31 janvier 2012

Afrique Centrale : Les défis du nouveau directeur de la BVMAC

 
 Afrique Centrale :

Les défis du nouveau directeur de la BVMAC

Le nouvel homme fort de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC)

s’appelle Pascal Houangni. En effet le gabonais a été nommé nouveau directeur

général de la Bourse sous-régionale, et aura pour mission d’une part de dynamiser

un marché languissant et d’autre part d’œuvrer au renforcement des relations entre

la place de Libreville et celle de Douala. M. Houangni qui prônait déjà depuis des années

que « seule une sous-région soudée pourrait mieux coopérer avec des marchés financiers

extérieurs et bénéficier des innovations technologiques », continuerait sûrement dans cette

logique d’unification. La question de la fusion des Bourses de Libreville et de Douala prendra

encore plus de poids avec la venue de Houangni qui n’est rien d’autre que l’un des précurseurs

de l’idée. Rappelons que les deux Bourses qui opèrent sur le même marché sous-régional

fonctionnent aujourd’hui sans grande synergie, bien que les pays où elles sont implantées

(Gabon et Cameroun) soient membres de la CEMAC, dont le but est avant tout de

promouvoir l’intégration sous-régionale. Mais en attendant que le nouveau directeur prenne

les rênes de l’institution boursière et se penche sur les deux défis à relever, sa nomination

doit être validée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF).

Après cette validation, le directeur présentera officiellement au mois de Mars prochain

son plan d’action et son budget à son conseil d’administration. Houangni peut-il réussir là où

ses prédécesseurs ont échoué ? Telle est la question qui revient incessamment depuis sa nomination.

Quoi qu’il en soit, le gabonais incarne l’espoir et l’avenir du secteur boursier de la sous région.

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26 janvier 2012

Réalisation d'un bélier hydraulique (expérimental mais parfaitement fonctionnel) par l'Université d'Orléans



Un bélier hydraulique est une pompe qui utilise l'énergie de l'eau pour remonter une certaine quantité d'eau bien plus haut que la hauteur du cours d'eau initial. 

C'est une pompe auto-alimentée qui pompe "gratuitement" environ 30% de l'eau qui la traverse.

schéma bélier hydraulique
Schéma de principe du montage, cliquez pour agrandir



Son principe est simple et un bélier est réalisable facilement grâce à des pièces de plomberie du commerce.

En savoir plus: bélier hydraulique, le pompage écologique

Voici la présentation d'un banc d'essai de bélier réalisé par un professeur de l'université d'Orléans. Vous pouvez discuter avec lui sur notre forum consacré à la fabrication d'un bélier hydraulique.

Vue générale et performances

Un réservoir d’une capacité de 10 litres est placé à la sortie de la colonne d’élévation (5.20 m).

Le temps mesuré pour remplir le réservoir est de 6 minutes, cette mesure ne prend pas en compte le temps d’amorçage du système.

Résultats :

- Volume restant dans le réservoir de « chute » : 72 litres
- Volume récupéré 10 litres
- Volume perdu 35 litres
- Efficacité : 10/35 = 28%

Pour une durée de fonctionnement de 1 heure nous aurons 100 litres récupérés… 

ballon bélier hydraulique

reservoir bélier hydraulique



Détails sur la réalisation de la soupape et du bélier

Une seule pièce est à modifier la crépine en laiton. On y ajoute une tige filtetée ayant une double fonction: guide à l'oscillation du clapet et réglage du délais de réouverture automatique de la soupape suivant la masse qu'on y applique (80 grammes dans le montage présenté ici). Cette masse va évidement être propre à chaque montage (pression/débit...)

pièces d'un bélier hydraulique
Pièces d'un bélier

réalisation du clapet
Réalisation du clapet du bélier: une crépine en laiton très légèrement modifiée.



Photos générales du montage

bélier hydraulique en fonctionnement
Bélier hydraulique assemblé et en fonctionnement



En savoir plus
Présentation du principe du bélier hydraulique
Vidéo d'un bélier en fonctionnement
suivi de l'étude et réalisation d'un bélier hydraulique

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25 janvier 2012

Le bélier a encore frappé

Une lecture qui pourrait servir en ce qui concerne la question de l'eau, je vous transmets un article que j'ai déniché sur un site écologique www.econologie.com

 

Le bélier a encore frappé

Article paru dans Sciences et Avenir en novembre 2003. Par David Larousserie.

Quelques passionnés ont sorti de l'oubli cette ingénieuse machine née avec la République, en 1792. Elle pourrait même connaître de beaux jours, car elle fonctionne non stop sans énergie.

Le bélier hydraulique n'est pas mort. Ce système de pompe à eau, inventé il y a plus de deux cents ans, reprend même du service, grâce à une entreprise française et à un petit groupe de lycéens. Il était temps ! Peu de gens en effet connaissent cette technologie rustique, économique, écologique et pourtant efficace, à moins d'être plombier et d'installer des systèmes antibélier pour protéger les canalisations. Ou d'avoir entendu, dans sa jeunesse, le poum-poum caractéristique de cette machine, au bord d'un ruisseau ou d'une source.

schéma de principe bélier hydraulique



Le principe du bélier repose sur la surpression créée lorsque le débit d'un liquide est soudainement interrompu, par exemple, lors de la fermeture rapide d'un robinet. L'onde de choc qui en découle est souvent violente et endommage les canalisations non protégées. L'industriel et inventeur Joseph de Montgolfier eu l'idée, en 1792, de détourner cet effet à bon escient. Après avoir fait voler des aérostats avec son frère Etienne, il dépose le brevet de cette pompe autonome et efficace et la nomme bélier, à cause du bruit et de la violence du coup. Une grosse cloche en fonte solidement fixée à un socle pour résister à la pression, deux clapets en bronze, deux arrivées d'eau et le tour est joué. Installée près d'une source ou d'une chute d'eau, la machine permet de monter le liquide jusqu'à plusieurs dizaines de mètres sans énergie autre que celle apportée par le courant (voir le schéma). Une fois lancée, elle ne s'arrête plus. Ou presque. Seule la baisse du débit entrant, le gel ou une impureté dans l'eau qui bloquerait les clapets met fin à ses coups de boutoirs réguliers.

phases de fonctionnement d'un bélier hydraulique



Le bélier est aussi inusable. Au château de la Ménardière (Deux-Sèvres), par exemple, un exemplaire de plus de 120 ans fonctionne encore, en ayant juste subi une légère restauration. L'invention des frères Montgolfier s'est répandue lentement et a connu son âge d'or entre 1870 et 1900. Les béliers de marque Bollée, Pilter, ou Mangin permettent alors d'arroser parcs, jardins et potagers. Les 200 hectares des jardins de la ville de Richelieu (Indre-et-Loire) sont, par exemple, toujours alimentés par un bélier qui transporte l'eau sur plus de 600 mètres. En 1876, les archives du principal fabricant, Bollée, en recensaient une centaine autour du département de l'Indre-et-Loire. Après la Seconde Guerre mondiale, les plans d'électrification et d'adduction d'eau mettent un coup d'arrêt à cette machine pourtant inusable.

En 1950, la France comptait une dizaine de fabricants. Il n'en reste plus qu'un aujourd'hui, la SARL Walton, à Bordeaux, spécialisée dans l'arrosage et le pompage. "En 1998, me refusant à arrêter ce que mon grand-père avait lancé en 1910, j'ai créé un site Internet pour parler du bélier hydraulique, dont nous ne vendions plus qu'une ou deux pièces par an. Au début, je n'avais installé que la reproduction d'un de nos modèles datant de 1936", se souvient Richard Walton, son directeur. Malgré la pauvreté du site, c'est le succès. La société vend aujourd'hui environ 50 béliers par an et compte 250 utilisateurs dans ses fichiers. Il y a les amoureux de l'objet qui optent pour le plus petit modèle. Des agriculteurs, du Limousin ou du Cantal, qui choisissent des modèles plus performants dont certains suffisent à l'alimentation en eau d'un troupeau de 100 têtes, soit environ un débit de 10 000 litres par jour. D'autres clients sont en Afrique, où les béliers Walton alimentent des villages de 600 à 1000 personnes ayant besoin d'un débit pouvant atteindre 40 000 litres par jour. "Pour ces pays, l'avantage est aussi qu'à la fontaine, l'eau coule en permanence, ce qui évite la stagnation du liquide et les risques de contamination", ajoute Richard Walton, qui a aussi des clients au Viêt Nam. L'absence d'alimentation externe et la maintenance aisée sont particulièrement adaptées aux pays en voie de développement.

photo de bélier hydraulique
Deux photos de béliers hydrauliques. A gauche, un modèle récent de la societé française Walton, la seule à encore commercialiser des béliers. A droit un modèle encore en fonctionnement après 50 ans.



Toutes proportions gardées, c'est un bélier qui a sauvé un village français au XIXe siècle. "S'il n'y avait pas eu, ce système, nos ancêtres n'auraient pu exploiter la pépinière qui a attiré des emplois et de la richesse", rappelle Gilbert Barbier, adjoint au maire de Saint-Appolinaire (Rhône), à 50 kilomètres de Lyon. Un siècle plus tard, Gilbert Barbier a voulu faire revivre le bélier de sa commune que beaucoup avaient oublié, et dont personne ne connaissait le fonctionnement. Profitant d'une journée portes ouvertes au lycée professionnel Jules-Verne de Tarare, à 15 kilomètres de là, Gilbert Barbier demande l'aide du proviseur. Ses élèves cherchaient alors un projet pour participer aux Olympiades de la physique, une compétition amicale entre différents lycées français, basée sur l'expérimentation. Laurent Buccini, Loïc Jacquemot, Adrien Rabany, Guillaume Rousset et Grégory Saint-Paul, avec leurs professeurs Mustapha Errami et Benjamin Topouzkhanian, se mettent au travail. Ils construisent leur propre bélier, et ça marche !
L'eau monte même jusqu'au sixième étage de leur lycée. Au concours, en février, à Paris, le jury, impressionné par ce système qui a "arrosé" les combles du palais de la Découverte, leur donne le Prix de la Société française de l'énergie nucléaire...

Nouvelle consécration, le 14 juin, avec la présentation au village de Saint-Appolinaire. La centaine d'habitants était présente pour voir l'eau monter jusqu'au clocher de l'église, à 17 mètres du sol, en tordant violemment les tuyaux en plastique à chaque coup de bélier. "Je suis content d'avoir sauvé cet objet et redonné de l'honneur à la formation professionnelle", témoigne Gilbert Barbier.

Les lycéens ont, depuis, obtenu leur bac professionnel avec mention, et le bélier communal alimente, non plus la pépinière, mais une réserve de 50 mètres cubes d'eau pour les pompiers.
Les lycéens se sont ensuite rendu à l'Exposcience de Moscou, en juillet, avec leur machine. Des professeurs ont discuté des heures durant avec eux, en russe et en anglais. Un Allemand a même voulu leur acheter le prototype !
"Nous avons préféré lui expliquer comment le fabriquer lui-même, témoigne Grégory Saint-Paul. C'est pas dur. C'est que du plaisir." "A chaque présentation, c'était la fête de la science", complète Mustapha Errami, l'un de ses professeurs.

Le bélier hydraulique résiste tout de même un peu à la science. Curieusement, son rendement exact n'a toujours pas été calculé. "Le bélier est impossible à mettre en équations. Cette machine n'aime pas les ingénieurs. C'est une machine de paysan fabriqué par un paysan pour d'autres paysans", résume, un rien provocateur, Richard Walton. Le bélier n'est pas mort, il pompe encore.

En savoir plus:
Plans de réalisation d'un bélier
Vidéo d'un bélier en fonctionnement
Fabrication d'un bélier hydraulique
Pompe bélier de la société Walton
Exemples de pompage pas béliers en Afrique

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20 janvier 2012

Les banques européennes nourrissent la volatilité des prix alimentaires et la faim (rapport)

Une info lue sur le site www.lafranceagricole.fr

Spéculation/Monde

Les banques européennes nourrissent la volatilité des prix alimentaires et la faim (rapport)

Publié le vendredi 20 janvier 2012 - 10h25

Les Amis de la Terre Europe ont publié le 19 janvier un rapport dans lequel ils démontrent que la spéculation sur les prix des matières premières et le financement d'acquisitions de foncier dans les pays pauvres accroissent la faim dans le monde et la pauvreté.

 

Le rapport (« Récolter l'argent : comment les banques européennes et la finance privée profitent de la spéculation alimentaire et de l'accaparement des terres ») analyse les activités de 29 banques, compagnies d'assurance et fonds de pension européens, incluant les établissements français Crédit Agricole, BNP Paribas, AXA et Société Générale.

 

« En spéculant sur les prix alimentaires et avec les terres, ils jouent avec la vie des populations et en retirent d'énormes profits, dénonce Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre France. La spéculation alimentaire et le financement de l'accaparement des terres mènent tout droit à une instabilité catastrophique des prix des denrées alimentaires, plongeant des millions de personnes dans la pauvreté et la faim ».

 

Le rapport recommande une série de mesures pour réguler les marchés financiers européens et resserrer les politiques concernant les services financiers et les investissements dans les produits dérivés de matières premières alimentaires et les transactions de terres agricoles.

 

Pour Yann Louvel, référent de la campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre France, « Les politiques doivent intervenir et mettre fin à la spéculation excessive et nuisible ». L'association demande aussi aux institutions financières de se responsabiliser en recherchant, rendant public et réduisant leur implication.

 

Télécharger le rapport (en anglais) "Récolter l'argent : comment les banques européennes et la finance privée profitent de la spéculation alimentaire et de l'accaparement des terres" publié par les Amis de la Terre Europe.

A.De.

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07 janvier 2012

Au Nigeria, "Boko Haram fait tout pour qu'il y ait un début de guerre civile"

 

Selon le monde.fr 

Au Nigeria, "Boko Haram fait tout pour qu'il y ait un début de guerre civile"
Benjamin Augé, chercheur associé à l'IFRI | LEMONDE.FR | 06.01.12 | 17h08 • Mis à jour le 07.01.12 | 09h22

Des voitures en feu après l'un des attentats revendiqués par Boko Haram contre l'Eglise catholique de Madalla non loin de la capitale fédérale Abuja, le 25 décembre dernier. SOTUNDE
Les attentats visant la population chrétienne se succèdent au Nigeria. Des hommes armés ont tué dix-sept personnes dans le nord-est du pays, vendredi 6 janvier. La tuerie a eu lieu lors des funérailles des cinq personnes tuées, jeudi, lors d'une attaque contre une église.
Elles interviennent juste après l'expiration d'un ultimatum fixé par un porte-parole de la secte islamiste Boko Haram aux chrétiens pour qu'ils quittent le Nord majoritairement musulman du pays. Benjamin Augé, chercheur associé au programme Afrique de l'Institut français des relations internationales (IFRI), analyse les raisons politiques, économiques et religieuses de ce regain de violences.
Pourquoi les violences religieuses ressurgissent au Nigeria ?
Il y a plusieurs raisons. En premier lieu, une évidente radicalisation de l'islam dans le nord du pays. Certains Etats du Nord ont en effet adopté officiellement la charia entre 1999 et 2001, mais dans les faits celle-ci n'est pas appliquée aussi strictement que les islamistes le voudraient. Il y a donc des revendications religieuses. Mais il faut souligner par ailleurs que le président actuel, Goodluck Jonathan (président depuis mai 2010 après la mort du président Umaru Yar'Adua et élu en avril 2011), est chrétien et vient de la région du Delta où se trouvent les principales régions pétrolières.
C'est une première dans l'histoire de ce pays où le pétrole est la principale ressource financière (en 2010, il a rapporté 60 milliards de dollars au gouvernement d'Abuja). Sur la part de ces revenus qui reviennent à l'Etat fédéral, 13 % sont redistribués aux neuf Etats pétroliers. Pour le reste, c'est l'état fédéral qui décide des répartitions. Or historiquement, le Nord a toujours été déshérité, il y a donc une forte demande de rééquilibrage économique qui est instrumentalisé par un noyau d'extrémistes religieux.
En outre, les militants du Sud qui ont lutté, armes à la main, via le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND) à partir de 2006 contre l'Etat fédéral, ont obtenu des contreparties. 26 000 d'entre eux bénéficient grâce à la loi d'amnistie de 2009 d'un revenu mensuel de 400 dollars et d'un accès privilégié à des formations professionnelles. Cela a renforcé encore un peu plus le sentiment d'injustice chez les nordistes. Boko Haram applique en fait une stratégie miroir en semant la terreur, comme le MEND l'a fait, pour rééquilibrer la situation économique du pays. Un chemin que les militants du Sud refusent catégoriquement.
Cela signifie-t-il que Boko Haram rencontre une forte audience dans le Nord ?
Dans les pratiques violentes du mouvement, non. Si les chrétiens sont principalement visés, des musulmans sont également victimes des attentats aveugles. Mais la secte croît sur le terreau d'une situation économique défavorable. Même si les leaders mettent en avant le conflit religieux, ils peuvent aisément fédérer leurs militants sur cette question de pauvreté et d'abandon d'Abuja. Boko Haram fait tout pour qu'il y ait un début de guerre civile et pousser Goodluck Jonathan à négocier une nouvelle répartition des revenus de l'Etat principalement basés sur le pétrole.
Par ailleurs, le président a pris la décision début janvier de supprimer les subventions des prix du carburant. Une mesure très impopulaire qui a fait passer les prix à la pompe de 30 à 90 centimes de dollar le litre. Dans le contexte actuel, c'est le pire moment pour lancer cette réforme très probablement soufflée par la Banque mondiale.
Certains assurent que des hommes politiques du Nord soutiennent Boko Haram. Est-ce crédible ?
Oui, c'est très probable qu'une partie des élites du Nord financent, soutiennent ou à minima ne condamnent pas cette violence terroriste. Certains membres du Parti démocratique populaire (PDP), le parti des trois derniers présidents, ne souhaitaient pas voir Goodluck Jonathan, lui-même membre du PDP, accéder à la présidence. Cela tient à une raison historique qui veut que traditionnellement le poste soit attribué alternativement à une personnalité politique du Nord puis du Sud. Or Jonathan, du Sud, est arrivé au pouvoir à la faveur du décès de Yar'Adua, du Nord, qui n'a donc pas pu finir son mandat. Certains au sein du PDP ont estimé que la présidence devait donc revenir à un homme politique du Nord.
Quelles peuvent être les clés d'une sortie de crise ?
Pour Jonathan, il s'agirait d'entrer dans des négociations directes avec Boko Haram. Le gouvernement a envoyé ses forces spéciales, la Joint Task Force, pour mater la secte islamiste. La réponse du pouvoir a été elle aussi très violente. Mais c'est une façon de vouloir résoudre le problème uniquement par la voie militaire. Jonathan peut par ailleurs compter sur le soutien d'un certain nombre de pays occidentaux comme la France ou les Etats-Unis. Il a été mieux élu que ses prédécesseurs et a beaucoup contribué au départ de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, ce qui lui confère une grande légitimité aux yeux des Occidentaux.
Qu'en est-il des liens de Boko Haram avec d'autres groupes islamistes radicaux ?
Il est pour l'instant très difficile d'établir la réalité des liens de Boko Haram avec Al-Qaida au Maghreb islamique ou les shebabs en Somalie. Si ces violences m'apparaissent avant tout comme relevant de problèmes politiques et économiques nationaux, les Etats-Unis par exemple envisagent le cas de Boko Haram principalement comme un mouvement terroriste à tendance religieuse et à visées régionales. Le dernier rapport du Congrès (en pdf) sur la secte rendu public en décembre et décrivant Boko Haram comme une menace émergente pour les intérêts du Nigeria et des Américains montre bien cette inquiétude.


Propos recueillis par Simon Piel

 

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