Les évêques africains dressent un réquisitoire contre les dirigeants politiques et dénoncent les faiblesses de l'Eglise
LE MONDE | 24.10.09 | 14h36 • Mis à jour le 24.10.09 | 14h36
En trois semaines, le synode sur l'Afrique, qui s'achève samedi 24 octobre à Rome, a pris des allures de réquisitoire contre la gouvernance des responsables politiques locaux et les faiblesses de l'Eglise sur place.
Dans une synthèse de leurs travaux de ces dernières semaines, les pères synodaux ont fermement demandé, vendredi, aux responsables politiques catholiques africains de se comporter comme des "saints" pour le bien de leurs peuples ou de quitter leurs fonctions ; ils ont aussi interpellé les non-catholiques, les puissances étrangères et leur propre clergé.
Au fil de leurs interventions et, tout en reconnaissant à l'Eglise catholique une croissance et un dynamisme réels, les évêques africains, se sont montrés particulièrement sévères envers leur propre institution ; ils ont critiqué des pratiques qui, selon eux, mettent en péril la crédibilité de l'Eglise sur place. "Il faut avoir le courage de dénoncer ce qui est mal au sein de l'Eglise", a lancé Polycarp Pengo, l'archevêque tanzanien de Dar es-Salaam. Il a ainsi fustigé "l'autoritarisme, le tribalisme et l'ethnocentrisme" de certains responsables d'Eglise, engagés aux côtés de partis politiques, tandis qu'un de ses confrères déplorait "l'implication des prêtres dans la corruption".
Inquiet des pratiques culturelles "occultes" de certains membres du clergé, un évêque nigérian a aussi estimé que "les libations, le culte des ancêtres, les sacrifices offerts aux idoles et aux dieux ne sont pas compatibles avec le message de l'Evangile".
Il a appelé le synode à réfléchir à une meilleure formation des séminaristes et des prêtres. Quant aux fidèles, attirés par les "sectes" pentecôtistes qui, à coup de "millions de dollars" leur proposent des "solutions rapides à leurs problèmes", ils ont été invités à "développer une spiritualité équilibrée". "Ces groupes souvent agressifs parlent de l'Eglise catholique comme d'une Eglise morte", s'est inquiété Mgr Martins, du Nigeria, qui a proposé "l'instauration de petites communautés chrétiennes" pour que les fidèles s'y sentent reconnus et, le cas échéant, aidés.
Les évêques ont aussi invité les religieux qui ne respectent pas toujours leur engagement de pauvreté et de célibat, à "se rappeler que les offrandes apportées par les fidèles ne sont pas destinées au seul clergé mais aux pauvres et à l'Eglise en général". En Afrique, il n'est pas rare que des prêtres ou des évêques gèrent une entreprise commerciale.
Avec constance, les évêques ont également mené la charge contre les responsables politiques et leur mauvaise gouvernance, "cancer qui dévore le continent", selon les termes d'un évêque kenyan. L'archevêque de Dakar (Sénégal), Théodore-Adrien Sarr, a dénoncé "la corruption des dirigeants africains qui accordent des avantages et des profits démesurés aux multinationales au détriment de leur pays, les conflits armés fomentés par les marchands d'armes et le pillage des ressources naturelles".
L'un de ses confrères tanzaniens a déploré que les hommes politiques considèrent leur élection comme un "permis de voler", dénonçant au passage les gouvernants qui "croient en la sorcellerie, la superstition et l'occultisme".
Par ailleurs, même si la période coloniale est aux yeux de ces évêques largement dépassée, l'influence de la "pensée unique" de l'Occident est copieusement fustigée. Elle aurait des influences "nocives" sur la famille et le mariage, et favoriserait, entre autres, l'avortement, l'homosexualité et "une confiance irréaliste en l'efficacité du préservatif" dans la lutte contre le sida, laquelle passe surtout, selon eux, par la fidélité et l'abstinence. Ce sujet avait fait polémique lors du voyage du pape Benoît XVI en Afrique, lorsqu'il avait déclaré que l'utilisation du préservatif "aggravait le problème " de la pandémie.
Egalement inquiets de la vague d'émigration qui touche l'ensemble du continent, les évêques ont estimé que les solutions, notamment la lutte contre la pauvreté, sont à rechercher sur place : "Nous nourrissons l'espoir de susciter chez les Africains subsahariens un sursaut ou une renaissance de l'homme noir", a déclaré le cardinal sénégalais. Il a appelé les gouvernants à prendre en main "le destin de leurs peuples".
Les pères synodaux devaient remettre à Benoît XVI une série de propositions concernant les actions spécifiques de l'Eglise en Afrique.
Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat
Au Niger, le président Mamadou Tandja s'offre un bail illimité à la tête de l'Etat
Source : LE MONDE | 21.10.09 | 10h38 • Mis à jour le 21.10.09 | 12h38
La cause vacillante de la démocratie en Afrique n'avait pas besoin de cela. A peine plus de six mois après avoir promis publiquement, à Niamey devant Nicolas Sarkozy, de quitter le pouvoir "la tête haute" en vertu de la Constitution, le président du Niger, Mamadou Tandja, a achevé, mardi 20 octobre, la mise à sac des institutions de son pays qui fait de lui un président omnipotent, à vie s'il le désire.
Les élections législatives organisées mardi étaient en effet destinées à renouveler les 113 députés du Parlement nigérien que le président avait dissous en mai parce qu'il s'opposait à son projet de réforme constitutionnelle. Dans la foulée, le chef de l'Etat avait convoqué les électeurs par décret pour leur faire entériner, le 4 août, la nouvelle Loi fondamentale qui supprime la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.
Grâce à ce tour de passe-passe, M. Tandja, au pouvoir depuis dix ans, s'est dispensé de l'élection présidentielle qui devait avoir lieu – sans lui – à la fin de 2009 et s'offre la possibilité d'un bail illimité à la tête de l'Etat. Parallèlement, il a multiplié les arrestations d'opposants politiques et au sein de la société civile.
Même si la participation semble avoir été minime pour ces législatives boycottées par l'opposition, le vote crée l'illusion d'une validation populaire. Mamadou Tandja ne justifie-t-il pas son acharnement par le souhait du peuple de le voir "achever les chantiers de développement" lancés dans le pays ?
Après Madagascar, la Mauritanie et la Guinée, le Niger s'ajoute à l'inquiétante liste des coups d'Etat militaires ou "constitutionnels" qui ont marqué l'année 2009 en Afrique francophone. Sans parler des élections contestées au Congo et au Gabon, ni de celles, retardées depuis cinq ans, en Côte d'Ivoire…
Le scénario en cours au Niger place Paris en première ligne, en raison de l'intérêt stratégique de ce pays pour l'industrie nucléaire française. "A chaque étape de son coup de force constitutionnel, Mamadou Tandja a cherché à mouiller la France", explique au "Monde" Marou Amadou, responsable du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques, poursuivi pour "provocation à la désobéissance".
VOLTE-FACE
Après avoir joué les bons élèves de la démocratie devant M. Sarkozy en mars, M. Tandja a saisi l'occasion, en mai, de la pose de la première pierre de la mine d'uranium géante d'Imouraren (Nord) dont la société française Areva a obtenu l'exploitation, pour faire volte-face. Il a alors annoncé son référendum constitutionnel devant Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, et Anne Lauvergeon, présidente d'Areva.
Paris assure que ses intérêts miniers ne pèsent en rien sur son attitude "puisque le contrat est déjà signé". Mais un haut diplomate reconnaît qu'"il est impossible de couper les ponts avec Tandja". Les opposants, eux, ont du mal à croire en la neutralité française. "Nous n'acceptons pas que la France ferme les yeux sur le vol de notre démocratie, contre le droit d'exploiter l'uranium, déclare M. Amadou. Comment Paris peut-il croire qu'un dictateur est capable d'assurer une stabilité à long terme ?"
Mais, dans la balance, entre la défense des droits de l'homme et celle des intérêts économiques, la Chine, qui a signé un gros contrat pétrolier avec le Niger et exploite déjà l'uranium, pèse en faveur des seconds.
De fait, les pressions internationales destinées à faire renoncer Mamadou Tandja restent modérées et, en tout cas, inefficaces. En juillet, Nicolas Sarkozy avait dénoncé le "dévoiement" de la Constitution. Mardi, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a "suspendu" le Niger "jusqu'à ce que la légalité constitutionnelle soit rétablie".
Mais, aux yeux de la communauté internationale, les massacres sanglants du 28 septembre à Conakry semblent avoir relativisé la gravité de la dérive politique, jusqu'à présent pacifique, que subissent les Nigériens.
Philippe Bernard
Article paru dans le journal le Monde l'édition du 22.10.09
Les Français hésitent encore à quitter la Guinée
Lu pour dans libeération
Le Ministère des Affaires Etrangères a recommandé aux Français vivant en Guinée de partir du pays. Beaucoup attendent de voir l'évolution de la situation avant de se décider
La Guinée pleure ses morts. Ici le 2 octobre à la grande mosquée de Conakry. (AFP)
Pressés de quitter le pays par le Quay d'Orsay, la plupart des Français de Guinée préfèrent attendre un ordre d'évacuation officiel avant de se décider à partir. «Ceux qui le peuvent, comme les expatriés des ONG ou les employés d'entreprises, sont rentrés. Ceux qui sont installés ici patientent jusqu'à ne plus avoir le choix», déclare une Française de Conakry interrogée par Libération.
L'Ambassade de France a contacté une partie des 2500 ressortissants enregistrés en Guinée sans toutefois leur proposer une évacuation. Aucune agression ciblée n'a été signalée à l'encontre des Français. «Ceux qui partent le font de manière volontaire et à leurs frais. Les autres sont encouragés à rester chez eux avec des provisions et une valise prête au cas où», poursuit cette expatriée qui souhaite garder l'anonymat. «Le problème est qu'il est très difficile d'avoir des informations. La ville est calme mais les gens ont peur des manifestations et des militaires. Nous attendons de voir ce qui va se passer. Beaucoup de scénarios différents sont évoqués mais personne ne sait rien», ajoute-t-elle.
Presse non grata
Samedi, six journalistes français des chaînes de télévision France 2 et France 24, qui souhaitaient couvrir la crise guinéenne, ont été refoulés à l'aéroport de Conakry. «On avait tous les trois des visas. En arrivant à Conakry, des militaires faisant le contrôle des visas nous ont réclamé une lettre d'invitation», a raconté l'un d'entre eux. «Les militaires n'étaient pas du tout agressifs mais ils semblaient avoir reçu des instructions très claires. Ils nous ont accompagnés jusqu'à l'avion qui repartait vers Dakar», a-t-il poursuivi. Jeudi, un reporter de Paris-Match, arrivé sans visa, avait également été expulsé.
Selon le magazine aujourd'hui en Guinée, le ministre guinéen des affaires étrangères, Alexandre Cécé Loua, aurait demandé à l'ambassadeur de France, Jean-Michel Berrit, que Paris intervienne auprès de RFI et France 24 pour faire cesser le lynchage médiatique dont le chef de la junte au pouvoir, Moussa Dadis Camara, s'estime la victime. Ce que le diplomate a décliné, arguant de la liberté éditoriale des médias tricolores.
Deux journalistes guinéens, Mouctar Bah et Amadou Diallo, travaillant le premier pour l'Agence France-Presse (AFP) et Radio France Internationale (RFI), l'autre pour la British Broadcasting Corporation (BBC), auraient reçu des menaces de mort. Selon Reporters sans frontières (RSF), plusieurs autres journalistes guinéens ont été «accusés» par des militaires de «donner des informations aux étrangers et ont reçu des menaces de mort par téléphone».
Expectative
Suite à une répression sanglante d'une manifestation pacifique de l'opposition le 28 septembre, qui aurait fait plus de 150 morts selon l'ONU, la junte militaire de Dadis Camara est discréditée aussi bien sur le plan intérieur qu'international.
L'Union Africaine avait fixé un ultimatum – expirant samedi à minuit – aux membres de la junte, notamment à son chef, pour s'engager par écrit à ne pas se présenter à la présidentielle de janvier, comme ils l'avaient promis lors de leur coup d'Etat du 23 décembre 2008. Mais le capitaine putschiste a demandé que la question de sa candidature à la présidentielle soit inscrite dans la médiation du président burkinabè, Blaise Compaoré. Une manoeuvre destinée à gagner du temps, selon l'un des dirigeant de l'opposition, Mouctar Diallo, qui parle de «fuite en avant» de Camara.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé vendredi la création d'une commission internationale d'enquête sur le massacre du 28 septembre. A Conakry, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, l'érythréen Haïlé Menkerios, a rencontré dimanche le Premier ministre Kabiné Komara puis les dirigeants de l'opposition et enfin le chef de la junte. «Le Premier ministre m'a assuré que le gouvernement accueille favorablement cette commission et va coopérer avec elle», a-t-il fait savoir.
les sept principes de la désobéissance civile, par Howard Zinn
article mis en ligne le mardi 6 février 2007
La désobéissance civile est la violation délibérée, spécifique, de la loi, au nom d’un principe social essentiel. Elle devient non seulement justifiable mais nécessaire quand un droit humain fondamental est menacé et quand les moyens légaux pour faire respecter ce droit sont inadaptés. Il peut prendre la forme de violation d’une loi injuste, de protestation contre une situation injuste ou d’application symbolique d’une loi ou d’une situation souhaitable. Qu’elle soit reconnue comme légale, au nom d’un droit constitutionnel ou international, ou non, son but est toujours de combler la brèche qui sépare la loi de la justice, dans un processus infini de développement de la démocratie.
Il ne faut reconnaître aucune valeur sociale à l’obéissance absolue comme à la désobéissance absolue à la loi. Prôner l’obéissance à des mauvaises lois, comme façon d’inculquer un certain servilisme abstrait à « l’ordre légal » ne peut qu’encourager les tendances déjà très répandues des citoyens de se courber devant le pouvoir de l’autorité, de refuser tout affrontement avec l’ordre établi. Exalter l’ordre légal comme quelque chose d’absolu est la marque du totalitarisme, et il est possible de créer une atmosphère totalitaire dans une société qui possède nombre des attributs de la démocratie. Revendiquer le droit des citoyens à désobéir à des lois injustes et le devoir de désobéir à des lois dangereuses, c’est la véritable essence de la démocratie, qui accepte que le gouvernement et ses lois ne sont pas sacrés mais qu’ils ne sont que des instruments, au service de certaines fins : la vie, la liberté, le bonheur. Les instruments sont accessoires ; pas les fins.
La désobéissance civile peut demander la violation de lois qui ne sont pas injustes par elles-mêmes, pour protester à propos d’une question que l’on estime très importante. Dans tous les cas, l’importance de la loi transgressée doit être mesurée en relation à l’importance de la question. Une règle du code de la route, transgressée temporairement, n’est pas aussi importante que la vie d’un enfant renversé par une auto ; l’occupation de bureaux publics l’est moins que l’homicide de civils au cours d’une guerre ; l’occupation illégale d’un bâtiment est moins injuste que le racisme à l’école. Non seulement des lois déterminées, mais aussi des situations personnelles peuvent être insupportables et la transgression de lois normalement acceptables peut agir comme mode de revendication.
Si un acte déterminé de désobéissance civile est un acte de revendication moralement justifiable, il s’ensuit que l’emprisonnement de ceux qui l’ont commis est injuste et devrait être opposé et contesté jusqu’au bout. Celui qui revendique doit refuser la condamnation autant qu’il refusait de respecter la règle transgressée. Il peut exister des cas où les personnes impliquées dans une revendication peuvent décider d’aller en prison comme moyen de continuer leur acte de protestation, pour rappeler à leurs concitoyens l’injustice qu’elles subissent, ce qui ne veut pas dire que l’emprisonnement fait nécessairement partie d’une règle gouvernant la désobéissance civile. L’important est que l’esprit de la revendication soit conservé dans tous les cas, que l’on aille en prison ou non. Accepter la prison comme acte de pénitence en accédant aux « règles » signifie retomber abruptement dans le même esprit de servilité, et minimiser la gravité de la revendication.
Ceux qui s’engagent dans la voie de la désobéissance civile devraient choisir des tactiques aussi peu violentes que possible, en accord avec l’efficacité de la revendication et l’importance du sujet. Le degré de désordre provoqué doit être raisonnablement en rapport avec l’importance de la question traitée. La distinction entre tort infligé aux personnes et tort infligé aux biens doit être primordiale. Les tactiques appliquées aux biens peuvent comprendre (toujours : en considérant l’efficacité et l’importance de la question) : la dévalorisation (comme dans le cas des boycotts), la dégradation, l’occupation temporaire et l’appropriation permanente. Dans tous les cas, la force impliquée dans tout acte de désobéissance civile devrait agir clairement et spécifiquement sur l’objet de la revendication.
Le degré de désordre dans la désobéissance civile ne devrait pas être mesuré en rapport à une fausse « paix » supposée exister dans l’ordre établi, mais contre le vrai désordre et la violence qui font partie de la vie courante, qui se manifestent ouvertement au plan international dans des guerres, mais qui se cachent aussi localement derrière le masque de « l’ordre » occultant l’injustice de la société actuelle.
Lorsque nous réfléchissons sur la désobéissance civile, nous ne devons jamais oublier que nos intérêts sont différents de ceux de l’Etat et que nous ne devons jamais laisser les agents de l’Etat nous persuader du contraire. L’Etat veut le pouvoir, l’influence, la richesse, comme des fins en elles-mêmes. Les individus recherche la santé, la paix, l’activité créatrice, l’amour. L’Etat, grâce au pouvoir et aux richesses qu’il détient, ne manque pas de porte-paroles pour défendre ses intérêts. Cela signifie que les citoyens doivent comprendre la nécessité de penser et d’agir par eux-mêmes ou en accord avec d’autres membres de la collectivité.
[1] La traduction est reprise du site http://www.non-violence-mp.org/ qui comporte de nombreux documents concernant la non-violence.
Pour lire le texte anglais d’origine : http://worldpolicy.org/globalrights..., et une présentation de Howard Zinn : http://www.lecourrier.ch/modules.ph....
Extrait de Disobedience and democracy : nine fallacies on law and order (1968) [1].
INVITATION : RENCONTRE AVEC LÉONORA MIANO
INVITATION
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À l’occasion de la parution de son nouveau roman : Les Aubes écarlates (Plon, 2009)
Samedi 24 octobre, à 15 h
Dès son premier roman L'Intérieur de la nuit (Plon, 2005), Léonora Miano s'est imposée sur la scène littéraire française : une voix forte et lucide, violente et poétique qui n'hésite pas à questionner les blessures de la société contemporaine, et particulièrement du continent africain.
Elle a obtenu en 2006 pour Contours du jour qui vient (Plon, 2006), le prix Goncourt des lycéens.
Lecture par Léonie Simaga, pensionnaire de la Comédie-Française
Rencontre animée par Nathalie Carré
Léonora Miano est née en 1973 au Cameroun, pays qu'elle a quitté pour la France, où elle arrive en 1991.
Près d'un terrien sur six a faim
Un sixième de la population mondiale est touché par la faim, soit 1,02 milliard de personnes, selon un rapport de la FAO, l'agence de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture, publié mercredi 14 octobre à Rome à l'occasion de la Semaine mondiale de l'alimentation.
"Aucune nation n'est épargnée et, comme toujours, ce sont les pays les plus pauvres - et les populations les plus démunies - qui en pâtissent le plus", déplore Jacques Diouf, directeur général de la FAO, dans un rapport réalisé conjointement avec le Programme alimentaire mondial avant la Journée mondiale de l'Alimentation vendredi.
Sommet mondial pour la sécurité alimentaire en novembre
La majeure partie des personnes sous-alimentées proviennent de la région Asie-Pacifique (642 millions), suivie de l'Afrique subsaharienne (265 millions), de l'Amérique latine (53 millions) puis d'une région comprenant Proche-Orient et Afrique du Nord (42 millions). Dans les pays développés, 15 millions de personnes souffrent de la faim.
Durant toute cette semaine, quelque 300 experts sont réunis à Rome, siège de la FAO, sur le thème "comment nourrir le monde en 2050".
La population mondiale doit passer de 6,8 milliards à 9,1 milliards en 2050, selon les dernières projections des Nations Unies.
Vendredi, pour la journée placée sous le thème "Atteindre la sécurité alimentaire en temps de crise", cinq nouveaux ambassadeurs de bonne volonté seront nommés: le médaillé d'or olympique américain Carl Lewis, le couturier français Pierre Cardin, le footballeur Patrick Vieira, les compositrices-interprètes indonésienne Anggun et colombienne Fanny Lu.
Du 16 au 18 novembre, un Sommet mondial pour la sécurité alimentaire se tiendra à Rome, siège de la FAO. Le pape Benoît XVI a d'ores et déjà annoncé sa participation à la session d'ouverture de ce sommet.
Source : www.challenge.fr
L'art d'être Homme en Afrique
Bonjour,
Une nouvelle saison débute au musée Dapper avec l'exposition L’Art d’être un homme, Afrique, Océanie.
Tout au long de cette manifestation, nous vous proposerons des week-ends thématiques, des rencontres avec des écrivains, des personnalités et de nombreuses projections de films (fiction, documentaires). Une riche programmation a aussi été mise en place pour le jeune public.
Nous vous attendons nombreux à nos rendez-vous.
L’équipe du musée Dapper
EN OCTOBRE AU MUSÉE DAPPER
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Exposition
À partir du 15 octobre
Les ornements et emblèmes révélateurs des identités masculines en Afrique subsaharienne et en Océanie sont au cœur de cette exposition. Celle-ci regroupe une grande diversité d’œuvres - parures, sculptures, vêtements, insignes - et aborde les significations matérielles et symboliques dont les objets sont investis.
Cette exposition fait également place à des photographies de Baudouin Mouanda et d'Héctor Mediavilla sur l’univers de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes).
Regards croisés sur un même univers, où marginalité et intégration flirtent avec provocation et contestation.
Tous les jours, sauf le mardi, de 11 h à 19 h.
Tarif : 6 €.
Tarif réduit : 4 € (seniors, demandeurs d’emploi, enseignants, familles nombreuses).
Entrée libre : Les Amis du musée Dapper, étudiants, moins de 26 ans et le dernier mercredi du mois.
« Paroles de… »
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À l’occasion de la parution de son nouveau roman : Les Aubes écarlates (Plon, 2009)
Samedi 24 octobre, à 15 h
Un texte puissant – traversé par les voix et la mémoire des esclaves déportés, qui interroge les rapports entre histoire passée et à venir.
Lecture par Léonie Simaga, pensionnaire de la Comédie-Française
Rencontre animée par Nathalie Carré
Entrée libre
Réservation conseillée au 01 45 00 91 75
Week-end thématique : Des hommes dans la ville
Ciné-club Afrique
Un rendez-vous mensuel proposé par le musée Dapper et l'association Racines
En partenariat avec RFI, avec le concours de la cinémathèque de Culturesfrance et le soutien de la Mairie de Paris.
Éliane de Latour
Vendredi 30 octobre, à 20 h 30
À Abidjan, en Côte d’Ivoire, responsables d'un meurtre accidentel, deux garçons se réfugient au ghetto du Bronx. Ils entrent dans les gangs. Violence, loi du milieu, vols à la tire deviennent leur quotidien.
Projection suivie d'une rencontre avec Éliane de Latour,
animée par Catherine Ruelle et Adrienne Frejacques (ARTE Éditions)
Soirée en partenariat avec ARTE
Tarif : 6 €
Étudiants, Les Amis du musée Dapper, demandeurs d'emploi : 4 €
(entrée libre pour l'exposition L'Art d'être un homme incluse)
Réservation conseillée au 01 45 00 91 75
Rencontre
Samedi 31 octobre, à 15 h
Avec son dernier roman, El Hadj (Le Serpent à Plumes, 2008), Mamadou Mahmoud N’Dongo nous fait arpenter les tours et détours de la cité, dont il est bien difficile de s'échapper.
Lecture par Rocé (chanteur) qui livrera quelques-unes de ses compositions personnelles.
Rencontre animée par Nathalie Carré
Entrée libre
Réservation conseillée au 01 45 00 91 75
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Jeune public
Film d’animation
Pierre Awoulbe Sauvalle
Mercredi 21 octobre, à 15 h
Le griot Kabongo et son compagnon, le petit singe Golo, parcourent le monde à la recherche d'un élève à qui Kabongo pourrait transmettre son art de conteur. La quête de Kabongo sert de prétexte à nous entraîner dans de multiples aventures…
À partir de 5 ans
Tarif : 5 €. Groupes (min. 10 personnes) : 4 € par personne
Réservation conseillée au 01 45 00 91 75
Contes
Abdon Fortuné Koumbha
Dimanche 25 octobre, à 15 h
Conteur espiègle, facétieux et jovial, Abdon Fortuné Koumbha (KAF) nous invite à découvrir son pays, le Congo. Ses histoires intriguent, font rire…
Durée : 1 h - À partir de 6 ans
Tarif : 8 €.
Tarif réduit : 5 € (Les Amis du musée Dapper, enfants de moins de 12 ans, groupes à partir de 10 personnes, carte famille nombreuse, demandeurs d'emploi)
Réservation conseillée au 01 45 00 91 75
MUSÉE DAPPER – 35 bis, rue Paul Valéry – 75116 PARIS – M° Victor Hugo
Ouvert tous les jours de 11 h à 19 h, sauf les mardis. Fermé hors exposition temporaire.Tél. : 01 45 00 91 75 - Fax : 01 45 00 27 16
Café Dapper (accès libre) - Tél. : 01 45 00 31 73
Librairie (accès libre) - Tél. : 01 45 00 91 74. Retrouvez nos publications sur le site de la librairie en ligne des Éditions Dapper : www.dapper.com.fr/boutique
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Dracunculose : encore un effort…
Encore présente dans 6 pays d’Afrique, la dracunculose ou maladie du ver de Guinée pourrait bientôt être éradiquée. Selon l’OMS, l’Ethiopie, le Mali et le Ghana seraient sur le point de gagner le combat contre cette maladie provoquée par un ver parasite. Le Niger, le Nigeria et le Soudan seraient aussi en bonne voie.
La dracunculose est transmise par contact avec de l’eau contaminée. A l’état larvaire, ce parasite « stationne » dans un minuscule crustacé appelé cyclope. L’Homme est alors infesté en buvant cette eau sans la filtrer. Ensuite ? Le ver va progressivement se développer dans l’organisme jusqu’à mesurer… 1 mètre de long et 2mm de diamètre ! Il va migrer de tissu en tissu au prix d’intenses douleurs.
Dans 9 cas sur 10, la sortie du ver s’effectue au niveau du pied, provoquant une vive sensation de brûlure et des ulcérations. A se stade, seul le fait de plonger le pied dans l’eau semble apaiser les douleurs. Mais dans le même temps l’eau fraîche va provoquer la contraction du ver femelle, entraînant l’expulsion de milliers d’embryons, ingérés par le cyclope. Le cycle de la maladie est alors perpétué…
Mais au Ghana comme ailleurs, il est bel et bien possible d’interrompre sa transmission en filtrant l’eau de boisson issue de mares ou d’étangs, tout en évitant que les personnes ayant des plaies ne marchent dans les retenues d’eau. Parallèlement, un gros travail a aussi été réalisé pour réparer des pompes à eau défectueuses. En effet, c’est quand l’approvisionnement tombe en panne que les gens ont recours à des sources dangereuses, constate l’OMS.
Ben Barka : la curieuse volte-face du gouvernement français
Par David Servenay | Rue89 | 04/10/2009 | 09H46
Michèle Alliot-Marie va-t-elle couvrir les assassins de Mehdi Ben Barka ? Cruel dilemme pour la ministre de la Justice qui n'a pas la réputation de se laisser impressionner par les (vrais) enjeux politiques. Alertée par la famille de l'opposant marocain disparu en France en 1965, elle avait décidé de débloquer le dossier…
« Le juge d'instruction n'a pas répondu »
Vendredi matin, Guillaume Didier, le porte-parole du ministère de la Justice affirmait que tous les obstacles techniques avaient été levés pour permettre la diffusion de quatre mandats d'arrêt internationaux visant des officiels marocains :
- Le général Hosni Benslimane, le chef de la gendarmerie
- Le général Abdelhak Kadiri, ancien patron de la DGED (service de renseignements militaires)
- Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki l'un des membres présumés du commando ayant enlevé l'opposant
- Abdelhak Achaachi, agent du Cab1, unité secrète des services marocains
Ces mandats d'arrêt traînaient au fond d'un tiroir de la Chancellerie depuis deux ans, Rachida Dati ayant manifestement choisit de les oublier. Version officielle du ministère :
« Depuis deux ans, le bureau d'entraide pénale internationale réclame des compléments d'information au juge d'instruction qui n'a pas répondu à ces demandes. On lui a alors posé un ultimatum : il devait répondre avant le 10 septembre. On n'avait alors pas la capacité de retenir plus longtemps ces mandats d'arrêt. Nous les avons donc transmis au ministère de l'Intérieur qui a transmis à Interpol. »
Pas de chance : dans la journée, Interpol « constate des insuffisances » et renvoit les mandats d'arrêt à la Chancellerie. Le parquet de Paris demande donc vendredi soir leur suspension. Retour à la case départ. Incompréhensible pour Bachir Ben Barka, joint samedi par Rue89 :
« Le fait que ce soit le ministère de la Justice, avec le même conseiller, qui se déjuge du matin au soir, en moins de 24 heures… c'est juste ahurissant, inimaginable de la part du pays de la démocratie. Je suis en colère : à peine une porte est-elle entrouverte qu'elle se referme brutalement ! C'est la raison d'Etat de la manière la plus cynique. »
Une sourde lutte au sein du gouvernement
En réalité, MAM a un autre point de vue sur le dossier que son prédecesseur. Elle ne veut pas couvrir 44 ans de dysfonctionnements judiciaires. Mais l'Elysée veille : le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a donc été dépêché cette semaine pour alerter son homologue marocain.
A-t-on voulu mettre en porte-à-faux la Garde des Sceaux ? Concrètement, Alliot-Marie ne prend pas (trop) de risques car ces mandats d'arrêt n'avaient en fait qu'un seul objectif, comme le rappelle le fils de l'opposant :
« Il y avait une possibilité, pour ces gens [les officiels marocains, ndlr], de s'expliquer devant un juge marocain. Le juge Ramaël a lancé ces mandats d'arrêt parce qu'il n'avait pas pu les entendre. On pourrait les faire entendre par un juge marocain, pour avoir leur part de vérité sur cette affaire… »
Sauf qu'un mandat d'arrêt vaut mise en examen… donc lourdes charges contre les personnes visées. Patrick Ramaël est le huitième juge d'instruction sur le dossier Ben Barka. Et cet ex-officier veut aller au bout de l'affaire, notamment pour identifier le lieu où le corps de l'opposant a été enterré.
La lettre morte au président de la République
Le dossier Ben Barka est l'une des grandes affaires d'Etat de la Ve République. Impliquant le patron du service 7 du Sdece (chargé des effractions commises par les services spéciaux français), une flopée de membres du Service d'action civique, des truands et les services marocains, il symbolise la zone grise du renseignement.
Bachir Ben Barka en a vu d'autres, comme cette tentative de refaire l'histoire par un film de fiction diffusé par France 2 il y a deux ans (voir la vidéo, réalisée en octobre 2007).
Pour débloquer le dossier, Bachir Ben Barka, aujourd'hui franco-marocain, a essayé de sensibiliser le président de la République :
« Comme victime, on a le sentiment d'être ignoré et méprisé. Il y a un an, j'ai écrit à Nicolas Sarkozy. J'ai eu droit à une réponse du ministère des Affaires étrangères, où nous avons été reçus par des conseillers du ministre Bernard Kouchner. Qu'est-ce que cela veut dire ? L'affaire Ben Barka n'est-elle plus une affaire française ? Le président de la République a pourtant reçu un certain nombre de victimes depuis son entrée à l'Elysée. »
Vrai. Mais Nicolas Sarkozy estime sans doute que la France a trop d'intérêts croisés au Maroc pour sacrifier la raison d'Etat sur l'autel de la vérité historique. Comme en 1965.
Correction le 5/10/09 à 11h45 : Guillaume Didier n'est pas « conseiller presse », mais « porte-parole » du ministère de la Justice.
Photo : manifestation pour obtenir la vérité sur l'affaire Ben Barka le 29 octobre 2002 à Rabat (Joelle Vassort/Reuters)
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Lors d'un point presse, Bernard Valéro a estimé qu'une force de paix africaine serait "susceptible de conduire à un règlement rapide, pacifique et durable de la crise que traverse actuellement la Guinée". Il n'a pas répondu à la question de savoir si la France pourrait y participer.
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait indiqué dimanche soir devant le Grand Jury Le Figaro-LCI-RTL qu'"on ne peut plus travailler" avec le dirigeant de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara.
"Le danger de guerre inter-communautaire est immense. Il s'est passé cette chose effrayante et sauvage, nous ne pouvons pas l'accepter", avait-il dit en évoquant le massacre perpétré par l'armée à Conakry il y a une semaine. "Il me semble qu'aujourd'hui, on ne peut plus travailler avec Dadis Camara, et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale", avait-il ajouté.
La répression à Conakry a fait au moins 157 morts et 1.200 blessés, selon une ONG.
Son porte-parole a souligné lundi que la France se félicitait de la désignation du président burkinabe Blaise Compaoré par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) comme "facilitateur d?une solution de sortie de crise en Guinée".
"La France encourage la CEDEAO, l?Union africaine et la Commission des Nations unies pour les droits de l'Homme, à constituer sans délai une commission d'enquête internationale afin que les responsabilités dans le massacre du 28 septembre puissent être établies de manière incontestable", a-t-il ajouté.
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