14 novembre 2009

grand week-end de la SAPE au Musée Dapper

Dans le cadre de l'exposition L'Art d'être un homme, Afrique, Océanie,
le musée Dapper propose un grand week-end de la SAPE

Vendredi 27, samedi 28 et dimanche 29 novembre 2009

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L’univers de la SAPE

Vendredi 27 novembre 2009 à 20 h 30

Dans les grandes villes africaines, des hommes extrêmement créatifs ont su adapter les vêtements occidentaux à leur propre goût. Les adeptes de la SAPE (Société des ambianceurs et des personnes élégantes), qui cultivent raffinement et masculinité, ont développé un art de l’habillement et stimulé des modes qui rivalisent d’originalité.
À partir d’extraits de documentaires tournés dans la rue avec des Sapeurs, Brice Ahounou, journaliste et anthropologue, retrace, entouré de quelques invités, l’histoire de ce mouvement ancré à Brazzaville, à Kinshasa et même à Paris.

Entrée libre
Réservation conseillée au 01 45 00 91 75

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Lorsqu’un écrivain et le «roi de la SAPE»

Samedi 28 novembre 2009 à 15 h
se rencontrent...

Après avoir évoqué sa relation à la SAPE à travers ses romans, Alain Mabanckou incitera Djo Balard, l’une des figures emblématiques de ce courant et Bachelor, à évoquer leur parcours original.

Entrée libre
Réservation conseillée au 01 45 00 91 75

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Ciné-club Afrique* : La Vie est belle
Dimanche 29 novembre 2009 à 16 h 30

Benoît Lamy et Mwézé Ngangura, Belgique, R.D.C., fiction, 1987, 83 min
Avec Tumba Ayila, Pépé Kallé, Kanko Kasongo, Bibi Krubwa, Kalimazi Lombume Riva, Mujinga Mbuji Inabanza, Lokinda Menji Feza, Mazaza Mukoko, Landu Nzunzimbu Matshia, Papa Wemba

Ce film est l’occasion de retrouver le grand musicien Papa Wemba, un émule de la SAPE.

Comédie musicale joyeuse, La Vie est belle, raconte les aventures rocambolesques d'un jeune paysan, Kourou – Papa Wemba dans son premier rôle au cinéma.
Chanteur vedette au village, Kourou débarque à Kinshasa sans un sou en poche pour y tenter sa chance et faire carrière. Avant de réaliser son rêve (devenir un chanteur célèbre), le chemin sera long et parsemé d’embûches. Dans la jungle de la grande ville, Kourou va faire tous les métiers : domestique, cireur de chaussures – un des morceaux d’anthologie du film – et même homme de main du patron d’un night-club… Lorsque Kourou tombe amoureux de la belle Kabibi, également convoitée par son patron, les embrouilles sont assurées ! Pourtant tout finira bien, et en musique.


Projection suivie d’une rencontre avec Mwézé Ngangura,
animée par Catherine Ruelle.

Tarif : 6 €
Étudiants,
Les Amis du musée Dapper, demandeurs d'emploi : 4 €
(entrée libre pour l'exposition
L'Art d'être un homme incluse)

Réservation conseillée au 01 45 00 91 75

* Un rendez-vous mensuel proposé par le musée Dapper, RFI et  l'association Racines. Avec le concours de la cinémathèque de Culturesfrance et le soutien de la Mairie de Paris.


Retrouvez toute l’actualité du musée Dapper

http://www.dapper.com.fr/

MUSÉE DAPPER – 35 bis, rue Paul Valéry – 75116 PARIS – M° Victor Hugo

Ouvert tous les jours de 11 h à 19 h sauf les mardis et hors expositions temporaires

Tél. : 01 45 00 91 75 – Fax : 01 45 00 27 16
Librairie (accès libre) - Tél. : 01 45 00 91 74
Café Dapper (accès libre) - Tél. : 01 45 00 31 73

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L'Afrique a franchi le cap du milliard d'habitants

Ce n'est qu'un symbole, mais il est de taille. Le continent africain aura franchi le seuil du milliard d'habitants au cours de l'année 2009. Ce passage, discrètement relevé dans un récent bulletin du Population Reference Bureau, une organisation indépendante basée à Washington, marque le spectaculaire envol démographique d'un continent resté longtemps sous-peuplé, saigné par la traite négrière (11 millions d'hommes en trois siècles) et les épidémies.

Il intervient à un moment où inquiétudes et fantasmes se concentrent plus que jamais sur l'Afrique. Vu de la partie développée et vieillissante du monde, le continent noir peut être perçu comme celui de tous les dangers - pauvreté, faim, émigration, terrorisme, conflits armés - qu'une démographie incontrôlée peut exacerber.

Le choc des chiffres, il est vrai, est rude. Alors qu'en 1950 l'Afrique (225 millions d'habitants) n'accueillait qu'un humain sur dix, le continent abrite aujourd'hui un homme sur sept. Et cette proportion devrait atteindre un sur cinq à l'horizon 2050, lorsque la population africaine aura doublé pour atteindre 2 milliards.

Aujourd'hui, déjà, un enfant sur quatre naît en Afrique, continent qui cumule les records démographiques : la plus forte fécondité (4,6 enfants par femme contre 2,5 de moyenne mondiale) et celui de la jeunesse (43 % des Africains subsahariens ont moins de 15 ans). Le troisième pays de la planète par sa natalité est le Nigeria, pays où naissent, chaque année, plus de bébés (6 millions) que dans l'ensemble de l'Union européenne (5 millions). Quant à l'Ouganda, c'est le pays le plus jeune du monde : 56 % de sa population a moins de 18 ans.

Ces marques de dynamisme se doublent d'indicateurs nettement moins enthousiasmants : la durée moyenne de la vie d'un Africain ne dépasse guère 53 ans en moyenne, soit quinze ans de moins que la moyenne planétaire ; la mortalité infantile y est vingt fois plus élevée qu'en Europe de l'Ouest, et la contraception 2,4 fois moins pratiquée qu'en Europe ou en Asie.

"C'est le moment de l'Afrique", estime néanmoins Gilles Pison, directeur de recherches à l'Institut national d'études démographiques (INED). "On a l'impression que rien ne change, que les Africains ont toujours beaucoup d'enfants. C'est à la fois vrai et faux", nuance le démographe, en soulignant la baisse continue de la natalité sur le continent. A un tableau immuable et catastrophique, il préfère la description d'une réalité contrastée, variant entre les Etats et entre zones rurales et urbaines.

Déjà, en dehors même du Maghreb, en pleine transition démographique (2,3 enfants par femme en Algérie et au Maroc, 1,9 en Tunisie), certaines zones du continent sont marquées par une nette baisse de la fécondité : 5 enfants par femme au Kenya contre 8 voilà trente ans ; 4,5 au Sénégal contre 7 il y a vingt-cinq ans. Même l'espérance de vie a fait de - lents - progrès, en dépit du sida : seize années ont été gagnées depuis 1950, grâce notamment aux campagnes de vaccination.

"La voie qu'empruntera l'Afrique subsaharienne vers la baisse de la fécondité sera probablement différente des autres régions du monde, indique M. Pison. Croire que des obstacles culturels y font irrémédiablement barrage n'est pas forcément juste. Ceux qui expliquaient voici quelques années que les machos sud-américains auraient toujours besoin de faire beaucoup d'enfants pour montrer leur virilité se sont trompés. On sous-estime la capacité de changement des sociétés."

SCOLARISATION

Tout porte à croire que la baisse de la fécondité continuera d'être plus lente en Afrique qu'ailleurs. La polygamie, clé de voûte de la structure familiale, favorise la multiplication des naissances. Mais cette inertie n'est pas à mettre au seul débit des populations. L'un des principaux vecteurs de ce changement est la scolarisation, singulièrement celle des filles, qui retarde les grossesses et facilite l'accès à la contraception. Or, pour l'heure, seuls 30 % des jeunes Africains fréquentent un établissement d'enseignement secondaire, soit la moitié de la moyenne mondiale.

"La contraception peut se diffuser à vive allure dans des campagnes africaines peu favorisées socio-économiquement", écrit Emmanuelle Guyavarch, de l'INED, qui, avec Gilles Pison, suit trois villages sénégalais sur une longue durée. Les freins et les échecs, estime-t-elle, "ne tiennent pas tant à une méconnaissance de la contraception (...) ou à un refus qu'à la difficulté d'y accéder."

Enquête à l'appui, les démographes montrent comment, dans un dispensaire rural, le seul remplacement d'un infirmier actif et convaincu par un autre, plus réticent, peut faire dégringoler la pratique de la contraception. Pointant les effets de "services souvent mal organisés et peu efficaces", ils concluent : "Les femmes et les hommes d'Afrique sont, plus qu'on ne l'imagine, prêts au changement."

Si plusieurs pays - Afrique du Sud, Namibie, Kenya, Zimbabwe - mènent une véritable politique de planning familial, la contraception reste souvent perçue en Afrique comme le produit d'une intervention étrangère. "Certains responsables entonnent un discours politiquement correct, favorable à la limitation des naissances, quand ils s'adressent aux bailleurs de fonds internationaux, constate un observateur africain averti. Mais entre Africains, ils n'en pensent pas un mot." Les influences religieuses encouragent aussi ce double langage, qui revient à présenter la contraception comme une arme des pays riches offensant les traditions locales.

Philippe Bernard

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