07 novembre 2009
Pr Mamadou Sow à LA LANCE: « L’Armée n’a pas pour vocation de contrer une manifestation populaire»
Categorie: Politique
Le 1er novembre, date du 51ème anniversaire de la création de l’armée guinéenne, Mamadou Sow, professeur d’urologie au Cameroun, a bien voulu nous dire ce qu’il pense d’une armée républicaine dans un Etat démocratique.
La Lance: Quel regard portez-vous sur les événements du 28 septembre ?
Pr. Mamadou Sow : Je trouve regrettable que des événements d’une telle nature se produisent dans notre pays. Je pense que ces événements résultent du fait que depuis l’indépendance le 2 octobre 1958, il y a une façon de gouverner qui ne convient pas à une partie de la population. Ces événements, à mon avis, n’étaient pas dirigés contre une personne ou une ethnie, mais c’est la manifestation d’un ras- le-bol de la population contre la façon dont le pays est dirigé. Et ceci intéresse tout le monde. Tout le monde est interpellé par ces événements qui sont les résultats de la dérive morale et éthique qui s’est installé dans notre pays. Nous devons corriger cela, changer nos comportements chacun dans le domaine qui est le sien, pour améliorer notre vie.
Pensez-vous qu’on aurait pu éviter les tueries du 28 septembre ?
Si c’est seulement la police et la Gendarmerie qui avaient géré les choses, on aurait sûrement évité le pire. Il y a des officiers de ces corps qui ont bénéficié de formation pointue sur le maintien de l’ordre. On aurait pu mettre tout cela à profit pour éviter le carnage. L’armée n’a pas pour vocation de contrer une manifestation populaire. La première vocation de l’armée, c’est tirer. On ne devrait donc pas faire intervenir l’armée. La façon dont les gens ont été tués est ignoble. Le stade du 28 septembre est un terrain de football, qui est le symbole du «fair-play». Nous regrettons ces événements, nous les condamnons. Le problème n’est pas simplement le nombre de morts, mais il faudrait que de tels événements ne se reproduisent plus jamais. Il faut donc qu’il y ait un gouvernement qui rassemble, la bonne gouvernance, qui met en place les bases d’un développement socio-économique qui montre aux jeunes qu’il y a un avenir aussi bien dans le domaine éducatif, sanitaire que dans le domaine socioculturel.
Les sanctions vous semblent-elles être la solution de sortie de crise ?
Le problème de la Guinée est multiforme. Actuellement, c’est l’insécurité qui préoccupe dans la cité. L’armée est notre problème mais, c’est aussi la solution. Nous ne pouvons pas trouver une solution en dehors de notre armée, parce que quelle que soit l’autorité de transition qui sera mise en place, on aura besoin de l’armée. Quel que soit le président qui sera élu, il aura besoin d’une armée. Il faut donc réfléchir à une stratégie de reforme de l’armée. Nous avons au sein de cette armée des Officiers de grande valeur. Nous ne voyons pas le Capitaine Dadis comme un élément isolé, nous le voyons comme appartenant à un ensemble. S’il y a un problème au-delà de cet ensemble, la première des choses est de reformer l’armée. Les sanctions sont importantes, mais le problème de l’armée reviendra toujours. L’indiscipline, tout le monde le dit, se situe au niveau des soldats. Il appartient aux officiers de prendre leur responsabilité, discipliner les soldats, organiser notre armée pour en faire une armée disciplinée. La discipline est la principale force d’une armée.
Le Capitaine Dadis a dit qu’au sein de l’armée guinéenne, l’Officier supérieur est banalisé devant son subalterne. Comment les officiers peuvent-ils reformer l’armée dans ces conditions-là ?
Cela ne doit pas perdurer, nous lançons un appel aux officiers de l’armée, afin qu’ils trouvent une solution au désordre. Qu’ils prennent leur responsabilité pour discipliner ces soldats-là. Ce ne sont pas des soldats de l’Ecomog, de l’Union européenne ou des Etats-Unis qui vont venir mettre de l’ordre au sein de notre armée. Nous avons besoin d’une armée républicaine, disciplinée. C’est le garant de la stabilité de notre pays. Pour en revenir à la crise au sein de l’armée, elle-même, je dois dire que le Capitaine Dadis est très mal entouré. Ce sont des flagorneurs qui ne l’aiment pas. Ils ne peuvent pas l’aider à trouver la solution adéquate à nos problèmes. Il faudrait que le Capitaine Dadis se retourne vers l’armée, les Officiers supérieurs pour discuter. Je suis persuadé que s’il tient les Etats généraux de l’armée, il sortira une solution. C’est une priorité absolue avant les élections. Les élections doivent être le moment ultime d’une transition. Nous avons raté notre transition, il faut maintenant la reprendre. Etablir des priorités, les sérier, poser les bases d’un Etat moderne, démocratique avant d’aller aux élections. Le président Blaise Compaoré doit prendre en compte tous ces éléments dans sa médiation. Il doit chercher à savoir quels sont les vrais problèmes, trouver des solutions. Voilà à quoi il devrait s’atteler.
Pour les Forces vives, la non- candidature du Capitaine Dadis à la prochaine présidentielle n’est pas à négocier. C’est une évidence.
Dans l’intérêt de la Guinée, dans l’intérêt du Capitaine Dadis, il est souhaitable qu’il ne se porte pas candidat à ses élections. Il est un Guinéen, mais les personnes qui sont autour de lui et qui lui demandent de se présenter ne le font pas pour son intérêt, pas pour l’intérêt de la Guinée, elles le font pour leurs propres intérêts. L’intérêt du Capitaine Dadis est de ne pas se porter candidat à la prochaine présidentielle. Qu’il l’organise ou qu’un organe de transition l’organise, son intérêt est de ne pas se porter candidat.
L’insécurité bat son plein à Conakry et on accuse l’armée…
C’est pourquoi je parle des états généraux. L’armée est indexée alors qu’il pourrait s’agir de certains éléments incontrôlés de l’armée, qui agissent comme cela. Il faut éviter qu’il y ait une milice parallèle en Guinée. Tout le monde doit éviter l’introduction d’une milice dans le jeu politique actuelle. De même que l’introduction de mercenaires. Mais, pour éviter cela, il faudrait que l’armée se reprenne en main. On a vu l’exemple du Congo Brazzaville avec le Président Pascal Lissouba. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il avait estimé que l’armée était fidèle au président Denis Sassou Nguesso. Il a mis l’armée de côté. Il a cherché une milice autour de lui, et finalement le pays a basculé dans une guerre civile et par le départ du Pr. Pascal Lissouba. C’est un exemple dont nous devons fortement nous inspirer pour la sécurité, l’équilibre dans notre pays.
Propos recueillis par Abou Bakr
LA LANCE: envoiyer par A Foulah Diallo pour radio-kankan
21 octobre 2009
Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat
Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat
Source : LE MONDE | 21.10.09 | 10h38 • Mis à jour le 21.10.09 | 12h38
La cause vacillante de la démocratie en Afrique n'avait pas besoin de cela. A peine plus de six mois après avoir promis publiquement, à Niamey devant Nicolas Sarkozy, de quitter le pouvoir "la tête haute" en vertu de la Constitution, le président du Niger, Mamadou Tandja, a achevé, mardi 20 octobre, la mise à sac des institutions de son pays qui fait de lui un président omnipotent, à vie s'il le désire.
Les élections législatives organisées mardi étaient en effet destinées à renouveler les 113 députés du Parlement nigérien que le président avait dissous en mai parce qu'il s'opposait à son projet de réforme constitutionnelle. Dans la foulée, le chef de l'Etat avait convoqué les électeurs par décret pour leur faire entériner, le 4 août, la nouvelle Loi fondamentale qui supprime la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.
Grâce à ce tour de passe-passe, M. Tandja, au pouvoir depuis dix ans, s'est dispensé de l'élection présidentielle qui devait avoir lieu – sans lui – à la fin de 2009 et s'offre la possibilité d'un bail illimité à la tête de l'Etat. Parallèlement, il a multiplié les arrestations d'opposants politiques et au sein de la société civile.
Même si la participation semble avoir été minime pour ces législatives boycottées par l'opposition, le vote crée l'illusion d'une validation populaire. Mamadou Tandja ne justifie-t-il pas son acharnement par le souhait du peuple de le voir "achever les chantiers de développement" lancés dans le pays ?
Après Madagascar, la Mauritanie et la Guinée, le Niger s'ajoute à l'inquiétante liste des coups d'Etat militaires ou "constitutionnels" qui ont marqué l'année 2009 en Afrique francophone. Sans parler des élections contestées au Congo et au Gabon, ni de celles, retardées depuis cinq ans, en Côte d'Ivoire…
Le scénario en cours au Niger place Paris en première ligne, en raison de l'intérêt stratégique de ce pays pour l'industrie nucléaire française. "A chaque étape de son coup de force constitutionnel, Mamadou Tandja a cherché à mouiller la France", explique au "Monde" Marou Amadou, responsable du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques, poursuivi pour "provocation à la désobéissance".
VOLTE-FACE
Après avoir joué les bons élèves de la démocratie devant M. Sarkozy en mars, M. Tandja a saisi l'occasion, en mai, de la pose de la première pierre de la mine d'uranium géante d'Imouraren (Nord) dont la société française Areva a obtenu l'exploitation, pour faire volte-face. Il a alors annoncé son référendum constitutionnel devant Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, et Anne Lauvergeon, présidente d'Areva.
Paris assure que ses intérêts miniers ne pèsent en rien sur son attitude "puisque le contrat est déjà signé". Mais un haut diplomate reconnaît qu'"il est impossible de couper les ponts avec Tandja". Les opposants, eux, ont du mal à croire en la neutralité française. "Nous n'acceptons pas que la France ferme les yeux sur le vol de notre démocratie, contre le droit d'exploiter l'uranium, déclare M. Amadou. Comment Paris peut-il croire qu'un dictateur est capable d'assurer une stabilité à long terme ?"
Mais, dans la balance, entre la défense des droits de l'homme et celle des intérêts économiques, la Chine, qui a signé un gros contrat pétrolier avec le Niger et exploite déjà l'uranium, pèse en faveur des seconds.
De fait, les pressions internationales destinées à faire renoncer Mamadou Tandja restent modérées et, en tout cas, inefficaces. En juillet, Nicolas Sarkozy avait dénoncé le "dévoiement" de la Constitution. Mardi, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a "suspendu" le Niger "jusqu'à ce que la légalité constitutionnelle soit rétablie".
Mais, aux yeux de la communauté internationale, les massacres sanglants du 28 septembre à Conakry semblent avoir relativisé la gravité de la dérive politique, jusqu'à présent pacifique, que subissent les Nigériens.
Philippe Bernard
Article paru dans le journal le Monde l'édition du 22.10.09
14 avril 2009
Mali : Teriya Bugu, village modèle
Merci à Herviaux journaliste au monde qui une fois encore dans son blog nous montre un visage positif de l'Afrique. Ce reportage est preuve que l'Afrique a toutes les chances de d'avancer pourvu que l'on investisse dans l'humain surtout dans le paysan.L'espoir est une valeur dans laquelle l'Afrique doit investir.
Je vous recommande vivement d'aller faire un tour sur ce blog. 14 avril 2009

(Paris & Bamako) - Teriya Bugu (prononcez Teriyabougou), “la case de l’amitié” en bamanan, est un village pilote situé au bord du Bani, affluent du fleuve Niger, au Mali. Une utopie devenue réalité, commencée au début des années 1960, née d’une rencontre entre Lamine Samaké, pêcheur somono, et Bernard Verspieren, père blanc.

Aujourd’hui véritable oasis située en brousse, elle rassemble quelque 500 personnes, au milieu de plus de 200 000 arbres plantés au bord du Bani, bénéficiant d’une école, d’un dispensaire maternité, d’une bibliothèque, d’une coopérative d’achat, d’une ferme, d’un potager, de vergers, de ruches…
Et surtout, Teriya Bugu repose sur des principes de développement durable et équitable. Pour preuve ses installations fournissant de l’énergie fondées sur le biogaz, le solaire photovoltaïque et thermique, et son centre de tourisme solidaire. Un ensemble composé de 25 chambres et bungalows (climatisées ou ventilées), un dortoir, un restaurant proposant une cuisine faite principalement à base des produits issus du village et de ceux des environs, une piscine, une salle de conférence de 100 places, un musée… et même une piste d’aviation homologuée de 800 mètres de long pour petits appareils de 4 places (coordonnées GPS : N 13°12′22,8′’ - W 05°31′35,9′’)…

Toutes ces infrastructures permettent ainsi aux habitants de Teriya Bugu et des villages avoisinants d’améliorer sensiblement leurs conditions de vie et de participer activement à la sauvegarde de leur environnement. Au fil des années, Teriya Bugu est devenu un véritable outil de promotion et d’échange culturel, permettant aussi de lutter contre l’exode rural, voire les migrations économiques

Entré chez les pères blancs à 19 ans, en 1943, Bernard Verspieren fut un passionné d’agriculture. Il arriva au Soudan français, actuel Mali, en 1951, et ne le quitta plus. Il commença par créer des écoles d’agriculture pouvant accueillir des couples, initiative totalement inédite à l’époque. Après la grande sécheresse du Sahel de 1973 qui fut des milliers de morts, Bernard Verspieren créa Mali Aqua Viva, une association qui permit la plus importante campagne de forage de puits d’eau potable au Mali. Décédé en octobre 2003, sa grande oeuvre qui nécessita vingt années de travail demeure Teriya Bugu.
06 mars 2009
Mali / Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira

Mali / Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira
BAMAKO, Mali, 6 mars 2009/African Press Organization (APO)/ — Nous apprenons avec surprise et consternation l’incarcération à la prison centrale de Bamako de notre camarade Nouhoum Keita. Il a été interpellé après avoir dénoncé sur l’antenne d’une radio l’existence d’un passeport falsifié à son nom et sa décision de porter plainte contre X. De victime il se retrouve ainsi coupable (lire ci-dessous un petit résumé).
Journaliste à la radio associative Radio Kayira, membre de la Coalition des alternatives africaines, dette et développement (CAD Mali), militant infatigable pour les droits et la justice sociale, Nouhoum Keita est bien connu de nombre de nos associations (notamment de la plate-forme Dette & Développement qui regroupe 27 associations et syndicats français) avec lesquelles il a participé aux forums sociaux, aux manifestations contre les privatisations des services publics, pour l’annulation de la dette, contre les nouveaux accords économiques et commerciaux…
Cette arrestation se situe dans un contexte général de pressions et d’intimidations contre les
mouvement sociaux au Mali. Et ce au moment même où la population malienne subit de plein fouet les conséquences des orientations libérales de son gouvernement (privatisation du chemin de fer, de la filière coton, expropriation des paysans de l’Office du Niger…).
La mobilisation sociale s’organise au Mali pour exiger sa libération avec le soutien de l’Union des journalistes du Mali. Un sitting a eu lieu hier devant le siège de la radio, une marche de protestation est prévue la semaine prochaine. Nous nous associons à ce mouvement et, avec lui, exigeons la libération immédiate et sans condition de Nouhoum Keita et l’éclaircissement rapide de cette affaire.
SOURCE : Attac France-CADTM France-Survie
12 février 2009
Première étape au Mali d'une tournée africaine du président chinois
Avant le Sénégal, la Tanzanie et l'île Maurice, la visite de 24 heures du président chinois au Mali doit "renforcer les relations de coopération entre les deux pays et poser les jalons de futurs projets", selon l'ambassadeur de Chine à Bamako Zhang Guoquing.
Vaste pays de près de 14 millions d'habitants, le Mali est le troisième producteur d'or africain, derrière l'Afrique du Sud et le Ghana, et un des principaux exportateurs de coton. Des réserves en uranium ont récemment été découvertes dans le nord, en proie à une rébellion touareg.
Sur un continent de plus en plus courtisé pour les richesses de son sous-sol, encore largement inexploitées, Bamako est un fidèle allié de Pékin depuis l'indépendance en 1960 de cette ancienne colonie française.
Depuis 50 ans, tous les chefs d'Etat maliens ont fait le voyage de Pékin, le président Amadou Toumani Touré s'y étant rendu pour sa part au moins trois fois.
Lors de cette visite, les deux présidents procéderont à la pose de la première pierre du troisième pont de Bamako. La construction de cet ouvrage est entièrement financée par la Chine pour un montant global de plus de 20 milliards de francs CFA (30 millions d'euros).
Les deux dirigeants inaugureront un centre de prévention et de traitement du paludisme à l'hôpital de Kati (15 km de Bamako) dont la création a également été financée par la Chine. Le paludisme est, avec le sida, la maladie la plus mortelle en Afrique.
Selon M. Zhang Guoquing, "la coopération" entre Pékin et Bamako "concerne presque tous les domaines, notamment la santé, l'éducation, l'agriculture et la culture".
Avant le début de la tournée, Pékin avait affirmé que le président Hu allait "offrir une nouvelle aide aux pays africains" lors de son déplacement et proposer un renforcement de la coopération des pays en développement, face à la crise mondiale.
La Chine avait annoncé en 2006 son intention de doubler son aide à l'Afrique en trois ans, sans préciser les montants en jeu. "Je suis sûr que nous atteindrons ce but à la fin de l'année", a déclaré le 6 février le ministre adjoint des Affaires étrangères Zhai Jun.
Après le Mali, le président chinois poursuivra sa tournée avec le Sénégal. Pékin et Dakar ont rétabli leurs relations diplomatiques fin 2005, après un divorce de près de 10 ans dû à la reconnaissance de Taïwan par le Sénégal.
Mardi, le président sénégalais Abdoulaye Wade a qualifié d'"exemplaire" le partenariat avec la Chine.
Le Sénégal a récemment intensifié ses recherches pétrolières. Mais le pétrole lourd de Casamance (sud), où les réserves sont officiellement estimées à près d'un milliard de barils, n'a encore jamais été exploité en raison de contraintes techniques.
Le numéro un mondial de l'acier, le Franco-Indien ArcelorMittal, espère par ailleurs produire 25 millions de tonnes de minerai de fer par an dans sa mine du Sénégal, dont l'exploitation doit théoriquement démarrer en 2011. Mais la crise mondiale pourrait retarder le projet.
Sur le plan diplomatique, le Sénégal est très actif sur la scène africaine et a proposé sa médiation dans le conflit du Darfour (Soudan) et au Zimbabwe, deux pays alliés de Pékin.
Après l'Afrique de l'Ouest, le président chinois poursuivra sa tournée en Tanzanie et à Maurice.
11 janvier 2009
Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) / Nigéria / Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouver

Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) / Nigéria / Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement
ABUJA, Nigeria, 11 janvier 2009/African Press Organization (APO)/ — Communiqué final
1. A l’invitation de S.E. Umaru Musa Yar’Adua, Président de la République Fédérale du Nigeria et Président en exercice de la CEDEAO, une session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue, le 10 janvier 2009, à l’Hôtel Transcorp Hilton d’Abuja, République Fédérale du Nigeria.
2. Le sommet a été convoqué à l’effet d’examiner l’évolution de la situation en Guinée depuis le décès du Président Lansana Conté, notamment à la lumière de la prise du pouvoir par les militaires.
3. Etaient présents les Chefs d’Etat et de Gouvernement ci-dessous :
Son Excellence M. Blaise COMPAORE
Président du Faso
Son Excellence M. Laurent GBAGBO
Président de la République de Côte d’Ivoire
Son Excellence Yahya A.J.J. JAMMEH
Président de la République de Gambie
Son Excellence Dr. John Evans ATTA-MILLS
Président de la République du Ghana
Son Excellence Ellen JOHNSON-SIRLEAF
Présidente de la République du Libéria
Son Excellence Alhaji Umaru Musa YAR’ADUA
Président et Commandant en chef des Forces Armées de la République fédérale du Nigeria
Son Excellence M. Ernest Bai KOROMA
Président de la République de Sierra Leone
Son Excellence M. Faure Essozimna GNASSINGBE
Président de la République togolaise
Son Excellence Seini OUMAROU
Représentant le Président de la République du Niger
Les représentants des Chefs d’Etat et de Gouvernement ci-après, dûment accrédités, ont également pris part aux travaux :
Son Excellence JOSE BRITO
Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de la Communauté, représentant le Président du Cap Vert
Son Excellence Joao CARDOSO
Ministre, Directeur de Cabinet à la Présidence, représentant le Président de Guinée Bissau
Son Excellence Euloge HINVI,
Secrétaire Général au Ministère des Affaires Etrangères,
République du Bénin
Son Excellence Coulibaly Boubacar KARAMOKO
Ambassadeur, représentant le Président de la République du Mali
Son Excellence, Daouda Maliguèye Sène
Ambassadeur du Sénégal au Nigeria, représentant le
Président de la République du Sénégal
4. Les travaux se sont déroulés en présence des personnalités suivantes de la CEDEAO, de l’UA et des Nations Unies, notamment :
Son Excellence Said Djinnit
Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest
M. El Ghassin WANE
Représentant le Président de la Commission de la l’Union Africaine
5. Le discours d’ouverture a été prononcé par Son Excellence Umaru Musa Yar’Adua, Président de la République Fédérale du Nigeria et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement.
6. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont félicité le gouvernement et le peuple ghanéens pour la conduite exemplaire des récentes élections générales dans leur pays et souhaité au Président John Evans Atta-Mills la bienvenue en leur sein.
7. Ils ont également ont observé une minute de silence à la mémoire de feu le Général Lansana Conté, ancien Président de la Guinée, décédé le 22 décembre 2008.
8. Le Premier Ministre de Guinée a été invité à prendre la parole pour expliquer la situation dans son pays puis a répondu aux questions des membres de la Conférence
9 La Conférence a, par la suite, procédé à l’examen du rapport du Président de la Commission de la CEDEAO portant sur les deux missions de la CEDEAO effectuées en Guinée en décembre 2008 et janvier 2009. Elle a également pris connaissance des recommandations issues de la réunion du Conseil de Médiation et de Sécurité tenue le 9 janvier 2009.
10. La Conférence a exprimé sa profonde préoccupation devant la résurgence du fléau des coups d’état en Afrique, y voyant une menace sérieuse aux efforts de renforcement du processus de démocratisation sur le continent. Elle a appelé à la mise en œuvre de mesures plus efficaces aux niveaux régional et continental pour faire face à cette situation, notamment à travers la ratification rapide par les Etats membres de la CEDEAO qui ne l’auraient pas encore fait, du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, ainsi que de la Charte de l’UA sur la Démocratie, les Elections et la Gouvernance, de même que la mise en œuvre effective de ces instruments.
11. La Conférence a, en outre, réaffirmé l’attachement indéfectible de la CEDEAO aux principes de la démocratie et à l’Etat de droit, ainsi que le rejet de la prise du pouvoir par des voies anticonstitutionnelles, conformément aux dispositions des Protocoles de la CEDEAO et des instruments pertinents de l’UA.
12. Après un examen approfondi des différents rapports et recommandations, la Conférence a:
condamné fermement le coup d’état du 23 décembre 2008 en Guinée, en se fondant sur les dispositions du Protocole A/SP1/12/01 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance et réaffirme la position de principe de la CEDEAO contre l’accession ou le maintien au pouvoir par des voies anticonstitutionnelles.
décidé la suspension de la participation de la Guinée à toutes les réunions de la CEDEAO au niveau des Chefs d’Etat ou au niveau ministériel, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
exigé du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) la prise de mesures immédiates visant le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée, conformément aux Protocoles de la CEDEAO et en tenant compte des décisions adoptées par le Conseil de Sécurité et de Paix de l’UA sur la situation en Guinée.
13. La Conférence a pris acte des efforts déployés par les parties prenantes guinéennes en vue du rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel notamment à travers les actions suivantes :
la mise en place d’un Conseil national de transition (CNT), organe délibérant, regroupant civils et militaires, en vue de la réalisation des objectifs de la transition. La CEDEAO, avec l’appui de ses partenaires, assistera les acteurs guinéens en vue de la mise en place rapide du CNT ;
ii. la mise en place d’un forum consultatif regroupant toutes les composantes de la société guinéenne, en tenant compte de sa diversité ethnique et régionale, ainsi que de la dimension genre. Ce forum servira de cadre de dialogue permettant aux Guinéens d’œuvrer au renforcement de la cohésion nationale ;
iii. le CNT mènera à terme le processus de transition, en organisant des élections libres, régulières et transparentes en 2009 ;
iv. le CNT assurera la stabilité gouvernementale indispensable à la bonne conduite de la transition ;
v. les membres du CNDD, ainsi que le Premier ministre de transition et les membres de son Gouvernement, ne devront pas se présenter aux élections à organiser en 2009 ;
vi. les autorités de transition s’engagent à respecter les droits humains et l’état de droit, ainsi qu’à lutter contre l’impunité et le trafic de drogue.
14. Afin de faciliter le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée, la Conférence a arrêté les mesures d’accompagnement ci-après :
le maintien par la CEDEAO d’un dialogue permanent et constructif avec le CNDD, les parties prenantes guinéennes et les partenaires en vue de veiller à la mise en œuvre immédiate des recommandations concernant l’organisation rapide d’élections et le transfert du pouvoir à un régime démocratiquement élu ;
les efforts à déployer par la CEDEAO pour que la Guinée soit inscrite sur les listes de la Commission de Consolidation de la Paix de l’ONU, en tant que pays fragile sortant de conflit, pour lui permettre de bénéficier du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix ;
la définition d’un commun accord, par la CEDEAO, la communauté internationale et les parties prenantes guinéennes, de critères de référence et de délais d’exécution des tâches identifiées dans le cadre de la feuille de route pour la transition ;
les mesures devant être mises en œuvre par la CEDEAO et la communauté internationale pour faciliter l’achèvement des opérations d’inscription des électeurs et la mise à disposition de cartes d’identification des électeurs afin de permettre la tenue d’élections en 2009. A cette fin, la CEDEAO et la communauté internationale faciliteront la mobilisation des ressources requises pour l’opération ;
la nécessité d’un financement adéquat pour assurer une transition paisible et réussie en Guinée. A cet égard, un appel a été lancé à l’endroit des partenaires internationaux, notamment la Banque Mondiale, le FMI et ‘UE en faveur de la poursuite de leur appui financier aux programmes socioéconomiques du pays, pour maintenir sur les rails le processus du retour à l’ordre constitutionnel, à la démocratie et la bonne gouvernance.
f) le renforcement des capacités du Bureau du Représentant spécial du Président de la CEDEAO par la mise à disposition des effectifs et équipements requis afin de permettre de coordonner la contribution de la CEDEAO au processus de transition
la facilitation par la CEDEAO de visites périodiques en Guinée de l’Envoyé Spécial du Président en exercice de la CEDEAO ;
la soumission par le Président de la Commission de la CEDEAO au Président en exercice de la Conférence d’un rapport périodique sur la situation en Guinée.
15. La Conférence a demandé au Président de la Commission de la CEDEAO de communiquer la présente décision au Président de la Commission de l’UA et au Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA pour information et action appropriée.
16. Les Chefs d’Etat ont exprimé leur gratitude au Président en exercice pour l’hospitalité chaleureuse et fraternelle qui leur a été réservée ainsi que les excellentes dispositions prises en vue d’assurer la réussite des travaux.
Fait à Abuja, le 10 janvier 2009
SOURCE : Economic Community Of West African States (ECOWAS
10 janvier 2009
La Cédéao suspend la Guinée suite au coup d'Etat, offre son soutien
ABUJA (AFP) — La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu samedi la Guinée des activités de l'organisation après le coup d'Etat du 23 décembre tout en offrant son soutien pour assurer la transition vers un retour à "l'ordre constitutionnel".
Le sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Cédéao, réuni à Abuja, a "fermement condamné le coup d'Etat du 23 décembre", a annoncé le président de la commission de l'organisation régionale, Mohammed Ibn Chambas.
Les dirigeants, qui s'étaient réunis à huis clos, ont "suspendu la Guinée de toutes les réunions de la Cédéao au niveau des chefs d'Etat et des ministres, jusqu'à la restauration de l'ordre constitutionnel", a-t-il poursuivi.
Les dirigeants ont ainsi suivi la recommandation de suspendre la Guinée émise la veille par leurs chefs de la diplomatié, et emboîté le pas à l'Union africaine qui avait déjà annoncé cette mesure, à son niveau, le 29 décembre.
Une junte a pris le pouvoir en Guinée à la faveur d'un coup d'Etat, quelques heures seulement après l'annonce du décès du président Lansana Conté après 24 ans de "règne". Elle a suspendu la Constitution et dissous le gouvernement.
Soulignant son "inquiétude profonde face à la résurgence de coups d'Etat en Afrique", le sommet d'Abuja a réitéré l'engagement de la Cédéao en faveur de la démocratie et "son rejet de l'accès et du maintien au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels".
Les dirigeants ont aussi pris note des "efforts fournis par les différentes parties en Guinéee en faveur du retour rapide à l'ordre constitutionnel".
Ils ont notamment souligné l'engagement des nouvelles autorités guinéennes à "achever la transition en 2009 en organisant des élections crédibles, libres, justes et transparentes".
La Guinée, qui est membre de la Cédéao, ne pouvait sièger au sommet samedi, mais Kabiné Komara, nommé Premier ministre par la junte, avait toutefois été invité à prendre la parole.
"J'ai dit à l'assemblée que la Guinée était désireuse d'être comprise, qu'elle était désireuse de recevoir tout le support nécessaire pour qu'enfin elle puisse devenir un pays tout simplement normal", avait-il déclaré à des journalistes après son intervention.
Les dirigeants de la Cédéao ont également énoncé une liste de mesures d'accompagnement visant à soutenir la transition en Guinée, parmi lesquelles "le maintien d'un dialogue permanent et constructif avec le CNDD, les parties prenantes en Guinée et les partenaires".
La Cédéao et la communauté internationale "faciliteront" les opérations d'enregistrement des électeurs en vue des élections ainsi que la levée des fonds nécessaires à la tenue d'un scrutin, indique encore le communiqué.
La Cédéao est parvenue à s'accorder sur l'attitude à adopter face aux putschistes malgré des divergences.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade leur a témoigné son soutien à la junte dès le 26 décembre, une prise de position jugée "malheureuse" par le chef de la diplomatie nigériane Ojo Maduekwe.
M. Wade, seul dirigeant de la Cédéao à avoir pris position en faveur des nouvelles autorités, n'avait pas fait le déplacement à Abuja.
Dans un discours lu pour lui devant l'assemblé, il a soutenu que la prise de pouvoir par la n'était pas un coup d'Etat "classique".
"Nous pouvons choisir la voie facile des récriminations, suspensions et sanctions. Ou bien nous pouvons (...) donner mandat au président de la Commission (de la Cédéao) d'aider la Guinée à réussir sa transition", avait-il plaidé.
Les chefs d'Etat du Nigeria, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, de la Gambie, du Ghana, du Liberia, de la Sierra Leone et du Togo ont pris part au sommet. Le Niger était représenté par son Premier ministre et les autres pays par des délégations de haut niveau.
23 décembre 2008
Guinée : Coup d'Etat militaire
Guinée: «Les militaires ont un boulevard devant eux»

Parade de l'armée guinéenne le 2 octobre 2008 à Conakry à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de la Guinée./Str AFP
INTERVIEW - Serge Michel, spécialiste de l'Afrique, revient sur la situation politique et économique catastrophique du pays, où un coup d’Etat est en cours. Il avait rencontré le président Conté en novembre 2006...
Au lendemain de la mort du président guinéen, Lansana Conté, un coup d'Etat militaire était en cours ce mardi en Guinée Conakry. Les putschistes ont annoncé la suspension de la Constitution. Regroupés dans un «Conseil national pour la démocratie et le développement» (CNDD), ils ont demandé mardi en fin de matinée aux «membres du gouvernement et à tous les officiers généraux de se rendre» au principal camp militaire du pays, à Conakry, «en vue d'assurer leur sécurité».
Après 24 ans au pouvoir, le général Lansana Conté laisse un pays dévasté par la corruption et la pauvreté aux mains des militaires.
Quelle est la situation actuelle de la Guinée Conakry?
L'état de la Guinée est très mauvais. Le pays n'a pas été géré depuis des années. Il y a un vide au sommet de l'Etat. Le pouvoir n'était plus exercé par le Président mais par ses proches conseillers qui étaient d'ailleurs régulièrement renouvelés. De plus, le pays est rongé par une très grande corruption. Contrairement à beaucoup d'Etats africains, la Guinée n'a pas connu la guerre civile, pourtant, quand on voit l'état de délabrement dans lequel est le pays, on a l'impression que la guerre est passée par là. A Conakry, la capitale, les bâtiments tombent en ruine, la ville semble avoir été laissée à l'abandon. En ce qui concerne les institutions politiques, elles sont extrêmement faibles et n'ont pas la force de résister à une tentative de coup d'Etat. Les militaires ont un véritable boulevard devant eux. La question aujourd'hui est de savoir si la situation va dégénérer en bain de sang ou non.
Quel Président était le général Lasana Conté?
Contrairement à ce qui est dit ce mardi dans la presse, le général Conté n'était pas un sanguinaire. C'était un homme très malade qui avait laissé le pouvoir à l'armée. Il ne vivait plus dans la capitale depuis quelques années et s'était retiré dans un petit village où il cultivait des champs de riz. Lorsque je l'ai rencontré en novembre 2006, la culture de son riz était alors sa principale préoccupation. C'était un homme intègre, dépassé par la dégradation de l’état de son pays. Mais, en tant que général, il jouissait d'une grande influence sur l'armée. C'est en partie pour cette raison qu'il a été maintenu au pouvoir.
Que va devenir la Guinée aux mains des militaires?
La rapidité avec laquelle le coup d'Etat a été annoncé montre qu'il a été préparé bien avant la mort du Président. Contrairement à ses voisins, la Guinée n’a pas vraiment de problèmes ethniques. Il ne devrait donc pas y avoir de conflit lié à cette problématique. Le risque majeur est essentiellement lié aux richesses naturelles dont dispose la Guinée (bauxite, fer, or, diamant, nickel, uranium). Cinquante milliards de dollars doivent être investis par des grands groupes internationaux pour l'exploitation de ces ressources dans les prochaines années. On risque donc d'assister à une course au pouvoir pour s’accaparer ces richesses.
Maud Descamps avec agence
Serge Michel est un journaliste Suisse spécialiste de l'Afrique.
15 décembre 2008
L'affaire Zongo, un scandale africain enlisé depuis dix ans
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 13/12/2008 | 19H53

Il enquêtait sur la mort mystérieuse du chauffeur de François Compaoré, frère du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. Le 13 décembre 1998, le journaliste burkinabé Norbert Zongo était assassiné avec trois autres personnes. L'enquête sur la mort du fondateur de l'hebdomadaire L'Indépendant s'est terminée par un non-lieu délivré en 2006, malgré le tollé qu'elle avait provoqué en Afrique et dans le reste du monde la mobilisation incessante depuis.
Partenaire de Rue89, L'Observateur Paalga revient sur les "dix si longues années" qui ont suivi la mort de Zongo et des "trois autres occupants d'infortune de la 4X4 qui les conduisait", "carbonisés [...] dans des conditions cannibalesques":
"On cherche vainement un précédent dans les annales du crime dans notre pays [...] Rarement, de mémoire de journaliste, notre pays aura été plongé dans une crise que tous les superlatifs ne suffisent pas à qualifier.[...]
Quelques jours après ce quadruple assassinat de Sapouy, on se souvient encore qu’une Commission d’enquête indépendante (CEI) avait été instituée, et qui avait conclu que cette mise à mort brutale et atroce était motivée par les activités professionnelles de Norbert Zongo, et particulièrement par l’affaire David Ouédraogo, dont notre confrère avait fait sa manette rédactionnelle."
Une commission d'enquête, "première sur le continent", non suivie d'effets
Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, était mort torturé. Le frère du Président a été brièvement inculpé pour ce crime, avant que le tribunal n'abandonne les poursuites.
Après la mort de Zongo, des manifestations s'organisent au Burkina et dans des pays voisins. Blaise Compaoré est contraint de créer la CEI, "une première sur le continent", à laquelle participe notamment Robert Ménard, alors secrétaire général de Reporters sans frontières. Le 7 mai 1999, la commission rend ses conclusions au Premier ministre. Le blog "Norbert Zongo 10 ans" en en rappelle les suites, plutôt décevantes:
"Mise en place suite au mécontentement populaire, elle a conclu, après avoir auditionné plus de deux cents personnes, que “concernant les mobiles de ce quadruple meurtre (...), il faut les chercher du côté des enquêtes menées depuis des années par le journaliste, et notamment sur ses récentes investigations concernant la mort de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, conseiller à la présidence” et frère du chef de l’Etat.
Le rapport donnait également les noms de six “sérieux suspects” dans cette affaire, tous membres du Régiment de la sécurité présidentielle. Seul l’un d’entre eux, Marcel Kafando, a été inculpé en 2001 “d’incendie volontaire” et “assassinat”. Egalement condamné en 2000 pour avoir “séquestré et torturé à mort” David Ouédraogo, le sergent Kafando a pourtant passé pendant toutes ces années, des jours tranquilles à son domicile de la capitale, percevant toujours sa solde de militaire."
"Au bord de la chute" en 1998, le régime s'est "refait une santé"
Dans l'article qu'il consacre à "l'enterrement du dossier Norbert Zongo", l'hebdomadaire San Finna remarque que "si le régime ébranlé, au début, a été au bord de sa chute, il a pu depuis se refaire une santé, en raison certes de ses capacités de résistance propres mais aussi à cause des égoïsmes et du manque d’anticipation des acteurs politiques et de la société civile":
"[C'est] la raison du plus fort. Il n’est que de citer les lenteurs excessives de procédure, la cascade des disparitions des suspects sérieux, les décisions de justice autoritaires de non-lieu."
La rédaction de l'hebdomadaire salue les initiatives visant à faire pression sur le pouvoir burkinabé pour qu'il rouvre l'enquête, comme la pétition internationale, mais semble plutôt pessimiste:
"C’est bien qu’il y ait des actions multiformes mais ce n’est pas assez; tant qu’il n’y aura pas de consensus, de dépassement de soi, on n’aura pas ce qu’on veut: la vérité et la justice."
"La résolution du dossier implique la chute du régime"
Sur le blog Norbert Zongo 10 ans, un internaute, Zedy, regrette qu'on n'en connaisse pas plus sur la vie du journaliste:
"Il faut des dates pour montrer combien [son] parcours était labourieux, patient, persévérant et assez instructif pour les jeunes d'aujourd'hui! Nous savons beaucoup plus de l'américain Obama que du burkinabé Norbert Zongo! Ce n'est pas normal!"
Pour un autre internaute, Tenkougri, qui commente l'article de L'Observateur Paalga, "ce dossier clair a été embrouillé a dessein car sa résolution implique la chute du régime et le départ de beaucoup de “puissants”."
La France complice de l'enlisement du dossier?
Le blog Basta, publié en France par "l'alliance zapatiste de libération sociale", relaie un appel signé par plusieurs organisations africaines et françaises. Pour elles, la France est complice de l'enlisement de l'affaire Zongo:
"Forts du soutien que vient de leur renouveler la France à l’occasion de leurs récents séjours en France, Blaise Compaoré et son Premier ministre sont repartis rassérénés et encore plus déterminés à poursuivre leur gestion liberticide du pouvoir au Burkina Faso. C’est pourquoi, nos organisations, déterminées à amplifier leurs actions de solidarité avec le peuple burkinabé, appellent leurs militants et l’opinion démocratique à manifester dans l’unité leur dénonciation du soutien multiforme qu’apportent Nicolas Sarkozy et le réseau françafricain au régime criminel de Blaise Compaoré [...]"
Ces organisations appelaient ce samedi à un rassemblement devant l'ambassade du Burkina Faso à Paris. Une vingtaine de personnes se sont déplacées.
Parmi les nombreux hommages rendus depuis dix ans à Norbert Zongo, on peut citer celui de la star ivoirienne du reggae Tiken Jah Fakoly, qui place Zongo parmi les "martyrs" du continent:
"Ils ont oublié Norbert Zongo", chante Fakoly en désignant les gouvernants africains. Au Burkina, ses confrères pensent encore à lui. Depuis janvier 1999, à Ouagadougou, une lampe à pétrole brûle sans cesse devant le centre national de presse Norbert-Zongo. "Jusqu'au jour où la lumière judiciaire sera faite" sur cette affaire, rappelle l'Observateur.
sur l'affaire Zongo et le Burkina Faso dimanche 14 décembre à 14 heures au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris XIe.
Photo : Procession vers la tombe de Norbert Zongo en avril 2007 (Filep), Norbert Zongo (DR)
08 décembre 2008
Ghana : Le depouillement a commencé ce lundi
Des Ghanéens comptent les votes à Accra le 7 décembre 2008









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Election présidentielle au Ghana: début du dépouillement après un scrutin exemplaireIl y a 1 jour
ACCRA (AFP) — Le dépouillement a commencé lundi au Ghana au lendemain d'un scrutin présidentiel et législatif unanimement salué comme un modèle de transparence et de calme, dans un continent coutumier d'élections violentes et frauduleuses.
Quelque 12,8 millions d'électeurs, sur 23 millions d'habitants, étaient appelés à voter dans 22.000 bureaux dimanche pour renouveler la totalité du parlement et désigner un nouveau président pour quatre ans.
La présidentielle devrait se jouer entre deux juristes de 64 ans, Nana Akufo-Addo, du Nouveau Parti patriotique (NPP) au pouvoir, et John Atta-Mills, ancien vice-président du capitaine Jerry Rawlings, du Congrès démocratique national (NDC).
Tôt lundi matin, les résultats des législatives commençaient à tomber au compte-goutte depuis les 230 circonscriptions du pays.
Quant à la présidentielle, qui doit désigner un successeur à John Kufuor après deux mandats de quatre ans à la tête du pays, les radios locales faisaient état de résultats très serrés, laissant supposer la nécessité d'un second tour le 28 décembre.
Les premiers résultats officiels pour les deux scrutins ne devraient être connus que mercredi.
Au lendemain de ces deux élections, et en dépit de quelques accusations de fraude et d'incidents très isolés, les satisfecit pleuvaient de tous bords.
"C'est un sentiment très agréable de savoir que les Ghanéens ont pu voter pacifiquement pour choisir leurs futurs dirigeants", a déclaré le candidat du parti au pouvoir, Nana Akufo-Addo.
Le chef de la mission de la Cédéao (Commission économique des états d'Afrique de l'ouest), l'ancien général putschiste nigérian Yakubu Gowon (1966-1975), évoquait pour sa part d'"excellentes" élections.
"A part l'Afrique du sud, aucun pays du continent ne peut rivaliser" avec le Ghana, "seul pays à pouvoir être considéré démocratique", a déclaré à l'AFP celui qui avait pris le pouvoir par un coup d'état et en avait été chassé neuf ans plus tard par un autre putsch militaire.
Le compliment n'est pas mince venant d'un politicien du Nigeria, pays réputé pour ses élections violentes et truquées, et dont la Cour suprême doit encore se prononcer sur la validité de l'élection présidentielle d'avril 2007.
Le scrutin "a été très pacifique et ordonné", a déclaré de son côté à l'AFP le président de la commission électorale nationale, Kwadwo Afari-Gyan, qui s'attend à une forte participation.
Son opinion est partagée par la Coalition d'observateurs des élections (CODEO, 34 organisations), qui n'a fait état que de quelques incidents isolés.
Le souvenir des dernières élections au Kenya (1.500 morts) et l'actuelle crise post-électorale au Zimbabwe sont dans tous les esprits.
"Une élection transparente donnera un signal fort à l'Afrique où plusieurs scrutins ces derniers mois n'ont pas reflété le choix du peuple", a fait valoir le chef des observateurs de l'Union européenne (UE), Nickolay Mladenov.
"C'est important pour le monde de voir qu'il y a des pays sur le continent africain où les élections peuvent être pacifiques", a souligné le chef de la mission d'observation du Commonwealth, Valerie Amos.
Après avoir voté, le président sortant Kufuor ne cachait pas non plus sa joie. "Je termine mes deux mandats (...) sur une note positive. C'est à mon successeur de prendre le relais, et le Ghana sera un phare en Afrique et dans le monde".
Source : AFP





