Au Nigeria, "Boko Haram fait tout pour qu'il y ait un début de guerre civile" Benjamin Augé, chercheur associé à l'IFRI | LEMONDE.FR | 06.01.12 | 17h08 • Mis à jour le 07.01.12 | 09h22
Des voitures en feu après l'un des attentats revendiqués par Boko Haram contre l'Eglise catholique de Madalla non loin de la capitale fédérale Abuja, le 25 décembre dernier. SOTUNDE Les attentats visant la population chrétienne se succèdent au Nigeria. Des hommes armés ont tué dix-sept personnes dans le nord-est du pays, vendredi 6 janvier. La tuerie a eu lieu lors des funérailles des cinq personnes tuées, jeudi, lors d'une attaque contre une église. Elles interviennent juste après l'expiration d'un ultimatum fixé par un porte-parole de la secte islamiste Boko Haram aux chrétiens pour qu'ils quittent le Nord majoritairement musulman du pays. Benjamin Augé, chercheur associé au programme Afrique de l'Institut français des relations internationales (IFRI), analyse les raisons politiques, économiques et religieuses de ce regain de violences. Pourquoi les violences religieuses ressurgissent au Nigeria ? Il y a plusieurs raisons. En premier lieu, une évidente radicalisation de l'islam dans le nord du pays. Certains Etats du Nord ont en effet adopté officiellement la charia entre 1999 et 2001, mais dans les faits celle-ci n'est pas appliquée aussi strictement que les islamistes le voudraient. Il y a donc des revendications religieuses. Mais il faut souligner par ailleurs que le président actuel, Goodluck Jonathan (président depuis mai 2010 après la mort du président Umaru Yar'Adua et élu en avril 2011), est chrétien et vient de la région du Delta où se trouvent les principales régions pétrolières. C'est une première dans l'histoire de ce pays où le pétrole est la principale ressource financière (en 2010, il a rapporté 60 milliards de dollars au gouvernement d'Abuja). Sur la part de ces revenus qui reviennent à l'Etat fédéral, 13 % sont redistribués aux neuf Etats pétroliers. Pour le reste, c'est l'état fédéral qui décide des répartitions. Or historiquement, le Nord a toujours été déshérité, il y a donc une forte demande de rééquilibrage économique qui est instrumentalisé par un noyau d'extrémistes religieux. En outre, les militants du Sud qui ont lutté, armes à la main, via le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND) à partir de 2006 contre l'Etat fédéral, ont obtenu des contreparties. 26 000 d'entre eux bénéficient grâce à la loi d'amnistie de 2009 d'un revenu mensuel de 400 dollars et d'un accès privilégié à des formations professionnelles. Cela a renforcé encore un peu plus le sentiment d'injustice chez les nordistes. Boko Haram applique en fait une stratégie miroir en semant la terreur, comme le MEND l'a fait, pour rééquilibrer la situation économique du pays. Un chemin que les militants du Sud refusent catégoriquement. Cela signifie-t-il que Boko Haram rencontre une forte audience dans le Nord ? Dans les pratiques violentes du mouvement, non. Si les chrétiens sont principalement visés, des musulmans sont également victimes des attentats aveugles. Mais la secte croît sur le terreau d'une situation économique défavorable. Même si les leaders mettent en avant le conflit religieux, ils peuvent aisément fédérer leurs militants sur cette question de pauvreté et d'abandon d'Abuja. Boko Haram fait tout pour qu'il y ait un début de guerre civile et pousser Goodluck Jonathan à négocier une nouvelle répartition des revenus de l'Etat principalement basés sur le pétrole. Par ailleurs, le président a pris la décision début janvier de supprimer les subventions des prix du carburant. Une mesure très impopulaire qui a fait passer les prix à la pompe de 30 à 90 centimes de dollar le litre. Dans le contexte actuel, c'est le pire moment pour lancer cette réforme très probablement soufflée par la Banque mondiale. Certains assurent que des hommes politiques du Nord soutiennent Boko Haram. Est-ce crédible ? Oui, c'est très probable qu'une partie des élites du Nord financent, soutiennent ou à minima ne condamnent pas cette violence terroriste. Certains membres du Parti démocratique populaire (PDP), le parti des trois derniers présidents, ne souhaitaient pas voir Goodluck Jonathan, lui-même membre du PDP, accéder à la présidence. Cela tient à une raison historique qui veut que traditionnellement le poste soit attribué alternativement à une personnalité politique du Nord puis du Sud. Or Jonathan, du Sud, est arrivé au pouvoir à la faveur du décès de Yar'Adua, du Nord, qui n'a donc pas pu finir son mandat. Certains au sein du PDP ont estimé que la présidence devait donc revenir à un homme politique du Nord. Quelles peuvent être les clés d'une sortie de crise ? Pour Jonathan, il s'agirait d'entrer dans des négociations directes avec Boko Haram. Le gouvernement a envoyé ses forces spéciales, la Joint Task Force, pour mater la secte islamiste. La réponse du pouvoir a été elle aussi très violente. Mais c'est une façon de vouloir résoudre le problème uniquement par la voie militaire. Jonathan peut par ailleurs compter sur le soutien d'un certain nombre de pays occidentaux comme la France ou les Etats-Unis. Il a été mieux élu que ses prédécesseurs et a beaucoup contribué au départ de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, ce qui lui confère une grande légitimité aux yeux des Occidentaux. Qu'en est-il des liens de Boko Haram avec d'autres groupes islamistes radicaux ? Il est pour l'instant très difficile d'établir la réalité des liens de Boko Haram avec Al-Qaida au Maghreb islamique ou les shebabs en Somalie. Si ces violences m'apparaissent avant tout comme relevant de problèmes politiques et économiques nationaux, les Etats-Unis par exemple envisagent le cas de Boko Haram principalement comme un mouvement terroriste à tendance religieuse et à visées régionales. Le dernier rapport du Congrès (en pdf) sur la secte rendu public en décembre et décrivant Boko Haram comme une menace émergente pour les intérêts du Nigeria et des Américains montre bien cette inquiétude.
Le Point.fr - Publié le 17/12/2010 à 19:39 Vladimir Tozzi : "Il faut rappeler les électeurs et recommencer le second tour de la présidentielle" Ancien officier de renseignements et ex-cadre de la Direction du renseignement militaire, Vladimir Tozzi suit de près la situation en Côte d'Ivoire.
Par JEAN GUISNEL
Travaillant actuellement avec l'Institut de prospective africaine que dirige Philippe Evanno, chercheur à la Sorbonne et partisan de Laurent Gbagbo, il estime qu'une solution pacifique peut encore émerger. À la condition que les Ivoiriens retournent aux urnes... Interview.
Le Point.fr : Pourquoi vous intéressez-vous spécialement à la situation en Côte d'Ivoire ?
Vladimir Tozzi : J'ai connu la Côte d'Ivoire dans une fonction officielle, cette pratique se doublant d'une expérience concrète de conception et de conduite d'opérations sur le terrain, liée à du renseignement sans lequel rien ne peut se faire. Je suis également en contact avec de nombreux acteurs présents en Côte d'Ivoire. Ils me permettent de disposer en temps réel d'une vision globale et, je l'espère, pertinente de la situation.
Quels sont les éléments les plus inquiétants à vos yeux ?
Je suis frappé par la contradiction entre la réalité sur le terrain et la perception qu'on en a à l'extérieur. Mon souci n'est pas de prendre parti, mais la communauté internationale défend bec et ongles Alassane Ouattara qui, sur le terrain, a perdu la partie. Que cette situation soit morale ou pas n'est pas la question : si on ne prend pas en considération cette réalité, on emprunte une voie sans issue. La journée de jeudia été symptomatique.
À rebours de ce qu'on a souvent pu lire, la situation a été plutôt calme à Abidjan. Il y a eu certes des affrontements localisés, mais très peu de manifestants, avec des affrontements pour l'essentiel circonscrits autour de l'hôtel du Golf. Il reste à vérifier si des morts n'ont pas été provoquées par des tirs fratricides entre militants de l'Alliance du Nord.
Les témoignages des journalistes et des diplomates présents sur place ne vont pas dans ce sens...
À mes yeux, la bataille de la rue engagée par Alassane Ouattara et Guillaume Soro (ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo rallié à Ouattara, NDLR) est perdue. Cette journée de vendredi s'est déroulée sans manifestation. J'en tire pour conclusion que la situation est sinon calme, du moins sous contrôle. On peut ajouter qu'un débat semble se développer en ce moment autour de l'écart entre le taux de participation constaté dimanche soir à la fermeture des bureaux de vote et celui qui apparaît lors de la proclamation des résultats jeudi 2 décembre. Les anomalies sont manifestes.
Quel bilan tirez-vous de ces deux journées ?
Au moins temporairement, Laurent Gbagbo en sort vainqueur, même si les représentants de la communauté internationale ne veulent pas en tenir compte. Il est plus urgent que jamais que le Conseil de sécurité de l'ONU se saisisse de cette situation qui a surpris tout le monde, puisque le processus électoral n'a pas fonctionné. Du coup, chacun choisit la position la pire, en se rigidifiant, donc en risquant le recours à la violence.
Pourquoi dites-vous que le processus électoral n'a pas fonctionné ? La Côte d'Ivoire n'a-t-elle pas élu un nouveau président, Alassane Ouattara ?
De fait, on se retrouve avec deux prétentions à la victoire. La première, celle de Laurent Gbagbo, est légale, et la seconde, celle d'Alassane Ouattara, est légitime, puisqu'elle est soutenue par la communauté internationale. Aujourd'hui, trois voies sont ouvertes. La première est celle du blocage qui déboucherait sur la violence de rue, inacceptable et qu'il convient de rejeter. La deuxième voie laisserait les pays étrangers (États-Unis, France, Russie, Chine, Libye, Afrique du Sud, etc.) intervenir sur ce dossier et aboutir à un point d'équilibre ménageant leurs intérêts économiques. Enfin, une troisième voie se présente, que je préconise : il faut rappeler les électeurs et recommencer le second tour de la présidentielle, qui a posé un problème. Mais cette fois dans des conditions telles que les erreurs ne se reproduisent pas. La communauté internationale doit absolument reprendre la main et aider à sortir de cette situation.
Pourquoi la Côte d'Ivoire représente-t-elle un tel enjeu ?
Alors que les économies du Nord stagnent, l'Afrique est une formidable zone de croissance potentielle.
La situation dans ce pays n'est pas un problème ivoiro-ivoirien, c'est celui de la sous-région, et celui de toute l'Afrique "utile". Il convient de regarder les effets à long terme de cette situation, donc en sortir par le haut. Un nouveau second tour serait une bonne solution, pacifique et réaliste. Ça peut heurter aujourd'hui, mais dans un mois, ça choquera moins !
Vous avez été militaire et officier de renseignements. Quel est votre avis sur le rôle que devraient ou que pourraient jouer les forces françaises de l'opération Licorne, dans ce processus que vous appelez de vos voeux?
Vous comprenez bien que ma situation d'ancien officier français m'interdit de répondre à cette question !
Je vous mets en ligne ce que je viens de lire chez mon ami Katata sur son blog Forum Réalisance, à propos de la crise ivoirienne cela pour essayer d'avoir beaucoup d'élements de jugement. Cette crise ivoirienne, pour l'Afrique amène à beaucoup de réflexions, surtout qu'en ce lundi 27 décembre 2010, sous la pression maladive de la France, l'ONU vient pour la première fois de son histoire demander à ses forces de riposter, donc de prendre partie dans un conflit.
Ainsi ces forces viennent de perdre leur neutralité légendaire. Cela rappelle l'épisode Lumumba en 1961, au Congo Kinshasa.
A mon avis ce qui se passe actuellement en Cote-d'Ivoire est crucial et si on ne prête pas attention débouche sur deux nouvelles strates socio- historiques .
1/Si l'Occident réussit son coup, alors la démocratie en Afrique aura avancé, dans le sens où dans l'avenir les peuples africains surtout de l'espace francophone attendront de cette même communauté internationale qu'elle fasse la même chose pour les élections à venir au Congo Démocratique, au Cameroun pour 2011 en cas de fraude.
L'occident sans le savoir, se tire une balle dans les pieds, car elle est en totale contradiction à propos des élections passées au Burkina Faso, en Egypte, cette année avec des scores à l'ancienne URSS. Dans le cas du Gabon et du Congo on sait que les élections ont été truquées tout comme au Togo.
En 2008 le cas electoral ivoirien s'était produit au Kenya et a abouti au partage du pouvoir après l'envoi par l'ONU de son ancien secretaire général Koffi Anan comme médiateur. L'ONU n'avait pas pris parti pour aucun cas. Pourquoi elle n'agit pas de la même manière pour la Cote d'Ivoire?
Kibaki et Odinga après avoir fait tuer plus de 1500 civils innocents se partagent le pouvoir.
Dans ce cas-ci l'ONU (disons les Occidentaux) n'ont pas voté des résolutions pour dissuader toutes veilleités de guerre civile sur base d'appartenance ethno-régionale.
ET si on continue le raisonnement, pourquoi les casques bleus de l'ONU, au début de la guerre du Rwanda en 1994 avaient quitté le pays au lieu de voter une résolution de riposte. On a eu le génocide.
L'ONU à propos de la crise ivoirienne se fourvoie et s'engage dans une jurisprudence qui risque de la discréditer à jamais vis-à-vis des peuples africains. La France joue une très mauvaise diplomatie en se servant à mauvais escient de ce machin.
Pour ma part je crois que, même si on n'aime pas Gbagbo, on est forcé de constater que l'ingérence flagrante des Occidentaux (France, Union Européenne et USA) oblige Gbagbo à prendre la posture du martyr face au postulat racial de ses adversaires.
C'est la deuxième strate socio-historique qui se joue,
En effet Gbagbo a déjà gagné, et il peut se retirer avec les honneurs d'un combattant. Et laisser Ouattara dans l'embarras, prendre un pouvoir que l'Occident lui aura donné. Lui qui attend que la communauté internationale l'installe au pouvoir au lieu de la majorité des Ivoiriens.
Et d'autres opposants africains qui voudront le pouvoir à tout prix pourront s'inspirer de la stratégie Ouattara.
S'il arrivait que Gbagbo sorte vainqueur de cette confrontation, cela va faire tomber le mythe de la supériorité du blanc et faire tomber les masques. Les thèses Afro centristes et raciales se retrouveront renforcées à la sortie de ce conflit. L'Occident aurait mieux fait de traiter l'Afrique avec un autre regard, pas celui du quinzième siècle ou du dix neuvième siècle.
C'est à cause de ces idéologies, que Sarkosy se bat avec l’énergie du diable et la haine raciale du blanc qui se croit toujours supérieur aux autres peuples du monde, pour faire assouvir sa rage vis-à-vis de Gbagbo.
Dans cette épreuve la France coloniale et vichyste est en train de livrer son dernier baroud d'honneur car elle a déjà perdu l'Afrique.
L'avenir de ce continent leur échappe de plus en plus. C'est la panique à bord.
Donc pour conclure je vous laisse lire le texte.
Mouélé Kibaya décembre 2010
17 décembre 2010
Me Jacques Vergès fait une interview éclatante sur la crise ivoirienne au quotidien Burkinabé "Le Pays"
Dans une interview accordée au quotidien Burkinabé “Le Pays”, le célèbre avocat français Jacques Vergès prend position dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire et sur la justice internationale. En voici quelques extraits.
Le Pays : Quelle lecture faites-vous de la situation en Côte d’Ivoire ?
Jacques Vergès : mon avis, les Occidentaux ont poussé à faire des élections en Côte d’Ivoire. On fait des élections pour confirmer un consensus. Il n’y a pas de consensus en Côte d’Ivoire. Il vaut mieux attendre 12 ans que d’arriver à la situation actuelle. D’autre part, l’Occident appuie un candidat. Je pense que c’est une erreur. Ce candidat apparaît comme un candidat de l’étranger.
Le Pays : Pour vous, le candidat auquel vous faites allusion n’a pas gagné les élections?
J. V. : Je n’en sais rien. Même s’il a gagné… Je n’habite pas la Côte d’Ivoire, je ne connais pas exactement la Côte d’Ivoire. Je ne peux pas, comme les Occidentaux, rester à l’étranger et dire que c’est comme ci ou comme cela.
Le Pays : Quelle appréciation faites-vous de la justice internationale ?
J.V. : Je préfère parler plutôt d’injustice internationale. Vous savez, les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos ressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l’égard des Indiens d’Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques. Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d’opium. Au nom de l’esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique. Aujourd’hui, c’est au nom de la justice qu’ils interviennent. Quelle est cette justice ? J’ai travaillé pour le tribunal de la Yougoslavie et pour celui du Cambodge. Les magistrats appliquent des règles, mais eux n’ont pas de règles. Ils font leurs règles eux-mêmes. Au Burkina ou en France, un juge dit que telle personne est gardée à vue 30 jours. La loi dit que c’est le délai maximum. Mais le juge dit que je veux le garder plus longtemps. La loi est faite par le Parlement et non pas par le juge. Dans le cas de Milosevic (ndlr, il était un de ses clients) au tribunal pour la Yougoslavie, on a changé la loi 22 fois. Ils violent le principe de Montesquieu. C’est la première chose. Au Cambodge, le tribunal vient de décider de faire appel à des donateurs privés. Quand un homme riche vous donne de l’argent, ce n’est pas pour rien. Vous vous vendez. Quand vous acceptez l’argent de n’importe qui, vous faites n’importe quoi. Je prends l’exemple du tribunal pour le Liban. Il y a 4 ans, les commanditaires de ce tribunal ont dit qu’il faut mettre en cause les Syriens. On a arrêté 4 Généraux réputés pro-Syriens. Il n’y avait rien contre eux. Les commanditaires ont dit ensuite que les Syriens ne les intéressaient plus, mais cette fois c’est le Hezbollah. On a libéré les captifs et on a essayé de mettre en cause le Hezbollah. Un tribunal est responsable devant l’opinion. On a fait le procès de Milosevic sans un Serbe dans le tribunal. On fait un procès au Cambodge où le chef du gouvernement dit qu’il ne veut pas qu’on accuse d’autres personnes, autrement il y aura la guerre civile. Le procureur qui est Canadien dit qu’il a le droit d’avoir une opinion. Les magistrats de la Cour internationale sont atteints de ce qu’on appelle un daltonisme au noir. Le dalton ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu’il ne s’est rien passé à Gaza, pas parce qu’il ne s’est rien passé à la prison d’Abu Ghraïb. La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c’est aux Africains de les juger. Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent. Il y a le cas de Béchir au Soudan. Je pense que les pays africains ont raison de ne pas appliquer le mandat international. L’Afrique n’est plus sous tutelle. Les Américains accepteront-ils qu’un pays africain juge Georges Bush pour sa guerre d’agression contre l’Irak ?....à suivre
PRISE DE POSITION AU SUJET DE LA SITUATION POST-ELECTORALE
EN REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
Daniel NKOUTA
Président Départemental de CONVERGENCE CITOYENNE SANGU au Kouilou Chargé de la Commission juridique
Au lendemain de la grossière bourde de Monsieur Youssouf BAKAYOKO, Président de la Commission Electorale Indépendante de Côte d’Ivoire, qui témoigne du complot avéré des puissances occidentales contre la souveraineté de l’Etat ivoirien et la dignité de l’Afrique noire tout entière, accompagnée d’un tintamarre orchestré par la meute des médias au service du capitalisme monopoleur moribond pour donner à penser que Monsieur Laurent GBAGBO isolé est condamné par ce qui est souvent appelé par euphémisme : LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, Nicolas Paul Stéphane SARKÖZY de NAGY-BOCSA, Président français ou ce qui en tient lieu, fils d'un immigré hongrois, nagybócsai Sárközy Pál a, dans une déclaration d’une évidente immaturité juridique et diplomatique rédhibitoire, annoncé sans sourciller que «la Commission électorale indépendante s'était acquittée avec rigueur de sa mission, et que Monsieur Alassane Dramane OUATTARA était le Président élu ».
Si la schizophrénie de Monsieur Choi Young-Jin, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire constitue un acte grave, si le délire de Monsieur Dominique Gaston André Strauss-Kahn Président du Fonds Monétaire International (FMI), fils de Gilbert Strauss-Kahn, et de Jacqueline Fellus, journaliste d'origine russe et tunisienne, issu d'une famille juive qui s'installe au Maroc en 1955, empêtré dans le scandale des affaires judiciaires liées à l’affaire de la Générale des Eaux, affaire de la MNEF, affaire de la cassette Méry et affaire Elf entre 1993 et 1995, si le propos de Monsieur Abdou DIOUF, Secrétaire Général de la Francophonie et cornemuseur patenté du néocolonialisme est simplement ridicule ; nous comprenons sans peiner à l’ouvrage, que la déclaration du Président français pour infamante qu’elle soit à l’intelligence normale, répond au désir de sanctionner Laurent GBAGBO coupable du délit d’insoumission à la discipline de l’Obédience françafrique, succursale de la secte des Illuminatis, pourvoyeurs des malheurs dans le Tiers-monde . Il faut tout de même s’interroger comment un Avocat, donc un spécialiste des normes juridiques qui fondent la civilisation de son propre pays, normes que le même pays a tenté de nous imposer des siècles durant par le fait colonial, comment donc a-t-il pu simplement, par antipathie pour un homme qui a refusé l’humiliation d’envoyer son Armée défiler à Paris , se rabaisser au point de fermer les yeux sur la réalité des faits ?
En effet, Sans verser dans le débat politique stérile qui nous paraît hors de propos en l’espèce, il nous suffit de nous arrêter à la simple lecture des textes qui régissent l’organisation des élections en République de Côte d’Ivoire car, c’est d’un débat exclusivement juridique dont il est question désormais.
I - DE L’ACCORD DE OUAGADOUGOU
On peut lire dans le texte dudit accord ce qui suit :
« En raison de la responsabilité particulière qu'elles ont dans la conduite du processus de sortie de crise, les deux Parties au conflit armé en Côte d'Ivoire ont reconnu l'impérieuse nécessité de se mettre ensemble pour consolider la paix, promouvoir une véritable réconciliation nationale et parvenir à une normalisation politique et institutionnelle, à travers un dialogue permanent et une confiance mutuelle.
Après avoir identifié les problèmes rencontrés dans la mise en œuvre des Accords de Linas-Marcoussis, d'Accra et de Pretoria, ainsi que des Résolutions de l'ONU sur la Côte d'Ivoire, les Parties, en vue d'arrêter des décisions, ont réaffirmé :
- leur attachement au respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'unité de la Côte d'Ivoire ;
- leur attachement à la Constitution ;
- leur attachement aux Accords de Linas-Marcoussis, d'Accra et de Pretoria ;
- leur attachement à toutes les Résolutions des Nations Unies sur la Côte d'Ivoire, en particulier aux Résolutions 1633 (2005) et 1721 (2006) du Conseil de Sécurité de l'ONU ;
- leur volonté de créer les conditions d'élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques ;
- leur volonté de mettre en commun leurs efforts et leurs énergies en vue d'un fonctionnement normal des Institutions de la Côte d'Ivoire et d'un retour à la normalité politique, administrative et militaire en Côte d'Ivoire ».
Ici déjà, Monsieur Choi Young-Jin, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire est interpellé pour nous dire si l’Organisation dont il est le représentant, a effectivement veillé à ce que la volonté de créer les conditions d’élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques a été réalisée.
II – DES ATTRIBUTIONS ET FONCTIONNEMENT DE LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE
Aux termes de l’article 2 (nouveau) de la loi n°2004-642 du 14 décembre modifiant la loi n°2001-634 du 9 octobre 2001 portant composition, organisation, attributions et fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI), nous lisons dans les attributions que la CEI est chargée de la proclamation provisoire ou définitive des résultats de toutes les élections à l’exception de l’élection présidentielle et du référendum pour lesquels la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel.
C’est le lieu de s’interroger sur la raison qui a poussé Monsieur Nicolas SARKOZY, Monsieur Choi Young-Jin, Monsieur Abdou DIOUF et Monsieur Dominique Strauss-Khan de se contenter des résultats simplement provisoires non encore validés par les institutions compétentes, pour proclamer Monsieur Alassane Dramane OUATTARA vainqueur du scrutin, sans soulever le fait que la proclamation des fameux résultats provisoires l’a été dans les conditions en marge de la loi.
Quand bien même ils eussent été proclamés dans le délai, dans le lieu approprié et en présence des membres prévus par la loi ; ces résultats demeurent provisoires, tel est le principe. Cela ne convient certainement pas à la fameuse Communauté Internationale, mais c’est la loi : dura lex sed lex !
III – DU CODE ELECTORAL
« Le résultat définitif de l'élection du président de la République est proclamé, après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d'urgence ».
« Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des ministres sur proposition de la Commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel ».
Tel est le prescrit des dispositions conjuguées des articles 63 et 64 de la loi portant Code électoral de la Côte d’Ivoire. En l’espèce, les irrégularités constatées par le Conseil constitutionnel au vu des rapports qui lui ont été transmis corroborées par les enquêtes diligentées à cet effet, pour graves qu’elles ont été, ne sont pas de nature à entacher la sincérité du scrutin sur toute l’étendue du territoire national, mais seulement dans certaines circonscriptions. C’est ce qui explique la décision souveraine du Conseil constitutionnel de prononcer l’annulation du scrutin dans ces circonscriptions.
IV – DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Enfin, aux termes de l’article 15 second alinéa de la loi organique du 16 mars 2001 déterminant l’organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel : les décisions rendues par le Conseil constitutionnel sont insusceptibles de recours et s’imposent erga omnes, en tout cas aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives, juridictionnelles, militaires et à toute personne physique ou morale.
Voilà l’ensemble du Droit positif en matière électorale en République de Côte d’Ivoire. Les occidentaux ont beau considérer que l’Afrique est une jungle, société anhistorique qui n’a pu produire que son fétichisme. Ici, nous avons l’avantage de brandir les règles de Droit que nous a léguées le colonialisme.
Il faut déplorer qu’au moment où l’Afrique célèbre un demi-siècle de ce qui a été présenté comme son accession à la souveraineté internationale, contrairement aux Etats anglophones, le poids de la France coloniale continue de marquer sur tous les plans, la totalité de ce qui furent les territoires français, du tracé des frontières et des principales voies de communication aux relations économiques, politiques et culturelles. Ce n’est certainement pas, en tout cas, faire de la domination française coloniale et néocoloniale un bouc émissaire tout trouvé pour expliquer l’ensemble des difficultés que traverse aujourd’hui le continent africain, la France porte toute la responsabilité de la situation actuelle de nos pays, elle est la seule et l’unique cause de nos malheurs.
L’histoire nous rappelle, que depuis la Traite négrière, des comptoirs commerciaux sont installés des côtes du Sénégal au Golfe de Guinée et offrent des bénéfices substantiels aux Etats négriers dont la France. A la fin du XIXe siècle, la colonisation devient alors le moyen pour le capitalisme occidental, dans un cadre de concurrence acharnée entre puissances impérialistes, de s’assurer la maîtrise de nouveaux marchés.
De la conquête à la décolonisation, l’histoire de l’Afrique subsaharienne est celle du pillage des ressources locales, du massacre et de l’exploitation des hommes et des femmes indigènes et de la mise sous tutelle culturelle de ceux ci, au profit d’une partie puissante du capitalisme français, anglais, portugais, espagnol et dans une moindre mesure, le capitalisme italien et germanique. Les méfaits de la colonisation écrivent l’un des chapitres les plus criminels du livre noir de l’humanité.
L’Afrique sert de réservoir de produits agricoles et de matières premières et de déversoir pour les produits manufacturés métropolitains. Le niveau de vie de la population locale stagne ou régresse au cours de cette période. Par ailleurs, les colonies ne fournissent pas seulement des produits agricoles, mais aussi de la «chair à canon», des hommes envoyés en première ligne des guerres menées par la France, pour l’intérêt exclusif de la Métropole.
Au nom d’une prétendue supériorité de civilisation, le racisme utilisé comme mode de gouvernement menace de détruire l’héritage culturel local. La colonisation française en Afrique a donc été bien loin d’une «mission civilisatrice», et les Africains cherchent toujours le côté positif du colonialisme proclamé par Monsieur Nicolas SARKOZY. Nous disons que le colonialisme aura été du terrorisme ni plus ni moins, exercé curieusement, par ceux qui aujourd’hui se gendarment contre l’Islamisme.
En privant les pays colonisés de leurs capitaux et de leurs ressources, en empêchant le développement de l’industrie, le colonialisme français a renforcé la pauvreté de ces pays. En favorisant certaines ethnies, voire en créant les clivages ethniques, elle a posé les germes des guerres ethniques présentées aujourd’hui comme une fatalité africaine. Il paraît donc parfaitement injuste, parce que totalement insensé pour la France néocoloniale singulièrement de s’indigner contre l’action vengeresse de AQMI ici et là.
Point n’est donc besoin d’être intelligent, ou diplômé de sciences-po, pour constater l’accablante incohérence qui se dégage entre l'affirmation des principes républicains fondateurs de la France « Liberté, Égalité, Fraternité » et la pratique autoritaire de la colonisation, notamment par l'intermédiaire du Code de l'Indigénat et du travail forcé. La colonisation en Afrique a bâti des Etats dont les frontières tracées au pantographe des intérêts exclusifs coloniaux, qui n’ont tenu aucun compte des réalités ethniques en présence, séparant certaines ethnies entre plusieurs Etats, ou rassemblant au contraire des ethnies rivales dans le même Etat. Les historiens et sociologues estiment ainsi, que la France a, à dessein, formé des Etats ingouvernables sur le long terme.
Il faut aussi, à juste titre, accuser la France d'avoir implanté sur les territoires africains certains de ses travers : des structures administratives lourdes, la pompe pouvoir, le goût du débat théorique au détriment de l'efficacité économique, etc. La France coloniale a exporté du continent noir, les nombreuses ressources que sont le personnel, les minerais, hydrocarbures, le bois, nécessaires au développement de l'économie Française, ainsi qu'une influence politique qui aujourd'hui encore favorise l'exploitation des ressources par les entreprises françaises : exploitation de l'uranium au Niger par AREVA, du bois, du pétrole et du gaz Algérien, congolais et gabonais par Total.
Le père de Monsieur Giscard d’Estaing, envoyé en tournée officielle en Afrique, dressa un bilan sévère du caractère archaïque et primaire de l’exploitation coloniale française en ces lieux.
« Nous pourrions, estimait-il, ne pas nous borner à piller, à nous reposer sur nos rentes, mais au contraire en tirer davantage de profits en développant un peu plus les forces productives. Il faudrait pour cela que l’Etat finance les travaux coûteux indispensables, qu’il assure la prise en charge des infrastructures nécessaires, afin que les capitalistes privés jugent (rentable) d’y investir ».
Lorsque Charles De Gaulle, au début de 1944, fit à Brazzaville son fameux discours qui allait plus tard permettre à ses panégyristes de le présenter comme un génial décolonisateur, il n’était pourtant nullement question de décoloniser, bien au contraire. L’occasion n’était d’ailleurs qu’une réunion de Gouverneurs coloniaux et de hauts fonctionnaires, où il posa, en principe préalable.
V - LE MYTHE DE LA FRANCE BERCEAU
DES DROITS DE L’HOMME
Contrairement à l’opinion répandue, la France n’a pas inventé les droits de l’homme ; elle les a empruntés à l’Amérique. La part de la France aura été de les préparer par la philosophie ; mais ce sont les Américains qui les ont introduits dans la politique.
VOICI LE TEXTE DE LA DECLARATION UNANIME DES 13 ETATS-UNIS D’AMERIQUE REUNIS EN CONGRES LE 4 JUILLET 1776 A PHILADELPHIE (Rédigé par Thomas JEFFERSON)
« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l'opinion de l'humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.
Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés.
Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.
Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd'hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L'histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l'histoire d'une série d'injustices et d'usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial :
Il a refusé sa sanction aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. Il a défendu à ses gouverneurs de consentir à des lois d'une importance immédiate et urgente, à moins que leur mise en vigueur ne fût suspendue jusqu'à l'obtention de sa sanction, et des lois ainsi suspendues, il a absolument négligé d'y donner attention.
Il a refusé de sanctionner d'autres lois pour l'organisation de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n'abandonnât le droit d'être représenté dans la législature, droit inestimable pour un peuple, qui n'est redoutable qu'aux tyrans.
Il a convoqué des Assemblées législatives dans des lieux inusités, incommodes et éloignés des dépôts de leurs registres publics, dans la seule vue d'obtenir d'elles, par la fatigue, leur adhésion à ses mesures. À diverses reprises, il a dissous des Chambres de représentants parce qu'elles s'opposaient avec une mâle fermeté à ses empiètements sur les droits du peuple. Après ces dissolutions, il a refusé pendant longtemps de faire élire d'autres Chambres de représentants, et le pouvoir législatif, qui n'est pas susceptible d'anéantissement, est ainsi retourné au peuple tout entier pour être exercé par lui, l'État restant, dans l'intervalle, exposé à tous les dangers d'invasions du dehors et de convulsions au-dedans.
Obstacle à l'accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l'exécution des lois pour la naturalisation des étrangers ; il a refusé d'en rendre d'autres pour encourager leur émigration dans ces contrées, et il a élevé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres. Il a entravé l'administration de la justice en refusant sa sanction à des lois pour l'établissement de pouvoirs judiciaires. Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.
Il a créé une multitude d'emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance. Il a entretenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l'autorité civile et même supérieur à elle. Il s'est coalisé avec d'autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa sanction à des actes de prétendue législation ayant pour objet : de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ; de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu'ils auraient commis sur la personne des habitants de ces provinces ; de détruire notre commerce avec toutes les parties du monde ; de nous imposer des taxes sans notre consentement ; de nous priver dans plusieurs cas du bénéfice de la procédure par jurés ; de nous transporter au-delà des mers pour être jugés à raison de prétendus délits ; d'abolir dans une province voisine le système libéral des lois anglaises, d'y établir un gouvernement arbitraire et de reculer ses limites, afin de faire à la fois de cette province un exemple et un instrument propre à introduire le même gouvernement absolu dans ces Colonies ; de retirer nos chartes, d'abolir nos lois les plus précieuses et d'altérer dans leur essence les formes de nos gouvernements ; de suspendre nos propres législatures et de se déclarer lui-même investi du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques.
Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens. En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l'œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d'une nation civilisée. Il a excité parmi nous l'insurrection domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d'âge, de sexe ni de condition. Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n'ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.
Nous n'avons pas non plus manqué d'égards envers nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons de temps en temps avertis des tentatives faites par leur législature pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelle, et nous les avons conjurés, au nom des liens d'une commune origine, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre notre liaison et nos bons rapports. Eux aussi ont été sourds à la voix de la raison et de la consanguinité. Nous devons donc nous rendre à la nécessité qui commande notre séparation et les regarder, de même que le reste de l'humanité, comme des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix.
En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d'Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l'Univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l'autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d'être des États libres et indépendants ; qu'elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l'État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d'une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l'honneur. »
Ainsi, la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, est une pâle copie de la Déclaration américaine.
Mais quoi qu’il en soit, il sied de rappeler à La France, que c’est d’appliquer les principes plutôt que de les énoncer qu’il s’agit véritablement. Il ne paraît pas conforme aux principes énoncés par la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, de maintenir en esclavage et interdire ainsi, par des mécanismes politiques d’un autre temps, toute possibilité de développement, par le truchement des dictateurs installés ici et là, dans les anciennes colonies. La France est en effet la seule puissance coloniale qui maintient sa présence militaire en Afrique, et intervient directement, dans la politique de ces pays, en usant des accords militaires léonins qui sauvegardent l’intérêt français. Que la France perde son influence sur le Gabon et le Congo, piliers de la Françafrique, elle ne pourrait plus siéger au G8.
La réalité ou disons, la seule et unique raison de l’immigration des Africains en Europe, niche dans la misère créée dans nos pays, par l’exploitation française. Que cesse cette exploitation, le soutien apporté par la France aux dictateurs africains, que cesse l’ingérence française dans nos pays, que cesse le pillage de nos richesses, il n’y aura plus aucune raison de nous exiler en France ou ailleurs. La solution se trouve ici et nulle part ailleurs. Que la France cesse une fois pour toutes sa politique de victimisation lorsque ses citoyens sont enlevés par des groupes islamistes en terre africaine, elle devrait plutôt s’interroger sur les causes. La présence sur le sur le sol africain, des sociétés néocolonialistes qui pillent nos ressources, et la seule cause. Ces groupes ne sauraient par conséquent être perçus comme des terroristes, ils défendent les intérêts de leurs pays menacés par le colonialisme français.
Nicolas SARKOZY qui, alors Ministre de l’Intérieur, qui a procédé à l’expulsion sans ménagement des Maliens et Sénégalais par charters entiers, ne peut valablement expliquer la présence de l’Armée française en terre africaine : c’est vouloir d’une chose et son contraire. Les Africains qui résident en France doivent s’intégrer, mais cette condition n’est pas exigée aux Français vivant dans nos pays. C’est aux ressortissants des civilisations inférieures de s’adapter à la civilisation supérieure. Voilà le sens que les Français donnent aux principes de droits de l’homme.
C’est évidemment pour s’être fixé comme mission de redonner aux Ivoiriens et aux Africains leur dignité, de proclamer à haute et intelligible voix que :Mieux vaut une chaumière où l’ont rit plutôt qu’un palais où l’on pleure, que la France notamment a condamné Laurent GBAGBO à mort, pour lui préférer Alassane Dramane OUATTARA valet de nos exploiteurs.
Alors qu’il a hurlé tout au long de sa campagne qu’une fois élu Président de la République, il nommerait comme Premier Ministre un membre du PDCI, voilà qu’il choisit Guillaume SORO à cette fonction. Ainsi, un Président et un Premier Ministre du Nord, Monsieur Henri Konan BEDIE devrait d’ores et déjà en tirer les leçons et comprendre la nature réelle de celui qu’il a choisi de soutenir contre toute logique politique sensée et contre la volonté de sa base électorale qui refusé le report des voix.
Toute l’Afrique progressiste qui refuse la capitulation devant le néocolonialisme français et l’asservissement du continent aux instruments du capitalisme assassin qui sont l’ONU, le FMI, la Banque mondiale, la Francophonie alias Africaphobie, assure son soutien indéfectible à l’Ivoirien Laurent GBAGBO.
Les premiers résultats de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, qu'aucun camp ne conteste, donnent le président sortant Laurent Gbagbo et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara au coude à coude.Lire la suite l'article
Après dépouillement de plus de la moitié des suffrages exprimés (2,2 millions sur 4,2 millions), les deux hommes étaient crédités chacun de 35% des suffrages, selon un décompte effectué par Reuters et reposant sur les chiffres annoncés.
Si cette tendance se confirme, aucun candidat en lice dimanche n'obtiendra la majorité absolue et un second tour, a priori le 28 novembre, sera nécessaire pour départager les deux candidats arrivés en tête.
Henri Konan Bédié, troisième candidat important, serait troisième avec 27% des voix dans ce scrutin qui doit permettre de faire sortir le pays d'une impasse politique et militaire vieille de huit ans.
"Il n'y en a pas eu (de contestations), il n'y en aura pas", a déclaré Yacouba Bamba, porte-parole de la commission électorale, à l'antenne de Radio France Internationale (RFI).
Les autorités continuent de collecter les résultats des bureaux de vote d'Abidjan, la capitale économique du pays rassemblant un tiers des électeurs inscrits, a-t-il ajouté.
APPEL AU CALME
La commission devrait être en mesure d'annoncer des résultats nationaux avant la fin de la journée de mercredi, comme prévu, a-t-il assuré.
Tout en félicitant les Ivoiriens pour le déroulement du scrutin, maintes fois reporté depuis 2005, les observateurs de l'Union européenne ont prévenu que le retard mis à annoncer les résultats risquait de faire naître des soupçons.
Le chef d'état-major de l'armée ivoirienne, le général Philippe Mangou, a lancé mardi soir un appel au calme et exhorté la population à ne pas céder à la panique dans l'attente des résultats.
"Nous devons tous garder notre calme et notre sérénité pour attendre les résultats", a-t-il déclaré dans une allocution diffusée en boucle à la télévision.
Lors de précédents scrutins, l'annonce de résultats serrés a dégénéré en violences en Côte d'Ivoire mais les rues d'Abidjan étaient calmes mercredi.
Ce climat d'incertitude a tout de même conduit les exportateurs de cacao à suspendre leurs activités dans les ports du pays mardi. Plusieurs d'entre eux pensent cependant reprendre le travail jeudi si la situation reste calme.
Avec Tim Cocks et Loucoumane Coulibaly, Pierre Sérisier et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Gilles Trequesser
Le 1er novembre, date du 51ème anniversaire de la création de l’armée guinéenne, Mamadou Sow, professeur d’urologie au Cameroun, a bien voulu nous dire ce qu’il pense d’une armée républicaine dans un Etat démocratique.
La Lance: Quel regard portez-vous sur les événements du 28 septembre ?
Pr. Mamadou Sow : Je trouve regrettable que des événements d’une telle nature se produisent dans notre pays. Je pense que ces événements résultent du fait que depuis l’indépendance le 2 octobre 1958, il y a une façon de gouverner qui ne convient pas à une partie de la population. Ces événements, à mon avis, n’étaient pas dirigés contre une personne ou une ethnie, mais c’est la manifestation d’un ras- le-bol de la population contre la façon dont le pays est dirigé. Et ceci intéresse tout le monde. Tout le monde est interpellé par ces événements qui sont les résultats de la dérive morale et éthique qui s’est installé dans notre pays. Nous devons corriger cela, changer nos comportements chacun dans le domaine qui est le sien, pour améliorer notre vie.
Pensez-vous qu’on aurait pu éviter les tueries du 28 septembre ?
Si c’est seulement la police et la Gendarmerie qui avaient géré les choses, on aurait sûrement évité le pire. Il y a des officiers de ces corps qui ont bénéficié de formation pointue sur le maintien de l’ordre. On aurait pu mettre tout cela à profit pour éviter le carnage. L’armée n’a pas pour vocation de contrer une manifestation populaire. La première vocation de l’armée, c’est tirer. On ne devrait donc pas faire intervenir l’armée. La façon dont les gens ont été tués est ignoble. Le stade du 28 septembre est un terrain de football, qui est le symbole du «fair-play». Nous regrettons ces événements, nous les condamnons. Le problème n’est pas simplement le nombre de morts, mais il faudrait que de tels événements ne se reproduisent plus jamais. Il faut donc qu’il y ait un gouvernement qui rassemble, la bonne gouvernance, qui met en place les bases d’un développement socio-économique qui montre aux jeunes qu’il y a un avenir aussi bien dans le domaine éducatif, sanitaire que dans le domaine socioculturel.
Les sanctions vous semblent-elles être la solution de sortie de crise ?
Le problème de la Guinée est multiforme. Actuellement, c’est l’insécurité qui préoccupe dans la cité. L’armée est notre problème mais, c’est aussi la solution. Nous ne pouvons pas trouver une solution en dehors de notre armée, parce que quelle que soit l’autorité de transition qui sera mise en place, on aura besoin de l’armée. Quel que soit le président qui sera élu, il aura besoin d’une armée. Il faut donc réfléchir à une stratégie de reforme de l’armée. Nous avons au sein de cette armée des Officiers de grande valeur. Nous ne voyons pas le Capitaine Dadis comme un élément isolé, nous le voyons comme appartenant à un ensemble. S’il y a un problème au-delà de cet ensemble, la première des choses est de reformer l’armée. Les sanctions sont importantes, mais le problème de l’armée reviendra toujours. L’indiscipline, tout le monde le dit, se situe au niveau des soldats. Il appartient aux officiers de prendre leur responsabilité, discipliner les soldats, organiser notre armée pour en faire une armée disciplinée. La discipline est la principale force d’une armée.
Le Capitaine Dadis a dit qu’au sein de l’armée guinéenne, l’Officier supérieur est banalisé devant son subalterne. Comment les officiers peuvent-ils reformer l’armée dans ces conditions-là ?
Cela ne doit pas perdurer, nous lançons un appel aux officiers de l’armée, afin qu’ils trouvent une solution au désordre. Qu’ils prennent leur responsabilité pour discipliner ces soldats-là. Ce ne sont pas des soldats de l’Ecomog, de l’Union européenne ou des Etats-Unis qui vont venir mettre de l’ordre au sein de notre armée. Nous avons besoin d’une armée républicaine, disciplinée. C’est le garant de la stabilité de notre pays. Pour en revenir à la crise au sein de l’armée, elle-même, je dois dire que le Capitaine Dadis est très mal entouré. Ce sont des flagorneurs qui ne l’aiment pas. Ils ne peuvent pas l’aider à trouver la solution adéquate à nos problèmes. Il faudrait que le Capitaine Dadis se retourne vers l’armée, les Officiers supérieurs pour discuter. Je suis persuadé que s’il tient les Etats généraux de l’armée, il sortira une solution. C’est une priorité absolue avant les élections. Les élections doivent être le moment ultime d’une transition. Nous avons raté notre transition, il faut maintenant la reprendre. Etablir des priorités, les sérier, poser les bases d’un Etat moderne, démocratique avant d’aller aux élections. Le président Blaise Compaoré doit prendre en compte tous ces éléments dans sa médiation. Il doit chercher à savoir quels sont les vrais problèmes, trouver des solutions. Voilà à quoi il devrait s’atteler.
Pour les Forces vives, la non- candidature du Capitaine Dadis à la prochaine présidentielle n’est pas à négocier. C’est une évidence.
Dans l’intérêt de la Guinée, dans l’intérêt du Capitaine Dadis, il est souhaitable qu’il ne se porte pas candidat à ses élections. Il est un Guinéen, mais les personnes qui sont autour de lui et qui lui demandent de se présenter ne le font pas pour son intérêt, pas pour l’intérêt de la Guinée, elles le font pour leurs propres intérêts. L’intérêt du Capitaine Dadis est de ne pas se porter candidat à la prochaine présidentielle. Qu’il l’organise ou qu’un organe de transition l’organise, son intérêt est de ne pas se porter candidat.
L’insécurité bat son plein à Conakry et on accuse l’armée…
C’est pourquoi je parle des états généraux. L’armée est indexée alors qu’il pourrait s’agir de certains éléments incontrôlés de l’armée, qui agissent comme cela. Il faut éviter qu’il y ait une milice parallèle en Guinée. Tout le monde doit éviter l’introduction d’une milice dans le jeu politique actuelle. De même que l’introduction de mercenaires. Mais, pour éviter cela, il faudrait que l’armée se reprenne en main. On a vu l’exemple du Congo Brazzaville avec le Président Pascal Lissouba. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il avait estimé que l’armée était fidèle au président Denis Sassou Nguesso. Il a mis l’armée de côté. Il a cherché une milice autour de lui, et finalement le pays a basculé dans une guerre civile et par le départ du Pr. Pascal Lissouba. C’est un exemple dont nous devons fortement nous inspirer pour la sécurité, l’équilibre dans notre pays.
Propos recueillis par Abou Bakr LA LANCE: envoiyer par A Foulah Diallo pour radio-kankan
Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat
Source : LE MONDE | 21.10.09 | 10h38 • Mis à jour le 21.10.09 | 12h38
La cause vacillante de la démocratie en Afrique n'avait pas besoin de cela. A peine plus de six mois après avoir promis publiquement, à Niamey devant Nicolas Sarkozy, de quitter le pouvoir "la tête haute" en vertu de la Constitution, le président du Niger, Mamadou Tandja, a achevé, mardi 20 octobre, la mise à sac des institutions de son pays qui fait de lui un président omnipotent, à vie s'il le désire.
Les élections législatives organisées mardi étaient en effet destinées à renouveler les 113 députés du Parlement nigérien que le président avait dissous en mai parce qu'il s'opposait à son projet de réforme constitutionnelle. Dans la foulée, le chef de l'Etat avait convoqué les électeurs par décret pour leur faire entériner, le 4 août, la nouvelle Loi fondamentale qui supprime la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.
Grâce à ce tour de passe-passe, M. Tandja, au pouvoir depuis dix ans, s'est dispensé de l'élection présidentielle qui devait avoir lieu – sans lui – à la fin de 2009 et s'offre la possibilité d'un bail illimité à la tête de l'Etat. Parallèlement, il a multiplié les arrestations d'opposants politiques et au sein de la société civile.
Même si la participation semble avoir été minime pour ces législatives boycottées par l'opposition, le vote crée l'illusion d'une validation populaire. Mamadou Tandja ne justifie-t-il pas son acharnement par le souhait du peuple de le voir "achever les chantiers de développement" lancés dans le pays ?
Après Madagascar, la Mauritanie et la Guinée, le Niger s'ajoute à l'inquiétante liste des coups d'Etat militaires ou "constitutionnels" qui ont marqué l'année 2009 en Afrique francophone. Sans parler des élections contestées au Congo et au Gabon, ni de celles, retardées depuis cinq ans, en Côte d'Ivoire…
Le scénario en cours au Niger place Paris en première ligne, en raison de l'intérêt stratégique de ce pays pour l'industrie nucléaire française. "A chaque étape de son coup de force constitutionnel, Mamadou Tandja a cherché à mouiller la France", explique au "Monde" Marou Amadou, responsable du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques, poursuivi pour "provocation à la désobéissance".
VOLTE-FACE
Après avoir joué les bons élèves de la démocratie devant M. Sarkozy en mars, M. Tandja a saisi l'occasion, en mai, de la pose de la première pierre de la mine d'uranium géante d'Imouraren (Nord) dont la société française Areva a obtenu l'exploitation, pour faire volte-face. Il a alors annoncé son référendum constitutionnel devant Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, et Anne Lauvergeon, présidente d'Areva.
Paris assure que ses intérêts miniers ne pèsent en rien sur son attitude "puisque le contrat est déjà signé". Mais un haut diplomate reconnaît qu'"il est impossible de couper les ponts avec Tandja". Les opposants, eux, ont du mal à croire en la neutralité française. "Nous n'acceptons pas que la France ferme les yeux sur le vol de notre démocratie, contre le droit d'exploiter l'uranium, déclare M. Amadou. Comment Paris peut-il croire qu'un dictateur est capable d'assurer une stabilité à long terme ?"
Mais, dans la balance, entre la défense des droits de l'homme et celle des intérêts économiques, la Chine, qui a signé un gros contrat pétrolier avec le Niger et exploite déjà l'uranium, pèse en faveur des seconds.
De fait, les pressions internationales destinées à faire renoncer Mamadou Tandja restent modérées et, en tout cas, inefficaces. En juillet, Nicolas Sarkozy avait dénoncé le "dévoiement" de la Constitution. Mardi, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a "suspendu" le Niger "jusqu'à ce que la légalité constitutionnelle soit rétablie".
Mais, aux yeux de la communauté internationale, les massacres sanglants du 28 septembre à Conakry semblent avoir relativisé la gravité de la dérive politique, jusqu'à présent pacifique, que subissent les Nigériens.
Philippe Bernard
Article paru dans le journal le Monde l'édition du 22.10.09
Merci à Herviaux journaliste au monde qui une fois encore dans son blog nous montre un visage positif de l'Afrique. Ce reportage est preuve que l'Afrique a toutes les chances de d'avancer pourvu que l'on investisse dans l'humain surtout dans le paysan.L'espoir est une valeur dans laquelle l'Afrique doit investir.
Je vous recommande vivement d'aller faire un tour sur ce blog. 14 avril 2009
(Paris & Bamako) - Teriya Bugu (prononcez Teriyabougou),“la case de l’amitié” en bamanan, est un village pilote situé au bord du Bani, affluent du fleuve Niger, au Mali. Une utopie devenue réalité, commencée au début des années 1960, née d’une rencontre entre Lamine Samaké, pêcheur somono, et Bernard Verspieren, père blanc.
Aujourd’hui véritable oasis située en brousse, elle rassemble quelque 500 personnes, au milieu de plus de 200 000 arbres plantés au bord du Bani, bénéficiant d’une école, d’un dispensaire maternité, d’une bibliothèque, d’une coopérative d’achat, d’une ferme, d’un potager, de vergers, de ruches…
Et surtout, Teriya Bugu repose sur des principes de développement durable et équitable. Pour preuve ses installations fournissant de l’énergie fondées sur le biogaz, le solaire photovoltaïque et thermique, et son centre de tourisme solidaire. Un ensemble composé de 25 chambres et bungalows (climatisées ou ventilées), un dortoir, un restaurant proposant une cuisine faite principalement à base des produits issus du village et de ceux des environs, une piscine, une salle de conférence de 100 places, un musée… et même une piste d’aviation homologuée de 800 mètres de long pour petits appareils de 4 places (coordonnées GPS : N 13°12′22,8′’ - W 05°31′35,9′’)…
Toutes ces infrastructures permettent ainsi aux habitants de Teriya Bugu et des villages avoisinants d’améliorer sensiblement leurs conditions de vie et de participer activement à la sauvegarde de leur environnement. Au fil des années, Teriya Bugu est devenu un véritable outil de promotion et d’échange culturel, permettant aussi de lutter contre l’exode rural, voire les migrations économiques
Entré chez les pères blancs à 19 ans, en 1943, Bernard Verspieren fut un passionné d’agriculture. Il arriva au Soudan français, actuel Mali, en 1951, et ne le quitta plus. Il commença par créer des écoles d’agriculture pouvant accueillir des couples, initiative totalement inédite à l’époque. Après la grande sécheresse du Sahel de 1973 qui fut des milliers de morts, Bernard Verspieren créa Mali Aqua Viva, une association qui permit la plus importante campagne de forage de puits d’eau potable au Mali. Décédé en octobre 2003, sa grande oeuvre qui nécessita vingt années de travail demeure Teriya Bugu.
Mali / Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira
BAMAKO, Mali, 6 mars 2009/African Press Organization (APO)/ — Nous apprenons avec surprise et consternation l’incarcération à la prison centrale de Bamako de notre camarade Nouhoum Keita. Il a été interpellé après avoir dénoncé sur l’antenne d’une radio l’existence d’un passeport falsifié à son nom et sa décision de porter plainte contre X. De victime il se retrouve ainsi coupable (lire ci-dessous un petit résumé).
Journaliste à la radio associative Radio Kayira, membre de la Coalition des alternatives africaines, dette et développement (CAD Mali), militant infatigable pour les droits et la justice sociale, Nouhoum Keita est bien connu de nombre de nos associations (notamment de la plate-forme Dette & Développement qui regroupe 27 associations et syndicats français) avec lesquelles il a participé aux forums sociaux, aux manifestations contre les privatisations des services publics, pour l’annulation de la dette, contre les nouveaux accords économiques et commerciaux…
Cette arrestation se situe dans un contexte général de pressions et d’intimidations contre les mouvement sociaux au Mali. Et ce au moment même où la population malienne subit de plein fouet les conséquences des orientations libérales de son gouvernement (privatisation du chemin de fer, de la filière coton, expropriation des paysans de l’Office du Niger…).
La mobilisation sociale s’organise au Mali pour exiger sa libération avec le soutien de l’Union des journalistes du Mali. Un sitting a eu lieu hier devant le siège de la radio, une marche de protestation est prévue la semaine prochaine. Nous nous associons à ce mouvement et, avec lui, exigeons la libération immédiate et sans condition de Nouhoum Keita et l’éclaircissement rapide de cette affaire.
Il y a 3 heures BAMAKO (AFP) — Le président chinois Hu Jintao a entamé jeudi au Mali une tournée en Afrique, au cours de laquelle il devrait, en pleine crise économique mondiale, "offrir une nouvelle aide aux pays africains".
Avant le Sénégal, la Tanzanie et l'île Maurice, la visite de 24 heures du président chinois au Mali doit "renforcer les relations de coopération entre les deux pays et poser les jalons de futurs projets", selon l'ambassadeur de Chine à Bamako Zhang Guoquing.
Vaste pays de près de 14 millions d'habitants, le Mali est le troisième producteur d'or africain, derrière l'Afrique du Sud et le Ghana, et un des principaux exportateurs de coton. Des réserves en uranium ont récemment été découvertes dans le nord, en proie à une rébellion touareg.
Sur un continent de plus en plus courtisé pour les richesses de son sous-sol, encore largement inexploitées, Bamako est un fidèle allié de Pékin depuis l'indépendance en 1960 de cette ancienne colonie française.
Depuis 50 ans, tous les chefs d'Etat maliens ont fait le voyage de Pékin, le président Amadou Toumani Touré s'y étant rendu pour sa part au moins trois fois.
Lors de cette visite, les deux présidents procéderont à la pose de la première pierre du troisième pont de Bamako. La construction de cet ouvrage est entièrement financée par la Chine pour un montant global de plus de 20 milliards de francs CFA (30 millions d'euros).
Les deux dirigeants inaugureront un centre de prévention et de traitement du paludisme à l'hôpital de Kati (15 km de Bamako) dont la création a également été financée par la Chine. Le paludisme est, avec le sida, la maladie la plus mortelle en Afrique.
Selon M. Zhang Guoquing, "la coopération" entre Pékin et Bamako "concerne presque tous les domaines, notamment la santé, l'éducation, l'agriculture et la culture".
Avant le début de la tournée, Pékin avait affirmé que le président Hu allait "offrir une nouvelle aide aux pays africains" lors de son déplacement et proposer un renforcement de la coopération des pays en développement, face à la crise mondiale.
La Chine avait annoncé en 2006 son intention de doubler son aide à l'Afrique en trois ans, sans préciser les montants en jeu. "Je suis sûr que nous atteindrons ce but à la fin de l'année", a déclaré le 6 février le ministre adjoint des Affaires étrangères Zhai Jun.
Après le Mali, le président chinois poursuivra sa tournée avec le Sénégal. Pékin et Dakar ont rétabli leurs relations diplomatiques fin 2005, après un divorce de près de 10 ans dû à la reconnaissance de Taïwan par le Sénégal.
Mardi, le président sénégalais Abdoulaye Wade a qualifié d'"exemplaire" le partenariat avec la Chine.
Le Sénégal a récemment intensifié ses recherches pétrolières. Mais le pétrole lourd de Casamance (sud), où les réserves sont officiellement estimées à près d'un milliard de barils, n'a encore jamais été exploité en raison de contraintes techniques.
Le numéro un mondial de l'acier, le Franco-Indien ArcelorMittal, espère par ailleurs produire 25 millions de tonnes de minerai de fer par an dans sa mine du Sénégal, dont l'exploitation doit théoriquement démarrer en 2011. Mais la crise mondiale pourrait retarder le projet.
Sur le plan diplomatique, le Sénégal est très actif sur la scène africaine et a proposé sa médiation dans le conflit du Darfour (Soudan) et au Zimbabwe, deux pays alliés de Pékin.
Après l'Afrique de l'Ouest, le président chinois poursuivra sa tournée en Tanzanie et à Maurice.