Article Publié dans Ivoire blog du 22.06.2008, je vous le remets juste parce que non seulement cela m'a fait rire mais cela m'interroge sur le regard de l'Africain sur l'Africaine.

fe2cef4346e22eeff4cd7180b9c273e4.jpgElles ont décidé de se doter de ce dont la nature les a dépourvues. Et cela, par tous les moyens. Comprimés, pommades de massage, produits injectables…tout un arsenal que les femmes utilisent aujourd’hui pour être appelées «bobaraba» à travers le grossissement de leur postérieur et leurs seins. Des pratiques qui malheureusement comportent des conséquences non négligeables.

K. Rokia s’était mariée le 8 février 2007. Malheureusement, cette union légale tant recherchée n’allait durer que le temps d’un feu de paille. Son époux, T. Adama allait la répudier 7 mois plus tard. Cela, au profit d’une autre au postérieur avantageux. Après cette déception, sa décision était prise. Il lui fallait par tous les moyens acquérir elle aussi, ce potentiel fessier. Rokia n’avait pas le choix. Elle devait être une « bobaraba » (expression malinké pour désigner les grosses fesses). «Je tenais à reprendre mon mari. Et pour ce faire, il me fallait devenir aussi une bobaraba surtout que certaines filles de notre quartier à Abobo étaient déjà passées par là. J’ai donc suivi les prescriptions des commerçantes et au bout de deux mois mes fesses étaient rebondies». Rokia avait pu corriger son « handicap » pour être à nouveau courtisée. Elle est devenue une bobaraba. Un phénomène qui a pris de l’ampleur en Côte d’Ivoire depuis bientôt un an. La belle femme, aujourd’hui est celle qui a un postérieur protubérant, imposant, respectable. Et toutes en rêvent. Pour y parvenir, elles se donnent les moyens allant des pommades de massage aux injections, en passant par des comprimés à ingurgiter et des suppositoires à se mettre.

Les produits utilisés et leurs compositions
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Les produits généralement utilisés pour développer les « atouts » féminins sont de plusieurs ordres et varient en fonction des bourses. Au niveau de l’ancien cinéma Roxy à Adjamé et dans les environs du commissariat du 3ème arrondissement, au grand marché d’Abobo, l’on a généralement affaire à des produits dénommés Vital’s, Star-Vit, Estyplex 5.

Vital’s est un médicament de type suppositoire. Chaque unité comme l’indique la composition marquée sur la notice, contient de l’huile de foie de morue. C’est une source riche en vitamines A et D. Elle contient divers acides gras non saturés qui sont des facteurs nutritifs essentiels. Vital’s est indiqué chez les malades avec exigence accrue de vitamine due à la maladie chronique ou infection. La notice indique une posologie d’un ou de deux « suppos » à mettre trois fois par jour. Mais les commerçantes conseillent pour le flacon de 100, 6 suppos quotidiens (2 unités 3 fois par jour). Cela pendant deux mois.

Concernant Star-vit, c’est une polyvitaminée. Chaque gélule contient des vitamines et des minéraux qui sont destinés à aider les futures mères et celles qui allaitent à lutter contre les pertes d’appétit et la fatigue. La posologie est d’une capsule à ingurgiter par jour. Ici également, les commerçantes prescrivent une quantité bien supérieure. «Les filles doivent en prendre 2 par jour. Une gélule le matin et une autre le soir », conseillent-elles.

Les ampoules injectables contiennent de la vitamine B complex. Les « commerçantes-médecins » du marché conseillent aux femmes deux injections par semaine pour une durée de deux mois. Selon les vendeuses, ces trois compositions ne sont pas utilisées simultanément pour le traitement qui dure 45jours, voire deux mois, selon le potentiel fessier désiré. «L’ampoule injectable et Star-vit ont la même fonction. Ils donnent de la vigueur à l’organisme. Le traitement du bobaraba se fait donc avec la combinaison de Vital’s et Star-vit ou alors Vital’s et l’ampoule injectable parce qu’en réalité, c’est le suppositoire qui donne du volume aux fesses et aux seins», explique N. Ahoua qui semble être une des doyennes dans la vente de ces produits. Cette combinaison a permis, en effet, aujourd’hui à D. Aïssata commerçante de pagnes au grand marché d’avoir un postérieur imposant. «J’aimais les grosses fesses, mais je n’en possédais pas. J’ai entendu parler de ces produits, je les ai essayés et ça marché. Aujourd’hui, lorsque je marche, je sens les regards dans mon dos et cela me fait plaisir. Je sens que j’existe», lâche-t-elle avec fierté.
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A côté de ce premier ensemble de substances, se trouve un autre groupe composé de produits de massage. Il s’agit notamment des produits provenant de la Chine, de l’Inde et du Brésil. Le premier type comprend les produits « bôtchô» fabriqués à base d’huile de foie de morue, de miel et de plantes que l’on rencontre aujourd’hui à tous les carrefours. Le second type concerne les produits Sexoplus, très onéreux (20. 000 Fcfa le pot d’une dose, 40.000 Fcfa le pot de 2 doses et 60.000 Fcfa celui de 3 doses) qui sont fabriqués à partir de 10 plantes naturelles d’Indochine. «Les plus connues sont l’aloès vera et le ginseng», précise Guié Clément, responsable d’Afrique diététique, une agence de vente de ces produits Sexo basée à Yopougon. Dans ce magasin, l’on trouve les produits Sexo plus-B100 (1, 2 et 3 doses) qui servent pour l’augmentation du volume et la fermeté des seins. Quant aux Sexoplus AX-B200, ils sont utilisés pour augmenter le volume des fesses et pour les rendre molles et plus sexy. Une dame venue accompagner son amie pour l’achat des «produits miracles» révèle que la substance Sexoplus AX- B200 lui a permis de sauver son foyer qui avait commencé à se désagréger. «Je n’y croyais pas au départ. Mais aujourd’hui, je ne jure que par ce produit qui a fait de moi ce que vous voyez (le bobaraba bien rebondi). « Et cela s’est fait seulement au bout de 45 jours d’application de ce produit matin et soir», précise B. Elise. Et au responsable de la structure d’ajouter : «75% des clientes que je reçois, c’est pour les produits Sexo plus. Et je me réjouis parce que même si mes clients (les hommes y viennent également pour grossir leur verge) ne parviennent pas à obtenir à 100% ce qu’elles veulent, au moins je suis certain que mes produits ne leur feront pas de tort», se rassure-t-il. Une conviction que partage S. Lydie, employée chez «Miss Swan la magie de l’esthétique», un salon de beauté situé aux Perles aux Deux Plateaux dans la commune de Cocody. Une des employées de cette maison, Alice, est devenue l’élément garantissant la qualité des produits brésiliens faits à base de plantes utilisées dans cette maison. Il y a cinq mois, elle s’est soumise au traitement qui se compose de deux massages quotidiens, et cela pendant un mois. «Au bout d’un mois, mon postérieur avait eu le volume que je voulais et j’ai stoppé le traitement. Aujourd’hui je me sens bien et je n’ai pas de problème», explique la nouvelle bobaraba. Certainement une santé précaire puisque les spécialistes précisent qu’avec de telles métamorphoses, l’organisme réagit sévèrement.


Cancer, difficultés à l’accouchement, insuffisance rénale, perforation intestinales…

Les études faites en Côte d’Ivoire ne l’ont pas encore prouvé. Mais celles réalisées dans les pays occidentaux relatifs aux comblements en dermo esthétique permettent au Dr. Dion Lainé, médecin spécialiste en dermatologie, de révéler que de telles pratiques concourent au cancer.

La spécialiste explique que l’application des produits sur les fesses et les seins pour obtenir leur augmentation provoque une désorganisation des cellules adipeuses (graisseuse) qui conduit au cancer. Il a expliqué que, sur le plan anatomique, les fesses situées à la jonction du tronc en haut et des membres inférieurs en bas sont constituées de muscles qui jouent un rôle essentiel dans l'articulation de la hanche, et donc du bassin qui est très important pour l'équilibre, la stature de la femme. «Une augmentation exagérée ou asymétrique des fesses peut déséquilibrer la stature de la femme et donc du bassin entrainant des difficultés lors de l'accouchement», a-t-elle révélé. Cette augmentation exagérée pourrait également créer une cellulite (inflammation) par modification ou altération du tissu cutané (peau) ou sous-cutané avec perturbation de la circulation veineuse et lymphatique et provoquer des douleurs par compression des rameaux nerveux innervant la peau. Au niveau des seins, il constitue un tissu glandulaire, noble pour la femme. A ce niveau, il faut craindre, avec une augmentation rapide de volume suite certainement à une prolifération cellulaire incontrôlée par l'organisme, l'apparition d'atypie cellulaire par mutation et l'installation d'une néoformation (la cancérisation). Aussi a-t-elle proposé avec l’ampleur du phénomène, que des études médico-pharmacologiques soient entreprises en dermatologie, afin d’analyser les produits utilisés et dégager les risques à cours, moyen et long termes. Mais au niveau du ministère de la Santé publique et de l’Hygiène, la préoccupation semble ne pas encore avoir atteint le seuil nécessaire pour booster une action. C’est ce que laisse entrevoir la réaction du premier responsable de la cellule communication quant à notre préoccupation, à savoir les actions entreprises par ledit ministère pour arrêter le phénomène. «Ce n’est pas un problème de santé publique. Ce sont des personnes, qui individuellement, s’adonnent à la pratique», a répondu N’ Da Siméon. Mais au-delà du phénomène, il faut s’attaquer au mal à la racine. «Ce ne sont pas des produits pharmaceutiques qui permettent le grossissement du sein et du postérieur», laisse entendre Dr Kouassi Parfait, président de l’ordre des pharmaciens. Pour lui, il faut s’attaquer à la cause qui est la présence de «produits prohibés (Vital’s, Star-vit, Estyplex-5) et de contrebande sur nos marchés. Sans accorder de crédit à leurs possibilités de donner du volume aux seins et fesses, Dr Kouassi a expliqué que l’ingurgitation de ces capsules prohibées (avec des formes hors de la norme) pourrait provoquer une insuffisance rénale, une perforation des intestins et des hépatites. Autant de conséquences qui devraient faire rebrousser chemin aux dernières résistantes.

Source : Nord-Sud

21:35 Publié dans Dossiers | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Côte d'Ivoire, bobaraba, phénomène, danger, mourire, afrique, grosses fesses