08 décembre 2010

Je ne me tairais pas! Je suis un Homme libre

 


Je vous mets en ligne la réponse que je viens de faire à une internaute qui me demande de me taire  à propos des mots révolution sanglante et atroce, que j'ai employées dans un article de 2007 à propos des éléctions au Congo.

M'ayant compris de travers, cette internaute a cru bon au nom du monopole de la souffrance de me demander de me taire.

A cette internaute, je lui dis que je ne me tairais jamais et je donnerais toujours mon avis sur ce qui me semble important pour la liberté et la dignité.

Pour m'obliger à me taire, elle a cru bon de divulguer aux internautes la localisation de ma résidence, cela ressemble fort bien à l'intimidation. Par ce fait elle se mets dans l'illegalité vis à vis de la loi à propos de la protection de la vie privée.

A cela ne tienne ce n'est pas ça qui va m'arrêter.

Je vous demande donc de lire le texte concerné et son commentaire avant de lire ma réponse.

Elle aura compris si elle m'avait bien lu que je mets en garde l'opposition congolaise, qu'à cause de son jeu malsain, en voulant valider par leur participation à des élections truquées, que  la révolution sanglante et atroce sera inévitable.

Tant pis pour ceux qui croient à autre chose. Le pire dans nos pays est à venir si l'on ne fait pas attention.

le texte "faut-il aller aux élections?"

http://lepangolin.afrikblog.com/archives/2007/06/14/5299913.html?t=1291829636594#c39069324

le commentaire de notre internaute "

 

réponse

Monsieur Mouélé,
Ne parler jamais de révolution sanglante et atroce parce que vous n'avez pas connu ni vécu la guerre au Congo. Vous vivez avec votre famille dans la banlieu nord de Paris (limite Oise-Ile de France) à l'abri de la misère et de la souffrance congolaise. Ceux qui ont perdu leurs enfants, épouse ou époux savent ce que c'est la douleur viscérale. Ces gens inconsolables qui ont porté à main-nu les dépouilles de leurs parents ne veulent plus de révolution sanglante et atroce. Si vous êtes adepte de la révolution sanglante repartez avec toute votre famille au Congo pour la faire ; sinon taisez-vous.

Posté par Madé, 08 décembre 2010 à 09:09

 

Ci-dessus la réponse faite à cette internaute qui ne m'a pas compris hélas.

A Madé,

D'abord je suis triste de constater que vous ne m'avez pas bien compris.

Avant de me faire taire il faut que vous soyez lâche de vous cacher derrière un pseudo, vous n'avez pas été capable de laisser votre adresse e-mail. Et surtout essayer de m'intimider en donnant la localisation de ma résidence, pendant que vous y etes allez jusqu'au bout de votre logique.

Pour votre info, je vais souvent au Congo pour travailler, et je n'ai pas peur de ce genre de méthode d'intimidation. Si vous voulez me faire taire utiliser d'autres méthodes.

Après ces mises au point, sur la forme, je vais répondre à la réflexion de fond que vous faites à mon texte.

Je vous mets en lecture la phrase. Et je vous prie de la relire attentivement.

"Le reste n'est que de la masturbation intellectuelle et du divertissement. Il faut changer les rapports de force, faire savoir à Sassou et ses auxiliaires ainsi que ses donneurs d'ordre (La France) que les choses doivent changer, sinon c'est la vraie révolution sanglante et atroce"

Elle est bien au conditionnel ( par l'adverbe sinon).

Je m'adressais à l'opposition congolaise qui embrouille les congolais et nous étions en  octobre 2006 trois ans avant les élections présidentielles de 2009 et un an  avant les élections législatives .

Je m'interrogeais sur la nécessité d'aller aux élections, au vu de la situation de blocage organisée par Sassou et son clan. Objectivement il y avait volonté manifeste, de la part du tenant du pouvoir, de procéder à un hold up électoral. Et je vais vous dire que ce genre d'élections ne servent qu'à valider une légitimité pseudo internationale.

Et l'intervenant qui vous a précédé conseillait d'y aller. L'histoire m'a donné raison, malheureusement pour le Congo et les Congolais.

Sassou a triché à ces deux élections et a la volonté de demeurer jusqu'à sa mort au pouvoir est bien manifeste, vu le nombre de ralliements des pseudo opposants.

Ainsi il s'attelle déjà à trouver les formules pour rester au pouvoir, bien que la constitution limite à deux mandats. Je vous mets au défi de me prouver le contraire. Et dans ce cas on fait quoi? 

Même pas cela,  en effet cela fait plus de trente ans , sinon plus, qu'il est au pouvoir et rien ne change de façon positive. La situation sociale et sanitaire des Congolais est toujours médiocre et releve du suicide collectif.

Mandela qui a fait vingt-sept ans de prison en Afrique du Sud a cedé sa place et déjà après lui il y  a déjà eu 2 présidents qui lui ont succedé. Dieu seul sait que Mandela n'a pas demerité, et pouvait gagner toutes les élections, mais là est la grandeur d'un homme.

Il faut être fou et malade mental pour soutenir Sassou et l'opposition actuelle qui fait son jeu.

Je vous recommande de lire mes autres articles sur le sujet et vous allez comprendre le sens de ma phrase.

Actuellement au Congo, on a une situation de blocage politique, l'Etat congolais n'existe plus, à la place s'est installée une mafia.

Alors quand je vois l'opposition congolaise demander des commissions électorales à Sassou, cela me révolte et m'inquiète.

Sur le long terme, cette attitude et façon de faire conduisent droit à la révolution quand le peuple n'aura plus rien.

C'est cela le sens de ma phrase. Où est-ce que vous avez trouvez une incitation à la guerre?

Depuis quand le mot Révolution est synonyme de guerre?

Madame je suis conscient du traumatisme subi par les congolais par les guerres inciviles passées.

L'histoire nous révèle les ressorts de ces atrocités et recommandent à plus d'objectivité et de retenue.

Et vous n'avez pas le monopole de la souffrance. Je vous interdit donc de m'écrire sur ce ton. 

Donc cessez de procéder par ces méthodes, de la dictature de la pensée unique.

Pensez-vous qu'actuellement que les congolais ne souffrent pas. Que les Congolais ne meurent pas en masse? Que les familles congolaises ne portent pas à "main nues" les cadavres de Leurs en 2010? 

Quand en 2010, on meurt de tout, vous croyez que les familles qui sont endeuillées ne souffrent-elles pas?

Sachez que les Congolais n'ont pas besoin de guerre incivile pour mourir. Près de 70% d'eux vivent avec moins de 655 francs cfa par jour. N'est-ce pas atroce comme vie?

Quand des jeunes filles quittent les études à cause du harcèlement sexuel, n'est-ce pas traumatisant.

Ce sont des vies détruites.

Les jeunes qui meurent dans les trains d’atterrissage des avions pour fuir la misère, n'est-ce pas atroce?

Toutes ces femmes qui meurent en couche dans les hôpitaux vous en dites quoi? En France il est rare de voir mourir une femme en couche, si c'est le cas le mari et la famille portent plainte contre les medecins.

Au Congo en ces années, les taux de mortalité infantile  avoisinent les chiffres de 120 pour mille depuis une dizaine d'années. Savez-vous en chiffres réels ce que cela represente en terme de morts chaque année?

Cela veut dire que sur mille enfants qui naissent cette année au Congo   plus de 120 n'atteindront pas l'âge de cinq ans.

En France il est de 3,9 pour mille, pour une population de plus de 60 millions d'habitants quand  au Congo on a moins de 4 millions d'habitants. Faites la différence. Pour comparer le Congo avec d'autres, sachez que la moyenne mondiale est de 60,99 en 2009 contre 112,76 en 1980. Le Congo est deux fois au dessus de la moyenne.

Pour votre information je vous donne pele mêle les chiffres de quelques pays pour que vous puissiez faire la comparaison de façon objective  Gabon en 1980 : 116,9 contre 68,9 en 2009 donc moitié moins qu'au Congo, quand en Lybie on a pour l'an 2009 : 18,5 contre 296,9 en 1960 faites la différence.  Algérie 32,3 en 2009 contre 249,9 en 1960. D'autres chiffres Cap Vert en 1970 : 151,1 contre 27,5 en 2009; La Corée du Sud 4,9 en 2009 contre 137,5 en 1960; Le Cameroun 240,8 en 1965 contre 154,3 en 2009. Cuba 5,8 en 2009 contre 51 en 1960. Israël 4,4 en 2009 contre 137,5 en 1960.

Depuis 1985 la mortalité infantile au Congo n'a cessé de  croitre de 98,2 elle a atteint 128,2 en 2009 contre 193,2 en 1960.

Pour votre gouverne Voici des chiffres  1985 : 98,2 - 1990 : 103,2   - 1995 :  109,7   - 2000: 116    - 2005 : 122,6    -2009 : 128,2.

Chaque année naissent à peu près au Congo 130 000 enfants

Le Congo perd 15 033,6  enfants de moins de 5 ans tous les ans. Je vous laisse  imaginer pour ceux de plus de 5 ans quand 60 % de la population de ce pays a moins de 30 ans.

Par extrapollation chaque année cela fait : 15 033,6 /5 = 3006,72 enfant de chaque tranche de un à cinq ans environ qui meurent.

C'est ça la réalité du Congo.

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Infant_mortality_rate_without_legend.jpg

Les enfants de la rue, vous en dites quoi?

Et toutes les veillées mortuaires qui ont lieu dans les villes congolaises, ne vous font pas réagir.

Sachez qu'un peuple a les dirigeants qu'il mérite s'il ne se révolte pas à un moment de son histoire, les Français ont fait la révolution ont décapité des rois, pour obtenir les droits qu'ils ont actuellement.

En Afrique la situation de blocage au niveau des institutions sauf intelligence ne pourra se débloquer qu'au prix d'une révolution, c'est mon avis.Voyez ce qui se passe en Cote d'Ivoire.

Souffrez donc que je dise si l'opposition congolaise pense faire partir du pouvoir Sassou et la mafia par les élections elle se trompe largement.

En participant à ce genre de mascarade, l'opposition congolaise se rend complice de cette situation, c'est au peuple de se révolter.


Il n y a que la révolte qui fera partir Sassou et ses acolytes, opposition comprise mais ce n'est pas ça qui fera changer les choses, car il faut une révolution dans ce pays pour changer les choses et les mentalités.

Cela va venir quand ils n'auront plus rien, pas d'école, pas d’hôpitaux, pas de logement, là la révolution que vous redoutez arrivera.


C'est pour cela que j'ai dit qu'il faudra s'attendre à une révolution sanglante et atroce quand le peuple congolais aura compris.

Avec votre façon de voir, les Sud Africains n'auraient pas obtenu la liberté, ils se sont battus.

Donc ce n'est pas vous qui allez me faire taire, et je vous l'interdit même si vous employez des méthodes d'intimidation je suis un homme libre.

Que vous le voulez ou pas il y aura un jour la revolution, sinon il va falloir accepter votre condition de soumis et d'esclave.

Moi non !

 

Posté par Kibaya à 19:07 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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17 novembre 2010

Les élites africaines face à leurs responsabilités

Je vous donne à lire  l'échange que j'ai eu avec mon très cher ami et grand homme Katata à propos de l'intellectuel congolais disons le africain.

Je suis en train de préparer la sortie d'un livre sur ce thème.

J'estime donc qu'il est normal pour moi de vous faire partager cette préoccupation. Mon souhait est que vous réagissez à ce texte de mon très cher Katata.

04 janvier 2010

Sur la responsabilité des élites africaines sur leur gestion du pouvoir et l´avenir des leurs

Bonne année à tous nos lecteurs ! Que cette année vous apportent à tous ce que vous attendez d´elle; à tous nous souhaitons santé, réussite, bonheur. Forum Réalisance.  

Commentaire sur facebook sur l´identité congolaise en question. Discussion initiée par Berry Muekatone. 

Quand l´élite est retardataire ou incapable, les conséquences sont toujours douloureuses pour l´avenir du peuple.

Cher ami et compatriote Frank Assimbo, voyez-vous, quand l´identité d´un peuple n´arrive pas à se sortir de la problématique existentielle posée par l´antagonisme intérieur (il s´agit ici d´émancipation face aux facteurs négatifs de son histoire, à la connaissance, à la technique, à l´économie et ses impératifs) et extérieur (je pense ici à l´esclavage, à la colonisation ou à l´exploitation économique rapace et partiale) ou à réaliser après l´indépendance sur le territoire national d´un système de valeurs économiques, techniques, scientifiques et sociales permettant un développement plus volontaire et harmonieux du pays, qui donc est le responsable de cette stagnation ou de ce débâcle sinon l´élite du pouvoir et ses conseillers intellectuels ? C´est le pouvoir qui décide des normes d´éducation, de formation professionnelles, de normes administratives…qui avec une politique fiscale appropriée, finance et dirige les investissements publics et privés les plus importants pour le meilleur développement de sa communauté ! Et c´est dans sa compétence, son haut niveau éthique et son sens de responsabilité que dépend l´avenir du travail, celui de la production et celui de la paix sociale...et bien sûr du niveau de bien-être de ses citoyens et de sa société.

Il ne faut pas faire comme tous les africains qui croient tous qu´ils sont des facteurs déterminants du développement africain tout en agissant chaotiquement de part et autre sans savoir où ils vont et quelles sont réellement les objectifs prioritaires et ceux qui ne le sont pas ! L´organisation et la gestion de société est un devoir ardu qu´on ne peut pas laisser dans n´importe quelles mains, sinon les conséquences immédiates et futures seront incroyablement douloureuses pour plusieurs générations innocentes, il faut bien le dire. Si aujourd´hui toutes les cultures verbales ne se sont pas aussi développées que les cultures de civilisation écrite, ce n´est pas du pur hasard...la connaissance, l´effort intellectuel et pratique et la discussion qu´elle implique émancipent l´intelligence sociale et individuelle. Il n´y a que ceux qui ont eu la chance de s´instruire qui peuvent mieux comprendre la complexité et l´urgence de certaines options et prérogatives. Ceci dit, quel est en fait l´obligation de l´intellectuel dans la société sinon veiller à ce que les choses marchent bien et mieux pour une meilleure réalisation de la société et des individus ? Parce qu´en fait sinon l´intellectuel lui-même ne sait pas se réaliser sans perfection et perfectionnement !

En Afrique on a la curieuse hérésie que les intellectuels se réalisent non en donnant l´emploi aux leurs, non en les instruisant aux professions utiles et nécessaires pour le bon développement de la société et de son avenir ou en finançant des projets fructueux et utiles ; non, ils se réalisent en ce qu´ils vendent les minerais, les droits de pêche, le déboisement sauvage de nos forêts aux étrangers. Et si ces revenus étaient au moins réinvestis dans l´avenir du peuple...non, non, ils servaient à enrichir des particuliers bureaucrates ou ces revenus repartaient vers l´occident en contrepartie de bibelots de consommation étrangère. En clair nous financions l´avenir de ceux qui, plus tard, venaient entretenir la rébellion chez nous ou détruire notre agriculture et nos élevages en nous envahissant encore plus avec leurs excédents industriels ! Ne me dites pas que le simple paysan congolais peut comprendre cette équation difficile, l´intellectuel cependant bien; le pouvoir encore mieux parce que c´est son devoir de veiller au bien-être des siens. Et si cela ne se fait pas, faut-il l´acclamer et le glorifier ? Dites donc, ce sont nos femmes et nos enfants qui désespèrent sans avenir et sans bien-être légitime ; somme-nous aussi aveugles ou irresponsables ? Le pouvoir, il a ses obligations et son contenu ; on n´y va pas pour des carottes ou simplement pour y vendre du vent frais !

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu" 

 

Forum Réalisance

 

Commentaires

L'intellectuel africain n'existe pas encore

Merci Katata de relancer le debat sur l'intellectuel, c'est sur ça que nous devons instruire toutes nos intelligences. Car comme tu as su le dire l'intellectuel africain n'existe pas au sens de Sartre.

En Afrique les quelques instruits aux langues occidentales qui se prétendent intellectuels font exactement ce que l'on attend d'eux : la soumission.

Ce programme a été bien formaté dans leurs têtes, ces derniers ont reçu l'instruction pour perpetuer le système liberticide de spoliation mis en place par le capitalisme.
Pour ma part debattre sur l'intellectuel africain s'est se tromper de debat car il n'existe point. Oui l'intellectuel c'est celui qui ne vit que pour perpetuer la vie, c'est celui qui sait et transmet, c'est celui qui ne triche pas avec la vérité. Or nous tous savons ce qu'est la vérité de la situation africaine.
Dans notre cas il nous faut débattre des conditions d'avènement de l'intellectuel. 
Comment faire naître, dans le contexte totalement hostile et d'absence d'organisation de la société (ETAT) et de la chose publique (RES PUBLICA ), l'intellectuel congolais ou africain, qui en s'assocciant avec les autres de sa catégorie formera une élite? C'est la question première de tout ce que vous venez de dire à propos de l'intellectuel.
C'est dans ce sens en 1995 que j'avais soutenu dans mon livre "la nouvelle utopie africaine" aux éditions Bajag-Meri la nécessité de fonder un véritable Etat africain et d'inventer une élite.

Posté par Le pangolin, 05 janvier 2010 à 11:33

Les intellectuels africains existent...seulement, ils sont méprisés, opprimés ou exclus du pouvoir de nos sociétés !

Telle est la vérité, parce que je considère que je suis un intellectuel comme Berry Muekatone, comme toi, Mouélé Et tant d´autres encore Jean Pierre Kaya, Samir Amin etc, Bwemba Bong etc.

Notre drame c´est de nous buter aux murs de société issue de traditions verbales où la logique et la rationalité n´a pas été compilée, contrôlée, discutée et jugée dans sa consistance et ses contenus. Puis vint la colonisation et celle-ci imposa ses normes et son sens de l´histoire...même à la colonisation nous n´avons pas compris qu´il était temps de changer de norme et d´orientation économique, politique et culturel pour retrouver nos identités en puzzle éparpillés dans le temps par de longs siècles d´assujettissement. Pire, il y a même des africains qui ont aidé les occidentaux á assassiner nos élites averties à cette époque ou à les emprisonner pour empêcher tout courant réel de liberté et de souveraineté africaine. C´est l´histoire de l´assassinat de patrice Lumumba, de Ruben Um Niobé, d´Amilcar Cabral, celui de l´emprisonnement de Nelson Mandela. Même aux Etats-Unis il y a eu les assassinats de Martin Luther King et de Malcolm X. Ce courant a été très systématisé, érodant et destructeur des plantes fraîches de renouvellement de l´identité culturelle de la race noire dans le monde entier ! Chose bien curieuse pour des gens qui prétendaient, tout en nous opprimant, nous offrir la liberté !

Le principe aujourd´hui, et pour être réaliste dans la bonne tradition intellectuelle du réalisme sociohistorique, nous devons reconnaître que seuls ceux qui s´imposent savent changer ou influencer le sens de l´histoire. En Afrique et grâce à la francafrique, au néocolonialisme et à ses tribulations castrant politiquement et intellectuellement les africains, on a hélas pris l´habitude d´élire ceux que l´occident soutenait, et c´est dire les idiots et les corrompus aliénés à l´occident plutôt que de se choisir ceux qui résoudraient au mieux les problèmes des leurs. Tout cela tenait tant que l´occident avait la main partout: qu´ils dominait le monde militairement, techniquement et par l´ordre et le système économique et monétaire international. Personne n´était prêts à penser autrement, á voir les choses avec d´autres yeux. Le système ne le permettait pas; l´écroulement du communisme qui avait fait quelque résistance à la dictature capitaliste occidentale a fait sombrer l´Afrique dans un nouveau désemparement parce qu´alors le capitalisme occidental rapace s´exerça de plus en plus sauvagement et sans vergogne. 

Mais maintenant que le vent a tourné, que le système capitaliste occidental hégémonique et de démocratie d´apparence est arrivé á épuisement de substance sous ses abus et son manque d´à propos car on ne peut pas, quand on surproduit, appauvrir sciemment ses futurs clients; sommes-nous capables, dans la complexité des défis économiques, culturels, écologiques qui touchent actuellement le monde entier et particulièrement nos pays sous développés, à même de faire diligence et de mettre nos pays sur la bonne voie ? De leur rendre autant leurs espoir que leurs identités et l´espérance d´un avenir qu´ils peuvent gagner par eux-mêmes librement et souverainement sans être les animaux ou les bêtes de somme des industries étrangères et leur capitalisme appauvrissant ?

Combien parmi nous ont réellement compris le message réel que contient la crise économique actuelle ? Très peu dirai-je. L´économie a toujours été, comme l´organisation sociale, le talon d´Achille des africains. Actuellement toutes les erreurs et les abus commis par le dirigisme occidental nous tombent sur la tête; c´est une question de temps que l´occident elle-même se rende compte qu´elle doit cesser de mener les gens en bateau car elle se suicide elle-même à la longue. Et plus que jamais l´intelligence africaine sera requise pour réparer les dégâts volontaires faits aux cultures africaines...par les africains eux-mêmes ou par les étrangers. Plus que jamais la créativité et l´imaginaire des africains seront tenu de montrer ce dont ils sont capables et cela...rapidement, sinon l´érosion économique en Afrique prendra des proportions insupportables. Croire á l´aide comme on l´a si bêtement fait par le passé en dormant sur ses oreilles...cela ne prend plus. Il maintenant changer les choses et ouvrir le continent africain á un réel avenir de liberté, de productivité et d´indépendance économique et financière réelle. Parce que ce n´est qu´ainsi que ce continent arrivera à soigner son identité et se nantir de moyens économiques et financiers nécessaires à son épanouissement. Mais pour cela, on doit cesser de diaboliser la créativité et les intellectuels réellement doués parce que l´Afrique en a et en aura un besoin urgent. 

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
FR

Posté par Musengeshi Kat, 05 janvier 2010 à 13:15

A mon sens les africains sous estiment leur situation réelle...et ils s´emballent dans des illusions ou le m´as-tu vu...

...pour cacher qu´ils ne comprennent rien à rien. L´ignorance ou le mensonge éhonté n´ont jamais conduit à une quelconque réalité satisfaisante. Le manque de franchise qu´on voit en Afrique est un douteux mélange d´ignorance, d´irréalisme, de fausse pudeur et des reliques d´une culture qui avait omis de cultiver l´art de chercher la vérité objective et s´était enfermée dans une dangereuse culture où l´émotion et la subjectivité faisaient autorité. 

Aujourd´hui il faut réparer tout cela, donner à tout le monde des normes objectives d´appréciation, de prestation et de jugement. A l´indépendance on aurait dû immédiatement commencer avec cela et réhabiliter rapidement la culture et l´identité culturelle des indépendants. Or, qu´a-t-on fait ? On a adopté la logique et les préceptes sociohistoriques du maître. On vécut sur la tête pendant que le maître lui dictait ses impératifs. Changer aujourd´hui est devenu un tour de force, tant des générations et des générations n´ont pas appris à se demander: qui sommes-nous, où allons-nous, comment devons-nous faire pour nous épanouir et quelles sont les facteurs contextuels sur lesquels nous devons nous appuyer !

Peut-être aurons-nous l´occasion d´en parler...mais construire des villes sans canalisations ou des toits de maisons en tôles ondulées en étain alors qu´on pouvait déjà y employer des capteurs solaires...etc, tout cela prouvait que les sociétés africaines étaient restées enfermées dans une logique urbaniste dépassée ! Puis élire des politiciens à leurs têtes qui ne pétaient pas le feu intellectuellement...même pas dans l´honnêteté ou l´organisation politique et économique de la cité ! Venir pleurer plus tard qu´on est mal géré ne sert absolument à rien...

Ce problème est d´une acuité particulière parce que rares sont les sociétés qui développent en elle-même une critique assez objective que pour corriger les erreurs systémiques faites par ses dirigeants petits esprits. On le voit avec cette crise économique: l´occident a eu beau se vanter de son progressisme, aucun de ses économiste n´a relevé l´arrivée de cette crise actuelle dont la violence est exceptionnelle. Et pourtant, depuis 20 ans tous les signes était visibles qu´on trompait les apparences avec de faux crédits et de fausses incitations à la consommation. Il a fallu les abus de titrisations américaines sur le marché immobilier pour que la bulle qu´on s´était construite s´écrase avec fracas. Et puis l´histoire écologique aussi prouvait qu´on fermait bien les yeux en occident...quitte à empoisonner et assassiner discrètement des innocents ! Et bien de pauvres de la terre...

Et maintenant, que faire en Afrique ? Voilà la question du jour. Les gens doivent bien cesser de jouer les sous fifres, les illusionnistes de la foi et de la mendicité...Et si réellement on voulait en Afrique une renaissance réelle des cultures africaines, c´est plus que jamais le moment de briller par la créativité et l´intelligence productive...plutôt que par des prétextes religieux ou ancestraux douteux ou une aliénation à l´occident qui ne menait nulle part sinon à la dépendance et á l´exploitation appauvrissante ! Faut faire preuve d´intelligence réelle...d´organisation politique, économique, énergétique, stratégique...les faux intellectuels actuels en sont-ils capables ? Ils croient tous avoir le temps, mais ils n´en ont pas du tout...faut briller ou se déclarer soi-même incapable; l´heure des oeufs de pigeon est terminée ! La chine a prouvé que se développer n´est pas une question idéologique, mais bien de volonté et d´organisation économique et politique tactique autour d´une volonté sociale bien consciente de ses prérogatives. L´Afrique, en dehors de l´Afrique du Sud où les blancs faisaient la stratégie économique, serait-elle elle aussi capable de tels résultats ? Il est temps de commencer à le montrer…le chemin est bien long qui mène au succès, et pavé de beaucoup d´ennemis rapaces et bien sournois, ne l´oublions pas.

Shaka Bantou, j´ai dit !
Forum Réalisance

Posté par Shaka Bantou, 05 janvier 2010 à 19:34

Au sens de la philosophie de l'EXISTENTIALISME, il n'existe pas d'intellectuels en Afrique

Je vais éviter de faire de ce dialogue, un débat sémantique. 

Mon cher Katata si tu m'as bien lu, tu auras compris que je suis d'accord avec ce que tu écris depuis toujours et que compris aussi que j'emploie le terme EXISTENCE dans le sens que Sartre a conceptualisé.

Et surtout je voulais apporter à ton argumentaire la nuance, comme quand tu parles de castration des fameux intellectuels, je prefere plutôt avancer la notion d'existence. L'intellectuel c'est celui qui existe par sa production et sa façon de faire pour la société.

Ce n'est pas le cas en Afrique, c'est ce qui explique par exemple qu'il n'y aurait pas d'élite médicale ou industrielle dans nos villes et campagnes africaines quand dans le même temps on dénombre partout dans le monde des Congolais chercheurs dans les universités et centre de recherche médicale américains ou européens et bientôt asiatiques? C'est à ce niveau que j'affirme qu'il n'existe pas, je ne nie pas l'existence des intelligences mais tout cela manque de sens existentiel et d'objectifs sociétaux.

Alors si nous écrivons et manipulons quelques concepts et notions on ne peut pas se targuer d'intellectuel, pour ma part nous n'existons pas car, nos écrits ne concernent qu'une infime partie du milliard d'Africains que nous sommes sur la planète. 

Et puis comme tu as su bien le dire, les actuels instruits qui se prétendent intellectuels ont choisi le mensonge à l'opposé du vrai intellectuel, celui qui est au service de sa société. 

Si sur des millions il y a eu à peine quelque poignées de gens d'intelligence comme Mabika Kalanda, Cheick Anta Diop et tous ceux que tu as cité on peut pas dire que l'Afrique possederait de vrais intellectuels de façon stricto sensus du mot? Pour il nous faut accepter que pour l'heure que l'Afrique ne possède pas d'intellectuels mais plutôt quelques intelligences dispersées par ici par là, les raisons de cette situation sont multiples mais les plus graves vous les avez su évoquer. Alors si des Africains instruits se prétendent intellectuels ces derniers n'existent pas au SENS SARTRIEN. 

Ils doivent s'engager pour exister, c'est à ce niveau là que le débat devient interessant, quel sens donner à son intelligence, le mettre au service de la société ou bien de soi-même?


Deuxième point important c'est l'absence de toute organisation des gens d'intelligences pour atteindre des objectifs clairs pour la société que l'on peut aisément affirmer qu'il n'y a point d'élite dans aucun pays d'Afrique subsaharienne.

Il ne faut pas que nous nous laissons berner par l'Occident qui pour cacher sa stratégie nous fait croire qu'il y a des élites en Afrique, comme qu'il y a des Etats, des armées et des économies. 

Tout n'est que mensonge. 

Et nous autres qui manipulons les concepts et notions apprises en Afrique ou en Occident ne nous embarquons pas dans des schémas d'opposition. 

L'homme est unique donc appliquons-nous de façon rigoureuse les grilles de lecture et d'opération qui ont fait des preuves en d'autres continents.

Posté par Le Pangolin, 06 janvier 2010 à 15:47

Exister, c´est produire, organiser et gérer librement et souverainement sa vie et son avenir...

Les problème des intellectuels africains est que pour exister, ils sont contraints à user des instruments et de moyens étrangers...ou s´y laissent entraîner, or, on doit logiquement se demander: si les étrangers n´existaient pas, que serons-nous; quel serait notre sens du progrès et celui de la réalisation sensible ? Ce problème, comme tu l´as si bien vu ami Mouélé, est si évident qu´il permet de dire qu´en réalité l´intellectuel n´existait pas et qu´il n´y avait que des instruits épars et désaccordés du sens existentialiste véritable. Toutes les nations industrialisées ou même la Chine et l´Inde qui s´ouvrent le chemin de l´industrialisation aujourd´hui produisent leurs propres moyens et instruments de subsistance ! Les africains sont encore au stade où leurs esprits embués croient encore qu´on peut aller á la chasse avec le fusil du voisin...ce qui est d´une flagrante absurdité. Ce qui prouve, comme tu le disait, que le véritable intellectuel fait défaut ou réfléchit avec ses pieds plutôt qu´avec sa tête.

En vérité, et à mon sens, et c´est même pour cela que j´avais parlé de castration au sens intellectuel et réaliste, le mal africain est tout simplement économique d´une part et de l´autre, il est du manque rationnel de véritable pensée dialectique d´organisation. L´un prend conscience des besoins et des nécessités de produire, l´autre parfait l´art logistique des aspirations, des besoins et nécessités individuelles et sociales dans leur aptitude à servir la nation et le bien-être de tout un chacun. 

Je viens d´une discussion intéressante sur Cuba dont l´économie et la société sont dans un état délabré et atrocement pauvre quand on pense à tout ce que le socialisme dans ce pays avait promis et chanté ! Or, j´ai fait remarqué à un confrère que ce n´est pas le communisme qui était fautif car la Chine se développait et avait un niveau de vie et de développement qui était appréciable malgré son communisme. Ce qui prouve, entre autre, que le développement n´a rien à voir avec la religion ou une quelconque idéologie politique. Le problème cubain, comme dans tout pays où les gens se cachent derrière des prétextes ou des paravents politiques, religieux en oubliant de mettre sur pied une idéologie sociale d´excellence, d´effort à mieux produire, mieux créer, mieux organiser l´existence afin de mieux en jouir, les gens se retrouvent toujours un jour pauvre et désabusés. 

Il est bien trop facile d´expliquer les choses avec le simple existentialisme de Sartre; à mon sens les choses, d´un pays à un autre, sont différents quoique, malgré tout, la finalité humaine soit la même: celle de vouloir être ou vivre heureux et accompli. Et là, il faut employer et fermenter l´intelligence la plus capable á réaliser cela; si on se contente, comme on le fait bêtement en Afrique, d´aimer l´ignorance et d´élire des idiots pour gérer l´avenir des états...il ne faut pas s´étonner si les décisions qu´ils prennent ou leur vision des choses soient plutôt désastreuse et de court éclat, que développant et épanouissant ! On est tout de même au 21ième siècle, pardieu ; et la pression économique et commerciale extérieure grandit de jour en jour. Quand les matières premières que nous vendons à l´emporte pièces seront terminées ; de quoi vivrons-nous et avec quelles matières premières nous développerons-nous donc ? Est-ce á ce moment là que nous allons commencer á vouloir nous doter de technologie ? Que nous avait donc appris la conférence sur l´écologie qui s´est tenue à Copenhague sinon qu´on nous assassinait discrètement et non moins sûrement dans l´avenir mais que les pays fautifs n´étaient pas du tout assez honnêtes pour réparer financièrement les préjudices qu´ils nous affligeaient. Allons-nous continuer á croire au père Noël, à consommer leurs produits nocifs tout en sachant qu´avec leurs profits leurs producteurs devenaient si puissants et influents qu´ils se refusaient à respecter nos droits au développement, notre intégrité économique et même notre droit à un sain environnement. 

A qui la faute si le pouvoir politique en Afrique pense mal et si nos instruits n´arrivent pas à se sortir du subconscient traditionaliste ou attardés du passé ? C´est à nous-mêmes qu´il faut faire des reproches car ces esprits ouverts et créatifs tant espérés que nous attendions d´eux, c´est nous qui devions les promouvoir et leur donner les moyens et les instruments avec lesquels ils devraient résoudre au mieux nos problèmes. Mais si nous ne leur donnons ni emploi, ni revenu et encore moins le contexte adéquat pour qu´ils produisent, améliorent et nous créent de meilleurs moyens et conditions de développement...oui, si en lieu de nous soucier de ceux qui doivent produire, nous abondions la société de parasites bureaucrates coûteux et ruineux á loisir. Ces intellectuels exaspérés et déçus vont à l´étranger et démontrent par-là que nous les avons sous estimé et injustement interdit à servir leurs. Parce qu´en important les produits étrangers, en ne soutenant pas avec une politique fiscale adéquate la petite et moyenne entreprise de spécialistes instruits et formés en Afrique, ou en permettant que les occidentaux et mêmes les chinois actuellement nous allègent de nos accumulations économiques plutôt que de les investir chez nous en créant l´emploi et la productivité...en fait nous nous assassinons nous-mêmes ! Et bien bêtement ! Et remplacer cette logique et ces efforts économiques individuels et émancipant par l´aide étrangère et la mendicité internationale n´aggrave que cruellement le problème parce qu´il déresponsalise et rend quasiment vagabond sur sa propre vie, son propre avenir. 

Le problème que nous débattons ici est bien complexe, certes, mais il est fondamental et caractéristique à la fierté, à la définition et à la valeur même de toute intelligentsia sociale. J´ai si souvent évoqué l´exemple d´Haïti que je me demande si le monde entier, à la fin, ne doit pas le connaître ! Mais sais-tu que des gens m´apostrophent encore pour me demander ce que cet exemple signifiait exactement...la grande maladie de la race noire: on ne lit pas, on ne se donne pas la peine de s´instruire plus profondément ou s´interroger sur certaines choses qui se sont passées hier ou qui se déroulent encore devant nos yeux. Souvent, quand on a compris le fonde des choses, certains phénomènes se répètent indéfiniment avec des formes différentes ou couvertes de miel ou de fausseté...mais ce sont immanquablement les mêmes maux qu´hier ! Celui qui s´est refusé à comprendre la vérité et le fond des choses hier a toujours difficile à briller et exceller demain. Pour nos intellectuels, c´est la même choses. On ne devient producteur qu´en produisant, pas en se gonflant dans l´emploi des produits importés ! rien á faire, les africains vivaient à la renverse tout simplement. Cela doit changer et vite, sinon nous allons tout simplement á des catastrophes sociales incroyables. 

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
FR

Posté par Musengeshi Kat, 06 janvier 2010 à 20:01

 

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07 novembre 2010

Gouvernement du Congo dans les années soixante : tous en redingote!

Je vous mets en ligne une photo des années soixante années de la fameuse indépendance du Congo.

Il s'agit du gouvernement d'union nationale de l'abbé Fulbert Youlou.

A sa droite on reconnait Opangault vice president et les autres qui sont tous en redingote.

gouvernement_du_Congo_dans_les_ann_es_1960___Copie2

Au fait qui a conseillé ces messieurs ? De s'habiller ainsi?


johnny_walker

Vraiment, comme des personnages de clown, ça rappelle l'habillement des esclaves noirs ou des serviteurs (majordomes) dans des maisons de maître ou encore l'étiquette de la bouteille de whisky Johnnie Walker.

Rien qu'en voyant  la façon de s'habiller de tous ces messieurs on pouvait imaginer la suite.

Je ris à gorge déployée car c'est grave. Tchicaya U Tamsi dans ses textes a beaucoup usé de la dérision, qui est  une  arme pour les opprimés.

Et je ne peux m'empêcher de vous faire lire ce poème de Tchicaya dans "Feu de brousse" paru aux éditions Caractères en 1957  à Paris qui s'intitule "nattes à tisser" (Depuis là il y a eu une première réedition en 1978 par l'harmattan)

En 2010 cet arrêt sur image ne s'est pas trompé au contraire, elle confirme la réalité et la rend plus claire.

Mouélé Kibaya

 


Nattes à tisser

Il venait de livrer le secret du soleil

et voulut écrire le poème de sa vie


pourquoi des cristaux dans son sang

pourquoi des globules dans son rire

 

il avait l'âme mure

quand quelqu'un lui cria 

sale tête de nègre

 

depuis il lui reste l'acte suave de son rire

et l'arbre géant d'une déchirure vive

qu'était ce pays qu'il habite en fauve

derrière des fauves, devant derrière des fauves

 

son fleuve était l'écuelle la plus sûre

parce qu'elle était de bronze

parce qu'elle était sa chair vivante

 

c'est alors qu'il se dit

non ma vie n'est pas un poème

voici l'arbre voici l'eau voici les pierres

puis ce sacerdoce du devenir 

 

il vaut mieux aimer le vin

et se lever matin

on lui conseilla 

mais plus d'oiseaux dans la tendresse des mères

 

sale tête de nègre

il est le frère cadet du feu

 

ici commence la brousse

et la mer n'est plus que le souvenir des mouettes

toutes dressées dent à dent debout

contre l'écume d'une danse capitale

 

l'arbre était le plus feuillu

l'écorce de l'arbre était la plus tendre

 

après la brousse brûlée que dire de plus

 

pourquoi dans le vin y avait-il de l'absinthe

pourquoi remettre dans les coeurs

et les caïmans et les piroguiers

et le flot du fleuve

 

le grain de sable entre les deux dents

est-ce ainsi qu'on broie le monde

non

non

 

son fleuve était l'écuelle la plus suave

la plus sûre

c'était sa chair la plus vive

 

ici commence son poème-de-vie

il fut traîné dans une école

il fut traîné dans un atelier

et il vit des chemins plantés de sphinx

 

il lui reste l'arc suave de son rire

puis l'arbre puis l'eau puis les feuilles

 

c'est pourquoi vous le verrez

les piroguiers de pied ont repris

aux remorqueurs de coton français

leurs clameurs

 

 

ce vol est un vol de colombes

 

les sangsues ignoraient l'aigreur

de ce sang-là

dans l'écuelle la plus saine

 

sale tête de nègre

voici ma tête congolaise

c'est l'écuelle la plus saine

 

Tchicaya U Tam'si



 

La photo je l'ai piquée sur la page facebook d'un compatriote, mais je crois qu'elle doit provenir des archives de notre frère Wilfrid Sathoud (fils d'un de ministre de ce gouvernement il s'agit de Victor Sathoud qui se trouve à l'extreme droite de la photo deuxième rang et montrant son chapeau de clown  si je ne me trompe pas)

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03 août 2010

Définition de l'Etat

Définition de l'Etat


Etymologie : du latin status, être debout.

Avec une majuscule, l'Etat désigne la personne morale de droit public qui, sur le plan juridique, représente une collectivité, un peuple ou une nation, à l'intérieur ou à l'extérieur d'un territoire déterminé sur lequel elle exerce le pouvoir suprême, la souveraineté.

L'Etat est la forme la plus élaborée de la vie commune d'une société humaine. Il exerce son pouvoir par le biais du gouvernement. L'Etat dispose d'un certain nombre de monopoles comme l'utilisation légitimée de la contrainte physique (pour faire respecter le loi), la collecte des impôts...

Par extension, l'Etat désigne l'ensemble des institutions et des services qui permettent de gouverner et d'administrer un pays : ministères, directions, préfectures, délégations, administrations déconcentrées ou décentralisées. 

Etat-nation : L'Etat coïncide avec la nation définie en fonction d'une identité commune et qui lui confère sa légitimité.

Etat-Providence : conception de l'Etat qui met l'accent sur le rôle particulièrement important de celui-ci en matière de redistribution des richesses, de régulation de l'Economie, d'assistance aux plus défavorisés et de fourniture de biens collectifs.

Etat français : L'Etat français désigne le régime politique de la France entre juillet 1940 et août 1944. Le Parlement, réuni à Vichy, donna le 10 juillet 1940 tous pouvoirs au Maréchal Pétain pour "promulguer une nouvelle Constitution de l’Etat français", succédant à la République.

L'Union européenne est une organisation supranationale constituée d'Etats membres, mais elle-même n'est pas un Etat car elle ne possède que certains de ces attributs.

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20 juillet 2010

Définition du Colonialisme

Colonialisme

Définition du colonialisme


Etymologie : du latin colonia, venant de colere, cultiver. Etymologiquement une colonie est une population qui s'installe sur une terre lointaine pour y cultiver la terre et pratiquer son culte.

Le colonialisme est une doctrine politique qui préconise ou cherche à justifier l'exploitation d'une colonie, d'un territoire ou d'un Etat par un Etat étranger. La souveraineté que le pays colonisateur exerce sur sa colonie se traduit par une domination politique (mise en place d'une administration, d'un gouverneur...), militaire et une exploitation économique au détriment des populations locales. 

L'expansion des pays colonisateurs s'effectue sur des territoires moins développés ou militairement plus faibles. Les motivations du colonialisme peuvent être variées :
  • Accaparer des ressources naturelles, des matières premières.
  • S'assurer de nouveaux débouchés en cas de surproduction.
  • Disposer d'un espace de peuplement, lorsque le pays colonisateur apparaît trop étroit.
  • Contrôler des routes commerciales et assurer leur sécurité.
  • Empêcher l'expansion de puissances concurrentes.
  • Disposer de bases militaires avancées à des emplacements stratégiques.
  • Accomplir une "mission civilisatrice" (voir ci-dessous).
Les grandes puissances coloniales comme la France, l'Angleterre, la Belgique, l'Espagne, le Portugal ont longtemps considéré qu'il était de leur devoir, en tant que pays civilisés de race blanche, d'aller "apporter la civilisation à des races inférieures". Depuis la Seconde Guerre Mondiale, le colonialisme est perçu négativement car il s'oppose au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes

Le colonialisme antique, grec notamment, se distingue du colonialisme moderne (depuis le XVIe siècle) par un essaimage de colonies autonomes, mais porteuses de la culture de la métropole, alors que dans ce dernier l'exploitation de la colonie se fait surtout au profit de la métropole.

Le colonialisme est une forme d'impérialisme


Source : www.toupie.org

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29 décembre 2009

Afrique : 50 ans de catastrophe : quelles en sont les raisons?

Pour les 50 ans d'indépendances de l'Afrique en 2010, je vais avec vous s"interroger sur le bilan de ces années. Cette interrogation partira de plusieurs points.

Ici je vous donne à lire ma réaction suite à l'article du "professeur" Téophile Obenga " ce dernier dans une posture d'intellectuel lancerait un appel à l'Afrique. Pour ma part je suis convaincu que cette posture intellectuelle est à la source de la grande et majeure partie du problème de l'Afrique.

Théophile Obenga dans une sorte de rhétorique propre aux Africains appel à un sursaut quand dans le même temps il apporte sa caution à un des meilleurs fossoyeurs de l'Afrique, ce genre de personnages propres au continent qui sont prêts à tuer des milliers d'Africains pour rester au pouvoir, ce genre de personnage qui malgré l'évidente médicocrité de leur action se croient incontournables et surtout detenir la science infuse.

Première question : Si les intellectuels africains étaient finalement médiocres?

Le problème en Afrique depuis longtemps est celui des idées pour la construction d’un imaginaire collectif. Nous Africains, en particulier ceux qui prétendent (en vérité mentent) diriger ont su utiliser des idées totalement fausses pour bâtir une nouvelle réalité sociale et/politique pas tout à fait débarrassée de tout esclavagisme (en fait faire semblant). Ces derniers avec le concours des alphabétisés au français auraient la prétention de nous libérer.

Ce qui est faux, la réalité sociale est toute autre et semblerait infirmer à suffisance leur vérité. Tout comme le dit bien Edgar Morin[1] « le drame est que les idées fausses sont en même temps des idées réelles, qui disposent de la réalité idéologique, laquelle est en même temps une réalité sociologique. Nous devons donc savoir qu’une idéologie même aberrante constitue une dimension de la réalité dès lors qu’elle est tenue pour vraie par une collectivité humaine, et surtout lorsqu’elle devient l’idéologie d’un Etat. Disposant dès lors de la loi, de la police et de l’armée, l’idéologie devient une force réelle capable de contraindre le réel, voire de le mettre en esclavage.

Nous sommes aujourd’hui en un temps hagard où l’on sait que quelque chose est malade dans la relation entre l’idéologie et le réel. Est-ce l’idéologie? Est-ce le réel? Mais quelle entreprise énorme de repenser l’idéologie...! Ne suffit-il pas de la troquer contre une autre, une ancienne, apparemment plus résistante, contenant éventuellement le Bon Dieu comme consolation? Ou bien sombrer dans cette idéologie sommaire, cette version dégradée du nihilisme, qu’est le je-m’enfichisme? »

Pour éviter à devoir prendre leurs responsabilités historiques, et sociales, ils s’en foutent, et dans une sorte d’hyper médiocrité béate,  ces « instruits » et/ou « alphabétisés au français » vont installer des comportements de nature suivante : tels que l’idéologie du désespoir ou culte de la fatalité,  l’absence de toute production et véritable critique intellectuelles; L’absence de toute éthique de la vérité et de la morale; tout comme l’installation des stratégies de justification de l’incompétence ; la mise en place des stratégies d’accaparement de toutes les sources de richesses et de pouvoir; l'établissement des stratégies de structuration des schémas d’allégeance pour le contrôle total et totalitaire des populations;

Ce qu’il faut aussi souligner que cette liste des comportements prouvant l’hyper médiocrité de ces derniers est longue, pour l’instant limitons-nous à ces sept.

Je vais, dans le chapitre qui suit, de manière brève par le biais de deux ou trois illustrations, expliquer comment les éléments de comportement évoqués ci-dessus concourent à l’hyper médiocrité, et  comment ils se manifestent dans la vie sociale.


  • Les pratiques et discours des instruits et/ou alphabétisés au français

Je vais dans ce chapitre montrer à partir des pratiques et discours comment les instruits et les alphabétisés au français détruisent la vie au sein des sociétés congolaises. Résultat fort logique de leur hyper médiocrité intellectuelle et morale 

L’action de ces derniers concourt aussi à la destruction de tout imaginaire créatif appelant à un futur humanisé et non violent. Ils empêchent par tous les moyens l’envol de l’humain au Congo.

· 1/ Idéologie du désespoir

L’idéologie  dominante en Afrique est celle du désespoir qui est subtilement maquillée par les fausses idées du développement. Au fond d’eux en leur plus profondes âme et conviction, les membres du personnel politique africain sont convaincus que l’Afrique quoi qu’elle fasse est appelée à disparaître cela au regard des faits de l’actualité de la vie sociale qui est dominée par la violence, les destructions, la volonté de séparation et la xénophobie d’une part et au regard des statistiques, édictées par des normes idéologiques des anciennes puissances coloniales et du libéralisme actuel autre part.

C’est pour cette raison que l’on doit savoir que tout acte des personnels politiques africains se fait dans l’objectif de ne pas se marginaliser par rapport au système mondial notamment occidental. Ils agissent avec toute leur énergie du désespoir pour rester dans le système dit universel et celui du soi-disant  droit international, qui est en fait celui du plus fort entendez l’occident avec son économie dite libérale.

Les chiffres des indicateurs sensés déterminer le degré d’intégration ne vont pas dans le sens de leur souhait.

Ainsi dans une sorte de schizophrénie collective leurs actes se situent dans l’objectif de quitter le « bateau Afrique » afin de regagner au plus vite le « bateau Occident », quitte à occuper la dernière place et à dormir dans la cale avec les objets et animaux récupérés avant le déluge. Pour eux vivre en Afrique, est véritablement une psychose traumatique.

Cet état de fait est entériné par les instruits aux langues occidentales ( anglais, français, espagnol, italien, russe, voire allemand…) qui à cause de la maîtrise de ces langues se prennent pour les fameuses élites africaines théorisant avec brio sur l’idéologie du désespoir.

Qu’est-ce qu’une « idéologie de désespoir ?

C’est cette idéologie qui s’apparente au « culte de la fatalité qui entraîne (à son tour) la docilité » et la servitude volontaire[2].

Ce sont ces idées et théories qui « infantilisent ceux qui pourraient les entendre, leur retient ce qui leur revient : La part de leur destin qu’ils peuvent maîtriser[3] ».  En un mot cela veut dire que la plupart des thèses développées par les instruits et les alphabétisés aux langues occidentales recourent toues à la fatalité de la situation de l’Afrique.

C’est la thèse du bouc émissaire ce n'est jamais leur faute, toujours c’est celle de l’autre, de l’autre ethnie, de l’étranger, du blanc, de l’Occident[4] et du « retard de développement de l’Afrique », à pas la chance…

On se dégage de toute responsabilité morale et surtout de tout effort de réflexion et de tolérance, en créant l’idée du désespoir.

Ceux qui sont restés au pays parlent des « réalités du pays » une façon de dire à ceux de l’extérieur qu’ils n’ont rien compris que les choses sont normales. C’est l’Afrique et elle ne peut ressembler à l’Occident.

La loi qui est : « marche où crève » devient la norme, il faut survivre, les stratégies sont celles de la soumission ou de la fuite en avant. Certains conseillent même qu’il faut aboyer avec les loups surtout pas ne pas se mêler avec les populations qui souffrent. Il faut être à tout prix du côté des usurpateurs de pouvoir et avec les prédateurs.

Cette attitude est justifiée par une autocensure intellectuelle, l’absence de toute indignation, la soumission au diktat de l’argent et l’apologie de la violence. Tout cela se traduisant par une  médiocrité de la part de ceux qui ont appris et qui prétendent être des intellectuels et/ou faire partie de l’élite, jamais égalée nulle part ailleurs dans le monde.

Pour exemple on constate partout en Afrique des hommes de droit (supposés être des éminances grises) se mettrent à défendre des constitutions totalement liberticides et contraire au progrès du continent.

C’est comme le cas de cet avocat congolais défendant la constitution du 20 janvier 2002 dans les colonnes du magazine Africa[5]   qui soutient que la constitution « est une question d’exigence » tandis que la lecture honnête montre à priori que tous les pouvoirs sont concentrés aux mains d’une seule personne.  Nous nous trouvons en face d’une « patronarchie[6] » A l’heure où les autres pays du monde aspirent à la démocratie et à la République, il se trouve des instruits et alphabétisés pour soutenir que cette constitution est conforme aux traditions congolaises, et que plus jamais il y aurait la guerre des chefs. Depuis quarante ans le Congo avec un premier et un président n’a jamais été confronté à un conflit au sommet de son « Etat » et sans réfléchir à ce que c’est une république, ils acceptent d’accorder à un seul homme des pouvoirs exorbitants sans réelles contreparties : celle de rendre compte au peuple souverain et l’éventualité d’être révoqué. C’est bien d’une patronarchie qu’il s’agit au Congo, que l’on ne s’y trompe pas.  Or les fondements de la démocratie et de la République c’est  la limitation du pouvoir et la liberté les deux ensembles doivent produire les deux effets suivants :

Ø      Gouverner 

Ø      Et  être Gouverné

En effet « la limitation du pouvoir est l’essence  de la démocratie. (Et) Les différentes démocraties se distinguent par les moyens qu’elles mettent en œuvre pour y parvenir[7] » La lecture complète de la constitution actuelle du Congo ne garantit aucune limite au pouvoir patronarchique du président de la société Congo-Total.

L’architecture de l’état qui en sortirait de son application se résume à cette difficile phrase à admettre : l’état c’est le président. Une sorte de royauté[8] dans une république en plein troisième millénaire.  Dans une sorte de fatalité, les instruits et alphabétisés au français congolais ont accepté cette constitution, car étant les seuls à la lire.

Même ceux qui ont la connaissance du droit ne prennent pas le courage de critiquer cette constitution et de proposer une alternative à cette régression.

Aucune production intellectuelle dans ce sens en dehors de quelques rares interventions[9] qui la contestent.

La vérité serait que ces derniers proposent au Congolais de transformer cette république en royaume ou entreprise privée, et les choses seraient plus claires, ainsi on épargnerait aux Congolais les mascarades et simulacres d’élections et autres impostures de démocratie voire de république. Avec le statut de sujet du roi du Congo, les fameux intellectuels pourront invoquer l’excuse selon que c’est le roi qui empêche le développement de la science et des connaissances.

Cette autocensure de la part de ceux qui ont la connaissance résulterait en partie à l‘efficacité de l’implacable fonctionnement de l’état policier qui existe au Congo. Et que cela pouvait se comprendre pour ceux qui sont à l’intérieur des limites du pays, par contre pour ceux qui sont à l’extérieur habitant de surcroît des pays dits démocratiques, on admet mal leur autocensure, qui d’ailleurs ne s’explique pas ainsi que leur attitude passive. La majorité ayant depuis longtemps cloué au pilori de la disparition, leur terre natale « il n’y a rien à faire là-bas, laissons le pays aux blancs » ou encore « le Congo ? il ne faut plus y penser c’est foutu ! » se disent-ils pour justifier leur désespoir ; C’est pour cette raison que je peux affirmer ceci : les conséquences que la présence d’un état policier  peut exercer sur le travail des fameux « intellectuels » peuvent être minorées et ne sont que le résultat de la démission de ces derniers face à l’histoire :

rendre compte un jour de ce qu’ils savaient. 

Le véritable rôle du vrai intellectuel c’est de faire don de sa personne, c’est en cela que l’on reconnaît un vrai intellectuel. Emile Zola avec l’affaire Dreyfus avait osé affronté le pouvoir politique et une partie de la société française raciste. C’est aussi le cas Sakharov et Soljenitsyne dans l’ancienne URSS Ken Saro Wiwa au Nigeria en luttant contre les compagnies pétrolières qui a perdu la vie au nom de ses idées.

Tous ces intellectuels n’ont fait pas l’économie de ce qu’ils savaient. Ils n’ont fait qu’obéir à la vérité de leur condition  c’est-à-dire transmettre ce qu’ils savent (ku zaba mambu na butsiélika). Effectivement c’est en des temps de crise que les intellectuels doivent se manifester, se distinguer, sortir du lot des communs des mortels, doivent s’obliger à produire des idées de génie (dans le vrai sens du terme) pour dénouer la crise.

Un autre exemple de l’idéologie du désespoir que je peux citer c’est cette adhésion massive des instruits et des alphabétisés au français au culte de la fatalité par leur discours infériorisant l’Afrique. ON peut lire plusieurs exemples dans la littérature congolaise. Je ne vais pas les étaler tous. Néanmoins on peut citer les livres[10] des certains protagonistes de l’incivile guerre de 1997.

C’est aussi le cas du livre de Jean.-Pierre Makouta Mboukou « destruction du Congo Brazzaville[11] » où dans sa lettre à Lionel Jospin premier ministre français de 1997-2002, je vois la lettre d’un colonisé à son colon, les réminiscences de l’époque coloniale y sont étalées de façon maladroite et inspire de la pitié. C’est toujours le culte de la fatalité et du complexe d’infériorité vis-à-vis du Blanc.

Ainsi ce dernier sans le moindre  orgueil, fait appel en la France pour résoudre des problèmes du Congo et avec une naïveté incroyable, pensant que le Premier ministre français va agir dans l’intérêt des Congolais en se mettant contre ceux d’Elf et de la France pour des « ya bon banania » je ne pense pas.

Ainsi pour dégager sa responsabilité historique, il procède par une accusation systématique de l’Occident (France et Elf) dans les causes des maux qui accablent le Congo. Et pour aboutir d’une façon honteuse à la conclusion malheureuse que rien ne peut se faire sans l’intervention de l’Occident (ici la France), soi-disant au nom de la mémoire en évoquant de façon naïve « Brazzaville capitale de la France libre ». Vraiment entre-nous : Qu’est-ce que les Français ont à « foutre » de Brazzaville capitale de l France-libre ? , sinon entretenir le buste du général de Gaulle, pour renforcer de plus en plus l’image mythique et supérieure du « Blanc » par rapport au « Noir » et détruire le Congo profond. Il n’est pas le seul à croire en cela.

Quand les fameux « intellectuels » congolais pour prouver qu’ils sont français  et attachés à la France s’empressent de réhabiliter les noms de différents assassins de leurs ancêtres, il s’agit notamment de de Brazza, Victor Augagneur, Dolisie, Marchand, Baratier, Chaminade, etc…) et de construire des mausolées à la gloire du colonisateur venu les spolier, on ne peut que penser que dans ce pays les fameuses élites ont énormément failli à leur mission de transmission de savoir, car ailleurs en d’autres continents, on a vu des dictateurs intelligents et dignes.

Dans le cas du Congo, malheureusement les cas de faillite intellectuelle se constatent en quantité énorme et inquiétante, c’est ainsi que l’on avait eu au mois de novembre 2003, Maître Ambroise Hervé Malonga ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Brazzaville, devant l’impasse politique où se trouve le Congo, simplement demandér[12] l’aide de la France pour obliger monsieur Sassou à s’asseoir à la table de discussion, si au moins ce dernier connaissait les intérêts majeurs de la France à ce que la situation congolaise  ne change pas. Et cette attitude s’est reproduite en juin 2009, où l’opposition congolaise avait sollicité le président français Sarkosy pour obtenir de Sassou une table ronde de négocaition. Dans tous les cas à entendre ces fameux opposants, Sarkosy leur conseilla d’aller aux élections, ce qu’ils firent sans broncher.

Pour Maître Malonga, comme pour la plupart de ces instruits congolais, toutes recherches de solutions se résume à obtenir l’aval et le soutien de l’Occident.

Ce sont les aides de la coopération, du Fonds Monétaire International (FMI), Banque Mondiale et autres instruments de la politique de domination occidentale. Une recherche interne et courageuse tant des causes que des solutions est toujours abandonnée, car se révèle être une tâche ardue, qui serait à mon avis hors de leurs fameuses compétences et engagements personnels.  Ce qui pourrait se traduire par cette profession de foi « ngé vé muntu ké tunga Congo, bika mambu ya ngé, kudia kaka. Bika makélélé mwana[13] ».

Et donc on peut aisément noter que la première caractéristique de l’idéologie du désespoir est bien l’absence de toute production intellectuelle et action totalement endogène qui soient efficientes.

2/ Absence de toute production et véritable critique intellectuelles;

Selon Paul Nda, l’intellectuel c’est celui qui se définit aussi par rapport sa production, à la différence de l’ouvrier manuel ou du paysan. Et je peux ajouter à cette définition, que l’intellectuel se définira réellement par la qualité de sa production, en effet il est temps de faire la distinction entre « tête pleine » c’est-à-dire les instruits et « tête bien faite » les véritables intellectuels. C’est à ce niveau supérieur que doit s’établir la ligne de partage.

En ce qui concerne la communauté congolaise, j’avais déjà commencé à souligner cet élément important à propos du manque de critique concernant par exemple l’actuelle constitution « royale » congolaise.

Une des remarques qui pourra faire, que l’instruit ou l’alphabétisé au français congolais ne pourra se prévaloir du noble  titre d’intellectuel que s’il existe à la manière sartrienne[14] il ne peut rester sourd et muet à propos de tout ce qui se passe dans son pays. Il y a beaucoup de domaines où il peut apporter sa lumière. Mais qu’est-ce que l’on constate et qui passe inaperçu, c’est que depuis 1997, comme par enchantement, l’engouement à la démocratie, à la liberté et à l’essai qui a animé les instruits congolais de 1990 à 1997 s’est brusquement éteint.

La production d’essais et d’idées pour la société est en net recul, ainsi que le désir de démocratie. Aucun des livres sortant n’a la même capacité d’engagement observé contre le pouvoir de monsieur Pascal  Lissouba.

Cet état de chose faisant croire qu’ils sont d’accord avec la médiocrité actuelle. Où sont ces fameux intellectuels qui avaient écrit le Congo de Lissouba[15] pour certains, la démoncrature[16]  pour d’autres par exemple ? Ou sont-ils ?

Actuellement au Congo, ce qu’ils reprochaient à Pascal Lissouba c’est-à-dire le manque de démocratie, le manque de liberté, l’absence de tolérance, la volonté de non-transparence, l’absence de radios et télévisions libres ( actuellement seuls les proches du pouvoir, ont droit à la télévision et radio), absence d’économie (les efforts du gouvernement sont mis pour obtenir les prêts suicidaires du Fonds monétaire international), le clanisme, le népotisme (le président nomme tout le monde), la gabégie financière, l’oligarchie (toutes les privatisations d’entreprises nationales sont faites au profit du clan du pouvoir[17]), et enfin la patronarchie ; tout cela se trouve amplifié de façon exponentielle et inquiétante pour la survie des Congolais par les tenants actuels du pouvoir. On constate à la lecture des journaux et l’étalage arrogant de l’opulence à coté de 70% des congolais vivant dans la pauvreté,  que les agissements de Pascal Lissouba face à ceux du pouvoir actuel n’étaient que pures enfantillages. Et là point de pamphlet, rien un désert total. Où sont-ils alors  les fameux intellectuels congolais? Sûrement qu’ils ont peur de la mort me dira-t-on.

Et pourtant l’heure commande à l’indignation et à l’implication de ceux qui ont la connaissance. Ces instruits qui se sont prétendus intellectuels sont–ils gagnés par la fatalité ? Une réponse négative me ferait beaucoup peur. Sont-ils partisans de l’hyper médiocrité actuelle ? Ce qui semble plus plausible et inquiétant. A moins que ce silence permette par décantation de démasquer le faux du vrai.

Or le vrai intellectuel de par sa production est  « dépositaire d’une responsabilité supérieure. L’intellectuel se sent responsable en fonction d’un savoir, d’une croyance, d’une doctrine, non à cause d’une compétence, mais en fonction d’une volonté[18]. »

Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas eu un seul livre ou réflexion depuis lors. Evidemment qu’il y en a eu, mais je leur reproche leur manque de qualité objective et honnête. Leur seul mérite c’est d’exister, pour le reste c’est discutable. Qu’ils transforment cette capacité en forces positives pour le progrès, là ils auront répondu à la vraie définition de l’intellectuel, qu’ils cessent d’écrire comme ils le font actuellement. Ou bien ils ménagent leurs intérêts pour faire allégeance plus tard. Dans tous les cas ils devront parler. D’ailleurs un maxime religieux congolais dit : « tout se paye ici bas » et le Congo est en train de payer quarante années de démission, de concussion et d’hyper médiocrité des ses « intellectuels » qui avaient, depuis longtemps choisi l’Avoir à la place de l’Être et du savoir.

Pour exemple à propos du manque véritable critique, on peut encore évoquer le livre de Jean-Pierre Makouta-Mboukou « destruction de Brazzaville » Dans sa critique du pouvoir de l’époque de monsieur Lissouba, par exemple Jean-Pierre Makouta-Mboukou a du mal à cacher sa xénophobie (une autre tare des instruits congolais) pour cela il n’hésite pas à travestir la vérité « ….. ». Il lui est incapable de relever sa propre part de vérité et de responsabilité. Je soulignerais à cet effet qu’il était le premier vice-président du sénat, et que son parti le MCDDI a fait parti du gouvernement à partir de 1994 jusqu’en 1997 après avoir prôné l’utilisation de la violence comme acte politique de 1992-1993, allié de Sassou Nguesso. 

La critique de ce dernier se résume à des invectives contre les sieurs Sassou-Nguesso et/ou Lissouba. Au lieu d’analyser et de poser de vrais questionnements sur les racines profondes du mal congolais en relevant au mieux sa part de responsabilité, il préfère s’acharner sur des points inutiles.

A mon avis il manquerait à la vraie définition : car « l’intellectuel prend parti mais refuse d’être d’aucun parti, ils se sentent politiques hors du politique. Ils se veulent de parti, mais non d’un parti[19] »

Dans ce même ordre d’idée on peut citer le livre de Théophile Obenga « histoire sanglante du Congo-Brazzaville[20] » ou l’apologie de la fatalité, de l’ethnie et de la non responsabilité magnifiée.

Théophile Obenga a été ministre du gouvernement de Pascal Lissouba, par une gymnastique intellectuelle et conurbation des mots, il s’est concentré à dégager sa responsabilité[21] . La critique intellectuelle prenant moins de place, si bien que le rappel des faits historiques se trouve biaisé et réduit à l’évocation des faits divers de quelques célébrités people (du sport de la musique) tous originaires d’une partie spécifique du Congo, n’ayant pas eu la ferme volonté des les analyser et de les situer dans leur contexte historique. Une démarche très grave pour un historien de sa qualité c’est l’évocation teintée d’un complexe d’infériorité du souvenir du père blanc de son enfance.

Ainsi en parlant de lui-même, il lui arrive de regretter l’époque coloniale, ce qui est un blasphème pour une « autorité intellectuelle » de sa part du fait de sa filiation avec Cheick Anta Diop, et les autres égyptologues africains qui respectent ses travaux. Alors pourquoi ce manque d’honnêteté morale quand il s’agit du Congo ?  Tout simplement parce qu’il s’inscrit dans les stratégies d’allégeances impliquant ipso facto le mensonge comme vérité et postulat de base.

Christophe Moukouéké[22] ancien secrétaire général de l’UPADS, dans un de ses livres n’a pas dérogé à cette attitude.   Il s’est archarné à dégager sa responsabilité de premier responsable du parti au pouvoir. Selon lui seul le président Lissouba a l’entière responsabilité de la catastrophe, lui et les autres évidemment ils n’y sont pour rien.

   Or « l’action de l’intellectuel tend à la démystification, il s’agit d’évaluer et de mettre en évidence les décalages qui peuvent exister entre les valeurs décisives reconnues par la société et l’ordre dominant et leurs réalisations juridiques, administratives, sociales. Il s’agit de développer par la parole et l’écrit une critique de la réalité existante et cela au nom de la liberté[23] ». 

[1]Op. Cit

[2] De la Boetie « Discours sur les causes de la servitude vonlontaire » Falammarion 199 édition de poche Paris

[3] L’événement n° 762 du 10 au 16 juin 1999 pages

[4] Stephen Smith  « negrologie » Pourquoi l’Afrique se meurt? » Calmann Levy  Paris 2003

[5] Africa international n°348 novembre 2001.

[6] Marc Chevrier penser la res publica cet impensé  in revue agora www.agora.qc.ca juin 2003.

[7] Arlette Heymann-Doat in « les régimes politiques » éditions la découverte Paris 1998.

[8] C’est le roi (président) qui nomme tout le monde, le maire de la capitale est le gendre du roi, les sociétés appartiennent au clan royal.

[9] voir à la fnac livre  et références biblio………

[10] Pascal Lissouba « Des fruits de la passion à partager » edition Odilon paris 1997 et Denis Sassou-Nguesso « le manguier, la souris et………….Paris 1997

[11] Jean-Pierre Makouta-Mboukou «  Harmattan Paris 1998

[12] appel lancé  sur la Pana, rapporté par le journal en ligne www.mwinda.org

[13] ce qui traduit en français dit ceci : ce n’est pas toi qui va construire le Congo, laissons tomber cette affaire mange seulement, arrêtes d’en faire du bruit fils

[14] Sartre « les mains sales ».. 

op. cit

[15] Babou Zalé Harmattan Paris 1995

[16] De la démocratie à la démoncrature Gaspard Nsafou  Harmattan Paris 1995,

[17] mwinda et l’observateur du 15 aout 2003

[18] in les intellectuels émission du 27 mars 2000, site radio Canada et www.agora.qc.ca juin 2003.

[19] Idem note 55

[20] Théophile Obenga  Présence Africaine….1998, a depuis 2009 fait l’apologie de Sassou en deenant un de ses conseillers

[21] Or le propre d’un ministre c’est d’être solidaire, avec l’équipe gouvernementale, sinon on démissionne 

[22] Christophe Moukouéké « ……………….. » depuis lors a rejoint le Congo et travaillerait avec Sassou

[23] idem note 55 et 56


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12 décembre 2009

Au-delà de la peau noire, au-delà des masques blancs : FRANTZ FANON

FRANTZ FANON

Au-delà de la peau noire, au-delà des masques blancs

Mercredi 16 décembre, à 19 h

Médecin, psychiatre, écrivain, Frantz Fanon, né à Fort-de-France en 1925 et mort à New-York en 1961, a marqué le XXe siècle par sa pensée et son action de militant du tiers-monde et de la liberté.

"Je suis un homme, et c'est tout le passé du monde que j'ai à reprendre [...]. Chaque fois qu'un homme a fait triompher la dignité de l'esprit, chaque fois qu'un homme a dit non à une tentative d'asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte."
Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs

Soirée présentée par Daniel Maximin, qui évoquera le dialogue critique de Frantz Fanon avec son temps.
Lecture d'extraits de textes par Aliou Cissé et Dominique Michel, comédiens.


Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication-DRAC Martinique

Entrée libre
Réservation conseillée au 01 45 00 91 75

Les œuvres principales de Frantz Fanon :
Peau noire, masques blancs, Éditions du Seuil, 1952
Les Damnés de la terre, François Maspero, 1961
Pour la révolution africaine, François Maspero, 1964
L'An V de la révolution algérienne, François Maspero, 1959

Retrouvez toute l’actualité du musée Dapper
http://www.dapper.com.fr/

MUSÉE DAPPER – 35 bis, rue Paul Valéry – 75116 PARIS – M° Victor Hugo
Ouvert tous les jours de 11 h à 19 h sauf les mardis et hors expositions temporaires
Tél. : 01 45 00 91 75 – Fax : 01 45 00 27 16
Librairie (accès libre) - Tél. : 01 45 00 91 74
Café Dapper (accès libre) - Tél. : 01 45 00 31 73

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18 octobre 2009

les sept principes de la désobéissance civile, par Howard Zinn

article mis en ligne le mardi 6 février 2007


  1. La désobéissance civile est la violation délibérée, spécifique, de la loi, au nom d’un principe social essentiel. Elle devient non seulement justifiable mais nécessaire quand un droit humain fondamental est menacé et quand les moyens légaux pour faire respecter ce droit sont inadaptés. Il peut prendre la forme de violation d’une loi injuste, de protestation contre une situation injuste ou d’application symbolique d’une loi ou d’une situation souhaitable. Qu’elle soit reconnue comme légale, au nom d’un droit constitutionnel ou international, ou non, son but est toujours de combler la brèche qui sépare la loi de la justice, dans un processus infini de développement de la démocratie.

  2. Il ne faut reconnaître aucune valeur sociale à l’obéissance absolue comme à la désobéissance absolue à la loi. Prôner l’obéissance à des mauvaises lois, comme façon d’inculquer un certain servilisme abstrait à « l’ordre légal » ne peut qu’encourager les tendances déjà très répandues des citoyens de se courber devant le pouvoir de l’autorité, de refuser tout affrontement avec l’ordre établi. Exalter l’ordre légal comme quelque chose d’absolu est la marque du totalitarisme, et il est possible de créer une atmosphère totalitaire dans une société qui possède nombre des attributs de la démocratie. Revendiquer le droit des citoyens à désobéir à des lois injustes et le devoir de désobéir à des lois dangereuses, c’est la véritable essence de la démocratie, qui accepte que le gouvernement et ses lois ne sont pas sacrés mais qu’ils ne sont que des instruments, au service de certaines fins : la vie, la liberté, le bonheur. Les instruments sont accessoires ; pas les fins.

  3. La désobéissance civile peut demander la violation de lois qui ne sont pas injustes par elles-mêmes, pour protester à propos d’une question que l’on estime très importante. Dans tous les cas, l’importance de la loi transgressée doit être mesurée en relation à l’importance de la question. Une règle du code de la route, transgressée temporairement, n’est pas aussi importante que la vie d’un enfant renversé par une auto ; l’occupation de bureaux publics l’est moins que l’homicide de civils au cours d’une guerre ; l’occupation illégale d’un bâtiment est moins injuste que le racisme à l’école. Non seulement des lois déterminées, mais aussi des situations personnelles peuvent être insupportables et la transgression de lois normalement acceptables peut agir comme mode de revendication.

  4. Si un acte déterminé de désobéissance civile est un acte de revendication moralement justifiable, il s’ensuit que l’emprisonnement de ceux qui l’ont commis est injuste et devrait être opposé et contesté jusqu’au bout. Celui qui revendique doit refuser la condamnation autant qu’il refusait de respecter la règle transgressée. Il peut exister des cas où les personnes impliquées dans une revendication peuvent décider d’aller en prison comme moyen de continuer leur acte de protestation, pour rappeler à leurs concitoyens l’injustice qu’elles subissent, ce qui ne veut pas dire que l’emprisonnement fait nécessairement partie d’une règle gouvernant la désobéissance civile. L’important est que l’esprit de la revendication soit conservé dans tous les cas, que l’on aille en prison ou non. Accepter la prison comme acte de pénitence en accédant aux « règles » signifie retomber abruptement dans le même esprit de servilité, et minimiser la gravité de la revendication.

  5. Ceux qui s’engagent dans la voie de la désobéissance civile devraient choisir des tactiques aussi peu violentes que possible, en accord avec l’efficacité de la revendication et l’importance du sujet. Le degré de désordre provoqué doit être raisonnablement en rapport avec l’importance de la question traitée. La distinction entre tort infligé aux personnes et tort infligé aux biens doit être primordiale. Les tactiques appliquées aux biens peuvent comprendre (toujours : en considérant l’efficacité et l’importance de la question) : la dévalorisation (comme dans le cas des boycotts), la dégradation, l’occupation temporaire et l’appropriation permanente. Dans tous les cas, la force impliquée dans tout acte de désobéissance civile devrait agir clairement et spécifiquement sur l’objet de la revendication.

  6. Le degré de désordre dans la désobéissance civile ne devrait pas être mesuré en rapport à une fausse « paix » supposée exister dans l’ordre établi, mais contre le vrai désordre et la violence qui font partie de la vie courante, qui se manifestent ouvertement au plan international dans des guerres, mais qui se cachent aussi localement derrière le masque de « l’ordre » occultant l’injustice de la société actuelle.

  7. Lorsque nous réfléchissons sur la désobéissance civile, nous ne devons jamais oublier que nos intérêts sont différents de ceux de l’Etat et que nous ne devons jamais laisser les agents de l’Etat nous persuader du contraire. L’Etat veut le pouvoir, l’influence, la richesse, comme des fins en elles-mêmes. Les individus recherche la santé, la paix, l’activité créatrice, l’amour. L’Etat, grâce au pouvoir et aux richesses qu’il détient, ne manque pas de porte-paroles pour défendre ses intérêts. Cela signifie que les citoyens doivent comprendre la nécessité de penser et d’agir par eux-mêmes ou en accord avec d’autres membres de la collectivité.


[1] La traduction est reprise du site http://www.non-violence-mp.org/ qui comporte de nombreux documents concernant la non-violence.

Pour lire le texte anglais d’origine : http://worldpolicy.org/globalrights..., et une présentation de Howard Zinn : http://www.lecourrier.ch/modules.ph....

Extrait de Disobedience and democracy : nine fallacies on law and order (1968) [1].


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22 janvier 2009

Les sept principes de la désobéissance civile

les sept principes de la désobéissance civile, par Howard Zinn


article de la rubrique démocratie > désobéissance & désobéissance civile


Extrait de Disobedience and democracy : nine fallacies on law and order (1968) [1].


  1. La désobéissance civile est la violation délibérée, spécifique, de la loi, au nom d’un principe social essentiel. Elle devient non seulement justifiable mais nécessaire quand un droit humain fondamental est menacé et quand les moyens légaux pour faire respecter ce droit sont inadaptés. Il peut prendre la forme de violation d’une loi injuste, de protestation contre une situation injuste ou d’application symbolique d’une loi ou d’une situation souhaitable. Qu’elle soit reconnue comme légale, au nom d’un droit constitutionnel ou international, ou non, son but est toujours de combler la brèche qui sépare la loi de la justice, dans un processus infini de développement de la démocratie.
  2. Il ne faut reconnaître aucune valeur sociale à l’obéissance absolue comme à la désobéissance absolue à la loi. Prôner l’obéissance à des mauvaises lois, comme façon d’inculquer un certain servilisme abstrait à « l’ordre légal » ne peut qu’encourager les tendances déjà très répandues des citoyens de se courber devant le pouvoir de l’autorité, de refuser tout affrontement avec l’ordre établi. Exalter l’ordre légal comme quelque chose d’absolu est la marque du totalitarisme, et il est possible de créer une atmosphère totalitaire dans une société qui possède nombre des attributs de la démocratie. Revendiquer le droit des citoyens à désobéir à des lois injustes et le devoir de désobéir à des lois dangereuses, c’est la véritable essence de la démocratie, qui accepte que le gouvernement et ses lois ne sont pas sacrés mais qu’ils ne sont que des instruments, au service de certaines fins : la vie, la liberté, le bonheur. Les instruments sont accessoires ; pas les fins.
  3. La désobéissance civile peut demander la violation de lois qui ne sont pas injustes par elles-mêmes, pour protester à propos d’une question que l’on estime très importante. Dans tous les cas, l’importance de la loi transgressée doit être mesurée en relation à l’importance de la question. Une règle du code de la route, transgressée temporairement, n’est pas aussi importante que la vie d’un enfant renversé par une auto ; l’occupation de bureaux publics l’est moins que l’homicide de civils au cours d’une guerre ; l’occupation illégale d’un bâtiment est moins injuste que le racisme à l’école. Non seulement des lois déterminées, mais aussi des situations personnelles peuvent être insupportables et la transgression de lois normalement acceptables peut agir comme mode de revendication.
  4. Si un acte déterminé de désobéissance civile est un acte de revendication moralement justifiable, il s’ensuit que l’emprisonnement de ceux qui l’ont commis est injuste et devrait être opposé et contesté jusqu’au bout. Celui qui revendique doit refuser la condamnation autant qu’il refusait de respecter la règle transgressée. Il peut exister des cas où les personnes impliquées dans une revendication peuvent décider d’aller en prison comme moyen de continuer leur acte de protestation, pour rappeler à leurs concitoyens l’injustice qu’elles subissent, ce qui ne veut pas dire que l’emprisonnement fait nécessairement partie d’une règle gouvernant la désobéissance civile. L’important est que l’esprit de la revendication soit conservé dans tous les cas, que l’on aille en prison ou non. Accepter la prison comme acte de pénitence en accédant aux « règles » signifie retomber abruptement dans le même esprit de servilité, et minimiser la gravité de la revendication.
  5. Ceux qui s’engagent dans la voie de la désobéissance civile devraient choisir des tactiques aussi peu violentes que possible, en accord avec l’efficacité de la revendication et l’importance du sujet. Le degré de désordre provoqué doit être raisonnablement en rapport avec l’importance de la question traitée. La distinction entre tort infligé aux personnes et tort infligé aux biens doit être primordiale. Les tactiques appliquées aux biens peuvent comprendre (toujours : en considérant l’efficacité et l’importance de la question) : la dévalorisation (comme dans le cas des boycotts), la dégradation, l’occupation temporaire et l’appropriation permanente. Dans tous les cas, la force impliquée dans tout acte de désobéissance civile devrait agir clairement et spécifiquement sur l’objet de la revendication.
  6. Le degré de désordre dans la désobéissance civile ne devrait pas être mesuré en rapport à une fausse « paix » supposée exister dans l’ordre établi, mais contre le vrai désordre et la violence qui font partie de la vie courante, qui se manifestent ouvertement au plan international dans des guerres, mais qui se cachent aussi localement derrière le masque de « l’ordre » occultant l’injustice de la société actuelle.
  7. Lorsque nous réfléchissons sur la désobéissance civile, nous ne devons jamais oublier que nos intérêts sont différents de ceux de l’Etat et que nous ne devons jamais laisser les agents de l’Etat nous persuader du contraire. L’Etat veut le pouvoir, l’influence, la richesse, comme des fins en elles-mêmes. Les individus recherche la santé, la paix, l’activité créatrice, l’amour. L’Etat, grâce au pouvoir et aux richesses qu’il détient, ne manque pas de porte-paroles pour défendre ses intérêts. Cela signifie que les citoyens doivent comprendre la nécessité de penser et d’agir par eux-mêmes ou en accord avec d’autres membres de la collectivité.

Notes

[1] La traduction est reprise du site http://www.non-violence-mp.org/ qui comporte de nombreux documents concernant la non-violence.

Pour lire le texte anglais d’origine : http://worldpolicy.org/globalrights..., et une présentation de Howard Zinn : http://www.lecourrier.ch/modules.ph....

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10 décembre 2008

Sembène Ousmane

Ousmane Sembène le 18 février 2005 dans son bureau a Dakar.

PARIS (AFP) — Une troupe d'une quinzaine de comédiens et de musiciens de six pays africains et de France propose, à la Cartoucherie de Vincennes près de Paris, une adaptation à la scène d'un classique de la littérature africaine inspiré d'un fait réel, "Les bouts de bois de Dieu".

L'écrivain et cinéaste sénégalais Sembène Ousmane (1923-2007) est l'auteur du roman initial paru en 1960 et couronné du Prix littéraire de l'Afrique noire, qui relate la plus longue grève connue de l'ère coloniale.

D'octobre 1947 à mars 1948, 20.000 cheminots africains du Dakar-Niger se sont mis en grève pour obtenir un statut mettant à égalité leurs salaires avec ceux des Français. Ils finiront par obtenir une augmentation de salaire de 20%.

Le Congolais Hugues Serge Limbvani a signé l'adaptation du roman en vue du spectacle éponyme donné au Théâtre de la Tempête jusqu'au 20 décembre. Il l'a conçu dans un décor abstrait, volontairement "minimal", afin que l'accent soit mis sur le jeu des comédiens ainsi que sur la musique, le chant et la danse.

Le spectacle se présente comme un film avec des retours en arrière et un personnage central, Grève, joué par Abdoulaye Seydi, comédien sénégalais plein de faconde.

Les héros anonymes sont les grévistes mais aussi leurs femmes, qui les soutiennent dans leur lutte pour leurs revendications salariales et pour l'amélioration des conditions de travail.

Les scènes décrites par le conteur, parfois violentes lorsque les forces de l'ordre frappent, ne sont pas dialoguées. La danse, le chant disent ce que le texte ne peut exprimer, la musique accompagnant le mouvement de cette histoire dont le récit est au programme scolaire de la plupart des Etats de l'Afrique francophone.

Source : AFP 10 decembre 2008

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