moment où nous sommes adultes, vieux, qu’on se tourne vers d’autres horizons, d’autres pays, tout en gardant nos liens ô combien traditionnels avec la France.
Ulysse GOSSET Vous avez dit « cela dépendra du prochain Président ». Vous savez qu’à la fois Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont parlé de la relation future avec l’Afrique ? Ségolène Royal est très critique. Elle dit qu’il faut mettre un terme à ces relations trop personnelles qui se font au dépend des relations entres les peuples. Nicolas Sarkozy parle lui d’abandonner un certain nombre de pratiques qui n’étaient pas bonnes . Qu’est-ce que vous en pensez ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Pour moi, tous les deux n’y comprennent rien !
Tout d’abord Ségolène Royal. Elle n’a pas d’ami. Elle est française, est-ce qu’elle peut me dire qu’elle n’a pas d’ami parmi les français ? Quand elle sera Présidente, si cela arrivait, elle n’aura pas un ami. Si elle a connu des gens avant d’être Présidente, elle va les abandonner parce qu’elle est Présidente. Mais c’est cela l’amitié personnelle. C’est là où on sent que l’individu est fidèle à lui-même. Moi j’ai des amis qui m’ont connu sur les bancs de l’école et j’ai des amis qui étaient avec moi fonctionnaires. Quand je suis devenu Directeur de Cabinet, j’ai eu d’autres amis, quand je suis devenu Ministre, j’en ai eu d’autres et Président j’en ai eu d’autres, mais je ne peux les renier parce que je suis Chef d’Etat. Quant à dire que les liens que la France a tissés avec le pays, il faut y mettre fin, parce qu’on pense que c’est la bonne manière de faire plaisir au Gabon, je dis non.
Ulysse GOSSET Voilà pour Ségolène Royal, mais si elle est élue est-ce que vous aurez de bonnes relations avec elle ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Cela dépend d’elle. Moi je la prendrai pour la première des français et comme telle, j’aurai des relations avec elle, ne fussent que des relations d’état à état. Si cela ne lui plait pas, tant pis pour elle. Elle reste dans sa France et moi dans mon Gabon.
Ulysse GOSSET Et Nicolas Sarkozy, lui aussi, a souhaité peut-être une autre forme de relation plus moderne avec l’Afrique. Il a même dit cette petite phrase critique : « la France économiquement n’a pas forcément toujours besoin de l’Afrique ». Alors avec Nicolas Sarkozy vous pourrez vous entendre s’il était élu ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Avec Nicolas Sarkozy il y a une différence parce qu’on est amis. Si demain il me renie parce qu’il est Président, je lui dirais « ce n’est pas sérieux Nicolas ». Oui, je lui dirai.
Ulysse GOSSET Qu’est-ce qui n’est pas sérieux M. le Président ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) S’il ne reconnaît plus qu’on est amis.
Ulysse GOSSET Mais Nicolas Sarkozy a eu cette petite phrase, il appelle à tourner la page des relations « des complaisances, des officines, des secrets et des ambiguïtés ». Ce sont des mots forts !
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Des mots forts, quitte à lui de le prouver. Il sait à qui il parle et s’il estime que ses relations, ses amitiés avec moi sont basées sur ce qu’il dit, quitte à lui d’apporter des modifications à cela. Sinon, je ne fais aucun procès d’intention à son égard, ni à l’égard de la France.
Ulysse GOSSET Il y a une chose très importante, c’est le dossier de l’immigration. Là aussi, Nicolas Sarkozy a voulu une nouvelle forme d’immigration, ce qu’il a appelé une immigration choisie. Comment voyez-vous cela ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Il parle d’immigration choisie, d’immigration concertée. Moi je lui ai déjà dit. Je lui ai dit Nicolas, est-ce que tu connais bien ton problème de l’immigration ? Il y a des français qui immigrent, et si on devait lui renvoyer les français qui sont en Afrique et à travers le monde, je crois qu’il s’essoufflera aussi. Alors qu’il n’en parle pas comme cela. C’est vrai, parce cette immigration on en parle jamais, est-ce que vous savez que moi-même, on fait de l’immigration à l’endroit des cadres africains qui sont formés en France. Cela provoque la fuite des cerveaux. Ceux-là ne seront pas chassés. Ce sont les pauvres qui balayent la rue et les caniveaux qui sont chassés. Alors que nous ont a besoin de nos cadres chez nous.
Ulysse GOSSET Vous avez peur de la fuite des cerveaux africains ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Je veux que les gros cerveaux reviennent en Afrique.
Ulysse GOSSET Quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle, quel est votre message au successeur de Jacques Chirac ? Quelle politique la France doit-elle avoir vis-à-vis de l’Afrique ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Mais je n’aurai aucune politique à lui dicter. C’est à lui-même d’avoir une politique vis-à-vis de l’Afrique.
Ulysse GOSSET Bien sûr, mais votre recommandation ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Mais cela dépend des relations. Je vous l’ai dit, il y a des relations d’état à état doublées de relations personnelles.
Ulysse GOSSET Si je vous pose la question, M. le Président, c’est parce qu’on voit la montée en puissance de la Chine. Avec la mondialisation tout a changé et est-ce que vous pensez que la France est entrain de perdre son influence et sa place en Afrique et notamment chez vous ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Mais vous parlez seulement de l’Afrique. Mais que fait la France vis-à-vis des chinois ?
Soyons logiques. Que faites vous, vous français vis-à-vis des chinois ? Vous allez en Chine. Quand votre Président se déplace, ils sont 150. C’est 300 entreprises qui vont en Chine pour proposer des carottes, des betteraves, tout à vendre. Et nous qui recevons les chinois qui viennent chez nous sans condition et se mettent à travailler, vous trouvez cela mauvais.
Ulysse GOSSET Non, je vous demande si c’est une perte d’influence de la France ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Cela, c’est ce qu’on appelle l’ingérence dans les affaires intérieures des autres. Ce n’est pas à moi de me mettre à la place des français et de parler à la place des français.
Ulysse GOSSET La Chine va doubler d’ici 2010 son commerce avec l’Afrique jusqu’à 100 milliards de dollars. Est-ce qu’il ne va pas y avoir une nouvelle forme de colonisation économique de la Chine ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Non, il n’y aura pas de colonisation. Une nouvelle forme de coopération oui, mais pas de colonisation. La Chine ne peut pas être la Chine de Mao Tsé-Toung, même si Mao n’y est plus. Tsé-Toung est devenu le colonialiste, non. Hier, la Chine ne faisait pas la politique de l’économie de marcher, maintenant elle a goûté, elle n’essaie plus, et bien elle lutte.
Ulysse GOSSET Le Président Jacques Chirac dans son discours ici à Cannes a parlé de développement, de sécurité et aussi de gouvernance démocratique. Sans les droits de l’homme, il n’y a pas de sécurité ni de développement. Vous êtes un représentant de cette France Afrique depuis 1967. Est-ce que vous vous sentez un petit peu touché ? Est-ce que vous pensez qu’il n’y a pas des progrès a faire au Gabon et ailleurs pour favoriser la démocratie en Afrique ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Ici c’est chez nous. On a pas besoin qu’on nous fasse de discours pour cela. Et le discours de Mitterrand à la Baule, c’était quoi ? Chirac nous fait une répétition de ce que Mitterrand avait dit en 1990 à la Baule. Et à la baule il a même dit : « ceux qui feront de la bonne gouvernance, de la bonne politique, démocratie, auront ceci, auront cela». Aujourd’hui mon œil, en 17 ans on a rien vu. C’est comme la politique de conservation de la forêt. Cela vous n’en parlez pas. Je vois vos gens écolo parler. A Rio - Madame Ségolène y était - on y a dit que ceux qui préservent leur forêt, le Gabon en exemple, auront des gratification, des bonifications pour la protection de l’environnement. Aujourd’hui j’ai ouvert 12 parcs au Gabon. Les français n’en ont pas vu un seul.
Ulysse GOSSET M. le Président vous avez été réélu pour 7 ans, et donc vous allez être au pouvoir jusqu’en 2012. Est-ce que vous allez rester toute votre vie au pouvoir ? Est-ce que vous allez être comme Molière qui finalement mourra sur scène ? Est-ce que vous allez rester jusqu’au bout ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Il n’y a que Dieu qui sait de quoi sera fait demain mais pas moi. Je n’ai pas dit que j’allais rester tout le temps au pouvoir. Mais quand on m’égratigne à cause de ce pouvoir, je dis bon je vais rester puisque vous voulez voir.
Mais vous avez vu à la télé l’âge auquel j’ai été élu Président. C’est l’âge auquel ici en France les gens ne sont même pas députés.
Ulysse GOSSET Quel est votre secret pour cette longévité et ce pouvoir aussi longtemps à la tête d’un pays ?
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) C’est que je fais ce que veut le peuple.
Ulysse GOSSET Tout simplement.
El Hadj Omar Bongo Ondimba (Président du Gabon) Je crois.
Ulysse GOSSET M. le Président, merci d’avoir participé à cette émission du talk de Paris sur France 24, bon sommet à Cannes et bien entendu nous allons nous retrouver d’ici quelques minutes pour la deuxième partie de cette émission.
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Talk de Paris par Ulysse Gosset le 16 février 2007
2ème partie
Ulysse GOSSET Retour sur la plateau du Talk de Paris, une émission spéciale enregistrée à Cannes à l’occasion du 24ème Sommet Afrique France.
A Cannes nous retrouvons un autre invité, un autre Président africain, le Président du Bénin, le Président Boni Yayi qui incarne la nouvelle génération des chefs d’Etats Africain.
Monsieur le Président, Bonjour.
le Président Boni YARI Bonjour.
Ulysse GOSSET Nous sommes ravis que vous soyez là, parce que vous incarnez cette rupture, ce changement, cet avenir de l’Afrique, cette Afrique qui gagne, cette Afrique qui veut se moderniser ; est-ce que vous êtes vraiment cela, l’incarnation d’un nouveau modèle africain pour l’avenir ?
le Président Boni YayiC’est ce que les gens disent. Mais ce que je sais, c’est que effectivement, le moment est venu maintenant pour que l’ Afrique prenne ses responsabilité s, et compte tenu de ce que nous faisons depuis que nous sommes aux affaires, depuis maintenant une dizaine de mois, je crois que nous sommes arrivés à cette conclusion que nous devons maintenant nous donner une vision claire, nous comporter en hommes déterminés, c’est à dire en leaderships éclairés.
Ulysse GOSSET Vous avez 54 ans et vous êtes là aussi pour dire au revoir ou adieu à Jacques Chirac. Quelle image laissera Jacques Chirac au Bénin et pour vous personnellement ?
le Président Boni Yayi Le Président Chirac va nous manquer. Un homme chaleureux qui accepte tout le monde et qui sait convaincre, qui a su s’investir pour toute l’Afrique et pour la jeunesse africaine donc naturellement, humainement parlant, je dis sur le plan humain, c’est comme si c’était une tristesse qui nous gagnait.
Pour moi personnellement, puisqu’il a une affection très forte pour moi et pour mon peuple, Jacques Chirac sera toujours là.
Ulysse GOSSET Est-ce que vous avez une certaine inquiétude ?
Le Président Boni Yayi J’allais dire, il rentre dans l’immortalité, compte tenu aujourd’hui de sa conviction à nos côtés. Aux côtés des pays les plus pauvres dont les 2/3 sont des pays africains.
Ulysse GOSSET Est-ce que le départ de Jacques Chirac qui marque d’une certaine manière la fin d’une époque vous inquiète compte tenu de l’incertitude pour l’avenir, on ne sait pas qui sera Président. Est-ce que vous êtes un petit peu inquiet ou pas ?
Le Président Boni Yayi Je crois que le Président Chirac a mis sur des rails des relations qui doivent être les nôtres à l’avenir et rappelez-vous, je crois que la politique africaine de la France a connu des mutations. Quoi de plus normal ! Voyez, rappelez-vous que les choses ont commencé, par bouger, depuis Chaillot 1981, peut-être avec l’arrivée du Président Mitterrand, la Baule, ou pratiquement les choses ont commencé par se clarifier.
D’abord la considération essentielle de la démocratie, la liberté, le respect des droits de l’Homme et la prise en compte aussi des critères, des performances que considèrent la plupart des institutions ou la communauté internationale. C’est à dire que le dialogue que chacun, que chaque pays devait mener, avec la communauté internationale bâti sur les échanges de Bretton Woods est assis sur un certain nombre de critères de performances.
Ulysse GOSSET Mais compte tenu des sentiments que vous éprouvez à l’égard de Jacques Chirac, est-ce que quand la France change de Président, cela suscite une certaine inquiétude ou est-ce que c’est le cours normal de la vie politique ?
Le Président Boni Yayi Naturellement. Humainement parlant, voici quelqu’un qui s’est engagé de notre côté et qui semble-t-il va se retirer physiquement de la terre des affaires, c’est à dire la République Française.
Il est un partenaire privilégié et non des moindres, qui a su s’investir pour nous, au niveau de la communauté internationale, au niveau des institutions européennes, au niveau des institutions de Bretton Woods et sa forte sollicitude à notre endroit…
Vous ne trouvez pas normal qu’aujourd’hui, tous soyons animés par un sentiment non pas de regret ? Est ce que ce combat qu’il mène, est-ce que la République Française continuera toujours ?
Mais je crois beaucoup, à des hommes de qualité qui suivent et qui sont à mon avis obligés de suivre de très près ce que le Président Chirac a bâti et ce que les autres présidents Français ont construit, pour consolider les relations, et surtout nous aider à élargir.
Rappelez-vous, la première fois que j’ai entrepris ma visite officielle en France, le Président Chirac en me serrant la main me dit : « Monsieur le Président, la France ne peut pas régler tous les problèmes du Bénin. Mettez en place une stratégie d’ouverture, allez vers les autres partenaires, nous allons vous aider. A quelques heures de votre arrivée, je me suis entretenu avec Louis Michel, et je lui ai demandé d’aider le Bénin. Je me suis entretenu avec le responsable des études de Bretton Woods. Je leur ai dit : Ecoutez, ce jeune il a de la vision, il est déterminé, il faut l’aider ». Donc à mon avis les autres chefs d’Etats vont certainement suivre cela.
Ulysse GOSSET Nous allons y revenir, mais avant, je pense que c’est important pour nos téléspectateurs de mieux vous connaître et nous allons regarder ensemble le portrait qui a été réalisé par un journaliste de France 24, Greg Sommerville.
Diffusion du portrait
Ulysse GOSSET Monsieur le Président, on dit que vous voulez faire du Bénin le Hong-Kong de l’Afrique.
Le Président Boni Yayi Absolument.
Ulysse GOSSET C’est un rêve ou une possible réalité ?
Le Président Boni Yayi C’est ce que veut le peuple béninois.
Ulysse GOSSET Ca veut dire quoi ?
Le Président Boni Yayi Ca veut dire que le peuple a décidé d’aller vers la prospérité pour chacun et chacune.
Ulysse GOSSET C’est-à-dire une zone franche en Afrique ?
Le Président Boni Yayi Oui, naturellement. Ce que Hong Kong est pour l’Asie du Sud Est et c’est ce que nous voulons être. Nous voulons être plus utiles, bâtir notre prospérité à partir de services, devenir un pôle régional de services. Je crois que l’emplacement ou le positionnement du Bénin le permet - et surtout les opportunités.
Ulysse GOSSET Ce qui est important c’est qu’aujourd’hui, vous n’êtes pas un homme politique traditionnel. Vous êtes banquier de formation et vous avez les connaissances pour gérer le pays et peut-être en faire un Hong-Kong. Mais comment allez-vous gouverner car ce qui est très important aujourd’hui, c’est peut-être de changer les règles et notamment d’assainir l’économie et de réduire la corruption. Est-ce que c’est possible de réduire la corruption en Afrique et chez vous au Bénin ?
Le Président Boni Yayi
Ulysse GOSSET Cela veut dire que vous allez agir par exemple comme les procureurs en Italie qui luttent contre la mafia, qui est partout là bas. Vous dites que la corruption est partout chez vous. Est ce qu’il va y avoir des arrestations par exemple ?
Le Président Boni Yayi Ecoutez, nous sommes un pays de Droit. Quand nous sommes arrivés, nous avons fait des audits. Nous avons pu identifier certains dossiers qui ne sont pas conformes à l’éthique. Ces dossiers sont en train d’être transmis à la justice.
Nous avons identifié des postes de mal–gouvernance que nous sommes en train de rectifier. Nous sommes en train d’identifier les principaux corrupteurs. D’où est-ce qu’ils tiennent leurs ressources ? Nous sommes en train des les fermer. Mais vous avez parfaitement raison, c’est extrêmement difficile. Sauf lorsqu’il y a de la détermination. Mais le point essentiel : Pourquoi ai-je de l’espoir ? Pourquoi faut-il retenir cela ? Nous venons d’en parler : le poisson. Lorsque le poisson pourrit, il pourrit par la tête. Le corps va où va la tête. J’ai dit à mes compatriotes que le changement commence par moi-même. Je dois constituer l’exemple, la référence. Le jour où ils constateront que j’ai commis un impair, alors je leur donnerai l’autorisation de gagner la rue.
Cela veut dire que si je me comporte bien, il n’y a pas de raison que mon peuple fasse autre chose. Cela me donne de l’espoir et je crois que nous allons pouvoir y arriver.
Ulysse GOSSET Si vous allez jusqu’au bout de cette démarche, est-ce que ce n’est pas dangereux pour vous ? Est ce que d’autres ne vont pas chercher à vous empêcher d’agir ?
Le Président Boni Yayi C’est toujours dangereux. Je vous dis qu’on ne peut pas atteindre l’objectif du développement pour chaque Béninois et chaque Béninoise sans passer par là. Pour moi, c’est la seule voie aujourd’hui qui s’offre à nous et à ce peuple. Mais c’est le peuple qui décide. Le peuple me comprend. Dès lors qu’on arrive à obtenir une cohésion sociale, nationale autour de cette question, nous allons pouvoir y arriver, je crois que l’espoir est permis.
Ulysse GOSSET Monsieur le Président, actuellement, il y a une sorte de tête à tête entre la France et l’Afrique qui dure depuis 1973 avec le 1er sommet inauguré par Georges Pompidou. Est-ce que vous êtes plutôt partisan d’élargir ce tête à tête et d’en sortir ou est-ce qu’il faut préserver cette relation particulière, cette relation d’exception que certains condamnent et d’autres approuvent ?
Quel est votre sentiment à vous ?
Le Président Boni Yayi Je crois que le monde a changé. Comme je viens de le dire, les relations entre la France et l’Afrique ont connu des mutations. Je crois qu’on ne parle plus de pré carré au fur et à mesure.
Donc naturellement la question de l’élargissement pour moi constitue une bonne vision en ce sens que la France seule ne peut pas régler tous nos problèmes, s’en est rendu compte et estime qu’il faut régler cette question, d’abord au niveau de l’Europe, c’est comme cela que j’ai compris la présence de la chancelière allemande qui aujourd’hui assume la Présidence de l’union Européenne et du G8. C’est comme cela que je vois aussi les interpellations de la communauté internationale de la part du Président Chirac.
Ulysse GOSSET Il y a aussi la question de la Chine. Si la France perd un petit peu de son influence, la Chine en gagne beaucoup et ça devient une sorte de parrain de l’Afrique. Et peut-être même un pays qui est entrain de coloniser l’Afrique d’une autre manière. Cela ne vous inquiète pas ?
Le Président Boni Yayi Ce n’est pas sous cette forme qu’il faut interpréter cela. J’ai toujours dit : le Bénin a ouvert son ciel, son sous-sol, ses côtes, ses marchés, ses infrastructures au secteur privé. Dans le monde français, américain, japonais, chinois, et c’est dans ce cadre qu’il faut comprendre aujourd’hui les contacts que nous avons, qui sont des contacts d’affaires que nous avons avec la Chine en particulier.
Je crois, cher ami, que votre question en cache une autre. Vous avez parfaitement raison. Est-ce que ce n’est pas une forme de colonisation ? Nous sommes en train de nous organiser. Comment faire en sorte que la Chine ne vienne pas ramasser nos matières premières uniquement ? C’est-à-dire nous exploiter sans chômage ?
C’est à nous de prendre nos responsabilité s, pour transformer nos matières premières et apporter de la valeur ajoutée, distribuer des revenus, créer des emplois. Nous devons nous organiser et situer alors les points pour lesquels nous devons coopérer avec cette puissance aujourd’hui qui émerge dangereusement. Il faut donc faire comme elle, puisqu’elle travaille, elle a des qualités. Il faut que nous allions dans cette direction.
Si je me résume, je crois qu’il faut comprendre que nous sommes, pays africains, condamnés à mettre en place des stratégies régionales de manière à unifier nos marchés. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. Je crois aujourd’hui que dans le Monde entier, que ce soit l’Europe, les Etats-Unis, tous parlent aujourd’hui de partenariat, d’alliés bénéfiques. Ce n’est pas que les gens viennent nous coloniser, c’est terminé. Mais nous voulons nous comporter en partenaires responsables ; que chacun fasse son travail, que chacun vienne faire des affaires et que chacun puisse gagner. Je crois que c’est ça qui détermine l’équilibre dans le monde.
Le dernier point qu’il faut comprendre ici et tout le monde est d’accord, c’est qu’il ne faut pas continuer de laisser l’Afrique de cette manière. La pauvreté dans laquelle se trouve aujourd’hui ce continent est telle que l’équilibre mondial est menacé. Nous avons coutume de dire lorsque l’on parle des pays les plus pauvres, que cette pauvreté est souvent le terreau de tout ce qui est à l’origine des déséquilibres sociaux. Le terrorisme, la guerre par-ci, l’insécurité par-là. Donc nous sommes tous d’accord. De ce point de vue, nous sommes tous condamnés à asseoir un partenariat avec le continent africain et le reste du monde, de manière à ce que ce partenariat soit bénéfique pour tout le monde.
Ulysse GOSSET Puisque c’est le dernier sommet du quinquennat de Jacques Chirac, vous savez que la France entre en période électorale. Vous avez rencontré Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
Le Président Boni Yayi Tout le monde…
Ulysse GOSSET Ils ont tous les deux envie que les choses changent. Notamment sur l’immigration. On se souvient de la visite de Nicolas Sarkozy au Bénin. Il a été l’objet de contestations, de manifestations.
Le Président Boni Yayi Vous étiez là ?
Ulysse GOSSET Je l’ai vu à la télévision, je l’ai lu dans les journaux. Nicolas Sarkozy a une politique d’immigration choisie. Pensez-vous que c’est une bonne politique ?
Le Président Boni Yayi Il est venu, il m’en a parlé. Je lui ai demandé ce que c’était. Il m’a dit : « Monsieur le Président, vous êtes jeune, je vous aime bien, je veux que nous puissions repartir sur des nouvelles bases ». Je lui ai dit « je suis d’accord ; mais expliquez-moi ce qu’est l’immigration choisie ».
Ecoutez, moi je vous demande une chose, si vous me demandez de prendre mes responsabilité s, je les ai déjà prises. Mais ce que je vous demande, c’est de nous aider à faire en sorte qu’il y ait un équilibre dans la gouvernance des affaires de ce monde. C’est à dire que le travail de mon peuple soit mieux valorisé. Nous sommes un peuple de cotonniers ; deux béninois sur trois comme il en est de même au Burkinabé, les maliens, les nigériens etc. vivent de cette filière. Il faut faire en sorte que nos productions soient mieux valorisées. Une fois que nous aurons tiré les ressources à la mesure du fruit de notre travail, nous pourrons retenir la jeunesse sur place.
Je considère que le candidat Nicolas Sarkozy, la candidate Ségolène Royal et les autres candidats sont en train de se battre pour un meilleur équilibre mondial. Dans cette direction, nous les soutiendrons tous.
Tous nous nous comprendrons bien sur la nécessité à bâtir un monde équilibré. Sur la nécessité de revoir la gouvernance mondiale pour le bien-être et l’amitié de nos peuples. Le continent africain n’est pas n’importe quel continent. Il est encore riche, il est vierge, il est plein d
