Promotion des femmes et égalités des sexes en Afrique : de l’engagement à l’action

BANJUL, Gambia, 17 novembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Communiqué de presse de la CEA n° 65/2009

Quinze ans après la quatrième Conférence régionale africaine sur les femmes qui s’est tenue à Beijing en 1995, c’est à Banjul, en Gambie, la cote souriante de l’Afrique que la Commission économique pour l’Afrique (CEA) a choisi de se réunir pour l’évaluation de l’état de la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing. Composé de douze domaines prioritaires, ce programme est un instrument majeur pour traiter des inégalités entre les sexes et la promotion des femmes, d’où l’importance de cette évaluation à mi-parcours en Afrique. Le thème retenu pour cette 8éme Conférence régionale africaine sur les femmes (Beijing +15) est : «De l’engagement à l’action ».

«Le temps de revoir nos habitudes et notre façon d’agir est venu car les femmes font encore face à toute sorte d’aléas de crises, de guerres et de conflits ». Tels ont été les mots de Mme Lalla Ben Barka, Secrétaire exécutive adjointe de la CEA dans l’allocution prononcée à l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture de la Conférence. Elle a ensuite indiquée que cette rencontre reflète l’engagement et la détermination des gouvernements pour réaliser les objectifs de l’agenda du genre en Afrique. Malgré les immenses progrès constatés dans la réduction de l’inégalité entre les sexes et la promotion des femmes dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique, certains défis demeurent entiers a observé Mme Ben Barka. En effet, «les politiques et les programmes traitent encore les sujets liés au genre comme des éléments isolés et le concept de la prise en compte du genre demeure esthétique et se heurtent toujours aux résistances ». Pour preuve, Mme Ben Barka a cité l’exemple des ministères et des directions chargés des questions du genre qui, faute de ressources adéquates, peinent à accomplir leur mandat ou encore des contradictions entre les législations en faveur des femmes et des filles et les pratiques traditionnelles qui perpétuent l’asservissement des femmes. Ainsi le temps de l’action arrive à point nommé, a annoncé la Secrétaire exécutive adjointe de la CEA, car le changement climatique et les autres crises n’épargneront pas les femmes et les filles, bien au contraire, les discriminations, les disparités, la pauvreté et la malnutrition seront exacerbées. En conclusion, pour insister davantage sur l’importance de l’égalité des genres et la promotion de la femme en tant que conditions sine qua none de tout développement, Mme Ben Barka a repris à son compte l’assertion d’un journaliste «la femme est l’avenir de l’homme ».

Pour sa part, Mme Julia Dolly Joiner, Commissaire de l’Union africaine (UA) chargée des Affaires politiques, a indiqué que le changement climatique et la crise économique posent un double défi à l’Afrique dans la mesure où leurs conséquences se font plus ressentir que partout ailleurs. Mme Joiner a rappelé qu’il appartient à l’Afrique d’être audacieuse dans l’action vu la taille et le nombre croissant de défis à relever. De même, il est nécessaire d’élargir le canevas de la réflexion afin de compter davantage de succès et réduire les défis qui se posent à la femme en Afrique. Dans ce cadre, elle a réitéré l’engagement de l’UA dans la mise en œuvre des Plateformes de Beijing et de Dakar. Cet engagement est reflété dans le Plan stratégique de la Commission de l’UA pour la période 2009-2012 et est répété dans la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples sur les droits de la femme en Afrique ainsi que dans la Déclaration solennelle sur l’égalité des genres en Afrique. Mme Joiner a conclu son allocution en rappelant à l’assemblée certains fondamentaux pour l’évaluation : l’impact de la crise économique mondiale sur les droits de l’Homme notamment ceux de la femme, l’importance des synergies et de l’action concertée et l’investissement dans le développement.

Dans son discours, Mme Chinwe Dike, Coordinatrice résidente des Nations unies et Représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Gambie a fourni des chiffres éloquents sur la promotion des femmes et l’égalité des sexes. Deux tiers des illettrés dans le monde sont des femmes, 70% des enfants non scolarisés sont des filles et seul seize pour cent des femmes accèdent à des fonctions parlementaires. Elle a ajouté que partout dans le monde les femmes ont des salaires inferieurs aux hommes mais passent 70% de leur temps dans des taches domestiques. Malgré tout ceci, leur contribution à l’économie mondiale demeurent invisible a-t-elle assené. Elle a, cependant, indiqué que le sombre tableau dressé avait juste pour objectif de rappeler la longueur du chemin à parcourir même si beaucoup a déjà été fait. Mme Dike a conclu son propos par une question : malgré tous les instruments pour la promotion de la femme et l’égalité des sexes, que pouvons faire pour changer l’attitude des femmes et des hommes pour une meilleure reconnaissance de la contribution de la femme à l’économie mondiale.

Avant de déclarer la Conférence officiellement ouverte, Mme Fatou Jassey-Kuyateh, Secrétaire générale du bureau de la Vice-président de la Gambie a dressé un tableau complet de l’état d’avancement de la promotion de la femme et de l’égalité des genres dans la cote souriante de l’Afrique.

La session des experts de la 8éme Conférence régionale africaine sur les femmes prendra fin le 18 novembre. Elle sera suivie, du 18 au 20 novembre par la Conférence ministérielle.

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SOURCE

UN Economic Commission for Africa (ECA)