Résolution du Conseil de Sécurité sur les ressources du conflit en RDC : aux États de jouer maintenant !
République Démocratique du Congo (RDC) Résolution du Conseil de Sécurité sur les ressources du conflit en RDC : aux États de jouer maintenant ! Le CCFD-Terre Solidaire se félicite de l’adoption, le 29 novembre, par le conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution qui invite les États et les entreprises à mettre sur pied des mesures de diligence requise pour empêcher que l’exploitation et le commerce des minerais provenant de la RDC financent le conflit armé. Il rappelle que ces mesures doivent être mises sur pied sans délai. Depuis près de 15 ans, les groupes armés et les éléments des forces armées nationales tirent des profits considérables de l’exploitation et du commerce des ressources naturelles avec la complicité directe ou indirecte des acteurs économiques (individus ou entreprises). Cette réalité bien documentée par les rapports de l’ONU et des ONG contribue à retarder l’avènement de la paix dans le pays. C’est la première fois que le conseil de sécurité demande aussi explicitement aux entreprises qui interviennent dans la production, le transport et la transformation des minerais provenant de l’Est de la RDC de vérifier que ces minerais ne financent pas le conflit. Pour Zobel Behalal chargé de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire, « il appartient maintenant aux États de s’assurer que l’appel du Conseil de sécurité se traduise en actions concrètes. Pour cela, ils doivent adopter des mesures législatives qui contraignent les entreprises opérant sur leurs territoires à ne pas se dérober à leurs obligations » En Juillet dernier, en adoptant la loi Dodd Frank, les États-Unis ont montré le chemin vers ce type de réglementation, « nous souhaitons que la résolution du Conseil de sécurité convainque les autres pays, notamment ceux de l’Europe, de franchir le pas vers un dispositif similaire » poursuit Zobel Behalal. Le devoir de diligence doit consister en un ensemble de mesures objectives, publiques et vérifiables que doivent adopter les entreprises pour empêcher que les minerais issues de l’économie militarisée de l’Est de la RDC ne se trouvent pas dans leurs chaînes d’approvisionnement et le prouver. Ces mesures doivent être complétées par la mise sur pied d’une structure internationale indépendante nommée par le conseil de sécurité de l’ONU avec l’accord du gouvernement de la RDC. Cette structure doit essentiellement s’occuper du monitoring de l’action de tous les acteurs intervenant dans le secteur minier. Contact presse : Véronique de LA Martinière : 01 44 82 80 64 - v.delamartiniere@ccfd.asso.fr -- Véronique de La Martinière
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RD Congo : pourquoi le conflit du Kivu resurgit aujourd'hui
Par David Servenay | Rue89 | 30/10/2008 | 12H01
Alors que des dizaines de milliers de réfugiés fuient les combats opposant l'armée congolaise aux rebelles soutenus par le Rwanda, autour de Goma, les troupes du général Laurent Nkunda ont décrété un « cessez-le-feu » unilatéral. Sur le terrain, un tir d'obus de mortier, près du camp de Kibati, aurait provoqué un mouvement de panique chez les réfugiés : 45 000 personnes seraient en mouvement vers le Rwanda et le sud de la région. Des tirs à l'arme lourde auraient aussi éclaté dans la zone frontalière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo.
Cette reprise des combats autour de Goma est la conséquence d'un énième accord de paix défaillant. Comme le souligne l'International Crisis Group dans sa dernière analyse, les groupes armés présents dans la région se sont réarmés ces dernières semaines. Il était donc logique que les armes parlent à nouveau. Retour sur un conflit qui n'en finit pas de ravager la région depuis quatorze ans.
Le Kivu ? La Suisse de l'Afrique centrale
Contrairement aux images misérabilistes qui reviennent à chaque soubresaut de la crise, le Kivu est une région extraordinairement riche, qui lui vaut le surnom de « Suisse de l'Afrique centrale ». Et ce pour plusieurs raisons :
- D'une superficie de 256 000 km2 -presque la moitié de la France- la région s'étale entre la cuvette congolaise, au climat tropical, et les contreforts du plateau rwando-burundais, beaucoup plus tempéré et froid.
- Au nord, la chaîne des volcans Virunga culmine à plus de 4000 mètres d'altitude, à l'ouest, les forêts congolaises offrent un environnement où les cultures sont abondantes, mais surtout des richesses minières inégalées : cuivre, or, coltan, gaz naturel et pétrole dans les lacs Kivu et Tanganiyka. Toutes ces richesses faisant l'objet de trafics en tout genre.
- Traditionnellement peu peuplée, la région est depuis le XIXe siècle une terre d'immigration, attirant les « banyarwanda » (habitants du Rwanda) des plateaux, où la densité de population a toujours été très forte. Ces derniers se heurtent régulièrement aux locaux congolais, à travers de multiples conflits fonciers.
- Deux villes -chefs-lieu de région administrative- délimitent la zone : Goma au nord du lac Kivu, avec de nombreux camps de réfugiés et Bukavu au sud du lac.
Dès les années 60, le Kivu a constitué une base arrière pour tous les réfugiés -principalement rwandais- de la région, mais également un enjeu de pouvoir entre le Zaïre, le Rwanda et l'Ouganda, où ce « ventre mou » de l'Afrique centrale reste une zone impossible à contrôler entièrement. Car trop vaste.
Des protagonistes de la crise du génocide de 1994
Tous les protagonistes du conflit d'aujourd'hui sont des héritiers du génocide rwandais. Impossible de comprendre la logique des acteurs sans se référer à cette période.
- Fin juin-début juillet 1994, après trois mois de massacres, les génocidaires balayés par l'offensive de l'Armée patriotique rwandaise (APR) de Paul Kagame traversent la frontière zaïroise, avec la complicité des soldats de l'opération Turquoise.
- Dans les mois qui suivent, les Forces armées rwandaises (FAR) reconstituent leurs unités, en se mélangeant aux Interahamwe (les miliciens du génocide) puis elles récupèrent les armes lourdes normalement confisquées par les Forces armées zaïroises (FAZ). Commence alors une guerre de guérilla contre le nouveau régime de Kigali, qui dure deux ans (1995-97).
- En octobre 1996, Kagame confie à son chef d'état-major, le général James Kabarebe, la tâche de liquider cette guérilla. Une traque sanglante commence, partant des camps de réfugiés qui abritent les Interahamwe, jusqu'à Kinshasa où les Rwandais portent au pouvoir Laurent-Désiré Kabila en mai 1997, provoquant la chute du maréchal Mobutu.
- En 1998, la guerre reprend dans le Kivu, faisant des centaines de milliers de victimes dans les camps de réfugiés. Chaque camp -Kigali et Kinshasa- s'appuie sur des groupes armés plus proches d'une troupe de miliciens que d'une armée régulière, mais en général bien équipés.
- Jusqu'en 2004, les alliés de Kigali contrôlent en grande partie les différentes filières de trafics de matières premières -notamment le coltan qui sert à fabriquer les puces de téléphone portable-, ce qui permet au Rwanda de financer sa reconstruction.
- En 2004, le président Kagame négocie la rédition des deux principaux chefs militaires du maquis des ex-FAR -les généraux Paul Rwarakabije et Jérôme Ngendahimana- qui entraînent dans leur sillage des milliers de combattants. Problème : plusieurs milliers préfèrent rester dans le maquis. Ils ne l'ont toujours pas quitté.
Petit à petit, l'Armée nationale congolaise (FARDC) a réussi à reprendre pied dans la région; mais elle se heurte :
d'un côté, aux supplétifs rwandais : le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dirigé par le général Laurent Nkunda, 41 ans, un homme soupçonné de crimes de guerre. Cet ancien de l'APR a toujours servi les desseins de Kigali, mais il est devenu un allié gênant à partir du moment où la justice internationale a émis des mandats d'arrêts internationaux pour des exactions qui lui sont attribuées.
De l'autre, aux miliciens des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), héritiers des génocidaires de 1994, qui continuent à vivre des trafics locaux. Eux aussi sont devenus incontrôlables.
En janvier 2008, un énième accord de paix est donc ficelé, mais il comporte au moins deux failles : les FDLR ne l'ont pas signé et il limite l'amnistie aux « actes de guerres ». Les auteurs de crimes de guerre et/ou de crimes contre l'humanité seront poursuivis.
En somme, quatorze ans après le début du conflit, plus personne n'a vraiment de prise sur des groupes armés qui se sont autonomisés et servent de bras armés aux puissances régionales.
Que fait la communauté internationale ?
Comme à chaque fois que la tension remonte d'un cran, les premières victimes sont les civils, en particulier la population des camps de réfugiés situés autour de Goma. A la question : combien de victimes ? La mission de l'ONU répond :
« Selon une étude publiée par International Rescue Committee en décembre 2004, 3,8 millions de personnes, pour moitié des enfants, seraient ainsi mortes. Selon Jan Egeland, Coordinateur des affaires humanitaires de l’ONU, les effets persistants du conflit sont responsables d’au moins 1000 décès par jour en RDC tandis qu’environ trois millions de personnes ont un “besoin urgent d’assistance ”. »
La Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo a été créée en 1999, dans la foulée d'un premier accord de paix. Depuis, la MONUC s'efforce de faire respecter le cessez-le-feu et de désarmer les différents groupes armés sévissant dans la région.
Malgré un budget très important -1 136 875 200 dollars en 2006- et un personnel tout aussi pléthorique -16 475 militaires dont 3551 pakistanais, plus 3150 civils-, le moins qu'on puisse dire est que le succès n'est pas au rendez-vous.
Plusieurs explications à cet échec :
D'abord des volontés politiques contradictoires : les Etats-Unis soutiennent le Rwanda, tandis que les Européens, les Français en particulier, s'appuient sur les Congolais, avec… les Chinois, qui financent une bonne partie de l'effort militaire de Kinshasa.
Ensuite, un contingent constitué de troupes peu aguerries à cet environnement difficile. Les soldats pakistanais font l'objet de nombreuses enquêtes de l'ONU, soit pour des dérapages individuels, soit pour de vraies fautes politiques dans l'exécution de leur mission.
Enfin, la région reste la proie des prédateurs de toute nature, attirés par les fabuleuses richesses du sous-sol. D'où une privatisation rampante d'un conflit au départ très politique.
Comment sortir de cette crise ?
Si un avis fait l'unanimité sur le Kivu, c'est qu'il n'existe pas de recette miracle à cette poudrière permanente.
Politiquement, aucun des protagonistes n'a pour l'instant avancé la moindre piste permettant de trouver une sortie de crise acceptable tant à Kigali qu'à Kinshasa. Le porte-parole du Premier ministre belge a indiqué qu'il demanderait « un examen de la situation du mandat et de la configuration de la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) ». Rien de plus, pour le moment. Bruxelles a envoyé son ministre des Affaires étrangères à Kigali, pour discuter avec le président Kagame.
Militairement, la France a fait une proposition, au titre de sa présidence de l'Union européenne. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est dit favorable à l'envoi d'un « groupe tactique » -au maximum 1500 hommes- pour stabiliser la situation. Ce ne serait pas une première : l'Europe a déployé deux missions au Congo : Artémis en 2003, dans la région de Bunia, et Eufor RDC à Kinshasa en 2006, pendant le processus électoral. Les Belges, absents du conflit depuis le traumatisme de 1994 où dix casques bleus furent tués, seraient volontaires.
Photo : le général rebelle Laurent Nkunda au camp de déplacés à Kilorirwe, décembre 2007 (James Akena/Reuters).
- république démocratique du congo
- Rwanda
- Source Rue89 http://www.rue89.com/explicateur/2008/10/30/rd-congo-pourquoi-le-conflit-du-kivu-resurgit-aujourdhui
Congo : Que peut faire Antoine Gizenga le 22 septembre 2006?
Après la publication par le CEI des résultats des élections législatives du 30 juillet au Congo on assiste à un ballet de négociations entre les forces ayant participé à ces élections pour la désignation du futur premier ministre issu de la majorité parlementaire.
La constitution a privilégié les affrontements entre deux camps (majorité-gouvernement et minorité-opposition)au niveau du parlement, surtout pour un pays qui sort de plus de 6 ans de guerre.
Ainsi une fois encore, voici les acteurs politiques congolais et la société civile d’un côté et de l’autre le peuple du Congo face à l’histoire de ce pays et de l’Afrique.
Les résultats sortis des urnes nous amènent à une introspection de l’histoire des autres pays d’Afrique voir du monde démocratique, ici je fais référence aux élections israéliennes et la dernière élection Allemande qui a porté une coalition gauche-droite pour la formation d’un gouvernement.
En effet la troisième position du parti Lumumbiste place non seulement ce parti au centre des débats et de la réflexion prospective de l’avenir du Congo, mais appelle aussi à revoir les schémas dogmatiques de la lecture que les différents observateurs et acteurs de la politique post-électorale en Afrique deversent d'habitude avec quelque fois des inepties.
Il nous revient donc de spéculer sur les suites à donner à ces élections.
LA POSITION DU Parti Lumumbiste rappelle avec le recul historique avec beaucoup de similitudes, ce qui c’est déjà passé de l’autre côté de ce fleuve qui donne son nom à ces deux pays.
En 1992, les Congolais de la rive droite du majestueux fleuve Congo ont connu la même chose.
Dans leur volonté de se débarrasser du général Sassou Nguesso du pouvoir, les acteurs de ce pays avaient eu la vue très courte sur la suite à donner après les élections législatives et présidentielles.
A la sortie des urnes, aucun parti politique n’avait obtenu la majorité absolue au parlement. La parti de Monsieur Kolélas arrivé second après celui de Lissouba était dans la position du PALU de Antoine Gizenga celle de faiseur de roi. Kolélas se positionnait en arbitre entre Sassou arrivé troisième à l’élection présidentielle et Lissouba vainqueur de cette élection. Le MCDDI de Kolélas au lieu de rester dans sa position d’arbitre a vite fait de basculer dans le camp de Sassou, de ce fait ressuscitant ce dernier que le peuple n’avait pas voulu pour mémoire Sassou avait obtenu environ 18% des suffrages exprimés. Cette attitude de Kolélas de façon historique sonna le glas de la démocratie retrouvée déjà escamotée par la transition. Cela de façon objective conduisit le Congo dans l’instabilité puis vers des violences de plus en plus ignobles. A partir de janvier 1993 le Congo trempait dans la violence politique gratuite qui eut son point culminant en 1997 avec le coup d’etat de Sassou qui pour asseoir son pouvoir poursuivit la guerre de 1998 à 2001. Le retour à la dictature à entendre les déclarations des acteurs politiques de ce pays semble effectif et regrettable. Ce pays malgré la flambée des prix du pétrole a près de 70% de sa population en dessous du seuil de pauvreté. Selon les mêmes sources, le Congo de la rive droite est en pleine dictature, pas de médias libres, l’opposition est totalement laminée, la corruption et la médiocrité sont les seules performances que ce pays réalise au niveau international avec arrogance.
En quoi tout cela peut nous inspirer en ce qui concerne l’autre Congo de la rive gauche, avec tout ce qui se déroule à Kinshasa ?
Premièrement l’espoir que les Congolais de Kinshasa ne commettront pas la même erreur que ceux de Brazzaville, même si on dit que l’histoire se répète, souhaitons le contraire.
Deuxièmement c’est la position de Antoine Gizenga et de son parti Lumumbiste qui devient importante.
Avec 13% des voix au premier tour des élections présidentielles du 30 juillet et fort de la trentaine de ses députés au futur parlement, Antoine Gizenga le fidèle compagnon de Patrice Lumumba a décidément rendez-vous avec le peuple.
Alors que peut-il faire pour ne rater ce rendez-vous historique avec ce peuple ? Lui qui a près de 80 ans ?
Essayons de donner une réponse en analysant les tenants et les aboutissants de chacune des positions qu’il peut prendre. Ces positions sont au nombre de trois.
Pour le 29 octobre 2006, doit-il appeler à voter pour l’un des candidats, j’avais déjà esquissé un début de réponse dans mon article intitulé que peut Etienne Tshisekédi ? Pour qu’il puisse donner une réponse cohérente, il lui faut déjà éclairer sa position de la constitution de la majorité parlementaire qui se réunira sauf report ou incident le 22 septembre.
Ce qui nous amène à examiner les scénarios possibles de ralliement du Palu à l’une ou l’autre de deux grandes plates formes (Alliance pour la Majorité présidentielle de Kabila et le ReNaco de Bemba).
Quel est l’état provisoire des forces en présences sur les 500 sièges à pourvoir de cette assemblée :
AMP près de 230 sièges
RENACO près de 110 sièges
PALU 34 sièges
Les autres dit indépendants et les petits partis il reste environ pour eux près de126.
Premier cas :
Donc si le Palu bascule dans le camp de l’AMP celle-ci aura la majorité absolue et cela équivaudrait aussi à un soutien au deuxième tour pour Kabila.
Si Kabila gagne alors, il aura en sa possession tous les pouvoirs et difficile pour les Congolais l’ayant déjà vu en œuvre d’avoir un fonctionnement démocratique des forces armées et des institutions.
Si Kabila perd, il pourra avec « intelligence » servir de contre-pouvoir au pouvoir de Bemba. Gageons que vu les ralliements tardifs de certains acteurs politiques à l’AMP et surtout la nature des mœurs politiques africaines que cette majorité vole en éclats dans une situation de cohabitation conflictuelle et de lutte de pouvoir absolu.
Deuxième cas :
Le PALU se rallie à Bemba et forme la majorité absolue avec.
Si Kabila gagne, alors Bemba et Gizenga pourront constituer l’opposition crédible évinçant par-là Etienne Tshisekédi (ce qui n’est pas encore sûr).
Si Bemba gagne, il faut souhaiter que le fait de détenir tous les pouvoirs ne conduisent pas à une arrogance et au non-respect de l’esprit démocratique.
Le Palu se rallie à Bemba, ils n’ont pas la majorité au parlement car 110 + 34 = 144 ce qui n’est pas égal à 251.
Kabila perd les élections mais a le parlement ainsi il pourrait servir de contre-pouvoir.
Bemba perd Kabila a tous les pouvoirs nous revenons à la situation d’avant élections mais une différence de taille qu’il est légitimé par le peuple. Il ne reste qu’à souhaiter que ce dernier s’engage dans la voie de la République et de la démocratie.
Ces deux cas nous conduisent déjà à deux observations
Pour l’AMP la tâche paraît plus facile si le PALU lui apportait ses 34 sièges
230 +34 = 264 largement au-dessus de 251 pour avoir la majorité absolue stable.
Par contre la tâche semble un peu difficile pour la RENACO 110 + 34 = 144 très loin de 251, il lui faut convaincre individuellement les 126 députés qui se réclament « indépendants » le temps de se vendre au plus offrant.
C’est ce qui me fait poser la question suivante : « si le parlement congolais n’avait pas de majorité absolue quelles en sont les conséquences ? »
C’est le troisième cas
Le Palu ne se rallie à aucune force politique et forme son propre groupe parlementaire. Trois situations se présentent.
- Malgré le non-ralliement du PALU, l’AMP a la majorité et Kabila gagne les élections présidentielles, c’est le cas de figure déjà examiné ci-dessus.
- L’AMP a la majorité mais Kabila perd, on peut espérer qu’il joue le rôle de contre-poids et donne tout son rôle au parlement.
- Malgré le non-ralliement du PALU, le RENACO a la majorité et Bemba gagne les élections présidentielles, c’est aussi le cas examiné ci-dessus tout comme que Bemba perd, on peut espérer qu’il joue son rôle de rééquilibrage du fonctionnement politique et des institutions.
Enfin le PALU ne se rallie à aucune plate-forme, et aucune majorité parlementaire ne se dégage. Quels en sont les scénarios possibles ?
A/ une instabilité politique permanente, du fait même de la versatilité et la pusillanimité de la plupart des acteurs politiques congolais.
B/ Et de l’autre c’est une chance d’avoir un parlement où le débat politique a réellement sa place. Toutes les sensibilités seraient prises en compte. La recherche du consensus obligerait à une culture de concession et de dialogue.
Le fait qu’à chaque fois il faille rechercher la majorité, cela peut être source de plus de démocratie, les députés ayant par cette occasion le pouvoir sur le gouvernement.
Et c’est sur ce point que le PALU et les 126 autres députés ont intérêt à garder leur indépendance. Les Congolais doivent se souvenir même si la formule 4+1 = 0 , cela a au moins eu le mérite de calmer les apetits de pouvoir des uns et des autres et à stabiliser plus ou moins la situation de guerre fratricide qui régnait dans ce pays. Un président avec 4 vice-présidents a permis d’aller à ces élections.
Toute mesure et raison gardées, il faut souhaiter compte tenu du contexte particulier de sortie de guerre et de 32 ans de dictature de Mobutu, il faille accepter un état intermédiaire qui puisse renforcer le basculement intégral et définitif du Congo dans la République et la Démocratie, l’exemple sud-africain est là pour nous y encourager.
Congo : Que peut faire Etienne Tshisekedi après les affrontements Bemba-Kabila ?
Congo : Que peut faire Etienne Tshisekedi après les affrontements Bemba-Kabila ?
Voilà le Congo de nouveau plongé dans la violence depuis l’annonce le 20 aout 2006 des résultats du premier tour des élections organisés pour la première fois dans ce vaste pays de de 2 . 345 410 km2 et d’environ de 60 millions d’habitants.
Organiser des élections dans ce vaste pays dévasté par près de 6 ans de guerre succédant à 35 ans de dictature était une gageure. Si bien que plusieurs observateurs n’y croyaient pas et tous avions pensé que la communauté internationale en tête les Usa, la Belgique et l’Union Européenne voulaient légitimer par ce biais le pouvoir de Kabila fils au Congo.
Cette vue se trouvait confortée par le fait que les infrastructures de télécommunications et de communications faisaient défaut, que les opérations de recensement du corps électoral étaient sujettes à des contestations, que l’un des leaders historiques politiques était exclu de la course.
D’autres actes posés par les organisateurs internationaux de ces élections notamment l’implication personnelle du commissaire européen belge Michel dans le débat politique interne accréditaient amplement cette thèse.
Plusieurs acteurs et observateurs congolais prévoyaient déjà la victoire facile de Kabila junior dès le premier tour du fait même ajouté aux éléments cités ci-dessus, le fait d’une absence réelle de débat politique qui commençait à cause du vide de se diriger vers des thèses xénophobes. C’est ce que les premiers analystes des résultats ont tenté de confirmer par la partition Est-Ouest des votes sortie des urnes. Les maigres scores du vice-président Azarias Ruberwa (1.69%) et de Arthur NGoma Z’ahidi (0.34%) à comparer au score du vieux Antoine Gizenga (13.06%) sont des preuves que le peuple Congolais a plus d’un tour dans son sac et qu’il n’a pas la mémoire courte.
Ces scores montrent bien aussi que les Congolais sont las des guerres fratricides que les différents seigneurs de la guerre se livrent pour prendre le contrôle du pouvoir central du Congo. Ils se sont massivement déplacés vers les urnes dans l’espoir de mettre fin à ces guerres. C’est ce qui explique le forte participation de congolais à ces élections et surtout leur totale adhésion à la démocratie.
C’est pourquoi cet engagement doit être interprété comme une maturité politique de ce peuple contrairement à ce que l’on entend comme discours de la part de ceux qui dénient aux Africains une capacité de juger par eux-mêmes voulant toujours infantiliser les peuples africains en soutenant que « l’Afrique n’est pas encore mure pour la démocratie ».
C’est en connaissance de cause que les Congolais ont voulu départagé les seigneurs de la guerre, même si en effet ils sont convaincus que tous les candidats (33) à la présidentielle ne sont pas de vrais démocrates et ne respectent pas la vie. Mais en les départageant par les urnes, cela leur éviterait de subir les dégâts collatéraux (comme disent les Américains en Irak), un proverbe africain ne dit pas que « lorsque deux éléphants se battent ce sont les petits animaux qui sont écrasés ». Kabila et les autres ne sont que ces éléphants qui détruisent le Congo.
La preuve peu de temps seulement après la publication des résultats, les affrontements ont eu lieu entre Kabila et Bemba. Comme à l’accoutumée chacun des protagonistes a rejeté la responsabilité sur l’autre.
Quels enseignements devons-nous tirer de ces affrontements post-électoraux ?
1/ Ni kabila, ni Bemba ne sont des démocrates convaincus, seul le pouvoir compte à leurs yeux
2/ que le peuple congolais ne compte que pour des chimères
3/ que le processus commence à échapper aux promoteurs occidentaux et qu’il est temps que le peuple reprenne davantage son pouvoir
4 / que les vrais démocrates congolais prennent position pour faire aboutir le retour réel de la souveraineté au peuple.
C’est sur ce dernier point que je crois que Etienne Tshisekedi et Antoine Gizenga ont un rôle à jouer.
Pour Gizenga c’est plus facile car il a participé à cette élection et logiquement il doit en toute honnêteté se positionner ce qui ne semble pas être le cas pour Tshisekedi.
Ce dernier n’ayant pas participé à ces élections à cause de plusieurs raisons, on peut évoquer les motifs suivants lesquels que les dés étaient pipés, que les élections ne résolvaient pas en profondeur la question de la nation congolaise, que la question de l’après élection n’avait pas été traitée par les organisateurs, sur cette dernière les inquiétudes sont immenses. Pour l’heure on ne peut ni répondre par l’affirmative ou la négative à ces motifs.
Tout de même essayons de spéculer je dis bien spéculer sur ce que peut faire Tshisekedi au vu des résultats et des affrontements, cela dans une optique de projection des résultats du second tour prévu le 29 octobre 2006. En espérant rapidement que les affrontements auraient cessés pour laisser place au débat ainsi qu’à une vraie campagne électorale.
Dans le cas où le processus suivait son chronogramme examinons les cas de figure de prise de position de Tshisekedi :
1/ Tshisekedi sort de son mutisme et appelle à voter pour Bemba quels risques politiques prend-il ?
a) Bemba gagne et il faut espérer que celui-ci instaure une transition démocratique pour se diriger vers une république et un régime de dialogue où chacun à sa place : enfin la démocratie. La question qui se pose est de savoir est-ce que Bemba a-t-il la volonté et les moyens pour cela ? S’il le fait quelle est la place de Tshisekedi ? Quelle sera la réaction de la communauté internationale qui par suivre les médias occidentaux avait misé et aurait tout fait pour que Kabila gagne, surtout pas Tshisekedi? Quelle sera la réaction des forces armées encore en présence au Congo ?
b) Bemba fort de sa légitimité obtenue dans les urnes se fait plus arrogant et bafoue la souveraineté du peuple et se transforme en dictateur. Dans ce cas le calvaire continue, pour Bemba pour se maintenir il sera obligé de se protéger à l’extérieur. La régression du Congo continue et toujours dans ce cas il y a fort à parier que les guerres reprennent mais avec moins d’ampleur.
c) Bemba perd les élections, la communauté internationale qui n’avait pas fait l’effort d’inclure Tshisekedi dans le processus et de considérer les conditions de ce dernier se trouve confortée dans « raison ». Là Tshisekedi peut perdre sa légitimité populaire.
d) Kabila élu a les mains libres pour s’installer au pouvoir et créer des frustrations qui ne seront pas loin d’aboutir à d’éventuelles violences.
e) Kabila II aura – t – il les moyens de reconstruire dans le calme et la paix, et quelle sera la réaction des anciens seigneurs de la guerre devenus entre temps vice-présidents de 2001 à 2006.
2/ Tshikedi garde son silence et n'appelle à voter aucun de deux candidats :
a) cela est logique à sa position face à ces élections.
b) Kabila gagne, c'est la situation évoquée en d et f du 1 qui peut arriver
c) Bemba perd, il peut en vouloir à Tshisekedi de n'avoir pas pris position pour lui
d) Bemba gagne sans Tshisekédi, il ignore ce dernier ou prend en considération son poids politique.
En définitive ces élections créent plus d’incertitude sur l’avenir de ce grand pays, qu’elles n’en règlent durablement comme au Libéria ou en Afrique du Sud.
Il revient donc à l’élite congolaise et sa société civile de prendre de façon historique ses responsabilités. On a confirmation que des élections en Afrique ne suffisent pas à régler l’ensemble des questions politiques, mais elles sont nécessaires pour créer des nouvelles donnes. Faisons donc confiance en l’avenir et l’histoire surtout aux peuples africains qui indéfiniment ne peuvent se laisser abuser. Chaque chose a une fin, mais quand ?








