Photo : dans le métro à Mexico (Eneas/Flickr)

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« La pandémie de grippe H1N1 est “en pleine accélération” en France, a prévenu la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, lors d'une visite du collège Jules-Romains à Paris (VIIe arrondissement). […] Le début […] des vaccinations en collèges et lycées “se passe dans une période de pleine accélération de la pandémie, avec un nombre de cas graves également en augmentation et de cas, hélas mortels, aussi en pleine augmentation”, a déclaré la ministre ».

Un mois après cette déclaration, faite le 25 novembre (dépêche Reuters reprise par le site Nouvelobs.com), force est de constater que c'était du pipeau. Et que la ministre, soit le savait, soit était manipulée. Il n'y a pas de pandémie, il n'y en a pas eu et, selon toute vraisemblance, il n'y en aura pas.

Pas de quoi fouetter un cochon

Utilisé en anglais comme adjectif depuis 1666 (« pandemic ») et en français depuis 1752, le mot « pandémie », formé des mots grecs « pan » (tout) et « démos » (peuple) est une épidémie qui menace toute la population. En l'occurrence, nous savons maintenant que la « pandémie » de grippe « porcine » H1N1 a moins tué que la grippe saisonnière habituelle. Pas de quoi fouetter un cochon.

Existait-il au moins un risque sérieux de pandémie, justifiant qu'on sonne le tocsin ? Beaucoup en doutent. Je donne ici le point de vue du professeur Philippe Even, ancien doyen de Necker, qui m'a autorisé à le citer :

« Les décisions à prendre en avril et mai étaient difficiles et certains diront qu'il valait mieux un excès de précautions qu'une absence de précautions - jusqu'à acheter ces corbillards et camions frigorifiques (dont plus personne ne parle), qui avaient tant manqué en juillet 2003.

Les premiers travaux expérimentaux avec ce virus menés sur le furet (l'animal d'expérience traditionnel dans la grippe) publiés en juin, pouvaient inquiéter, puisque le virus était capable de descendre jusque dans les alvéoles du poumon, alors que le virus de la grippe saisonnière s'arrête plus haut, dans la trachée et les bronches. Cela a participé de l'affolement initial.

Mais les réactions de l'OMS et plus encore de Mme Bachelot ont été dès le début excessives. »

Le professeur Even précise :

« En juin, il était clair que cette grippe se propageait un peu plus vite que la grippe saisonnière, mais qu'elle n'était probablement pas plus dangereuse. C'est devenu certain dès le mois d'août.

Dès lors, l'achat de 94 millions de doses d'un vaccin qui n'existait pas encore (plus préemption sur 30 millions d'autres), 2 ou 3 fois plus que tous les autres pays, était totalement délirant, mais, j'en suis convaincu au niveau ministériel, d'une totale honnêteté.

Il est aujourd'hui démontré que cette grippe se diffuse beaucoup moins vite qu'on ne l'avait craint, arrive plus vite qu'on ne le pensait au pic de contamination et qu'elle n'est pas plus grave que les “ grippettes ” évoquées par le professeur Bernard Debré (les derniers chiffres américains donnent un mort pour 10 000 ou 20 000 malades).

Le ministère trafique aujourd'hui les chiffres en annonçant 150 ou 200 morts sans avoir la preuve de la responsabilité indirecte du virus et presque tous à 4 à 8 exceptions près, chez des malades d'une extrêmes fragilité, où le virus n'a été que la goutte d'eau qui fait déborder le vase. »

Il pense par ailleurs que la vaccination antigrippale est un mythe :

« Qu'elle ne protège pas du tout (étude japonaise) ou peu, ne réduisant guère la durée de maladie et ne réduisant la mortalité que d'un facteur minuscule, au plus 30% des cas et probablement beaucoup moins.

Je pense cependant que la vaccination antigrippale n'a pas de toxicité significative.

Concernant le Tamiflu ou son équivalent le Relenza, ce sont des médicaments efficaces s'ils sont pris dans les 18 première heures de la contamination (pas des symptômes). Or ce n'est jamais le cas. Au-delà, l'efficacité est nulle.

Le dossier Roche [du nom du groupe pharmaceutique suisse qui produit le Tamiflu] est masqué et trafiqué, et le médicament d'une haute toxicité s'il est pris plus de 3 jours (au point qu'un article du Lancet parle d'une urgence iatrogénique contre laquelle il faut réagir immédiatement).

L'opération Bachelot coûte tout compris 1,7 milliard d'€, soit 2 à 3 fois le déficit des hôpitaux et 2 à 3 fois le budget de l'Inserm. »

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