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Le Pangolin

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30 novembre 2009

Pour les évêques africains, le sida n'est pas qu'un problème médical

30/11/2009 19:13

Après l’assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Afrique, tenue à Rome en octobre, les responsables catholiques ont réaffirmé l’engagement de l’Église contre l’épidémie sur tout le continent

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L’Église catholique en Afrique a-t-elle encore le droit de s’exprimer sur le sida ? La disqualification dont son discours semble faire l’objet, du moins dans le monde occidental, notamment depuis le voyage de Benoît XVI en Afrique au printemps dernier, a été vigoureusement mise en cause par les participants à la récente assemblée du Synode consacrée à l’Afrique, tenue à Rome du 5 au 25 octobre.

De fait, l’Église catholique est l’un des acteurs majeurs de la lutte contre le sida. À hauteur de 25 % dans le monde, mais à plus de 40 % sur le continent africain, voire 100 % pour les régions africaines les plus reculées.

Telle est la teneur du message publié pour cette Journée mondiale du sida par le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam). Sous la plume de son président, le cardinal Polycarpe Pengo, archevêque de Dar-Es-Salaam (Tanzanie), il prend la mesure du drame : « Le Corps du Christ est atteint du sida. »

Dans ce contexte, que fait l’Église ?

Et dénonce les manques des politiques publiques : « L’idée selon laquelle les traitements sont désormais ouverts à tous est erronée. Seul un tiers des personnes qui nécessitent un traitement en reçoit un. Et dans les deux ans qui suivent le début de la thérapie, seules 60 % de ces personnes sont toujours sous traitement. Pour deux personnes qui accèdent à une thérapie, cinq autres contractent l’infection. Le nombre d’orphelins et d’enfants abusés, vulnérables et infectés continue de croître exponentiellement. »

Le cardinal tanzanien poursuit : « Les guerres, l’instabilité, l’inégalité hommes-femmes et les ravages du changement climatique rendent les pauvres encore plus pauvres et plus vulnérables au VIH. »

Dans ce contexte, que fait l’Église ? Pour les évêques africains, « le sida n’est pas seulement un problème médical : un investissement orienté exclusivement sur les médicaments n’aboutira à rien. Seule une stratégie fondée sur l’éducation à la responsabilité individuelle dans le cadre d’une vision morale de la sexualité humaine peut avoir un réel impact sur la prévention de la maladie. »

"Beaucoup cherchent des conseils pour vivre sainement"

Utopie ? Les évêques s’adressent directement aux jeunes : « Ne permettez à personne de vous faire croire que vous n’êtes pas en mesure de vous maîtriser. L’abstinence est la meilleure des protections. »

Ce cri est repris par un jésuite, le P. Fratern Masawe, modérateur des supérieurs majeurs d’Afrique et de Madagascar (Jesam). Dans une lettre adressée le 1er décembre à tous les jésuites du continent noir, il affirme : « Ni bonne, ni mauvaise, la sexualité en Afrique a toujours été considérée comme moralement neutre, comme faisant partie de la vie. La conception de la sexualité par l’Église est souvent méprisée, car considérée comme rigide, irréaliste et moraliste. Mais en réalité, beaucoup cherchent des conseils pour vivre sainement. L’abstinence et la fidélité ne sont pas seulement les meilleures façons d’éviter le VIH et de maîtriser le sida, mais c’est également la voie sûre vers un accomplissement réel et personnel. »

Fort de ces soutiens africains, Benoît XVI a donc pu affirmer, dimanche après l’Angélus : « J’espère infiniment qu’en multipliant et conjuguant toutes nos forces, nous arriverons à vaincre cette maladie. »

Frédéric MOUNIER

Source : la croix

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26 novembre 2009

Sida: les trithérapies font reculer l’épidémie

Genève | Le nombre de nouvelles infections a reculé à Genève de 30% en une année. Les trithérapies deviennent une arme contre la propagation de l’épidémie.

Le professeur Bernard Hirschel.

© Paolo Battiston | Le professeur Bernard Hirschel. «Concernant l’Afrique, il est maintenant nécessaire d’évaluer le traitement en tant que prévention afin de mieux délimiter le potentiel, les inconvénients et les coûts.»

ÉRIC BUDRY | 26.11.2009 | 00:02

Difficile de rêver de meilleure nouvelle à cinq jours de la Journée mondiale de la lutte contre le sida ce 1er décembre (lire encadré). A Genève, le nombre de nouvelles infections au VIH a baissé drastiquement en 2009. Selon une projection, la diminution est de 30% entre 2009 et 2008, passant de 98 cas à 68. Un recul est également enregistré au niveau national, mais un peu moins important: de 777 à 650.

«Si elle est confirmée, car il s’agit encore de projections, cette baisse cantonale serait la plus forte jamais observée, précise Deborah Glejser, porte-parole des associations genevoises de lutte contre le sida. Elle amène le taux de nouvelles infections au niveau historiquement le plus bas.»

Ce succès, on le doit bien évidemment aux campagnes de prévention, mais également à une nouvelle donne. Les trithérapies ont non seulement permis de diminuer très fortement le nombre de décès dû au sida, mais les chercheurs se sont aussi aperçus que ce traitement avait un effet préventif car ils rendent ces personnes beaucoup moins contagieuses.

Espoir pour l’Afrique?

Le phénomène est aujourd’hui avéré, confirme Bernard Hirschel, chef de l’unité VIH/sida aux Hôpitaux universitaires de Genève. «Certains chercheurs estiment ainsi que, sans traitement, le nombre d’infections serait deux fois plus élevé en Suisse», poursuit-il.

La raison en est que les trithérapies parviennent aujourd’hui à réduire à tel point le nombre de virus qu’elles le rendent non détectable. Et les personnes ne sont dès lors pratiquement plus contagieuses.

Bernard Hirschel cite une recherche canadienne qui tend à montrer qu’une extension de la trithérapie permettrait de juguler l’épidémie. «Concernant l’Afrique, détaille le professeur, il est maintenant nécessaire d’évaluer le traitement en tant que prévention afin de mieux délimiter le potentiel, les inconvénients et les coûts. Mais ces derniers se chiffreraient forcément en milliards de francs.»

«Ne pas baisser la garde»

Espoir il y a, mais il ne doit être le prétexte à un relâchement de la prévention, d’autant que Genève reste le canton le plus touché. «Ce n’est pas le moment de baisser la garde, avertit Pierre-François Unger, ministre de la Santé. Cela a été le cas à la fin des années 90 lorsque la maladie a été banalisée à l’arrivée des trithérapies. Résultat: les cas ont immédiatement augmenté.»

Pour le conseiller d’Etat, le sida reste également une maladie stigmatisante. «A Genève, nous n’avons jamais combattu les malades du sida, mais la maladie. Poursuivons dans ce sens!»

Source : la tribune de Geneve

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Françafrique : Eva Joly, "la force qui nous manque"

Extrait de "La force qui nous manque" de Eva JOLY aux Editions des Arènes

Eva JOLY est conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment en Norvège. Ses deux livres précédents, "Notre affaire à tous" et "Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?", chez le même éditeur, ont été vendus à plus de 450 000 exemplaires en France et à l’étranger.


Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d‘une compétence absolue. J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.

Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’Elysée.

Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’Omar BONGO : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le gouvernement d’autre part. 

J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol.

Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.

Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement.

Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.

Roland DUMAS "l’ami intime" de BONGO

Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris. 

Il était alors le plus jeune chef d’Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar BONGO fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l’hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent.. Chacun se presse à ces audiences. Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de "consultant" signé par Omar BONGO et largement rémunéré. De Roland DUMAS, le président Gabonais dit qu’il est "ami intime".

Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas SARKOZY, venu "prendre conseil" en tant que candidat à l’élection présidentielle. Lorsque au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et  des médias.

A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du Pnud (Programme des nations unies pour le développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières. En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…

Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela.

Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l’Etat, conçu par Pierre GUILLAUMAT un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d’Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir.

Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola, en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient…

Les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai appris en marchant. A l’arrivée, le tableau est effrayant.

L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé.

Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant. Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde.

-        Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ?

-        Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ?

-        Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts à s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ?

L’indépendance en Afrique : une mascarade

Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. 

L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest. L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le "gendarme" qui défendait la moitié du continent contre le communisme.

Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine. Elf était l’une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que "là-bas, c’est différent".

ü  Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires.

ü  Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles.

ü  Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles. D’ailleurs "tout le monde fait pareil".

Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.

J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien.

Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés suisses.

La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes…

A l’image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques FOCCART, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire.

Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François MITTERAND, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection…Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés. Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts. 

A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance. Mais les peuples sont comme les familles.

On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations.. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.

La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.

Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : "indigène musulman", "sujet africain non naturalisé", "Jfom" (Jeune français originaire du Magrheb), "jeune issu de l’immigration", "fils de harkis", "jeune des quartiers", "Arabo-musulman", "Français d’origine arabe", "Français musulman"…

La France de 1789, incompatible avec la françafrique

Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage.

Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo Brazzaville ce que la France leur doit ? 

Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l’uranium du Niger ou ceux des mines d’or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ?

La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. Je rêve, pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif.

Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible…

Nous Sommes le Congo !
C
essons d'
Avoir Peur !
P
our un
Etat de Droit au Congo !


Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !



Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"

La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français. 

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24 novembre 2009

Sincérité du peuple et manipulation du politique à propos des élections en Afrique

Qu'est-ce que l'apprentissage en démocratie?

L'aspiration à la liberté, à l'expression libre du choix de ses dirigeants est une démarche vitale qui procede à la recherche du bonheur pour toute société humaine.

Je pense que les peuples africains dans leurs demarches électorales sont habités d'une sincérité démocratique.

Pendant cette courte période, les électeurs espèrent voir dans ces futures élections la fin des systèmes pseudo-démocratiques.

Car ils ont conscience depuis fort longtemps, entre autres par le biais de la mondialisation de l'information, que leur bonheur passerait par l'installation d'un authentique processus démocratique prophétique.

Un acte électoral pour obtenir par la non-violence, des gouvernants compétents et capables de répondre, de façon éfficiente, aux défis actuels et futurs dont l'Afrique aurait à faire face dans le contexte mondial.

Tandis que la classe "politique" procede différemment. Consciente de la nécessité de démocratie et de la volonté populaire des populations en la matière, elle recourt à toutes les supercheries pour contrecarrer ce besoin vital.

Nombre de politiciens, à part de rares exceptions, utilisent les elections pour légitimer leur hold up et avoir droit de cité sur la scène politique internationale. Quand bien même personne n'est dupe tant au niveau national qu'international.

En fait ils ne font que retarder un processus déjà enclenché dont l'issue est inéxorable.

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Dans les pays défavorisés, les cancers tuent plus que SIDA et tuberculose !

Plus de 5 millions de morts par cancer en 2008, dans des pays parmi les moins favorisés. Autrefois considérés comme l’apanage des sociétés riches, les cancers - particulièrement ceux du sein et du col de l’utérus - pèsent lourd sur les régions pauvres du monde. Dans un rapport  tout juste rendu public, un groupe d’experts issus des principales organisations internationales dénonce cette épidémie silencieuse.

Les chiffres sont alarmants. Dans les pays en développement, 255 576 femmes n’ont pas survécu à un cancer du sein en 2008. Le cancer du col de l’utérus y est encore plus meurtrier : il a été à l’origine de 272 238 décès, soit 85% de l’ensemble des victimes rapportées dans le monde en 2008.

Or au niveau international,  ces maladies ne font toujours pas partie des préoccupations majeures de santé publique: seulement 5% des ressources consacrées à la lutte contre le cancer dans le monde, ont été affectées aux pays en développement en 2008, rappelle le Centre international de Recherche sur le Cancer, le CIRC de l’OMS, à Lyon.

www.destinationsant e.com

« Source : www.destinationsant e.com ».

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21 novembre 2009

Le président gabonais Omar Bongo (1935-2009)

WSWS : Nouvelles et analyses : Afrique

Un outil de l'impérialisme français en Afrique

Par Olivier Laurent  8 septembre 2009

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Omar Bongo, président du Gabon, est décédé le 7 juin d'un cancer des intestins dans un hôpital espagnol, après être resté au pouvoir près de 42 ans. Mis à part ses démêlés avec la France au cours des dernières années, sa carrière aura été consacrée à la défense des intérêts commerciaux et stratégiques de l'impérialisme français en Afrique subsaharienne. Elle témoigne de la faillite des régimes bourgeois-nationalistes auxquels la France a confié le pouvoir lors de la décolonisation.

Politicien habile, Bongo conserva le pouvoir en plaçant les ressources de son pays appauvri mais riche en pétrole entre les mains de compagnies pétrolières et de politiciens étrangers. N'étant pas en mesure d'apporter une solution aux fortes divisions internes et à la pauvreté du Gabon – héritages de la domination coloniale française – le régime de Bongo ne s'est maintenu que grâce à l'armée française. Faisant preuve d'un cynisme bien représenté par ses conversions religieuses répétées dans des buts politiques, il a amassé une immense fortune personnelle en prenant sa part des revenus extorqués à son pays.

Après la mort de Bongo, la lutte pour sa succession a été confinée à l'intérieur du parti dirigeant, le Parti démocratique gabonais (PDG), entre sa fille Pascaline et son fils Ali. En fin de compte, Ali a été désigné candidat du PDG et a remporté les élections du 30 août.

Omar Bongo est né Albert-Bernard Bongo dans une famille de fermiers de 12 enfants au Sud du Gabon. Orphelin à 12 ans, il est élevé par un oncle travaillant pour l'administration coloniale. À 17 ans, il quitte ce foyer pour Brazzaville, capitale du Congo français voisin, et y travaille au bureau des postes.

À son arrivée à Brazzaville, il rejoint la franc-maçonnerie et la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) socio-démocrate. La Franc-maçonnerie, une société secrète bourgeoise athée, avait maintenu une longue tradition dans l'administration coloniale. Durant la seconde guerre mondiale, elle aida à mobiliser des parties de l'administration coloniale derrière de Gaulle, contre le chef du régime de Vichy collaborant avec les Nazis, Philippe Pétain, qui persécutait les francs-maçons.

Bongo effectua son service militaire pour l'armée française de 1958 à 1960 dans les services de renseignement de l'armée de l'air où il atteignit le grade de Lieutenant, puis il retourna brièvement travailler pour la Poste dans la capitale gabonaise, Libreville. La même année, la France accordait officiellement l'indépendance au Gabon.

Ses relations ouvrirent à Bongo les portes de la politique française ; plus tard dans sa vie, Bongo plaisantera en disant qu'il avait toujours sa carte de membre de la SFIO.

Plus important, Bongo faisait cette entrée dans la politique bourgeoise française à un moment clef. Discrédité par sa capitulation devant l'Allemagne nazie puis par ses guerres perdues pour conserver ses colonies en Algérie et en Indochine, l'impérialisme français était occupé à développer une couche de la petite bourgeoisie indigène pour protéger ses intérêts dans l'appareil d'Etat local.

La décolonisation : une trahison des masses

À la conférence de Brazzaville en 1944, le chef de la résistance bourgeoise, le Général Charles de Gaulle, promit d'abolir le Code indigène discriminatoire qui était en place de longue date. Il présenta pour le remplacer un vague plan où les Africains, selon ses propres mots, « pouvaient s'élever peu a peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. » Le gouverneur général de l'Afrique équatoriale française de l'époque, Félix Éboué, était lui-même un noir, de Guyane, et également franc-maçon et socio-démocrate. Il défendit à la conférence une politique d'« assimilation », qui fut acceptée.

La répression massive et les guerres coloniales qu'il fallait mener pour maintenir le contrôle de la France dans les colonies se révélèrent trop coûteuses pour l'économie française ravagée par la guerre et trop impopulaires auprès de la classe ouvrière française. Entre 1945 et 1960, la France dépensa 32,5 milliards de Francs-or dans ses colonies, soit le double de ce qu'elle recevait du plan Marshall américain pour la reconstruction d'après-guerre. Comme le disait de Gaulle, « C'est un fait, la décolonisation est notre intérêt, et donc c'est notre politique. »

Mais en même temps, l'impérialisme français n'avait aucune intention d'abandonner le contrôle de ses colonies, d'où il tirait des matières premières de grande valeur et une main d'œuvre à bas prix. Le résultat fut ce que l'on appelle la Franceafrique : en échange du pouvoir formellement accordé à une couche de la petite bourgeoisie africaine, l'impérialisme français pourrait continuer à exploiter ses ex-colonies.

Bongo expliquera plus tard cet arrangement comme ceci : « Le Gabon sans la France, c'est une voiture sans conducteur. La France sans le Gabon, c'est une voiture sans essence. »

Si l'impérialisme français a été capable de mener à bien cette politique, c'est d'abord grâce aux trahisons répétées des luttes de la classe ouvrière par la SFIO et le Parti communiste français (PCF). Dans les luttes insurrectionnelles lors de la libération du joug nazi en 1945, et dans les multiples vagues de grèves d'après-guerre, ces partis ont mis leur poids politique au service de De Gaulle qui a construit son régime en gagnant le soutien des autorités françaises qui avaient dirigé le pays sous les Nazis.

Les socio-démocrates et les staliniens l'ont aidé à mener les luttes coloniales de la France, notamment par les politiques de guerre appliquées par le Premier ministre Guy Mollet, de la SFIO, en Algérie.

La perspective nationale du PCF a également aidé l'impérialisme français à recruter les cadres africains avec lesquels il allait continuer à diriger l'Afrique. Les Groupes d'études communistes (GEC) affiliés au PCF se sont liquidés dans une suite de partis bourgeois-nationalistes africains regroupés dans le Rassemblement démocratique africain (RDA) – dont le dirigeant le plus connu était le futur président de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny. Au Gabon, le RDA était représenté par Léon Mba, futur président du Gabon et parrain de Bongo en politique.

Le prolétariat étant politiquement étouffé par les socio-démocrates et les staliniens, la bourgeoisie française allait pouvoir déployer toutes ses ressources financières et militaires au Gabon – non pour réparer les ravages de la colonisation mais pour piller ses ressources naturelles et s'en servir comme d'une base pour ses intrigues en Afrique.

Les gaullistes ont créé un complexe système de réseaux et de groupes de pression en Afrique, permettant à la bourgeoisie française non seulement de réaliser des profits colossaux, mais aussi de planifier une longue liste d'assassinats, de coups d'états et d'interventions militaires.

Le principal organisateur de ces réseaux était Jacques Foccart. Ancien combattant de la résistance, Foccart était connu comme le « Monsieur Afrique » de De Gaulle, puis des présidents Georges Pompidou et Jacques Chirac. Foccart contribua également à la création du SAC (Service d'action civique) – le service d'ordre du mouvement gaulliste qui participa à de nombreux actes de violence contre des étudiants de gauche et des grévistes en France.

Le régime qui se développa sous Bongo – une dictature à parti unique tributaire du soutien militaire français pour réprimer les masses à chaque crise interne majeure – correspondait parfaitement aux besoins de l'impérialisme français.

La Franceafrique : comment Bongo arriva au pouvoir

Bongo fit rapidement ses premiers pas en politique, se servant de ses relations dans la Franc-maçonnerie pour participer à la première campagne électorale du Gabon indépendant, en 1961. Il parvint à se faire repérer et courtiser par les deux principaux politiciens qui se disputaient le pouvoir : Léon Mba et Jean-Hilaire Aubame.

Aubame était favorable à un régime parlementaire, alors que Mba préférait une présidence forte. Bongo s'engagea finalement aux côtés de Mba, qui était également le candidat favorisé par De Gaulle. Avant l'indépendance du Gabon, Mba et Bongo avaient tous deux exprimé le souhait que le Gabon devienne un département français, faisant formellement partie du territoire au même titre que la Guadeloupe ou la Martinique, avec le drapeau français inséré dans le drapeau Gabonais.

Ayant perdu les élections, Aubame accepta de devenir le Premier ministre de Mba. Mais Mba ne lui faisait pas confiance et essaya de le faire assassiner en 1963. Il échoua, ce qui produisit en retour un coup d'état qui mit brièvement Aubame au pouvoir en 1964.

La France intervint en envoyant des parachutistes remettre Mba au pouvoir. Bongo fut emprisonné durant ce coup d'état. On dit que c'est à partir de cette expérience qu'il conclut qu'il ne pouvait pas faire confiance à l'armée gabonaise, et qu'il valait mieux s'appuyer sur les troupes françaises.

Bongo devint ministre de la défense en 1965, remplaçant Mba lorsque la santé de celui-ci se détériora la même année. Il fut nommé Vice-président et exerça l'intérim à la mort de Mba en 1967. Il déclara rapidement un système de parti unique, dirigé par son propre parti, le Parti démocratique gabonais (PDG).

Bongo transforma le Gabon en un poste avancé des intérêts français en Afrique. Il aida la France à soutenir la guerre de sécession menée par la province nigériane du Biafra, riche en pétrole. Foccart organisa l'envoi d'armes au Biafra, les cachant dans des cargaisons d'aide humanitaire que la Croix-Rouge envoyait par avions en utilisant l'aéroport de Libreville. Il y envoya également de nombreux mercenaires, dont le plus connu des aventuriers français, Bob Denard.

L'association caritative catholique Caritas participa également au soutien logistique des combattants biafrais. C'est à ce moment-là, en 1968, que Bongo se convertit au catholicisme et rendit visite au Pape Paul VI.

Bongo allait continuer à soutenir les interventions françaises en Afrique. En 1977, il couvrit la tentative avortée du Président français Valéry Giscard d'Estaing de renverser le dirigeant nationaliste du Bénin, Mathieu Kérékou. Cette décision est remarquable : Bongo aurait pu aider ses alliés gaullistes comme Jacques Chirac, qui étaient des opposants de Giscard, en révélant l'affaire. Mais, sur ces questions, Bongo respectait les intérêts stratégiques supérieurs de l'impérialisme français.

Le pillage du Gabon

Au début des années 1970, le pétrole devint la principale exportation du Gabon. Le pays rejoignit l'OPEC en 1975. Pour préparer cette entrée, Bongo s'était converti à l'Islam en 1973, sur les conseils du dictateur libyen Muhammad Kadhafi, et changea son prénom en Omar.

L'industrie pétrolière gabonaise était dirigée en grande partie par la compagnie pétrolière française Elf, aujourd'hui absorbée par Total. Mis à part une petite portion utilisée pour acheter la clique de dirigeants gabonais autour de Bongo, les revenus du pétrole étaient empochés par une couche d'hommes d'affaires et de politiciens français corrompus.

Elf était une création politique, complètement intégrée aux réseaux de la Franceafrique mis en place par De Gaulle et Foccart, conçue pour l'avancement des intérêts stratégiques de l'impérialisme français dans l'Afrique nouvellement "indépendante". Profondément corrompue, Elf a financé diverses initiatives politiques et stratégiques françaises et généré une série de scandales, notamment ces dernières années au sujet de commissions lors de la vente par la France en 1991 de six frégates à Taiwan.

L'ex-président d'Elf, Loïc Le Floch-Prigent condamné en 2003 pour avoir détourné des millions d'euros provenant d'Elf, déclara devant les juges : « En 1962, [Pierre Guillaumat] convainc [le général de Gaulle] de mettre en place une structure parallèle autour de vrais techniciens du pétrole. [En créant Elf à côté de Total] les gaullistes voulaient un véritable bras séculier d'État, en particulier en Afrique, [...] une sorte de ministère du pétrole inamovible, [...] une sorte d'officine de renseignement dans les pays pétroliers. »

Lorsqu'on lui demanda d'expliquer les relations d'Elf avec ses fournisseurs de pétrole africains, Le Floch-Prigeant déclara : « Appelons un chat un chat. L'argent d'Elf part en Afrique et revient en France. »

Cet argent permit également aux forces de droite d'influencer la politique française. Bongo finança Giscard d'Estaing en 1974 contre le candidat de centre droit Chaban-Delmas, puis Jacques Chirac dans toutes les élections présidentielles suivantes, et Sarkozy en 2007.

En 1989, le président François Mitterrand du Parti socialiste obtint que cet argent puisse dorénavant profiter à la gauche comme à la droite. Le Floch-Prigent témoigna : « En septembre 1989, je m'en suis ouvert au président de la République. Je lui ai demandé : "Voulez-vous ou non que je ferme le robinet" ? Réponse du président : "Ah ! non, nous continuons ce qui a été mis en place par le général de Gaulle." Il m'a simplement demandé de rééquilibrer les choses, sans toutefois oublier le RPR. »

Bongo était ainsi en charge d'un système où l'économie du Gabon était pillée dans l'intérêt d'une fine couche de politiciens et d'hommes d'affaires français corrompus. Reflétant ses riches ressources minérales, le Gabon a un PIB assez important de 21,4 milliards de dollars par an, soit 14 400 dollars par habitant. C'est-à-dire quatre fois le PIB par habitant de la plupart des pays d'Afrique subsaharienne. Pourtant, cet argent étant largement siphonné par la France et la clique au pouvoir autour de Bongo, les Gabonais restent empêtrés dans une pauvreté affligeante.

L'espérance de vie à la naissance y est de 53 ans, mettant le Gabon à la 198e place mondiale, et il n'y a que 29 médecins pour 100 000 habitants. Seulement 3,8 pour cent du PIB gabonais est dépensé pour l'éducation, le mettant à la 118e place mondiale. Le Service d'informations des Nations unies, l'IRIN, note que 30 pour cent de la population vit sous le seuil de pauvreté officiel, et que « Selon le FMI, les indicateurs sociaux du Gabon sont plus proches de ceux des pays à faible revenus d'Afrique sub-saharienne. »

Selon l'ex-juge d'instruction française Éva Joly, qui dirigea une enquête sur les affaires de Bongo, le Gabon ne construit que cinq kilomètres de routes par an, pour un réseau total qui ne fait que 900 kilomètres.

À l'autre extrémité du spectre social, une très fine couche de Gabonais se porte très bien. Dans un récent numéro de Jeune Afrique (l'édition internationale), l'on apprend qu'ils voyagent en jets privés de Libreville à Paris pour une journée de shopping dans le 8e arrondissement, ou que l'année dernière, le Gabon était le quatrième importateur africain de grands crus de Champagne, avec 181 000 bouteilles.

État dont la richesse s'appuyait largement sur les revenus pétroliers, le Gabon reste toujours vulnérable aux chutes des prix du pétrole sur les marchés internationaux. De 1986 à 1990, les bas prix du pétrole ont généré une série de grèves massives dans tous les secteurs économiques et parmi les étudiants. En 1988, Bongo entama des discussions avec ses opposants politiques, dont la personnalité la plus marquante était le père Paul Mba Abessole. Bongo espérait qu'ils pourraient orienter la colère populaire dans une direction sans dangers pour lui, mais il hésitait toujours à accorder un système multipartite.

Le 16 janvier 1990, les étudiants de l'Université Omar Bongo à Libreville firent grève contre le manque de moyens. Cette grève fut appelée la « grève de la Diarrhée, » parce qu'elle avait débuté à cause d'une intoxication alimentaire générale des étudiants à la cantine du campus. Le lendemain, la police évacuait l'Université par la force. À partir du 18, les troubles se propageaient dan toute la ville, impliquant toutes les catégories de la population.

Le 24 février, Bongo obtint la capitulation des étudiants en offrant de payer les dégâts et en les invitant publiquement à un festin dans son palais. Mais seulement deux jours plus tard, des grèves éclataient dans le contrôle aérien, les stations services, les chemins de fer et la compagnie d'électricité. Les émeutes reprenaient de plus belle, et l'armée prenait position autour du palais de Bongo.

Le 21 mars, les travailleurs des raffineries de pétrole, représentant 70 pour cent des exportations du Gabon, se mettaient en grève également. Le 23 mars Bongo essaya de calmer les choses en appelant à une conférence nationale sur un système multipartite, mais les grèves se poursuivirent. Le 27, il déclara un couvre-feu dans tout le pays.

Le système multipartite fut finalement proclamé le 19 avril, mais la vie des Gabonais ne s'améliora pas pour autant. Le 23 mai, suite à la mort d'un des chefs de l'opposition, Joseph Rendjambe, une émeute éclata à Port-Gentil durant laquelle le consulat de France fut incendié. Les troubles se propagèrent à nouveau rapidement au reste du pays. Dès le lendemain, la France envoya des troupes, officiellement pour évacuer ses 1800 ressortissants qui se trouvaient au Gabon. Les troupes s'assurèrent également du contrôle des raffineries de pétrole. Le 31 mai, les troupes françaises reprirent le contrôle de la situation et maintinrent Bongo au pouvoir.

Lors des premières élections multipartites en novembre 1990, le parti de Bongo remporta 63 sièges contre 57 aux divers partis d'opposition. Les premières élections présidentielles avec plus d'un candidat eurent eu lieu le 5 décembre 1993, Bongo y fut réélu au premier tour avec 51,1 pour cent des voix, suivi par Abessole. Les troubles qui suivirent cette élection, largement suspectée d'être une fraude, finirent par pousser Bongo à signer ce que l'on appelle les Accords de Paris avec l'opposition.

Après 1990 : une érosion de la Franceafrique

L'influence française au Gabon et plus largement en Afrique commença à s'affaiblir dans les années 1990. Ce n'était pas une conséquence d'une quelconque indépendance grandissante des dirigeants comme Bongo face à l'impérialisme mondial, ni d'une opposition politique efficace contre Bongo parmi l'élite dirigeante gabonaise – laquelle a toujours été arrosée par Bongo avec les fonds de l'état.

En fait Bongo, comme d'autres dirigeants africains, développait des liens plus étroits avec d'autres grandes puissances ; initialement l'impérialisme américain, et plus récemment la Chine.

Après l'effondrement de l'URSS en 1991 et la suppression de la concurrence soviétique en tant qu'ennemi commun des impérialismes américains et français, Washington a pu poursuivre une politique plus agressive dans l'« arrière-cour » africaine de Paris. Cela peut s'observer dans les relations commerciales du Gabon. En 1990, la France était le principal partenaire commercial du Gabon, avec 38 pour cent des exportations et 60,6 pour cent des importations. L'Amérique du Nord comptait pour respectivement 22 et 11 pour cent. Aujourd'hui, la France est troisième pour les exportations à seulement 9,4 pour cent, et sa position dominante pour les importations s'est dégradée, à 28 pour cent.

Les États-Unis contribuèrent au remplacement des régimes, soutenu par la France, de Mobutu au Zaïre (ex-Congo Belge) en 1997, et d'Habyarimana au Rwanda en 1994. Paris protégea le régime Hutu au Rwanda, dont le génocide contre les Tutsis et les Hutus de l'opposition fit 800 000 morts. La guerre civile qui éclata au Zaïre (Aujourd'hui la république démocratique du Congo) fit plusieurs millions de victimes.

Bongo était trop lié à la France pour renverser son alliance du jour au lendemain, mais il cultiva des liens avec les États-Unis aussi. Durant la guerre civile dans la République du Congo voisine entre 1993 et 1999, il vendit des armes à la fois à la marionnette d'Elf, Denis Sassou Ngesso, et à Pascal Lissouba, qui voulait transférer les contrats pétroliers à la compagnie américaine Oxy. Le Gabon étant l'un des rares pays de la région à ne pas sombrer dans la guerre civile, Bongo essayait en même temps de se donner les airs d'un négociateur utile pour la paix en Afrique.

Au début de la décennie actuelle, Bongo se rapprocha des États-Unis. En 2000, une commission du Sénat américain dirigé par le démocrate Carl Levin estima que Bongo avait déposé 130 millions de dollars sur ses comptes à la Citybank de New York entre 1985 et 1997. Le 9 novembre 2005, le New York Times, révélait que Bongo avait versé 9 millions de dollars au lobbyiste américain Jack Abramoff pour arranger une rencontre avec Bush. Bongo nia ces affirmations.

Les tensions engendrées par les enquêtes en France, par exemple sur l'affaire Elf, ont entaché les relations entre Paris et Bongo. Dans sa nécrologie de Bongo, le Figaro a écrit qu'« Il savait tout sur tous, sa meilleure assurance-vie : "Je ferais couler beaucoup de gens", disait-il, en guise de menace à peine voilée. »

Bongo lui-même était dans le collimateur de la justice française dans l'affaire dite des « Biens mal acquis ». Bongo, le président Ngesso du Congo-Brazaville et le président Teodoro Obiang Nguèma de Guinée Équatoriale y étaient accusés de détournement de fonds par des organisations non-gouvernementales en France. En 2008, le quotidien Le Monde révéla qu'ils possédaient pour 150 millions d'euros en appartements et maisons de luxe achetés avec de l'argent public, et ce rien qu'en France. L'enquête a été temporairement interrompue en mai 2009 et Bongo est mort avant qu'elle puisse reprendre.

Tout au long de cette période, Bongo a conservé le pouvoir en se servant des revenus du pétrole gabonais pour acheter toute une série de politiciens de l'opposition. Le cas récent le plus célèbre étant probablement celui du dirigeant de l'Union du peuple gabonais (UPG), Pierre Mamboundou, qui termina second derrière Bongo aux élections de 2005, avec 13,5 pour cent des voix. Mamboundou se réfugia brièvement dans l'ambassade d'Afrique du Sud en 2006, après que l'armée gabonaise eut fait une descente dans le quartier général de l'UPG. Mais en 2007, Bongo rencontra Mamboundou et négocia une trêve politique en échange d'un prêt de développement accordé à la ville de Mamboundou, Ndendé.

Quelles que soient les concessions faites par Bongo à ses opposants, ou celles accordées par l'impérialisme à ses rivaux gabonais, l'élection d'Ali Bongo pour succéder à son père Omar symbolise la continuité fondamentale de l'influence impérialiste au Gabon. Le géant du pétrole Total y est toujours une entreprise de première importance, un élément de la présence française dans le pays, laquelle inclut 120 entreprises ainsi que le stationnement du 6e bataillon d'infanterie de Marine française à Libreville.

(Article original paru le 5 septembre 2009)

source : www.wsws.org

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19 novembre 2009

Lufthansa s’attaque au pré carré africain d’Air France

19/11/09 15:01

La compagnie allemande dessert autant de destinations africaines que son concurrent français et compte ouvrir de nouvelles lignes en 2010.

L’Afrique est le théâtre d’une nouvelle bataille entre Air France et Lufthansa. La compagnie allemande, qui vient de racheter Brussels Airlines, a annoncé mercredi le renforcement de ses positions en Afrique avec l’ouverture de nouvelles lignes en 2010 et l’augmentation des fréquences sur plusieurs villes.

Après avoir inauguré cet été ses premiers vols vers Accra (Ghana), Luanda (Angola) et Libreville (Gabon), la compagnie allemande fait actuellement ses débuts vers ­Abuja et Port Harcourt (Nigeria). «On se rend compte que l’Afrique offre des perspectives de croissance intéressantes, explique un cadre de Lufthansa. C’est, entre autres, parce que nous voulions nous renforcer sur ce continent que nous avons racheté Brussels Airlines.» L’ancêtre de la compagnie belge, la Sabena, était une compagnie pionnière en Afrique. Un héritage qu’a su reprendre Brussels Airlines qui couvre aujourd’hui 14 destinations en Afrique sub-saharienne.

Le groupe Lufthansa (Lufthansa, Swiss, Brussels Airlines) dessert 31 destinations en Afrique, autant qu’Air France, qui ne fait la différence que sur le nombre de ses fréquences. Les trois compagnies offrent même une alternative à Air France sur les vols vers l’Afrique au départ de Paris, via les hubs de Francfort, ­Zurich et Bruxelles.

Historiquement, Lufthansa s’est toujours focalisé sur le marché nord-américain et l’Asie. Il y a peu encore, la compagnie ne desservait que l’Afrique du Sud, l’Afrique de l’Est et l’Égypte.

Peu sensible à la crise

En se lançant sur l’Afrique de l’Ouest, Lufthansa et ses alliés s’attaquent à la vache à lait d’Air France. Le marché africain est en effet assez peu sensible à la crise. En octobre, le trafic passagers d’Air France-KLM a baissé de 4,1 % tandis qu’il ne perdait que 0,8 % sur l’Afrique et le Moyen-Orient. «Nous tenons aujourd’hui le coup grâce à notre réseau en Afrique et dans les Caraïbes, affirme un cadre d’Air France. Les lignes africaines sont les plus rentables pour notre compagnie.»

La compagnie tricolore peut en effet tirer ses tarifs vers le haut grâce à la faible concurrence sur ces destinations et à une clientèle prête à mettre le prix pour éviter les compagnies africaines. « Dès le rachat de Brussells Airlines, ils nous ont senti venir et ont commencé à tirer leurs prix vers le bas », affirme un cadre de Lufthansa.

Stratégiquement, le groupe compte sur ses accords avec Ethiopian Airlines pour faire d’Addis-Abeba une plate-forme de correspondance entre les vols en provenance d’Europe et ceux à destination des États d’Afrique. «Air France, qui est en position dominante, ne peut que perdre des parts de marché», affirme-t-on chez Lufthansa. Toute la question est de savoir combien.

source : www.lefigaro.fr

LIRE AUSSI :

» Air France-KLM est en pleine turbulence

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Fabrice Amedeo

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Guinée : après le massacre, l'économie étouffe

Par Fabienne Martin | Infosud/Syfia | 17/11/2009 |

Une vendeuse de pain attend les clients dans une rue de Conakry en octobre 2009 (Luc Gnago/Reuters).

Après la répression, le 28 septembre dernier, d'une manifestation pacifique de l'opposition, qui a fait au moins 150 morts à Conakry, la Guinée est aux aguets. Sanctionné de toutes parts, le régime militaire en place depuis le coup d'Etat de décembre 2008 fait désormais face à une situation économique et sociale désastreuse.

Sous d'immenses manguiers, les yeux rivés sur le portail de son entreprise, un agent technique d'une trentaine d'années s'inquiète pour son avenir. Transco, situé à Lambanyi, en banlieue de Conakry, jusque-là fleuron des entreprises de transit, de manutention et de transport, est en effet sur le point de mettre la clé sous la porte. Un responsable de la société qui compte au total près de 1 000 employés explique :

« Nous avons plus de 600 camions immobilisés faute de marchés. Depuis un mois, nous avons licencié une trentaine de personnes pour motifs économiques et cela doit continuer. »

Cette entreprise n'est pas la seule frappée en Guinée. Selon les services des douanes, le volume des importations transitant par l'aéroport de Conakry a chuté de moitié depuis les événements du 28 septembre dernier. La répression sanglante d'une manifestation pacifique de l'opposition dans un stade avait, ce jour-là, fait plus de 150 morts selon l'ONU. Les gens protestaient contre la candidature à la présidentielle prévue en janvier 2010 de Moussa Dadis Camara au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre 2008, qui, après avoir promis de confier le pouvoir à un président civil, envisage d'être candidat.

Un pays au ralenti

A Kaloum, centre d'affaires de Conakry, le responsable d'une agence de communication se lamente :

« Nous nous battons en vain pour faire passer nos dernières factures chez nos clients. »

Un mois après les atrocités commises par des militaires, tout ou presque semble être arrêté. Un chef d'entreprise constate :

« La Guinée est devenue une destination risquée. Depuis que le président a annoncé qu'il ne maîtrisait pas l'armée qui a tué de nombreuses personnes, les investisseurs préfèrent rentrer chez eux. »

Fin octobre, à la demande de leurs ambassades, 17 experts occidentaux ont ainsi quitté la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), une société minière détenue en majorité par l'Australienne Rio Tinto et l'Américaine Alcoa. Ces départs, selon les spécialistes, poseront des problèmes techniques à la CBG qui verse entre 60 à 180 millions de dollars par an au Trésor public guinéen.

Cette situation a provoqué une nouvelle baisse du franc guinéen (FGN). Il y a un mois, il fallait 6 000 FGN pour obtenir un euro. Aujourd'hui, il en faut plus de 7 300. L'incidence sur les prix des produits de première nécessité, surtout importés, est forte. Le prix du sac de 50 kilos de riz local est passé d'environ 210 000 à 280 000 FGN pendant la même période.

Depuis fin septembre, nombreux seraient les Guinéens à s'expatrier, estime Alassane Barry, gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) pour qui ce flux migratoire serait l'une des causes de la flambée des devises étrangères sur le marché local. « Ils ont besoin de devises étrangères pour envoyer leurs familles à l'étranger et y payer les frais de scolarité des enfants », avance le patron de la BCRG.

Planche à billets

Pour la majorité des gens, qui n'ont pas les moyens de partir, la situation est plus que précaire. C'est le cas de cet agent de développement, marié et père de deux enfants, jusque-là opérateur dans un projet financé par l'AFD (Agence française de développement), qui vient de recevoir sa lettre de mise en congé technique.

Son seul espoir est de trouver un emploi d'enseignant dans une école publique. En effet, l'Etat, privé d'aides budgétaires et de recettes fiscales conséquentes, à défaut de payer régulièrement ses fournisseurs, arrive tout de même à payer ses fonctionnaires. Un économiste indépendant explique :

« Quand ses recettes sont insuffisantes, l'Etat a recours à la planche à billets [création de monnaie, ndlr] pour faire face à ses dépenses et payer ses fonctionnaires afin d'éviter des remous sociaux. »

Celui-ci estime que d'ici quelques mois, cette politique aboutira à une chute vertigineuse de la monnaie et à une forte hausse des prix :   

« Les gens seront obligés de redescendre dans la rue. »

D'autant plus que la communauté internationale accentue sa pression. Après la répression du 28 septembre, l'Union européenne, qui, dès les premières heures du coup d'Etat, avait suspendu une aide au développement d'environ 230 millions d'euros, a décrété de nouvelles sanctions contre des membres et proches de la junte ainsi qu'un embargo sur les armes.

De leur côté, les Etats-Unis, un mois après le coup d'État, avaient suspendu leur aide non humanitaire (plus de 20 millions de dollars par an) et viennent de limiter l'entrée de certains membres de la junte et du gouvernement sur le sol américain. La CEDEAO et l'Union africaine ont opté pour le refus de délivrer des visas aux membres de la junte et le blocage de leurs avoirs. La CEDEAO a de plus décrété un embargo sur les armes, approuvé par les Etats-Unis.

Commentant ces mesures, un opposant estime :

« les sanctions ciblées contre les membres de la junte sont plus efficaces que l'embargo sur les armes ».

« La Guinée en importe des pays qui ne sont pas sous contrôle. »

En partenariat avec :  Photo : une vendeuse de pain attend les clients dans une rue de Conakry en octobre 2009 (Luc Gnago/Reuters).

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41èmes Assises de la presse francophone (Yaoundé, Cameroun, 17-22 novembre 2009)

41èmes Assises de la presse francophone (Yaoundé, Cameroun, 17-22 novembre 2009)

YAOUNDE, Cameroun, 19 novembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Les 41èmes Assises de la presse francophone organisées par l’Union internationale de la presse francophone (UPF) se tiennent à Yaoundé (Cameroun) jusqu’au 22 novembre sur le thème : “Éthique et déontologie à l’heure d’Internet. Liberté et responsabilité des journalistes”. Ces journées ont été ouvertes par Alfred Dan Moussa (Côte d’Ivoire), président international de l’UPF et Alain Blaise Batongue, président de la section camerounaise de l’UPF en présence de personnalités de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et du monde de la francophonie et plus de deux cents journalistes venus du monde entier.

L’Union internationale de la presse francophone fêtera en 2010 son 60ème anniversaire et a tenu les précédentes réunions internationales de journalistes francophones à Montréal (2008), en Côte d’Ivoire (2007) et en Roumanie (2006).

L’UPF est le plus important réseau de journalistes, de responsables et d’éditeurs de la presse écrite et audiovisuelle francophone et compte plus de 3 000 professionnels répartis dans 125 pays. Cette communauté de journalistes, au-delà de son attachement au partage de la langue française, est porteuse d’un message de diversité, de solidarité et de dialogue du nord et du sud sur plusieurs continents.

SOURCE  France – Ministry of Foreign Affairs

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18 novembre 2009

FAO : déception après un sommet sans pays riches ni objectifs contraignants

ROME — Le sommet de la FAO qui s'est achevé mercredi à Rome a été décevant aussi bien aux yeux du directeur de cette organisation de l'ONU, Jacques Diouf, que pour les ONG qui ont dénoncé l'absence de dirigeants des pays riches et d'engagements contraignants pour lutter contre la faim.

"Naturellement, j'aurais espéré avoir dans un sommet de chefs d'Etat ou de gouvernement tous les pays représentés à ce niveau", a reconnu au cours de la conférence de presse finale le chef de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui regroupe 192 pays.

"Si nous n'avons pas les dirigeants qui ont autorité sur tous les dossiers, qui peuvent coordonner l'action (...) je pense que nous passons à côté du problème, nous réduisons la question à sa dimension purement technique, alors qu'elle a une dimension économique, sociale, financière, je dirais même culturelle", a assuré M. Diouf. Car, a-t-il dit, "les problèmes de l'agriculture dépassent les ministres de l'Agriculture".

Une soixantaine de chefs d'Etat ou de gouvernement, essentiellement d'Afrique et d'Amérique Latine, ont participé à ce sommet boudé par la totalité des dirigeants du G8, sauf Silvio Berlusconi dont le pays accueillait la réunion et où la FAO a son siège.

Le ministre italien de l'Agriculture, Luca Zaia, a résumé par un euphémisme la réunion de trois jours : "ce sommet n'a pas donné de grands résultats et il y a eu des absences importantes".

Les ONG impliquées dans la lutte contre la faim, venues en grand nombre dans la capitale italienne, ont été plus dures à l'égard de l'agence spécialisée de l'ONU.

"Le sommet de la FAO a gâché l'ocsasion d'empêcher un milliard de personnes d'être affamées", a déploré ActionAid.

"On pourrait penser que la hausse de 20% depuis 2005 du nombre des personnes affamées aurait entraîné une action décisive et déterminée. Mais le sommet de la FAO n'a pas réussi à parvenir à une quelconque percée importante. Les dirigeants du G8 ne se sont même pas dérangés" à part Silvio Berlusconi, dénonce un communiqué d'ActionAid.

"On ne remplit pas des estomacs vides avec des paroles chaleureuses", a conclu l'ONG.

Oxfam International a donné mercredi une note de 2 sur 10 au sommet de la FAO. "Une seule réunion ne peut pas résoudre (le problème de) la faim dans le monde mais nous nous attendions certainement à bien plus. Le résultat n'est pas à la hauteur du problème, avec un milliard de personnes qui souffrent de la faim. L'absence quasi totale de dirigeants des pays riches a envoyé un mauvais signal dès le début du sommet", a dénoncé un porte-parole de l'ONG, Gawain Kripke.

Pour Médecins sans frontières (MSF), le sommet n'est pas parvenu à "s'occuper de la malnutrition des enfants".

"Une fois de plus, la communauté internationale ne prend aucun engagement dans la lutte contre la malnutrition des enfants. Négliger le fait que de 3,5 à 5 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de malnutrition signifie en substance que le sommet a échoué" s'agissant de "protéger les plus vulnérables", a conclu Guillaume Bonnet, porte-parole de MSF.

Aux questions des journalistes relayant le mal-être des ONG, M. Diouf a répondu en essayant de défendre les résultats du sommet.

Il a ainsi présenté comme un succès le fait que le document final prévoit "l'éradication totale de la faim" dans le monde alors que l'objectif jusqu'à présent était de réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre des affamés.

Mais aucune date-butoir n'a été fixée pour atteindre cet objectif.

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