Mourir pour le bobaraba !
Article Publié dans Ivoire blog du 22.06.2008, je vous le remets juste parce que non seulement cela m'a fait rire mais cela m'interroge sur le regard de l'Africain sur l'Africaine.
Elles ont décidé de se doter de ce dont la nature les a dépourvues. Et cela, par tous les moyens. Comprimés, pommades de massage, produits injectables…tout un arsenal que les femmes utilisent aujourd’hui pour être appelées «bobaraba» à travers le grossissement de leur postérieur et leurs seins. Des pratiques qui malheureusement comportent des conséquences non négligeables.
K. Rokia s’était mariée le 8 février 2007. Malheureusement, cette union légale tant recherchée n’allait durer que le temps d’un feu de paille. Son époux, T. Adama allait la répudier 7 mois plus tard. Cela, au profit d’une autre au postérieur avantageux. Après cette déception, sa décision était prise. Il lui fallait par tous les moyens acquérir elle aussi, ce potentiel fessier. Rokia n’avait pas le choix. Elle devait être une « bobaraba » (expression malinké pour désigner les grosses fesses). «Je tenais à reprendre mon mari. Et pour ce faire, il me fallait devenir aussi une bobaraba surtout que certaines filles de notre quartier à Abobo étaient déjà passées par là. J’ai donc suivi les prescriptions des commerçantes et au bout de deux mois mes fesses étaient rebondies». Rokia avait pu corriger son « handicap » pour être à nouveau courtisée. Elle est devenue une bobaraba. Un phénomène qui a pris de l’ampleur en Côte d’Ivoire depuis bientôt un an. La belle femme, aujourd’hui est celle qui a un postérieur protubérant, imposant, respectable. Et toutes en rêvent. Pour y parvenir, elles se donnent les moyens allant des pommades de massage aux injections, en passant par des comprimés à ingurgiter et des suppositoires à se mettre.
Les produits utilisés et leurs compositions 
Les produits généralement utilisés pour développer les « atouts » féminins sont de plusieurs ordres et varient en fonction des bourses. Au niveau de l’ancien cinéma Roxy à Adjamé et dans les environs du commissariat du 3ème arrondissement, au grand marché d’Abobo, l’on a généralement affaire à des produits dénommés Vital’s, Star-Vit, Estyplex 5.
Vital’s est un médicament de type suppositoire. Chaque unité comme l’indique la composition marquée sur la notice, contient de l’huile de foie de morue. C’est une source riche en vitamines A et D. Elle contient divers acides gras non saturés qui sont des facteurs nutritifs essentiels. Vital’s est indiqué chez les malades avec exigence accrue de vitamine due à la maladie chronique ou infection. La notice indique une posologie d’un ou de deux « suppos » à mettre trois fois par jour. Mais les commerçantes conseillent pour le flacon de 100, 6 suppos quotidiens (2 unités 3 fois par jour). Cela pendant deux mois.
Concernant Star-vit, c’est une polyvitaminée. Chaque gélule contient des vitamines et des minéraux qui sont destinés à aider les futures mères et celles qui allaitent à lutter contre les pertes d’appétit et la fatigue. La posologie est d’une capsule à ingurgiter par jour. Ici également, les commerçantes prescrivent une quantité bien supérieure. «Les filles doivent en prendre 2 par jour. Une gélule le matin et une autre le soir », conseillent-elles.
Les ampoules injectables contiennent de la vitamine B complex. Les « commerçantes-médecins » du marché conseillent aux femmes deux injections par semaine pour une durée de deux mois. Selon les vendeuses, ces trois compositions ne sont pas utilisées simultanément pour le traitement qui dure 45jours, voire deux mois, selon le potentiel fessier désiré. «L’ampoule injectable et Star-vit ont la même fonction. Ils donnent de la vigueur à l’organisme. Le traitement du bobaraba se fait donc avec la combinaison de Vital’s et Star-vit ou alors Vital’s et l’ampoule injectable parce qu’en réalité, c’est le suppositoire qui donne du volume aux fesses et aux seins», explique N. Ahoua qui semble être une des doyennes dans la vente de ces produits. Cette combinaison a permis, en effet, aujourd’hui à D. Aïssata commerçante de pagnes au grand marché d’avoir un postérieur imposant. «J’aimais les grosses fesses, mais je n’en possédais pas. J’ai entendu parler de ces produits, je les ai essayés et ça marché. Aujourd’hui, lorsque je marche, je sens les regards dans mon dos et cela me fait plaisir. Je sens que j’existe», lâche-t-elle avec fierté.
A côté de ce premier ensemble de substances, se trouve un autre groupe composé de produits de massage. Il s’agit notamment des produits provenant de la Chine, de l’Inde et du Brésil. Le premier type comprend les produits « bôtchô» fabriqués à base d’huile de foie de morue, de miel et de plantes que l’on rencontre aujourd’hui à tous les carrefours. Le second type concerne les produits Sexoplus, très onéreux (20. 000 Fcfa le pot d’une dose, 40.000 Fcfa le pot de 2 doses et 60.000 Fcfa celui de 3 doses) qui sont fabriqués à partir de 10 plantes naturelles d’Indochine. «Les plus connues sont l’aloès vera et le ginseng», précise Guié Clément, responsable d’Afrique diététique, une agence de vente de ces produits Sexo basée à Yopougon. Dans ce magasin, l’on trouve les produits Sexo plus-B100 (1, 2 et 3 doses) qui servent pour l’augmentation du volume et la fermeté des seins. Quant aux Sexoplus AX-B200, ils sont utilisés pour augmenter le volume des fesses et pour les rendre molles et plus sexy. Une dame venue accompagner son amie pour l’achat des «produits miracles» révèle que la substance Sexoplus AX- B200 lui a permis de sauver son foyer qui avait commencé à se désagréger. «Je n’y croyais pas au départ. Mais aujourd’hui, je ne jure que par ce produit qui a fait de moi ce que vous voyez (le bobaraba bien rebondi). « Et cela s’est fait seulement au bout de 45 jours d’application de ce produit matin et soir», précise B. Elise. Et au responsable de la structure d’ajouter : «75% des clientes que je reçois, c’est pour les produits Sexo plus. Et je me réjouis parce que même si mes clients (les hommes y viennent également pour grossir leur verge) ne parviennent pas à obtenir à 100% ce qu’elles veulent, au moins je suis certain que mes produits ne leur feront pas de tort», se rassure-t-il. Une conviction que partage S. Lydie, employée chez «Miss Swan la magie de l’esthétique», un salon de beauté situé aux Perles aux Deux Plateaux dans la commune de Cocody. Une des employées de cette maison, Alice, est devenue l’élément garantissant la qualité des produits brésiliens faits à base de plantes utilisées dans cette maison. Il y a cinq mois, elle s’est soumise au traitement qui se compose de deux massages quotidiens, et cela pendant un mois. «Au bout d’un mois, mon postérieur avait eu le volume que je voulais et j’ai stoppé le traitement. Aujourd’hui je me sens bien et je n’ai pas de problème», explique la nouvelle bobaraba. Certainement une santé précaire puisque les spécialistes précisent qu’avec de telles métamorphoses, l’organisme réagit sévèrement.
Cancer, difficultés à l’accouchement, insuffisance rénale, perforation intestinales…
Les études faites en Côte d’Ivoire ne l’ont pas encore prouvé. Mais celles réalisées dans les pays occidentaux relatifs aux comblements en dermo esthétique permettent au Dr. Dion Lainé, médecin spécialiste en dermatologie, de révéler que de telles pratiques concourent au cancer.
La spécialiste explique que l’application des produits sur les fesses et les seins pour obtenir leur augmentation provoque une désorganisation des cellules adipeuses (graisseuse) qui conduit au cancer. Il a expliqué que, sur le plan anatomique, les fesses situées à la jonction du tronc en haut et des membres inférieurs en bas sont constituées de muscles qui jouent un rôle essentiel dans l'articulation de la hanche, et donc du bassin qui est très important pour l'équilibre, la stature de la femme. «Une augmentation exagérée ou asymétrique des fesses peut déséquilibrer la stature de la femme et donc du bassin entrainant des difficultés lors de l'accouchement», a-t-elle révélé. Cette augmentation exagérée pourrait également créer une cellulite (inflammation) par modification ou altération du tissu cutané (peau) ou sous-cutané avec perturbation de la circulation veineuse et lymphatique et provoquer des douleurs par compression des rameaux nerveux innervant la peau. Au niveau des seins, il constitue un tissu glandulaire, noble pour la femme. A ce niveau, il faut craindre, avec une augmentation rapide de volume suite certainement à une prolifération cellulaire incontrôlée par l'organisme, l'apparition d'atypie cellulaire par mutation et l'installation d'une néoformation (la cancérisation). Aussi a-t-elle proposé avec l’ampleur du phénomène, que des études médico-pharmacologiques soient entreprises en dermatologie, afin d’analyser les produits utilisés et dégager les risques à cours, moyen et long termes. Mais au niveau du ministère de la Santé publique et de l’Hygiène, la préoccupation semble ne pas encore avoir atteint le seuil nécessaire pour booster une action. C’est ce que laisse entrevoir la réaction du premier responsable de la cellule communication quant à notre préoccupation, à savoir les actions entreprises par ledit ministère pour arrêter le phénomène. «Ce n’est pas un problème de santé publique. Ce sont des personnes, qui individuellement, s’adonnent à la pratique», a répondu N’ Da Siméon. Mais au-delà du phénomène, il faut s’attaquer au mal à la racine. «Ce ne sont pas des produits pharmaceutiques qui permettent le grossissement du sein et du postérieur», laisse entendre Dr Kouassi Parfait, président de l’ordre des pharmaciens. Pour lui, il faut s’attaquer à la cause qui est la présence de «produits prohibés (Vital’s, Star-vit, Estyplex-5) et de contrebande sur nos marchés. Sans accorder de crédit à leurs possibilités de donner du volume aux seins et fesses, Dr Kouassi a expliqué que l’ingurgitation de ces capsules prohibées (avec des formes hors de la norme) pourrait provoquer une insuffisance rénale, une perforation des intestins et des hépatites. Autant de conséquences qui devraient faire rebrousser chemin aux dernières résistantes.
Source : Nord-Sud
21:35 Publié dans Dossiers | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Côte d'Ivoire, bobaraba, phénomène, danger, mourire, afrique, grosses fesses
Des lunettes sales ? Et si c’étaient plutôt vos yeux ?
Les lunettes coûtent chères, voilà qui n’est pas nouveau ! Mais ce n’est pas une raison pour attendre systématiquement qu’un an se soit écoulé depuis la dernière correction pour faire contrôler votre vue. D’autant plus si vous avez tout à coup le sentiment que vos lunettes « ne vous vont plus ». Si vous voyez flou, et si vous éprouvez en permanence le besoin de nettoyer vos verres… alors qu’ils sont impeccables, vous souffrez peut-être d’un trouble de l’accommodation.
L’impression que votre champ visuel se réduit alors que vous n’avez pas changé la taille de vos verres. Le fait que parfois certains objets mobiles « échappent » à votre regard avant de reparaître peuvent être le signe de petites lésions du nerf optique. Celles-ci provoquent le développement de scotomes, des tâches aveugles dans le champ visuel qui signent fréquemment un glaucome chronique.
Dans un cas comme dans l’autre, seul un professionnel averti pourra effectuer les examens indispensables pour savoir si vous avez matière à vous alarmer. Il n’aura besoin que de quelques minutes pour vous rassurer ou mettre en œuvre un traitement qui, poursuivi en permanence, arrêtera l’évolution de la maladie. Et si par chance vous l’avez consulté « pour rien », il ne vous en blâmera pas. Ce professionnel, c’est votre ophtalmologiste…
Route entre le Congo et le Cameroun
Infrastructure routière et intégration régionale
190 millions de $ de la BAD pour relier le Congo et le Cameroun
Tunis, le 25 septembre 2009– Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé aujourd’hui une importante enveloppe financière totalisant 190 millions USD pour relier le Congo et le Cameroun. Ce financement du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la BAD, se compose d’un don de 61,9 millions d’unités de compte (97 millions USD) et d’un prêt de 59,27 millions d’UC (93 millions USD).
La route Ketta-Djoum, longue de 504,5 km, constitue un maillon important de la liaison inter-capitales Brazzaville-Yaoundé entre le Congo et le Cameroun, longue de 1 612 km. A terme, l’aménagement de cette route, envisagé en deux phases, permettra de disposer d’un corridor entièrement revêtu entre Brazzaville et Yaoundé.
« Aucune liaison pérenne routière n’existe actuellement entre les capitales des deux pays (Yaoundé et Brazzaville), explique Ali Kiès, chef de division Transport à la Banque africaine de développement. Les sections de route entre Ketta et Djoum sur cet axe sont dans un état fortement dégradé qui induit un enclavement des régions traversées et ne permet pas l’exploitation des grandes potentialités agricoles, minières et touristiques qu’elles recèlent, constituant ainsi un frein à la promotion des échanges entre les deux pays et dans la sous-région d’Afrique centrale. »
La première phase du projet, objet du financement du FAD, consiste, au Congo, à revêtir la section entre Ketta et Biessi (121 km) et à aménager la section en terre entre Biessi et la frontière avec le Cameroun (195 km). Au Cameroun, le projet prévoit d’aménager la section en terre entre la frontière avec le Congo et Mintom (105,5 km) et de revêtir la section entre Mintom et Djoum (83 km). La deuxième phase du projet consistera, au Congo, à revêtir la section entre Biessi et la frontière avec le Cameroun et, au Cameroun, à revêtir la section en terre entre la frontière avec le Congo et Mintom.
Chef de file pour la mise en œuvre des programmes du NEPAD dans le domaine de l’infrastructure et de l’intégration régionale en général, le Groupe de la BAD consacre près de 60 % de ses interventions dans le secteur de l’infrastructure.
Le panafricanisme: Quelle contribution à la construction des Etats-Unis d'Afrique ?
par Jean-baptiste Andrédou KATTIE |
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Introduction généraleQu'est- ce que le panafricanisme ? Le panafricanisme est défini comme le mouvement politique et culturel qui considère l'Afrique, les Africains et les descendants d'Africains, hors d'Afrique, comme un seul ensemble visant à régénérer et unifier l'Afrique, ainsi qu'à encourager un sentiment de solidarité entre les populations du monde africain. Le panafricanisme glorifie le passé de l'Afrique et inculque la fierté par les valeurs africaines. Pour résumer, nous dirons que le panafricanisme est une doctrine qui tend à développer l'unité et la solidarité africaine. Perçu de cette façon, nous dirons que le panafricanisme est synonyme d'intégration, qui désigne le fait d'entrer dans un tout, dans un groupe, dans un pays etc. I- Intérêt et justification du sujetCe travail est un supplément des différents travaux qui ont déjà été effectués sur le panafricanisme. Nous tenterons donc de nous inspirer des thèses déjà émises par certains auteurs comme : Kwame Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Joseph Ki- Zerbo, Marc-Louis Ropivia et Daniel Bach. Nous avons choisi ce sujet en rapport avec notre filière qui est la Science Politique. La Science Politique s'attache, dans sa démarche de discipline sociologique, à décrire ou à rendre compte de la réalité. Elle tend à analyser tous les problèmes politiques, économiques et culturels liés à notre société. C'est donc la science des faits. C'est dans cette optique que nous, en tant qu'étudiant dans cette filière et futur dirigeant, avons décidé de nous intéresser à ce thème qui est d'actualité, afin de sensibiliser, de former et d'informer la société civile sur l'importance de l'union de tous les Etats africains. II- MéthodologieLa méthodologie se définie comme l'ensemble des démarches, des démonstrations que suit l'expert pour découvrir et démontrer la vérité. Notons qu'il y a plusieurs méthodes, mais nous citerons que deux, qui sont la méthode inductive, qui est la généralisation d'une observation ou d'un raisonnement établi à partir de cas singuliers, et la méthode déductive, qui est une méthode de raisonnement par laquelle on infère d'un principe ou d'une hypothèse toutes les conséquences qui en découlent. En clair, celle-ci permet, de faire des observations pour aboutir à une conclusion. Notre choix s'est bien évidemment porté sur cette dernière méthode. III- Lecture critique de la bibliographieDu fait de la multiplicité de la bibliographie, nous avons retenu cinq principaux ouvrages. Au titre de ces ouvrages nous avons retenu ceux de : .Kwame Nkrumah ; 1964, l'Afrique doit s'unir, Etudes et Documents Payot. .Ki- Zerbo, Joseph; 1989, (sous la Direction de), La Natte des autres : Pour un développement endogène en Afrique ; Série des livres du CODESRIA, Actes du colloque du Centre de Recherche pour le Développement endogène (CRDE), BAMAKO. . Diop, Cheikh Anta ; 1974, Fondements économiques et Culturels d'un Etat fédéral d'Afrique Noire, Présence Africaine. . Ropivia, Marc - Louis ; 1994, Géopolitique de l'intégration en Afrique Noire, l'harmattan. . Bach, Daniel, 1998, (sous la Direction de), Régionalisation, mondialisation et fragmentation en Afrique Subsaharienne ; Paris, Karthala. . Kwame Nkrumah, fait à travers son oeuvre, de la libération totale de l'Afrique sa priorité. Pour lui il fallait pour les Etats africains obtenir à n'importe quel prix l'indépendance en vue de passer à une autre étape de leur histoire, c'est-à-dire la création d'un Etat continental. Il développe aussi d'autres thèmes tels que la création d'un marché commun africain, l'établissement d'une stratégie commune de défense militaire et d'une politique monétaire commune. En plus, il demande que soit élaborée une politique étrangère commune devant aider à une prise en compte du point de vue de l'Afrique sur le plan international. Et enfin, il préconise qu'en cas d'unité africaine, il faudrait que les Etats fassent un énorme sacrifice qui est celui de l'abandon de la souveraineté dans l'intérêt supérieur de l'unité africaine. Enfin, il suggère qu'il faudrait aller maintenant et tout de suite vers les Etats-Unis d'Afrique. La conception panafricaniste de Nkrumah paraît idéaliste. Nous estimons que pour construire une union continentale, il faudrait prendre en compte certains paramètres. Notamment le paramètre économique, politique, juridique, constitutionnelle et linguistique de nos Etats africains. C'est dans cette optique que nous adhérons à la pensée du président Thabo Mbéki, qui est d'aller de façon progressive vers les Etats-Unis d'Afrique. . Ki- Zerbo, Joseph, à travers son oeuvre, démontre son attachement aux questions culturelles et identitaires africaines. Selon lui, il faudrait que tous les africains puissent se servir, s'inspirer de leur propre culture pour développer leur continent. Nous partageons cette idée de l'auteur, dans la mesure où nous pensons qu'il ne faudrait pas recopier comme des automates, la culture et l'organisation actuelle des pays occidentaux. Nous avons nos propres réalités, nous ne pouvons donc pas reprendre purement et simplement la ligne d'évolution, l'itinéraire suivi pendant des siècles par les pays aujourd'hui développés. Comme nous l'avons mentionné, il faudrait nous servir de notre propre culture pour construire nos Etats en particulier, et notre continent en général. . Cheikh Anta Diop, dans son oeuvre, les fondements économiques et culturels d'un Etat fédéral d'Afrique noire, rejoindra Kwame Nkrumah sur le fait que l'unité du continent est la condition sine qua non pour faire basculer l'Afrique sur la pente du développement. Le thème central de son oeuvre est le projet de création d'une fédération des Etats. Il fait de l'unité linguistique de l'Afrique un volet très important de l'unité culturelle du continent. Il parle de la création d'une fédération des Etats d'Afrique noire. Pour parvenir à ce projet, il propose l'élargissement de l'espace économique, c'est dans cette optique qu'il partage la même idée que Nkrumah qui est l'établissement d'un marché commun Africain. Il fait savoir que l'enjeu de l'Afrique fédérée c'est de relever le défi d'une Afrique industriellement, technologiquement et politiquement forte et aussi puissante que les Etats Occidentaux. Enfin, il expose son refus quant au projet de l'Eurafrique1(*). Il voit un danger en ce projet, car selon lui, le cautionner, serait légitimer l'association du `'loup et de l'agneau''. La critique que nous pouvons porter sur l'oeuvre de Cheikh Anta Diop, c'est le caractère exclusionniste de ses écrits. Dans la mesure où sa conception du panafricanisme ne revêt pas une dimension continentale, puisqu'il exclut l'Afrique blanche constituée par le Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) et le Mashrecq (Lybie, Egypte). Nous pensons que la réussite ou les chances de réussite d'une union continentale passent par la solidarité et l'union de tous les Etats africains, alors comment réussir ce projet si l'on doit exclure certains Etats parce qu'on estime que les Africains du Nord ne se sentent pas assez Africains ? L'objectif justement est de faire en sorte que tous se sentent Africains. Pour cela il faudra réussir à fédérer toutes les énergies autour d'un idéal commun qui est la construction des Etats- Unis d'Afrique. . Dans L'oeuvre de Marc- Louis Ropivia, Géopolitique de l'intégration en Afrique noire, le thème central est le fédéralisme. L'auteur reprend une définition de Doudou Thiam portant sur le fédéralisme africain : « le fédéralisme africain est un processus par lequel s'organise la société africaine à l'intérieur du continent pour constituer de vastes ensembles régionaux, ces ensembles pouvant être soit des Etats, soit des organisations régionales »2(*). Ropivia, à travers son oeuvre affirme qu'il ne faut pas confondre le panafricanisme négro- américain et le panafricanisme africain. Selon lui, ce sont deux idéologies différentes. Nous partageons l'avis de cet auteur, lorsqu'il dit qu'il ne faudrait pas confondre le panafricanisme négro-américain et le panafricanisme africain, certes, il existe entre l'Afrique noire et sa diaspora négro-américaine une unité de sang et un lien sentimental indéniables, mais les luttes que chacune des communautés va engager en vue de sa libération ne sont que parallèles et non pas identiques, c'est dans cette optique que nous réfutons, tout comme Ropivia, la thèse de la communauté de destin. Pour lui, le panafricanisme négro- américain s'achève avec le congrès panafricain de 1945. Après cette date, commence alors le panafricanisme africain qui s'identifie par le retour de Kwame Nkrumah en Afrique, en 1948. Régionalisation, mondialisation et fragmentation en Afrique, est une série de documents, des études qui ont été faites sous la direction de Daniel Bach. Cet ouvrage traite de la balkanisation de l'Afrique, des problèmes frontaliers et des expériences d'intégrations régionales qui selon Daniel Bach, ne fournissent pas pour le moment des résultats convaincants. Dans cet ouvrage, Walter Kennes, qui est l'un des chercheurs qui a fait partie de ce projet d'étude, affirme que l'intégration régionale s'inscrit dans une stratégie visant à augmenter les perspectives de croissance économique équitable3(*) . Selon cet auteur, pour qu'on puisse parler d'intégration régionale réussie en Afrique subsaharienne, il faudrait qu'il y ait une certaine uniformisation au niveau de la forme de gouvernement. Nous partageons aussi la pensée de cet auteur, dans la mesure où lorsqu'on observe la configuration actuelle de nos Etats africains, nous remarquons qu'il n'existe aucune compatibilité dans la forme des gouvernements des Etats membres. C'est dans cette mesure que Walter Kennes préconise que la forme de gouvernement doit être comparable et compatible entre les Etats membres. Ainsi, il poursuit son développement en affirmant que : « si le système juridique des Etats membres n'est pas suffisamment comparable et compatible, il y aura de fréquents conflits entre les agents des secteurs privé et public, conflits qui seront difficiles à résoudre. * 1 Terme employé par Léopold Sédar Senghor, qui désigne le métissage culturel entre l'Afrique et l'Europe. * 2 Thiam Doudou, 1972 ; Fédéralisme Africain, Paris, Présence Africaine.-P.23 * 3 Daniel Bach, 1998 ; Régionalisation, Mondialisation et fragmentation en Afrique, KARTHALA. -P.56 |
Guinée : Des acteurs de la société civile guinéenne à Paris
pour rencontrer des parlementaires français
Mercredi 23 septembre 2009
de 9h30 à 11h30
Assemblée nationale
126 rue de l'Université, 75007 Paris
Le pouvoir militaire se renforce à l’approche des élections et les tensions sociales sont croissantes.
Dans ce contexte, des acteurs de la société civile guinéenne, membres du programme concerté pluri acteurs Guinée (PCPA),
impliqués dans le processus de transition politique, rencontrent des parlementaires français pour leur faire part de leurs analyses dans une démarche de coopération innovante.
Cette rencontre est ouverte à la presse.
A 11h30, point-rencontre avec les intervenants.
Représentants guinéens :
- Aziz Diop, directeur du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC).
- Boubacar Biro Barry, conseiller à l’Intercentrale syndicale guinéenne.
- Moctar Diallo, coordinateur national du PROJEG*.
- Docteur Diallo, réseau Afrique jeunesse.
- Sonna Barry, responsable de l’association Femmes pour le développement.
Partenaires français, membres de ce Programme, participant à la rencontre:
Agence française de développement, Aide et Action, CGT, Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre Solidaire), Etudiants et développement, Ligue des Droits de l’homme, Ministère des Affaires étrangères et européennes…
Pour s’inscrire à la rencontre, au point presse, ou pour toute autre demande de contact :
Véronique de La Martinière : 01 44 82 80 64 – 06 07 77 05 80
* PROJEG : Programme de renforcement des organisations de la société civile et de la jeunesse guinéennes. Ce programme est cofinancé par le ministère des Affaires étrangères et européennes. Il a pour objectif de faciliter la concertation entre les différentes composantes de la société civile guinéenne et des organisations françaises de la société civile françaises mobilisées à leurs côtés.
Un nouveau traitement contre le paludisme ?
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Paludisme : un traitement préventif pourrait aider les nourrissons
PARIS — Donner un traitement préventif peu cher et de façon intermittente aux nourrissons africains de moins de douze mois permettrait de réduire leur risque de tomber malades du paludisme, selon des essais publiés jeudi en ligne par la revue médicale britannique The Lancet.
Un tiers (30 %) des cas de paludisme pourraient être évités chez les nourrissons africains à l'aide d'un "traitement préventif intermittent du paludisme chez les nourrissons" (TPI), à base de sulphadoxine-pyrimethamine (SP), administrés à certains moments des premiers mois de la vie.
C'est que souligne l'analyse de six essais de (TPI/IPTi) réalisés en Afrique avec ce traitement recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé dans les régions à fort taux de transmission du parasite, responsable de la maladie et où la résistance du parasite (Plasmodium falciparum) à cette combinaison médicamenteuse n'est pas élevée.
L'étude faite par un consortium international basé à Barcelone a comparé les résultats d'essais comparatifs (traitement contre placebo) menés pendant neuf ans (1999-2008) sur près de 8.000 nourrissons dans quatre pays africains (Tanzanie, Mozambique, Gabon et Ghana).
La combinaison SP est devenue le traitement de première ligne contre le paludisme, succédant à la chloroquine, mais rencontre une perte d'efficacité thérapeutique ("résistance") en maints endroits, relève une spécialiste Rose McGready (Thaïlande) dans un commentaire dans la revue.
Pour certains chercheurs, l'extension de ce traitement TPI-SP à d'autres pays africains permettrait d'éviter 6 millions de cas de paludisme par an chez les enfants en bas âge.
Un enfant meurt toutes les 30 secondes en Afrique des suites du paludisme.
Les auteurs n'ont pas trouvé de différence notable sur la mortalité, un point qui reste à approfondir. En revanche, le TIP-SP a eu un effet protecteur de 30% contre le paludisme et diminué de 21% le risque d'anémie lié au paludisme. Les admissions à l'hôpital ont chuté de 38% pour celles associées au paludisme et de 22,9 % pour celles de toutes causes confondues.
Sur les 247 millions de cas de paludisme recensés dans le monde en 2006, 86% sont en Afrique. Les nourrissons africains sont les plus exposés aux formes les plus redoutables du paludisme (parfois encore appelé malaria).
Une autre étude, également publiée par Lancet, montre l'inefficacité du traitement intermittent à base de SP dans les zones à haute résistance du parasite. Mais, la méfloquine apparaît efficace, avec cependant des effets indésirables (vomissements...).
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