Lufthansa s’attaque au pré carré africain d’Air France
19/11/09 15:01
La compagnie allemande dessert autant de destinations africaines que son concurrent français et compte ouvrir de nouvelles lignes en 2010.
L’Afrique est le théâtre d’une nouvelle bataille entre Air France et Lufthansa. La compagnie allemande, qui vient de racheter Brussels Airlines, a annoncé mercredi le renforcement de ses positions en Afrique avec l’ouverture de nouvelles lignes en 2010 et l’augmentation des fréquences sur plusieurs villes.
Après avoir inauguré cet été ses premiers vols vers Accra (Ghana), Luanda (Angola) et Libreville (Gabon), la compagnie allemande fait actuellement ses débuts vers Abuja et Port Harcourt (Nigeria). «On se rend compte que l’Afrique offre des perspectives de croissance intéressantes, explique un cadre de Lufthansa. C’est, entre autres, parce que nous voulions nous renforcer sur ce continent que nous avons racheté Brussels Airlines.» L’ancêtre de la compagnie belge, la Sabena, était une compagnie pionnière en Afrique. Un héritage qu’a su reprendre Brussels Airlines qui couvre aujourd’hui 14 destinations en Afrique sub-saharienne.
Le groupe Lufthansa (Lufthansa, Swiss, Brussels Airlines) dessert 31 destinations en Afrique, autant qu’Air France, qui ne fait la différence que sur le nombre de ses fréquences. Les trois compagnies offrent même une alternative à Air France sur les vols vers l’Afrique au départ de Paris, via les hubs de Francfort, Zurich et Bruxelles.
Historiquement, Lufthansa s’est toujours focalisé sur le marché nord-américain et l’Asie. Il y a peu encore, la compagnie ne desservait que l’Afrique du Sud, l’Afrique de l’Est et l’Égypte.
Peu sensible à la crise
En se lançant sur l’Afrique de l’Ouest, Lufthansa et ses alliés s’attaquent à la vache à lait d’Air France. Le marché africain est en effet assez peu sensible à la crise. En octobre, le trafic passagers d’Air France-KLM a baissé de 4,1 % tandis qu’il ne perdait que 0,8 % sur l’Afrique et le Moyen-Orient. «Nous tenons aujourd’hui le coup grâce à notre réseau en Afrique et dans les Caraïbes, affirme un cadre d’Air France. Les lignes africaines sont les plus rentables pour notre compagnie.»
La compagnie tricolore peut en effet tirer ses tarifs vers le haut grâce à la faible concurrence sur ces destinations et à une clientèle prête à mettre le prix pour éviter les compagnies africaines. « Dès le rachat de Brussells Airlines, ils nous ont senti venir et ont commencé à tirer leurs prix vers le bas », affirme un cadre de Lufthansa.
Stratégiquement, le groupe compte sur ses accords avec Ethiopian Airlines pour faire d’Addis-Abeba une plate-forme de correspondance entre les vols en provenance d’Europe et ceux à destination des États d’Afrique. «Air France, qui est en position dominante, ne peut que perdre des parts de marché», affirme-t-on chez Lufthansa. Toute la question est de savoir combien.
source : www.lefigaro.fr
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Fabrice Amedeo
Guinée : après le massacre, l'économie étouffe
Par Fabienne Martin | Infosud/Syfia | 17/11/2009 |

Après la répression, le 28 septembre dernier, d'une manifestation pacifique de l'opposition, qui a fait au moins 150 morts à Conakry, la Guinée est aux aguets. Sanctionné de toutes parts, le régime militaire en place depuis le coup d'Etat de décembre 2008 fait désormais face à une situation économique et sociale désastreuse.
Sous d'immenses manguiers, les yeux rivés sur le portail de son entreprise, un agent technique d'une trentaine d'années s'inquiète pour son avenir. Transco, situé à Lambanyi, en banlieue de Conakry, jusque-là fleuron des entreprises de transit, de manutention et de transport, est en effet sur le point de mettre la clé sous la porte. Un responsable de la société qui compte au total près de 1 000 employés explique :
« Nous avons plus de 600 camions immobilisés faute de marchés. Depuis un mois, nous avons licencié une trentaine de personnes pour motifs économiques et cela doit continuer. »
Cette entreprise n'est pas la seule frappée en Guinée. Selon les services des douanes, le volume des importations transitant par l'aéroport de Conakry a chuté de moitié depuis les événements du 28 septembre dernier. La répression sanglante d'une manifestation pacifique de l'opposition dans un stade avait, ce jour-là, fait plus de 150 morts selon l'ONU. Les gens protestaient contre la candidature à la présidentielle prévue en janvier 2010 de Moussa Dadis Camara au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre 2008, qui, après avoir promis de confier le pouvoir à un président civil, envisage d'être candidat.
Un pays au ralenti
A Kaloum, centre d'affaires de Conakry, le responsable d'une agence de communication se lamente :
« Nous nous battons en vain pour faire passer nos dernières factures chez nos clients. »
Un mois après les atrocités commises par des militaires, tout ou presque semble être arrêté. Un chef d'entreprise constate :
« La Guinée est devenue une destination risquée. Depuis que le président a annoncé qu'il ne maîtrisait pas l'armée qui a tué de nombreuses personnes, les investisseurs préfèrent rentrer chez eux. »
Fin octobre, à la demande de leurs ambassades, 17 experts occidentaux ont ainsi quitté la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), une société minière détenue en majorité par l'Australienne Rio Tinto et l'Américaine Alcoa. Ces départs, selon les spécialistes, poseront des problèmes techniques à la CBG qui verse entre 60 à 180 millions de dollars par an au Trésor public guinéen.
Cette situation a provoqué une nouvelle baisse du franc guinéen (FGN). Il y a un mois, il fallait 6 000 FGN pour obtenir un euro. Aujourd'hui, il en faut plus de 7 300. L'incidence sur les prix des produits de première nécessité, surtout importés, est forte. Le prix du sac de 50 kilos de riz local est passé d'environ 210 000 à 280 000 FGN pendant la même période.
Depuis fin septembre, nombreux seraient les Guinéens à s'expatrier, estime Alassane Barry, gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) pour qui ce flux migratoire serait l'une des causes de la flambée des devises étrangères sur le marché local. « Ils ont besoin de devises étrangères pour envoyer leurs familles à l'étranger et y payer les frais de scolarité des enfants », avance le patron de la BCRG.
Planche à billets
Pour la majorité des gens, qui n'ont pas les moyens de partir, la situation est plus que précaire. C'est le cas de cet agent de développement, marié et père de deux enfants, jusque-là opérateur dans un projet financé par l'AFD (Agence française de développement), qui vient de recevoir sa lettre de mise en congé technique.
Son seul espoir est de trouver un emploi d'enseignant dans une école publique. En effet, l'Etat, privé d'aides budgétaires et de recettes fiscales conséquentes, à défaut de payer régulièrement ses fournisseurs, arrive tout de même à payer ses fonctionnaires. Un économiste indépendant explique :
« Quand ses recettes sont insuffisantes, l'Etat a recours à la planche à billets [création de monnaie, ndlr] pour faire face à ses dépenses et payer ses fonctionnaires afin d'éviter des remous sociaux. »
Celui-ci estime que d'ici quelques mois, cette politique aboutira à une chute vertigineuse de la monnaie et à une forte hausse des prix :
« Les gens seront obligés de redescendre dans la rue. »
D'autant plus que la communauté internationale accentue sa pression. Après la répression du 28 septembre, l'Union européenne, qui, dès les premières heures du coup d'Etat, avait suspendu une aide au développement d'environ 230 millions d'euros, a décrété de nouvelles sanctions contre des membres et proches de la junte ainsi qu'un embargo sur les armes.
De leur côté, les Etats-Unis, un mois après le coup d'État, avaient suspendu leur aide non humanitaire (plus de 20 millions de dollars par an) et viennent de limiter l'entrée de certains membres de la junte et du gouvernement sur le sol américain. La CEDEAO et l'Union africaine ont opté pour le refus de délivrer des visas aux membres de la junte et le blocage de leurs avoirs. La CEDEAO a de plus décrété un embargo sur les armes, approuvé par les Etats-Unis.
Commentant ces mesures, un opposant estime :
« les sanctions ciblées contre les membres de la junte sont plus efficaces que l'embargo sur les armes ».
« La Guinée en importe des pays qui ne sont pas sous contrôle. »
En partenariat avec : Photo : une vendeuse de pain attend les clients dans une rue de Conakry en octobre 2009 (Luc Gnago/Reuters).
41èmes Assises de la presse francophone (Yaoundé, Cameroun, 17-22 novembre 2009)

41èmes Assises de la presse francophone (Yaoundé, Cameroun, 17-22 novembre 2009)
YAOUNDE, Cameroun, 19 novembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Les 41èmes Assises de la presse francophone organisées par l’Union internationale de la presse francophone (UPF) se tiennent à Yaoundé (Cameroun) jusqu’au 22 novembre sur le thème : “Éthique et déontologie à l’heure d’Internet. Liberté et responsabilité des journalistes”. Ces journées ont été ouvertes par Alfred Dan Moussa (Côte d’Ivoire), président international de l’UPF et Alain Blaise Batongue, président de la section camerounaise de l’UPF en présence de personnalités de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et du monde de la francophonie et plus de deux cents journalistes venus du monde entier.
L’Union internationale de la presse francophone fêtera en 2010 son 60ème anniversaire et a tenu les précédentes réunions internationales de journalistes francophones à Montréal (2008), en Côte d’Ivoire (2007) et en Roumanie (2006).
L’UPF est le plus important réseau de journalistes, de responsables et d’éditeurs de la presse écrite et audiovisuelle francophone et compte plus de 3 000 professionnels répartis dans 125 pays. Cette communauté de journalistes, au-delà de son attachement au partage de la langue française, est porteuse d’un message de diversité, de solidarité et de dialogue du nord et du sud sur plusieurs continents.
SOURCE France – Ministry of Foreign Affairs








