26 juin 2009
«Sur certaines photos, c'est nous qui posons!»
Créé le 25.06.09 à 18h17 | Mis à jour le 25.06.09 à 18h22 |
MEDIAS - Guillaume Chauvin, auteur d'un faux photoreportage primé par «Paris Match», explique sa démarche...
«Paris Match» vient de retirer le Grand prix du photoreportage étudiant qu’il avait attribué à Rémi Hubert et Guillaume Chauvin, deux étudiants des Arts déco de Strasbourg. Ceux-ci ont reconnu au moment de la remise du prix que tout était fabriqué… Les explications de Guillaume Chauvin.
Comment avez-vous décidé de mettre en scène ce faux reportage et de le présenter à «Paris Match»?
Nous avons pris la décision, à deux, après avoir vu les lauréats de l’édition 2008. Avec un certain ébahissement, nous avons constaté qu’en Afrique et en Inde, il fallait photographier des petits enfants aux grands yeux mouillés, et, partout dans le monde, insister sur la précarité. Les reportages étaient outranciers et misérabilistes.
Notre projet, et la révélation finale du faux, qui en faisait la valeur, nous permettaient à la fois de nous exprimer sur une réalité actuelle, la précarité étudiante, qui existe, que nous voyons tous les jours, et auquel «Match» a été sensible, ce qui est louable, mais aussi d’interroger les mécanismes de fabrication de l’info, de l’image. On a fait un vrai travail de recherche pour les textes, les chiffres, mais les photos sont des mises en scène.
A ce jour, avez-vous eu un retour de «Paris Match»?
On vient d’apprendre qu’ils nous retirent le prix et le chèque de 5.000 euros qui va avec. Mais notre école a le droit de garder sa dotation. Sinon, nous n’avons pas d’autres réactions.
Avant la remise du prix, un journaliste de «Paris Match» nous a passé un coup de fil pour savoir si l’étudiante photographiée se prostituait toujours, si tout le reportage se déroulait à Strasbourg, mais sans pousser la vérification à fond. Nous avons été surpris qu’il ne demande pas de noms, par exemple.
Vous aviez déclaré au «Monde» être étonné que vos légendes, caricaturales, ne soient pas repérées…
On l’est encore! Le trait était vraiment forcé, et cela passe… Pour l’anecdote, sur certaines photos, on posait avec Rémi. Dans l’amphi, l’étudiant qui dort, c’est moi par exemple.
Recueilli par Anne Kerloc’h
source : www.20minutes.fr
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03 mai 2009
Pasolini, fascination africaine
Source : www.liberation.fr
Cinéma. Un inédit entre étude anthropologique et pseudo-casting.
Portrait de Pier Paolo Pasolini (Collection Christophe L.)
Etrange objet que ce Carnet de notes pour une Orestie africaine (1), qui s’offre le double privilège du grand écran et d’une luxueuse édition DVD. Pratiquement inédit jusqu’à la mort de son auteur, en 1975, le «nouveau» Pasolini n’est ni une fiction ni un documentaire, mais des notes pour un film à venir «qui serait l’Orestie d’Eschyle tourné dans l’Afrique d’aujourd’hui», comme l’explique le cinéaste dès les premiers plans. Si le projet ne sera finalement jamais mené à terme, le carnet de notes, dans son apparent éclatement, constitue bien le film en lui-même, abouti dans son inachèvement.
Fantasmes. Pasolini y poursuit l’idée que l’Orestie du Grec Eschyle - trilogie que Pasolini a traduite et montée en 1959 - trouve une résonance dans l’Afrique postcoloniale, déchirée entre tradition et découverte du nouveau monde : comme les Erinyes se métamorphosant en Euménides, l’Afrique noire entre dans l’ère capitaliste.
Obsédé par cette transposition, il part à la recherche de décors et de visages pour incarner les personnages de son Orestie. Tel un moustique, sa caméra se fraye un chemin dans les villages, et le casting peut débuter, mené par la voix du cinéaste : guerrier massaï à l’allure d’un Agamemnon, gardien de bœufs qui pourrait être Pylade et, derrière un voile noir, Clytemnestre, altière. Curieux, inquiets, amusés, les regards se succèdent, en noir et blanc. Comme de coutume, l’objectif du cinéaste se pose toujours quelques secondes de trop ; le temps de dévoiler la grâce derrière la laideur, mais aussi d’installer un certain malaise chez le spectateur. Car entre le pseudo-casting, l’étude anthropologique et l’indéniable fascination érotique qu’exerce sur lui la misère africaine, les frontières sont poreuses. Rien de nouveau sous le soleil de l’Ouganda : Pasolini reste Pier Paolo, et de la transposition d’Eschyle à celle de douteux fantasmes occidentaux, il n’y a qu’un pas.
Précepteur. Mais Pasolini est un malin : de retour en Italie, il montre son film à des étudiants africains de l’université de Rome. Jolie parade et belle leçon de cinéma. Un peu précepteur, il leur demande ce qu’ils pensent du projet, s’il a du sens, pour eux. Forcément, il se fait gentiment rembarrer, les étudiants lui expliquant que parler d’Afrique en ces termes ne veut pas dire grand-chose : ça n’est pas un pays, mais un continent. Et, comme toujours chez lui, on ne sait plus sur quel pied danser.
L’édition DVD s’accompagne des Notes pour un film sur l’Inde, d’une analyse éclairante d’Hervé Joubert-Laurencin et de quatre entretiens dirigés par la Cinémathèque de Bologne. Tout pour (re) découvrir le cinéaste, avant de (re) plonger dans les eaux troubles de Salo ou les 120 journées de Sodome, ultime chef-d’œuvre, également réédité par Carlotta.
(1) Carnet de notes pour une Orestie africaine de Pier Paolo Pasolini, en salle et en DVD, Carlotta, 20 € environ.
THOMAS STÉLANDRE
18 janvier 2009
Noir c'est gloire Black Power
Mathieu Durand pour Evene.fr - Janvier 2009
La révolte noire entamée dans les années 1960 aux Etats-Unis sous l'impulsion de figures comme Martin Luther King ou Malcolm X porte aujourd'hui ses fruits avec l'accession au pouvoir du premier président afro-américain de l'histoire du pays. Si on a beaucoup insisté sur le rôle des hommes politiques à cette occasion, la face musicale de cette révolution est aussi essentielle. Retour sur le free jazz et la blaxploitation, méconnus de ce côté-ci de l'océan.
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James Brown(1933-2006), Isaac Hayes (1942-2008), Nina Simone (1933-2003), trois figures essentielles de la revendication d'égalité souhaitée par les Afro-Américains n'auront malheureusement pas pu assister à l'arrivée au pouvoir de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Cette dernière est l'occasion de revenir sur le pouvoir de ces musiciens noirs sur les consciences lors de l'irruption d'un black power au début des années 1960, sur les caractéristiques de leur musique, et sur son véritable rôle (bande-son d'une révolte ou détonateur ?).
De la liberté au free
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Pour comprendre l'aspect musical du black power, il faut se tourner vers un genre mal-aimé et souvent incompris : le free jazz. En se penchant sur la genèse de cette branche libertaire des héritiers du blues, on comprend le processus de pensée des Afro-Américains de l'époque. C'est la thèse d'un des seuls livres en français consacré au sujet, 'Free Jazz Black Power' de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli. À l'inverse de l'opinion commune qui déclare que "la musique apaise les moeurs", cet ouvrage affirme qu'il n'existe pas de musique asociale ou apolitique. Vouloir imposer, comme à notre époque, une musique unifiée, une musique de supermarché, une "uni-musique qui forme les corps à une écoute indifférente", est un acte politique loin d'être neutre. Le free jazz prône et défend l'inverse de cette idéologie. Comme le dit Archie Shepp : "Il n'est pas possible de voir sauter trois enfants et une église sans qu'il en reste quelque chose dans votre expérience culturelle." Loin d'être le reflet des luttes de Noirs aux Etats-Unis, le free en est l'effet, la manifestation symbolique. Musique diverse, hétéroclite, variée à l'outrance, il est même aujourd'hui difficile de la circonscrire. Ses représentants principaux se nomment Archie Shepp, Ornette Coleman, Albert Ayler, Don Cherry. On les accuse souvent de "ne pas savoir jouer", de faire "n'importe quoi", de créer le "bordel"… et ils le font exprès !
Le retour à l'Afrique
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Le chaos (apparent) du free jazz se présente comme une réponse de l'esclave au maître blanc. Musique afro-américaine par excellence descendante du blues, le jazz a été "récupéré" par les Blancs après-guerre. Aux premiers rangs du jazz "cool" des années 1950 on ne trouve que des stars blanches (à l'exception notable de Miles Davis) : Chet Baker, Lee Konitz, Dave Brubeck, Gerry Mulligan ou Stan Getz. Le free jazz réalisera donc de manière symbolique le voeu de nombreux hommes politiques noirs : le retour à l'Afrique. Comment cela se manifeste-t-il ? Par une prééminence du rythme sur la mélodie : les jazzmen multiplient différents rythmes en même temps, tout en jouant sur les dissonances. Les piliers du free jazz ne jouent plus d'un, mais de plusieurs instruments, parfois en même temps, et cherchent à remettre au goût du jour une foule d'instruments folkloriques ou traditionnels d'Afrique, mais aussi d'Inde, d'Asie, d'Amérique du Sud… La musique n'est plus pur esprit, mais laisse le corps s'exprimer : on distingue sur les enregistrements des jazzmen free grognements, cris, onomatopées… Bref les tensions et les blessures vécues par les Noirs réapparaissent dans leur musique : le black power vu par le free jazz, c'est surtout la volonté instrumentale de symboliser les violences vécues par les Noirs. Et si les Blancs ne le comprennent pas, tant mieux : pour les tenants du free jazz les plus extrêmes, les Blancs ne pourront jamais comprendre leurs douleurs héritées de l'esclavage.
Des mots sur les maux
Si le free jazz est la face instrumentale du black power, un appel à la liberté opéré par une musique libérée de toute entrave, les Afro-Américains ont aussi tenté à cette époque de mettre des mots sur leurs maux. Deux personnalités capitales symbolisent cette démarche : James Brown et Nina Simone, soit la fière affirmation d'une "négritude" pour reprendre le lexique d'Aimé Césaire. 'Young, Gifted and Black' de la diva Nina, symbolise totalement cette démarche. Enregistrée en 1969, cette chanson composée par la chanteuse-pianiste elle-même et écrite par Weldon Irvine s'est imposée comme un hymne dans la lutte pour les droits civiques couronnée d'un premier succès en 1964 avec le vote du Civil Rights Act qui interdit toute discrimination dans les lieux publics : son titre parle de lui-même, "jeune, doué et noir" – presque une description prophétique d'Obama. Engagé dans ce même combat, James Brown apparaît comme le complément funk et viril de la chanson soul et délicate de Nina Simone. Son morceau phare lui aussi ne nécessite que peu d'explications : 'Say It Loud – I'm Black and I'm Proud' ("dites-le bien fort : je suis noir et j'en suis fier"). Même destin que 'Young, Gifted and Black' pour cette chanson sortie un an plus tôt : 'Say It Loud…' fera presque office de slogan du combat des Afro-Américains. Au point que la Sex Machine regrettera quelque peu l'impact de ce morceau : son but était d'apprendre la fierté aux enfants noirs, et non d'opérer une séparation entre Noirs et Blancs. 
La blaxploitation : la BO d'une époque
James Brown craignait que son morceau ne soit perçu comme un appel aux Noirs à se renfermer sur eux-mêmes. Son hymne louait la fierté, quelle que soit sa couleur. Pourtant, une des conséquences du black power, justement, fut de pousser certains Afro-Américains à se créer une sorte de communauté culturelle autonome. C'est la démarche inédite de ce qu'on a appelé la blaxploitation (contraction de "black" et "exploitation"), industrie culturelle principalement cinématographique et musicale faite par les Noirs pour les Noirs dans les années 1970 (même si en réalité certains films furent produits et réalisés par des Blancs). Le symbole même de cet Hollywood noir se matérialise dans le film 'Shaft' (1971), narrant l'histoire d'un détective privé black, mélange afro-américain de James Bond et Robin des Bois. Le succès de cette oeuvre, portée par la célèbre musique originale signée Isaac Hayes (toute de cocottes de guitare vêtue) résidait surtout dans l'image positive qu'il offrait des Afro-Américains. Si les oeuvres cinématographiques de cette industrie ne resteront pas dans les annales, il n'en reste pas moins que l'influence de ces films se fait encore ressentir aujourd'hui sur des cinéastes tels que Quentin Tarantino ou Spike Lee. L'image positive des Noirs relayée dans ces longs métrages, non plus seulement relégués aux rôles de larbins mais élevés au rang de héros, a eu une influence non négligeable sur les imaginaires des jeunes Afro-Américains de l'époque. Au moment de la sortie d'un remake de 'Shaft' en 2000, Samuel L. Jackson, qui reprenait le rôle alors tenu par le légendaire Richard Roundtree, déclarait : "C'était la première fois que je voyais à l'écran quelqu'un qui me ressemblait, qui parlait comme moi, qui s'habillait comme j'aurais aimé m'habiller et qui était un héros." Sans parler de l'immense patrimoine soul que laisse cet Hollywood noir à l'humanité lorsqu'on sait que les bandes originales de ces films étaient signées Curtis Mayfield, James Brown ou encore Herbie Hancock et Barry White…
La musique du black power, sous toutes ses formes, de la soul au free, a surtout rappelé rythmes et mélodies à leurs rôles social et politique. Qu'on le veuille ou non, la musique exerce un pouvoir presque magique sur ses auditeurs. Si ce ne sont pas les musiciens qui ont amené Barack Obama au pouvoir, ni poussé Rosa Parks à dire non un jour de décembre 1955, ces artistes du black power ont participé activement à rendre les Afro-Américains fiers de leur couleur, de leur histoire, de leurs racines.
Source : evene
Mathieu Durand pour Evene.fr - Janvier 200
06 octobre 2008
COMPRENDRE LA DEMOCRATIE
La stèle de la Démocratie
Détail de la représentation sculptée (http://www.amb-grece.fr/grece/berceau_democratie.htm)
La démocratie, qui étymologiquement veut dire le pouvoir du peuple, c'est-à-dire un gouvernement où le peuple exerce la souveraineté, est le plus séduisant des types de gouvernement. Même s’il faut rapidement ajouter que ça dépend pour qui, le peuple ou le dépositaire de sa souveraineté. C’est d’ailleurs assez frappant d’observer cette stèle de la Grèce antique, berceau de l’aventure démocratique occidentale, où le peuple (Demos) personnifié sous les traits d’un seul homme, reçoit sa couronne d’une femme, Démocratie. Contemporain de cette époque, Périclès (homme d’Etat athénien né vers 494-décédé en 429 avant J.-C.) déclarait dans un discours rapporté par Thucydide : « Notre régime politique… a pour nom démocratie parce que, dans l’administration, les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité. ».
Il suffit d’entendre cette expression : « On vit en démocratie ! », pour déceler la caractéristique de label de qualité adossée à ce mot. Mais tout le monde ne peut pas en dire autant. Nombreux sont les gouvernements qui optent pour la prudence, et préfèrent dire de leurs sociétés qu’elles sont en voie de démocratisation. Et l’observateur de se demander : mais jusqu’à quand ou encore, jusqu’où ? Oui, jusqu’à quel point est-ce que l’on se dit enfin en démocratie. Il serait plus correct de parler du fonctionnement démocratique ou non d’un gouvernement à un moment donné de son histoire ; car toute démocratie évolue dans le temps.
Historiquement, le terme de démocratie évoque une pratique qu’on retrouve à des degrés divers un peu partout dans le monde antique. Comme nous l’apprend l’encyclopédie en ligne Wikipédia (1), en plus de la démocratie athénienne aujourd’hui classée comme ayant été une forme de démocratie directe (dans laquelle le peuple prend lui-même les décisions, en opposition à la démocratie représentative, où la volonté des citoyens s’exprime par la médiation de représentants élus qui incarnent la volonté générale, votent la loi et éventuellement, contrôlent le gouvernement) ; mais dans l’antique Athènes, les femmes, les esclaves et les métèques (des étrangers, pas au sens péjoratif actuel), n’avaient pas de droit politique ni de citoyenneté, il y a aussi eu les Républiques de l’Inde, où l’on a trouvé l’une des plus anciennes traces de civilisation démocratique. Ainsi que la République romaine avec des élections excluant également femmes, esclaves et une bonne part de la population étrangère. Chez certaines tribus de la Confédération des Iroquois (Amérique du nord) ou chez les Bushmen australiens, la recherche du consensus au sein d’une majorité, a été observée. Et cette liste est loin d’être exhaustive.
On peut aussi égrener un chapelet d’expériences démocratiques au Moyen Age. Arrivent les fameux XVIIIe et XIXe siècles marqués par la fondation des Etats-Unis d’Amérique en 1776 et la Révolution française en 1789. C’est le moment de rappeler que du haut de leurs démocraties respectives, à l’origine, les sociétés issues de ces bouleversements historiques ne pratiquaient pas le suffrage universel (reconnaissance du droit de vote à l’ensemble des citoyens d'une nation, sans distinction de condition sociale, d'origine, de race ou de sexe) (2). Encore du fait de l’esclavage, des colonies, et des femmes : tout un monde exclu d’office de l’exercice démocratique. On en voit encore les séquelles à l’heure actuelle, avec les efforts de mise au diapason des uns par rapport aux autres ; en terme de parité pour les unes, et de démocratisation pour les autres, grands enfants.
Quelques points d’appréciation du fonctionnement démocratique d’une société humaine :
- Le choix des dirigeants exerçant le pouvoir par le biais d'élections libres ;
- L’existence d'une opposition politique organisée, libre, qui peut s'exprimer ;
- L’existence d'un système judiciaire jugeant sur la loi ;
- Le fait d’avoir connu au moins deux alternances (ce qui prouve « après coup » qu'il s'agissait d'une démocratie) ;
- L’existence des unités de média indépendantes et libres.
« Un Homme, une voix »
Démocratie par ci, démocratie par là. Ce type de gouvernement est tellement vampirisé de nos jours, que nous avions fini par proposer ce néologisme de ‘’démoncratie’’. Il nous faudra nous décider à le présenter aux immortels de l’Académie française. Car, s’il s’agit en démocratie de la quête toujours à affiner d’un système d’organisation sociale épanouissant pour ses membres, il est des pays plus soucieux que d’autres de la poursuite de cet objectif. Le principe « un Homme, une voix » qui a été le leitmotiv notamment d’un Nelson Mandela en butte à l’abomination de l’apartheid, peut être considéré comme le fondement théorique principal de la démocratie.
En rappel, nous détournions la formule de Périclès ("le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple") en déclarant que « la ‘’démoncratie’’ est le pouvoir du peuple, par des ‘’démons’’ contre le peuple. (Ces) démons […] (n’étant) pas forcément des individus englués dans un système socio politico-économique malsain, mais surtout des mentalités qui relèguent la morale et la valeur de la personne humaine à un matérialisme et une chosification dévastateurs. […]L’accumulation quotidienne de petites lâchetés, voilà ce qui mine la pleine prise de conscience du devoir politique des citoyens de divers pays d’Afrique. ». Gandhi formulait plus clairement : “Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde !” (3).
L’utopie que sous-tend la démocratie est celle de voir le peuple voter comme un seul homme qui, face à des difficultés de tout calibre, décide d’adopter un comportement approprié, en vu de remédier à ces difficultés. D’où les atouts que constituent les concepts d’alternance et de majorité, qui agissent alors comme une remise en question non plus personnelle, mais à la dimension d’une société humaine. Quand ça marche, il est difficile de trouver meilleur système de gestion de groupe. Attention toutefois aux mauvaises inspirations (diagnostic) et prescriptions, à l’heure de l’administration du traitement. Ce dernier peut tirer le patient (peuple) des difficultés ou les aggraver pour son plus grand désarroi. Il ira de nouveau, et ce, à intervalles réguliers, s’adresser à un autre grand spécialiste ou charlatan. Ce qu’il aurait moins, voire pas du tout le loisir de faire sous un régime autoritaire.
Tout ce qu’on peut souhaiter, pour nombre de pays, dont le Cameroun, c’est l’avènement de ce jour où l’opinion (ce que les gens pensent de leur état, de comment est-ce qu’ils sont gouvernés), une fois appelée à devenir élection (le vote dans des urnes à bulletin secret, sans trucage), donnera des résultats qui soient en conformité avec, ce que son état d’esprit laissait présager avant et au moment de la consultation électorale. Sous d’autres cieux, rien que l’usure du pouvoir conduit souvent à l’alternance. C’est une respiration.
Mais encore faudrait-il que le corps électoral, qui doit être assez représentatif de l’ensemble des couches de la société, effectue son devoir. En effet, le système démocratique implique deux devoirs fondamentaux qui sont d’un, que l’on se donne la peine d’exprimer son opinion (quel est ce malade qui ne sait même pas dire qu’il a mal ?), ou du moins qu’on s’informe quand on manque des éléments pour s’en forger une; et de deux, un devoir de respect de l’expression des autres opinions, même si on n’est pas obligé de les admettre par ailleurs. Dans une optique de saine émulation.
Il faudrait aussi avoir les moyens de bien sonder cette opinion, en constituant de larges échantillons de la population, en trouvant des solutions susceptibles de résoudre les problèmes de langue ou d’autres difficultés propres au contexte local. Alors on verrait que ce paysan africain, accusé à tort dans le désormais tristement célèbre « discours de Dakar », d’avoir un imaginaire « où tout recommence toujours, et où il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès », a certainement son mot à dire.
Jean Jacques Rousseau avait mis le doigt sur le grain de sable qui empêche le bon fonctionnement de la machine démocratique dans certaines sociétés humaines : « Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas; il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois; et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes. ». Que de difficultés surmontables à partir de la pédagogie de cette citation. Puisque dans une démocratie, il ne peut y avoir ni maître ni esclave (4), nous devons apprendre à fonder notre autorité, le moment venu, sur la raison et non sur l’imposture. Bref, une fois que l’on a choisi le chemin de la démocratie, si l’on veut en tirer quelques fruits, il vaut mieux être vertueux et responsable. Sinon, c’est qu’on ne sait pas combien peut être exigeant ce type de gouvernement, à surveiller comme du lait sur le feu. Cette Vertu peut s’appréhender comme un souci de transparence et d’innovation dans nos faits et gestes publics. Ou alors ce n’est que perte d’énergie et de temps, obscurantisme et pédantisme de coquilles vides.
D’autre part, c’est à loisir qu’on peut découvrir les failles du système. Avec l’historien Pierre Rosanvallon (5), « on se rend de plus en plus compte que le verdict des urnes ne peut plus être le seul étalon de la légitimité. L’élection, en effet, ne garantit pas qu’un pouvoir soit au service de l’intérêt général, ni qu’il y reste. Une appréhension élargie de la notion de volonté générale est ainsi en train d’émerger. Un pouvoir n’est désormais considéré comme pleinement démocratique que s’il est soumis à des épreuves de contrôle et de validation à la fois concurrentes et complémentaires de l’expression majoritaire. C’est à cela que correspond notamment la montée en puissance, partout dans le monde, d’institutions comme les autorités indépendantes ou les cours constitutionnelles. ». Poussé vers la sortie, à quelques mois du terme de son mandat, par son propre parti, l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki ne le démentirait pas.
De plus, la majorité, en terme de maturité, est un mot qui évoque l'âge minimum requis pour voter, ce qui laisse du monde à la porte ; et dans un tout autre sens, la majorité, pendant de la minorité, est un salmigondis, un magma de volontés, de motivations et d’opinions hétéroclites, mouvantes, parfois contradictoires. Mais que dire enfin ! Nous dirons simplement avec Plutarque que « ceux qui se lancent dans toutes les tâches politiques qui se présentent… ont tôt fait de rassasier le peuple de leur personne et de se rendre insupportables, si bien que l’on jalouse leurs succès et qu’on est heureux de leurs échecs. » ; et avec Montaigne : « L'homme, cet être ondoyant et divers. ».
Serges A. Dongmo Mezatio
Sources :
1- http://fr.wikipedia.org
2- http://www.universalis.fr/encyclopedie/C030047/SUFFRAGE_UNIVERSEL.htm
3- http://www.lescasquesbleuscitoyens.com/
4- http://www.maphilo.net/sujet_democratie-264.html
5- Le Nouvel Observateur : N° 2287, du 4 au 10 septembre 2008
Encadré
L’ARCI [*] (Association pour la recherche coopérative internationale) problématise bien ce qu’est ce pouvoir du peuple : « (...) La démocratie est un travail (…) dont le résultat essentiel est une forme d’organisation sociale qui respecte les libertés personnelles tout en garantissant ce que cette société considère comme étant juste pour la majorité. Si la démocratie est le régime où la majorité reconnaît les droits des minorités, c’est parce qu’elle accepte que la majorité d’aujourd’hui puisse devenir minorité demain. Ainsi, l’esprit démocratique est profondément dynamique (…). ‘’La démocratie est la reconnaissance du droit des individus et des collectivités à être les acteurs de leur histoire et pas seulement à être délivrés de leurs chaînes… La théorie de la démocratie n’est que la théorie des conditions politiques d’existence du sujet… J’ai défini le sujet comme l’effort d’intégration de deux faces de l’action sociale : la raison instrumentale (indispensable dans un monde de techniques et d’échanges) et la mémoire ou l’imagination créatrice’’. Ainsi, la démocratie pour Touraine apparaît comme une politique de la reconnaissance de l’autre, de la lutte de sujets, dans leur culture et dans leur liberté, contre la logique dominatrice des systèmes. La démocratie est aussi recherche de combinaisons entre la liberté privée et l’intégration sociale ou entre le sujet et la raison. Enfin, le bien-fondé de la démocratie est d’apporter les conditions institutionnelles indispensables à l’action du sujet personnel. Les objectifs qui doivent donner sens aux activités politiques : · empêcher l’arbitraire et le secret; · répondre aux demandes de la majorité; · assurer la participation du plus grand nombre à la vie politique. ». * http://base.d-p-h.info/fr/fiches/premierdph/fiche-premierdph-1936.html (Livre - TOURAINE Alain, Qu’est-ce que la démocratie ? FAYARD, 1994 (France))
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26 septembre 2008
Génocide
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Le terme « génocide » (du grec « genos », race tribu, et du latin « cide », tuer) est généralement utilisé pour décrire un effort de destruction méthodique dirigé contre un groupe humain ciblé, dont les membres partagent une caractéristique définitionnelle donnée. Dans son sens le plus général, il décrit toute pratique visant à l’anéantissement délibéré d’un groupe, et par extension, l’extermination d’un grand nombre de personnes vulnérables, généralement en peu de temps. Son véritable sens, plus technique, est juridique, et s’emploie pour qualifier certains actes d’une gravité telle qu’ils constituent des comportements criminels aux yeux du droit international. La notion « populaire » : le génocide C’est Raphael Lemkin qui, dans son ouvrage Axis Rule in Occupied Europe (1944), fut le premier à employer ce néologisme pour décrire les pratiques de guerre des Nazis. Le terme se limitait alors à la destruction délibérée d’un groupe national ou ethnique, soit un « plan coordonné de différentes actions visant à détruire les fondements essentiels de la vie des groupes nationaux, pour anéantir ces groupes eux-mêmes ». La notion s’est par la suite élargie pour embrasser d’autres critères aptes à cristalliser une identité collective (race, religion, etc.). Dans cette acception générale, on pourrait concevoir un génocide commis à l’endroit de maints types de collectivités humaines, comme des groupes sociaux (communautés linguistiques, travailleurs, itinérants, sans-papiers, etc.) ou politiques (tenants d’une idéologie, membres d’un parti, défenseurs d’un idéal, militants pour une cause, etc.). Toutefois, on préfère généralement s’en tenir à des caractéristiques de « genre », généralement héritées à la naissance plutôt que choisies, et qui participent de l’être de la victime plutôt que de son devenir : il s’agit de « critères d’appartenance indélébile » plutôt que de « choix assumés ». L’anéantissement envisagé peut être physique (meurtres, torture, stérilisation forcée,...), mais il peut aussi viser l’éradication de l’identité sociale du groupe plutôt que la disparition effective de ses membres. Des mesures de dispersion ou de transfert forcé d’enfants, voire de dilution culturelle par migration forcée, destinées à atomiser le groupe et à l’empêcher de se reconstituer, peuvent ainsi, selon plusieurs, être considérées comme des comportements génocidaires. Ainsi Lemkin lui-même affirmait-il que pouvaient être tenus pour tels des atteintes délibérées aux coutumes, pratiques et institutions qui assurent la perpétuation de l’existence du groupe visé et le respect de son identité et de sa dignité, pratiques plus insidieuses mais parfois tout aussi efficaces. D’aucuns ont dérivé de cette idée la notion de « génocide culturel », qui couvrirait des actes commis délibérément dans l’intention d’empêcher les membres d’un groupe d’utiliser leur langue, de pratiquer leur religion ou d’avoir des activités culturelles, pratiquant ainsi une sorte d’élimination à petit feu se déployant dans la durée. La notion demeure controversée et n’est généralement pas retenue dans le discours technique relatif au génocide. De même, l’écocide, à savoir les actes commis dans l’intention de perturber ou de détruire l’écosystème d’une région particulière en attaquant l’environnement, n’est pas inclus dans la définition classique. La notion juridique : le « crime de génocide » Dans la foulée des exactions commises durant la seconde Guerre mondiale, certains actes se sont vus élevés au rang exceptionnel de « crime de droit international », entraînant la responsabilité pénale individuelle des coupables et l’application à leur égard du principe de la compétence universelle. Le génocide appartient sans conteste à cette catégorie « d’atrocités qui défient l’imagination et heurtent profondément la conscience humaine », menaçant de par leur gravité « la paix, la sécurité et le bien-être du monde » (préambule du Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale). Qu’est-ce qu’un crime de droit international ? Ce terme, dont l’emploi demeure exceptionnel, est réservé à des comportements particulièrement répréhensibles, néfastes ou dangereux : la piraterie et la traite des esclaves constituent les premiers exemples de telles infractions. Ils constituent une violation particulièrement grave de normes de droit international et nécessite un effort de répression particulièrement vigoureux. De par la structure même du droit international, cette répression, s’exerçant à l’égard d’individus devant individuellement répondre de leurs actes, a d’abord été diffuse : c’est aux États que revenait - et que revient encore - la charge de poursuivre et de châtier les coupables. Toutefois, la qualification internationale des crimes en jeu permettait une entorse au principe usuel exigeant un critère de rattachement du crime à l’État impliqué (crime commis sur son territoire, par ou à l’encontre de l’un de ses ressortissants, etc.) : en vertu de l’application de la compétence universelle, tout État était en droit d’arrêter les responsables et de les condamner en vertu de ses propres lois. Dans les années ’90, la Belgique, l’Espagne et la France se sont notamment illustrées en entamant certains recours sur cette base, non sans controverse. La nécessité de recourir à la compétence universelle s’est toutefois partiellement atténuée lorsque des juridictions pénales et des structures institutionnelles de répression ont été mises sur pied pour assurer la mise en œuvre directe du droit international pénal. Le génocide, crime de droit international Le génocide entendu comme acte criminel entraînant la responsabilité internationale du coupable a été défini pour la première fois dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, signée à Genève en 1948. Cette définition, reprise dans les statuts des tribunaux internationaux pénaux ad hoc établis par le Conseil de Sécurité de l’ONU et intégrée à l’article 6 du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale, se lit comme suit : (...) le [crime de] génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) Meurtre de membres du groupe ; b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. A l’issue des négociations entourant le texte de la Convention, les États ont renoncé à englober dans la définition le génocide politique ou culturel. Cependant, des actes similaires (commis de manière générale et systématique et dans le cadre d’une politique arrêtée) contre les membres de tels groupes constituent sans aucun doute, et à tout le moins, des crimes contre l’humanité. À l’instar du crime contre l’humanité, un génocide peut être commis sans égard aux circonstances - en temps de paix comme en temps de guerre - et est frappé d’imprescriptibilité : le crime pourra être poursuivi en tous temps, sans limite fixée au dépôt d’une poursuite, garantissant l’intervention judiciaire contre l’érosion due au temps. Nul n’est censé pouvoir échapper à la répression, qui peut frapper les chefs de l’État comme les exécutants. En outre, il importe peu que les actes punissables aient constitué une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés : « le fait que le droit interne ne punit pas un acte qui constitue un crime de droit international ne dégage pas la responsabilité en droit international de celui qui l’a commis. » (Principes de Nuremberg). Certains comportements criminels associés au génocide sont également punissables à ce titre (l’entente, la complicité, la commande, l’assistance,...) dès lors qu’il y a commission ou tentative de commission du crime. Toutefois, l’incitation directe et publique à la commission d’un génocide constitue en elle-même une infraction, et ce même en l’absence d’actes ultérieurs. « commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel » Deux éléments essentiels doivent être établis afin que l’on puisse légalement qualifier un acte de « génocide » : un élément matériel, soit la commission de l’un quelconque des actes énumérés dans l’article cité ci-dessus, et un élément psychologique constitué généralement par l’intention coupable, dans ce cas particulier « l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ». La preuve de ces deux éléments, parfois difficile, est nécessaire pour obtenir une condamnation pénale sous le chef de génocide. dans l’intention de détruire (...) un groupe La violence génocidaire est formulée et commise par des individus, mais les actes doivent s’intégrer dans un plan systématique visant la destruction du groupe, ou à tout le moins à un tissu d’actes similaires dont il sera possible d’inférer une intention génocidaire. Par ailleurs, il n’est pas nécessaire de rattacher le programme de destruction à la politique d’un État, si tant est qu’un autre groupe organisé (organisation internationale, gouvernement sub-national, milices, organisation terroriste, puissance occupante, etc.) peut remplir ce rôle, en autant qu’il puisse raisonnablement disposer des moyens requis pour imaginer mener à bien l’entreprise. dans l’intention de détruire (...) un groupe (...) comme tel L’acte commis doit en outre l’être dans l’intention explicite de détruire le groupe, et conçu pour favoriser la réalisation de cet objectif. Le génocide est dirigé contre le groupe en tant qu’entité : les actions qu’il entraîne sont menées contre des individus, non en raison de leurs qualités individuelles, mais uniquement parce qu’ils sont membres du groupe visé. Ainsi, la victime ultime du crime n’est pas l’individu, mais le groupe. Ce dernier est par ailleurs le plus souvent défini et circonscrit par les agresseurs, sans qu’il soit nécessaire de manifester de sentiment d’appartenance ou même de choisir (ou de nier) son rattachement. dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe Point n’est besoin de planifier l’éradication de la population choisie dans son ensemble ou à l’échelle du globe. La portion ciblée par les coupables doit être vue comme une entité distincte et marquée pour annihilation en tant que telle. On doit pouvoir déceler l’intention d’en éliminer sinon l’ensemble, du moins une partie substantielle au-delà de laquelle la viabilité du groupe est atteinte. Il en va de même lorsqu’on a, pour ce faire, identifié les dirigeants ou autorités socio-culturelles les plus significatives. Il n’y a pas de seuil quantitatif de victimes : ainsi, il est concevable que le meurtre d’une seule personne puisse donner lieu à une accusation de génocide, si l’on peut prouver l’intention requise associée à sa commission ; inversement, un massacre de masse peut échapper à la qualification de génocide si cette intention est absente ou ne peut être prouvée. Ceci peut créer des problèmes de compréhension, notamment au sein du grand public. L’étiquette « génocide » Un exemple de l’articulation parfois malaisée entre des comportements horrifiants et la qualification de génocide est la tristement célèbre pratique du « nettoyage ethnique », laquelle peut ou non, selon le cas, constituer un acte de génocide, selon qu’il est possible d’établir l’intention de détruire le groupe et non « simplement » celle de l’expulser. Ce problème d’étiquetage révèle à quel point le terme a acquis une charge émotive particulière aux yeux du public. La controverse entourant le Rapport de la Commission Internationale d’Enquête sur le Darfour (ONU) en 2004 démontre également cet aspect plus dramatique du débat. Ainsi, d’aucuns se sont dits outrés de voir que la Commission d’enquête n’a pas jugé détenir de preuves suffisantes pour soutenir une dénonciation de génocide dans le rapport, et ce même s’il ne fait aucun doute que les comportements observés « ont été menés de façon systématique et répandue et peuvent donc constituer des crimes contre l’humanité ». Ces derniers sont, en théorie tout aussi graves et répugnants que le génocide, lui-même crime dirigé contre l’humanité de ses victimes. Mais l’impact cathartique n’est pas le même : le génocide semble avoir conservé, à l’échelon international, son statut peu enviable de « crime des crimes ». Génocide et opérations de paix La violence génocidaire a par ailleurs acquis une visibilité accrue en vertu de l’intérêt témoigné par les média et de la prolifération d’images-choc, notamment sur les chaînes d’information en continu. Le témoignage d’ONG internationales réputées et d’autres éléments de la société civile a aussi eu pour effet de susciter une vive réaction dans les opinions publiques, demandant que soit fait quelque chose. L’incapacité démontrée par les forces onusiennes en présence à faire face et à confronter des comportements génocidaires en ex-Yougoslavie et au Rwanda notamment, a poussé l’ONU à entreprendre une réévaluation en profondeur de la conduite de ses opérations de paix, effort incarné dans le Rapport Brahimi. à la lumière de cette expérience, les participants aux opérations de paix peuvent désormais se voir confier de nouveaux types de missions relevant plus de la traque policière que des activités militaires. Par ailleurs, c’est à cette impuissance (ou indifférence) des institutions internationales que l’on doit le nouveau souffle instillé au débat sur la pertinence de reconnaître aux États un droit d’ingérence ou de redéfinir leur souveraineté en fonction de leur responsabilité de protéger. De même, la recrudescence apparente de la violence génocidaire a suscité un engouement renouvelé pour le droit international pénal. C’est notamment à la suite de pressions de l’opinion publique que fut décidée la création des tribunaux pénaux internationaux ad hoc, puis l’établissement de la Cour pénale internationale. Jean-François Gareau Katia BOUSTANY & Daniel DORMOY (éd.), Génocide(s), Bruylant / Editions de l’Université de Bruxelles (Collection de droit international n°42), Bruxelles, 1999 Laurence BURGORGUE-LARSEN (dir.), La répression internationale du génocide rwandais, Bruylant (coll. du CREDHO, vol. 4), Bruxelles, 2003, 351 p. J.-F. FLAUSS (éd.), Les nouvelles frontières du droit international humanitaire, Bruxelles, Bruylant, 2003 Yves TERNON, L’innocence des victimes : au siècle des génocides, Paris : Desclée de Brouwer, 2001, 158 pp. Samuel TOTTEN, William S. PARSONS & Israel W. CHARNY, Century of Genocide : Critical Essays and Eyewitness Accounts, 2nd edition, Routledge, 2004 Benjamin A. VALENTINO, Final Solutions : Mass Killing and Genocide in the 20th Century, Cornell University Press, 2004 Samantha POWER, A Problem from Hell : America and the Age of Genocide, Harper Perennial, 2003, 656 pages Israel W. CHARNY, Encyclopedia of Genocide, ABC-Clio Inc, 1999, 720 pages Aryeh NEIER, War Crimes : Brutality, Genocide, Terror, and the Struggle for Justice, Times Books, New York, 1998 R.J. RUMMEL, Death by Government : Genocide and Mass Murder in the Twentieth Century, New Jersey : Transaction Publishers, 1994. Raphael LEMKIN, “Chapter 9 : Genocide”, Axis Rule in Occupied Europe : Laws of Occupation - Analysis of Government - Proposals for Redress, (Washington, D.C. : Carnegie Endowment for International Peace, 1944), p. 79 - 95. S/1999/1257 Independent Inquiry Commission, Report of the Independent Inquiry into the actions of the United Nations during the 1994 genocide in Rwanda, UN Doc. S/1999/1257, 16 December 1999 Application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (Bosnie-Herzégovine c. Serbie-et-Monténégro) actuellement en audience devant la Cour internationale de Justice - Plaidoiries de la Bosnie Herzégovine. Jurisprudence du Tribunal international pénal pour l’ex-Yougoslavie et du Tribunal international pénal pour le Rwanda
Chercheur post-doctoral
Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM)Références
16 juillet 2008
Les intellos à peau noire
Lu Pour Vous :
Christian d’ALAYER : "Je suis content d’être blanc ! "
Bonjour. Je m’appelle Christian d’ALAYER et je suis "un con de blanc", comme on dit au Cameroun, qui a juste écrit un bouquin sur les Nègres, Un crime médiatique contre l’Afrique – Les Africains sont-ils tous nuls.
Depuis que, petit blanc merdique, je défends les Nègres au péril de ma carrière (je suis chômeur définitif à présent), j’en ai pris plein la gueule. Surtout des intellos à peau noire (je me demande ce qu’ils ont d’autre de noir, ces gus !)
Faut voir ce qu’ils m’ont sorti quand j’ai fait ce qu’on appelle la "promo" du bouquin, c’est-à-dire une série de conférences-débats au cours desquelles on explique ce qu’on a fait et pourquoi on l’a fait et, en retour, on se voit malmené par l’assistance.
Je me rappelle encore l’invitation d’une association d’étudiants majoritairement Sénégalais. Quand j’ai dit, oh ! Horreur, que l’aide publique occidentale était à la fois "peanuts" (égale à presque rien) et nuisible, j’ai vu se lever l’étendard de la révolte…nègre. De la part de gens qui, par ailleurs, conspuaient et conspuent toujours leurs gouvernants Africains qu’ils accusent notamment de dilapider l’aide occidentale.
Une bonne partie de la salle, toutefois, a pris parti pour moi, notamment quand j’ai mouché une jeune intellectuelle qui osait dire qu’elle voulait d’abord réfléchir avant d’accepter le développement du pays qu’elle avait quitté et que, probablement, elle ne reverrait jamais : cette jeune crétine, il n’y a pas d’autres mots, se permettait de critiquer le mode occidental de développement et exigeait un moratoire avant de le copier dans son ex-patrie.
Pas mal, non ?, quand on sait que les taux de chômage dans les grandes villes subsahariennes en cours de constitution avoisinent les 25% ! Je lui ai répondu, justement, que les pauvres ne pouvaient attendre et figurez-vous que ma réponse n’a plu ni à la dame, ce que je comprends, ni aux organisateurs de la réunion qui m’ont engueulé en public. Et c’est en réaction à cette engueulade qu’une partie de l’assistance, celle qui se tassait au fond de l’hémicycle, m’a littéralement ovationné.
L’opposition était plus que nette entre les intellectuels et le bas peuple, si vous me permettez cette expression un peu facile. Les uns se complaisaient dans leur univers nébuleux, les autres réagissaient face à la vraie vie.
C’est du moins la conclusion que j’en ai tirée en me disant toutefois que je pouvais me tromper et que les intellectuels Africains expatriés n’étaient peut-être pas tous comme Calixte BELAYA, vous savez, cette écrivaine Camerounaise qui a osé défendre les fermiers blancs du Zimbabwe contre le gouvernement de Robert MUGABE lequel, aujourd’hui, les exproprie. En oubliant beaucoup de choses au passage : que les Anglais, lors des accords de Lancaster House, avaient promis par écrit d’aider financièrement les Zimbabwéens à racheter les terres que les Blancs leur avaient piqué sans indemnités dans les dernières années du 19e siècle (c’est-à-dire hier) ; qu’ils n’ont pas tenu leur promesse et que, lorsque Robert MUGABE, poussé par ses anciens combattants de la Liberté , a voulu agir tout seul et en direct, il a été diabolisé par Londres ; que Londres, alors, a financé une opposition sur base ethnique en se fondant sur l’ethnie ultra minoritaire qui avait combattu aux cotés de IAN Smith contre les forces rebelles de Robert MUGABE ; et qu’en fin de compte, le dit MUGABE, bien que pas vraiment démocrate (mais la démocratie ne règne pas du tout dans le camp adverse qui s’est déchiré à plusieurs reprises sur ce thème), sera bel et bien considéré comme un héro de la décolonisation par toute l’Afrique noire dès qu’il sera mort (il n’est plus tout jeune).
Bref, vous avez sans doute pigé qu’une partie notable (tous ?) des intellos à peau noire et vivant en France n’étaient plus véritablement des Nègres.
Comment comprendre, sinon, que réunis au sein d’une association dont j’ai déjà oublié et le nom et les initiales tellement elle est absente du paysage médiatique, les intellectuels noirs vivant en France se soient aussi peu intéressés à la campagne électorale Française ?
Je n’ai pas le souvenir d’une seule intervention d’importance, un coup de gueule, une analyse dérangeante, quelque chose de fort, quoi !, qui vaudrait l’admiration des foules. Rien, le vide absolu, y’a même plus de Nègre chez RUQUIER ! Sans doute les intellos à peau noire sont-ils bien, justement, dans leur peau, repus, heureux, riches, embourgeoisés ? Et qu’ont-ils à faire alors des paumés des banlieues tiraillés entre un monde normal qui a foutu le camp, les parents chômeurs, l’école qui les a éjectés, un environnement de béton déshumanisé, le mépris des autres…
Et, face à cela, les facilités de la violence qui réhabilite les garçons (au moins, se disent-ils, ils sont des hommes), celles du "deal" qui procure argent et considération et celles du journal télévisé qui, une fois par an, vous rappelle que vous existez quand même !
"Regardez-vous, bande de salopards : vous vous auto désignez comme représentants patentés du peuple noir, vous monopolisez les ondes que vous abandonnent les Blancs, vous n’arrêtez pas de créer des associations et pas un n’a eu le courage d’intervenir dans la campagne électorale quand SARKOZY a brandi la menace d’un ministère de l’Immigration".
Alors, les bourges, y’en a pas un seul que cela fait frémir ? Sans compter les culs-terreux qui s’entassent dans les grandes villes d’Afrique et qui, faute de boulot sur place, font tout pour aller vers "l’Eden", ce Nord censé leur apporter le bonheur : ça vous en bouge une sans déranger l’autre, comme dirait CHIRAC ?
Je suis blanc et, probablement, plus intellectuel que la majorité d’entre vous. Et bien dites-vous que je suis plus que content d’être blanc ! Non parce que mon sort est préférable au vôtre, mais parce que je n’ai ainsi aucune honte à être intellectuel. Alors que, noir, je la ressentirais, cette honte, au plus profond de moi, en me disant que mes frères me maudiront des siècles durant. Car ils le feront :
Un jour, les Africains se poseront des questions. Et les réponses qu’ils trouveront ne vous ne vous plairont pas, mais pas du tout. Songez qu’il n’y a eu que deux interventions réellement nègres dans la campagne électorale Française : l’écrivain Béninois (il préfère parler du Dahomey) Olympe BHELY QUENUM dans le Gri-Gri International et un petit bout de femme, mère de famille, Marthe DAYAS-EYOUM, sur le site de Ségolène ROYAL, Desirdavenir.
Ah ! J’allais oublier aussi l’inévitable sondage de Jeune Afrique (sic), "pour qui votent les immigrés" (le canard est si peu Africain qu’il ne parle pas d’émigrés mais d’immigrés).
Vous trouvez ça correct ? Je ne parle pas "d’insuffisance", c’est un mot trop doux pour qualifier le comportement des élites Africaines émigrées en France face aux enjeux d’une campagne électorale de première importance.
Le vide, le vide absolu. La faillite…
Christian d’ALAYER
09 septembre 2007
Gestion de la forêt congolaise
Lu et approuvé pour vous sur le site de mon ami Pépin Boulou à Pointe-Noire GESTION DE LA FORET CONGOLAISE |
| INTERMINABLE POLEMIQUE SUR L’EXPLOITATION DE LA FORET CONGOLAISE |
(A mon Ami BIOKA BONGO Bernard) «Mentez, mentez. Il restera toujours quelque chose». Voltaire. Une ressource longtemps masquée. De même qu’un train peut en cacher un autre, de même une ressource peut en cacher une autre… Au Congo Brazza, l’immense succès de l’or noir a presque fait oublier, pendant longtemps, l’existence de l’or vert, la deuxième ressource du pays. Ressource renouvelable et inépuisable s’il est bien géré, le bois a été la première richesse du Congo Brazzaville jusqu’en 1972. A partir de cette date qui marque simultanément la fin de la suprématie du bois et le début du premier boom pétrolier Congolais, le secteur de l‘économie forestière fut non seulement relégué au second plan; mais manifestement négligé. Dès lors, les regards des Congolais, toutes catégories confondues, furent tous braqués sur l’exploitation pétrolière, et surtout les colossales recettes qu’elle a souvent générées. Une prise de conscience soudaine A partir de l’an 2000, la vigilance des Congolais, longtemps chloroformée par les miasmes des hydrocarbures, se réveilla brusquement. Le gouvernement congolais mis en cause Sans nul doute, ce débat public national au sujet de la forêt, avait été déclenché par l’hebdomadaire frondeur l’Observateur en fin décembre 2002. Ce journal Congolais titrait à la une:‘’Forêts Congolaises; la maffia bazarde et massacre en silence’’. En effet, dans un article à caractère documentaire, l’observateur mettait ouvertement en cause le régime en place. Principal accusé: Henri DJOMBO, le ministre de l’économie forestière et de l’environnement(3). Cet article provocateur avait été inspiré par des propos peu convaincants de Mr Henri DJOMBO sur les antennes de RFI. Cette réplique fut évidemment rapportée par l’observateur. Selon cet organe de presse Congolais, Jean Pierre EDIN avait rétorqué en ces termes: « La forêt congolaise est surexploitée…les opérateurs asiatiques qui s’intéressent de plus en plus aux forêts guinéo-congolaises, pratiquent vraiment des coupes terribles. Ils prennent sur la surface tout le bois, y compris des bois très jeunes pour être coupés… l’Etat Congolais récolte rarement les taxes forestières… il y a énormément des détournements quand elles sont payées; y’en a beaucoup qui ne sont jamais payées. Donc, les revenus pour les pays sont assez faibles par rapport au bois extraits… tout se passe dans l’opacité». Enfin, l’Observateur terminait ce dossier par un précieux avertissement aux Congolais:‘’Le ministère de l’économie forestière et de l’environnement est une mine d’or. Il faut y ouvrir un œil’’(5). Force est de constater que ce conseil demeure bien suivi. Par conséquent la polémique pouvait se poursuivre. Démenti d’un ministre morveux Blessé dans son amour-propre, le ministre Henri DJOMBO ne tarda pas à réagir. Une semaine après l’apparition de cette livraison de l’Observateur, il contre-attaqua «démocratiquement» par l’entremise d’un déjeuner de presse qui eut lieu le 28 Décembre 2002 à Brazzaville. D’un ton énergique, il avait déclaré: "… Les organismes internationaux ont décerné au Congo le prix le plus élevé dans la gestion durable du secteur forestier du bassin du Congo. Notre pays a été le premier à réaliser le clonage de l’eucalyptus. Les contrôles de chantier et la disparition des permis se font selon les normes légales. Il n’y a pas d’opacité dans la gestion de la forêt congolaise…Au Congo, il y a des garde-fous pour contrôler la coupe du bois…, la forêt primaire est quasi-intacte, malgré de nombreux passages de coupes opérées dans la zone sud …"(6). Au cours de ce déjeuner de presse, Henri DJOMBO avait fustigé l'altitude des propagateurs de mensonges qui agissaient de la sorte pour déstabiliser l'opinion publique nationale et internationale afin que le Congo soit discrédité sur le marché du bois. Selon lui, ces propagateurs de mensonges étaient à la solde des convoiteurs des exploitants actuels dans le secteur forestier au Congo. Réfutant les accusations de Jean Pierre EDIN(sans le citer), Henri DJOMBO soutenait mordicus que les malaisiens n’opéraient pas des coupes sauvages du bois congolais, mais plutôt en conformité à la législation en vigueur. Dans la foulée, il avait ajouté: "Les malaisiens ont installé des usines de transformation de bois sur place. Ce que certains ne font pas". Enfin, Henri DJOMBO a indiqué les perspectives de développement du secteur forestier au Congo; notamment la promotion du reboisement en forêt dense, l’agroforesterie et de la foresterie villageoise, l’implication des populations et de la société civile dans la gestion des terrains et le contrôle de la circulation des produits de la chasse. Malgré le déficit démocratique notoire au Congo, la salive et l’encre ne pouvaient que continuer de couler à flots à propos de ce sujet à la fois économique et écologique. Fin momentanée du suspense La rigueur audacieuse et appréciable du nouveau ministre de l’économie et des finances Rigobert Andely, doublée d'un excès de zèle, mit vite un terme au suspense sur le sujet. En critiquant publiquement le code forestier ,pourtant adopté par le C.N.T(7), qui accordait, selon lui, trop de pouvoirs au ministère de l’économie forestière et de l’environnement, notamment en ce qui concerne les recouvrements, Rigobert Andély avait fragilisé l’argumentation de son collègue, le cacique Henri DJOMBO. De plus, à l'hémicycle, Rigobert Andély avait promis de corriger les lacunes constatées dans ce code forestier, de telle sorte que la majeure partie des revenus de l’exploitation forestière puisse désormais atterrir dans les escarcelles du Trésor Public. Une mégestion vite confirmée Un nouvel épisode de cette polémique nationale, par médias interposés, commença lorsque l’Observatoire Congolais des droits de l’Homme vint apporter de l’eau au moulin aux troublantes accusations de l’Observateur. Par le biais de son bulletin trimestriel d’information ‘’Lumière’’, paru au cours du premier semestre 2003, L’O.C.D.H fit le compte-rendu de leurs missions d’enquête sur l’exploitation forestière dans les départements administratifs du Niari, de la Lékoumou et de la Sangha. A travers l’article intitulé: «Man Fai Tai , un exemple de mauvaise gouvernance», L’O.C.D.H incrimina les autorités nationales. En effet, dans cet article, L’O.C.D.H dénonça sans détour l'exploitation intense du bois, la coupe des bois hors normes, la destruction des routes existantes, l'opacité dans la gestion des redevances forestières, la non-publication et le non-respect des cahiers de charges, enfin la violation des droits de travailleurs. Selon L'O.C.D.H; tous ces méfaits et abus, inacceptables dans un Etat qui se respecte, auraient été commis avec l’aval des autorités congolaises. Celles-ci préféreraient garder le silence lorsqu’on les interroge au sujet des questions relatives à l’économie forestière. Le même article de l’O.C.D.H n’épargna pas le Chef de l’Etat Congolais. Véritable crime de lèse-majesté, le Président de la République du Congo fut éclaboussé par les enquêteurs de l’O.C.D.H. selon ces limiers ,à la question de savoir à combien s'élevaient les redevances imputables à Man Fai Tai et comment étaient-elles payées, M. Chen ,responsable chinois de MAN FAI TAI du chantier de NGOUA II répondit :<< Je n'ai rien à vous dire; moi je ne traite qu' avec Sassou >>. Pour ces enquêteurs de l'O.C.D.H, l'assurance dont M. Chen avait fait montre et le ton familier avec lequel il désignait le président de la République du Congo constituaient des preuves suffisantes de l'implication de ce dernier dans ces crimes économiques et écologiques. contre son propre pays! Ultime démenti du gouvernement A partir du moment où le Chef de l’Etat avait été directement mis en cause, dans ce scandale, l’affaire ne pouvait que prendre une autre tournure. Dès lors, la palabre quitta la cité et les médias pour aboutir à l’Assemblée Nationale où le ministre incriminé fut interpellé. Les informations sur la surexploitation de la forêt et sur les coupes de bois sous dimensionnés et jeté dans les ravins pour ne pas être récupérés, n’étaient que pure spéculation. En réalité, le problème est né de la sous information des autochtones, habitués à voir, jusqu’il y a quelques années, des exploitants forestiers nationaux, nantis de très peu de moyens, et donc n’exploitant pas au maximum les permis qui leur étaient attribués, devant des Mastodontes comme la société Man Fai Tai, qui, à elle seule possède entre 200 à 250 véhicules grumiers et a besoin de 15.000m3 pour faire fonctionner ses deux usines de Pointe-Noire. Voila qui donne l'illusion d'un abattage sauvage du bois. Et, sur ce point, les députés du Niari élèvent une protestation pour dénoncer le fait qu’aucune usine de transformation n’ait été implantée dans le département du Niari, qui ne bénéficie nullement des bienfaits de sa forêt… au niveau des entreprises forestières, il leur est fait le reproche de la part des populations de détruire outrancièrement la forêt sans la replanter … avec un personnel faible de 362 agents, il est difficile à l’administration forestière de contrôler les 20 millions d’hectares que compte le Congo…>> Les conclusions de ce rapport d’enquête, tant attendu, ne firent pas l’unanimité. Une partie de l’opinion estima que la commission d’enquête était partisane, corrompue et lâche… en un mot inféodée au pouvoir en place. Pépin BOULOU NOTES (1)- L’exploitation pétrolière au Congo s’effectue au mépris total des normes de protection de l’environnement. Pour s’en convaincre, lire ’’Pointe-Noire: bidonville de pétrole’’. In ’’les dossiers du canard Enchaînés’’. ‘’l’empire d’essence’’(fric, politique, Barbouzes); publiés en mars 1998. (2)- Lire l’hebdomadaire congolais l’Observateur N°182 du 19 au 25 Décembre 2002, page3. (4)- Ce douloureux troc n'a pas vraiment disparu. Une démagogique du ministre des transports, Emile Ouosso( lors d'une récente allocution, prononcée à Oyo en 2007) nous le confirme :<<…Financés entièrement par le consortium malaisien Korail Corée, ces deux chemins de fer ne coûteront aucun franc à l'Etat congolais . En retour, le consortium va exploiter les ressources naturelles trouvées sur le parcours des deux projets >>. (5)- Dans un ouvrage qu'il a co-écrit avec d'autres intellectuels de la diaspora et qu'il a coordonné , Michel NKAYA présente ainsi la richesse de la biodiversité congolaise:<<…une diversité abondante la caractérise, avec des écosystèmes variés: 500 espèces végétales, 150 espèces de bois d'œuvre, 200 espèces de mammifères et 700 espèces d'oiseaux. Le Congo est le seul pays du bassin qui possède une forêt primaire quasi – intacte. Par ailleurs, le Congo occupe la deuxième place mondiale, après le Brésil, pour ce qui concerne les eucalyptus; mais c'est au Congo que la technique du clonage de l'eucalyptus a été mis au point pour la première fois... >> Lire Michel Nkaya, le Congo – Brazzaville à l'aube du 21ème siècle; plaidoyer pour l'avenir, collection études africaines, éditeur l'Harmattan). (7)- C.N.T ou Conseil National de transition a été le parlement de transition de 1998 à 2002. Ces 75 membres ne furent pas élus; mais tout simplement désignés sur liste unique par le pouvoir. (8)- Lire "De l’ordre dans les revenus de l’exploitation forestière", la semaine Africaine N°2396 du jeudi 9 Janvier 2003, page3. (9)- Lire "La SOCALIB: paie tes impôts", l'Observateur N°184 du 02 au 08 Janvier 2003 Page5. (10)- Pour les autorités actuelles du pouvoir de Brazzaville, l’observatoire Congolais des droits de l’homme (O.C.D.H) n’est pas une institution neutre. Elle serait à la solde des dirigeants de l’ancien régime contraints à l’exil et aussi de l’opposition interne. (11)- Lire Roch Euloge NGOBO et Jean Jules KOUBOU «Exploitation forestière: Man Fai Tai, un exemple de mauvaise Gouvernance», in ‘’Lumière’’ N°13-14 du premier semestre 2003, pages 9 et 10. Man Fai Tai est une société de droit congolais dont les promoteurs sont des entrepreneurs chinois qui importent la main d’œuvre de la Malaisie et des Philippines. Elles exploite le bois du Congo, dans le département du Niari depuis 1995 à Ngoua II, Mayoko et Poumbou. (12)- Lire "Exploitation forestière du massif du Chaillu: polémique entre l’administration forestière", in les Echos du Congo N°181 du 15 au 22 Octobre 2003, page2. (13)- Victime de critiques incessantes de la part des citoyens sceptiques, le gouvernement Congolais ne manque aucune occasion pour prouver sa gestion transparente des ressources forestières de leur pays. C’est ainsi qu’en Septembre 2006 à New York, en marge de la 61è session ordinaire de l’assemblée générale des nations Unies, le gouvernement Congolais sur le Thème: «Forêt congolaise, patrimoine de l’humanité». Conformément à la loi 16-2000 du 16 Novembre 2000, relative au code forestier, le gouvernement Congolais a crée le service ce contrôle des produits Forestiers à l'exploitation (S.C.P.F.E) par l'arrêté 461 du 19 février 2003, une nouvelle entreprise, la société générale de surveillance (S.G.S) est destinée comme prestataire suivant la convention du 06 Juin 2002 signé entre le gouvernement Congolais et la S.G.S dont le siège se trouve à Genève en Suisse. Voici les missions que le gouvernement Congolais a confié à la S.G.S; contrôler la quantité et la qualité du bois et dérivés à l’exportation, par l’agréage; contrôler la qualité des produits de la flore et la faune à l’exploitation, à la réexportation et à l’importation; suivre les prix du bois et des produits forestiers non ligneux à l’exploitation; suivre la conjoncture des produits forestiers sur le marché international; assurer le recyclage des classeurs de bois et autres produits forestiers; créer et gérer une banque de données, sur les exploitations des produits forestiers et dérivées tout en publiant les statistiques annuelles y relatives; participer au processus de la certification forestière; produit et publier périodiquement une note de conjoncture; et enfin veiller aux respect des quotas d’exportation des bois en grumes . Loin de contribuer à la sécurisation des recettes de l'Etat et de la gestion durable de la forêt congolaise par la lutte contre la fraude et la corruption, la S.G.S, après trois ans de service ,a absolument déçu. Au terme d'une enquête qu'il a menée sur le sujet, l'hebdomadaire congolais Le Choc ( pourtant très proche du pouvoir de Brazzaville) N°514 du 27 novembre 2006 page 6, affirme que << le contrat signé entre l'Etat congolais et la SGS est un vrai marché de dupes… L'irresponsabilité de l'Etat s'étale avec stupeur. Un vrai Etat voyou qui a toujours pris le plaisir de jeter son argent par les fenêtres…>> ©Pépin Boulou Août 2007 |
26 août 2007
Cameroun-Congo : "l'opposition" après les élections? quelle issue?
Après les mascarades électorales du Cameroun et du Congo, voici une analyse du quotidien burkinabé "le pays".
Cette analyse a été redigée en 2002, elle garde toute sa pertinence, même si elle prônait un optimisme confiant en l'avenir, et devra interpeller les Africains épris de justice et démocratie.
Quotidien le Pays N°2548 du 16/01/2002
OPPOSITION AFRICAINE
Un cumul d'incompréhensions
La réalité politique était probablement bien plus simple il y a encore quelques années sur le continent. C'était l'époque des tout puissants partis uniques regroupant d'office l'ensemble des citoyens. Mais avec le sommet de la Baule et l'effondrement du mur de Berlin, une mutation de taille s'est produite en Afrique.
Une nouvelle conception des rapports politiques au plan interne a fait jour, obligeant la plupart des Etats à copier le schéma en vigueur des démocraties libérales. Désormais, face au parti au pouvoir, se positionnent des partis d'opposition. Cette bipolarisation du jeu politique est considérée comme une condition, voire une caractéristique de la démocratie moderne.
Une dizaine d'années après ce vent de renouveau, le processus de démocratisation poursuit son chemin, assez péniblement souvent. L'opposition africaine reste une équation non résolue par la classe politique dans son ensemble. Pour les régimes en place, elle est au mieux un élément du décor, sinon un ennemi à abattre.
Dans tous les cas, les partis d'opposition sont à détruire, la différence ne résidant que dans le procédé. Les plus primitifs des tenants du pouvoir ont systématiquement recours aux méthodes fortes et brutales. Avec eux, les leaders de l'opposition ont vite fait de devenir de fidèles abonnés des prisons et autres lieux de privation de liberté. Le moindre avis qu'ils émettent sur la gestion des affaires publiques tombe sous le délit moyenâgeux d'offense au chef de l'Etat. S'en suit, assez logiquement, la déchéance des droits politiques.
Pris sous un tel éteignoir beaucoup d'opposants africains se résignent à emprunter la voie de l'exil. Les plus téméraires refusent cette forme d'abdication, optant délibérément de courir le risque de finir leur jour dans les geôles, ou, plus simplement dans un mystérieux accident.
Heureusement, cette manière de venir à bout des opposants politiques est en train de perdre du terrain. Les pressions multiples de la société civile et des bailleurs de fonds y sont certainement pour quelque chose. Contraints de se montrer sous l'image de démocrates, les gouvernements africains ont troqué le bâton contre la carotte. Tous les moyens sont mis en branle pour constituer des gouvernements de large ouverture. Les opposants ou ceux qui se réclamaient tels acceptent de reconsidérer leurs positions moyennant des avantages matériels. Aux oubliettes les convictions, finis les discours dénonciateurs que l'on proférait à longueur de journée.
Le pouvoir, que l'on trouvait si mauvais il y a seulement quelques temps, devient soudainement si bon. Pas étonnant que ces nouveaux convertis poussent le ridicule à son summum en se montrant parfois plus royalistes que le roi. Les grands efforts qu'ils consentent pour justifier leur comportement ne sont que l'expression du malaise profond dans lequel ils se trouvent. Mais bien plus grave, est le reflet du degré de conscience que les oppositions africaines ont de leur utilité dans le bon fonctionnement des processus démocratiques. S'il est établi que la vocation première d'un parti politique est la conquête du pouvoir d'Etat, il n'est pas moins vrai que les hommes politiques du continent font montre d'une précipitation déconcertante.
Certes, il y a des exceptions dont la figure emblématique est aujourd'hui Abdoulaye Wade. Cet homme, à l'image de François Mittérand qui a passé près de la moitié de son existence dans l'opposition, a mené une bataille méthodique. Les observateurs s'en sont aperçus, ses passages dans les gouvernements du président Abdou Diouf relevaient beaucoup plus du calcul et de la stratégie politiques que de la compromission. Le fait est dramatique et il faudrait même en pleurer.
Bon nombre de partis d'opposition se créent sans aucun souci de participer à la vie démocratique. L'opposition africaine ignore royalement sa raison d'être. La politique est un fonds de commerce qui ne sert qu'à engranger des intérêts bassement matériels. La léthargie dans laquelle retombe un grand nombre de partis après les campagnes électorales donne à méditer. Les populations africaines doivent revendiquer un droit de regard sur l'usage fait par les partis politiques des fonds publics qui leur sont alloués. Il y a du tout dans l'arène politique de la pauvre Afrique : des hommes de vertus, et surtout des hommes de moralité douteuse. Le bon sens recommande que l'on soit prudent face au modèle de démocratie à parti unique prôné par l'Ouganda de Yoweri Museveni. Il est cependant pertinent de penser à mettre un bémol à la prolifération des partis politiques. En aucun cas, il n'y aura pas 36 000 manières de faire le bonheur d'un peuple ; et même en admettant cette éventualité, il n'y aura pas 36 000 programmes.
La classe politique doit penser à redorer son blason qui est plus que terni. Le pouvoir doit cesser de créer des partis dits d'opposition dans le but de biaiser le jeu démocratique. Les autres, ceux qui se réclament vrais opposants, doivent cesser, quant à eux, de s'adonner à la politique du tube digestif.
Il faut croire que le Burkina est sur la bonne voie avec la consécration au plan législatif du statut de l'opposition. Si le texte n'est pas vidé de son esprit, c'est la preuve que l'opposition est en passe d'accéder à une reconnaissance. Pour donner tout son lustre au jeu démocratique, il faut que coexistent un pouvoir qui gouverne et une opposition qui contrôle et critique. Tant que les civils ne s'efforceront pas de respecter ce schéma, le pouvoir sera dans la rue avec son cortège d'anarchie. Ce prétexte sera alors tout trouvé pour les militaires qui n'hésiteront pas à donner un coup de balai, à leur manière.
"Le Pays"
© Les Editions Le Pays - 2005
24 mars 2007
Palabre africaine, un outil politique d'avenir
Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr
L'égyptologue congolais Bilolo-Mubabinge a écrit cette vérité qui devrait hanter l'esprit de tous les Africains, du moins celui de la frange qui se dit intellectuelle : "La crise politique continentale actuelle prouve la nécessité de se pencher sur la question de l'autorité et sur celle du système politique susceptible de contribuer au développement intégral et harmonieux de l'Afrique et du monde. Quelle est la philosophie fondamentale Bantu de l'autorité et comment peut-elle transformer la vie politique de l'Afrique d'aujourd'hui ? " Aussi s'est-il attaché à produire sur la question un document d'une rare profondeur et d'une pertinence remarquable, que tous ceux qui s'intéressent à l'Afrique gagneraient à lire.
Cinq ans avant lui, un Suisse du nom de Pierre Pradervand avait fait la pertinente observation suivante : "La tradition africaine de la palabre, (…) est une forme fondamentalement démocratique de débat au cours duquel on discute jusqu'à ce que le groupe trouve un consensus qui fasse l'unanimité. Le consensus solidifie et unit le groupe par le fait même qu'on a auparavant permis à toutes les opinions de s'exprimer. Il n'y a jamais de vote dans la tradition africaine, ce dernier impliquant en général une minorité qui se sent frustrée. "
Quant à Ndjimbi-Tshiendé, il confirme et accentue l'assertion de Pradervand lorsqu'il affirme : "La palabre africaine est une forme juridique institutionnelle de gouvernement unissant harmonieusement la démocratie directe, la démocratie représentative et l'oligarchie, les meilleurs systèmes politiques de l'histoire connus jusqu'aujourd'hui. Aussi pour être juste à l'égard de l'Afrique et scientifiquement objectif, il faut redéfinir ce mot pour qu'il retrouve sa vraie valeur… ou même le remplacer par un mot plus objectif comme celui de "recojustice" quand il s'agit de cette réalité africaine."
Comment la palabre dont il est question ici devrait pouvoir produire un régime politique qualitativement supérieur à la démocratie occidentale que tous les " politicards ", tous les politiciens et même les politologues actuels donnent comme la panacée pour la gestion de toute cité ? Comment travailler à redynamiser une telle conception de manière à en faire une référence valable universellement reconnue et acceptée ? Voilà le genre de questions auxquelles une intelligentsia africaine digne de ce nom devrait s'atteler ! Mais les intellectuels africains d'aujourd'hui, dans leur écrasante majorité, sinon dans leur quasi-totalité, sont entièrement incapables d'accepter la simple idée qu'une telle entreprise puisse être envisagée ! Ils balayeraient une pareille proposition d'un revers de main suffisant, persuadés qu'ils sont devenus qu'aucune idée universelle ne pourrait jamais germer du continent noir ! L'un de leur grand maître à penser, Hegel, n'a-t-il donc pas triomphé au-delà de ses propres espérances, lui qui a exclu l'Afrique de l'histoire sans jamais véritablement avoir mis les pieds sur notre continent ? En tout cas, il continue à faire recette chez nous, puisque la honte ne tue pas ! Alors comment peut-on s'étonner que l'Afrique, dirigée par ce genre de penseurs, ne fasse que piétiner et même reculer depuis des décennies !
La palabre africaine a ses origines dans les mythes africains. Or, les mythes sont précisément les fondations des réalités les plus obstinées, et des vérités les plus fondamentales. N'est-ce pas là une preuve suffisante de qualité de la palabre dite africaine ? Je vois la mimique d'ici : " Tous les mythes ne peuvent pas servir de base à la réalité " ! Voire n
Mgr E. Kabongo-Kanundowi et Bilolo-Mubabinge : Conception bantu de l'autorité suivie de Bumfumu ne bulongolodi. Publications Universitaires Africaines, Munich-Kinshasa. 1994
Pierre Pradervand : Une Afrique en marche. Plon 1989
NOMADE : Revue spécial 1 & 2. S.D.
Bétéo D. NEBIE
(neb_beteo_@yahoo.fr)
source : l'evenement www.evenement-bf.net
27 novembre 2006
De la désobéissance civile
Je viens vous donner à lire la biographie d'un grand homme qui merite d'être connu des africains.
En effet il enseigne comment nous ne devons pas accepter la soumission, c'est le chantre de la désobéissance civile.
Henry David Thoreau
Écrivain américain. Disciple de Ralph Waldo Emerson, il "fut un non-conformiste résolu. Après avoir vécu seul dans une cabane au bord d'un étang dans les bois, Thoreau publia Walden, récit de cette expérience, dans lequel il prêche la résistance aux diktats de la société organisée. Ses écrits expriment la tendance à l'individualisme fortement enracinée dans l'âme américaine" (Portrait des USA. Chapitre 10." L'Amérique et les arts" (Service d'information du Département d'État américain).
Dans son essai La désobéissance civile ( Civil Desobedience, 1849) Thoreau proclame son hostilité au gouvernement américain, qui tolère l’esclavagisme et mène une guerre de conquête au Mexique. « Pas un instant, je ne saurais reconnaître pour mon gouvernement cette organisation politique qui est aussi le gouvernement de l’esclave. (…) Je pense qu’il n’est pas trop tôt pour les honnêtes gens de se soulever et de passer à la révolte. Ce devoir est d’autant plus impérieux que ce n’est pas notre pays qui est envahi, mais que c’est nous l’envahisseur. » L’essai eut une grande influence sur le Mahatma Gandhi et sur Martin Luther King.
En haut - Portrait de Henry David Thoreau
Photographie © Geo. F. Parlow, 1879
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division
Numéro de reproduction : LC-USZ61-361
Au milieu - Emplacement de la cabane de Thoreau, au bord du lac Walden, à Concord, Massachussetts, É.-U.
Photo publiée par la Detroit Publishing Co., © 1908
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division,Detroit Publishing Company Photograph Collection
Numéro de reproduction : LC-USZ62-39828
Domaine public
En bas - Henry David Thoreau, Les Forêts du Maine, traduction F. Specq, éditions Rue d’Ulm/Presses de l’Ecole normale supérieure, Paris, 2004








