Afrique Centrale :
Les défis du nouveau directeur de la BVMAC
Écrit par Steven AddamahDécryptagejan 31, 2012

Le nouvel homme fort de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC)
s’appelle Pascal Houangni. En effet le gabonais a été nommé nouveau directeur
général de la Bourse sous-régionale, et aura pour mission d’une part de dynamiser
un marché languissant et d’autre part d’œuvrer au renforcement des relations entre
la place de Libreville et celle de Douala. M. Houangni qui prônait déjà depuis des années
que « seule une sous-région soudée pourrait mieux coopérer avec des marchés financiers
extérieurs et bénéficier des innovations technologiques », continuerait sûrement dans cette
logique d’unification. La question de la fusion des Bourses de Libreville et de Douala prendra
encore plus de poids avec la venue de Houangni qui n’est rien d’autre que l’un des précurseurs
de l’idée. Rappelons que les deux Bourses qui opèrent sur le même marché sous-régional
fonctionnent aujourd’hui sans grande synergie, bien que les pays où elles sont implantées
(Gabon et Cameroun) soient membres de la CEMAC, dont le but est avant tout de
promouvoir l’intégration sous-régionale. Mais en attendant que le nouveau directeur prenne
les rênes de l’institution boursière et se penche sur les deux défis à relever, sa nomination
doit être validée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF).
Après cette validation, le directeur présentera officiellement au mois de Mars prochain
son plan d’action et son budget à son conseil d’administration. Houangni peut-il réussir là où
ses prédécesseurs ont échoué ? Telle est la question qui revient incessamment depuis sa nomination.
Quoi qu’il en soit, le gabonais incarne l’espoir et l’avenir du secteur boursier de la sous région.
Transport aérien: l'Afrique, nouvel objectif du fondateur d'EasyJet
De Julien MIVIELLE (AFP) – Il y a 3 heures
LONDRES — Fort de son succès en Europe, le fondateur d'EasyJet envisage de lancer une nouvelle compagnie à bas coûts en Afrique, "dernière frontière" du transport aérien et marché prometteur malgré l'importance des défis à relever.
"L'Afrique doit désormais être considérée comme la dernière frontière de la révolution du transport aérien qui a débuté aux Etats-Unis dans les années 70 et que je suis fier d'avoir menée en Europe dans les années 90", a affirmé Stelios Haji-Ioannou en dévoilant le projet cette semaine.
Cet homme d'affaires britannique d'origine chypriote a fondé en 1995 la compagnie britannique à bas coûts EasyJet, dont il contrôle encore avec les membres de sa famille près de 38% du capital à travers son holding EasyGroup.
Il envisage désormais d'utiliser son expérience pour lancer une compagnie à bas coûts à l'échelle de l'Afrique avec des partenaires. EasyGroup va ainsi prendre une participation dans Rubicon Diversified Investments, une petite société cotée en Grande-Bretagne, dont le groupe africain Lonrho est également actionnaire.
Lonrho n'évolue pas non plus en territoire inconnu, puisqu'il possède déjà la petite compagnie africaine Fly540, qui exploite des lignes régionales au Kenya, en Angola et au Ghana, avec une flotte d'avions à hélices européens ATR.
Le projet de nouvelle compagnie n'est pour l'instant qu'à l'état d'ébauche mais les partenaires ont déjà trouvé un nom, déposé par Sir Stelios: "Fastjet.com".
Le continent représente un marché prometteur, avec l'essor d'une classe moyenne qui alimente un trafic en hausse. Celui-ci a progressé de 4,2% en octobre, selon les derniers chiffres de l'Association internationale du transport aérien (IATA).
"Dans tous les pays du monde, les compagnies à bas coûts ont été bien reçues par le marché et je ne doute pas que ce serait le cas aussi en Afrique", où elles sont encore peu présentes, estime John Strickland, un spécialiste du secteur aérien, qui dirige le cabinet JLS Consulting.
Pour l'instant, sur le continent, ce type de transporteur reste cantonné au Maghreb et à l'Afrique du Sud.
Le développement d'un réseau aérien fiable et relativement abordable serait d'autant plus bienvenu que les routes sont parfois impraticables, voire inexistantes dans certaines régions et que les compagnies locales sont souvent encore peu sûres.
"Cela pourrait être vraiment un moteur pour les économies africaines", ajoute ainsi M. Strickland, tout en soulignant qu'il "ne faut pas sous-estimer les défis" qui se posent.
Le projet de grande compagnie africaine à bas coûts se heurte en effet à des problèmes structurels, comme le manque d'infrastructures et de pilotes qualifiés, les réglementations locales complexes...
Autre problème, dont la clef se trouve cette fois en Grande-Bretagne: Sir Stelios, en lançant une nouvelle compagnie, risque de s'attirer les foudres d'EasyJet.
Les relations entre la compagnie britannique et son fondateur, qui n'y joue plus aucun rôle de direction, ont été marquées dans le passé par des guerres juridiques, et s'enveniment régulièrement.
EasyJet, alertée dès septembre de ses projets de nouvelle compagnie, a déjà fait savoir qu'elle ne les voyait pas d'un bon oeil et ferait "tout ce qui est nécessaire" pour protéger ses intérêts.
Bien qu'essentiellement implantée en Europe, EasyJet dessert également le Maroc et l'Egypte, où elle pourrait se trouver en concurrence avec la nouvelle création de Sir Stelios.
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Chers internautes du Pangolin, je vous donne à lire et à analyser cette interview d'un dirigeant de Bolloré à propos de l'Afrique au magazine économique français challenges. www.challenges.fr
Pendant que nous Africains passions notre temps à débattre politique, les autres continuent à occuper la maison (ecos) et à la gérer. Dans dix ans nous serons toujours au même point si on ne fait pas attention et surtout ne changeons pas d'attitude
"Bolloré Africa Logistics a des projets en Asie du Sud-Est"
Dominique Lafont est, depuis 2006, le directeur général de la filiale africaine du groupe Bolloré, Bolloré Africa Logistics. Il passe le tiers de son temps à sillonner le continent africain, dont il est désormais convaincu du potentiel et de la croissance durable.
Depuis quelques mois, Orange, la Société générale et Lufthansa annoncent qu'ils misent sur l'Afrique. Peut-on dire que ce continent est l'Asie d'il y a vingt ans?
- La comparaison est pertinente. Il y a quarante ou cinquante ans, certaines régions d'Asie étaient très pauvres et pouvaient générer autant de scepticisme sur leurs perspectives de développement. Nous connaissons bien l'Afrique. Cela fait plus de trente ans que nous nous y développons, nous y avons 20 000 collaborateurs, dans 42 pays et 250 filiales. Nous savons que la période de croissance forte et durable pour l'Afrique est arrivée.
Le problème de leadership dans les entreprises s'est longtemps posé. La situation s'est-elle améliorée?
- L'Afrique évolue fortement sous l'emprise de la mondialisation. Grâce aux nouveaux moyens d'information, elle est connectée au reste du monde. C'est très visible avec la nouvelle génération, qui peu à peu prend les manettes. Cela va accélérer la mutation. Je suis tout à fait optimiste.
Depuis début 2010, Bolloré Africa Logistics présente chaque trimestre des résultats en forte hausse. Les ventes sur les neuf premiers mois de l'année ont progressé de 17 %. La crise est terminée?
- L'ensemble de l'Afrique croît. Les dernières analyses du FMI montraient que quelques pays restent à la traîne, comme la Guinée-Conakry, sinistrée pour des raisons politiques, mais que ça devient rarissime. Quant à moi, je pense que, même pour la Guinée-Conakry, un avenir meilleur est en train de s'ouvrir.
Vous venez de perdre un appel d'offres pour la concession du port de Monrovia, au Liberia. Que s'est-il passé?
- Nous avons été battus par le groupe danois Maersk, premier armateur mondial. Depuis dix ans, nous avons tout remporté, à l'exception du port de Dakar. On ne peut pas gagner tous les appels d'offres...
Quels sont vos projets de développement?
- Aujourd'hui, nous sommes répartis sur l'ensemble du continent. Dans l'immédiat, nous finalisons l'appel d'offres de Freetown, en Sierra Leone, voisine du Liberia. Nous avons été déclarés adjudicataires définitifs et nous avons commencé à négocier la concession.
Freetown est-il un lot de consolation?
- Non, c'est mieux que ça. La Sierra Leone est un pays qui a un potentiel très intéressant. J'étais là-bas la semaine dernière et, quand j'ai débarqué à l'aéroport, il y avait trois ou quatre entreprises minières qui attendaient des passagers à la sortie de l'avion. C'est un spectacle tout à fait inédit pour la Sierra Leone. Et en traversant Freetown, qui est une ville très sympathique, je me disais : dans cinq ans, tout ça aura tellement changé.
Avez-vous d'autres cibles en Afrique, ou même hors d'Afrique?
- Notre stratégie, c'est d'avoir toujours un train d'avance, et de nous installer là où il y a une vraie problématique de désenclavement pour un ou plusieurs pays de taille significative. En ce moment, nous nous battons sur trois ou quatre projets répartis à l'Est, à l'Ouest et au Maghreb. En dehors de l'Afrique, nous avons été sollicités pour participer à un certain nombre d'appels d'offres : nous avons des projets au Bangladesh et en Asie du Sud-Est. Nous nous ouvrons à cette perspective de développement vers des pays émergents, dans des environnements difficiles, qui ressemblent à l'Afrique et correspondent à notre savoir-faire.
Les enlèvements d'expatriés se sont multipliés cet automne. Avez-vous pris des mesures?
- La question de la sécurité est permanente. Cela fait longtemps que nous avons pris les mesures qui s'imposaient et tout est sous contrôle.
Propos recueillis par Anna Rousseau et Jean-Baptiste Diebold
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Peut-on réduire les taux directeurs en Afrique ?
Pour réagir à chaud (sans mes chiffres ) à la question posée par Paul-Harry AITHNARD « Peut-on réduire le coût du crédit en Afrique » dans un post que j’ai reçu dans ma boite mail. Vous pouvez le lire à la fin de ce texte.
Suite selon lui « La baisse des taux d’intérêt, orchestrée par différentes Banques centrales africaines, a jusque-là peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi. »
Ensuite il fait une bonne analyse de la situation pour déboucher sur plusieurs pistes de solutions.
En partie je suis d’accord avec la plupart des conclusions et propositions, mais je ne puis m’empêcher de réagir, dans le but d’essayer d’amplifier le débat.
La première démarche consisterait à regarder ce qu'est l'ingénierie financière en Afrique et surtout poser la question de l'indépendance des monnaies africaines.
L'objet de ma réaction se focalisera sur les taux, je reviendrais plus tard sur les deux préalables cités ci-haut dans d'autres posts.
Donc je vais commencer pour reposer autrement le problème par comparer les taux directeurs des autres continents, avec ceux de l'Afrique car mondialisation ou globalisation oblige.
Ceux des USA est proche de zéro, en Europe ils tournent aux alentours de 1%. Dans ces pays ils sont le fait de l'interventionnisme d'Etat.
Quand les taux directeurs baissent aux USA, les Chinois qui détiennent les six plus grandes banques mondiales, font pareille. Si bien que l'on parle à l'occasion du sommet du G20 qui s'est tenu à Séoul en Corée du Sud de guerres de monnaie.
Pour revenir donc sur les taux directeurs, vous avez raison de souligner que ces derniers sont prohibitifs.
Quelle est la cause de ces taux prohibitifs?
Nous retiendrons deux causes essentielles en dehors de l'instabilité de l'environnement politique chronique de la plupart des pays d'Afrique, on va noter le manque de concurrence que vous l'avez bien souligné ainsi que la sous-bancarisation du continent
A ces causes qui sont à la fois structurelles mais qui peuvent devenir conjoncturelles il faut ajouter la cause originelle.
Celle qui est faite à dessein pour obliger les africains à emprunter sur le marché mondial de l'argent.
C'est ce qui explique que les ménages africains sont exclus du circuit bancaire du fait de la faible bancarisation de l'Afrique. Effectivement vous avez raison il y a peu de concurrence, mais cela ne suffit pas pour expliquer cette situation.
Le problème du taux révèle en substance la structure même de l'économie africaine, une économie extravertie.
Les banques qui sont en Afrique ne servent que de relais pour récupérer le peu d'argent que le circuit de la dette, des recettes des importations des biens occidentaux et des IDE (en juillet 2010, selon le site d’information sur internet marchés tropicaux, « la Cnuced a annoncé des prévisions optimistes : des IDE qui devraient dépasser les $ 1.200 milliards en 2010, après $ 1.114 milliards en 2009.) font circuler dans les pays d'Afrique avant leur retour au point d'origine que sont les banques occidentales et asiatiques.
La possibilité de la réduction du coût de crédit dépend de la masse d'argent que les pays africains voudront bien injecter dans les économies. Recemment on a vu la Reserve fédérale américaine injecter près de 600 000 milliards de dollars dans l'économie en rachetant des bons des trésors, cela pour soutenir l'investissement des entreprises et l'économie.
Or il se trouve que l'essentiel des IDE va dans l'industrie minière (pétrole, or, diamant, cobalt, coltran, cuivre, fer manganèse, etc....), dans l'achat des terres pour l'agriculture industrielle et donc très peu de ces centaines de milliards de dollars vont vers les ménages.
L'Afrique malgré le potentiel démographique se trouve avec des ménages qui sont sous-capitalisés.
Pour qu'il y ait réduction de taux il faut qu'il y ait de l'argent en abondance sur le marché c'est la loi de l'offre et de la demande.
Les réductions des taux d'intérêt qui viennent de s’opérer en Afrique résultent plus d'un ajustement technique en effet les zones monétaires africaines sont en surliquidités. Elles ne savent plus quoi en faire, d'où ces baisses.
Or si les pays africains étaient bancarisés, l’état civil fiable, les postes fonctionnaient, le cadastre et les services municipaux et ruraux fonctionnaient.
Ils pouvaient avec ses surliquidités, financer d'un côté la consommation des ménages en bien d'équipement (, maison, produits de soins de santé, alimentation, habillement , télévisions, Hi-fi, camera, assiettes, marmites, couverts, meubles, électroménagers, ordinateurs, téléphones, voitures) et de l'autre le développement des artisans ( outillages, petits chalutiers de pêches), les agriculteurs (motoculteurs, motopompes, achat des semences, des plants, des engrais, construction des fermes, ) les éleveurs (achat des bêtes) des petites et moyennes entreprises,(Pme) et petites et moyennes (Pmi) pour les machines de productions (comme par exemple des conserveries de petites tailles, des ateliers de couture, de fabrication des meubles tout cela du fait de la capacité de solvabilité des ménages. Ce qui n'est pas le cas actuellement.
Le fait qu'il y ait un chômage , un non-emploi chronique et beaucoup d'instabilité dans ces pays, les banques se couvrent sur les quelques crédits qu'elles octroient. Elles privilégient aussi des gros contrats pour ne pas avoir à gérer des situations de non solvabilité, de fuite des clients (l'état civil et la justice sont défaillantes). Elles prêtent donc aux mêmes et à l'Etat (qui ne peut être en faillite et que l'on peut poursuivre en justice auprès des cours internationales.
Et puis elles sont obligés car toutes les places financières mondiales ont réajuster leurs monnaies depuis la crise et aussi pour faire face aux dévaluations compétitives de la monnaie chinoise par rapport au dollar et à l'euro. On sait que la plupart des monnaies africaines sont arrimées aux monnaies occidentales (le franc cfa à l'euro, tout comme le franc congolais, les monnaies de la zone anglophone le sont aussi) du fait de l'héritage colonial et de la faiblesse des économie industrielle et financière.
Les produits africains s’échangent dur le marché mondial à partir du dollar ce n'est pas le cas chinois ou indien.
Ce qui fait que les quelques miettes récoltées des produits d'exportations ne sont pas du tout injectées dans le circuit interne des économies africaines.
Cet argent se déprécient souvent, c'est la cause principale de l'inflation dans ces pays. Trop d'argent dort dans les banques occidentales et africaines en dépôt, mais pas en investissement.
C'est la structure qu'il faut changer avant de penser aux taux de crédit car ceux-ci seront toujours soumis aux lois du marché (offre-demande) et à des orientations des politiques monétaires.
Mouélé Kibaya.
IDE : Investissements Directs étrangers
Ces investissements bénéficient souvent aux pays miniers (Nigéria, Algérie, Angola, Soudan)
Déjà en selon un rapport de La cnuced publié En 2007, les IDE en Afrique sont restés concentrés sur le plan géographique : les dix principaux pays de destination (Nigeria, Egypte, Afrique du Sud, Maroc, Libye, Soudan, Guinée équatoriale, Algérie, Tunisie, Madagascar) ont absorbé à eux seuls 82% du total, et neuf pays ont enregistré des IDE d’un montant supérieur ou égal à un milliard de dollars, montre le rapport, selon lequel l’Afrique du Nord a attiré 42% des IDE dans la région, et l’Afrique subsaharienne 58%.
Et en Afrique subsaharienne elle vont essentiellement dans le Golf de guinée (à cause du pétrole du gaz et du bois) et beaucoup de ces pays reçoivent moins d’un milliard de dollars soit l’équivalent de 1 371 200 000 d’euros équivalent à 89 813 600 000 de francs cfa en moyenne.
Peut-on réduire le coût du crédit en Afrique
Par Paul-Harry AITHNARD
La baisse des taux d’intérêt, orchestrée par différentes Banques centrales africaines, a jusque-là peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi.
Analyse
Le 16 juin 2009, la BCEAO a réduit son taux directeur de 4,75% à 4,25%. Le 26 juillet 2010, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) annonçait à son tour une baisse de son taux directeur de 25 points de base à 4%.
Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de baisse des taux observée sur toute l’Afrique subsaharienne, depuis 2009. La Banque centrale du Kenya a baissé ses taux d’intérêt à six reprises depuis 2009, pour atteindre aujourd’hui 6%. La Banque centrale du Ghana a réduit de manière continue depuis deux ans ses taux de 18,5% à 13,5%. Pour la première fois en trois ans, la Banque centrale du Malawi a abaissé son taux directeur de 15% à 13%. Même scénario pour la Banque centrale du Congo, qui a réduit pour la cinquième fois son taux principal, le faisant passer de 29,5% à 22%.
Malgré ces initiatives, force est de constater qu’elles ont eu peu d’incidence sur le coût du crédit pour les classes moyennes ou les PME de Dakar, Abidjan, Douala ou Nairobi.
Coût dissuasif
Les établissements financiers en Afrique subsaharienne ont du mal à répercuter dans leurs pratiques de crédit les cycles de baisse de taux engagés par les Banques centrales. Tous les rapports, tels celui de la Banque mondiale de 2008 sur le financement des PME en Afrique, confirment le coût prohibitif du crédit.
La marge entre le taux d’intérêt sur les dépôts et celui sur les prêts n’a paradoxalement cessé de croître depuis les années 80, alors que les conditions économiques se sont significativement améliorées.
Entre 1980 et 1984, cette marge était en moyenne de 5,2%. Entre 2000 et 2003, cette marge a bondi à 11,8% en moyenne dans les pays d’Afrique. Ces marges reflètent le coût dissuasif du crédit et se traduisent dans le montant des crédits accordés par les établissements financiers.
Les crédits bancaires accordés au secteur privé, en pourcentage du PIB, sont estimés en Afrique subsaharienne à uniquement 15,1% dans la période 2000-2004. Fait troublant mais évocateur, ce chiffre n’a pas évolué depuis 1983-1987 (15,6%).
Raisons du décalage
Les raisons du décalage entre les taux du marché monétaire et ceux appliqués à la clientèle sont avant tout structurelles. Le premier frein structurel est le manque de compétition dans le secteur bancaire.
Même si cette dynamique a significativement évolué sur les dix dernières années, le ratio de concentration dans le secteur bancaire demeure élevé, avec une grande partie des actifs détenue par les trois principales banques dans la majorité des pays africains. La Banque mondiale estime la part de marché moyenne des trois principales banques en Afrique à 73% par pays. Les sociétés spécialisées de crédit à la consommation ou de crédit hypothécaire sont quasi inexistantes dans la plupart des pays.
Ce manque de compétition crée une habitude d’aversion au risque et finit par créer des établissements assis sur des liquidités oisives et préférant investir dans des actifs étatiques.
Dans certains pays tels la Guinée, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale ou le Tchad, les réserves excédentaires rapportées au total des dépôts peuvent dépasser 25%.
La deuxième contrainte structurelle est la composition des dépôts bancaires. Ce sont principalement des ressources à court terme, difficiles à convertir en prêts sur plusieurs années, en l’absence de produits financiers spécialisés.
Les banques ont du mal à octroyer des prêts sur des durées au-delà de cinq ans à un coût acceptable, puisqu’elles ne disposent pas de dépôts correspondants. Ce problème est surtout criant pour les prêts hypothécaires.
Le troisième obstacle est la faiblesse des fonds propres des établissements bancaires, qui limite leur capacité de crédit. En 2008, le ratio de couverture des risques par les fonds propres effectifs a été estimé à 8% dans la zone UEMOA, alors qu’il atteint 20% dans des pays tels le Nigeria.
Il est difficile de demander à une banque faisant face à peu de compétition, disposant en majorité de ressources à court terme, avec un ratio de couverture des risques par les fonds propres en dessous de 8%, d’adopter une politique d’octroi de crédit agressive.
Le dernier blocage structurel est le manque d’accès à l’information sur le crédit. Il est impossible à une banque d’accorder des prêts sans visibilité sur les garanties et sur la capacité financière des emprunteurs.
La question de la fiabilité des informations sur les historiques de crédit et les garanties, couplée à celle de la transparence sur les taux d’intérêt est essentielle et demeure un point de blocage qui accroît le coût du crédit en Afrique.
Le microcrédit n’est pas la panacée
Peut-on alors réduire le coût du crédit en Afrique ? La réponse est OUI, mais en proposant des solutions innovantes. Il convient tout de suite d’écarter la solution du microcrédit comme panacée pour résoudre le problème du coût du crédit en Afrique. C’est une partie de la solution, mais une part congrue.
Le microcrédit permet d’augmenter la bancarisation et le niveau de compétition dans le secteur bancaire, mais ne permet pas de régler un problème essentiel, qui est la capacité à donner des prêts à moyen et long terme à un coût abordable. Par essence, le microcrédit s’adresse en priorité à des particuliers à la recherche de crédit à court terme.
Marchés des capitaux
Une des premières pistes à explorer fait appel aux marchés des capitaux. En effet, pour régler le problème du manque de dépôts à long terme, les banques doivent chercher individuellement, ou en s’associant avec des structures spécialisées, à lever des fonds sur les marchés financiers en émettant des obligations avec des maturités longues.
Pour régler le problème du coût du crédit hypothécaire, il faudrait associer les banques avec des structures dédiées de refinancement hypothécaire pour lever des fonds sur les marchés. L’objectif est de collecter les fonds sur les marchés obligataires par les établissements de crédit hypothécaire, qui les "prêteront" par la suite à des banques dans les mêmes conditions de durée et de taux.
Les fonds levés peuvent être garantis par l’Etat, ou, plus logiquement, par un portefeuille de créances hypothécaires. Ainsi, les banques disposeront de ressources longues qui leur permettent d’octroyer des crédits hypothécaires. Dans un contexte général de baisse des taux d’intérêt, les fonds peuvent être levés à un coût relativement abordable et re-prêtés dans les mêmes conditions aux banques, abaissant ainsi significativement le coût du crédit hypothécaire.
Shelter Afrique s’est lancée avec succès dans cette voie, depuis plusieurs années, en émettant des obligations sur les Bourses de Nairobi et d’Abidjan, avec des maturités qui lui permettent par la suite de proposer des programmes de financement sur l’immobilier.
Renforcer les fonds propres
L’appel aux marchés des capitaux peut permettre aussi de régler efficacement la question de la faiblesse des fonds propres. Dans un environnement global de taux d’intérêt en baisse, il est judicieux pour une banque de lever des liquidités directement sur le marché ou par placement privé, pour renforcer ses fonds propres.
Les banques internationales l’ont compris et complètent plusieurs opérations de levée de fonds depuis un an. Les banques du Nigeria, de la zone UEMOA ou du Kenya suivent aujourd’hui la même tendance. Cette dynamique doit être amplifiée.
Avec des fonds propres plus importants, les banques disposeront de plus de capacités de crédit permettant à terme d’abaisser le coût du crédit en Afrique.
Un système centralisé de crédit
L’autre innovation à amplifier est l’amélioration de l’environnement réglementaire par le développement de bureaux centralisés de vérification du crédit et de systèmes d’enregistrement d’actifs.
En effet, l’une des principales causes du coût élevé du crédit est l’absence de garanties, laquelle est due non à l’insuffisance des actifs, mais à l’inefficience dans l’enregistrement.
Un système centralisé qui agrégerait les informations du cadastre, de l’historique du crédit, du transfert des titres de propriété, financé par les partenaires publics et privés, est essentiel.
Favoriser l’accès à ces informations permettrait aux banques de réduire le coût de surveillance de leurs activités et, ainsi, abaisser le coût du crédit.
Le Ghana et la Zone UEMOA ont entamé dernièrement des améliorations réglementaires qui vont dans cette direction. Elles doivent être soutenues.
Multiplier les mécanismes de garantie
Cette analyse serait incomplète sans parler du coût du crédit dans le commerce et le secteur agricole, deux domaines particulièrement affectés. La bonification du crédit par le développement des systèmes de garantie, est une des clés pour baisser le coût du crédit dans ces secteurs d’activités.
Etant donné la dominance des PME en Afrique, il est nécessaire de multiplier les mécanismes de garantie pour abaisser les charges d’exploitation des banques et le coût du crédit. Dans le domaine du commerce international, développer les facilités de garantie permettrait aux entreprises africaines de se faire confirmer des lettres de crédit sans les dépôts exorbitants en collatéral, qui augmentent le coût du crédit.
Les activités des assureurs de crédits à l’exportation tels ATI (African Trade and Insurance Agency) peuvent dans ce sens permettre de réduire le coût du commerce en particulier et du crédit en général en Afrique.
Source : http://mampouya.over-blog.com/
Je vous porte à lire cet article du quotidien économique français les echos www.lesechos.fr qui s'inquiète de la hausse des cours des matières premières et surtout voit la conséquence de l'irruption sur ce marché des traders qui ont abandonné les produits traditionnels de la bourse pour spéculer sur les produits agricoles.
Les acteurs sociaux africains et la société civile doivent mettre cette question en débat sur la place publique car les fameuses oppositions ont depuis longtemps deserté les vraies questions.
Il s'agit ici de la survie des millions de personnes.
Comme l'Occident n'a plus d'industrie, alors le capitalisme se rue sur l'agriculture où ils sont déjà en avance par rapport au reste du monde. Car les plus gros exportateurs agricoles dans le monde sont Les Etats-Unis d'Amérique (USA), la France, l'Allemagne, l'Union européenne et puis viennent pour des produits spécifiques la Chine , la Thaïlande, le Vietnam, et l'Inde pour le riz, (Le Japon n'exporte presque pas son riz) l'Argentine dans une certaine mesure pour la viande.
Et dans tout ça l'Afrique n'exporte presque rien, en effet les productions agricoles africaines concernent essentiellement des produits dont l'homme peut s'en passer c'est ça la vérité. Il s'agit essentiellement du café, du coton, du cacao, du caoutchouc, de la vanille, du karité. Même l'huile de Palme et le sucre de canne ne sont pas des produits de première nécessité.
Pour l'huile de Palme elle rentre dans la composition de fabrication de certaines huiles industrielles, dans la composition de fabrication des gateaux, de quelques aliments et même là coïncidence ou pas à cause de la hausse continuelle de son cours, plusieurs études sortent des laboratoires pour dire que cette huile est nocive pour la santé. L'Occident devra plutôt privilégier les huiles de Colza et/ou Tournesol, depuis longtemps on avait déjà conseillé aux consommateurs occidentaux de consommer très peu d'huile d'arachide (soit-disant étude scientifiques ou pas à l'appui) qu'elle était allergène donc dangereuse pour l'Homme (Occident en particulier).
En fait on voit se profiler la prochaine configuration économique du monde. Et ma question à quelle place l'Afrique va-t-elle se positionner?
A cette question j’avais essayé d’apporter une contribution au débat dans un article intitulé :
« l’Afrique peut-elle se développer par des exportations ? » sur le site www.afrology.com
Lire ci-dessous l'article des échos.
Genève, au paradis du négoce alimentaire 09/11/10 | 07:00 | Frederic Therin
La cité de Calvin est devenue le lieu incontournable pour acheter et vendre céréales, riz, sucre ou oléagineux. Sur ce créneau très rentable, l'arrivée de fonds d'investissement bouscule les habitudes et contribue à faire monter les prix.
Vous avez là les gens qui travaillent sur les différentes lignes de produits comme le colza, le tournesol ou le blé. Ici se trouvent les équipes qui se chargent de l'affrètement des bateaux… Et il y a des "open spaces" comme celui-ci sur trois étages… » Jean-Louis Gourbin fait faire le tour du propriétaire au pas de course. Le patron de Bunge Europe est, certes, l'un des seuls négociants alimentaires présents à Genève acceptant d'ouvrir ses portes à un journaliste. Mais sa discrétion devient presque maladive quand on lui parle chiffres. Des chiffres, les traders de cette société américaine qui emploie 30.000 salariés en voient pourtant défiler à longueur de journée. Les écrans de leurs ordinateurs en sont remplis et dans les salles de marché, les derniers cours des denrées clignotent sur des écrans plats fixés au plafond. Bunge est un des géants de ce secteur. L'an dernier, le groupe a acheté et revendu 141 millions de tonnes de matières premières. Sa filiale européenne a enregistré à elle seule un chiffre d'affaires de… 13,8 milliards de dollars. Toutes les décisions concernant les échanges de grains sont prises dans ces locaux ressemblant aux salles de trading de la City. Les 250 employés basés dans ce bâtiment sans charme ne voient pourtant jamais la couleur des produits qu'ils achètent et vendent en quantité astronomique. « Ils n'ont pas besoin d'aller sur le terrain pour faire leur travail », tranche leur responsable. Bienvenue dans le monde virtuel, mais aux conséquences ô combien réelles du négoce genevois…
Tradition ancienne
La cité de Calvin est le leader mondial dans le commerce de céréales, de riz et d'oléagineux, et le numéro un européen dans le sucre. « Quand la Tunisie fait une adjudication de céréales, on peut voir sur place seize acheteurs basés à Genève, alors qu'on y verra un seul Parisien ou Londonien », résume Geert Descheemaeker, le secrétaire général de l'Association genevoise du négoce et de l'affrètement (GTSA). Dans le secteur du « shipping », 20 % des affrètements mondiaux s'organisent à l'extrémité du lac Léman.« Les 130 personnes de Cargill chargées du "shipping" gèrent à partir de la Suisse près de 60 % du volume mondial des vraquiers qui assurent le transport des denrées alimentaires, des métaux et du charbon », explique un ancien trader du géant américain, qui compte 600 salariés à Genève. Le négoce de matières premières alimentaires et énergétiques regroupe dans l'arc lémanique 400 sociétés, qui emploient entre 8.000 et 9.000 personnes. Le chiffre d'affaires de ce secteur, qui approcherait 800 milliards de francs suisses (près de 600 milliards d'euros) d'après le GTSA, croît de 5 % par an. Les maisons déjà implantées ne cessent de se développer. « Bunge, à Genève, comptait 50 salariés quand je suis arrivé en 2004, se souvient Jean-Louis Gourbin. Nous sommes aujourd'hui cinq fois plus. » Cet exemple est loin d'être unique. Louis Dreyfus a ainsi récemment transféré à Genève ses équipes de traders basés dans le reste de l'Europe. Trafigura va aussi y installer 80 de ses salariés londoniens. Et ce phénomène continue de prendre de l'ampleur. Dans un domaine tel que le négoce de denrées, l'importance de la Suisse, un pays sans aucune façade maritime, peut étonner. Mais cette tradition ne date pas d'hier…
« Les Turcs, sous l'Empire ottoman, ont été les premiers à venir ici, rappelle Geert Descheemaeker. Ils ont été suivis par les Egyptiens qui fuyaient Nasser. L'arrivée des grands groupes américains comme Cargill remonte, elle, aux années 1950. » Au fil des crises, la Confédération s'est transformée en une sorte de refuge pour négociants « exilés ». « Dans les années 1960, la Suisse était aussi le seul pays qui n'imposait pas de contrôle des changes, ajoute Jean-Louis Gourbin. Ce détail est très important pour un secteur comme le nôtre qui travaille avec de très nombreuses devises différentes. » Autre « charme » local : l'imposition « light » garantie par certains cantons… A Genève, les entreprises de négoce bénéficient du régime fiscal des sociétés auxiliaires, qui limite leur taux de taxation sur le bénéfice à 12 % en moyenne, soit la moitié du taux ordinaire. Les actionnaires de ces compagnies profitent aussi souvent de forfaits fiscaux qui leur permettent de reverser une portion minime de leurs énormes revenus à l'administration. Les autorités cantonales laissent enfin une paix royale aux négociants. « La justice locale est provinciale et elle n'a aucun moyen de vérifier si des sociétés trafiquent les cours des denrées alimentaires, s'inquiète Carlo Sommaruga, un parlementaire socialiste. Les négociants peuvent donc facilement échapper au regard inquisiteur de la justice. La Suisse se refuse de toute façon à cadrer le commerce de denrées alimentaires. Genève aurait trop à perdre dans cette affaire… » Il est vrai qu'à lui seul, le secteur financier a généré l'an dernier 20,9 % du PIB du canton.
L'argent, nerf de la guerre
Le succès du négoce à Genève tient également à la présence sur les rives du lac Léman du nerf de cette guerre commerciale : l'argent. « Le financement de cette activité s'effectue souvent de manière bilatérale et transactionnelle, explique Jacques-Olivier Thomann, le responsable de l'activité de financement des matières premières chez BNP Paribas en Suisse (la banque française est le leader mondial dans ce secteur). Le client négocie chaque contrat avec son banquier. Ce type de transaction est devenu une spécialité genevoise. » Ce contact direct entre les traders et leurs argentiers est primordial. « Le négoce de denrées comme les céréales et le sucre est d'une telle complexité et les marchandises coûtent si cher qu'il faut une véritable relation de confiance entre le négociant et son banquier », renchérit Bertrand Bosc, qui dirige à Genève le bureau du groupe américain Lansing Trade Group. Au fil des ans, la ville est devenue le lieu de résidence presque obligé de tous les intermédiaires du métier. Des banques aux négociants en passant par le leader mondial de la certification, la SGS, ou les sociétés de conseil… tout le monde est aujourd'hui à Genève. « Ici, vous pouvez en un minimum de temps rencontrer un maximum de personnes actives dans le négoce ou dans les services annexes, résume Samir Zreikat, patron d'une société spécialisée dans l'achat et la vente de produits pétroliers. Il n'existe pas de meilleur endroit en Europe pour travailler dans ce secteur. »
Le paradis du négoce, donc… Pourtant, l'arrivée récente, sur ce créneau, des fonds d'investissement (« hedge funds ») et des grandes banques d'investissement anglo-saxonnes a quelque peu troublé la quiétude des professionnels locaux. Pourquoi ce soudain intérêt ? La crise des « subprimes » l'explique en partie : « le secteur financier s'est retrouvé avec un énorme volume de liquidités à investir et ils se sont rués sur les matières premières », décrypte Geert Descheemaeker. Mais avant cela, ces nouveaux venus avaient deviné que « le marché des denrées alimentaires allait se développer, note Jean-Louis Gourbin, compte tenu des besoins de pays émergents ayant désormais les moyens de mieux se nourrir et susceptibles d'acheter plus de produits alimentaires de base à l'étranger ». Pour Samir Zreikat, « les gourous financiers ont aussi compris que les profits gigantesques qu'ils avaient accumulés étaient basés sur des fondations fragiles et ils ont voulu transférer une partie de leurs liquidités sur des marchés où les fondamentaux étaient plus simples à comprendre ». De fait, l'arrivée des « hedge funds » a été rapide et massive. Entre 2002 et 2008, le nombre de contrats à terme sur les matières premières a augmenté de plus de 500 %. Un rapport publié en 2009 par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a calculé que les spéculateurs détenaient 65 % des contrats sur le maïs et 80 % des positions sur le blé. Ces investisseurs « font des opérations commandos en entrant et sortant très rapidement du marché, observe Samir Zreikat. Ils ne se soucient pas des actifs qu'ils traitent. Ils jouent seulement sur le volume. » Leur impact est pourtant énorme. « Les liquidités investies sont si importantes qu'elles éloignent les prix des denrées de la réalité du marché, regrette Rouben Indjikian, un haut responsable de la Cnuced. Les fonds perturbent le travail des négociants. » Avec à la clef une belle flambée des prix des matières premières. En 2006, Merrill Lynch estimait que la spéculation avait provoqué une augmentation du coût des denrées de moitié supérieure à celle qu'aurait dictée la simple loi de l'offre et de la demande. Cette année, l'indice des prix alimentaires de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'est littéralement envolé, grimpant de 15 % entre les seuls mois de juin et septembre. Pour les céréales (+ 38 %) et le sucre (+ 40 %), les hausses sont encore plus violentes. Entre 2007 et 2008, cette flambée continue des prix aurait placé dans le monde 115 millions de personnes supplémentaires en état de malnutrition, selon le Programme alimentaire mondial. Une tendance qui ne risque pas de s'inverser…
« Les "hedge funds" vont continuer d'investir dans les matières premières car ce secteur est porteur », confirme Jacques-Olivier Thomann. Physiquement, les premiers commencent même à quitter Londres pour s'installer sur les rives du lac Léman. La Suisse ne s'inquiète pas de cet afflux de spéculateurs. Bien au contraire. La seule chose qui pourrait freiner leur arrivée est le manque de logements et de bureaux à Genève. Mais Singapour est prêt à prendre la relève. « Les Singapouriens envoient des délégations entières en Suisse pour encourager les négociants à s'installer chez eux, constate déjà le secrétaire général du GTSA. Et ils sont très agressifs »…
À GENÈVE
Frédéric Therin, Les Echos À GENÈVE
Frédéric Therin, Les Echos
Un secteur en pleine consolidation
L'arrivée des « hedge funds » commence à provoquer une consolidation du marché des denrées alimentaires. « Les négociants présents sur des niches ont tendance à disparaître car, avec la chute de nos marges, les grandes sociétés ne délaissent plus aucun marché », constate Bertrand Bosc, de Lansing Trade Group. En amont, les négociants achètent des terres pour ne pas manquer de matières premières, et les grands groupes investissent dans des usines de transformation. Les investisseurs cherchent, eux aussi, à développer leurs portefeuilles d'actifs. « Près de la moitié des silos de stockage de matières premières appartiendraient aujourd'hui à des banques, souligne Emmanuel Fragnière, professeur à la Haute Ecole de gestion de Genève. Des établissements financiers affrètent aussi des bateaux. » Ces investissements leur permettent de mieux comprendre ce marché. « Et il est tout à fait possible d'imaginer une banque reprendre une société de négoce dans quelques années »,prédit ce spécialiste.
FREDERIC THERIN
Correspondant - Munich

Cette année, l'indice des prix alimentaires de la FAO s'est littéralement envolé, grimpant de 15 % entre juin et septembre. Les céréales et le sucre ont été les plus touchés.

Tata, le patron le plus puissant d'Inde, laisse un empire de
70 milliards de dollars
Découvrez pourquoi l'homme qui a multiplié par 13 le chiffre d'affaires du groupe Tata et a réalisé l'acquisition de grosses sociétés étrangères comme Corus dans l'acier, les thés Tetley ainsi que Jaguar et Land Rover, a décidé de passer la main. Il l'a confié à la rédactrice en chef de La Tribune et Moi, Isabelle Lefort.
Cape town. Installé au cœur du quartier historique de la capitale parlementaire de l'Afrique du sud, le nouveau Taj Hotel se déploie, magnifique, en lieu et place de l'ancienne South African Reserve Federal Bank et du tout premier hôpital de la ville qui accueillait au XIXème siècle, les marins à la veille de franchir le Cap de Bonne espérance. Dans le lobby, au dessus des colonnes de marbre, deux fenêtres surplombent la cour intérieure ; c'est d'ici, qu'autrefois, les crieurs annonçaient les cours de bourse. En cette fin d'hiver de l'hémisphère sud, l'heure est plus calme. Une odeur d'huile essentielle de mandarine diffuse la signature apaisante du Taj.
Dans le lobby, Ratan Tata est confortablement installé. Il est 9 heures du matin, le patron le plus puissant de l'Inde enchaîne les rendez-vous dans le hall. « Une meeting room, pourquoi faire ? Je suis bien ici. » Il ne quittera les lieux que pour dîner au Mint l'un des restaurants de l'hôtel. « No bodyguard », l'homme accompagné de Krishna Kurma, le vice-chairman de la division Indian Hotel Companies Ltd, également directeur de Tata Sons, semble d'un accès déconcertant. On a du mal à imaginer Bill Gates ou Lakmish Mittal en pareille circonstance. Les journalistes internationaux invités pour la célébration de cette joint-venture (l'hôtel est détenu à 50 % par Eurocape alors que Tata Africa et Taj en possèdent 25 % chacuns) sont étonnés, les Indiens plus encore.
L'information n'est pas encore à la Une des journaux en Europe, mais en Inde, la presse en a fait ses gros titres. Le groupe Tata vient d'annoncer officiellement qu'elle préparait la succession de Ratan Tata. Un comité de cinq personnes est chargé de sélectionner le meilleur profil possible pour prendre le relai d'ici à décembre 2012 de l'homme qui en vingt ans a multiplié par 13 le chiffre d'affaires du groupe 71 Md$ de CA pour 5,4 md$ de profits et 350 000 salariés. Devant la presse internationale, réunie à l'impromptu, le géant de l'industrie indienne explique ses motivations. « J'ai 72 ans, j'ai consacré ma vie à l'entreprise, j'en suis très heureux, mais je ne veux pas sortir du groupe dans une chaise roulante ou dans une petite boîte. » Ses aspirations ? Créer un cabinet d'architecture, sa passion première.
Un destin hors-norme
Rien ne prédisposait à priori cet homme à devenir l'un des plus grands patrons de l'histoire mondiale. Né le 28 septembre 1937, il a grandi avec son frère auprès de sa grand-mère après la séparation de ses parents. Diplômé d'architecture de l'université Cornell, il était installé loin de sa famille en Californie et travaillait pour un sous-traitant de la NASA quand son oncle, le génial et charismatique, Jehangir Tata (fondateur notamment d'Air India, marié à une Française, il est enterré au Père Lachaise) lui a demandé de rentrer en Inde pour rejoindre le groupe. Il commence dans la partie sidérurgique, puis la branche transport et les camions, pour ensuite se consacrer au développement des activités High-tech, auxquelles il croit contre l'avis de nombre de barons qui siègent alors encore à des postes d'influence.
En 1991, quand Jehangir que l'on surnomme le Giovanni Agnelli indien, lui cède les rênes, Ratan Tata, homme discret par excellence (célibataire endurci, il ne boit pas, il ne fume pas, vit dans un appartement au sud de Bombay, conduit lui même sa voiture -une Indica, la première voiture qu'il a créée pour la classe moyenne émergente en 1998- et préfère passer ses soirées à lire, en compagnie de ses chiens, plutôt que de fréquenter les mondanités) est critiqué ; on lui reproche de ne pas avoir l'étoffe... Vingt ans plus tard, les cassandres mangent leur turban. Elu businessman de l'année en 2005 par le magazine Forbes, il a réussi après des acquisitions spectaculaires, dont celle du géant de l'acier Corus, des thés Tetley mais aussi de Jaguar et de Land Rover au groupe Ford en 2008, le lancement de la Nano, à conforter le groupe Tata en Inde, mais surtout à en faire l'un des acteurs clés de l'industrie mondiale. Avec 98 entreprises, 65 % du chiffre d'affaires réalisé à l'étranger, le groupe a été classé 11ème compagnie la plus influente au monde par Forbes en 2009. Ratan Tata vient d'être à nouveau en Inde classé comme le patron le plus puissant du continent indien.
Timide dans un corps de colosse, Ratan Tata avoue se sentir bien à Cape Town. « Je n'ai malheureusement jamais rencontré Nelson Mandela, mais je suis admiratif de ce qu'il a fait pour l'Afrique du sud. Nos deux pays ont beaucoup de points communs. Le groupe entretient depuis longtemps dans le domaine de l'acier et des transports (en particulier des bus) des liens étroits avec l'Afrique du sud. J'espère que ce nouvel hôtel me donnera l'occasion de pouvoir venir ici plus souvent. » D'autant que ce dernier devrait dans le futur être suivi par d'autres projets hôteliers, à Johannesburg notamment.
Les Taj Hotels : l'étendard du groupe
Si la branche hôtelière du groupe Tata contribue peu au chiffre d'affaires global, il est cependant l'étendard du groupe indien. Ce n'est pas par hasard, si Ratan Tata préside en direct cette division. Ni, s'il est présent aujourd'hui à Cape Town.
C'est Jamsetii Tata, le fondateur, qui selon la légende, déjà fortuné, a lancé le groupe dans l'aventure hôtelière. S'étant vu interdit l'entrée du Watson hôtel de Mumbaï -à l'époque coloniale, un panneau « no permit Indians » était placé à chaque entrée de club ou de lieux de prestige fréquentés par les Anglais ; riche ou pauvre, aucune dérogation à l'étiquette n'était possible-, il décida de construire le plus beau d'entre tous à Mumbaï. Et c'est ainsi qu'est né le 16 décembre 1903 l'hôtel Taj Mahal de Mumbai, l'icône du luxe en Inde.
Par la suite, parmi les grands développements de la branche hôtelière Tata, le groupe fût le premier, dés 1971 avec le Lake Taj Palace à s'associer à des familles de Maharajahs pour transformer leur palais en hôtel et ainsi les préserver. Outre la perle d'Udaïpur (l'un, voire le plus bel hôtel monde, à redécouvrir dans Octopussy de James Bond), au Rambagh Palace à Jaïpur et à l'Umaid Bhawan de Jodhpur, les familles royales indiennes partagent une partie de leur palais avec les hôtes de passage. En novembre prochain, nouvel écrin de rêve, rendez-vous est pris à Hyderabad pour l'ouverture, après dix ans de travaux, du Taj Falaknuma, la maison de Nizam Mehboob Ali Khan qui accueillit pas moins que le roi Georges V et le tsar Nicolas II.
La réouverture du Taj Mahal de Mumbaï
En 2008, après l'attaque terroriste qui pendant trois jours a ensanglanté Mumbai et pris pour cîble notamment le Taj Mahal Hotel, a fait 31 victimes et un chien, comme le précise Krishna Kumar ... (en Inde le respect de la vie étant tout aussi important que l'on soit homme ou animal), Ratan Tata l'avait promis le groupe ferait tout pour réouvrir l'hôtel au plus vite, et le rendre plus beau que jamais. Pour l'anecdote, il faut savoir que Raymond Bickson, le président des Taj Hotels qui dînait ce soir là à l'hôtel avec son épouse est resté pendant deux jours enfermé dans son bureau à l'étage au dessus de celui où étaient installés les terroristes. Et que depuis son blackberry, avec la direction qui s'était approchée de l'hôtel, ils ont ensemble veiller à envoyer des communiqués de presse dans le monde entier. Le 12 août dernier, pour la célébration du 63ème jour de l'indépendance de l'Inde, le Taj Mahal a réouvert ses portes. Dans l'aile historique du palais, l'ensemble du personnel, du plus ancien employé à la plus jeune standardiste, réuni autour de l'escalier monumental a lu à haute voix un texte pour exprimer sa gratitude à Ratan Tata « We people of Taj Mahal Hotel... ». 700 kilos de pétales de roses n'ont pas réussi à masquer l'émotion qui s'est emparée de tous, ni les larmes sur le visage du plus puissant chef d'entreprise de l'Inde. L'événement a fait la Une de tous les quotidiens du continent indien. Et ce d'autant que le groupe, sollicité pour venir en aide aux victimes, a créé un fond pour indemniser l'ensemble des personnes touchées par les attentats. Qu'ils soient ou non salariés de l'hôtel, peu importait, chacun a reçu une indemnisation de 10 000 roupies de la part du groupe ; et cette institution désormais visera à soutenir quiconque sera dans le futur victime de tels accès de violence.
L'ambition des Taj hôtels
A la direction des Taj Hotels depuis 8 ans, Raymond S. Bickson ne masque pas les ambitions du groupe. Sous férule, le nombre d'hôtels a augmenté de façon spectaculaire ; leur nombre est passé de 61 à 104 et le nombre de chambres de 8000 à 12 000). Dans les quatre prochaines années, le groupe veut créer 20 000 chambres supplémentaires. Alors que The Pierre à New -York qui fêtera son 80 ème anniversaire en novembre, d'autres ouvertures internationales sont attendues à Londres, aux Maldives, aux Seychelles, mais aussi, au Maroc. Et bien sûr à Paris.
Aujourd'hui, tandis que le Royal Monceau va ouvrir ses portes (avec l'appui du Raffles) suivi du Mandarin oriental, du Shangri La, puis du Peninsula, le groupe Taj se doit de figurer à Paris, d'autant que la clientèle indienne est éprise de la culture française, reconnaît Raymond S. Bickson « Le ticket d'entrée est très cher ; les prix demandés frisent la folie. » Il y a peu, le groupe Starwood leur aurait proposé de racheter le Crillon ; mais pour 300 millions d'euros, auxquels il convient d'ajouter 100 millions d'euros de travaux, comment rentrer dans ses frais à moyen et même long terme ? « Nous ne pouvons être présents qu'aux meilleurs endroits dans la capitale, mais certainement pas à n'importe quel prix. On étudie un projet potentiel de partenariat, au 5 avenue Kléber, raconte Raymond S. Bickson, mais pour l'heure rien n'est encore signé. » Hawaïen d'origine, à 54 ans, lui aussi veut préparer à terme sa succession. « Je suis de la génération des Baby-boomers, dans les cinq ans à venir, je veux pouvoir céder ma place, à un représentant de la nouvelle génération. Les défis de l'hôtellerie de luxe de demain sont très importants. Aujourd'hui, comment offrir plus à nos clients que ce qu'ils ont à domicile. En matière de High tech, les enjeux sont colossaux. Les jeunes businessmen vivent aujourd'hui connectés en permanence, ils ont besoin de skype, de wi-fi partout, de recharge pour l'Iphone, de borne Ipod, partout.
Deux chaines, le Peninsula et le Mandarin Oriental (qui met notamment à disposition de leurs clients un Ipad en route pour l'aéroport afin de recueillir en instantané leurs impressions) sont à la pointe de l'innovation. Il nous faut faire plus encore. Nous ambitionnons à être dans les toutes premières places. La génération Y devra prendre les commandes. » Autre ambition du groupe ? Le développement des Ginger hôtels, la marque la plus populaire du groupe, l'équivalent des Formule 1. « En plein développement en Inde, les Gingerdisposent aussi d'un très fort potentiel, à l'international, dans les marchés émergents. » Krishna Kumar, directeur de tata Sons Ltd, vice-chairman de la division Indian Hotel Companies Ltd, membre également du comité qui va plancher sur la succession de Ratan Tata, est tout aussi discret que le président du groupe. Mais à n'en pas douter, tout aussi visionnaire. Et ambitieux sur l'avenir des Taj Hotels. Avec Raymond S. Bickson et Ratan Tata, ces trois hommes là laisseront leurs marques dans l'histoire du groupe Tata et de ses hôtels en particulier.
Un patron de conviction qui n'a de leçon à recevoir de personne en matière d'engagement, en particulier de Bill Gates et Warren Buffet
"Les industries prennent à la communauté de multiples façons ; nous devons lui rendre quelque chose ». L'homme qui aime à se coucher en espérant faire de son mieux pour ne pas faire de mal autour de lui, s'emploie à maintenir les principes religieux de générosité de la communauté parsie dont est issue la famille Tata. Car, tandis que Bill Gates et Warren Buffett ont entrepris une tournée en Asie pour convaincre les businessmen qui ont fait fortune de consacrer 50 % de leurs gains à des œuvres caritatives, le groupe Tata redistribue depuis les années cinquante ses profits : 66 % des bénéfices sont réinvestis dans des actions caritatives pour la société indienne.
Le succès du groupe Tata est indissociable de l'histoire de l'Inde. En particulier, sur le plan social. En 1912, c'est Jamsetii Tata qui a instauré la journée de travail de huit heures et les congés payés à Tatanagar, la ville-usine de Jamshedpur. Visionnaire, le fondateur du groupe avait choisi la région la plus pauvre de l'Inde pour y bâtir la fortune de sa famille, à partir de la mécanisation de l'industrie textile du coton et l'exploitation de la mine d'acier.
Isabelle Lefort, envoyée spéciale au Cap, en Afrique du Sud
SOURCE : www.latribune.fr
Siemens veut investir 200 millions d'euros en Afrique en deux ans
BERLIN - Le groupe industriel allemand Siemens a annoncé vendredi vouloir investir 200 millions d'euros en deux ans pour se développer en Afrique, notamment dans les énergies renouvelables et la santé.
"Des possibilités de croissance innombrables s'ouvrent pour Siemens en Afrique", a dit le patron du groupe Peter Löscher, cité dans un communiqué. Il se trouvait vendredi à Johannesburg pour fêter le 150ème anniversaire de la présence de Siemens en Afrique du Sud.
"Nous sommes l'un des leaders mondiaux à la fois dans les technologies de l'énergie et sur le marché de l'eau", a-t-il dit, faisant valoir qu'un Africain sur deux n'a pas accès à l'électricité, et un sur trois aucun accès à l'eau potable.
Siemens, fabricant d'éoliennes comme de matériel médical de pointe, table aussi sur le développement de partenariats public-privé dans le secteur hospitalier en Afrique, ainsi que sur un boom des énergies renouvelables dans le continent.
Le groupe allemand a décroché l'an dernier pour 1 milliard d'euros de contrats en Afrique, et veut tripler cette somme d'ici 2012.
En janvier Siemens avait indiqué vouloir réaliser des investissements d'un montant à peu près équivalent (250 millions d'euros sur deux ans) en Inde.
Source : (©AFP / 09 juillet 2010 12h58) Romandie News
- Afrique – Economie : La Banque africaine d'investissement est née
C’est maintenant officiel, l’Afrique vient de se doter d’une institution financière. En effet, la Commission de l'Union africaine a annoncé ce vendredi 25 décembre 2009 la création d'une Banque africaine d'investissement (BAI), rapporte le site web www.rfi.fr (Création d'une Banque africaine d'investissement ).
Dotée d'un capital initial de 5 milliards de dollars, la BAI aura cinq principaux bailleurs de fonds, à savoir la Libye, le Nigeria, l'Egypte, l'Algérie et l'Afrique du Sud. Et c’est Tripoli qui abritera son siège.
Maintenant la question se pose pour savoir comment se fera la répartition des rôles entre la nouvelle institution et la Banque africaine de développement, quand on sait que cette dernière participe de façon directe et indirect au financement des investissements.
Alors wait and see, comme disent les Anglo-saxons.
- Lire aussi :
- Afrique :Les statuts de la Banque africaine d’investissement présentés en juillet !
La compagnie allemande dessert autant de destinations africaines que son concurrent français et compte ouvrir de nouvelles lignes en 2010.
L’Afrique est le théâtre d’une nouvelle bataille entre Air France et Lufthansa. La compagnie allemande, qui vient de racheter Brussels Airlines, a annoncé mercredi le renforcement de ses positions en Afrique avec l’ouverture de nouvelles lignes en 2010 et l’augmentation des fréquences sur plusieurs villes.
Après avoir inauguré cet été ses premiers vols vers Accra (Ghana), Luanda (Angola) et Libreville (Gabon), la compagnie allemande fait actuellement ses débuts vers Abuja et Port Harcourt (Nigeria). «On se rend compte que l’Afrique offre des perspectives de croissance intéressantes, explique un cadre de Lufthansa. C’est, entre autres, parce que nous voulions nous renforcer sur ce continent que nous avons racheté Brussels Airlines.» L’ancêtre de la compagnie belge, la Sabena, était une compagnie pionnière en Afrique. Un héritage qu’a su reprendre Brussels Airlines qui couvre aujourd’hui 14 destinations en Afrique sub-saharienne.
Le groupe Lufthansa (Lufthansa, Swiss, Brussels Airlines) dessert 31 destinations en Afrique, autant qu’Air France, qui ne fait la différence que sur le nombre de ses fréquences. Les trois compagnies offrent même une alternative à Air France sur les vols vers l’Afrique au départ de Paris, via les hubs de Francfort, Zurich et Bruxelles.
Historiquement, Lufthansa s’est toujours focalisé sur le marché nord-américain et l’Asie. Il y a peu encore, la compagnie ne desservait que l’Afrique du Sud, l’Afrique de l’Est et l’Égypte.
Peu sensible à la crise
En se lançant sur l’Afrique de l’Ouest, Lufthansa et ses alliés s’attaquent à la vache à lait d’Air France. Le marché africain est en effet assez peu sensible à la crise. En octobre, le trafic passagers d’Air France-KLM a baissé de 4,1 % tandis qu’il ne perdait que 0,8 % sur l’Afrique et le Moyen-Orient. «Nous tenons aujourd’hui le coup grâce à notre réseau en Afrique et dans les Caraïbes, affirme un cadre d’Air France. Les lignes africaines sont les plus rentables pour notre compagnie.»
La compagnie tricolore peut en effet tirer ses tarifs vers le haut grâce à la faible concurrence sur ces destinations et à une clientèle prête à mettre le prix pour éviter les compagnies africaines. « Dès le rachat de Brussells Airlines, ils nous ont senti venir et ont commencé à tirer leurs prix vers le bas », affirme un cadre de Lufthansa.
Stratégiquement, le groupe compte sur ses accords avec Ethiopian Airlines pour faire d’Addis-Abeba une plate-forme de correspondance entre les vols en provenance d’Europe et ceux à destination des États d’Afrique. «Air France, qui est en position dominante, ne peut que perdre des parts de marché», affirme-t-on chez Lufthansa. Toute la question est de savoir combien.
source : www.lefigaro.fr
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» Air France-KLM est en pleine turbulence
» Air France riposte aux compagnies low cost
» Les compagnies classiques sont contraintes à une course à la taille
Fabrice Amedeo
Par Fabienne Martin | Infosud/Syfia | 17/11/2009 |

Après la répression, le 28 septembre dernier, d'une manifestation pacifique de l'opposition, qui a fait au moins 150 morts à Conakry, la Guinée est aux aguets. Sanctionné de toutes parts, le régime militaire en place depuis le coup d'Etat de décembre 2008 fait désormais face à une situation économique et sociale désastreuse.
Sous d'immenses manguiers, les yeux rivés sur le portail de son entreprise, un agent technique d'une trentaine d'années s'inquiète pour son avenir. Transco, situé à Lambanyi, en banlieue de Conakry, jusque-là fleuron des entreprises de transit, de manutention et de transport, est en effet sur le point de mettre la clé sous la porte. Un responsable de la société qui compte au total près de 1 000 employés explique :
« Nous avons plus de 600 camions immobilisés faute de marchés. Depuis un mois, nous avons licencié une trentaine de personnes pour motifs économiques et cela doit continuer. »
Cette entreprise n'est pas la seule frappée en Guinée. Selon les services des douanes, le volume des importations transitant par l'aéroport de Conakry a chuté de moitié depuis les événements du 28 septembre dernier. La répression sanglante d'une manifestation pacifique de l'opposition dans un stade avait, ce jour-là, fait plus de 150 morts selon l'ONU. Les gens protestaient contre la candidature à la présidentielle prévue en janvier 2010 de Moussa Dadis Camara au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre 2008, qui, après avoir promis de confier le pouvoir à un président civil, envisage d'être candidat.
Un pays au ralenti
A Kaloum, centre d'affaires de Conakry, le responsable d'une agence de communication se lamente :
« Nous nous battons en vain pour faire passer nos dernières factures chez nos clients. »
Un mois après les atrocités commises par des militaires, tout ou presque semble être arrêté. Un chef d'entreprise constate :
« La Guinée est devenue une destination risquée. Depuis que le président a annoncé qu'il ne maîtrisait pas l'armée qui a tué de nombreuses personnes, les investisseurs préfèrent rentrer chez eux. »
Fin octobre, à la demande de leurs ambassades, 17 experts occidentaux ont ainsi quitté la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), une société minière détenue en majorité par l'Australienne Rio Tinto et l'Américaine Alcoa. Ces départs, selon les spécialistes, poseront des problèmes techniques à la CBG qui verse entre 60 à 180 millions de dollars par an au Trésor public guinéen.
Cette situation a provoqué une nouvelle baisse du franc guinéen (FGN). Il y a un mois, il fallait 6 000 FGN pour obtenir un euro. Aujourd'hui, il en faut plus de 7 300. L'incidence sur les prix des produits de première nécessité, surtout importés, est forte. Le prix du sac de 50 kilos de riz local est passé d'environ 210 000 à 280 000 FGN pendant la même période.
Depuis fin septembre, nombreux seraient les Guinéens à s'expatrier, estime Alassane Barry, gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) pour qui ce flux migratoire serait l'une des causes de la flambée des devises étrangères sur le marché local. « Ils ont besoin de devises étrangères pour envoyer leurs familles à l'étranger et y payer les frais de scolarité des enfants », avance le patron de la BCRG.
Planche à billets
Pour la majorité des gens, qui n'ont pas les moyens de partir, la situation est plus que précaire. C'est le cas de cet agent de développement, marié et père de deux enfants, jusque-là opérateur dans un projet financé par l'AFD (Agence française de développement), qui vient de recevoir sa lettre de mise en congé technique.
Son seul espoir est de trouver un emploi d'enseignant dans une école publique. En effet, l'Etat, privé d'aides budgétaires et de recettes fiscales conséquentes, à défaut de payer régulièrement ses fournisseurs, arrive tout de même à payer ses fonctionnaires. Un économiste indépendant explique :
« Quand ses recettes sont insuffisantes, l'Etat a recours à la planche à billets [création de monnaie, ndlr] pour faire face à ses dépenses et payer ses fonctionnaires afin d'éviter des remous sociaux. »
Celui-ci estime que d'ici quelques mois, cette politique aboutira à une chute vertigineuse de la monnaie et à une forte hausse des prix :
« Les gens seront obligés de redescendre dans la rue. »
D'autant plus que la communauté internationale accentue sa pression. Après la répression du 28 septembre, l'Union européenne, qui, dès les premières heures du coup d'Etat, avait suspendu une aide au développement d'environ 230 millions d'euros, a décrété de nouvelles sanctions contre des membres et proches de la junte ainsi qu'un embargo sur les armes.
De leur côté, les Etats-Unis, un mois après le coup d'État, avaient suspendu leur aide non humanitaire (plus de 20 millions de dollars par an) et viennent de limiter l'entrée de certains membres de la junte et du gouvernement sur le sol américain. La CEDEAO et l'Union africaine ont opté pour le refus de délivrer des visas aux membres de la junte et le blocage de leurs avoirs. La CEDEAO a de plus décrété un embargo sur les armes, approuvé par les Etats-Unis.
Commentant ces mesures, un opposant estime :
« les sanctions ciblées contre les membres de la junte sont plus efficaces que l'embargo sur les armes ».
« La Guinée en importe des pays qui ne sont pas sous contrôle. »
En partenariat avec : Photo : une vendeuse de pain attend les clients dans une rue de Conakry en octobre 2009 (Luc Gnago/Reuters).