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La compagnie allemande dessert autant de destinations africaines que son concurrent français et compte ouvrir de nouvelles lignes en 2010.

L’Afrique est le théâtre d’une nouvelle bataille entre Air France et Lufthansa. La compagnie allemande, qui vient de racheter Brussels Airlines, a annoncé mercredi le renforcement de ses positions en Afrique avec l’ouverture de nouvelles lignes en 2010 et l’augmentation des fréquences sur plusieurs villes.

Après avoir inauguré cet été ses premiers vols vers Accra (Ghana), Luanda (Angola) et Libreville (Gabon), la compagnie allemande fait actuellement ses débuts vers ­Abuja et Port Harcourt (Nigeria). «On se rend compte que l’Afrique offre des perspectives de croissance intéressantes, explique un cadre de Lufthansa. C’est, entre autres, parce que nous voulions nous renforcer sur ce continent que nous avons racheté Brussels Airlines.» L’ancêtre de la compagnie belge, la Sabena, était une compagnie pionnière en Afrique. Un héritage qu’a su reprendre Brussels Airlines qui couvre aujourd’hui 14 destinations en Afrique sub-saharienne.

Le groupe Lufthansa (Lufthansa, Swiss, Brussels Airlines) dessert 31 destinations en Afrique, autant qu’Air France, qui ne fait la différence que sur le nombre de ses fréquences. Les trois compagnies offrent même une alternative à Air France sur les vols vers l’Afrique au départ de Paris, via les hubs de Francfort, ­Zurich et Bruxelles.

Historiquement, Lufthansa s’est toujours focalisé sur le marché nord-américain et l’Asie. Il y a peu encore, la compagnie ne desservait que l’Afrique du Sud, l’Afrique de l’Est et l’Égypte.

Peu sensible à la crise

En se lançant sur l’Afrique de l’Ouest, Lufthansa et ses alliés s’attaquent à la vache à lait d’Air France. Le marché africain est en effet assez peu sensible à la crise. En octobre, le trafic passagers d’Air France-KLM a baissé de 4,1 % tandis qu’il ne perdait que 0,8 % sur l’Afrique et le Moyen-Orient. «Nous tenons aujourd’hui le coup grâce à notre réseau en Afrique et dans les Caraïbes, affirme un cadre d’Air France. Les lignes africaines sont les plus rentables pour notre compagnie.»

La compagnie tricolore peut en effet tirer ses tarifs vers le haut grâce à la faible concurrence sur ces destinations et à une clientèle prête à mettre le prix pour éviter les compagnies africaines. « Dès le rachat de Brussells Airlines, ils nous ont senti venir et ont commencé à tirer leurs prix vers le bas », affirme un cadre de Lufthansa.

Stratégiquement, le groupe compte sur ses accords avec Ethiopian Airlines pour faire d’Addis-Abeba une plate-forme de correspondance entre les vols en provenance d’Europe et ceux à destination des États d’Afrique. «Air France, qui est en position dominante, ne peut que perdre des parts de marché», affirme-t-on chez Lufthansa. Toute la question est de savoir combien.

source : www.lefigaro.fr

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Fabrice Amedeo