19 avril 2010

Décès de Sotigui Kouyaté, comédien fétiche de Peter Brook

Décès de Sotigui Kouyaté, comédien fétiche de Peter Brook

Ouagadougou, le 17 avril 2010 Le Service d’information du gouvernement

Le gouvernement a appris avec consternation le 17 avril 2010, le décès à l’âge de 74 ans, de Sotigui Kouyaté. Comédien et dramaturge de talent, il a porté haut le flambeau du théâtre et du cinéma africains et mondiaux.

Le comédien Sotigui Kouyaté recevait l'Ours d'argent du meilleur acteur au 59e Festival international du film de Berlin, en février 2009.

(Photo : Reuters)

Au chapitre des films dont l’histoire retiendra l’image de l’homme, figurent notamment « Femmes, voiture, villas, argent », « Wendemi », « Sya le rêve du python », « Black mic mac », « Little Sénégal ». Il a en outre, collaboré durant plusieurs années avec le grand dramaturge anglais, Peter Brook, dans certaines de ses oeuvres mondialement connues dont la célèbre pièce Mahabharata.

En 2009, il a reçu l’Ours d’argent du meilleur acteur au Festival de Berlin pour le film "London river" de Rachid Bouchareb ; il a été élevé au rang d’officier de l’Ordre du mérite des arts et des lettres burkinabè avec agrafe cinéma, à l’occasion du 40e anniversaire du FESPACO pour l’ensemble de sa carrière.

Le gouvernement rend hommage à ce grand homme et sage africain du monde de la culture et présente à sa famille, à la famille du cinéma et du théâtre africain, ses condoléances les plus attristées

Ouagadougou, le 17 avril 2010 Le Service d’information du gouvernement

AFP

L'acteur est décédé à 18H30 locales (16H30 GMT) au Centre hospitalier Georges Pompidou, a indiqué à l'AFP le ministre de la Culture du Burkina Faso Filippe Sawadogo, déplorant "une grande perte pour le cinéma et le théâtre dans le monde, en Afrique et au Burkina Faso".

Récompensé par l'Ours d'argent 2009 du meilleur acteur dans "London river" du Franco-Algérien Rachid Bouchareb, Sotigui Kouyaté, installé en France et en Suisse, était l'un des grands acteurs africains contemporains et grands promoteurs du cinéma malien et burkinabè.

Né en 1936 à Bamako, Sotigui Kouyaté avait d'abord été joueur de football professionnel et sélectionné deux fois en équipe nationale. Il s'est orienté ensuite vers l'enseignement puis la comédie et, en 1966, il a monté sur place sa propre compagnie de théâtre populaire. Après plusieurs films burkinabès, notamment de Mustapha Diop, Sotigui Kouyaté a été à l'affiche en 1986 de "Black Mic Mac", comédie du Français Thomas Gilou.

L'année précédente, Peter Brook, dont il deviendra le comédien fétiche, lui confie un premier rôle au théâtre dans "Mahabharata", puis "La Tempête", "L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau", "Qui est là", "Antigone", 'Hamlet", "Le Costume" et "Tierno Bokar"...

Avec sa longue et noble silhouette et son visage de sage, Sotigui Kouyaté a également marqué au cinéma dans "IP5" de Jean-Jacques Beineix avec Yves Montand, "Tombés du ciel" de Philippe Lioret, "Le Maître des éléphants", de Patrick Grandperret, "La Genèse" d'Oumar Sissoko, "Little Senegal" de Rachid Bouchareb.

"Je suis guinéen d'origine, malien de naissance et burkinabè d'adoption. Je ne suis passé par aucune école de théâtre, si ce n'est la grande école de la rue, de la vie", confiait l'acteur.

© 2010 AFP

Hommages à Sotigui Kouyaté

Blaise Compaoré, Chef de l’Etat (AFP)

"C'est l'un des hommes qui ont magnifié la culture et le cinéma africains", a-t-il salué, présentant ses condoléances "au nom du président du (Burkina) Faso (Blaise Compaoré), du gouvernement et du peuple burkinabè à la famille de l'illustre disparu et au monde du théâtre et du cinéma".

Filippe Savadogo, Ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication (AFP)

"Sotigui est l'un des plus grands sages de la culture qui ont apporté la renaissance aux arts vivants en Afrique", a estimé le ministre burkinabè, ancien délégué général du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

Frédéric Mitterrand (Le JDD)

Frédéric Mitterrand a rendu hommage lundi à Sotigui Kouyaté, comédien malien décédé samedi à Paris à l'âge de 74 ans. "Sotigui Kouyaté nous a quittés un peu plus d’un an après avoir reçu une consécration très méritée au Festival de Berlin, avec l’ours d’argent du meilleur acteur pour sa bouleversante présence dans London River de Rachid Bouchareb", rappelle le ministre de la Culture dans un communiqué. "Pour nous tous, cet homme riche d'une histoire individuelle très originale incarnait l’âme et l’humanité de l’Afrique, dont il était un magnifique ambassadeur. (...) Sa silhouette immense et fragile à la fois, son regard expressif et lumineux, sa voix calme au timbre et à l’accent si particuliers nous manqueront. Je m’associe à la peine de sa famille et notamment de ses fils, les artistes Dany et Hassane Kassi Kouyaté", conclut le texte.

Gaston Kaboré, réalisateur (AFP)

Le cinéaste burkinabè Gaston Kaboré (primé au Fespaco 1997 pour son film "Buud Yam") a rendu hommage à "un homme extraordinaire, un géant de la comédie". "Il part en emportant beaucoup d'énergie. (...) Il y a un grand séisme dans le monde du cinéma et du théâtre de l'Afrique et du monde avec la perte de cet homme qui a joué dans les plus grands théâtres du monde. Je dirais tout simplement: immense talent, immense culture, une grande figure".

Idrissa Ouédraogo, réalisateur (AFP)

Un autre cinéaste du Burkina, Idrissa Ouédraogo (grand prix du jury à Cannes en 1990 pour son film "Tilaï"), a évoqué "un père" et "un grand homme". "De toute façon il survivra, parce qu'il est dans beaucoup de films, c'est un exemple et les exemples restent toujours. Un homme qui quitte le Burkina, qui va en France, qui réussit et qui est admiré du monde entier, c'est un exemple de courage, de combativité et tout ça c'est du Sotigui".

Abderahmane Sissako, réalisateur mauritanien (RFI)

Sotigui, c'était un "sage" dans la famille du cinéma africain.

Abdoulaye Dao, réalisateur (Sidwaya)

Le Burkina a perdu un ambassadeur, un homme vraiment extraordinaire, un monument au plan social, au plan culturel. Sotigui Kouyaté était ce qu’on dit "famille". Lorsque vous vous approchiez de lui, vous deveniez tout de suite son "fils". Le Burkina tout entier doit un hommage à cet homme qui avait une dimension internationale. »

Christian Richard Cinéaste, ancien enseignant à l'Institut africain d'éducation cinématographique à Ouagadougou (RFI)

C'était un être merveilleux : il attirait les gens, parce qu'il avait une figure, parce qu'il avait une intelligence, une façon de percevoir les choses.

Prosper Kompaoré, directeur de l’Atelier théâtrale burkinabè (Sidwaya)

"La disparition de Sotigui Kouyaté constitue une grande perte pour tout le monde du spectacle particulièrement du théâtre et du cinéma au Burkina Faso et en Afrique.C’est l’un de ceux qui ont été au départ du théâtre burkinabè au lendemain des indépendances et qui a permis à beaucoup de personnes de découvrir le théâtre. Nous le reconnaissons comme étant notre doyen, notre père. Nous avons un sentiment de reconnaissance. Dieu faisant bien les choses, ces enfants perpétuent son action au cinéma et dans les arts du spectacle.

Martine Aubry (AFP)

La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a déclaré dimanche avoir appris "avec une profonde tristesse" la mort la veille à Paris du comédien burkinabé Sotigui Kouyaté, acteur au cinéma et au théâtre dans de nombreuses pièces de Peter Brook. "Avec (sa) mort, après les disparitions récentes de Samba Félix N'Diaye, grand réalisateur de documentaires et Mahama Johnson Traoré réalisateur et créateur du festival Fespaco, le cinéma africain est une nouvelle fois endeuillé", écrit-elle dans un communiqué. "Sotigui Kouyaté voulait que l'on connaisse l'Afrique dans toute sa diversité et sa richesse culturelle. Par son talent, il a justement permis que nos regards se tournent davantage vers ce continent. Je veux donc, en particulier, saluer le rôle décisif de trait d'union qu'il a joué entre la France et les cultures d'Afrique", ajoute la maire de Lille.

Liens internet Sotigui Kouyaté (Youtube) http://www.youtube.com/results?search_query=Sotigui+Kouyat%C3%A9&aq=f

Filmographie (Wikipédia)

• 1972 : FVVA : Femme, villa, voiture, argent de Mustapha Alassane.

• 1973 : Toula ou le génie des eaux de Mustapha Alassane.

• 1983 : Le Médecin de Gafiré de Mustapha Diop.

1983 : "Le Courage des Autres" prod Cinafric. Réalisation Christian Richard.

• 1986 : Black Mic Mac de Thomas Gilou avec Jacques Villeret, Isaac de Bankolé, Félicité Wouassi, Daniel Russo , Houdia Seye, Sidy Lamine Diarra, Cheik Doukouré, Mohamed Camara, Lydia Ewandé, Math Samba, Rémi Laurent, Amara Soumah et Pascal Légitimus.

• 1988 : Le Mahâbhârata de Peter Brook.

• 1991 : IP5 - L'île aux pachydermes de Jean-Jacques Beineix avec Yves Montand, Olivier Martinez, Sekkou Sall, Géraldine Pailhas.

• 1992 : Golem , l'esprit de l' exil d’Amos Gitai avec Hanna Schygulla, Vittorio Mezzogiorno, Ophrah Shemesh, Samuel Fuller, Muriel Perrier, Fabienne Babe, Bernardo Bertolucci et Philippe Garrel.

• 1994 : Tombés du ciel de Philippe Lioret

• 1995 : Le Maître des éléphants de Patrick Grandperret, avec Erwan Baynaud et Jacques Dutronc.

• 1997 : Keita, l'héritage du Griot de Dani Kouyaté, avec Hamed Dicko et Seydou Boro.

• 1999 : La Genèse de Cheick Oumar Sissoko avec Jean-Louis Sagot-Duvauroux, Salif Keïta, Balla Moussa Keïta, Fatoumata Diawara, Maïmoura Hélène Diarra, Fatoumata Coulibary, Habib Dembélé, Magma Coulibaly et Oumar Mamory Keïta.

• 2001 : Little Senegal de Rachid Bouchareb avec Roschdy Zem, Sharon Hope Ida, Karim Traoré Hassan, Adetoro Makinde Amaralis et Adja Diarra Biram.

• 2002 : Sia - Le rêve du python de Dani Kouyaté avec Hamadoun Kassoqué, Fatoumata Diawara et Habib Dembélé.

• 2003 : Dirty Pretty Things de Stephen Frears.

• 2004 : Génésis de Marie Perennou et Claude Nuridsany.

• 2005 : L'Annulaire de Diane Bertrand.

• 2008 : London River de Rachid Bouchareb

Théâtre (acteur) (Wikipédia)

• 1985 : Mahabharata, mis en scène par Peter Brook

• 1990 : La Tempête, mis en scène par Peter Brook

• 1993 : L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau mis en scène par Peter Brook, d'après l'oeuvre d'Oliver Sacks

• 1996 : Qui est là, mis en scène par Peter Brook

• 1999 : Antigone, de Sophocle, mis en scène par Peter Brook, avec le Mandéka Théâtre de Bamako

• 2000 : Hamlet, de William Shakespeare, mis en scène par Peter

• 2000 : Le Costume de Can Themba, adapté par Mothobi Muloaste, mis en scène par Peter Brook

• 2003 : La Tragédie d'Hamlet, de William Shakespeare, traduit par Marie-Hélène Estienne et Jean-Claude Carrière, mis en scène par Peter Brook

• 2004 : Tierno Bokar, mis en scène par Peter Brook d'après Vie et l’Enseignement de Tierno Bokar, roman de Amadou Hampâté Bâ (Tierno Bokar)

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AFRIQUE DU SUD: Boire le brouillard

AFRIQUE DU SUD: Boire le brouillard

Photo: Duncan Evans/Cloud Water Concepts 
Une bonne vieille technologie, datant d’il y a un siècle, permet d’obtenir de l’eau salubre à moindre coût

JOHANNESBURG, 15 avril 2010 (IRIN) - Gcinikaya Mpumza, maire d’une petite municipalité perchée sur les hauteurs du Drakensberg, un massif montagneux d’Afrique du Sud, s’est trouvé confronté à un problème de taille : plus de la moitié de ses administrés n’avaient pas accès à l’eau. Pour des raisons financières. 

« Nous sommes une municipalité rurale aux revenus insuffisants, et fournir de l’eau selon des systèmes conventionnels [eau courante] coûte beaucoup d’argent dans la plupart des zones », a-t-il dit à IRIN. 

Et puis un jour, M. Mpumza est tombé par hasard sur un article traitant du captage de l'eau de brouillard, publié par le professeur Jana Olivier, climatologue à la School of Agriculture and Environmental Sciences de l’Université d’Afrique du Sud. 

Le professeur Olivier a passé 20 ans à mener des recherches sur le captage de l’eau de brouillard, une pratique qui, après avoir vu le jour en Afrique du Sud, en 1901, est désormais employée dans de nombreuses régions montagneuses de par le monde, a-t-elle dit. 

La procédure est simple : un filet à mailles fines est tendu entre deux poteaux, perpendiculairement à la direction du vent, afin de piéger et de condenser les gouttelettes d’eau qui proviennent du brouillard. L’eau coule ensuite dans une gouttière ou un conduit situé au bas du panneau, où elle est recueillie et stockée. 

M. Mpumza a contacté le professeur Olivier. En mars 2010, la municipalité a consacré un budget de 300 000 rands (environ 41 000 dollars) au lancement d’un projet en partenariat avec l’université, et les 180 habitants du village de Cabazane ont désormais accès à 40 000 litres d’eau salubre obtenus par captage de brouillard et stockés dans des réservoirs ; ils ne sont ainsi plus obligés de parcourir deux kilomètres à pied pour se rendre au ruisseau le plus proche. 

Encouragé par les résultats du projet de Cabazane, M. Mpumza a budgétisé un million de rands (environ 137 300 dollars), a-t-il expliqué, pour que quatre autres villages et une ville de la municipalité dont il est le maire puissent également bénéficier du captage de brouillard. Un système conventionnel de canalisations d’eau aurait coûté au moins 40 millions de rands (environ 5,4 millions de dollars). 

« Environ 98 pour cent de notre eau est déjà affectée, ce qui ne nous laisse que deux pour cent de marge de manœuvre »

L’Afrique du Sud a accompli de formidables avancées dans le domaine de l’approvisionnement en eau depuis 1994 : à l’époque, seuls 61,7 pour cent des ménages avaient accès à des services élémentaires d’approvisionnement en eau, selon le site Internet du gouvernement ; 87,2 pour cent des ménages y avaient accès en 2007. 

Un avenir sombre 

Mais y aura-t-il assez d’eau à l’avenir ? L’Afrique du Sud est un pays semi-aride, où les précipitations « sont disproportionnellement réparties dans l’ensemble du pays » : elles sont bien plus faibles dans le nord et l’ouest que dans le sud et l’est. « La quantité d’eau à disposition aujourd’hui et à l’avenir dépend largement du climat, de l’usage de l’eau, et des pratiques de gestion et d’exploitation des terres », peut-on lire sur le site web. 

Wandile Nomquphu est directeur de recherches à la Commission de recherche sur l’eau, formée en 1971 après une période de graves pénuries pour examiner la qualité et la quantité des ressources du pays en eau ; selon lui, la situation est peu réjouissante. 

L’Afrique du Sud compte parmi les 30 principaux pays du monde où les ressources en eau sont rares, et 60 pour cent de son territoire est semi-aride. « Environ 98 pour cent de notre eau est déjà allouée, ce qui ne nous laisse que deux pour cent de marge de manœuvre », a-t-il commenté. 

En outre, le pays n’a pas assez de ressources en eau pour attirer les investissements industriels dont il aurait besoin pour produire le taux de croissance économique de six pour cent nécessaire pour réduire le chômage. Sur son site Internet, le gouvernement note que « l’eau douce est la plus restrictive de nos ressources naturelles ». 

L’une des principales sociétés industrielles du pays consomme autant d’eau que la ville du Cap, qui compte environ quatre millions d’habitants, a noté M. Nomquphu. 

Pour faire face au problème, le gouvernement envisage d’exploiter les eaux de l’Umzimvubu dans la province du Cap-Oriental, le seul fleuve d’Afrique du Sud n’ayant pas encore été équipé d'un barrage, a dit M. Nomquphu, notant que « les sources d’eau alternatives, telles que le brouillard, ont un gros potentiel ». L’Afrique du Sud n’a pas encore mené de recherches pour déterminer la quantité d’eau souterraine dont elle dispose, mais « nous espérons bientôt cartographier ces ressources ». 

Les prévisions relatives au changement climatique laissent présager un avenir peu brillant et sans eau pour l’Afrique du Sud. « Mais ces prédictions reposent sur des modèles globaux », a noté M. Nomquphu. « Nous ne savons pas dans quelle mesure ces prévisions sont exactes, car elles n’ont pas été adaptées à l’échelle des pays ou des régions ». 

jk/he/nh/ail


Thèmes: (IRIN) Environnement, (IRIN) Eau et Assainissement 

[FIN]

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

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16 avril 2010

TOGO: LE TEMPS DES « BAVURES »

TOGO: LE TEMPS DES « BAVURES »

 

 

Le mercredi 14 avril 2010, la veillée de prières et de chants organisée au siège de l'Ufc par le Frac et ses alliés a été empêchée par des éléments de la gendarmerie nationale togolaise.

 

Dès 16:00, le siège de l'Ufc et ses environs ont été bouclés par un dispositif musclé, fort de plusieurs centaines de gendarmes casqués.

Quelques instants plus tard, les gendarmes ont fait irruption dans les locaux du parti. Ils ont littéralement saccagé tout ce qui était à leur portée et emporté tout le matériel informatique, une dizaine de téléphones fixes, cinq ventilateurs ainsi que tout le matériel de confection des cartes d'adhésion, des milliers de cartes de membres. Ils ont fait main basse sur une somme d'argent de 22 millions et cinq cents mille cfa(environ 34 000 euros), répartis dans des enveloppes et destinés à être distribués dès le lendemain matin aux fédérations  pour l'organisation de la grande marche du samedi 17 avril prochain.

 

Dans les environs du siège de l'Ufc, bouclés par la gendarmerie, il y a eu des échauffourées entre les gendarmes et les jeunes militants présents là.

Une centaine de personnes se trouvant sur les lieux, en majorité des femmes, ont été arrêtées, bastonnées, menottées et emmenées à la gendarmerie.

 

Lors de ces interpellations musclées et ensuite dans les locaux de la gendarmerie, plusieurs femmes

ont subi des violences inqualifiables: attouchements, viols et autres traitements inhumains et dégradants.

Le Frac condamne, avec la plus grande fermeté, l'arbitraire et la violence gratuite dont ses militants et sympathisants ainsi que les paisibles populations de Lomé ont été victimes à l'occasion d'une simple veillée de prière et de recueillement.

Le Frac mettra  tout en œuvre pour que justice soit rendue aux victimes de viols et de traitements dégradants et que soient punis ceux qui se sont rendus coupables de tels actes.

 

Le Frac appelle à se mobiliser:

 

Ø       la population de Lomé et de l'ensemble du pays qui doit se mobiliser encore davantage pour participer massivement à la marche du samedi 17 avril prochain

Ø      les Togolais de la diaspora dans le monde entier à relayer par tous les moyens possibles le combat de leurs frères et sœurs restés au pays

Ø      tous les démocrates et militants des droits humains à soutenir le peuple togolais exsangue de 43 longues années de dictature, d'injustice et d'impunité

 

 

 

                                                                                                 Kofi Yamgnane

                                                                                                 Porte parole du Frac

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15 avril 2010

Les toilettes, un « luxe » inaccessible dans certaines régions du monde

Les toilettes, un « luxe » inaccessible dans certaines régions du monde

En 2008, près de 40% de la population mondiale était encore privée d’accès à un système d’assainissement de bonne qualité. Les efforts de l’OMS et de l’UNICEF, engagées dans un Programme conjoint de Suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, commencent malgré tout à porter leurs fruits : la partie de la population mondiale qui en est réduite à satisfaire ses « besoins naturels » à ciel ouvert n’est   « plus que de » 17%, contre 25% en 1990.

 

Plus d’un milliard de femmes et d’hommes dans le monde vont à la selle en pleine nature. Si cette pratique, la moins hygiénique de toutes, est en déclin général, elle reste très ancrée en Asie du Sud Est. Les toilettes improvisées y sont le lot de 44% de la population. 

 

Sept fois sur dix, les zones rurales sont affectées par ce défaut de systèmes d’assainissement. L’accès à un « assainissement amélioré » est loin de se généraliser aussi rapidement que l’accès à l’eau potable – à laquelle 87% de la population accède aujourd’hui.  Si sur ce point, les Objectifs du Millénaire pour le Développement seront atteints à l’échéance 2015, l’OMS convient que ce ne sera probablement pas le cas pour l’assainissement, où le seuil du milliard de nouveaux raccordements paraît illusoire.

 

Or ces problèmes – mauvaise qualité de l’eau et défaut de circuits d’assainissement - coûtent chaque année la vie à 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans.

 

Ils relèvent à l’évidence, d’une réflexion globale. Pourquoi ne pas envisager la transformation de ces déchets en combustible ? Une voie intéressante qui offrirait des ressources énergétiques supplémentaires, dans des zones souvent frappées par la plus extrême pauvreté. Au Tibet comme en Inde, les excréments animaux sont d’ailleurs fréquemment utilisés dans les cheminées à la place du bois…

www.destinationsant e.com

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10 avril 2010

Aidez-vous, aidez l'Afrique!"

Interview

 Afrique  3 Avril 2010  |  Mise à jour le 9 Avril 2010

Bob Geldof: "Aidez-vous, aidez l'Afrique!"

 

Le chanteur, militant du développement, accuse la France de ne pas être digne de ses engagements et de son passé africain.

 

L’ex-punk qui n’aimait pas les dimanches est devenu l’un des premiers militants du développement en Afrique, animant lONG One, avec son "collègue" Bono, mixant une compétence reconnue et une gouaille popu-irlandaise jamais abandonnée.

Le JDD a rencontré Bob Geldof au Kenya, où il était l’invité dune conférence du Fonds monétaire international.

Déçu par la France, il livre ici un plaidoyer pour l’économie, la politique, et contre la charité et loubli.

"On n’échappe pas à son histoire, et vous, Français, votre histoire est aussi africaine, et vous n’en assumez pas les conséquences. Appelez ça la gueule de bois postcoloniale, ou allez juste vous promener à Barbès, et regardez.

Pour beaucoup dAfricains, Paris est la porte d’entrée en Europe ou en Occident. C’est vrai aussi de l’Angleterre, mais les Français sont plus romantiques! Seulement, le romantisme n’y suffit pas. Il y a de la politique, des engagements, des responsabilités.

Ce n’est pas le sanglot de l’homme blanc ; ce que vous devriez à l’Afrique pour avoir été ses colonisateurs, cela existe: les peuples africains vivent dans des Etats aux frontières imposées par les anciens colonisateurs Mais je parle des engagements contemporains, d’un Etat qui se veut une puissance mondiale et un leader de la régulation.

En 2005, les pays les plus riches de la planète sétaient engagés à doubler leurs aides à lAfrique. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon lont fait. Seule la France na pas rempli ses obligations - vous en êtes à 13% de vos engagements. Jen ai parlé au président Sarkozy, nous en avons parlé à Christine Lagarde.


"On doit faire de l’économie avec l’Afrique"

 

Ce retard doit être comblé. Vous serez les hôtes du G8 et du G20 lan prochain. Vous allez être très importants pour lAfrique à ce moment-là. Vous devez être dignes de ce statut.

Vous ne pouvez pas vous contenter de faire défiler des armées africaines pour votre prochain Bastille Day, à loccasion du 50e anniversaire des indépendances

Il faut être concret. Vous savez l’être. Je connais bien Michel Camdessus, l’ancien patron du FMI, avec qui jai commencé à travailler sur la dette ; je vois le rôle de la France dans le Fonds mondial de lutte contre le sida. Je sais ce qu’y fait Carla. La France doit être au même niveau sur l’aide au développement. Prenez ça comme le prix à payer en échange du rôle clé dans la régulation. On vous demande 0,51 % de votre PIB, pour respecter la parole, l’honneur et la dignité de l’Etat et du peuple français! Au demeurant, c’est votre intérêt.

Aider réellement l’économie africaine n’atteindra pas votre niveau de vie. Et, au contraire, vous vous ferez du bien. Investir en Afrique, c’est créer des emplois chez nous!

Je voudrais que l’Europe cesse dêtre aveugle à un marché gigantesque.

Entre le sud de l’Espagne et l’Afrique, il y a huit milles! Huit milles entre nous, le continent le plus riche, et le continent le plus pauvre de la planète, et ce décalage est un trésor d’opportunités. Un milliard de personnes qui nous attendent, et nous regardons ailleurs.

Nous sommes à genoux pour entrer en Inde, pour faire du business avec la Chine, et cela va devenir de plus en plus difficile Mais nous laissons l’Afrique? Un milliard d’Africains ne veulent pas de yaourts Danone, de grands vins, ou des eaux françaises? Ils ne veulent pas consommer comme nous? Ils ne veulent pas nous exporter des produits qu’ils fabriqueraient?

On doit faire de l’économie avec l’Afrique. Pour l’instant, on en est encore à une conception étriquée de l’aide qui en réalité est convertie en bons d’achat de produits français, par exemple. Il faut faire le pari du développement, et encourager l’économie et la production.

Notre énergie viendra de l’Afrique, nos marchés, notre richesse future. La corruption, l’instabilité, les guerres ne sont pas des excuses: elles viennent de la pauvreté, qui est le problème structurel de l’Afrique et sera résolu dans le développement. Les Africains se bougent déjà tout seuls, ils ne nous attendront pas

Je ne crois pas à la charité ou à la compassion pour résoudre les problèmes de la planète: je crois à la politique et à l’économie. C’est ce que je nous demande."

 

Propos recueillis par Claude Askolovitch - Le Journal du Dimanche

Samedi 03 Avril 2010

Source : http://www.lejdd.fr 

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08 avril 2010

Rencontre avec Koffi Kwahulé

INVITATION

Rencontre avec Koffi Kwahulé


Mercredi 14 avril, à 19 h

Auteur dramatique, romancier et nouvelliste né en Côte d'Ivoire en 1956, Koffi  Kwahulé vit en France

depuis le début des années 1980.


Son oeuvre, nourrie par son expérience du déracinement, explore la condition diasporique. Qu'est-ce que

vivre dans un entre-deux culturel ?


Comment refuser à la fois la tentation de la nostalgie de la terre natale et celle de l'assimilation dans

le "pays d'accueil" ?

Si la mémoire douloureuse de l'histoire noire affleure toujours dans les textes de  l'auteur afro-européen,

ces derniers ne sauraient être cantonnés à la question noire.

Radicale, l'expérience diasporique lui permet finalement d'interroger avec une intensité particulière notre

contemporanéité immédiate :   celle d'un monde en pleine crise, où l'invention d'un avenir commun – entre

l'Europe  et l'Afrique notamment – est une urgence.

Lecture d'extraits de Monsieur Ki, Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps (Gallimard,

Paris, 2010) par Gerty Dambury

Rencontre animée par Virginie Soubrier

Réservation conseillée au 01 45 00 91 75


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