Borloo : « L'Afrique, c'est ou notre drame ou notre espoir »
Climat
La rédaction - Bourdin & Co - RMC, le 05/11/2009
A quelques semaines du sommet mondial de Copenhague sur le climat, le ministre français de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, défend le plan français d'aide aux pays pauvres.

A Copenhague du 7 au 18 décembre prochains, 192 pays tenteront de trouver un accord pour relayer les engagements du Protocole de Kyoto, dont la première phase expire fin 2012. L'objectif est de tenter d'éviter à la planète un dérèglement ingérable du climat. Pour ce faire, l'Union Européenne a d'ores et déjà approuvé une enveloppe d'aide globale de 100 milliards d'euros, apportée aux pays en développement. Un financement défendu notamment par le ministre français de l'Ecologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, Jean-Louis Borloo : « Nous, les pays industrialisés qui avons beaucoup pollué, devons nous mobiliser pour financer le développement des énergies renouvelables dans les pays les plus vulnérables. Il ne s'agit pas d'instaurer un impôt. Nous réfléchissons à des financements innovants, sur les transactions financières par exemple. »
« C'est notre intérêt d'aider les pays les plus vulnérables »
Revenant sur le plan "justice-climat" qu'il présentera à Copenhague, Jean-Louis Borloo explique : « on aide les pays les plus vulnérables, parce que c'est indiscutable moralement, et parce que c'est notre intérêt. Un exemple simple : aujourd'hui, l'Afrique s'enfonce, elle n'a pas de lumière - 77% des Africains n'ont pas accès à l'énergie. Or, c'est l'endroit au monde où c'est le moins cher et le plus facile d'avoir de l'énergie, c'est la plus grande puissance énergétique solaire du monde, la plus grande biomasse du monde, avec le potentiel de fleuves le plus important, le vent sur les plateaux éthiopiens... Equiper l'Afrique en énergie renouvelable aujourd'hui, c'est lui donner un avenir, un espoir ; et ce sont des investissements rentables pour nous Européens, pour nous Français. Ça coûte 10 fois moins cher que de modifier notre mix énergétique. L'Afrique, c'est ou notre drame ou notre espoir. »
« L'investissement le plus rentable de toute l'histoire »
Pour désamorcer la question épineuse du financement de cette aide aux pays pauvres, le ministre de l'Ecologie en précise les modalités : « Rendre la lumière partout en Afrique, ça coûterait 250 milliards de dollars. Ce qui représente entre 10 et 20 milliards par an, sur 20 ans ; soit une taxe de 0,01 % - de tous petits prélèvements - sur les transactions financières. C'est l'investissement le plus rentable de l'histoire de l'humanité. L'Europe est un peu essoufflée. C'est nos emplois de demain, qu'aider à l'équipement énergétique de l'Afrique. [...] Ce n'est pas qu'un problème de solidarité. » Reste encore à convaincre les Chinois et les Américains... Mais pour cela aussi, Jean-Louis Borloo se montre confiant et prêt à « leur parler, parler, parler... ».
Pour écouter l'intégralité de l'interview de Jean-Louis Borloo, cliquez ici.
Marie Ndiaye : ’’Je n’ai jamais été fâchée avec mes origines’’
FRANCE-SENEGAL-CULTURE

Marie Ndiaye : ’’Je n’ai jamais été fâchée avec mes origines’’
04/11/2009 21:58 GMT
Dakar, 4 nov (APS) - La Franco-Sénégalaise Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009 pour "Trois femmes puissantes", a indiqué mercredi qu’elle n’a ‘’jamais été fâchée’’ avec ses origines africaines et sénégalaises en particulier, bien qu’elle juge ‘’inapproprié’’ le fait d’être constamment renvoyé à celles-ci.
BK/AD
‘’Je n’avais pas besoin d’être réconciliée avec cette origine-là, car je n’ai jamais été fâchée avec elle’’, a répondu la romancière, née d’un père sénégalais et de mère française, à la question de savoir si le prix qu’elle vient de remporter l’a réconciliée avec ses origines.
’’Ca me fait très plaisir que des Sénégalais puissent s’identifier à mon parcours, même s’il ne me semble pas représentatif de quoi que ce soit’’, a-t-elle ajouté, comme on lui faisait remarquer que des Sénégalais et des Africains de façon générale s’identifie plus jamais à elle avec le prix qu’elle vient de remporter.
Les propos de la lauréate 2009 du prix Goncourt sont rapportés par le site Internet du quotidien français Le Monde qui a organisé, mercredi, un ‘’Chat’’ entre la romancière et ses lecteurs.
Avec ‘’Trois femmes puissantes’’, ‘’c’est la première fois, effectivement, que je me sens suffisamment mûre pour approcher l’Afrique que je connais finalement très mal et très peu puisque je n’y suis allée jusqu’à présent que deux ou trois semaines’’, avait indiqué Marie Ndiaye, dans ses premières déclarations faisant suite à l’annonce du choix porté sur elle par le jury du prix Goncourt.
‘’Maintenant, avait-elle ajouté, je me sens plus capable de le faire. Avant, je pense que l’Afrique était présente mais de manière plus obscure et énigmatique. C’est la première fois, là, qu’elle est citée. Est-ce que j’essaye de trouver un lien ? Oui, sans doute, en tout cas j’essaie de comprendre, un peu, ce que c’est que l’Afrique, ce que c’est qu’être Africain, Africaine’’.
‘’J’essaie de le comprendre même si je sais que maintenant, d’une certaine façon, il est trop tard, c’est-à-dire que je n’aurais plus jamais d’enfance africaine, de jeunesse africaine, donc c’est une compréhension qui restera intellectuelle finalement et pas émotive, pas affective ni sensible...’’, avait-elle poursuivi.
Aux lecteurs du Monde, elle a expliqué que son dernier roman qui lui a valu le Goncourt n’est autobiographique que ‘’dans une mesure très restreinte, très factuelle’’. Selon elle, ‘’le seul élément autobiographique évident est la présence d’un père vivant en Afrique, c’est tout’’.
Priée de dire si elle acceptait finalement le fait d’être constamment renvoyée à ses origines, notamment par les médias, elle a dit qu’avant, c’était quelque chose qui la gênait beaucoup. ‘’Il me semblait que je devais chaque fois préciser ce qu’il en est exactement. Aujourd’hui, j’y renonce. Cela ne me semble plus grave. Je m’y suis résignée, même si cela me semble inapproprié’’, a-t-elle précisé.
Mais bien qu’elle affirme ne pas connaître ‘’assez bien l’Afrique pour émettre une hypothèse avertie ou originale à son sujet’’, Marie Ndiaye a relevé qu’avec ‘’Trois femmes puissantes’’, elle a ‘’le sentiment de ne faire que commencer avec l’Afrique comme territoire romanesque’’.
Evoquant le parallèle fait entre sa trajectoire et celle du président américain Barack Obama qui, comme Marie Ndiaye, a été élevé par sa mère américaine, la lauréate 2009 du prix Goncourt a relevé qu’aux Etats-Unis, ‘’lorsqu’on évoque le père africain d’Obama, c’est en général contre ce dernier, c’est souvent agressif, ou en tout cas une manifestation de défiance.
Marie Ndiaye, 42 ans, est née à Pithiviers (France) et a passé toute son enfance avec sa mère. Elle a commencé à écrire vers l’âge de 12-13 ans et n’avait que 18 ans lors de la publication de son premier ouvrage intitulé ‘’Quant au riche avenir’’.
Elle abandonnera ensuite les études pour se consacrer à l’écriture en publiant à intervalles réguliers une douzaine de livres – romans, nouvelles, théâtre, dont l’étonnante pièce de théâtre ‘’Papa doit manger’’, qui lui a valu d’entrer au célèbre répertoire de la Comédie-Française.
Auteur également de "La femme changée en bûche" (1989) et "La sorcière" (1996), Marie Ndiaye est la sœur de Pap Ndiaye, historien et maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Installée à Berlin avec sa famille en 2007, Marie Ndiaye a déjà reçu le Prix Femina en 2001 pour "Rosie Carpe".









