Jeudi 17 septembre 2009
Un tiers des cas de paludisme pourraient être évités chez les nourrissons africains à l'aide d'une prise en charge simple, abordable et sûr. C'est du moins ce que représente potentiellement un traitement, déjà utilisé chez les femmes enceintes et dont l'efficacité vient d'être démontrée chez les enfants de moins d'un an.

Selon les conclusions de deux nouvelles études parues dans la revue The Lancet, un tiers des cas de paludisme peuvent être évités chez les nourrissons à l'aide du traitement préventif intermittent du paludisme chez les nourrissons (TPI). Basé sur l'action du sulphadoxine-pyrimethamine (SP), ce traitement peut être mis en place parallèlement aux programmes de vaccination des enfants.

L'IPTi est un traitement qui consiste à administrer aux nourrissons un comprimé antipaludique deux ou trois fois au cours de leur première année de vie. Il est économique (chaque dose coûte environ 0,2 dollars) et rentable.

Une de ces études a étudié les résultats d'essais menés avec ce traitement pendant 9 ans (1999-2008) auprès de 8 000 nourrissons dans 4 pays africains. Conclusion : le traitement IPTi en association avec le SP ne présente pas de risques pour les nourrissons et est efficace pour traiter le paludisme. "L'IPTi constitue un outil supplémentaire précieux pour lutter contre le paludisme. Les décideurs politiques du monde entier et les responsables des programmes nationaux de lutte contre le paludisme devraient par conséquent envisager son adoption immédiate ainsi que son intégration aux programmes existants" a déclaré Dr Pedro Alonso, investigateur principal et responsable du Secrétariat du centre de recherche international pour la santé de Barcelone (Espagne).

Actuellement, l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande, pour les femmes enceintes dans les zones fortement touchées, des doses préventives de SP pour éliminer régulièrement les parasites du placenta.

Le paludisme est une maladie pouvant être mortelle. Il est dû à des parasites transmis par les piqûres de moustiques infectés. En Afrique, un enfant en meurt toutes les trente secondes. Il y a eu 247 millions de cas en 2006, à l'origine de près d'un million de décès, pour la plupart des enfants africains.

Sources : Communiqué de presse de l'IPTi consortium, The Lancet, 17 septembre 2009, OMS.

Photo : AP/SIPA