29 mars 2010

Il faut donner plus de droits aux filles et femmes pour lutter contre les discriminations

Pour répondre à la question de savoir comment faire pour avoir plus d'égalité femme-homme et surtout de l'autonomie des femmes au sein de nos sociétés, je pense qu'il faut explorer les pistes suivantes :

1/Il faut donner plus de droits aux filles et femmes pour lutter contre les discriminations, 

2/Augmenter le niveau économique de la femme  en leur permettant d'avoir des revenus autonomes

3/ Augmenter le niveau des soins médicaux en l'endroit des femmes surtout en milieu rural

4/ Augmenter le niveau d'éducation 

5/ Éradiquer les mauvaises habitudes et coutumes ancestrales confinant la femme à un statut inférieur par rapport à l'homme. 

1/Plus de droits 

A mon avis les droits des filles et de femmes pour une plus grande autonomie et égalité sont très importants pour le développement d'un pays (en developpement ou industrialisé),

En ce qui concerne l'Afrique on doit mener une campagne pour que les pays adoptent des lois qui augmentent la répresentation des femmes dans la sphère politique, mais aussi dans celle des affaires économiques. 

Dans le domaine social, les pays doivent parvenir, en dépit des pesanteurs des traditions ancestrales, à la  promotion des lois qui interdisent la discrimination des femmes, face aux hommes en matière patrimoniale : faciliter l'accession à la propriété des femmes, modifier les droits familiaux traditionnels notamment les relations homme-femme au sein du couple ou du mariage, permettre un meilleur partage des revenus du ménage, éviter la spoliation de la femme et ses enfants propos de l'héritage lors du décès de l'homme.

Protéger les femmes contre les violences et discriminations sexuelles

Je pense que c'est à l'État que revient cette tâche, en édictant des lois justes pour tous les sexes.Tout comme de celui d'aider économiquement et d'augmenter le niveau d'éducation des femmes.

2/Aider économiquement la femme

Il faut aider les femmes à voir leur propre source de revenus qui ne dépend pas du mari. Il ne faut plus que les hommes ne soient les seuls pourvoyeurs des revenus familiaux. La femme qui apporte des revenus au sein de la famille est beaucoup respectée par sa famille.

Des femmes qui travaillent ont plus de moyens de se soigner et de se protéger des maladies. 

3/Augmenter le niveau des soins en l'endroit des femmes

La mortalité des femmes en couches reste très élevée dans plusieurs pays d'Afrique, c'est là une forme de violence faite en l'endroit des femmes. De ce fait ces femmes ne sont pas à égalité avec les hommes car donner la vie pour elles devient presque un voyage vers le suicide.

Les femmes sont les premières victimes des maladies sexuellement transmissibles surtout le virus du VIH, elles sont exposées, car du fait de leur faible pouvoir économique, elles sont en proie à la débauche et à la prostitution avec tous les risques possibles.

Du fait de leur faible pouvoir économique, elles n'ont pas accès facilement aux soins de base.

On obtiendra l'égalité que si les femmes sont bien soignées proteger la maternité et l'enfance, que si les femmes ont une indépendance économique.

4/Augmenter le niveau d'éducation scolaire et universitaire 

Longtemps les jeunes ont été exclues de l'école, car selon la façon de voir ancestrale, elle devait se marier d'où l'âge précoce des mariages des jeunes filles.

Avec l'école, les filles devenaient éduquées et moins ignorantes de leur droits en tant qu'Être humain.

En allant à l'université, elles avaient la même éducation et formation que les hommes cela leur permettait de briguer les mêmes postes que les hommes.

 

C'est pour cela que les gouvernements doivent investir dans la formation professionnelle des filles à tous les métiers intermediaires qui sont souvent reservés aux garçons. Par le biais de la formation professionnelle, les jeunes filles auront beaucoup de facilité d'obtenir un emploi stable et rémunéré source supplémentaire de revenus pour la famille. Augmentant ainsi le niveau de d'éducation des enfants de cette femme et le niveau de vie familial.

En accentuant la formation professionnelle des filles, on repousse aussi par là l'âge de mariage pour ces dernières, donc moins de naissances précoces et surtout non désirées.

 

5/ Éradiquer les habitudes et coutumes ancestrales 

A ce niveau il faut lutter contre les clichés traditionnels, et moeurs retrogrades qui ne voient la femme qu'en Être inférieur à l'homme. Dans beaucoup de société on que la meilleure place de la femme c'est au  tenir le foyer conjugale. Elle ne doit pas travailler. Et beaucoup de société et hommes supportent mal le travail et l'emploi des femmes.

Cette repartition ancestrale du travail doit changer. cela en augmentant le niveau d'éducation des filles et jeunes filles, repousser l'ignorance.

Souvent à cause des coutumes infériorisant la femme que beaucoup des sociétés africaines tolèrent les agressions sexuelles faites en l'endroit des femmes.

Ce sont là les élements de base pour atteindre l'égalité et augmenter le degreé d'autonomie des filles et femmes dans nos sociétés.

Mouélé Kibaya 

 

 

Mots clés : Traditions et droits des femmes, autonomie, égalité, éducation, 

 

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20 mars 2010

Entretien avec une blogueuse africaine

Entretien avec ABORASAMZA   Auteure du blog «  « Mon exutoire » 


Je reprends mon idée d’entretien avec les différents blogueurs Africains ou Afrodescendants, cela afin de mieux faire connaître leur travail aux uns et aux autres.

Ma première invitée  pour cette année 2010 est Aborasamza auteure du blog  "Mon Exutoire". 

 

Le Pangolin : Derrière le blog  « Mon exutoire » qui est Aborasamza une africaine ou une occidentale ?

Aborasamza : Aborasamza est une africaine, je l’ai évoqué plusieurs fois sur mon blog je crois.

Camerounaise, vivant au Cameroun. Je n’ai même jamais quitté mon pays 

 

Le Pangolin : A  la différence de la plupart des blogs tenus par les Africains, vous avez choisi de parler de l’imaginaire érotique en plus d’être femme surtout si l’on sait combien la thématique est délicate ?

Aborasamza : Je ne parle pas que d’érotisme dans mon blog, je parle de moi, ce que je ressens, ce que je vis, ce que j’ai envie de partager. Le sexe, fait partie des tribulations de la  vie, de MA vie, alors j’en parle


Le Pangolin : Vos textes sont-ils de la fiction ou bien de la réalité ?

Aborasamza: Tout ce que j’écris est réel, peut-être que le ton est romanesque je ne sais pas, c’est mon vécu et mon ressenti. Même mes poèmes sont inspirés de la réalité. Pour moi l’écriture est un mode d’expression, un exutoire. 

  

Le Pangolin : Quand vous abordez ouvertement les thèmes la felation et du cunilingus, je vous cite :  je sentais sa bite au plus profond de mon vagin et il voulait le sentir le fond de mon vagin! et quand il me léchait...ah lala! J'ai le clito hyper sensible, un petit frôlement et c'est l'extase. Ou encore …ET J'ai toujours surpris les mecs au lit par mes talents de suceuse et j'adore voir leur tête quand sans qu'il s'y attendent (surtout la première fois), j'attrape leur bite et je commence à m'amuser avec. J'ai tellement bien sucé E 

Ne craigniez vous pas de choquer ? Ce ne sont pas les coutumes africaines un homme faire du cunilingus ou bien une femme faire de la félation, c’est occidental ça ?


Aborasamza : Vous savez, je suis quelqu’un de très pudique, je dis sur ce blog des choses que je ne dirais jamais à découvert. Le texte que vous citez à été écrit dans état que je qualifierais presque de « transe », j’avoue même que quand je me suis relue, j’ai moi-même été choquée. Mais je tenais absolument à le publier parce que tout compte fait je l’avais écrit. Tout ce que je dis est vrai. Les africains peuvent le cacher mais la fellation et le cunnilingus ils les pratiquent, mais sont peut-être trop pudiques pour l’avouer. A la différence de l’occidental, l’africain se soucie beaucoup de son image, du « qu’en dira-t-on ». Beaucoup vont vers les prostituées ou les étudiantes justement parce que leur femme refuse de leur faire quelques gâteries. La fellation et le cunnilingus sont occidentaux certes, mais le baiser sur la bouche avec la langue ne l’est-il pas ?

 

Le Pangolin : En écrivant cela pensez-vous faire du féminisme à l’africaine ? Car le mouvement feministe occidental « Avec plus ou moins ses excès, est ce vaste mouvement social, politique, culturel, intellectuel, de la lutte contre la phallocratie dans tous les sens du mot. Donc le droit aux femmes de parler sexe sans tabous.

Aborasamza :  du féminisme à l’africaine ? Suis-je féministe ? A vrai dire je ne me suis jamais posé la question. Je suis une jeune femme, qui vit dans un monde où les femmes sont éduquées, programmées pour être de bonnes épouses, de bonnes mères. Si une jeune femme ne sait pas faire la cuisine, elle est perdue car quel homme voudra d’elle ? Si elle fait de longues études et obtient un travail valorisant, elle frustre les hommes. Oui en tant que femme dans ce pays j’ai tout intérêt à être féministe. Mais avant d’être une femme je suis d’abord une personne. Et sur mon blog, j’en parle d’abord en tant que personne. 

 


Le Pangolin : Cette façon libre de parler du sexe, pour vous relève –t –elle de quel postulat ? N’est-ce pas de l’exibhitionisme du moi à la mode occidentale contrairement aux coutumes africaines pour qui la sexualité relève de l’intimité  personnelle et donc à ne pas exposer.

Aborasamza : Avant d’être des africains, ne sommes nous pas des personnes ? Oui nous avons nos traditions, nos coutumes, nos habitudes. Mais nous avons des besoins aussi. Pour tout vous dire moi j’en ai un peu marre que l’africain se cache toujours derrière ses traditions et fasse semblant d’être une personne qu’il n’est plus aujourd’hui. Malgré tout et malgré nous, nous évoluons, le monde évolue. L’Africain d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier. Je suis une jeune africaine, vivant en Afrique et mal dans sa peau. Je suis une personne, vivant sa vie et mal dans sa peau. Si m’exhiber me fait me sentir mieux, je continuerais. Est-ce que tout cela est lié au fait que j’ai grandi dans cet environnement ? Peut-être bien. Mais moi j’y suis toujours. Pour moi c’est juste la vie, pas la vie d’une africaine, la vie tout simplement. 

 


Le Pangolin : Est-ce qu’il vous a été difficile d’écrire  comme vous le faites ?

Aborasamza : Difficile d’écrire ? Non. Il m’est difficile de ne pas écrire. J’ai eu une grande passion pour la lecture. Je dis souvent que la lecture ma sauvée. J’ai commencée à me rêver écrivain, j’ai écrit quelques nouvelles au lycée, j’ai risqué ici et là des poèmes. Mais ce sont les « Paroles » de Jacques Prévert qui m’ont confirmés mon amour des mots. Sans oublier ma compatriote Calixthe Beyala qui m’a fascinée. J’ai dû écrire des centaines de poèmes dans ma vie, nés de toutes ses émotions qui bouillonnent en moi, j’ai essayé quelques nouvelles. Mais tout ce que j’écris SORT de moi, tout simplement. 

 


Le Pangolin :  : La femme Africaine aurait tendance à vivre sa sexualité selon le modèle occidental, qui serait elle à l’opposé de la façon africaine qui est elle de célébrer le corps et la beauté de la femme dans ce qu’elle a d’érotique, parce que les pagne africain avec ses couleurs et son côté moulant mettrait plus en valeur le corps de la femme quelle soit sa taille au contraire de la jupe et du pantalon qui  demandent exclusivement des corps plats.

Ma question est de savoir est-ce que la femme africaine ne perd elle pas en adoptant le modèle occidental ?

Aborasamza : Je ne vais pas le cacher, nous sommes très influencés par la mode occidentale, certains en parcourant mes pages, verront que j’adore la mode, mais la mode en général. J’ai également un talent inné en design de mode et en couture (je n’ai encore malheureusement pas exploré en détail cette autre facette de moi dans mon blog). Dans mes créations, j’ai toujours mis en avant l’Afrique, mais en y apportant une touche de la mode occidentale. Le tout c’est de prendre ce qui est bon de chaque côté et de le mettre ensemble. Je pense que rien ne rend une africaine plus belle que lorsqu’elle porte un pagne avec un foulard bien noué sur la tête. Non, l’africaine ne risque pas de se perdre dans la mode occidentale. Nous avons en nous ce côté occidental mais ne nous l’assumons pas encore. Sinon, pourquoi choisirais-je d’écrire tout ceci en restant dans l’anonymat ? En outre je voudrais ajouter que je suis fière, oui très fière d’être une africaine. Je suis fière de mes belles courbes, mes grosses fesses, mes grosses cuisses, mes hanches larges. C’est la beauté de la femme noire. Je suis aussi fière parce que je vis dans mon pays le Cameroun, malgré toutes les difficultés. Et j’espère qu’à travers ce blog je pourrais faire comprendre aux africains qu’une vie normale est possible chez eux, et aux occidentaux que malgré tout ne nous se sommes pas aussi différents d’eux.

 

Signification de Aborasamza : Aborasamza est un mot de mon dialecte qui signifie : « il soulève, il secoue », c’est le nom qu’on donne à la friperie car les vendeurs soulèvent les vêtements et les rejettent en les secouant. C’est aussi le nom qu’on donne aux femmes frivoles ! Mais je n’en suis pas une hein !

 

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17 février 2010

Violence sexuelle et conflit en Afrique/ Sexual Violence and Conflict in Africa

Appel à contributions

Violence sexuelle et conflit en Afrique/

Sexual Violence and Conflict in Africa

Avant le 2 mars - Université Carleton, Ottawa (Canada)

Atelier de deux jours présenté à l’Université Carleton, Ottawa, Canada

 

 

5 et 6 mai 2010

 

Présentation :

L’atelier Violence sexuelle et conflit en Afrique qui se tiendra à l’Université Carleton (Ottawa), les 5 et 6 mai 2010, réunira des chercheurs et des activistes pour amorcer une discussion détaillée, multidisciplinaire et multisectorielle sur la violence sexuelle et le conflit en Afrique. Cette initiative bénéficie du soutien de l’Université des Nations Unies.

L’atelier présentera aussi bien des exposés que des tables rondes pour explorer les aspects sociaux, politiques, économiques et culturels de la violence sexuelle durant un conflit en Afrique. Nous espérons ne pas nous limiter à la simple description du phénomène mais discuter en profondeur des causes, des conséquences, des tendances et des solutions possibles.


Nous invitons les chercheurs, les praticiens (y compris les organisations non gouvernementales) et les fournisseurs de services à proposer des exposés et à présenter une demande de participation. Pour favoriser une discussion ciblée et de grande qualité, le nombre de participants sera limité et nous ne pourrons pas nécessairement inclure tous les exposés et toutes les personnes souhaitant participer.


Si vous êtes intéressé à présenter un exposé, veuillez faire une demande en nous faisant parvenir une proposition d’exposé comprenant le titre et un résumé de l’exposé (moins de 200 mots), par 2 Mars, 2010, ainsi qu’un court texte expliquant en quoi votre exposé, votre recherche ou votre domaine d’expertise cadre avec les thèmes de l’atelier décrits ci-dessous. Si vous souhaitez tout simplement participer à l’atelier, veuillez nous faire parvenir une courte lettre pour vous présenter, présenter votre organisme et définir la nature de votre travail ou de vos intérêts par rapport aux thèmes ci-dessous.

Prière de faire parvenir votre correspondance à l’adresse suivante :

sexualviolence.conflict.africa@gmail.com

 

Thèmes préliminaires de l’atelier :

 

1. Comprendre la violence sexuelle en temps de guerre : Que sait-on des schémas et des processus de violence sexuelle dans différentes zones de conflit en Afrique ? Dans quelle mesure pouvons-nous et devons-nous faire des comparaisons entre diverses situations de conflit (ou même à l’intérieur d’un conflit) ? Quelle recherche est effectuée / quelles données sont recueillies et par qui ? Qu’est-ce qui se fait afin de développer des méthodologies de recherche et des cadres d’analyse pour examiner la violence sexuelle en temps de guerre et pour réfléchir sur cette recherche ?

  

2. La violence sexuelle et les conflits ethniques ou nationaux : Quel est le lien entre le conflit, les formes de conflit, les marqueurs d’identité et les schémas de la violence sexualisée ? Comment le viol en temps de guerre invoque-t-il, conteste-t-il et redéfinit-il le genre et l’ethnicité ? Comment les coutumes et les normes existant avant un conflit expliquent-elles la possibilité de violence sexuelle en temps de guerre ou la résistance à ce type de violence ? Comment l’ethnicité et la race sont-elles comprises et invoquées par les acteurs des conflits et par la communauté internationale qui cherche à intervenir durant (ou après) un conflit ? Comment l’ethnicité et le genre opèrent-ils dans un contexte post-conflit pour influencer l’accès des victimes de la violence sexuelle aux ressources sociales ?

 

3. Militarisme, masculinité et armes légères : Comment les normes liées à la masculinité sont-elles invoquées ou modifiées par différents types de militarisme ? Quel rôle les armes légères ou les nouvelles formes de conflits armés jouent-elles dans la structuration de certains types de masculinité ? Et quels effets cela a-t-il sur les conditions favorisant la violence sexuelle et sur les caractéristiques de cette violence ? Comment les masculinités africaines sont-elles représentées dans les conceptions et les réponses occidentales à la violence sexuelle ?

 

4. L’économie politique de la violence sexuelle : Ce groupe explore le lien complexe entre l’économie politique, l’environnement et la violence sexuelle en temps de guerre. Quel rôle les sociétés multinationales, les investissements étrangers directs, l’aide et l’extraction des ressources jouent-ils dans l’instauration de conditions favorisant la violence en temps de guerre et dans la réponse internationale ?

 

5. Le maintien de la paix et le rétablissement de la paix : le rôle de la communauté internationale : Quels effets et quelle influence les initiatives de l’ONU, y compris les activités de maintien de la paix, ont-elles sur les schémas et les processus de la violence sexuelle dans les situations de conflit ? Quels effets ces initiatives ont-elles sur les efforts destinés à réparer les dégâts de formes particulières de violence sexuelle ? Quel rôle les acteurs internationaux jouent-ils dans les continuités qui existent entre l’exploitation en temps de guerre et l’exploitation en temps de paix ?

 

6. Présenter et représenter le viol : Dans quelles circonstances le viol commis en Afrique en temps de guerre devient-il visible en Occident et pour l’Occident ? Quel « travail » politique et analytique la victime africaine de viol et le violeur africain jouent-ils dans la façon dont l’Occident présente et représente l’action, l’inaction, la politique et la justice ? Comment et de quelles façons le projet colonial en Afrique est-il visible (ou pas) dans les représentations occidentales de la violence sexuelle en Afrique ? Comment ces tropes coloniaux engendrent-ils une réponse internationale et occidentale, et pour le meilleur ou le pire, aident-ils à constituer un champ social transnational dans lequel travaillent les militantes et militants africains ?

 

7. La période après un conflit et la période de transition : Comment les schémas et les processus de violence sexuelle deviennent-ils visibles, ou non, durant la période de transition après un conflit et durant les efforts de réconciliation ? Dans quelle mesure les schémas de la violence sexuelle ont-ils des répercussions sur l’accès aux ressources et aux mesures de réparation dans les contextes post-conflit ? Comment les masculinités sont-elles contestées et redéfinies durant la période de conflit et dans quelle mesure cela a-t-il un effet sur les efforts visant à lutter contre (réparer les dégâts) la violence sexuelle en temps de guerre ?

 

Contact : Doris Buss Graduate Supervisor and Associate Professor Law Department, Carleton University 1125 Colonel By Drive Ottawa, Ontario, Canada K1S 5B6(613) 520 2600 ext 8011(613) 520 4467 (fax) doris_buss@carleton.ca

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18 novembre 2009

Promotion des femmes et égalités des sexes en Afrique : de l’engagement à l’action

Promotion des femmes et égalités des sexes en Afrique : de l’engagement à l’action

BANJUL, Gambia, 17 novembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Communiqué de presse de la CEA n° 65/2009

Quinze ans après la quatrième Conférence régionale africaine sur les femmes qui s’est tenue à Beijing en 1995, c’est à Banjul, en Gambie, la cote souriante de l’Afrique que la Commission économique pour l’Afrique (CEA) a choisi de se réunir pour l’évaluation de l’état de la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing. Composé de douze domaines prioritaires, ce programme est un instrument majeur pour traiter des inégalités entre les sexes et la promotion des femmes, d’où l’importance de cette évaluation à mi-parcours en Afrique. Le thème retenu pour cette 8éme Conférence régionale africaine sur les femmes (Beijing +15) est : «De l’engagement à l’action ».

«Le temps de revoir nos habitudes et notre façon d’agir est venu car les femmes font encore face à toute sorte d’aléas de crises, de guerres et de conflits ». Tels ont été les mots de Mme Lalla Ben Barka, Secrétaire exécutive adjointe de la CEA dans l’allocution prononcée à l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture de la Conférence. Elle a ensuite indiquée que cette rencontre reflète l’engagement et la détermination des gouvernements pour réaliser les objectifs de l’agenda du genre en Afrique. Malgré les immenses progrès constatés dans la réduction de l’inégalité entre les sexes et la promotion des femmes dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique, certains défis demeurent entiers a observé Mme Ben Barka. En effet, «les politiques et les programmes traitent encore les sujets liés au genre comme des éléments isolés et le concept de la prise en compte du genre demeure esthétique et se heurtent toujours aux résistances ». Pour preuve, Mme Ben Barka a cité l’exemple des ministères et des directions chargés des questions du genre qui, faute de ressources adéquates, peinent à accomplir leur mandat ou encore des contradictions entre les législations en faveur des femmes et des filles et les pratiques traditionnelles qui perpétuent l’asservissement des femmes. Ainsi le temps de l’action arrive à point nommé, a annoncé la Secrétaire exécutive adjointe de la CEA, car le changement climatique et les autres crises n’épargneront pas les femmes et les filles, bien au contraire, les discriminations, les disparités, la pauvreté et la malnutrition seront exacerbées. En conclusion, pour insister davantage sur l’importance de l’égalité des genres et la promotion de la femme en tant que conditions sine qua none de tout développement, Mme Ben Barka a repris à son compte l’assertion d’un journaliste «la femme est l’avenir de l’homme ».

Pour sa part, Mme Julia Dolly Joiner, Commissaire de l’Union africaine (UA) chargée des Affaires politiques, a indiqué que le changement climatique et la crise économique posent un double défi à l’Afrique dans la mesure où leurs conséquences se font plus ressentir que partout ailleurs. Mme Joiner a rappelé qu’il appartient à l’Afrique d’être audacieuse dans l’action vu la taille et le nombre croissant de défis à relever. De même, il est nécessaire d’élargir le canevas de la réflexion afin de compter davantage de succès et réduire les défis qui se posent à la femme en Afrique. Dans ce cadre, elle a réitéré l’engagement de l’UA dans la mise en œuvre des Plateformes de Beijing et de Dakar. Cet engagement est reflété dans le Plan stratégique de la Commission de l’UA pour la période 2009-2012 et est répété dans la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples sur les droits de la femme en Afrique ainsi que dans la Déclaration solennelle sur l’égalité des genres en Afrique. Mme Joiner a conclu son allocution en rappelant à l’assemblée certains fondamentaux pour l’évaluation : l’impact de la crise économique mondiale sur les droits de l’Homme notamment ceux de la femme, l’importance des synergies et de l’action concertée et l’investissement dans le développement.

Dans son discours, Mme Chinwe Dike, Coordinatrice résidente des Nations unies et Représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Gambie a fourni des chiffres éloquents sur la promotion des femmes et l’égalité des sexes. Deux tiers des illettrés dans le monde sont des femmes, 70% des enfants non scolarisés sont des filles et seul seize pour cent des femmes accèdent à des fonctions parlementaires. Elle a ajouté que partout dans le monde les femmes ont des salaires inferieurs aux hommes mais passent 70% de leur temps dans des taches domestiques. Malgré tout ceci, leur contribution à l’économie mondiale demeurent invisible a-t-elle assené. Elle a, cependant, indiqué que le sombre tableau dressé avait juste pour objectif de rappeler la longueur du chemin à parcourir même si beaucoup a déjà été fait. Mme Dike a conclu son propos par une question : malgré tous les instruments pour la promotion de la femme et l’égalité des sexes, que pouvons faire pour changer l’attitude des femmes et des hommes pour une meilleure reconnaissance de la contribution de la femme à l’économie mondiale.

Avant de déclarer la Conférence officiellement ouverte, Mme Fatou Jassey-Kuyateh, Secrétaire générale du bureau de la Vice-président de la Gambie a dressé un tableau complet de l’état d’avancement de la promotion de la femme et de l’égalité des genres dans la cote souriante de l’Afrique.

La session des experts de la 8éme Conférence régionale africaine sur les femmes prendra fin le 18 novembre. Elle sera suivie, du 18 au 20 novembre par la Conférence ministérielle.

Site Web : http://www.uneca.org/acgs/beijingplus15/

Communiqué du Service de l’information et de la communication de la CEA
Boîte postale 3001
Addis-Abeba
Éthiopie

Téléphone: +251 11 544 50 98
Télécopie: +251 11 551 03 65
Adresse électronique: ecainfo@uneca.org
Site Internet: www.uneca.org

SOURCE

UN Economic Commission for Africa (ECA)

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28 août 2007

La polygamie et autres droits de la femme au Congo

CONGO BRAZAVILLE :

NOTE DE POSITION SUR LES DROITS DE LA FEMME AU CONGO BRAZZAVILLE

OBSERVATOIRE CONGOLAIS DES DROITS DE L’HOMME OCDH

La république du Congo, comme beaucoup de pays africains a une population en majorité féminine, (environ 52 % de la population du pays estimée à 2.800.000 habitants). Les conditions de vie sont de plus en plus précaires au Congo avec plus de 59 % de la population vivant au dessous du seuil de pauvreté.

Cette couche sociale, la plus importante, est victime de nombreuses atteintes. Si la discrimination est générale dans la participation aux institutions et le processus de prise de décisions, le taux de violences faites aux femmes est de loin la plus grave des atteintes à la dignité et à l’intégrité physique et morale de la femme. La femme connaît également beaucoup de

difficultés d’accès aux services judiciaires.

Un cas spécifique est celui des femmes pygmées qui, dans le silence quasi général, vivent leur supplice dans une société composée en majorité de Bantous

. Les Oubanguiens et les Pygmées sont des minorités nationales.

-

Nombre de femmes au Gouvernement sur un total de 34 ministres : 5

-

Nombre de femmes siégeant au Parlement (Assemblée nationale et Sénat) sur un total de 203 sièges : 21

-

Moyenne totale de la représentativité féminine dans les institutions : 17,7 %

-

Moyenne totale de la représentativité féminine dans les sphères (collectivités) locales : 3,73 %.

Principale victime des conflits armées, la femme congolaise a été touchée sur plusieurs plans : violée, enfants et mari tués, dépourvue de moyens de subsistance, elle s’est retrouvée chef de famille et éducatrice des enfants.

Le nombre de femmes est toujours plus élevé dans les sites de personnes déplacées. Elles sont exposées à toutes les atteintes. En effet, toutes les guerres que le Congo a connues ont permis le viol massif des femmes.

Environ 27.000 femmes ont été violées

en une décennie de désordre et de conflits armés entre les principaux acteurs politiques. Les auteurs de ces viols sont les hommes en uniformes militaires issus des camps des forces régulières et des rebelles du Pasteur Ntumi.

Les affaires liés au viol ne sont pas inscrites dans les rôles des sessions criminelles.

Et les auteurs de ces exactions jouissent toujours de l’impunité qui s’est généralisée dans le pays. Ces blocages dans l’administration de la justice font que les femmes victimes de viol n’osent pas ester en justice. Elles vivent en silence leur souffrance.

La justice congolaise n’est pas près des populations. Une dizaine de tribunaux de grande instance pour quatre cours d’appel (cours d’assises), les femmes victimes de violences sexuelles ont du mal ou sont dans l’impossibilité de se présenter devant les juridictions nationales, car il s’agit de parcourir de longues distances.

D’autres difficultés d’accès à la justice sont liées à la pauvreté de la population et à l’éloignement des cours et tribunaux. En effet, les frais des procédures judiciaires sont très onéreux et ne permettent pas aux ménages à faible revenu de porter plainte même lorsqu’un membre du ménage est victime d’une violation de ses droits.

Par ailleurs, les droits des femmes incarcérées ne sont pas respectés. Le Congo n’a pas de prison moderne respectant les standards internationaux en matière de détention. Il n’existe

aucune prison des femmes dans le pays

. Si à Brazzaville et Pointe – Noire (la seconde ville du pays) des« terre à terre » qui est la désignation locale du viol collectif, c’est-à-dire

Les auteurs des exactions à l’endroit des femmes profitent de l’ignorance et de la résignation de la femme en général pour commettre des violations sur les droits de la femme dans une impunité garantie non seulement par le pouvoir politique mais aussi la faiblesse du pouvoir judiciaire.

Si l’accès à l’éducation est garantie dans les conditions d’égalité avec le garçon, les difficultés que connaissent le pays avec la libéralisation de l’enseignement et la dégradation du pouvoir d’achat ne permettent pas aux jeunes filles de poursuivre les études au delà du secondaire pour plusieurs raisons liées aux maternités précoces et au faible pouvoir d’achat des parents. Les jeunes filles sont exposées que les garçons aux actes de harcèlement. Le taux d’analphabétisme est de plus en plus élevé chez les jeunes filles que chez les garçons.

La survivance de la tradition fait que la femme congolaise vive un vrai calvaire lors du décès de son mari :

-

Mauvais traitements durant la veillée mortuaire ;

-

Expulsion de la maison après l’inhumation de son époux.

Les inégalités légales sont contenues dans le Code de la famille notamment sur l’adultère de

la femme

source : fidh www.fidh.org

[on peut la surprendre partout et l’adultère de l’homme c’est seulement au foyerconjugal], la polygamie qui reste autorisée.

Déjà, dans le processus du mariage, la femme est échangée contre une dot fixée à maxi 50.000 F. CFA (par le code de la famille) mais en pratique varie selon le niveau d’instruction de la femme pour atteindre des montants incroyables avoisinant ou dépassant un million de F. CFA. De cette façon, la femme est comme prise en otage par son mari qui peut disposer d’elle comme il veut.

C’est l’une des raisons du fait que plusieurs femmes, malgré les mauvais traitements qu’elles subissent dans les foyers, elles ne osent pas quitter ces foyers.

quartiers des femmes ont été créés dans les mêmes prisons, les autres établissements pénitenciers sont de véritables écoles du crime où les grands criminels cohabitent avec les délinquants ordinaires, les prévenus avec les condamnés, les enfants avec les adultes, les femmes avec les hommes.

Les femmes sont également victimes de harcèlement et de viols dans les commissariats de police et les brigades de gendarmerie soit par les co-gardés à vue soit par les agents de la police euxmêmes.

Souvent, dans les prisons congolaises, les femmes sont victimes des actes d’abus sexuels de la

part des codétenus qui partagent avec elles, le même espace vital. A Brazzaville, les femmes incarcérées sortent de ces lieux avec des grossesses soit des codétenus, soit des agents de sécurité qui abusent de leur position pour monnayer les faveurs qu’ils font aux détenues.

Les Pygmées, populations des forêts, sont victimes de discriminations de la part des Bantous qui se croient être une race supérieure. Ainsi, les femmes pygmées, sont elles aussi victimes de viol et de mauvais traitements de la part des populations. Elles sont tenues en esclavage par les Bantous qui les exploitent notamment dans les travaux champêtres.

Dans certaines localités de résidence des Pygmées, comme à Ngoua II (Commune de Dolisie), on assiste souvent à des viols collectifs des filles pygmées même dans les postes de police.

Lorsqu’une femme pygmée est impliquée dans un litige et emmenée au poste de police, elle subit systématiquement le

plusieurs hommes passent sur une même femme à même le sol. Les auteurs sont sûrs de leurs impunité.

A l’issue de ces actes de viols, les femmes souffrent de maladies sexuellement transmissibles dont le SIDA et contactent des grossesses non désirées. Le taux du VIH SIDA est d’ailleurs très élevé chez la femme que chez l’homme.

Certaines femmes, grâce à l’aide des organisations non gouvernementales ont décidé de porter plainte avec l’assistance judiciaire offerte par celles – ci. Mais les procès sont toujours attendus.

Si beaucoup d’efforts ont été fournis dans la rémunération des femmes et l’accès à l’emploi dans les conditions d’égalité avec les hommes, dans le domaine la participation des femmes dans les institutions publiques, la femme reste l’être inférieur qui joue les derniers rôles :

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