18 novembre 2010

Ken Saro-Wiwa,

 

 

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17 novembre 2010

Les élites africaines face à leurs responsabilités

Je vous donne à lire  l'échange que j'ai eu avec mon très cher ami et grand homme Katata à propos de l'intellectuel congolais disons le africain.

Je suis en train de préparer la sortie d'un livre sur ce thème.

J'estime donc qu'il est normal pour moi de vous faire partager cette préoccupation. Mon souhait est que vous réagissez à ce texte de mon très cher Katata.

04 janvier 2010

Sur la responsabilité des élites africaines sur leur gestion du pouvoir et l´avenir des leurs

Bonne année à tous nos lecteurs ! Que cette année vous apportent à tous ce que vous attendez d´elle; à tous nous souhaitons santé, réussite, bonheur. Forum Réalisance.  

Commentaire sur facebook sur l´identité congolaise en question. Discussion initiée par Berry Muekatone. 

Quand l´élite est retardataire ou incapable, les conséquences sont toujours douloureuses pour l´avenir du peuple.

Cher ami et compatriote Frank Assimbo, voyez-vous, quand l´identité d´un peuple n´arrive pas à se sortir de la problématique existentielle posée par l´antagonisme intérieur (il s´agit ici d´émancipation face aux facteurs négatifs de son histoire, à la connaissance, à la technique, à l´économie et ses impératifs) et extérieur (je pense ici à l´esclavage, à la colonisation ou à l´exploitation économique rapace et partiale) ou à réaliser après l´indépendance sur le territoire national d´un système de valeurs économiques, techniques, scientifiques et sociales permettant un développement plus volontaire et harmonieux du pays, qui donc est le responsable de cette stagnation ou de ce débâcle sinon l´élite du pouvoir et ses conseillers intellectuels ? C´est le pouvoir qui décide des normes d´éducation, de formation professionnelles, de normes administratives…qui avec une politique fiscale appropriée, finance et dirige les investissements publics et privés les plus importants pour le meilleur développement de sa communauté ! Et c´est dans sa compétence, son haut niveau éthique et son sens de responsabilité que dépend l´avenir du travail, celui de la production et celui de la paix sociale...et bien sûr du niveau de bien-être de ses citoyens et de sa société.

Il ne faut pas faire comme tous les africains qui croient tous qu´ils sont des facteurs déterminants du développement africain tout en agissant chaotiquement de part et autre sans savoir où ils vont et quelles sont réellement les objectifs prioritaires et ceux qui ne le sont pas ! L´organisation et la gestion de société est un devoir ardu qu´on ne peut pas laisser dans n´importe quelles mains, sinon les conséquences immédiates et futures seront incroyablement douloureuses pour plusieurs générations innocentes, il faut bien le dire. Si aujourd´hui toutes les cultures verbales ne se sont pas aussi développées que les cultures de civilisation écrite, ce n´est pas du pur hasard...la connaissance, l´effort intellectuel et pratique et la discussion qu´elle implique émancipent l´intelligence sociale et individuelle. Il n´y a que ceux qui ont eu la chance de s´instruire qui peuvent mieux comprendre la complexité et l´urgence de certaines options et prérogatives. Ceci dit, quel est en fait l´obligation de l´intellectuel dans la société sinon veiller à ce que les choses marchent bien et mieux pour une meilleure réalisation de la société et des individus ? Parce qu´en fait sinon l´intellectuel lui-même ne sait pas se réaliser sans perfection et perfectionnement !

En Afrique on a la curieuse hérésie que les intellectuels se réalisent non en donnant l´emploi aux leurs, non en les instruisant aux professions utiles et nécessaires pour le bon développement de la société et de son avenir ou en finançant des projets fructueux et utiles ; non, ils se réalisent en ce qu´ils vendent les minerais, les droits de pêche, le déboisement sauvage de nos forêts aux étrangers. Et si ces revenus étaient au moins réinvestis dans l´avenir du peuple...non, non, ils servaient à enrichir des particuliers bureaucrates ou ces revenus repartaient vers l´occident en contrepartie de bibelots de consommation étrangère. En clair nous financions l´avenir de ceux qui, plus tard, venaient entretenir la rébellion chez nous ou détruire notre agriculture et nos élevages en nous envahissant encore plus avec leurs excédents industriels ! Ne me dites pas que le simple paysan congolais peut comprendre cette équation difficile, l´intellectuel cependant bien; le pouvoir encore mieux parce que c´est son devoir de veiller au bien-être des siens. Et si cela ne se fait pas, faut-il l´acclamer et le glorifier ? Dites donc, ce sont nos femmes et nos enfants qui désespèrent sans avenir et sans bien-être légitime ; somme-nous aussi aveugles ou irresponsables ? Le pouvoir, il a ses obligations et son contenu ; on n´y va pas pour des carottes ou simplement pour y vendre du vent frais !

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu" 

 

Forum Réalisance

 

Commentaires

L'intellectuel africain n'existe pas encore

Merci Katata de relancer le debat sur l'intellectuel, c'est sur ça que nous devons instruire toutes nos intelligences. Car comme tu as su le dire l'intellectuel africain n'existe pas au sens de Sartre.

En Afrique les quelques instruits aux langues occidentales qui se prétendent intellectuels font exactement ce que l'on attend d'eux : la soumission.

Ce programme a été bien formaté dans leurs têtes, ces derniers ont reçu l'instruction pour perpetuer le système liberticide de spoliation mis en place par le capitalisme.
Pour ma part debattre sur l'intellectuel africain s'est se tromper de debat car il n'existe point. Oui l'intellectuel c'est celui qui ne vit que pour perpetuer la vie, c'est celui qui sait et transmet, c'est celui qui ne triche pas avec la vérité. Or nous tous savons ce qu'est la vérité de la situation africaine.
Dans notre cas il nous faut débattre des conditions d'avènement de l'intellectuel. 
Comment faire naître, dans le contexte totalement hostile et d'absence d'organisation de la société (ETAT) et de la chose publique (RES PUBLICA ), l'intellectuel congolais ou africain, qui en s'assocciant avec les autres de sa catégorie formera une élite? C'est la question première de tout ce que vous venez de dire à propos de l'intellectuel.
C'est dans ce sens en 1995 que j'avais soutenu dans mon livre "la nouvelle utopie africaine" aux éditions Bajag-Meri la nécessité de fonder un véritable Etat africain et d'inventer une élite.

Posté par Le pangolin, 05 janvier 2010 à 11:33

Les intellectuels africains existent...seulement, ils sont méprisés, opprimés ou exclus du pouvoir de nos sociétés !

Telle est la vérité, parce que je considère que je suis un intellectuel comme Berry Muekatone, comme toi, Mouélé Et tant d´autres encore Jean Pierre Kaya, Samir Amin etc, Bwemba Bong etc.

Notre drame c´est de nous buter aux murs de société issue de traditions verbales où la logique et la rationalité n´a pas été compilée, contrôlée, discutée et jugée dans sa consistance et ses contenus. Puis vint la colonisation et celle-ci imposa ses normes et son sens de l´histoire...même à la colonisation nous n´avons pas compris qu´il était temps de changer de norme et d´orientation économique, politique et culturel pour retrouver nos identités en puzzle éparpillés dans le temps par de longs siècles d´assujettissement. Pire, il y a même des africains qui ont aidé les occidentaux á assassiner nos élites averties à cette époque ou à les emprisonner pour empêcher tout courant réel de liberté et de souveraineté africaine. C´est l´histoire de l´assassinat de patrice Lumumba, de Ruben Um Niobé, d´Amilcar Cabral, celui de l´emprisonnement de Nelson Mandela. Même aux Etats-Unis il y a eu les assassinats de Martin Luther King et de Malcolm X. Ce courant a été très systématisé, érodant et destructeur des plantes fraîches de renouvellement de l´identité culturelle de la race noire dans le monde entier ! Chose bien curieuse pour des gens qui prétendaient, tout en nous opprimant, nous offrir la liberté !

Le principe aujourd´hui, et pour être réaliste dans la bonne tradition intellectuelle du réalisme sociohistorique, nous devons reconnaître que seuls ceux qui s´imposent savent changer ou influencer le sens de l´histoire. En Afrique et grâce à la francafrique, au néocolonialisme et à ses tribulations castrant politiquement et intellectuellement les africains, on a hélas pris l´habitude d´élire ceux que l´occident soutenait, et c´est dire les idiots et les corrompus aliénés à l´occident plutôt que de se choisir ceux qui résoudraient au mieux les problèmes des leurs. Tout cela tenait tant que l´occident avait la main partout: qu´ils dominait le monde militairement, techniquement et par l´ordre et le système économique et monétaire international. Personne n´était prêts à penser autrement, á voir les choses avec d´autres yeux. Le système ne le permettait pas; l´écroulement du communisme qui avait fait quelque résistance à la dictature capitaliste occidentale a fait sombrer l´Afrique dans un nouveau désemparement parce qu´alors le capitalisme occidental rapace s´exerça de plus en plus sauvagement et sans vergogne. 

Mais maintenant que le vent a tourné, que le système capitaliste occidental hégémonique et de démocratie d´apparence est arrivé á épuisement de substance sous ses abus et son manque d´à propos car on ne peut pas, quand on surproduit, appauvrir sciemment ses futurs clients; sommes-nous capables, dans la complexité des défis économiques, culturels, écologiques qui touchent actuellement le monde entier et particulièrement nos pays sous développés, à même de faire diligence et de mettre nos pays sur la bonne voie ? De leur rendre autant leurs espoir que leurs identités et l´espérance d´un avenir qu´ils peuvent gagner par eux-mêmes librement et souverainement sans être les animaux ou les bêtes de somme des industries étrangères et leur capitalisme appauvrissant ?

Combien parmi nous ont réellement compris le message réel que contient la crise économique actuelle ? Très peu dirai-je. L´économie a toujours été, comme l´organisation sociale, le talon d´Achille des africains. Actuellement toutes les erreurs et les abus commis par le dirigisme occidental nous tombent sur la tête; c´est une question de temps que l´occident elle-même se rende compte qu´elle doit cesser de mener les gens en bateau car elle se suicide elle-même à la longue. Et plus que jamais l´intelligence africaine sera requise pour réparer les dégâts volontaires faits aux cultures africaines...par les africains eux-mêmes ou par les étrangers. Plus que jamais la créativité et l´imaginaire des africains seront tenu de montrer ce dont ils sont capables et cela...rapidement, sinon l´érosion économique en Afrique prendra des proportions insupportables. Croire á l´aide comme on l´a si bêtement fait par le passé en dormant sur ses oreilles...cela ne prend plus. Il maintenant changer les choses et ouvrir le continent africain á un réel avenir de liberté, de productivité et d´indépendance économique et financière réelle. Parce que ce n´est qu´ainsi que ce continent arrivera à soigner son identité et se nantir de moyens économiques et financiers nécessaires à son épanouissement. Mais pour cela, on doit cesser de diaboliser la créativité et les intellectuels réellement doués parce que l´Afrique en a et en aura un besoin urgent. 

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
FR

Posté par Musengeshi Kat, 05 janvier 2010 à 13:15

A mon sens les africains sous estiment leur situation réelle...et ils s´emballent dans des illusions ou le m´as-tu vu...

...pour cacher qu´ils ne comprennent rien à rien. L´ignorance ou le mensonge éhonté n´ont jamais conduit à une quelconque réalité satisfaisante. Le manque de franchise qu´on voit en Afrique est un douteux mélange d´ignorance, d´irréalisme, de fausse pudeur et des reliques d´une culture qui avait omis de cultiver l´art de chercher la vérité objective et s´était enfermée dans une dangereuse culture où l´émotion et la subjectivité faisaient autorité. 

Aujourd´hui il faut réparer tout cela, donner à tout le monde des normes objectives d´appréciation, de prestation et de jugement. A l´indépendance on aurait dû immédiatement commencer avec cela et réhabiliter rapidement la culture et l´identité culturelle des indépendants. Or, qu´a-t-on fait ? On a adopté la logique et les préceptes sociohistoriques du maître. On vécut sur la tête pendant que le maître lui dictait ses impératifs. Changer aujourd´hui est devenu un tour de force, tant des générations et des générations n´ont pas appris à se demander: qui sommes-nous, où allons-nous, comment devons-nous faire pour nous épanouir et quelles sont les facteurs contextuels sur lesquels nous devons nous appuyer !

Peut-être aurons-nous l´occasion d´en parler...mais construire des villes sans canalisations ou des toits de maisons en tôles ondulées en étain alors qu´on pouvait déjà y employer des capteurs solaires...etc, tout cela prouvait que les sociétés africaines étaient restées enfermées dans une logique urbaniste dépassée ! Puis élire des politiciens à leurs têtes qui ne pétaient pas le feu intellectuellement...même pas dans l´honnêteté ou l´organisation politique et économique de la cité ! Venir pleurer plus tard qu´on est mal géré ne sert absolument à rien...

Ce problème est d´une acuité particulière parce que rares sont les sociétés qui développent en elle-même une critique assez objective que pour corriger les erreurs systémiques faites par ses dirigeants petits esprits. On le voit avec cette crise économique: l´occident a eu beau se vanter de son progressisme, aucun de ses économiste n´a relevé l´arrivée de cette crise actuelle dont la violence est exceptionnelle. Et pourtant, depuis 20 ans tous les signes était visibles qu´on trompait les apparences avec de faux crédits et de fausses incitations à la consommation. Il a fallu les abus de titrisations américaines sur le marché immobilier pour que la bulle qu´on s´était construite s´écrase avec fracas. Et puis l´histoire écologique aussi prouvait qu´on fermait bien les yeux en occident...quitte à empoisonner et assassiner discrètement des innocents ! Et bien de pauvres de la terre...

Et maintenant, que faire en Afrique ? Voilà la question du jour. Les gens doivent bien cesser de jouer les sous fifres, les illusionnistes de la foi et de la mendicité...Et si réellement on voulait en Afrique une renaissance réelle des cultures africaines, c´est plus que jamais le moment de briller par la créativité et l´intelligence productive...plutôt que par des prétextes religieux ou ancestraux douteux ou une aliénation à l´occident qui ne menait nulle part sinon à la dépendance et á l´exploitation appauvrissante ! Faut faire preuve d´intelligence réelle...d´organisation politique, économique, énergétique, stratégique...les faux intellectuels actuels en sont-ils capables ? Ils croient tous avoir le temps, mais ils n´en ont pas du tout...faut briller ou se déclarer soi-même incapable; l´heure des oeufs de pigeon est terminée ! La chine a prouvé que se développer n´est pas une question idéologique, mais bien de volonté et d´organisation économique et politique tactique autour d´une volonté sociale bien consciente de ses prérogatives. L´Afrique, en dehors de l´Afrique du Sud où les blancs faisaient la stratégie économique, serait-elle elle aussi capable de tels résultats ? Il est temps de commencer à le montrer…le chemin est bien long qui mène au succès, et pavé de beaucoup d´ennemis rapaces et bien sournois, ne l´oublions pas.

Shaka Bantou, j´ai dit !
Forum Réalisance

Posté par Shaka Bantou, 05 janvier 2010 à 19:34

Au sens de la philosophie de l'EXISTENTIALISME, il n'existe pas d'intellectuels en Afrique

Je vais éviter de faire de ce dialogue, un débat sémantique. 

Mon cher Katata si tu m'as bien lu, tu auras compris que je suis d'accord avec ce que tu écris depuis toujours et que compris aussi que j'emploie le terme EXISTENCE dans le sens que Sartre a conceptualisé.

Et surtout je voulais apporter à ton argumentaire la nuance, comme quand tu parles de castration des fameux intellectuels, je prefere plutôt avancer la notion d'existence. L'intellectuel c'est celui qui existe par sa production et sa façon de faire pour la société.

Ce n'est pas le cas en Afrique, c'est ce qui explique par exemple qu'il n'y aurait pas d'élite médicale ou industrielle dans nos villes et campagnes africaines quand dans le même temps on dénombre partout dans le monde des Congolais chercheurs dans les universités et centre de recherche médicale américains ou européens et bientôt asiatiques? C'est à ce niveau que j'affirme qu'il n'existe pas, je ne nie pas l'existence des intelligences mais tout cela manque de sens existentiel et d'objectifs sociétaux.

Alors si nous écrivons et manipulons quelques concepts et notions on ne peut pas se targuer d'intellectuel, pour ma part nous n'existons pas car, nos écrits ne concernent qu'une infime partie du milliard d'Africains que nous sommes sur la planète. 

Et puis comme tu as su bien le dire, les actuels instruits qui se prétendent intellectuels ont choisi le mensonge à l'opposé du vrai intellectuel, celui qui est au service de sa société. 

Si sur des millions il y a eu à peine quelque poignées de gens d'intelligence comme Mabika Kalanda, Cheick Anta Diop et tous ceux que tu as cité on peut pas dire que l'Afrique possederait de vrais intellectuels de façon stricto sensus du mot? Pour il nous faut accepter que pour l'heure que l'Afrique ne possède pas d'intellectuels mais plutôt quelques intelligences dispersées par ici par là, les raisons de cette situation sont multiples mais les plus graves vous les avez su évoquer. Alors si des Africains instruits se prétendent intellectuels ces derniers n'existent pas au SENS SARTRIEN. 

Ils doivent s'engager pour exister, c'est à ce niveau là que le débat devient interessant, quel sens donner à son intelligence, le mettre au service de la société ou bien de soi-même?


Deuxième point important c'est l'absence de toute organisation des gens d'intelligences pour atteindre des objectifs clairs pour la société que l'on peut aisément affirmer qu'il n'y a point d'élite dans aucun pays d'Afrique subsaharienne.

Il ne faut pas que nous nous laissons berner par l'Occident qui pour cacher sa stratégie nous fait croire qu'il y a des élites en Afrique, comme qu'il y a des Etats, des armées et des économies. 

Tout n'est que mensonge. 

Et nous autres qui manipulons les concepts et notions apprises en Afrique ou en Occident ne nous embarquons pas dans des schémas d'opposition. 

L'homme est unique donc appliquons-nous de façon rigoureuse les grilles de lecture et d'opération qui ont fait des preuves en d'autres continents.

Posté par Le Pangolin, 06 janvier 2010 à 15:47

Exister, c´est produire, organiser et gérer librement et souverainement sa vie et son avenir...

Les problème des intellectuels africains est que pour exister, ils sont contraints à user des instruments et de moyens étrangers...ou s´y laissent entraîner, or, on doit logiquement se demander: si les étrangers n´existaient pas, que serons-nous; quel serait notre sens du progrès et celui de la réalisation sensible ? Ce problème, comme tu l´as si bien vu ami Mouélé, est si évident qu´il permet de dire qu´en réalité l´intellectuel n´existait pas et qu´il n´y avait que des instruits épars et désaccordés du sens existentialiste véritable. Toutes les nations industrialisées ou même la Chine et l´Inde qui s´ouvrent le chemin de l´industrialisation aujourd´hui produisent leurs propres moyens et instruments de subsistance ! Les africains sont encore au stade où leurs esprits embués croient encore qu´on peut aller á la chasse avec le fusil du voisin...ce qui est d´une flagrante absurdité. Ce qui prouve, comme tu le disait, que le véritable intellectuel fait défaut ou réfléchit avec ses pieds plutôt qu´avec sa tête.

En vérité, et à mon sens, et c´est même pour cela que j´avais parlé de castration au sens intellectuel et réaliste, le mal africain est tout simplement économique d´une part et de l´autre, il est du manque rationnel de véritable pensée dialectique d´organisation. L´un prend conscience des besoins et des nécessités de produire, l´autre parfait l´art logistique des aspirations, des besoins et nécessités individuelles et sociales dans leur aptitude à servir la nation et le bien-être de tout un chacun. 

Je viens d´une discussion intéressante sur Cuba dont l´économie et la société sont dans un état délabré et atrocement pauvre quand on pense à tout ce que le socialisme dans ce pays avait promis et chanté ! Or, j´ai fait remarqué à un confrère que ce n´est pas le communisme qui était fautif car la Chine se développait et avait un niveau de vie et de développement qui était appréciable malgré son communisme. Ce qui prouve, entre autre, que le développement n´a rien à voir avec la religion ou une quelconque idéologie politique. Le problème cubain, comme dans tout pays où les gens se cachent derrière des prétextes ou des paravents politiques, religieux en oubliant de mettre sur pied une idéologie sociale d´excellence, d´effort à mieux produire, mieux créer, mieux organiser l´existence afin de mieux en jouir, les gens se retrouvent toujours un jour pauvre et désabusés. 

Il est bien trop facile d´expliquer les choses avec le simple existentialisme de Sartre; à mon sens les choses, d´un pays à un autre, sont différents quoique, malgré tout, la finalité humaine soit la même: celle de vouloir être ou vivre heureux et accompli. Et là, il faut employer et fermenter l´intelligence la plus capable á réaliser cela; si on se contente, comme on le fait bêtement en Afrique, d´aimer l´ignorance et d´élire des idiots pour gérer l´avenir des états...il ne faut pas s´étonner si les décisions qu´ils prennent ou leur vision des choses soient plutôt désastreuse et de court éclat, que développant et épanouissant ! On est tout de même au 21ième siècle, pardieu ; et la pression économique et commerciale extérieure grandit de jour en jour. Quand les matières premières que nous vendons à l´emporte pièces seront terminées ; de quoi vivrons-nous et avec quelles matières premières nous développerons-nous donc ? Est-ce á ce moment là que nous allons commencer á vouloir nous doter de technologie ? Que nous avait donc appris la conférence sur l´écologie qui s´est tenue à Copenhague sinon qu´on nous assassinait discrètement et non moins sûrement dans l´avenir mais que les pays fautifs n´étaient pas du tout assez honnêtes pour réparer financièrement les préjudices qu´ils nous affligeaient. Allons-nous continuer á croire au père Noël, à consommer leurs produits nocifs tout en sachant qu´avec leurs profits leurs producteurs devenaient si puissants et influents qu´ils se refusaient à respecter nos droits au développement, notre intégrité économique et même notre droit à un sain environnement. 

A qui la faute si le pouvoir politique en Afrique pense mal et si nos instruits n´arrivent pas à se sortir du subconscient traditionaliste ou attardés du passé ? C´est à nous-mêmes qu´il faut faire des reproches car ces esprits ouverts et créatifs tant espérés que nous attendions d´eux, c´est nous qui devions les promouvoir et leur donner les moyens et les instruments avec lesquels ils devraient résoudre au mieux nos problèmes. Mais si nous ne leur donnons ni emploi, ni revenu et encore moins le contexte adéquat pour qu´ils produisent, améliorent et nous créent de meilleurs moyens et conditions de développement...oui, si en lieu de nous soucier de ceux qui doivent produire, nous abondions la société de parasites bureaucrates coûteux et ruineux á loisir. Ces intellectuels exaspérés et déçus vont à l´étranger et démontrent par-là que nous les avons sous estimé et injustement interdit à servir leurs. Parce qu´en important les produits étrangers, en ne soutenant pas avec une politique fiscale adéquate la petite et moyenne entreprise de spécialistes instruits et formés en Afrique, ou en permettant que les occidentaux et mêmes les chinois actuellement nous allègent de nos accumulations économiques plutôt que de les investir chez nous en créant l´emploi et la productivité...en fait nous nous assassinons nous-mêmes ! Et bien bêtement ! Et remplacer cette logique et ces efforts économiques individuels et émancipant par l´aide étrangère et la mendicité internationale n´aggrave que cruellement le problème parce qu´il déresponsalise et rend quasiment vagabond sur sa propre vie, son propre avenir. 

Le problème que nous débattons ici est bien complexe, certes, mais il est fondamental et caractéristique à la fierté, à la définition et à la valeur même de toute intelligentsia sociale. J´ai si souvent évoqué l´exemple d´Haïti que je me demande si le monde entier, à la fin, ne doit pas le connaître ! Mais sais-tu que des gens m´apostrophent encore pour me demander ce que cet exemple signifiait exactement...la grande maladie de la race noire: on ne lit pas, on ne se donne pas la peine de s´instruire plus profondément ou s´interroger sur certaines choses qui se sont passées hier ou qui se déroulent encore devant nos yeux. Souvent, quand on a compris le fonde des choses, certains phénomènes se répètent indéfiniment avec des formes différentes ou couvertes de miel ou de fausseté...mais ce sont immanquablement les mêmes maux qu´hier ! Celui qui s´est refusé à comprendre la vérité et le fond des choses hier a toujours difficile à briller et exceller demain. Pour nos intellectuels, c´est la même choses. On ne devient producteur qu´en produisant, pas en se gonflant dans l´emploi des produits importés ! rien á faire, les africains vivaient à la renverse tout simplement. Cela doit changer et vite, sinon nous allons tout simplement á des catastrophes sociales incroyables. 

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
FR

Posté par Musengeshi Kat, 06 janvier 2010 à 20:01

 

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15 novembre 2010

La victoire annoncée du Pr. Alpha Condé: Le candidat de l'Alliance Arc-En-Ciel remporte le second tour de la présidentielle du 0

La victoire annoncée du Pr. Alpha Condé: Le candidat de l'Alliance Arc-En-Ciel remporte le second tour de la présidentielle du 07 novembre avec 52%



Il vient de loin. Très loin. Après cinquante ans d'opposition, de combat politique sans relâche, le Pr. Alpha Condé accède enfin à la magistrature suprême de son pays la Guinée en remportant le second tour de la présidentielle du 07 novembre avec 52% contre 48% pour son rival Cellou Dalein Diallo. 


Le leader du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) qui devient ainsi le premier Président de la troisième République de Guinée, n'a jamais, non pas pour avoir été sollicité, courtisé mais par principe étant homme de rigueur, attaché à la transparence, à la justice sociale, à la bonne gouvernance..., pris part à la gestion calamiteuse de la deuxième République dont l'un des principaux comptables s'appelle Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux de la présidentielle du 07 novembre.

Homme de rassemblement comme l'indique l'appellation de son parti le Rassemblement du Peuple Guinée (RPG), le Pr. Alpha Condé a montré son sens élevé pour l'unité nationale en mobilisant la plus importante et la plus large alliance politique de ces dernières décennies dans le pays. 

La troisième République qu'il s'apprête à présider et à conduire sera fondée sur la réconciliation, la consolidation de l'unité nationale, la préservation de la paix, le renforcement de la solidarité pour qu'ensemble les filles et fils de Guinée relèvent les défis réels (pauvreté, chômage, insécurité, impunité...) qui minent le pays. 

Le Président Alpha Condé n'est pas un revanchard. C'est un homme d'état. Il n'est pas un ethnocentriste, mais un nationaliste. Il n'est pas non plus un régionaliste, mais un rassembleur. L'alliance Arc-En-Ciel qui l'a soutenu au second tour renfermant les filles et fils des quatre régions naturelles de la Guinée en est une preuve éloquente. 

Martyr vivant de la politique guinéenne, comme Nelson Mandela, le Président Alpha Condé a subi pendant un demi siècle les affres, les torts, qu'aucun homme politique de son époque n'a vécu. Mais comme le père de l'Afrique du sud moderne, le nouveau Président de la troisième République de Guinée prône urbi orbi la paix, le pardon, la cohésion sociale, l'unité nationale... 

Connu pour son franc-parler, le Président Alpha Condé est un homme de rigueur qui attache du prix au travail bien accompli, au devoir citoyen, au developpement de la Guinée pour le bonheur, la prospérité, le rayonnement de laquelle il a tout sacrifié depuis des décennies. 

Cette nouvelle ère démocratique qui s'annonce pour la Guinée est porteuse d'espérances et de renouveau. 

GUINEE24 

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13 novembre 2010

Peut-on réduire les taux directeurs en Afrique ?

 

Peut-on réduire les taux directeurs en Afrique ?

Pour réagir à chaud (sans mes chiffres ) à la question posée par Paul-Harry AITHNARD « Peut-on réduire le coût du crédit en Afrique » dans un post que j’ai reçu dans ma boite mail. Vous pouvez le lire à la fin de ce texte.

 Suite selon lui « La baisse des taux d’intérêt, orchestrée par différentes Banques centrales africaines, a jusque-là peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi. »

 Ensuite il fait une bonne analyse de la situation pour déboucher sur plusieurs pistes de solutions.

En partie je suis d’accord avec la plupart des conclusions et propositions, mais je ne puis m’empêcher de réagir, dans le but d’essayer d’amplifier le débat.  

 

 La première démarche consisterait à regarder ce qu'est l'ingénierie financière en Afrique et surtout poser la question de l'indépendance des monnaies africaines. 

L'objet de ma réaction se focalisera sur les taux, je reviendrais plus tard sur les deux préalables cités ci-haut dans d'autres posts.

 Donc je vais commencer pour reposer autrement le problème par comparer les taux directeurs des autres continents, avec ceux de l'Afrique car mondialisation ou globalisation oblige.

 

Ceux des USA est proche de zéro, en Europe ils tournent aux alentours de 1%. Dans ces pays ils sont le fait de l'interventionnisme d'Etat.

Quand les taux directeurs baissent aux USA, les Chinois qui détiennent les six plus grandes banques mondiales, font pareille. Si bien que l'on parle à l'occasion du sommet du G20 qui s'est tenu à Séoul en Corée du Sud de guerres de monnaie.

Pour revenir donc sur les taux directeurs, vous avez raison de souligner que ces derniers sont prohibitifs.

Quelle est la cause de ces taux prohibitifs? 

Nous retiendrons deux causes essentielles en dehors de l'instabilité de l'environnement politique chronique de la plupart des pays d'Afrique, on va noter le manque de concurrence que vous l'avez bien souligné ainsi que la sous-bancarisation du continent

 A ces causes qui sont à la fois structurelles mais qui peuvent devenir conjoncturelles il faut ajouter la cause originelle.

Celle qui  est faite à dessein pour obliger les africains à emprunter sur le marché mondial de l'argent.

C'est ce qui explique que les ménages africains sont exclus du circuit bancaire du fait de la faible bancarisation de l'Afrique. Effectivement vous avez raison il y a peu de concurrence, mais cela ne suffit pas pour expliquer cette situation. 

Le problème du taux révèle en substance la structure même de l'économie africaine, une économie extravertie. 

Les banques qui sont en Afrique ne servent que de relais pour récupérer le peu d'argent que le circuit de la dette, des recettes des importations des biens occidentaux et des IDE (en juillet 2010, selon le site d’information sur internet marchés tropicaux, « la Cnuced a annoncé des prévisions optimistes : des IDE qui devraient dépasser les $ 1.200 milliards en 2010, après $ 1.114 milliards en 2009.) font circuler dans les pays d'Afrique avant leur retour au point d'origine que sont les banques occidentales et asiatiques.

La possibilité de la réduction du coût de crédit dépend de la masse d'argent que les pays africains voudront bien injecter dans les économies. Recemment on a vu la Reserve fédérale américaine  injecter près de 600 000 milliards de dollars dans l'économie en rachetant des bons des trésors, cela pour soutenir l'investissement des entreprises et l'économie.

Or il se trouve que l'essentiel des IDE va dans l'industrie minière (pétrole, or, diamant, cobalt, coltran, cuivre, fer manganèse, etc....), dans l'achat des terres pour l'agriculture industrielle et donc très peu de ces centaines de milliards de dollars vont vers les ménages.

L'Afrique malgré le potentiel démographique se trouve avec des ménages qui sont sous-capitalisés.

Pour qu'il y ait réduction de taux il faut qu'il y ait de l'argent en abondance sur le marché c'est la loi de l'offre et de la demande.

Les réductions des taux d'intérêt qui viennent de s’opérer en Afrique résultent plus d'un ajustement technique en effet les zones monétaires africaines sont en surliquidités. Elles ne savent plus quoi en faire, d'où ces baisses. 

Or si les pays africains étaient bancarisés, l’état civil fiable, les postes fonctionnaient, le cadastre et les services municipaux et ruraux fonctionnaient.

Ils pouvaient avec ses surliquidités, financer d'un côté la consommation des ménages en bien d'équipement (, maison, produits de soins de santé, alimentation, habillement , télévisions, Hi-fi, camera, assiettes, marmites, couverts, meubles, électroménagers, ordinateurs, téléphones, voitures)  et de l'autre le développement des artisans ( outillages, petits chalutiers de pêches), les agriculteurs (motoculteurs, motopompes, achat des semences, des plants, des engrais, construction des fermes, ) les éleveurs (achat des bêtes) des petites et moyennes entreprises,(Pme)  et petites et moyennes (Pmi) pour les machines de productions (comme par exemple des conserveries de petites tailles, des ateliers de couture, de fabrication des meubles tout cela du fait de la capacité de solvabilité des ménages. Ce qui n'est pas le cas actuellement.

Le fait qu'il y ait un chômage , un non-emploi chronique et beaucoup d'instabilité dans ces pays, les banques se couvrent sur les quelques crédits qu'elles octroient. Elles privilégient aussi des gros contrats pour ne pas avoir à gérer des situations de non solvabilité, de fuite des clients (l'état civil et la justice sont défaillantes). Elles prêtent donc aux mêmes et à l'Etat (qui ne peut être en faillite et que l'on peut poursuivre en justice auprès des cours internationales.

Et puis elles sont obligés car toutes les places financières mondiales ont réajuster leurs monnaies depuis la crise et aussi pour faire face aux dévaluations compétitives de la monnaie chinoise par rapport au dollar et à l'euro. On sait que la plupart des monnaies africaines sont arrimées aux monnaies occidentales (le franc cfa à l'euro, tout comme le franc congolais, les monnaies de la zone anglophone le sont aussi) du fait de l'héritage colonial et de la faiblesse des économie industrielle et financière.

Les produits africains s’échangent dur le marché mondial à partir du dollar ce n'est pas le cas chinois ou indien.

Ce qui fait que les quelques miettes récoltées des produits d'exportations ne sont pas du tout injectées dans le circuit interne des économies africaines.

Cet argent se déprécient souvent, c'est la cause principale de l'inflation dans ces pays. Trop d'argent dort dans les banques occidentales et africaines en dépôt, mais pas en investissement.

C'est la structure qu'il faut changer avant de penser aux taux de crédit car ceux-ci seront toujours soumis aux lois du marché (offre-demande) et à des orientations des politiques monétaires.

 Mouélé Kibaya.

 

IDE : Investissements Directs étrangers

Ces investissements bénéficient souvent aux pays miniers (Nigéria, Algérie, Angola, Soudan)

Déjà en  selon un rapport de La cnuced publié En 2007, les IDE en Afrique sont restés concentrés sur le plan géographique : les dix principaux pays de destination (Nigeria, Egypte, Afrique du Sud, Maroc, Libye, Soudan, Guinée équatoriale, Algérie, Tunisie, Madagascar) ont absorbé à eux seuls 82% du total, et neuf pays ont enregistré des IDE d’un montant supérieur ou égal à un milliard de dollars, montre le rapport, selon lequel l’Afrique du Nord a attiré 42% des IDE dans la région, et l’Afrique subsaharienne 58%. 

Et en Afrique subsaharienne elle vont essentiellement dans le Golf de guinée (à cause du pétrole du gaz et du bois) et beaucoup de ces pays reçoivent moins d’un milliard de dollars soit l’équivalent de 1 371 200 000 d’euros équivalent à 89 813 600 000 de francs cfa en moyenne.

 

 

Peut-on réduire le coût du crédit en Afrique

Par Paul-Harry AITHNARD 

La baisse des taux d’intérêt, orchestrée par différentes Banques centrales africaines, a jusque-là peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi. 

Analyse 

Le 16 juin 2009, la BCEAO a réduit son taux directeur de 4,75% à 4,25%. Le 26 juillet 2010, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) annonçait à son tour une baisse de son taux directeur de 25 points de base à 4%.

Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de baisse des taux observée sur toute l’Afrique subsaharienne, depuis 2009. La Banque centrale du Kenya a baissé ses taux d’intérêt à six reprises depuis 2009, pour atteindre aujourd’hui 6%. La Banque centrale du Ghana a réduit de manière continue depuis deux ans ses taux de 18,5% à 13,5%. Pour la première fois en trois ans, la Banque centrale du Malawi a abaissé son taux directeur de 15% à 13%. Même scénario pour la Banque centrale du Congo, qui a réduit pour la cinquième fois son taux principal, le faisant passer de 29,5% à 22%.

Malgré ces initiatives, force est de constater qu’elles ont eu peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi.

Coût dissuasif

Les établissements financiers en Afrique subsaharienne ont du mal à répercuter dans leurs pratiques de crédit les cycles de baisse de taux engagés par les Banques centrales. Tous les rapports, tels celui de la Banque mondiale de 2008 sur le financement des PME en Afrique, confirment le coût prohibitif du crédit.

La marge entre le taux d’intérêt sur les dépôts et celui sur les prêts n’a paradoxalement cessé de croître depuis les années 80, alors que les conditions économiques se sont significativement améliorées.

Entre 1980 et 1984, cette marge était en moyenne de 5,2%. Entre 2000 et 2003, cette marge a bondi à 11,8% en moyenne dans les pays d’Afrique. Ces marges reflètent le coût dissuasif du crédit et se traduisent dans le montant des crédits accordés par les établissements financiers.

Les crédits bancaires accordés au secteur privé, en pourcentage du PIB, sont estimés en Afrique subsaharienne à uniquement 15,1% dans la période 2000-2004. Fait troublant mais évocateur, ce chiffre n’a pas évolué depuis 1983-1987 (15,6%).

Raisons du décalage

Les raisons du décalage entre les taux du marché monétaire et ceux appliqués à la clientèle sont avant tout structurelles. Le premier frein structurel est le manque de compétition dans le secteur bancaire.

Même si cette dynamique a significativement évolué sur les dix dernières années, le ratio de concentration dans le secteur bancaire demeure élevé, avec une grande partie des actifs détenue par les trois principales banques dans la majorité des pays africains. La Banque mondiale estime la part de marché moyenne des trois principales banques en Afrique à 73% par pays. Les sociétés spécialisées de crédit à la consommation ou de crédit hypothécaire sont quasi inexistantes dans la plupart des pays.

Ce manque de compétition crée une habitude d’aversion au risque et finit par créer des établissements assis sur des liquidités oisives et préférant investir dans des actifs étatiques.

Dans certains pays tels la Guinée, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale ou le Tchad, les réserves excédentaires rapportées au total des dépôts peuvent dépasser 25%.

La deuxième contrainte structurelle est la composition des dépôts bancaires. Ce sont principalement des ressources à court terme, difficiles à convertir en prêts sur plusieurs années, en l’absence de produits financiers spécialisés.

Les banques ont du mal à octroyer des prêts sur des durées au-delà de cinq ans à un coût acceptable, puisqu’elles ne disposent pas de dépôts correspondants. Ce problème est surtout criant pour les prêts hypothécaires.

Le troisième obstacle est la faiblesse des fonds propres des établissements bancaires, qui limite leur capacité de crédit. En 2008, le ratio de couverture des risques par les fonds propres effectifs a été estimé à 8% dans la zone UEMOA, alors qu’il atteint 20% dans des pays tels le Nigeria.

Il est difficile de demander à une banque faisant face à peu de compétition, disposant en majorité de ressources à court terme, avec un ratio de couverture des risques par les fonds propres en dessous de 8%, d’adopter une politique d’octroi de crédit agressive.

Le dernier blocage structurel est le manque d’accès à l’information sur le crédit. Il est impossible à une banque d’accorder des prêts sans visibilité sur les garanties et sur la capacité financière des emprunteurs.

La question de la fiabilité des informations sur les historiques de crédit et les garanties, couplée à celle de la transparence sur les taux d’intérêt est essentielle et demeure un point de blocage qui accroît le coût du crédit en Afrique.

Le microcrédit n’est pas la panacée

Peut-on alors réduire le coût du crédit en Afrique ? La réponse est OUI, mais en proposant des solutions innovantes. Il convient tout de suite d’écarter la solution du microcrédit comme panacée pour résoudre le problème du coût du crédit en Afrique. C’est une partie de la solution, mais une part congrue.

Le microcrédit permet d’augmenter la bancarisation et le niveau de compétition dans le secteur bancaire, mais ne permet pas de régler un problème essentiel, qui est la capacité à donner des prêts à moyen et long terme à un coût abordable. Par essence, le microcrédit s’adresse en priorité à des particuliers à la recherche de crédit à court terme.

Marchés des capitaux

Une des premières pistes à explorer fait appel aux marchés des capitaux. En effet, pour régler le problème du manque de dépôts à long terme, les banques doivent chercher individuellement, ou en s’associant avec des structures spécialisées, à lever des fonds sur les marchés financiers en émettant des obligations avec des maturités longues.

Pour régler le problème du coût du crédit hypothécaire, il faudrait associer les banques avec des structures dédiées de refinancement hypothécaire pour lever des fonds sur les marchés. L’objectif est de collecter les fonds sur les marchés obligataires par les établissements de crédit hypothécaire, qui les "prêteront" par la suite à des banques dans les mêmes conditions de durée et de taux.

Les fonds levés peuvent être garantis par l’Etat, ou, plus logiquement, par un portefeuille de créances hypothécaires. Ainsi, les banques disposeront de ressources longues qui leur permettent d’octroyer des crédits hypothécaires. Dans un contexte général de baisse des taux d’intérêt, les fonds peuvent être levés à un coût relativement abordable et re-prêtés dans les mêmes conditions aux banques, abaissant ainsi significativement le coût du crédit hypothécaire.

Shelter Afrique s’est lancée avec succès dans cette voie, depuis plusieurs années, en émettant des obligations sur les Bourses de Nairobi et d’Abidjan, avec des maturités qui lui permettent par la suite de proposer des programmes de financement sur l’immobilier.

Renforcer les fonds propres

L’appel aux marchés des capitaux peut permettre aussi de régler efficacement la question de la faiblesse des fonds propres. Dans un environnement global de taux d’intérêt en baisse, il est judicieux pour une banque de lever des liquidités directement sur le marché ou par placement privé, pour renforcer ses fonds propres.

Les banques internationales l’ont compris et complètent plusieurs opérations de levée de fonds depuis un an. Les banques du Nigeria, de la zone UEMOA ou du Kenya suivent aujourd’hui la même tendance. Cette dynamique doit être amplifiée.

Avec des fonds propres plus importants, les banques disposeront de plus de capacités de crédit permettant à terme d’abaisser le coût du crédit en Afrique.

Un système centralisé de crédit

L’autre innovation à amplifier est l’amélioration de l’environnement réglementaire par le développement de bureaux centralisés de vérification du crédit et de systèmes d’enregistrement d’actifs.

En effet, l’une des principales causes du coût élevé du crédit est l’absence de garanties, laquelle est due non à l’insuffisance des actifs, mais à l’inefficience dans l’enregistrement.

Un système centralisé qui agrégerait les informations du cadastre, de l’historique du crédit, du transfert des titres de propriété, financé par les partenaires publics et privés, est essentiel.

Favoriser l’accès à ces informations permettrait aux banques de réduire le coût de surveillance de leurs activités et, ainsi, abaisser le coût du crédit.

Le Ghana et la Zone UEMOA ont entamé dernièrement des améliorations réglementaires qui vont dans cette direction. Elles doivent être soutenues

Multiplier les mécanismes de garantie

Cette analyse serait incomplète sans parler du coût du crédit dans le commerce et le secteur agricole, deux domaines particulièrement affectés. La bonification du crédit par le développement des systèmes de garantie, est une des clés pour baisser le coût du crédit dans ces secteurs d’activités.

Etant donné la dominance des PME en Afrique, il est nécessaire de multiplier les mécanismes de garantie pour abaisser les charges d’exploitation des banques et le coût du crédit. Dans le domaine du commerce international, développer les facilités de garantie permettrait aux entreprises africaines de se faire confirmer des lettres de crédit sans les dépôts exorbitants en collatéral, qui augmentent le coût du crédit.

Les activités des assureurs de crédits à l’exportation tels ATI (African Trade and Insurance Agency) peuvent dans ce sens permettre de réduire le coût du commerce en particulier et du crédit en général en Afrique.

 

Source :  http://mampouya.over-blog.com/

 

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12 novembre 2010

Vitamine B12 : une arme anti-Alzheimer ?

Vitamine B12 : une arme anti-Alzheimer ?

La vitamine B12, c’est bon pour le cerveau. Une étude britannique avait déjà révélé qu’elle pouvait diviser par 6 les risques de troubles de la mémoire chez les seniors. Une équipe suédoise lui emboîte le pas, et montre qu’elle réduirait le risque de maladie d’Alzheimer. Explications.

 

Durant 7 ans, les chercheurs ont prélevé du sang chez 271 Finlandais de 65 à 79 ans. A l’origine, aucun ne présentait de signes de démence. Au cours de l’étude cependant, 17 de ces volontaires ont développé la maladie d’Alzheimer.

 

Ces derniers présentaient une concentration en homocystéine plus élevée. Cet acide aminé était déjà connu pour constituer un facteur de risque cardiovasculaire. Dans ce cas précis, l’étude a révélé que plus concentration en homocystéine était élevée, plus le risque de développer la maladie d’Alzheimer était accru. Or les auteurs ont aussi observé que des niveaux élevés de vitamine B12 faisaient baisser les taux de l’acide aminé incriminé.

 

Pour le Dr Babak Hooshmand, de l’Institut Karolinska de Stockholm en Suède, cette découverte est encourageante. Il déplore cependant que la carence en vitamine B12 soit fréquentes chez les seniors. Selon lui, les recherches sur le rôle de la vitamine B12 comme marqueur du risque de maladie d’Alzheimer sont donc nécessaires.

 

Rappelons que la vitamine B12 est présente dans certaines viandes (rognons et foie de bœuf ou de veau…), dans les œufs, les crustacés ou encore dans des poissons comme le hareng, le maquereau, le saumon ou le thon. Une preuve supplémentaire que ces derniers sont bons pour la mémoire…

www.destinationsante.com

 

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11 novembre 2010

La « guerre des monnaies » expliquée aux nuls

La « guerre des monnaies » expliquée aux nuls

A l'approche du G20 qui s'ouvre jeudi, politiques et médias ne parlent que de cette « guerre ». De quoi s'agit-il ? 

Des billets de yuans à Pékin, le 26 juillet 2010 (Jason Lee/Reuters).

 

Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, la « redoute » ; Christine Lagarde juge qu'elle ne « sera pas résolue » lors du sommet du G20 qui s'ouvre jeudi à Séoul. Depuis quelques jours, on ne parle que de cette « guerre des monnaies » dont le G20 (les vingt pays qui représentent 90% de l'économie mondiale) serait le champ d'opérations. Mais de quoi parle-t-on ?

1Qu'appelle-t-on la « guerre des monnaies » ?

Cette guerre-là n'est pas très nouvelle. Les grands pays industrialisés « s'affrontent » à coup de dévaluations compétitives : plus leur monnaie baisse, plus cela dope les exportations et, sur leur marché, plus cela freine les importations de produits étrangers au profit de produits concurrentiels nationaux.

La « guerre » est d'autant plus âpre qu'elle a lieu entre des pays déjà très exportateurs (Chine) et des pays affichant des déficits commerciaux importants (Etats-Unis, pays européens). Les seconds jugent les premiers peu coopératifs.

Dans cette « guerre », les Européens ne vont pas vraiment vers la victoire : depuis juin, l'euro a grimpé de 13% par rapport au dollar et de 10% par rapport au yuan chinois. Et les déficits commerciaux avec ces deux zones ne cessent de se creuser. A 1,40 dollar l'euro, il n'est pas facile de vendre des Airbus ou du champagne.

Que se passe-t-il, concrètement ?

  1. Les Américains peinent à relancer leur machine, dont le moteur est la consommation et l'investissement intérieurs (les exportations étant un moteur accessoire). La Réserve fédérale décide donc de déverser des liquidités pour soutenir l'économie. Par exemple, elle augmente la masse monétaire en rachetant des titre de dette de l'Etat fédéral (« quantitative easing »). De la dette disparaît, de la monnaie apparaît. Elle a ainsi décidé de racheter pour 600 milliards de dollars de bons du trésor.

  2. S'il y a plus de monnaie, sa valeur baisse (c'est pareil avec les tomates sur le marché). La valeur du dollar baisse donc face aux autres monnaies.

  3. Les monnaies asiatiques, à commencer par le yuan, évoluent dans le sillage du dollar : quand il baisse, les autorités monétaires chinoises baissent aussi leur monnaie, pour ne pas subir de conséquences fâcheuses sur leurs exportations. La limite : le risque d'inflation en Chine existe (elle atteint 4%), mais les autorités chinoises préfèrent jusque-là le courir. Elles vendent donc du yuan contre des dollars pour maintenir la parité entre les devises des deux pays. Les Américains crient à la « manipulation monétaire » : excédentaire, la Chine ne devrait pas avoir une monnaie aussi basse (voir le rap vidéo)


     

  4.  

    L'euro, lui, trinque. Il grimpe contre toutes les autres monnaies. L'euro est géré avec une philosophie allemande : on ne joue pas avec la monnaie. Le seul objectif de la Banque centrale européenne est de maintenir un bas taux d'inflation. Voilà comment l'Europe se transforme en dindon de la farce.

L'Europe encaisse donc les chocs pendant que ses ministres bondissent comme des cabris en criant à la « guerre des monnaies ». Les Américains, eux, suivent une politique qui leur est chère, le « benign neglect » (douce insouciance) : ils se satisfont de la baisse du dollar, qui est bonne pour leur économie.

2

Que pourrait faire l'Europe ?

La voie choisie par l'Europe pour réduire ses déficits est présentée
comme « vertueuse » et « courageuse » : l'austérité (réduction des dépenses
et augmentation des impôt). Le problème, c'est que cette approche pèse
sur la demande, et donc sur la croissance.

L'Europe doit-elle suivre l'exemple américain, et financer plus massivement la dette des Etats (« faire tourner la planche à billets » disent les médias péjorativement) ? Cette question est taboue.

C'est à pas comptés que la Banque centrale européenne a commencé à acheter des
titres de la dette publique, une petite révolution conceptuelle dans ce temple de l'orthodoxie. Jean-Claude Trichet, qui est dans la dernière année de son mandat, a dû pour cela se bagarrer contre l'Allemand Alex Weber, l'autre homme fort de la BCE.

Pourquoi ne pas aller plus loin dans la relance par la monnaie ? Deux arguments sont généralement avancés :

  • C'est une formule qui ne marche pas : le vrai moteur de la croissance estl'offre (innovation, effort), pas la demande.

  • Cela relance l'inflation. Mais à la vérité, l'inflation est loin d'être un problème pour l'Europe, dans les circonstances actuelles. Elle ne dépasse pas 2% et c'est plutôt la déflation qui menace aujourd'hui les économies européennes.

Ces arguments sont largement idéologiques -surtout le premier. Comme le remarquait récemment l'économiste Thomas Piketty dans une tribune à Libération, les mêmes qui refusent l'aide des banques centrales aux Etats applaudissaient, il y a deux ans, le renflouement, par celles-ci, des banques privées pourtant responsables de la crise. Il écrit :

« Manifestement, plusieurs décennies de dénigrement sytématique de la puissance publique ont laissé des traces. »

 

3

Le G20 y peut-il quelque chose ?

Aucun résultat n'est à attendre du sommet de Séoul, qui s'ouvre jeudi. Il s'agit d'une « question
trop compliquée » pour être résolue en un seul sommet, a commenté avec raison Christine Lagarde ce mercredi.

Nicolas Sarkozy, qui va présider le G20 à l'issue du sommet, pour un an, affiche l'ambition de s'attaquer au problème : il prône une réforme du système monétaire mondial. Mais rares sont jusque-là les pays enthousiasmés par l'approche française.

Le G20 est de ce point de vue le digne héritier de ses ancêtres, G7 et G8 : il est le théâtre de réunions creuses et sans grande efficacité, qui n'ont d'autre utilité que de permettre aux grands de cette planète de se rencontrer et de papoter. Derrière les beaux sourires, chacun se fiche de ce qui arrive à l'économie des pays de ses collègues.

 

Dessin de Chimulus

Photo : des billets de yuans à Pékin, le 26 juillet 2010 (Jason Lee/Reuters). Dessin de Chimulus.

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10 novembre 2010

cours des matières premières agricoles toujours en hausse

 

Je vous porte à lire cet article du quotidien économique français les echos www.lesechos.fr qui s'inquiète de la hausse des cours des matières premières et surtout voit la conséquence de l'irruption sur ce marché des traders qui ont abandonné les produits traditionnels de la bourse pour spéculer sur les produits agricoles.

Les acteurs sociaux africains et la société civile doivent mettre cette question en débat sur la place publique car les fameuses oppositions ont depuis longtemps deserté les vraies questions.

Il s'agit ici de la survie des millions de personnes.

Comme l'Occident n'a plus d'industrie, alors le capitalisme se rue sur l'agriculture où ils sont déjà en avance par rapport au reste du monde. Car les plus gros exportateurs agricoles dans le monde sont Les Etats-Unis d'Amérique (USA), la France, l'Allemagne, l'Union européenne et puis viennent pour des produits spécifiques la Chine , la Thaïlande, le Vietnam, et l'Inde pour le riz, (Le Japon n'exporte presque pas son riz) l'Argentine dans une certaine mesure pour la viande.

Et dans tout ça l'Afrique n'exporte presque rien, en effet les productions agricoles africaines concernent essentiellement des produits dont l'homme peut s'en passer c'est ça la vérité. Il s'agit essentiellement du café, du coton, du cacao, du caoutchouc, de la vanille, du karité. Même l'huile de Palme et le sucre de canne ne sont pas des produits de première nécessité.

Pour l'huile de Palme elle rentre dans la composition de fabrication de certaines huiles industrielles, dans la composition de fabrication des gateaux, de quelques aliments et même là coïncidence ou pas à cause de la hausse continuelle de son cours, plusieurs études sortent des laboratoires pour dire que cette huile est nocive pour la santé. L'Occident devra plutôt privilégier les huiles de Colza et/ou Tournesol, depuis longtemps  on avait déjà conseillé aux consommateurs occidentaux de consommer très peu d'huile d'arachide (soit-disant étude scientifiques ou pas à l'appui) qu'elle était allergène donc dangereuse pour l'Homme (Occident en particulier).

En fait on voit se profiler la prochaine configuration économique du monde. Et ma question à quelle place l'Afrique va-t-elle se positionner? 

 A cette question j’avais essayé d’apporter une contribution au débat dans un article  intitulé :

« l’Afrique peut-elle se développer par des exportations ? » sur le site www.afrology.com


Lire ci-dessous l'article des échos.

Genève, au paradis du négoce alimentaire 09/11/10 | 07:00 | Frederic Therin

La cité de Calvin est devenue le lieu incontournable pour acheter et vendre céréales, riz, sucre ou oléagineux. Sur ce créneau très rentable, l'arrivée de fonds d'investissement bouscule les habitudes et contribue à faire monter les prix.

Vous avez là les gens qui travaillent sur les différentes lignes de produits comme le colza, le tournesol ou le blé. Ici se trouvent les équipes qui se chargent de l'affrètement des bateaux… Et il y a des "open spaces" comme celui-ci sur trois étages… » Jean-Louis Gourbin fait faire le tour du propriétaire au pas de course. Le patron de Bunge Europe est, certes, l'un des seuls négociants alimentaires présents à Genève acceptant d'ouvrir ses portes à un journaliste. Mais sa discrétion devient presque maladive quand on lui parle chiffres. Des chiffres, les traders de cette société américaine qui emploie 30.000 salariés en voient pourtant défiler à longueur de journée. Les écrans de leurs ordinateurs en sont remplis et dans les salles de marché, les derniers cours des denrées clignotent sur des écrans plats fixés au plafond. Bunge est un des géants de ce secteur. L'an dernier, le groupe a acheté et revendu 141 millions de tonnes de matières premières. Sa filiale européenne a enregistré à elle seule un chiffre d'affaires de… 13,8 milliards de dollars. Toutes les décisions concernant les échanges de grains sont prises dans ces locaux ressemblant aux salles de trading de la City. Les 250 employés basés dans ce bâtiment sans charme ne voient pourtant jamais la couleur des produits qu'ils achètent et vendent en quantité astronomique. « Ils n'ont pas besoin d'aller sur le terrain pour faire leur travail », tranche leur responsable. Bienvenue dans le monde virtuel, mais aux conséquences ô combien réelles du négoce genevois…

Tradition ancienne

La cité de Calvin est le leader mondial dans le commerce de céréales, de riz et d'oléagineux, et le numéro un européen dans le sucre. « Quand la Tunisie fait une adjudication de céréales, on peut voir sur place seize acheteurs basés à Genève, alors qu'on y verra un seul Parisien ou Londonien », résume Geert Descheemaeker, le secrétaire général de l'Association genevoise du négoce et de l'affrètement (GTSA). Dans le secteur du « shipping », 20 % des affrètements mondiaux s'organisent à l'extrémité du lac Léman.« Les 130 personnes de Cargill chargées du "shipping" gèrent à partir de la Suisse près de 60 % du volume mondial des vraquiers qui assurent le transport des denrées alimentaires, des métaux et du charbon », explique un ancien trader du géant américain, qui compte 600 salariés à Genève. Le négoce de matières premières alimentaires et énergétiques regroupe dans l'arc lémanique 400 sociétés, qui emploient entre 8.000 et 9.000 personnes. Le chiffre d'affaires de ce secteur, qui approcherait 800 milliards de francs suisses (près de 600 milliards d'euros) d'après le GTSA, croît de 5 % par an. Les maisons déjà implantées ne cessent de se développer. « Bunge, à Genève, comptait 50 salariés quand je suis arrivé en 2004, se souvient Jean-Louis Gourbin. Nous sommes aujourd'hui cinq fois plus. » Cet exemple est loin d'être unique. Louis Dreyfus a ainsi récemment transféré à Genève ses équipes de traders basés dans le reste de l'Europe. Trafigura va aussi y installer 80 de ses salariés londoniens. Et ce phénomène continue de prendre de l'ampleur. Dans un domaine tel que le négoce de denrées, l'importance de la Suisse, un pays sans aucune façade maritime, peut étonner. Mais cette tradition ne date pas d'hier…

« Les Turcs, sous l'Empire ottoman, ont été les premiers à venir ici, rappelle Geert Descheemaeker. Ils ont été suivis par les Egyptiens qui fuyaient Nasser. L'arrivée des grands groupes américains comme Cargill remonte, elle, aux années 1950. » Au fil des crises, la Confédération s'est transformée en une sorte de refuge pour négociants « exilés ». « Dans les années 1960, la Suisse était aussi le seul pays qui n'imposait pas de contrôle des changes, ajoute Jean-Louis Gourbin. Ce détail est très important pour un secteur comme le nôtre qui travaille avec de très nombreuses devises différentes. » Autre « charme » local : l'imposition « light » garantie par certains cantons… A Genève, les entreprises de négoce bénéficient du régime fiscal des sociétés auxiliaires, qui limite leur taux de taxation sur le bénéfice à 12 % en moyenne, soit la moitié du taux ordinaire. Les actionnaires de ces compagnies profitent aussi souvent de forfaits fiscaux qui leur permettent de reverser une portion minime de leurs énormes revenus à l'administration. Les autorités cantonales laissent enfin une paix royale aux négociants. « La justice locale est provinciale et elle n'a aucun moyen de vérifier si des sociétés trafiquent les cours des denrées alimentaires, s'inquiète Carlo Sommaruga, un parlementaire socialiste. Les négociants peuvent donc facilement échapper au regard inquisiteur de la justice. La Suisse se refuse de toute façon à cadrer le commerce de denrées alimentaires. Genève aurait trop à perdre dans cette affaire… » Il est vrai qu'à lui seul, le secteur financier a généré l'an dernier 20,9 % du PIB du canton.

L'argent, nerf de la guerre

Le succès du négoce à Genève tient également à la présence sur les rives du lac Léman du nerf de cette guerre commerciale : l'argent. « Le financement de cette activité s'effectue souvent de manière bilatérale et transactionnelle, explique Jacques-Olivier Thomann, le responsable de l'activité de financement des matières premières chez BNP Paribas en Suisse (la banque française est le leader mondial dans ce secteur). Le client négocie chaque contrat avec son banquier. Ce type de transaction est devenu une spécialité genevoise. » Ce contact direct entre les traders et leurs argentiers est primordial. « Le négoce de denrées comme les céréales et le sucre est d'une telle complexité et les marchandises coûtent si cher qu'il faut une véritable relation de confiance entre le négociant et son banquier », renchérit Bertrand Bosc, qui dirige à Genève le bureau du groupe américain Lansing Trade Group. Au fil des ans, la ville est devenue le lieu de résidence presque obligé de tous les intermédiaires du métier. Des banques aux négociants en passant par le leader mondial de la certification, la SGS, ou les sociétés de conseil… tout le monde est aujourd'hui à Genève. « Ici, vous pouvez en un minimum de temps rencontrer un maximum de personnes actives dans le négoce ou dans les services annexes, résume Samir Zreikat, patron d'une société spécialisée dans l'achat et la vente de produits pétroliers. Il n'existe pas de meilleur endroit en Europe pour travailler dans ce secteur. »

Le paradis du négoce, donc… Pourtant, l'arrivée récente, sur ce créneau, des fonds d'investissement (« hedge funds ») et des grandes banques d'investissement anglo-saxonnes a quelque peu troublé la quiétude des professionnels locaux. Pourquoi ce soudain intérêt ? La crise des « subprimes » l'explique en partie : « le secteur financier s'est retrouvé avec un énorme volume de liquidités à investir et ils se sont rués sur les matières premières », décrypte Geert Descheemaeker. Mais avant cela, ces nouveaux venus avaient deviné que « le marché des denrées alimentaires allait se développer, note Jean-Louis Gourbin, compte tenu des besoins de pays émergents ayant désormais les moyens de mieux se nourrir et susceptibles d'acheter plus de produits alimentaires de base à l'étranger »Pour Samir Zreikat, « les gourous financiers ont aussi compris que les profits gigantesques qu'ils avaient accumulés étaient basés sur des fondations fragiles et ils ont voulu transférer une partie de leurs liquidités sur des marchés où les fondamentaux étaient plus simples à comprendre ». De fait, l'arrivée des « hedge funds » a été rapide et massive. Entre 2002 et 2008, le nombre de contrats à terme sur les matières premières a augmenté de plus de 500 %. Un rapport publié en 2009 par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a calculé que les spéculateurs détenaient 65 % des contrats sur le maïs et 80 % des positions sur le blé. Ces investisseurs « font des opérations commandos en entrant et sortant très rapidement du marché, observe Samir Zreikat. Ils ne se soucient pas des actifs qu'ils traitent. Ils jouent seulement sur le volume. » Leur impact est pourtant énorme. « Les liquidités investies sont si importantes qu'elles éloignent les prix des denrées de la réalité du marché, regrette Rouben Indjikian, un haut responsable de la Cnuced. Les fonds perturbent le travail des négociants. » Avec à la clef une belle flambée des prix des matières premières. En 2006, Merrill Lynch estimait que la spéculation avait provoqué une augmentation du coût des denrées de moitié supérieure à celle qu'aurait dictée la simple loi de l'offre et de la demande. Cette année, l'indice des prix alimentaires de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'est littéralement envolé, grimpant de 15 % entre les seuls mois de juin et septembre. Pour les céréales (+ 38 %) et le sucre (+ 40 %), les hausses sont encore plus violentes. Entre 2007 et 2008, cette flambée continue des prix aurait placé dans le monde 115 millions de personnes supplémentaires en état de malnutrition, selon le Programme alimentaire mondial. Une tendance qui ne risque pas de s'inverser…

« Les "hedge funds" vont continuer d'investir dans les matières premières car ce secteur est porteur », confirme Jacques-Olivier Thomann. Physiquement, les premiers commencent même à quitter Londres pour s'installer sur les rives du lac Léman. La Suisse ne s'inquiète pas de cet afflux de spéculateurs. Bien au contraire. La seule chose qui pourrait freiner leur arrivée est le manque de logements et de bureaux à Genève. Mais Singapour est prêt à prendre la relève. « Les Singapouriens envoient des délégations entières en Suisse pour encourager les négociants à s'installer chez eux, constate déjà le secrétaire général du GTSA. Et ils sont très agressifs »

À GENÈVE
Frédéric Therin, Les Echos  À GENÈVE
Frédéric Therin, Les Echos

Un secteur en pleine consolidation

L'arrivée des « hedge funds » commence à provoquer une consolidation du marché des denrées alimentaires. « Les négociants présents sur des niches ont tendance à disparaître car, avec la chute de nos marges, les grandes sociétés ne délaissent plus aucun marché », constate Bertrand Bosc, de Lansing Trade Group. En amont, les négociants achètent des terres pour ne pas manquer de matières premières, et les grands groupes investissent dans des usines de transformation. Les investisseurs cherchent, eux aussi, à développer leurs portefeuilles d'actifs. « Près de la moitié des silos de stockage de matières premières appartiendraient aujourd'hui à des banques, souligne Emmanuel Fragnière, professeur à la Haute Ecole de gestion de Genève. Des établissements financiers affrètent aussi des bateaux. » Ces investissements leur permettent de mieux comprendre ce marché. « Et il est tout à fait possible d'imaginer une banque reprendre une société de négoce dans quelques années »,prédit ce spécialiste.

FREDERIC THERIN
Correspondant - Munich 

 

Cette année, l'indice des prix alimentaires de la FAO s'est littéralement envolé, grimpant de 15 % entre juin et septembre. Les céréales et le sucre ont été les plus touchés.
Cette année, l\'indice des prix alimentaires de la FAO s\'est littéralement envolé, grimpant de 15 % entre juin et septembre. Les céréales et le sucre ont été les plus touchés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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Pas si méchant, l’acide lactique…

Pas si méchant, l’acide lactique…

Vous en avez assurément déjà entendu parler de l’acide lactique. Mais savez-vous exactement de quoi il s’agit ? Cette substance en fait, est produite dans les muscles lorsqu’ils utilisent du glucose (un sucre) comme source d'énergie en l'absence d'oxygène.

 

Selon la Société française de Médecine du Sport, contrairement à une idée reçue, l’acide lactique n’est responsable ni de la douleur musculaire, ni de la fatigue. Mais il les accompagne. Rien à voir donc avec l’apparition de crampes. Ces dernières en effet sont la conséquence d’un effort intense et répété, sans doute trop prolongé pour des muscles insuffisamment préparés à de telles contraintes.

 

L’acide lactique n’est pas davantage responsable des courbatures. Il est produit pendant l’activité physique, en particulier quand on produit un effort intense. Or les courbatures surviennent dans les jours suivant l’effort. Et loin d’être le résultat d’une accumulation de substances chimiques comme l’acide lactique, elles découlent principalement de micro-déchirures des fibres musculaires. N’oubliez pas enfin, que l’acide lactique peut être utile. Nous l’avons souvent considéré comme un déchet. Ce qui est totalement faux, d’ailleurs car deux molécules d’acides lactiques, pourrait produire du glucose qui sera ensuite utilisable par le muscle.

www.destinationsante.com

 

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09 novembre 2010

Créations et décoration : Révélez vos talents

Mettez-vous à la création, si vous vous ennuyez le week end et vous ne savez que faire de vos journées initiez vous aux activités de la création et décoration. Pour cela un bon moyen se rendre dans des salons pour voir ce qui vous convient car les salons souvent offrent des ateliers d'initiation ainsi vous verrez ce qui vous convient.

Si entre le 18 et 22 novembre vous êtes à Paris, allez faire un tour au salon créations et décorations. qui se tient au parc des expositions à la  porte de Versailles.

Des ateliers ? En veux-tu, en voilà !

Révélez vos talents avec plus de 350 ateliers et animations. L'occasion, pour les brodeuses,
tricoteuses, scrapeuses, modeuses et toutes les passionnées d'activités manuelles, de réaliser des déco et cadeaux de Noël à offrir…ou à s'offrir.

Des ateliers d’1h à 2h pour s’initier ou se perfectionner, c’est sur le salon Créations & savoir-
faire & marie claire idées du 18 au 22 novembre, à Paris, Porte de Versailles.

 

Pour plus d'info cliquez sur le lien suivant :   d’info sur : http://www.creations-savoir faire.com/ExposiumCms/do/salon/CSF+2010/

Ateliers+animations/ateliers+salon/siteId_404054/pageId_1117878

 

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08 novembre 2010

Les urines peuvent rapporter gros

Selon l'agence officielle de presse angolaise, rapporte la nouvelle que les urines peuvent valoir de l'argent.

 

Afrique du Sud
Une ville sud-africaine veut acheter les urines pour vaincre des tabous 

    Durban (Afrique du Sud) - La ville de Durban, en Afrique du Sud, veut acheter les urines de ses administrés. L'enjeu: surmonter les réticences des gens à utiliser les toilettes sèches, installées par la mairie dans les quartiers pauvres.


    "Si nous pouvons faire des toilettes sèches une source de revenus, les gens voudront les utiliser", affirme Neil Mac Leod, chef du service des eaux de la cité portuaire, située sur les rivages de l'Océan indien (est).


    Par souci d'hygiène et d'économie, Durban a doté les cours des quartiers délaissés d'environ 90.000 de ces toilettes à litière, qui n'utilisent pas une goutte d'eau. Mais la population boude. Dans le township d'Inanda, le spectacle est désolant: portes et toits arrachés, les cabanons servent d'annexe, quand ils ne sont pas complètement désossés.


    Le sujet des fluides corporels est tellement tabou que personne ne veut même l'évoquer. Interrogée, une jeune mère de famille accuse vaguement des "voleurs" d'avoir dérobé "la porte et la cuvette" de son lieu d'aisance, transformé en débarras.

 

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