18 novembre 2009

FAO : déception après un sommet sans pays riches ni objectifs contraignants

ROME — Le sommet de la FAO qui s'est achevé mercredi à Rome a été décevant aussi bien aux yeux du directeur de cette organisation de l'ONU, Jacques Diouf, que pour les ONG qui ont dénoncé l'absence de dirigeants des pays riches et d'engagements contraignants pour lutter contre la faim.

"Naturellement, j'aurais espéré avoir dans un sommet de chefs d'Etat ou de gouvernement tous les pays représentés à ce niveau", a reconnu au cours de la conférence de presse finale le chef de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui regroupe 192 pays.

"Si nous n'avons pas les dirigeants qui ont autorité sur tous les dossiers, qui peuvent coordonner l'action (...) je pense que nous passons à côté du problème, nous réduisons la question à sa dimension purement technique, alors qu'elle a une dimension économique, sociale, financière, je dirais même culturelle", a assuré M. Diouf. Car, a-t-il dit, "les problèmes de l'agriculture dépassent les ministres de l'Agriculture".

Une soixantaine de chefs d'Etat ou de gouvernement, essentiellement d'Afrique et d'Amérique Latine, ont participé à ce sommet boudé par la totalité des dirigeants du G8, sauf Silvio Berlusconi dont le pays accueillait la réunion et où la FAO a son siège.

Le ministre italien de l'Agriculture, Luca Zaia, a résumé par un euphémisme la réunion de trois jours : "ce sommet n'a pas donné de grands résultats et il y a eu des absences importantes".

Les ONG impliquées dans la lutte contre la faim, venues en grand nombre dans la capitale italienne, ont été plus dures à l'égard de l'agence spécialisée de l'ONU.

"Le sommet de la FAO a gâché l'ocsasion d'empêcher un milliard de personnes d'être affamées", a déploré ActionAid.

"On pourrait penser que la hausse de 20% depuis 2005 du nombre des personnes affamées aurait entraîné une action décisive et déterminée. Mais le sommet de la FAO n'a pas réussi à parvenir à une quelconque percée importante. Les dirigeants du G8 ne se sont même pas dérangés" à part Silvio Berlusconi, dénonce un communiqué d'ActionAid.

"On ne remplit pas des estomacs vides avec des paroles chaleureuses", a conclu l'ONG.

Oxfam International a donné mercredi une note de 2 sur 10 au sommet de la FAO. "Une seule réunion ne peut pas résoudre (le problème de) la faim dans le monde mais nous nous attendions certainement à bien plus. Le résultat n'est pas à la hauteur du problème, avec un milliard de personnes qui souffrent de la faim. L'absence quasi totale de dirigeants des pays riches a envoyé un mauvais signal dès le début du sommet", a dénoncé un porte-parole de l'ONG, Gawain Kripke.

Pour Médecins sans frontières (MSF), le sommet n'est pas parvenu à "s'occuper de la malnutrition des enfants".

"Une fois de plus, la communauté internationale ne prend aucun engagement dans la lutte contre la malnutrition des enfants. Négliger le fait que de 3,5 à 5 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de malnutrition signifie en substance que le sommet a échoué" s'agissant de "protéger les plus vulnérables", a conclu Guillaume Bonnet, porte-parole de MSF.

Aux questions des journalistes relayant le mal-être des ONG, M. Diouf a répondu en essayant de défendre les résultats du sommet.

Il a ainsi présenté comme un succès le fait que le document final prévoit "l'éradication totale de la faim" dans le monde alors que l'objectif jusqu'à présent était de réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre des affamés.

Mais aucune date-butoir n'a été fixée pour atteindre cet objectif.

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Promotion des femmes et égalités des sexes en Afrique : de l’engagement à l’action

Promotion des femmes et égalités des sexes en Afrique : de l’engagement à l’action

BANJUL, Gambia, 17 novembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Communiqué de presse de la CEA n° 65/2009

Quinze ans après la quatrième Conférence régionale africaine sur les femmes qui s’est tenue à Beijing en 1995, c’est à Banjul, en Gambie, la cote souriante de l’Afrique que la Commission économique pour l’Afrique (CEA) a choisi de se réunir pour l’évaluation de l’état de la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing. Composé de douze domaines prioritaires, ce programme est un instrument majeur pour traiter des inégalités entre les sexes et la promotion des femmes, d’où l’importance de cette évaluation à mi-parcours en Afrique. Le thème retenu pour cette 8éme Conférence régionale africaine sur les femmes (Beijing +15) est : «De l’engagement à l’action ».

«Le temps de revoir nos habitudes et notre façon d’agir est venu car les femmes font encore face à toute sorte d’aléas de crises, de guerres et de conflits ». Tels ont été les mots de Mme Lalla Ben Barka, Secrétaire exécutive adjointe de la CEA dans l’allocution prononcée à l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture de la Conférence. Elle a ensuite indiquée que cette rencontre reflète l’engagement et la détermination des gouvernements pour réaliser les objectifs de l’agenda du genre en Afrique. Malgré les immenses progrès constatés dans la réduction de l’inégalité entre les sexes et la promotion des femmes dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique, certains défis demeurent entiers a observé Mme Ben Barka. En effet, «les politiques et les programmes traitent encore les sujets liés au genre comme des éléments isolés et le concept de la prise en compte du genre demeure esthétique et se heurtent toujours aux résistances ». Pour preuve, Mme Ben Barka a cité l’exemple des ministères et des directions chargés des questions du genre qui, faute de ressources adéquates, peinent à accomplir leur mandat ou encore des contradictions entre les législations en faveur des femmes et des filles et les pratiques traditionnelles qui perpétuent l’asservissement des femmes. Ainsi le temps de l’action arrive à point nommé, a annoncé la Secrétaire exécutive adjointe de la CEA, car le changement climatique et les autres crises n’épargneront pas les femmes et les filles, bien au contraire, les discriminations, les disparités, la pauvreté et la malnutrition seront exacerbées. En conclusion, pour insister davantage sur l’importance de l’égalité des genres et la promotion de la femme en tant que conditions sine qua none de tout développement, Mme Ben Barka a repris à son compte l’assertion d’un journaliste «la femme est l’avenir de l’homme ».

Pour sa part, Mme Julia Dolly Joiner, Commissaire de l’Union africaine (UA) chargée des Affaires politiques, a indiqué que le changement climatique et la crise économique posent un double défi à l’Afrique dans la mesure où leurs conséquences se font plus ressentir que partout ailleurs. Mme Joiner a rappelé qu’il appartient à l’Afrique d’être audacieuse dans l’action vu la taille et le nombre croissant de défis à relever. De même, il est nécessaire d’élargir le canevas de la réflexion afin de compter davantage de succès et réduire les défis qui se posent à la femme en Afrique. Dans ce cadre, elle a réitéré l’engagement de l’UA dans la mise en œuvre des Plateformes de Beijing et de Dakar. Cet engagement est reflété dans le Plan stratégique de la Commission de l’UA pour la période 2009-2012 et est répété dans la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples sur les droits de la femme en Afrique ainsi que dans la Déclaration solennelle sur l’égalité des genres en Afrique. Mme Joiner a conclu son allocution en rappelant à l’assemblée certains fondamentaux pour l’évaluation : l’impact de la crise économique mondiale sur les droits de l’Homme notamment ceux de la femme, l’importance des synergies et de l’action concertée et l’investissement dans le développement.

Dans son discours, Mme Chinwe Dike, Coordinatrice résidente des Nations unies et Représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Gambie a fourni des chiffres éloquents sur la promotion des femmes et l’égalité des sexes. Deux tiers des illettrés dans le monde sont des femmes, 70% des enfants non scolarisés sont des filles et seul seize pour cent des femmes accèdent à des fonctions parlementaires. Elle a ajouté que partout dans le monde les femmes ont des salaires inferieurs aux hommes mais passent 70% de leur temps dans des taches domestiques. Malgré tout ceci, leur contribution à l’économie mondiale demeurent invisible a-t-elle assené. Elle a, cependant, indiqué que le sombre tableau dressé avait juste pour objectif de rappeler la longueur du chemin à parcourir même si beaucoup a déjà été fait. Mme Dike a conclu son propos par une question : malgré tous les instruments pour la promotion de la femme et l’égalité des sexes, que pouvons faire pour changer l’attitude des femmes et des hommes pour une meilleure reconnaissance de la contribution de la femme à l’économie mondiale.

Avant de déclarer la Conférence officiellement ouverte, Mme Fatou Jassey-Kuyateh, Secrétaire générale du bureau de la Vice-président de la Gambie a dressé un tableau complet de l’état d’avancement de la promotion de la femme et de l’égalité des genres dans la cote souriante de l’Afrique.

La session des experts de la 8éme Conférence régionale africaine sur les femmes prendra fin le 18 novembre. Elle sera suivie, du 18 au 20 novembre par la Conférence ministérielle.

Site Web : http://www.uneca.org/acgs/beijingplus15/

Communiqué du Service de l’information et de la communication de la CEA
Boîte postale 3001
Addis-Abeba
Éthiopie

Téléphone: +251 11 544 50 98
Télécopie: +251 11 551 03 65
Adresse électronique: ecainfo@uneca.org
Site Internet: www.uneca.org

SOURCE

UN Economic Commission for Africa (ECA)

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