12 novembre 2009

Crise économique: "l'Afrique doit d'abord compter sur elle-même"

12/11/2009 11:00
ADDIS ABEBA (AFP) - Crise économique: "l'Afrique doit d'abord compter sur elle-même", selon Jean Ping

Le président de la Commission de l'Union Africaine (UA), Jean Ping, a estimé jeudi que pour sortir de la crise économique globale, l'Afrique devait d'abord compter sur elle-même, et non sur l'aide extérieure.

Lors d'une réunion de la Banque africaine de développement (BAD), organisée avec la Commission économique pour l'Afrique de l'Onu (CEA) et l'UA, M. Ping a regretté que les pays développés n'aient pas aidé davantage le continent africain, le plus pauvre du monde, à lutter contre la pauvreté alors que l'argent était disponible.

"Au vu des sommes colossales dépensées pour sauver les banques et les industries, on peut considérer que le montant requis pour les objectifs de développement (du millénaire pour l'Afrique) et qui ne représentent par ailleurs qu'une infime partie desdites sommes, était donc bel et bien là et pouvait être débloqué à tout moment", a-t-il constaté.

"Mais en fait, le vrai problème n'est peut-être pas d'avoir les moyens d'éradiquer la pauvreté mais plutôt la priorité accordée à cette cause et partant la volonté politique de le faire!", a-t-il estimé.

"L'Afrique doit d'abord compter sur elle-même, sur ses propres ressources et ses propres capacités et ne pas axer ses stratégies de développement sur les promesses jamais tenues d'apports extérieurs", a-t-il affirmé.

Elle doit "encore moins spéculer là-dessus, même si elle paie aujourd'hui le prix fort d'un système financier international qui l'avait superbement écartée de la gouvernance et qui avait aussi fermé les yeux sinon encouragé des comportements irresponsables", a-t-il poursuivi.

source : la croix.com

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Afrique-Chine : Après Sharm El Sheikh, Dakar se fait l’écho de la nouvelle offensive de Pékin sur le continent

Ouestafnews – Le Sénégal s’est fait le porte-voix de la dernière offensive de la diplomatie chinoise sur le continent africain en annonçant à Dakar les dernières initiatives prises par Pékin pour apporter son soutien au continent africain lors du dernier Forum sur la Coopération Chine Afrique (Focac) tenu en Egypte.

Parmi les décisions chinoise figurent notamment celle d’accorder aux pays africains une enveloppe financière de 10 milliards de dollars (plus de 4200 milliards FCFA) en crédits préférentiels et celle de mettre en place un fonds spécial d’un milliard de dollars (plus de 420 milliards FCFA) destiné au financement des petites et moyennes entreprises africaines, selon un communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères transmis à Ouestafnews.

Ces décisions ont été annoncées par le premier ministre chinois Wen Jiabao, à Sharm El Sheikh (Egypte) lors du dernier Focac tenu les 8 et 9 novembre, précise le même communiqué.

Dakar et Pékin n’ont rétabli leurs relations diplomatiques qu’en 2006, après près d’une décennie pendant laquelle le Sénégal a entretenu des relations avec Taiwan, une île qui se dit « souveraine », mais considérée comme « séparatiste » par Pékin qui refuse de lui reconnaître son indépendance.

Selon le communiqué de Dakar, de « l’avis unanime » des participants à la conférence ministérielle de Sharm El Sheikh, « la Chine a largement respecté ses engagements vis-à-vis de l’Afrique comme le démontrent les nombreuses réalisations présentées au cours des discussions ».

La coopération entre l’Afrique et la Chine se déroule sur fonds de fortes rivalité, voire de tensions, avec les anciens « partenaires » du continent africain, notamment ceux de l’Europe souvent accusés par les Africains de ne pas tenir tous leurs engagements.

De leur côté les Européens reprochent à l’Afrique de se « ré-endetter » auprès de la Chine et à la nouvelle puissance économique mondiale qu’est la Chine de ne point « conditionner » son aide.

La décision de Pékin de renforcer son appui financier prise à Sharm El Sheikh s’ajoute à celle relative à « l’annulation des dettes gouvernementales dues au titre de l’année 2009 pour tous les pays pauvres très endettés et ceux inscrits dans la catégorie des nations les moins avancées », précise le ministère sénégalais des Affaires étrangères dans son communiqué.

Pékin annonce l’extension avant la fin de l’année 2010 du tarif douanier préférentiel à 60% des produits en provenance des PMA africains, avec l’ambition de porter ce taux à 95%.

La Chine, de plus en plus présente sur le continent a également décidé d’élargir le champ de ses interventions. Ainsi, Pékin envisage l’augmentation à 20 unités du nombre de « Centres pilotes agricoles aménagés » et l’envoi de 50 missions techniques agricoles chinoises en Afrique, en plus de la formation des 2.000 techniciens agricoles africains.

Dans le domaine de la santé la Chine s’engage en outre à fournir des équipements et des matériels médicaux et de produits antipaludéens d’une valeur de 500 millions de yuans aux 30 hôpitaux et aux 30 centres de lutte contre le paludisme construits en Afrique, selon le communiqué.

La construction de 50 écoles sino-africaines et l’accélération de la formation d’enseignants africains (environ 20.000 dans les trois prochaines annoncées) sont annoncées.

Mais affirme-ton du côté de Dakar, « la plus remarquable réalisation est sans nul doute l’augmentation du volume des échanges commerciaux qui a été porté, en 2008, à 107 milliards de dollars, contre 46 milliards en 2006, dépassant ainsi l’objectif de 100 milliards initialement fixé ».
La Chine a largement renforcé ses relations avec l'Afrique ces dernières années afin de satisfaire ses besoins croissants en ressources naturelles et a massivement investi dans de nombreux pays du continent.
Lors du dernier forum Chine-Afrique (Focac) qui avait réuni plus de 40 chefs d'Etat et de gouvernement en 2006 à Pékin, la Chine avait promis de doubler son aide à l'Afrique et s'était engagée à développer les relations commerciales avec le continent.
La Chine est de plus en plus présente en Afrique dans des projets dans les secteurs de l'agriculture, l'énergie, le transport ou l'eau et a signé des gros contrats lui donnant accès aux ressources énergétiques et naturelles de nombreux pays du continent.

Jeudi 12 Novembre 2009

Ouestaf News

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AFRIQUE DU SUD • Mandela éternue, le pays s’enrhume

Source : courrier international

Depuis plusieurs jours, les Sud-Africains vivent au rythme de communiqués contradictoires sur l’état de santé du combattant de l’apartheid. Et personne ne semble rassuré.

12.11.2009 | Daniele Mastrogiacomo | La Repubblica

DE JOHANNESBURG
Nelson Mandela est encore parmi nous, en dépit des rumeurs qui circulent depuis plusieurs jours. “Madiba”, comme tout le monde l’appelle ici, est affaibli, abattu. Mais il est encore là, cramponné à ses 91 printemps, après s’être éloigné de la politique et de la scène publique voilà six ans. Les rumeurs faisant état d’une dégradation de son état de santé – au point que l’on craint pour sa vie – ont mis la machine médiatique en branle. Avec toute la réserve de rigueur, naturellement, on pose discrètement des questions pour chercher à savoir s’il va bien, et l’on obtient des réponses qui nient un quelconque affaiblissement, mais finissent par être prises pour une confirmation de son déclin.

Après des jours de conjectures et de suppositions, assiégée par le monde entier au téléphone, la ­Fondation Nelson Mandela a été contrainte de diffuser un communiqué pour rassurer tout ce monde sur l’état de santé du grand combattant de l’apartheid. Voilà quelques jours, l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian, généralement bien informé, a rapporté dans un entrefilet les déclarations embarrassées du porte-parole du gouvernement, précisant que Mandela “[allait] bien” et que “sa vie et son état de santé [avaient] toujours été transparents, même lorsqu’il [avait] été atteint d’un cancer de la prostate voilà quelques années”. Les commentaires quelque peu agacés de son petit-fils, Mandla Zwelivelile Mandela, sont venus les confirmer. “Il n’y a rien d’anormal ni de suspect concernant l’état de santé de mon grand-père, a déclaré le jeune homme. J’ai pris mon petit-déjeuner avec lui ce matin. C’est un vieil homme, il est normal qu’il se soumette de temps en temps à des visites médicales de routine. Mais les gens se font des idées et voient des choses qui n’existent pas.”

Pour la première fois, Jacob Zuma est en mauvaise posture

C’est une période délicate pour l’Afrique du Sud. Jacob Zuma [le président de la République], en selle depuis six mois, est aux prises avec la crise financière, dont les effets se sont fait sentir avec retard ici, mais ont divisé le PIB par deux. L’incertitude ambiante et les coupes drastiques du gouvernement sur le plan social rendent nerveuses les deux formations qui soutiennent le nouveau président du Congrès national africain (ANC) et lui ont assuré la victoire aux dernières élections. Le Parti communiste et le puissant Cosatu (le congrès des syndicats sud-africains) réclament davantage de considération pour les thèmes sociaux – les victimes de licenciements, le système de santé, l’éducation – et menacent de laisser tomber la majorité. Zuma manœuvre habilement, tergiverse, remplace la ministre de la Santé, critiquée pour avoir nié les effets désastreux du sida, mais exclut aussi de la nouvelle équipe gouvernementale Trevor Manuel, le ministre de l’Economie, pourtant apprécié, qui avait maintenu jusqu’ici le pays hors de la récession. Tout cela soulève de nouvelles critiques, en particulier de la part de la frange la plus conservatrice, blanche et noire, qui se demande si l’ANC n’aurait pas “ouvert la porte au communisme”. Poussé dans ses retranchements, le nouveau président affirme que “l’Afrique du Sud ne reviendra pas sur ses choix économiques. L’ANC a toujours été un parti de gauche, mais cela ne veut pas dire qu’il renoncera aux principes qui régissent ce pays depuis vingt ans.” Pour la première fois, Jacob Zuma est en mauvaise posture. D’autant que Nelson Mandela, le “symbole” du pays, semble s’éteindre à petit feu. Et que nous sommes à la veille d’un rendez-vous qui propulsera l’Afrique du Sud au centre du monde.

La Coupe du monde de football approche. Les stades sont terminés, et l’on travaille jour et nuit à l’achèvement des réseaux de transports. La grosse machine est prête. L’Afrique du Sud a déjà passé avec succès le test de la Coupe des confédérations de la FIFA, en juin 2009. La violence – celle dont on est habitué à entendre parler et que l’on associe à Johannesburg – n’est plus la même.

L’Afrique du Sud est fière de sa diversité raciale

Le crime a toujours caractérisé l’Afrique du Sud : en venir à bout, ou tout au moins le faire reculer, est un défi que Zuma ne veut pas perdre. Le pays est immense, quadrillé par un réseau autoroutier qui fait envie. Tous les axes qui desservent la province du Gauteng ont été élargis et remis à neuf. D’autres sont en cours de construction et donnent lieu à d’énormes chantiers incessants qui emploient des dizaines de milliers d’ouvriers. Les réseaux de télécommunications ont été étendus partout. Si des générations entières ont grandi à l’ombre du mythe de Mandela, elles ont aussi été propulsées dans une ère de développement qui rend les Sud-Africains fiers de leur pays.

Blancs, Noirs, Indiens, Asiatiques. L’Afrique du Sud est fière de sa diversité de races. Après un siècle d’apartheid, de morts et d’arrestations, elle a corrigé un déséquilibre manifeste. Et entend désormais persévérer sur le chemin qu’elle a tracé. Les rumeurs qui circulent sur Nelson Mandela restent à l’arrière-plan d’un pays qui change et grandit en permanence. Voilà deux mois, le Prix Nobel de la paix a voulu entériner son éloignement définitif de la scène politique. “Ne m’appelez pas”, a-t-il demandé à ses fidèles et amis, “c’est moi qui vous appellerai le moment opportun.”

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