04 novembre 2009

Les faux médicaments de la fondation de Jacques Chirac

3 novembre 2009 par Odile Tobner

ThèmesRacismeJacques ChiracDictateurs (Amis de la France)

Quand Jacques Chirac voulait devenir président de la République française il tenait, le 19 juin 1991, à Orléans, des propos violemment racistes sur l’ « overdose » d’étrangers, qui ne sont pas « les mêmes » qu’avant, « des Espagnols, des Polonais, des Portugais », mais sont « des musulmans et des noirs », plaignant le « travailleur français » d’avoir à supporter « le bruit et l’odeur » et exprimant sa phobie d’une natalité fantasmée comme pléthorique, « une vingtaine de gosses », assortie d’une évaluation aussi superlative que fausse du montant des allocations perçues, « sans naturellement travailler ».

Le MRAP porta plainte et fut débouté le 26 février 1992. Les magistrats estimèrent qu’il n’y avait pas de diffamation raciale car les propos en cause « ne constituent que des attaques vagues et générales, insuffisantes pour caractériser la diffamation ; qu’à supposer qu’elles constituent des expressions outrageantes, elles ne visent pas une personne ou un groupe de personnes suffisamment déterminé ». Pourtant les musulmans et les noirs étaient nommément désignés. La justice sait se voiler la face quand il faut ne pas voir certaines obscénités.

Le même Jacques Chirac, ex président de la République, en quête cette fois de vedettariat international, entend maintenant se faire une image de bienfaiteur des pauvres noirs en donnant son nom à une « fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures ». On peut penser que c’est une gageure que de faire croire à la virginité d’une vieille pute, mais cela marche dans le monde tel qu’il est, où l’impudence est non seulement admise mais vénérée. Après avoir inauguré le « dialogue des cultures » par des propos outrageants que les juges estimèrent simplement « décousus », Chirac continue à faire dans le n’importe quoi. Entouré de sept chefs d’Etats africains complaisants (Bénin, Togo, Sénégal, Burkina Faso, Congo Brazzaville, Niger République Centrafricaine) il a lancé lundi 12 octobre « l’appel de Cotonou » destiné à « promouvoir la lutte contre le trafic de faux médicaments dont les victimes se comptent par dizaines de milliers ». Se porter au secours de l’industrie pharmaceutique, on n’en attendait pas moins de lui dans le faux-problème, alors que, en réalité, c’est l’absence totale de tout médicament qui hâte la mort de centaines de milliers d’Africains. Mais évoquer ce vrai problème amènerait à pointer la responsabilité des faux présidents et de tous les faux apôtres engendrés par le marché de la bienfaisance médiatisée.

Le président Chirac n’a en effet jamais eu le moindre état d’âme à cautionner, pendant ses mandats et sa carrière politique, toutes les fausses élections qui se sont déroulées en Afrique francophone. Il cajolait même les faux présidents, les assurant de son affection. Eyadema pouvait faire assassiner ses opposants, Biya faire tirer sur les manifestants, Bongo mettre son pays en coupe réglée, ce ne sont pas ces vétilles qui pouvaient altérer l’indéfectible soutien que Chirac leur apportait, dans une Afrique qui « n’était pas mûre pour la démocratie » et devait donc se contenter de ces ersatz de dirigeants. Le résultat bien sûr ne l’inquiétait pas non plus : corruption des oligarchies arrogantes assurées de conserver le pouvoir quoi qu’elles fassent et ne fassent pas, stagnation et régression du niveau de vie de populations privées d’éducation et de soins, surmortalité infantile, absence d’emplois faute du moindre développement. Il y avait des généraux, équipés de vrais armements français vendus au prix fort, conseillés et entraînés par de vrais militaires français, pour maintenir l’ordre. N’était-ce pas l’essentiel en ces contrées exotiques ?

Aujourd’hui les actions médiatiques de la fondation Chirac, la mascarade du forum pour le développement durable sont les plus scandaleux des faux médicaments qui sont fourgués aux Africains pour perpétuer leurs maux sous couvert de les guérir.

Source : billets d'Afrique journal en ligne de l'association survie site ; http://www.survie.org

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Maman fume ? Eh bien… Bébé aussi !

« Une petite cigarette de temps en temps ne peut pas lui faire de mal », « de toute façon, dans mon ventre, le bébé ne respire pas »… N’avez-vous jamais entendu ces « arguments » de la part d’une femme enceinte, fumeuse invétérée ? Pourtant, les toxiques du tabac atteignent bel et bien le fœtus…

La barrière placentaire est… poreuse. La fumée de cigarette contient du monoxyde de carbone. Ce dernier passe dans le sang de la mère, y reste pendant 4 à 6 heures et parvient  jusqu’au fœtus par l’intermédiaire du cordon ombilical. Le problème, c’est  qu’il reste fixé plus longtemps sur l’hémoglobine fœtale ! Pendant ce temps, celle-ci transporte moins d’oxygène. « Pour chaque cigarette que sa mère fume par jour, l’enfant pèsera 20g à 30g de moins à la naissance», estime le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpétriè re, à Paris. « Du poids en moins pour l’ensemble des organes, dont le cerveau… » La nicotine, elle, agit sur la motricité vasculaire : moins de sang parvient au fœtus, et son rythme cardiaque s’accélère à chaque prise de cigarette. Toutes les autres substances passent la barrière placentaire, pour le pire plutôt que pour le meilleur, et surtout pour longtemps ! Les benzopyrènes par exemple, qui sont cancérigènes, et le cadmium, qui a une demi-vie de 70 ans (au bout de ce délai, la moitié de la quantité ingérée est encore présente !). Grossesse extra-utérine, fausse-couche, mortalité infantile augmentée font partie des risques.

Quand arrêter ? « La toxicité est majorée dès le début du 2ème trimestre, mais pour des raisons hormonales, la sensation de manque est plus importante dès que la femme est enceinte. Mieux vaut donc arrêter avant », enjoint le Pr Dautzenberg « d’autant plus que la cigarette fait aussi baisser la fertilité ». Quant à la prise de substituts nicotiniques pendant la grossesse, si elle permet le sevrage, c’est un moyen d’avoir un bébé de poids normal à la naissance. L’effet néfaste du tabagisme passif, enfin, est indiscutable. N’hésitez donc pas à vous préparer dès que vous envisagez une grossesse, et à entraîner votre conjoint avec vous !

www.destinationsant e.com

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03 novembre 2009

La société civile sort sa propre liste de paradis fiscaux :

(1) Delaware (Etat des Etats-Unis) ; (2) Luxembourg ; (3) Suisse ; (4) Iles Caïmans ; (5) City de Londres (GB) ; (6) Irlande ; (7) Bermudes ; (8) Singapour ; (9) Belgique ; (10) Hong Kong ; (11) Jersey ; (12) Autriche...

Le nouveau classement des paradis fiscaux par le réseau Tax Justice Network

met en évidence les limites de l’action du G20 contre l’opacité financière

Non, les paradis fiscaux ne sont pas morts. Peut-être Nicolas Sarkozy a-t-il voulu y croire en voyant fondre rapidement les listes noire et grise de « territoires non-coopératifs » établies par l’OCDE. Sauf que les critères servant à l'OCDE pour dresser ses listes ne suffisent pas, loin s’en faut, à définir ce qu'est un paradis fiscal. Autrement dit, ce n'est pas parce que la liste grise se vide qu'il n'y a plus de paradis fiscaux ! Une majorité des Français n’est d’ailleurs pas dupe, seuls 37% d’entre eux jugeant la liste officielle « fiable et complète »[1].

Preuve en est le classement de 60 pays et territoires publié ce jour par le Tax Justice Network (TJN), réseau international d’experts et d’associations auquel participe activement en France la Plate-forme paradis fiscaux et judiciaires. Fruit d’un colossal travail mené sur plusieurs années, ce classement est établi à partir d’un indice combinant le degré d’opacité, évalué à partir de 12 critères, au poids des différentes places financières dans l’économie mondiale. Il montre que des territoires comme l’Etat du Delaware aux Etats-Unis, le Luxembourg, la Suisse , les Îles Caïmans ou Jersey, aujourd'hui sur la liste blanche de l'OCDE, constituent pourtant des places financières centrales pour les acteurs à la recherche d'opacité.


L’indice de TJN évalue plusieurs aspects cruciaux que l’OCDE ne prend pas en compte, notamment :

-          Le rôle des trusts, ces mécanismes prête-noms, grande spécialité anglo-saxonne, qui permettent de masquer donneurs d’ordre et détenteurs de fonds, faute d’un registre ouvert aux autorités de contrôle comme il en existe en France pour les fiducies.

-          L’exigence d’une coopération fiscale automatique et multilatérale. Le critère de l’OCDE - signer 12 conventions d’échange de renseignements fiscaux à la demande - est une exigence beaucoup trop laxiste, comme en atteste la sortie de Monaco de la liste grise après que ce territoire ait signé des conventions avec une dizaine d’autres paradis fiscaux. TJN estime que dans l’attente d’un accord multilatéral, au moins 60 conventions doivent être signées pour que la coopération bénéficie aussi aux pays en développement, principales victimes de l’évasion fiscale. Il évalue aussi le type d’échange de renseignements selon qu’il se fait « à la demande » du fisc étranger, avec de nombreuses justifications, ou de manière automatique.

-          L’importance de la coopération judiciaire et de la mise en place effective des lois anti-blanchiment, seules à même de permettre une traque efficace de l’argent du crime et de la corruption.

Pour la plate-forme paradis fiscaux et judiciaires, c’est sans doute dans le « top ten » des territoires opaques identifiés par Tax Justice Network que se concentre, à l’échelle mondiale, l’argent sale et celui de l’évasion fiscale. C’est là qu’il faut chercher, en particulier, les centaines de milliards qui manquent chaque année dans les budgets des pays en développement, comme dans ceux des pays développés. Faute d’obtenir une réelle transparence de la part de ces territoires, mais aussi de la part des acteurs qui y opèrent, le combat engagé contre les paradis fiscaux restera vain. Ainsi, l’exigence de transparence envers les banques françaises ne saurait être limitée à leur activité dans les territoires de la seule liste grise de l'OCDE. C’est dans l’ensemble des territoires opaques que banques et multinationales doivent faire la preuve qu’elles n’ont rien à cacher.

Contacts :   Jean Merckaert – CCFD-Terre solidaire : j.merckaert@ccfd.asso.fr, 01 44 82 81 23 / 06 81 84 30 64

Magali Rubino - Oxfam France - Agir ici : mrubino@oxfamfrance.org, 01 56 98 24 45 / 06 30 46 66 04

Note aux rédactions :

-          Le site en anglais sur l’indice d’opacité financière : http://www.financialsecrecyindex.com   

-          La base de données sur chaque « territoire opaque » : http://www.secrecyjurisdictions.com

-         Les recommandations de la plate-forme PFJ : http://www.argentsale.org/recommandations-de-la-plateforme.php

-       En pièce jointe, la méthodologie adoptée pour la construction de l'indice.


[1] Sondage BVA-CCFD mené les 2 et 3 octobre 2009.

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